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  • il y a 5 heures
Plongez dans les coulisses de l'équipe de France où le travail acharné des techniciens transforme la préparation des skis en un facteur déterminant de la victoire. Un sujet enrichissant à explorer en vidéo.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:04Le meilleur billet à tête mondiale, il sort du monde matériel, il ne pourra pas gagner.
00:09C'est souvent qu'on fait un sport mécanique.
00:14Les techniciens, ils ont la même importance que nous coachs.
00:20On a une très bonne équipe, on est performant très souvent.
00:24Des fois, on est vraiment au-dessus du lot.
00:28Dans les jours qui ont compté, je sais que j'avais les meilleurs pères au pied.
00:31C'est un peu du super pouvoir.
00:34Avant chaque course, j'ai quand même cette petite boule au ventre qui me dit
00:37est-ce qu'on va réussir à être au niveau des meilleurs.
00:41C'est un investissement monstrueux de sa personne dans sa mission pour servir une équipe.
00:49Et on gagne ensemble, on perd ensemble.
00:56Là, je vais sélectionner pour Eric entre 8 et demi-pères.
01:01Et voilà, j'essaie de regarder par rapport aux références, par rapport à ce qu'on connaît,
01:07et puis un peu mes idées du jour.
01:15Là, on est en train d'enlever la paraffine d'envoquins.
01:18On les prépare à monter dessus.
01:20Ça prend une petite heure.
01:22Une petite heure, puis après, on va basculer pour la partie fartage, produits, préparation.
01:28Mais ça, ça reste un peu secret, normal.
01:33On va choisir différents farts avec différentes formules qu'on aime bien, différents assemblages.
01:38On va les tester pour qu'on puisse avoir le meilleur ski au départ
01:41avec la meilleure combinaison de farts possible dessus.
01:44Et normalement, c'est ce qui fait le meilleur ski du moment.
01:47Le but, c'est de fournir à nos athlètes au moins l'équivalent du matériel des meilleurs.
01:52Et pour ça, c'est un travail de dingue.
01:55Le plan, c'est d'être au camion 6 heures avant le départ de la première course.
01:58Quand les courses s'enchaînent, c'est des journées de 14 heures de boulot.
02:06Entre 54 et 60 maintenant.
02:0953.
02:10Sachant que l'appareil, si vous le regardez sur le pouce sur la peau,
02:14tac, on est à 99.
02:16C'est qu'on est en bonne santé.
02:18C'est une passion qui s'est développée petit à petit.
02:21On a commencé, on était trois dans le camion.
02:28Maintenant, c'est une équipe de 9, 10 personnes.
02:39Chaque année, le curseur, il a augmenté.
02:41Ça, c'est notre tableau, c'est notre petit rituel qu'on aime bien
02:43pour avoir un peu de mise à jour des différentes médailles
02:46et des différents podiums de la saison.
02:47La structure qu'on a en place, elle fonctionne
02:49parce que tous les mecs qui bossent dedans,
02:52ils s'investissent à fond.
02:54Deux kilomètres cinq, on sait quand on part,
02:56mais on ne sait pas quand on part.
03:00On a envie de trouver des choses
03:02pour que ça libère un peu le ski, tu vois.
03:06Il faut déjà à la base être un très fin skieur.
03:09Il faut avoir des sensations sous les pieds, comme on dit.
03:11Donc, tous nos techniciens sont d'anciens athlètes de haut niveau.
03:14Ils ont tous côtoyé les équipes de France
03:16ou alors été, à un minima, à un très bon niveau national
03:18en ski de fond ou en biathlon.
03:20On part.
03:22Les deux, on les laisse proches pour le moment.
03:28Un tiers du budget global du biathlon
03:30passe dans la recherche de la glisse.
03:33C'est un budget très, très, très important
03:34dont on peut absolument, aujourd'hui, pas se passer.
03:48Autant l'un que l'autre, il me plaise vraiment bien, ça, c'est sûr.
03:50Je trouve que ça dure à départager.
03:52C'est indispensable d'avoir une relation de confiance
03:55entre le technicien et l'athlète.
03:57On choisit les skis aussi par rapport à sa façon de skier,
04:01à la forme du moment aussi.
04:02C'est des personnes qui connaissent particulièrement bien le site,
04:05notamment les pistes, etc.
04:07Donc, ils ont toujours un regard,
04:09des petits détails que moi, je n'ai pas captés.
04:11Par exemple, le fin de la descente.
04:14Ton ski, il devient un peu en saturation,
04:16ça frotte un peu, alors un peu moins avec ces skis-là.
04:18Quand tu étais avec tes skis d'entraînement,
04:20tu sais, tu as des changements de vitesse.
04:23Ça, c'est le dû à trop d'eau.
04:24Dans ce cas-là, là, si tu peux, tu fais les bordures.
04:27Je trouve que c'est un luxe aussi d'avoir une équipe solide
04:30de techniciens sur laquelle je peux me reposer
04:31et dire, voilà, les skis, ce n'est pas mon métier.
04:33Moi, mon métier, c'est de skier dessus.
04:35En fait, c'est ça, il faut qu'on arrive à gagner 4 secondes.
04:37Voilà.
04:39Pas sûr pour gagner 10.
04:4225, ça me fait une petite balle de marche, pas mal, Grail.
04:45On tape sur 25 ?
04:47Parfait.
04:49Après, l'objectif, c'est aussi que tu pousses un peu.
04:51Ah bon ?
04:52Allez, au boulot.
04:57Tu ne construis pas ta victoire qu'avec une bonne paire de skis.
05:00C'est un ensemble de paramètres.
05:02C'est un facteur de performance important.
05:04Moi, j'ai 30, 40 % de la perf.
05:08Typiquement, sur les Jeux Olympiques de Pékin,
05:10je n'aurais pas réussi si ma marée de ski et les techniciens
05:14n'avaient pas sorti des choses fabuleuses.
05:16Une médaille, deux médailles, trois médailles lui.
05:18Terminé.
05:19Ça, ça te coûte, toi, de lâcher des skis comme ça ?
05:21Ouais, c'est dur.
05:22Après, ça va aller sur le mur avec l'antin, donc ça va.
05:24C'est quand même régulier qu'on sorte notre épingle du jeu.
05:28Le plus fier de l'équipe,
05:29je crois que c'est les dernières à Land the Ride ou nos WMS Tour.
05:34Les championnats du monde de nos WMS Tour, il y a deux ans,
05:36on avait un matériel de dingue.
05:38Je pense que les autres nations ne pouvaient pas jouer.
05:40Une erreur de casting, complètement au hasard,
05:43ils ont trouvé un combo, ils ont fait une tarte à teint
05:46et on s'est régalé.
05:55Ça va jouer à rien du tout, mais c'est une médaille,
05:58c'est un podium assuré pour Justine Brézasse-Boucher
06:01et ce triplé français, désormais,
06:03avec Juliette Simon, Justine Brézasse-Boucher,
06:05Lou Jean Bonneau.
06:12Je ne pensais pas qu'on arriverait à faire ça
06:13sur les championnats du monde.
06:14C'est le plus beau jour de ma carrière,
06:15donc ça fait plaisir de voir.
06:16J'espère que vous êtes contents,
06:17parce que tout ça, c'est grâce à vous.
06:20Et merci beaucoup, en tout cas,
06:21celle-ci et tout le monde.
06:30Là où c'était flagrant,
06:31enfin où c'était très agréable,
06:32c'était le single mixte.
06:36L'autre faisait le travail,
06:37je me mets un peu derrière,
06:38elle a spi, je me prends de la vitesse
06:40et puis elle ne me revient jamais dessus
06:41parce que j'ai du ski de barjot.
06:43L'équipe de France,
06:44qui est championne du monde,
06:45encore une fois.
06:49Les athlètes sont contents, ça gagne.
06:51Tu es hyper fier de ton équipe et du boulot.
06:54Vous avez été un problème ?
06:56Non, c'est vrai.
06:57Sans froid de gamin.
06:58Au-dessus du dos.
06:59Au-dessus du dos, on était hyper calme.
07:0199% du temps,
07:02c'est des conditions qui réussissent bien aux techniciens.
07:22On a bien confiance qu'à nous-mêmes les deux,
07:24c'était extraordinaire
07:26et que ça n'arrivera peut-être jamais.
07:35On a eu des super skis,
07:39je pense les meilleurs skis,
07:40honnêtement, du monde à ce moment-là.
07:42On a vraiment deux extraterrestres.
07:44C'est Eric Perrault et Quentin Fillon-Maillet
07:47qui réalisent le meilleur temps
07:48du deuxième, troisième et quatrième tour.
07:51Il y a des jours où on chausse les skis
07:53et tout de suite, on se dit
07:54« ça file très fort ».
07:56Et puis quand on passe aux intermédiaires,
07:58les temps sont bons
07:59et là, c'est super positif.
08:00Allez, Quentin, on s'est podium aujourd'hui.
08:03Il y a Fock, il est sorti chaque seconde,
08:05mais il est un peu assuré.
08:06Il est derrière moi déjà.
08:08Allez, Quentin, encore, encore, encore !
08:10Ça nous met en confiance.
08:11Je veux dire, on arrive au pas de tir,
08:12on sait qu'on écrase sur la piste.
08:13On peut peut-être être un peu plus relâché.
08:17Il est énorme !
08:19Eric Perrault réussit le 19 sur 20 aujourd'hui.
08:22Ça va jouer la médaille !
08:23Si j'ai gagné,
08:25c'est bien que quelque part,
08:26j'avais sûrement la meilleure paire du monde,
08:27plus une très belle performance.
08:29Eric Perrault est tout seul
08:31sur le toit de cette course,
08:33sur le toit du monde.
08:34Eric Perrault, champion du monde
08:36de l'individuel.
08:40Il est là,
08:41dans un fillon maillet
08:42pour aller chercher le bronze.
08:43Il y a bien deux Français
08:44sur le podium aujourd'hui.
09:08Les débuts de relais,
09:08souvent, moi, je suis encore dans le camion,
09:10je regarde à la télé,
09:10parce qu'il faut qu'on finisse
09:12d'envoyer les skis des suivantes.
09:15Regardez sur cette descente,
09:17Lou Jean Monod s'envole.
09:18Pour l'instant, dans ses skis,
09:20il y a uniquement Anna Magnusson.
09:22Elle part toute seule devant du peloton
09:23et tu sens qu'il y a un truc en plus.
09:27Ça faisait un plat descendant,
09:28elle s'échappe là-dessus
09:29sans vraiment le vouloir.
09:31Et la première sensation de la course,
09:32c'est Lou Jean Monod
09:33qui est en train de skier
09:35beaucoup plus vite que tout le monde.
09:36On imagine encore une fois de plus
09:38un gros travail de la part des techniciens.
09:40Et du coup, tu vois ça à la télé,
09:41tu te dis, bon, ça se lance bien.
09:44Tout normalement, aujourd'hui,
09:45ça devrait aller.
09:50L'équipe de France
09:51est double championne du monde.
09:54Le drapeau français
09:55entre les mains de Julien Simon.
09:57La collade avec Greg Deschamps.
10:16On a des skis, putain !
10:18Merci, les gars !
10:20Très souvent, avec l'expérience qu'ils ont,
10:21la passion qu'ils ont,
10:22on est au niveau des meilleurs,
10:24voire meilleurs, très souvent.
10:25Mais ça arrive aussi qu'on se plante.
10:29Je me souviens
10:30d'une journée désagréable
10:31à Nové-Mesto.
10:32Une mass-tarts avec Martin.
10:34On se demande un peu ce qui se passe,
10:35là, pour l'instant,
10:36pour l'équipe de France
10:37qui a l'air, clairement,
10:38d'avoir du mal à suivre
10:39le rythme des athlètes
10:40qui sont devant eux.
10:41Quand on voit qu'ils partent,
10:43alors qu'ils ne partent pas très fort
10:43et que nous, on n'arrive pas à les suivre.
10:45Donc là, on se dit
10:46que ça va être très compliqué
10:47et que ça va être un calvaire.
10:48Et ça a été un calvaire.
10:49Pour l'instant,
10:50Quentin et Martin
10:52sont dans le dur.
10:53Dans ces situations-là,
10:53on est impuissants.
10:54Moi, je regardais la course
10:55et ils me regardaient tous
10:56et ils me disaient
10:57qu'on n'a pas les skis.
10:57J'ai tout de suite vu.
10:59La course pour le gros globe
11:01qui n'a jamais été aussi palpitante
11:03et le français
11:04qui aura perdu gros aujourd'hui.
11:08Ils sont, je pense,
11:09encore plus déçus que nous aujourd'hui.
11:11Donc ne comptez pas sur moi
11:11pour leur jeter la pierre.
11:14On a tout simplement été mauvais.
11:15On a fait des mauvais choix.
11:16C'est une des premières fois
11:17que je viens vous voir
11:18pour vous expliquer que ça ne va pas.
11:19Mais on l'accepte.
11:21Nous, on a un métier d'ombre.
11:22Ça démontre bien
11:23toute l'ingratitude
11:24de ce boulot-là.
11:25Quand on glisse très fort,
11:27personne n'en part.
11:28C'est normal.
11:28Par contre, quand ça ne va pas,
11:29là, on le sait.
11:32Allez, Quentin,
11:32il faut presser,
11:33il faut presser,
11:33il faut presser fort
11:34parce que là,
11:34ça rentre vite derrière.
11:36La master des garçons
11:37en TOLS il y a deux ans
11:38où là,
11:38on était clairement en dessous.
11:40Voilà,
11:40il est en train d'être déboîté.
11:43Malheureusement,
11:43ce jour-là,
11:44Quentin,
11:44je pense,
11:45aurait dû gagner
11:46et du coup,
11:47il n'est même pas sur le podium.
11:47C'est un coup de massue
11:49pour l'équipe de France,
11:51pour Quentin Fillon-Maillet
11:53qui, les bras baissés,
11:54va passer cette ligne d'arrivée
11:55en quatrième position.
12:08Il y a de la rage
12:09à la fin de la course
12:10parce que je manque sûrement
12:11mon premier pognon,
12:12voire peut-être
12:13première victoire de la saison.
12:14C'est dur à valer maintenant
12:15mais ils sont là aussi
12:17dans les bons moments
12:17donc on travaille en équipe
12:20et ils s'investissent beaucoup
12:22malgré tout
12:23et j'y remercie quand même.
12:24On est les premiers
12:24à être touchés
12:25par nos contre-performances
12:26et eux,
12:27de la même façon.
12:28C'est un métier quand même
12:29où on sait
12:29qu'on peut passer à côté.
12:33Donc en fait,
12:34il faut juste l'accepter
12:34s'en servir pour apprendre,
12:36pour essayer d'être meilleur derrière.
12:39C'est vraiment
12:40dans ces moments d'échec,
12:41dans ces moments de difficulté
12:42où là,
12:43on a réussi à enganger
12:44de l'expérience,
12:45de regarder les erreurs
12:46qu'on avait faites
12:47et qu'on a réussi
12:47à monter un système
12:48qui est plus fiable.
12:50Ça nous arrive vraiment
12:51de moins en moins souvent.
12:52Nos techniciens
12:53sont tellement top
12:54que même les jours
12:55où ça va un pas,
12:56on est tout près
12:57les meilleurs quand même.
13:07ça a pris un petit peu
13:08de retard
13:09à cause de la chaîne
13:09l'équipe.
13:11Normalement,
13:12tout devrait être bien
13:12spacé.
13:13En tout cas,
13:14il y a une bonne équipe.
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