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  • il y a 14 minutes
Retrouvez le replay de la chronique Pourquoi ? de l'Équipe de Greg du 12/05/2026.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:01Bonsoir Jerem !
00:03C'est bon Jerem !
00:05C'est bon Jerem !
00:06Bah oui, elle est pas à vous cette surchemise !
00:07Bah non, elle est pas à moi la carreau !
00:09Bien sûr Jerem, c'est très bien !
00:11De toute façon c'est contractuel !
00:13C'est contractuel, il faut le dire !
00:14Là on va passer sur des choses sérieuses et un peu plus sérieuses,
00:18tout simplement, pas drôles en tout cas.
00:19Un sujet qui fait mal au footballeur,
00:21l'après carrière, la retraite, c'est Steve Mandanda
00:23qui a ouvert le débat, il l'a mis sur la place publique
00:26avec un livre qui vient de sortir
00:28aux éditions Flammarion.
00:29Les jours d'après, dans ce livre, deux phrases chocs
00:32qui montrent comment Steve Mandanda a vécu son après carrière.
00:34Je n'aime rien de ma vie,
00:36là maintenant, je crois que je suis malheureux.
00:39Il a vécu cette période comme un drame,
00:41donc on va se demander pourquoi
00:42la retraite des footballeurs,
00:44c'est une petite mort.
00:45La fin de la compétition, de la vie de groupe,
00:48de l'adrénaline.
00:49C'est en septembre dernier que Steve Mandanda a annoncé sa retraite,
00:52c'est récent, et derrière,
00:53ça a été une immense traversée du désert.
00:55Un vide énorme.
00:56Il s'est longuement livré à Romain Haran et Arthur Girand.
01:00Son témoignage, il est rare pour un champion du monde,
01:02rare pour un footballeur tout court.
01:04On l'écoute mettre des mots sur son mal-être.
01:07J'ai mal vécu l'arrêt de ma carrière.
01:11Pour la première fois de ma carrière,
01:12je n'allais pas faire de reprise.
01:15Je n'allais plus toucher un ballon,
01:16je n'allais plus voir le groupe.
01:18Même si je suis assez casanier,
01:20j'ai ce besoin de sortir et de voir du monde.
01:23Dans la même journée, je peux être très heureux.
01:25D'une autre journée, je vais être triste,
01:27je vais être énervé,
01:28je vais être en colère envers les autres, envers moi.
01:30Je me lève, qu'est-ce que je fais ? Rien.
01:33Je vais jouer au padel une fois,
01:34mais après, tu joues à 10h, à midi, c'est fini.
01:37On ne veut pas sortir,
01:39on reste à la maison,
01:41pas coiffé, la barbe qui pousse.
01:43Du coup, on se dit, je ne veux voir personne.
01:46Forcément, on reste.
01:47Et puis, ça se dégrade de jour en jour.
01:50Je ne trouvais pas de sens, en fait,
01:53à ma vie à ce moment-là.
01:55Et c'est vrai que c'était très compliqué.
01:57Ça a été très compliqué.
01:59Quand on entend Steve Mandanda parler comme ça,
02:01on comprend que le mot « petite mort » n'est pas galvaudé.
02:03C'est ce que nous confirme Pierre Gauthier
02:05qui bosse comme coach mental
02:07avec des sportifs de haut niveau.
02:09C'est leur réalité à eux.
02:10Et ce terme-là, il n'est pas anodin
02:12parce qu'on parle exactement de « petite mort »
02:14pour un sportif de haut niveau.
02:15Moi, j'étais par exemple des joueurs de foot de 17 ans
02:17qui sont hyper tendus et qui me disent
02:18« le foot, c'est toute ma vie ».
02:19Entendez cette phrase.
02:21Le foot, ça ne peut pas être toute une vie.
02:22Le foot, on y joue jusqu'à 35 ans, 40 ans.
02:25Et aujourd'hui, l'espérance de vie d'un homme,
02:27c'est 85 ans.
02:28Donc, en gros, il va jouer de 20 à 40.
02:29Il va jouer 20 ans.
02:30C'est un quart de sa vie.
02:32Une carrière de footballeur
02:33ne peut pas être plus importante que la vie,
02:35que la santé, que la naissance d'un enfant,
02:37que le plaisir d'aimer ou d'être aimé.
02:39Steve Mandanda, justement,
02:41c'est l'exemple parfait d'une vie dédiée au football.
02:44Il entre en centre de formation à 14 ans au Havre.
02:47Derrière, retraite à 40 ans.
02:49832 matchs en carrière.
02:50Et à l'OM, il a le record de match.
02:53613 en 14 saisons.
02:54Est-ce que vous vous souvenez que Géronimo Rouli a dit
02:56il y a pas longtemps qu'une saison à l'OM,
02:58c'est comme 4 saisons ailleurs.
02:59Mandanda, c'est 14 saisons à l'OM.
03:01Ça fait 56 saisons dans un autre club.
03:03Une vie dans laquelle, donc, il n'a jamais soufflé
03:05avec un quotidien toujours sous tension.
03:08Mon quotidien était très rythmé avec les entraînements tous les jours,
03:12avec un partage avec les collègues.
03:15On arrive le matin, chacun ses histoires, chacun ses trucs.
03:18On raconte nos vacances, on raconte nos moments, on rigole.
03:21Et le quotidien des entraînements, tout simplement,
03:24parce que ça faisait depuis l'âge de 14 ans que je m'entraînais quasi tous les jours.
03:30Et la compétition manque, l'adrénaline manque.
03:32Et au quotidien, aujourd'hui, c'est ce qui manque le plus.
03:35Alors, le cas de Steve Mandanda est extrêmement marquant, bien sûr,
03:38mais il n'est pas tout seul.
03:39Oui, il n'y a pas beaucoup d'études sur le sujet.
03:41Pour le moment, c'est un petit peu tabou,
03:43mais on a ces chiffres qui viennent du syndicat anglais des footballeurs en 2017
03:47et qui nous dit que 38% des footballeurs seraient en dépression après leur carrière,
03:52alors que ça concerne que 13% du reste de la population.
03:56Mandanda, il n'est pas seul.
03:57On a pu joindre notre ami Ludovic Aubragna, qui nous offre un témoignage très touchant aussi
04:02sur son après-carrière.
04:03Lui aussi, il l'a mal vécu.
04:06On essaye d'exister aux yeux des nôtres.
04:08Il faut donner l'illusion que tout va bien
04:10et qu'on est capable de prendre les choses en main,
04:14mais c'est une chute au fond du Grand Canyon.
04:16C'est le grand vide.
04:17C'est d'une violence absolue.
04:18J'ai pris, moi, 15 kilos la première année,
04:21pour vous dire à quel point la dépression a été assez forte.
04:24Et j'ai menti à ma femme,
04:26en lui prétextant des choses que je faisais et qui n'étaient pas vraies,
04:30pour faire semblant d'avoir une activité.
04:33C'est assez terrible de se dire qu'on ne sert plus à grand-chose,
04:36qu'on n'est plus utile et qu'on ne veut pas descendre dans l'admiration des gens qui sont
04:43à nos côtés.
04:44En fait, on a l'impression que personne, finalement, ne prépare les footballeurs à leur après-carrière.
04:48Non, beaucoup de joueurs se sentent complètement livrés à eux-mêmes.
04:51C'est le cas de Steve Mandanda qui n'avait pas choisi au départ de prendre sa retraite l'été
04:55dernier.
04:56Je n'avais pas, au fond de moi, cette volonté d'arrêter.
04:59Arrivé à septembre, petit à petit, mis les choses en place avec cette formation de manager général du CDES de
05:07Limoges que je fais
05:08pour être dirigeant de club dans les mois ou les années à venir, je l'espère.
05:12Ça m'a permis aussi de me dire, à un moment donné, je ne peux pas rester chez toi enfermé
05:18à ne rien faire, il faut que tu t'actives.
05:20C'est ta décision aussi d'arrêter.
05:23En ayant une activité, en ayant bien préparé la suite, je pense que ça peut être moins difficile à vivre.
05:30Des cas comme Steve Mandanda, le coach mental Pierre Gauthier, il en a croisé énormément.
05:36Tous touchés par ça, ça les questionne forcément quand ils sentent la fin de carrière arriver.
05:41Souvent, moi, ce que je regrette, c'est de ne pas avoir pu le travailler en amont.
05:45Il faudrait qu'ils travaillent sur ce sujet-là tout au long de leur carrière, j'ai envie de dire.
05:51C'est dommage d'attendre le dernier moment pour prendre un petit peu le mur de plein fouet parce que
05:56c'est comme ça que ça arrive.
05:58Oui, il faut y penser pendant la carrière.
06:00Mais le problème, c'est que pendant la carrière, comme nous le dit Ludovico Bragnac, c'est jamais le bon
06:04moment.
06:05Quand tu es dans la carrière, tu ne te dis jamais que ça va s'arrêter demain.
06:09Tu n'as jamais le temps d'eux et quand ça s'arrête, ça s'arrête et le coup près,
06:13il est violent.
06:14Aujourd'hui, aller dans les centres de formation, ils sont en pleine force de l'âge.
06:17Ils ont encore 10, 15 ans devant eux et leur dire déjà oui, mais il faudra que dans 15 ans,
06:22en fait, ils ne sont pas dans cette énergie-là.
06:24Et puis ceux qui sont sur la trentaine, passés la trentaine, ils sont dans un espèce de déni.
06:30Ils ne veulent pas l'entendre.
06:31Ce qui peut sauver un sportif, c'est de s'épanouir évidemment dans sa reconversion.
06:35Oui, c'est très difficile de gérer parfaitement cette deuxième vie qui n'a pas été préparée, même quand on
06:41reste dans le domaine du football, ce qui est le cas pour Ludovico Bragnac.
06:45La télé, pour moi, a été une bouée de sauvetage, clairement. La télé, la radio, pour être honnête, c'est
06:51de la survie. On n'est pas totalement rassasiés et comblés parce que finalement, cette adrénaline, il y a toujours
07:00un vide.
07:00Elle a tellement été forte qu'on court toujours après ça. Et aujourd'hui, moi, je fais un métier qui
07:05me réjouit totalement, mais qui ne me comble pas totalement ce vide.
07:09Ce qu'ont voulu faire Steve Mondanda et Ludovico Bragnac avec leurs témoignages, c'est mettre en lumière un sujet
07:14qui touche tous les joueurs, dont on parle peu et qui sera forcément utile s'il touche ne serait-ce
07:19qu'un futur retraité du foot.
07:20Merci Gérémie, merci Arthur, merci aussi à Romain qui a bossé dessus et à Baptiste. Toute la team du Pourquoi
07:26qui a formidablement bossé et merci à Steve et à Ludo pour leurs témoignages.
07:30Benoît, je viens vous voir, Charlotte, dans la foulée. Vous ne m'en voudrez pas, Johan et Dave, de commencer
07:34par mes ex. Enfin, tout bien, tout honneur, vous l'aurez compris.
07:38Benoît, on en a déjà beaucoup parlé ensemble, évidemment, c'est un sujet qui est revenu régulièrement. Vous, vous n
07:43'avez pas choisi d'arrêter votre carrière, c'est votre genou qui a décidé pour vous.
07:47Oui, et en fait, il faut apprendre à vivre avec. Et c'est compliqué, on y pense tous les jours.
07:54Il y a encore deux, trois jours, j'allais encore parler avec ma compagne.
07:56Je me dis, putain, je te rends compte aujourd'hui, je pourrais encore jouer à cause de ce genou. Et
08:01en fait, elle me dit non, mais il faut essayer de passer à autre chose.
08:04Il faut essayer d'apprendre à vivre avec. L'effacer, c'est impossible parce que c'est gravé en vous
08:11et jusqu'à la fin de votre vie, cette cicatrice, elle sera toujours là.
08:14D'ailleurs, j'ai une énorme cicatrice sur mon genou.
08:17Je vous le rappelle. Mais vous avez arrêté tôt parce que Steve, il a joué jusqu'à 40 ans, mais
08:20vous, 30 ans, c'est ça ?
08:21Oui, en fait, moi, ça n'a pas été si brutal comme Steve. C'est-à-dire que lui, entre
08:26guillemets, si on comprend bien, c'est du jour au lendemain, il décide d'arrêter.
08:29Moi, ça a été assez progressif. Pourquoi ? C'est-à-dire, à 30 ans et demi, je me souviens,
08:33je me blesse en demi-finale de Coupe d'Europe face au Shakhtar.
08:35Je devais faire l'Euro 2016. Et je me dis, bon, tant pis, c'est mort. Je me fais opérer.
08:41Et puis, il me restait un an de contrat avec Séville, et ça repart.
08:43C'est-à-dire qu'en fait, c'est jamais reparti. Donc, j'ai fait ma dernière année de contrat
08:45à Séville chez le kiné où je n'ai fait aucun entraînement pendant un an.
08:50Et le club a été cool avec moi puisqu'ils m'ont quand même payé. Et en fait, à la
08:55fin de cette année de contrat, je n'ai plus d'année de contrat.
08:57Séville ne me reprolonge pas et je rentre chez moi à Bordeaux, en fait. Et pendant deux ans et demi,
09:02je me suis dit, je ne vais pas lâcher.
09:04Et je me suis fait opérer trois fois ou deux fois, deux fois, pardon, en deux ans et demi. Et
09:08j'essayais de revenir.
09:10Mais petit à petit, je sentais que ça n'allait pas tenir et que ça n'allait pas le faire.
09:14Mais j'essayais d'y croire, d'y croire, d'y croire, d'y croire.
09:16Au bout d'un moment, au bout de deux ans et demi, j'ai dit, stop. Et la chance que
09:20j'ai eue, c'est que j'ai été approché par Marc Lasse et Steldenis pour intégrer.
09:28Vous avez fait une campagne promo, en fait. Vous étiez venu parler de votre fin de carrière sur différents plateaux.
09:32Exactement.
09:32Et on vous a récupéré.
09:33Chez Canal, chez Béin, chez RMC et chez l'équipe. Et puis, l'équipe m'a récupéré.
09:38Donc, ça a été très vite aussi. Et ça m'a permis de vite me remettre dedans, remettre un pied
09:42dans le football, avec deux émissions, malgré tout, quotidiennes.
09:45Mais c'est vrai qu'après, vous faites vos deux émissions. Qu'est-ce que vous faites dans la semaine
09:50?
09:50Et il y a souvent, on me reprochait, ma compagne et même les amis, la procrastination. C'est le mot
09:57qui remet.
09:57La procrastination.
09:58Et souvent, on me disait, ouais, mais tu procrastines, tu pourrais faire plein de choses, tu ne te rends pas
10:02compte avec le réseau et tout.
10:03Et puis, il y a aussi le côté financier qu'il faut gérer. J'ai eu pas mal de problèmes
10:07financiers parce que, quand on avait calculé,
10:11je n'allais pas me dire qu'à 30 ans, j'allais arrêter. On ne tablait plus sur du 34
10:14-35. Donc, il y a des crédits à rembourser.
10:17C'est tout un engrenage. Et donc, en fait, finalement, on est un peu obligé de s'y remettre.
10:21Et en s'y remettant, on se rend compte qu'on apprécie. C'est-à-dire que moi, aujourd'hui,
10:25je suis avec vous, je m'éclate.
10:27Je suis aussi chez Winamax. Je m'occupe aussi de la buteuse de l'équipe de France de rugby, Carla
10:32Rabès, qui explose.
10:33Et c'était un vrai challenge parce qu'au début, elle était aussi un peu dans le trou comme moi.
10:37Je m'occupe aussi depuis peu d'un joueur de Ligue 1, dans tout ce qui est débriefing et travail
10:43sur le terrain aussi.
10:44Et en fait, on est obligé de s'y mettre pour permettre un petit peu de s'épanouir.
10:49Je tiens à vous le dire tous les deux. Je ne vais pas vous sauver dans le joueur au paddle
10:52avec vous deux fois par semaine tout le temps.
10:53Je ne vais pas vous tenir par le bras à chaque fois en émission et sur un terrain de paddle.
10:57Il va falloir que vous bougiez. Et vous le faites beaucoup. Parce que Charlotte, on vous voit évidemment chez nous.
11:01On vous voit sur Ligue 1+. On voit que vous êtes sollicité parce que vous avez une vraie expertise aussi.
11:07Je me souviens très bien, vous jouiez encore quand vous étiez dans l'EDG.
11:10Quand je vous dis, venez faire l'équipe de rugby, vous vous rappelez quand on s'est eu au téléphone
11:14la première fois ?
11:15La première fois qu'on s'est eu au téléphone.
11:17Vous me dites, je joue encore.
11:19Et puis en fait, vous avez eu tellement d'occupations que ça s'est arrêté parce que la cotée a
11:24pris le pas sur le sportif ?
11:25Ou vous vous sentiez que vous étiez moins indispensable ?
11:27Déjà, moi j'étais en litige avec le staff à Lens. J'avais encore un an de contrat. Je devais
11:31continuer.
11:32Donc c'est vrai que j'avais été un peu blessée au mollet.
11:34Donc c'est vrai que quand on commence à être blessée au mollet, ça pue un petit peu.
11:36Donc c'est vraiment la partie du corps qui craint un peu musculairement.
11:40Et en fait, j'ai mis un an à me rendre compte que j'avais terminé ma carrière.
11:45Donc j'étais dans le déni pendant un an.
11:47Donc en fait, je me suis dit, mais je vais reprendre.
11:49J'avais 29 ans, j'allais sur mes 30.
11:50Donc moi, j'arrête quand même extrêmement tôt.
11:52Et surtout, je me sentais physiquement prête à continuer.
11:55Mais en fait, j'allais faire les JO avec France Télévisions.
11:58Donc mon contrat, c'était le 30 juin.
12:01Il y avait France TV pour les JO.
12:04Après, il y a Dazon qui est venu me chercher.
12:05Et en fait, je n'ai jamais arrêté.
12:07Donc c'est pour ça que j'étais dans le déni.
12:08Je me suis dit, c'est bon, il y a un club qui va venir me chercher en décembre, en
12:12janvier.
12:12Ça va repartir.
12:13Et en fait, plus personne ne vient te chercher.
12:16Les gens oublient vite.
12:17Les gens oublient très, très vite.
12:18Oui, les gens t'oublient quand tu es blessé.
12:20Donc moi, j'ai eu aussi la période où mon genou, ça a été très compliqué.
12:23Il y a eu le Covid, etc.
12:24En fait, j'ai tout eu au même moment.
12:26Donc je n'ai jamais accepté le fait d'avoir arrêté comme ça.
12:30Mais finalement, il n'y a jamais une fin très, très, très heureux.
12:34Après, il y a des joueuses, il y a des joueurs que je côtoie qui me disent
12:37« Moi, par contre, c'était mon moment.
12:40Il n'y a aucun souci.
12:41Je suis contente d'avoir arrêté.
12:42Moi, j'ai mis un an.
12:43Et c'est vrai que quand tu pars un petit peu en litige avec ton dernier club,
12:47ça a été très, très compliqué.
12:48Et après, ma vie de femme a été compliquée aussi.
12:50Parce que finalement, on ne se sent plus utile.
12:53Qu'est-ce qu'on fait ?
12:54La semaine, c'est vrai que je suis un peu comme Benoît.
12:56Oui, je suis pas mal sollicité un peu partout.
12:58Mais en fait, quand je rentre chez moi, je comble tout.
13:01Je ne suis jamais chez moi.
13:02Alors que quand on arrête le foot, on a l'impression…
13:05Vous remplissez les blancs.
13:05Je remplis tout, en fait.
13:07Je ne suis jamais chez moi.
13:08Donc, ça a été très particulier.
13:10Parce que quand tu es dans ta carrière, tu ne vois jamais ta famille.
13:12Moi, des fois, pendant un an, je ne voyais pas mes sœurs.
13:14Je voyais une fois par an mon père pendant des années.
13:17En fait, c'est comme ça, tu es dans un mangrenage.
13:19Et quand tout s'arrête, finalement, tu peux voir ta famille.
13:21Mais en fait, le comble, il n'est quand même pas…
13:23Oui, ça manque.
13:24Et ça vous manque le terrain rapidement tous les deux aujourd'hui ?
13:26Complètement.
13:27Aujourd'hui encore, l'odeur du gazon, du vestiaire.
13:29Il n'y a pas si longtemps, on en parlait avec Jib.
13:32Il me dit, des fois, j'ai l'impression que je pourrais jouer avec eux.
13:35Et puis, en fait, au final, quand je m'entraîne avec eux,
13:37je me dis, en fait, non, je vais plus vite comme avant.
13:39Je vais moins vite.
13:40Et en fait, on a ce ressenti aujourd'hui.
13:42Souvent, j'ai regardé le dernier match des Girondins.
13:48En National 2.
13:49Là, vous savez que tout le monde chambre devant la télé
13:51en disant, vous avez le niveau.
13:52Vous savez comment le dire.
13:52Je l'ai pensé, je n'ai pas voulu le dire.
13:54On se dit, mais je pourrais faire ça, ça, ça.
13:56Et puis, en fait, au final, quand tu joues avec tes potes,
13:58et puis, tu te rends compte que, techniquement,
14:01c'est moins bien.
14:02Tu n'as plus le même cardio qu'avant.
14:06Donc, non, on sent que...
14:07Vous avez le cardio.
14:08Je tiens à dire que tous les deux, vous galopez beaucoup.
14:10Pour le très haut niveau, on sent que le cardio n'est plus là.
14:13Moi, j'avais continué avec la R1 à Canet.
14:16Donc, je continuais les entraînements.
14:18Et je sentais que physiquement,
14:19ce n'était pas le même impact.
14:20La préparation, je commençais à avoir des crampes
14:22alors qu'en carrière, je n'ai jamais eu de crampes.
14:24Donc, j'avais des crampes à la cinquantième en R1.
14:26Donc, je me suis dit, mais ce n'est pas possible.
14:27Donc, là, c'était en fait, je me suis dit, mais arrête.
14:29Donc, là, j'ai arrêté il y a quelques mois.
14:30Vraiment, le foot amateur, le foot complet.
14:33Je vous voyais très attentif, tous les deux.
14:34Parce que, Johan, je sais que c'est un sujet
14:35qui vous touche beaucoup.
14:36Deve aussi, parce que dans France Foot,
14:38ou vous, dans vos différentes expériences,
14:39c'est quelque chose que...
14:40Voilà, vous avez rencontré beaucoup de footballeurs.
14:42C'est un sujet qui me passionne.
14:43Voilà, c'est un sujet qui est passionnant.
14:44De toute façon, vous vous souvenez, Johan,
14:46quand on a grandi, on a à peu près le même âge.
14:49Un rugbyman, par exemple,
14:49vous êtes passionné rugby, Camille.
14:51Donc, je vous prends un témoin.
14:52Mais je me souviens, dans le Sud-Ouest,
14:53les gars, ils arrêtaient leur carrière.
14:54On leur donnait un bar tabac ou un magasin de sport.
14:57Mais bien sûr.
14:58Et c'était à l'ancienne.
14:59Bon, ben, merci, service rendu.
15:01Voilà un magasin.
15:01Alors, aujourd'hui, évidemment, ça peut encore glisser.
15:03Mais ce n'est plus ça, le monde actuel.
15:05C'est vraiment quelque chose qui se prépare.
15:07Il faut former à la fois des joueurs
15:09et des hommes ou des femmes dans les centres de formation.
15:11Non, mais Greg, c'est impossible.
15:12Parce que voilà pourquoi moi, j'ai un respect infini
15:14pour les athlètes, pour les sportifs.
15:193-34 ans, c'est comme si nous, Dave, on nous disait
15:22vous arrêtez demain matin, c'est fini votre carrière.
15:23Je vous le dirai quand je vois, premier.
15:25Et ce n'est pas normal, déjà, à 31-32,
15:27de dire demain, c'est fini.
15:28Comme ce n'est pas normal pour les sportifs
15:31de commencer à être dans la jungle à 12-13 ans.
15:33Ça, ça passe normalement à 12-13 ans.
15:34Tu joues avec tes amis, tu sors.
15:36Déjà à 12-13 ans, c'est pour ça que votre vie,
15:38j'ai un respect infini pour vous, les sportifs.
15:39Et très rarement, je taille.
15:40Parce qu'à 12-13 ans, tu n'es pas formé
15:42pour déjà être meilleur côté coéquipier,
15:44pour être dans la compétition.
15:45parce qu'on sait très bien sur notre formation,
15:46vous êtes 300 au départ, il n'y en a un qui perce.
15:48Et surtout, c'est que tu te lèves.
15:50Moi, j'avais demandé à Paolo Maldini,
15:51je l'avais rencontré en 2009,
15:52un an après la fin de sa carrière.
15:53Je lui avais dit, M. Maldini, c'est quoi ?
15:54Qu'est-ce qui vous manque le plus de votre carrière ?
15:56Et il avait dit le mot vestir.
15:57Le mot vestir.
15:58Parce qu'effectivement, t'es footballeur,
16:00tu te lèves le matin, tu as un but.
16:02Tu vas regrouper.
16:03Du jour au lendemain, t'es chez toi.
16:04T'as 32-33 ans, t'as ton corps sûrement
16:06qui t'a fait souffrir.
16:07T'as la tête aussi.
16:09Et tu fais quoi ?
16:09Tu fais quoi ?
16:10T'as ce vide.
16:11Robert Pires avait fait une interview gigantesquissime
16:13il y a quelques années.
16:14Et il avait raconté, Robert Pires,
16:15il arrête sa carrière.
16:16Il est chez lui dans son canapé.
16:17Il zappait.
16:18Il ne savait pas quoi faire.
16:19Il y avait sa compagne qui lui avait dit,
16:20Robert, il faut faire quelque chose.
16:22Et il avait appelé Arsène Wenger.
16:23Et Arsène Wenger lui avait dit,
16:24allez Robert, demain, tu viens t'entraîner.
16:26J'ai même envie de pleurer
16:27parce que tu viens t'entraîner avec nous.
16:28Parce que c'est un sujet bouleversant.
16:29Michel Platini, il avait fait un bouquin extraordinaire.
16:31dans les 80, ma vie comme un match.
16:33Et il y a des pages extraordinaires
16:34sur son dernier match.
16:35Il joue son dernier match.
16:36Et il raconte sur plusieurs pages son chemin.
16:40Il part du Stadio Comunale.
16:41Il rentre chez lui.
16:42Où sont les amis ?
16:42Est-ce que tout le monde est là ?
16:43Il y a le petit verre,
16:44c'est même pas du champagne.
16:46En fait, une fin, c'est toujours dégueulasse.
16:47C'est toujours triste.
16:48Et même les gens qui partent en retraite
16:50vraiment à 62, 63, 64 ans.
16:52Disons, parlons de la vraie vie.
16:53Ça dépend de la pénibilité du métier quand même.
16:55Et il y a beaucoup de gens,
16:56du jour au lendemain,
16:57à 63, 64 ans, ils arrêtent.
16:59Et parce que tu quittes une entreprise,
17:00tu quittes des gens humains,
17:01tu quittes des amis.
17:02Et tu fais quoi ?
17:03C'est pour ça que...
17:05On en parle souvent aussi.
17:06Moi, je suis plutôt une sorte de carpe diem.
17:07Pas tout et n'importe quoi.
17:08Mais profitez.
17:08Parce que combien on a connu de gens
17:10qui partant à la retraite de la vie civile,
17:12se disent, il va me rester 10 ans,
17:13puis j'ai économisé pour voyager,
17:14puis au bout d'un an,
17:15vous apprenez une maladie ou quoi que ce soit.
17:16En fait, je ne suis pas en train de vous faire l'aude
17:18à vivre chaque seconde,
17:19même si c'est ce que je pense.
17:21Mais Dave, quand on voit Steve Mandanda,
17:23on se dit qu'il a eu de quoi être totalement comblé.
17:26Il a gagné.
17:27Il a été adulé.
17:29On se dit qu'il peut partir presque en paix de sa carrière.
17:32Pas du tout.
17:33Et l'humilité qu'il faut pour que vous témoignez comme ça,
17:35tous les deux, ce que lui dit,
17:36et accepter devant des caméras,
17:38dire, qu'est-ce que je faisais de ma journée ?
17:40Je n'avais rien.
17:41Ce que dit Ludo, je n'étais plus utile.
17:43Et ce côté, vous avez été admiré aussi.
17:45Il faut le voir.
17:46C'est comme des gens de télévision.
17:47D'un coup, il n'y a plus de caméras.
17:48Mais combien d'animateurs ou de journalistes
17:50ont très mal vécu ça ?
17:52De rentrer, tout ce que vous disiez sur le fait de recevoir,
17:55comme pour Steve Mandanda,
17:56qui allait le plus loin, vraiment à 40 ans,
17:58avec barre des titres, barre des dents, tout ce que tu veux.
18:00Mais en fait, tout ça, ce n'est pas des choses qui juste comblent.
18:03Par contre, ça crée aussi un manque.
18:04Ça crée une addiction.
18:05Ils sont accros.
18:06Parce qu'on parle toujours des 15,
18:09pour les plus longs, 20 ans de carrière, etc.
18:11En fait, ça commence bien avant.
18:13C'est-à-dire que ça commence par un rêve de tous les jours,
18:15un projet de tous les jours,
18:16ensuite une activité de tous les jours.
18:18Moi, j'en avais discuté avec Pat Vira.
18:20Ça devait être en 2012.
18:21Il avait arrêté depuis deux ans à Manchester City en 2010.
18:25Et il entraînait les jeunes à Manchester City.
18:27Donc, j'étais allé le voir pour lui dire,
18:29voilà, est-ce que tu avais tout de suite pensé à entraîner
18:32après la fin de ta carrière ?
18:34Pas du tout.
18:35Je ne pouvais pas voir un ballon.
18:36Enfin, j'étais content d'arrêter.
18:38Mais par contre, ce qui me manquait,
18:40parce que c'est ça la nature du sportif de Holyo,
18:42c'est d'être challengé.
18:43Et quand tu rentres chez toi et que tu n'es plus challengé,
18:45il n'y a plus d'activité qui te challenge.
18:46On parlait souvent des mots adrénaline, pression, etc.
18:49Lui, ce n'était plus sur le sportif,
18:51mais c'était d'être challengé.
18:52Et Manchester City a fait un truc.
18:53Alors lui, il les remercie tous les jours.
18:55C'est en fait de lui dire,
18:57t'es à Manchester City, tu fais encore partie du truc.
19:00Si tu veux, tu vas pendant deux ans
19:02passer dans tous les départements du club.
19:05C'est un énorme club.
19:06Donc, t'as allé marketing, communication,
19:09jusqu'à entraîneur des catégories de jeunes, etc.
19:14Il avait fait trois, quatre, cinq départements
19:16sur plusieurs mois, des choses.
19:18Et il disait auxquels je n'avais jamais pensé,
19:19parce que moi, j'étais joueur.
19:20Parfois même un joueur en premier plan.
19:22Mais t'es joueur, t'es joueur.
19:23Tu ne penses pas au reste.
19:24Et là, d'un seul coup, je m'aperçois
19:25qu'il y a plein de composantes dans la vie d'un club.
19:27Et ça l'a challengé, même intellectuellement.
19:29Oui, parce qu'ils ne connaissent pas tous
19:31la vie normale d'une entreprise,
19:33comme 95% des gens,
19:34ou même la vie d'un entrepreneur.
19:35Tout à fait.
19:36Ce n'est pas du tout.
19:37Et puis, ils sont plus servis.
19:38Vous voyez, Benoît, je dois encore lui porter son blouson.
19:40Et c'était ça, le truc.
19:43Et il m'avait dit cette phrase.
19:44C'est, comment dire,
19:46je me surprends mieux,
19:48je ne sais plus ce qu'il me dit,
19:49mais quelque chose de...
19:50Alors, je ne pensais pas
19:51que j'arriverais à me challenger comme ça
19:53sur un truc hors foot.
19:54Et ça permet aussi la bascule
19:56dont parlait Benoît, Charlotte.
19:58En tout cas, merci pour votre témoignage.
19:59Merci, Jérémy.
20:00Merci à Steph.
20:01Merci à Ludo.
20:01C'était un super pour toi.
20:02On a pris un peu plus de temps que d'habitude.
20:05Mais c'est un sujet qui nous touche tous, évidemment.
20:08Et si vous aimez le foot et les sportifs,
20:09comme c'est le cas chez nous,
20:11forcément, ça doit vous intriguer
20:12et vous passionner.
20:13Allez lire le livre de Steve Mandanda.
20:15Dans un instant,
20:17Raphaël arrive et va challenger
20:18Didier Deschamps dans son comment.
20:20Comment Deschamps peut nous surprendre
20:22à la J-2 de la liste.
20:23A tout de suite.
20:23Ciao, allez.
20:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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