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Ses débuts au théâtre, les films qui l’ont révélé, les tournants dans sa carrière… Itinéraire d’un acteur gâté. Récit d’Yves Jaeglé, journaliste au service culture du Parisien.
Dans cette vidéo : Code source vous raconte aujourd'hui pourquoi Belmondo était dans le cœur d'une grande partie du public en France récit d’Yves Jaegle du service culture du Parisien.
Jean Paul Belmondo il est né le 9 avril 1933 à Neuilly sur Seine il grandit à Paris ses parents sont artistes tous les deux, son père est un sculpteur connu Paul Belmondo et sa mère est artiste peintre d'ailleurs ses parents se sont rencontrés aux
Beaux-Arts. Donc c'est une famille à la fois cultivée artistique mais très bourgeoise. Quand il est enfant puis adolescent il est passionné de sport notamment de foot où il est gardien de but et plus encore de boxe où là il a disputé des combats il a même fait les championnats de France où il arrive jusqu'en demi-finale. Il en a gardé son nez cassé il décide finalement de se lancer dans la comédie. Ses parents sont d'accord s’il parvient à entrer au conservatoire c'est ce qu'il fait mais là il est handicapé par son physique. Il a un physique un peu atypique à l'époque le jeune premier c'est Gérard Philippe qui a un visage parfait symétrique….
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Timothée Croisan, Sarah Hamny et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : Canal +, INA.
#cinéma #Belmondo #biographie
Dans cette vidéo : Code source vous raconte aujourd'hui pourquoi Belmondo était dans le cœur d'une grande partie du public en France récit d’Yves Jaegle du service culture du Parisien.
Jean Paul Belmondo il est né le 9 avril 1933 à Neuilly sur Seine il grandit à Paris ses parents sont artistes tous les deux, son père est un sculpteur connu Paul Belmondo et sa mère est artiste peintre d'ailleurs ses parents se sont rencontrés aux
Beaux-Arts. Donc c'est une famille à la fois cultivée artistique mais très bourgeoise. Quand il est enfant puis adolescent il est passionné de sport notamment de foot où il est gardien de but et plus encore de boxe où là il a disputé des combats il a même fait les championnats de France où il arrive jusqu'en demi-finale. Il en a gardé son nez cassé il décide finalement de se lancer dans la comédie. Ses parents sont d'accord s’il parvient à entrer au conservatoire c'est ce qu'il fait mais là il est handicapé par son physique. Il a un physique un peu atypique à l'époque le jeune premier c'est Gérard Philippe qui a un visage parfait symétrique….
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Timothée Croisan, Sarah Hamny et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12On va parler de moi un moment, et puis les gens vont passer à autre chose.
00:17Voilà ce qu'a dit Jean-Paul Belmondo la veille de sa mort, d'après l'un de ses amis,
00:21le réalisateur Jeff Domenech.
00:23L'acteur est mort à 88 ans, le lundi 6 septembre, chez lui, à Paris.
00:2750 ans de carrière, près de 80 films, sans prétendre être exhaustif, CodeSource vous raconte aujourd'hui pourquoi Belmondo était
00:36dans le cœur d'une grande partie du public en France.
00:39Récit d'Yves Géglet du Service Culture du Parisien.
00:46Yves Géglet, vous avez rencontré Jean-Paul Belmondo, c'était en 2015, vous allez nous raconter cette interview qui vous
00:52a beaucoup marqué à la fin de ce podcast.
00:54Mais on a choisi de commencer ce récit en 1987.
00:59Le mardi 24 février 1987, Jean-Paul Belmondo revient au théâtre, et avant la première au théâtre Marigny à Paris,
01:07il est rongé par le trac.
01:09Oui, c'est l'après-midi, il est déjà dans sa loge, mais il a encore plusieurs heures avant de
01:13jouer, donc il gamberge, il est dévoré, c'est la seule fois de sa vie d'ailleurs, parce que c
01:16'est un acteur qui n'avait pas le trac, et du coup, il pète un peu les plombs.
01:20Il prend sa voiture, pas n'importe laquelle, une Ferrari, il s'en va, il prend l'autoroute de l
01:25'ouest, il roule, sans savoir vers où, paraît-il à 220 km heure.
01:31Vous allez nous raconter la suite de cette anecdote, mais d'abord, vous allez retracer le parcours de Jean-Paul
01:36Belmondo.
01:37Il est né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine. Il grandit à Paris. Que font ses parents ?
01:43Alors, ses parents sont artistes tous les deux. Son père est un sculpteur connu, Paul Belmondo, et sa mère est
01:49artiste peintre.
01:50D'ailleurs, ses parents se sont rencontrés au Beaux-Arts.
01:52Donc, c'est une famille à la fois cultivée, artistique, mais très bourgeoise.
01:57Quand il est enfant, puis adolescent, il est passionné de sport.
02:00Notamment de foot, où il est gardien de but, et plus encore de boxe, où là, il en a fait.
02:06Il a disputé des combats, il a même fait les championnats de France, où il est arrivé jusqu'en demi
02:11-finale.
02:12Mais il a dit qu'il n'avait pas assez la haine et pas assez faim, il ne venait pas
02:15d'un milieu pauvre pour devenir boxeur.
02:17Mais il avait une énorme admiration, et il en a gardé son nez cassé.
02:19Il décide finalement de se lancer dans la comédie, le théâtre.
02:23Ses parents sont d'accord s'il parvient à entrer au conservatoire, c'est ce qu'il fait.
02:28Mais là, il est handicapé par son physique.
02:30Il a un physique un peu atypique.
02:32À l'époque, le jeune premier, c'est Gérard Philippe, qui a un visage parfait, symétrique, ou Jean Marais.
02:37Voilà, des visages très classiques.
02:39Bebel, il a ce nez cassé, il a un visage avec du chien, comme on dit.
02:43Et notamment, un des très grands comédiens de l'époque, Pierre Dux, qui est l'un de ses professeurs au
02:48conservatoire,
02:48lui dit « Écoutez, avec votre tête, vous aurez certainement une carrière de second rôle,
02:53mais vous ne pourrez jamais prendre une femme dans vos bras à l'écran, personne n'y croirait. »
02:57Au conservatoire, en revanche, il se fait toute une bande d'amis.
03:00Il rencontre au conservatoire Marielle, Rochefort, Bruno Crémer,
03:05Pierre Vernier, qui sera plus tard dans les Brigades du Tigre,
03:08et une femme, Françoise Fabian.
03:10En 1956, Jean-Paul Belmondo, comme ses camarades, doit monter sur scène
03:15pour ce qu'on appelle le concours de sortie du conservatoire.
03:18Et pour tous ces jeunes comédiens, c'est un moment très important de leur carrière.
03:22C'est vital, parce qu'à l'époque, le concours du conservatoire, c'est l'entrée vers la comédie française.
03:27Donc si on l'a, on devient presque un fonctionnaire,
03:30et si on ne l'a pas, on se retrouve un petit peu nulle part.
03:35Ça ne se passe pas très bien.
03:37Il joue deux extraits, Amour et Piano de Fédo, et Les Fourberies de Scapin.
03:42Alors le public rit, il y a un public, mais ses profs le trouvent désinvolte,
03:47on dirait maintenant un peu branleur, parce qu'il avait son style goyeur,
03:50très très différent des acteurs classiques.
03:52Et du coup, contrairement à ses copains, il n'obtient pas de prix.
03:55Mais il est porté en triomphe par ses copains, justement, comédiens,
03:59enfin apprentis comédiens, parce que la salarie, on le trouve déjà génial,
04:02même s'il ne plaît pas à l'institution.
04:04Là, il fait un bras d'honneur, carrément, au jury.
04:07Belmodo, il a toujours fonctionné à l'adrénaline, et toujours en bande.
04:09Donc oui, il fait un bras d'honneur comme on peut l'imaginer.
04:13Malgré tout, il est blessé par ce résultat.
04:16Il est extrêmement blessé, parce qu'il vient quand même d'une famille
04:19où les études, c'est important.
04:21Il a été viré enfant de l'école asacienne.
04:23Il a connu quand même beaucoup d'échecs scolaires.
04:26Et là, pour ses parents, c'était un peu la dernière chance.
04:28Et il ne ramène même pas de prix important.
04:32Par rapport à sa famille, il l'aura beaucoup regretté.
04:36Son début de carrière va être du coup plus compliqué ?
04:39Il travaille, il joue, mais effectivement, ce sont des petits rôles, des seconds rôles.
04:44Alors, il est repéré un peu par le public, parce qu'il fait rire.
04:47Il a déjà ce bagout incroyable, mais il ne perce pas.
04:50À cette période, il rencontre celle qui va devenir sa première épouse.
04:53Il rencontre une jeune danseuse, Elodie Constant, qui a déjà un enfant.
04:57Il va avoir deux autres enfants, dont Paul, qui deviendra notamment coureur automobile et acteur.
05:03Voilà, il vit un petit peu comme un couple bohème pendant plusieurs années.
05:06En 1958, à la fin de l'été, le 25 août, Jean-Paul Belmondo est approché par un tout jeune
05:12réalisateur dans une rue de Paris.
05:14Oui, il a 25 ans, Belmondo, et effectivement, il croise Jean-Luc Godard, qui le connaît.
05:19Jean-Luc Godard n'est absolument personne. En plus, c'est un pur intellectuel, très cérébral.
05:23Ce n'est pas du tout le genre de personne avec qui Belmondo aurait pu être copain.
05:27Mais Godard lui dit « Je vais tourner un court-métrage, faisons des essais dans ma chambre ».
05:32Belmondo trouve ça un peu bizarre, d'ailleurs.
05:34Il va tout de même faire cet essai, ça va être le début d'une histoire.
05:39Il tourne donc ce court-métrage.
05:41Le mois suivant, il est obligé de partir en Algérie pour faire la guerre pendant trois mois dans un régiment.
05:46Il dira plus tard que cela a été le pire moment de sa vie.
05:49Et à son retour, Jean-Luc Godard le fait tourner à nouveau dans un film au scénario vraiment très mince.
05:56Oui, on dirait aujourd'hui que ça tient sur un ticket de métro.
05:58C'est les débuts de la nouvelle vague.
06:00Godard a une idée.
06:01C'est un jeune Français très libre, qui est quand même un gangster, qui a fait un coup en tout
06:07cas,
06:08et qui va traverser la France et qui va rencontrer une Américaine.
06:12C'est une histoire d'amour, jouée par Gene Seberg.
06:15Gene Seberg, ça repose beaucoup sur l'improvisation.
06:16Donc à la fois quelque chose que Belmondo ne connaît pas,
06:19et en même temps qui va le porter, parce que Belmondo a un sens de l'improvisation inné.
06:24Donc il va y avoir une grâce sur ce tournage,
06:27mais qui a été très compliqué, puisque Gene Seberg, elle, avait tourné notamment avec Otto Preminger.
06:32C'était une actrice hollywoodienne à ce moment-là.
06:34Donc elle était complètement paniquée.
06:36Et d'ailleurs, au début du tournage, Belmondo lui dit,
06:38« T'inquiète pas, ce film, il ne va jamais sortir tellement c'est n'importe quoi. »
06:41Ce film, ce sera à bout de souffle.
06:43À quoi est-ce qu'il ressemble ?
06:44C'est un film en noir et blanc, un peu comme un road movie.
06:47Au début du film, le personnage de Belmondo s'appelle Michel Poicar,
06:50et donc il remonte depuis Marseille jusqu'à Paris.
06:53Et sur la route, tout d'un coup, il se tourne vers la caméra,
06:56et il se met à parler directement au spectateur,
06:58et à l'insulter.
07:00Il y a cette réplique magnifique.
07:14Et c'est une liberté, une insolence absolue
07:18qui est d'une énergie extrêmement communicative.
07:22Comment est accueilli ce film ?
07:24Il est accueilli extrêmement bien par la critique, mais pas seulement.
07:27C'est-à-dire qu'en quelques jours, Belmondo va devenir l'équivalent
07:32de Brigitte Bardot pour les hommes,
07:33parce qu'il a comme ça une dégaine de Titi dans ce film.
07:36Il a un culot phénoménal, il a une gueule, une vraie gueule.
07:41Et du coup, les Français et les Françaises s'entichent
07:44de ce côté voyou totalement attendrissant et charmant,
07:48prêt à tout, en même temps d'une tendresse folle.
07:51Évidemment, ça va lui ouvrir des portes.
07:52Oui, alors c'est le premier Belmondo qui est l'icône de la nouvelle vague,
07:56notamment à travers un deuxième film qui va tourner quelques années plus tard
07:59avec Godard, Pierrot le Fou, qui est encore une histoire de rebelle,
08:04de gangster, mais Pierrot le Fou est en couleur cette fois.
08:07C'est un film très pop, c'est l'époque du pop art,
08:09il est peinturluré en bleu, c'est une histoire d'Indien dans la ville moderne.
08:14Et puis cette fois, c'est Anna Karina,
08:15mais c'est encore une histoire d'amour impossible, folle.
08:38Il va tourner aussi avec Melville, un film en noir et blanc.
08:41Donc Melville qui n'est pas de la nouvelle vague, mais qui est un cinéaste très exigeant,
08:44un cinéma d'auteur puisqu'il joue le rôle d'un curé et il est extraordinaire.
08:50Plus tard, il jouera aussi avec René, avec Louis Malle.
08:52C'est un Belmondo très cinéphile.
08:56En 1964, il est à l'affiche de L'Homme de Rio, réalisé par Philippe de Broca.
09:02C'est un tournant vers un cinéma beaucoup plus commercial.
09:06Mais ce qu'on oublie souvent, c'est que Philippe de Broca était l'assistant avant de François Truffaut.
09:10Il vient lui-même de la nouvelle vague, c'est une sorte de poète surréaliste,
09:14sauf que c'est un cinéma beaucoup plus physique et ça va être le début des cascades.
09:19Dans L'Homme de Rio, il joue un personnage qui va chercher sa fiancée,
09:24qui a été enlevé jusqu'au Brésil, mais il court tout le temps, il ne s'arrête pas, c'est
09:28incroyable.
09:28Agnès, notre prochaine escale sera l'aéroport de Rio de Janeiro.
09:33Rio ?
09:34Rio ?
09:35Brésil !
09:36Ça ne te dit rien ?
09:38Le Brésil !
09:39Et pourquoi on ne m'enlèverait pas, moi ?
09:41On ne devait que ça part.
09:43À cette période, sur le tournage des tribulations d'un Chinois en Chine,
09:46il tombe amoureux d'une certaine Ursula Andress.
09:50Alors effectivement, les tribulations d'un Chinois en Chine,
09:52c'est tourné vraiment juste après L'Homme de Rio pour surfer sur le succès.
09:55Ce n'est pas une suite, mais c'est le même esprit.
09:58Et là, il y a une actrice sublime qui est Ursula Andress.
10:02Finalement, elle a beaucoup de crans, elle a peur de rien, elle non plus, elle a un jeu un peu
10:08arrogant, un peu agressif.
10:09Ils vont se trouver.
10:11Donc ça va casser le mariage de Belmondo qui va vivre toutes les années suivantes avec Ursula Andress.
10:16En 1969, l'autre grande star du moment, Alain Delon, lui propose de jouer dans un film avec lui.
10:22C'est le fameux Borsalino, Jacques Deray qui sera le cinéaste qui va l'accompagner après pendant toutes ces grandes
10:29années de cinéma populaire.
10:31Et effectivement, c'est les deux stars du cinéma français à leur sommet dans un polar qui va être un
10:36énorme succès, qui est tourné à Marseille.
10:39Dis donc, il y a un autre coup qu'on pourrait faire tous les deux, du même genre que les
10:43poissons, mais en plus grand.
10:46Explique.
10:48Poli.
10:50Quoi poli ?
10:51La boucherie ?
10:54Ça ne m'intéresse pas la boucherie.
10:57Pourquoi ?
10:58J'aime les boucheries.
11:00Là, on entre vraiment dans le mythe.
11:02Ce n'est plus du tout le Belmondo un peu avant-gardiste ou nouvelle vague.
11:05C'est le successeur de Gabin.
11:07En 1974, il est à l'affiche d'un long métrage d'Alain René.
11:12Stavisky, d'abord, de quoi ça parle d'un mot ?
11:14Ça parle d'une affaire politique avec un espion, une histoire vraie.
11:19Mais ce film, qui est un petit peu oublié aujourd'hui, marque un tournant assez amer d'ailleurs dans sa
11:24carrière.
11:25Belmondo, les années précédentes, avait vraiment continué à faire à la fois des films un petit peu nouvelles vagues et
11:31puis des films populaires.
11:32Et Stavisky, il y croyait beaucoup.
11:34C'est un cinéma exigeant d'Alain René.
11:35Et le film est un échec absolu, un échec critique.
11:38Il est même sifflé à Cannes.
11:40Et Belmondo dit « c'est fini, je n'en veux plus de ce cinéma-là ».
11:43Et à partir de là, il va mettre en place un système où il devient d'ailleurs souvent coproducteur de
11:48ses films,
11:49qui va amener à tous ces grands succès populaires des années 70 et du début des années 80.
11:56Qu'est-ce qu'on peut citer par exemple ?
11:57Il y a « Peur sur la ville » qui va être le début des très grosses cascades.
12:01Alors c'est un film assez violent en même temps, mais voilà un polar à la française complètement fou.
12:13Il y a « Flic ou Voyou » dans cette veine-là, il y a « Le Professionnel », «
12:20L'As des As ».
12:21« Hébergeriez-vous pour la nuit un orphelin sans défense ? »
12:24« Mais bien sûr ! »
12:26« Bon, bonsoir Bonin, toi tu vas dormir chez Michelot, il est à l'étage. Allez, débrouille-toi ! »
12:30Qui va être un sommet où il retrouve Gérard Ouri, et puis tous ses films, « Le Marginal », «
12:35Les Morphalous ».
12:36« Vous savez quelle différence il y a entre un con et un voleur ? »
12:39« Non. »
12:40« Un voleur, de temps en temps, ça se repose. »
12:44À ce moment-là, il est au sommet de sa gloire.
12:45C'est une icône absolue, il faut savoir que sur les affiches, il y a juste marqué « Belmondo ».
12:50Le nom du film étant petit, le nom du réalisateur apparaît à peine.
12:53Le film sort toujours au moment des vacances de la Toussaint, à la veille,
12:57parce que c'est là où le public familial va le voir.
13:00Et effectivement, on attend le bébel de l'année.
13:04Comment ses parents, notamment son père, sculpteur, perçoivent, vivent l'énorme succès de leur fils ?
13:10Avec sa mère, il a un lien très très fort, il l'emmenait souvent déjeuner, même seul.
13:15Avec son père, c'est beaucoup plus compliqué.
13:17Son père était un sculpteur très exigeant, qui admirait beaucoup plus le théâtre que le cinéma populaire.
13:21Et pendant toutes ces années, son père lui a dit « Mais mon fils, c'est bien, mais quand est
13:26-ce que tu vas revenir à ton vrai métier, le théâtre ? »
13:28Au niveau personnel, Jean-Paul Belmondo et Ursula Andres se séparent.
13:32Il vit une nouvelle longue histoire d'amour avec une actrice brésilienne, Carlos Sotomayor.
13:37Et concernant sa carrière, Yves Géglet, à cette période, bébel commence à lasser ses films en moins de succès.
13:44Oui, parce que c'est toujours la même recette. Vraiment, chaque année, il y a le même polar.
13:49On est au tournant des années 80, le public change.
13:52Ça va être l'arrivée de Luc Besson dans le cinéma, le rythme va changer, le rythme va être beaucoup
13:56plus clip.
13:57C'est l'arrivée des vidéoclips, comme on disait.
13:59Effectivement, le cinéma de bébel devient le cinéma de papa, un petit peu à l'ancienne, qui va cesser de
14:04marcher d'un coup.
14:06En 1987, le solitaire est un flop. Après cet échec, il décide de remonter sur scène pour la première fois
14:12depuis plus de 25 ans.
14:14Il doit jouer au Théâtre Marigny, dans une pièce de Jean-Paul Sartre, Kine.
14:19Et c'est ce que vous nous racontiez au début de cet épisode, Yves Géglet, Belmondo, est rongé par le
14:24trac.
14:24Il file au volant de sa Ferrari sur l'autoroute de l'Ouest. Que fait-il ensuite ?
14:28Il est à fond la caisse, sur la route, et il revient à La Raison. Il se dit « Mais
14:35non, il y a toute une salle pleine, on m'attend pour la première, c'est mon grand retour, je
14:38ne peux pas laisser tomber le public. »
14:40Et il fait demi-tour. Donc c'est un peu la folie. Il arrive, il a tombé ouvert, et puis
14:45il entre sur scène.
14:47À 21h au Théâtre de Marigny, comme prévu finalement, le rideau se lève.
14:51L'enjeu est considérable pour lui de manière très intime. 28 ans après sa dernière apparition sur scène, où il
14:57n'était d'ailleurs pas premier rôle,
14:58à ses débuts. Là, il revient en majesté. Après un échec au cinéma, il joue beaucoup, beaucoup de sa vie.
15:05On peut comprendre qu'il ait eu, pour la première fois, très, très peur.
15:09Parce que finalement, si cette pièce n'avait pas marché, peut-être que Belmondo, en 87, s'était terminé.
15:13Et c'est tout le contraire qui va se passer.
15:15Monsieur King, vous n'êtes qu'un avocat.
15:18Le beau montère, le Monseigneur.
15:20Eh bien, mesdames et messieurs, si vous le voulez bien, ce sera le beau de la fin.
15:25C'est un succès énorme.
15:27Les gens, le public est fou de joie de le voir, presque au point de pouvoir le toucher.
15:32C'était une idole, Jean-Paul Belmondo.
15:34La pièce est une pièce qui le touche énormément, qui parle d'un comédien shakespearien du 19e siècle
15:40qui a réellement existé.
15:41C'est une pièce d'Alexandre Dumas, adaptée par Jean-Paul Sartre.
15:44Donc, il incarne un comédien.
15:46Il redevient pleinement comédien, puisque c'est au cinéma qu'on dit plutôt acteur.
15:49La pièce affiche complet et c'est au Marigny, le grand théâtre privé parisien.
15:54C'est vraiment quelqu'un qu'on croyait être KO et qui, juste avant d'être compté 10,
16:01finalement, gagne le combat.
16:02Je ne pensais pas quand même me casser la gueule, mais je ne pensais pas avoir un triomphe pareil.
16:06Ça a été 9 points de triomphe et ce final-là m'a bouleversé.
16:11Est-ce que le succès de ce soir signifie que Jean-Paul Belmondo sera désormais d'abord un acteur de
16:15théâtre ?
16:16Vous savez, pendant 10 ans de ma vie, j'ai joué au théâtre.
16:18Et puis c'est vrai, le succès, des fois la paresse, la peur, mais en fait, je ne suis pas
16:22revenu plus tôt.
16:27Il a un regret, c'est que son père n'a pas pu voir ça.
16:30Parce que son père est mort 8 ans avant et donc, effectivement, n'est pas là pour ce qui est
16:36sans doute le succès qu'il aurait le plus apprécié chez son fils.
16:40Son père n'était pas du tout fanat de Godard et de la Nouvelle Vague et n'aimait pas plus
16:44les polars ou les comédies ultra commerciales des années 70.
16:48Alors qu'un grand rôle au théâtre, je pense qu'il se serait dit là, tu as réussi.
16:53Parmi ceux qui viennent le voir au Théâtre Marigny, il y a le réalisateur Claude Lelouch.
16:57Oui, Claude Lelouch qui aime toujours réveiller, ressusciter un acteur qui aime les histoires humaines et qui va se dire,
17:05mais il est si fort dans cette pièce.
17:08Il a un peu vieilli alors que Belmondo n'est pas si vieux que ça, mais il a atteint la
17:12cinquantaine.
17:13Il fait plutôt un peu plus et Lelouch se dit finalement, il est prêt pour jouer un tout autre rôle.
17:17Qu'est ce qu'il lui propose comme rôle ?
17:19Lelouch lui propose l'itinéraire d'un enfant gâté qui est finalement un peu l'histoire de Belmondo d'une
17:24manière complètement fictive.
17:27Mais qui est, certains disent, son plus beau rôle au cinéma, avec sûrement le magnifique.
17:32C'est-à-dire l'histoire d'un homme qui a tout réussi dans sa vie, qui n'en peut
17:35plus et qui va faire croire qu'il a disparu pour se réinventer.
17:39Qui va partir au bout du monde, qui va disparaître.
17:42Et il joue avec Richard Anconina.
17:44Oui, Richard Anconina qui est l'acteur qui monte à ce moment-là, qui a joué dans Tchao Pantin.
17:48Donc c'est un acteur très très médiatisé.
17:50Bon, on va faire un petit test.
17:53Je vais te dire deux, trois choses étonnantes comme ça.
17:56Mais qui ne devront pas t'étonner.
17:59D'accord.
17:59Tu es prêt ?
18:01Tu es bien concentré.
18:02Oh, monsieur.
18:05Tu sais que ton père, il était avec le petit pompiste avant.
18:11Tu vois ?
18:14Non, ça ne doit pas t'étonner.
18:15D'accord, oui.
18:15Non, mais là, c'est...
18:17Ben oui, c'est étonnant, mais ça ne doit pas t'étonner.
18:19D'accord, d'accord.
18:21Là, tu imagines ton père à la pompe avec le petit pompiste.
18:23Ah ben voilà, tu recommences.
18:25Je n'avais pas un autre exemple ?
18:26Non, mais c'est un autre exemple saisissant.
18:28D'accord, mais celui-là, il est saisissant.
18:29Alors, tu te reconcentres.
18:33Tu sais que tu ressembles au Christ.
18:36Voilà.
18:37Tu as replongé.
18:39Il faut que je ne passe rien ?
18:40Tu ne fais rien.
18:42Presque l'œil lointain même, tu vois.
18:44Un peu endormi ?
18:46Pas trop.
18:47D'accord.
18:47Rien.
18:50D'accord.
18:50Allez-y, là, parce que je le...
18:52Non, je ne te dis rien, c'est ça qui doit t'étonner.
18:53Je me sentais un petit étonnement, maintenant.
18:55Oh, ça m'étonnerait, là.
18:57Je n'ai pas...
18:58J'ai fait comme vous m'avez dit, là.
19:01Tu sais que tu me plais bien, toi.
19:04Voilà.
19:04Mais oui, mais je ne sais pas si...
19:06C'est ça, la chose étonnante.
19:07C'est gênant, parce que je ne sais pas si vous êtes dans le test ou...
19:10Ah non, il est dans le test, là.
19:11Oui, non, mais vous me dites...
19:12Mais ça ne devrait pas t'étonner.
19:14Oui, d'accord.
19:14Bon.
19:15Énorme succès populaire et critique.
19:17Oui, c'est un film pour lequel, je pense, tous ceux qui l'ont vu gardent une énorme tendresse.
19:22Parce que finalement, c'est un film magnifique sur l'envie de se réinventer complètement,
19:28que tout n'est pas fini quand on a des cheveux blancs,
19:30et qu'on peut vivre des choses folles quand, a priori, vous devez plutôt vous préparer à la tranquillité,
19:37dont Belmondo ne voulait pas ni son personnage.
19:40En 1993, le 31 octobre, la fille aînée de Jean-Paul Belmondo, Patricia,
19:45meurt dans l'incendie de son appartement rue de Rennes, à Paris.
19:48Pour ne pas sombrer, le soir même, il choisit de monter sur scène, d'assurer une représentation,
19:54un drame dont il a très peu parlé, en dehors de sa sphère privée.
19:58Yves Géglet, en 2001, après une première alerte, un premier malaise important en 1999,
20:04il est victime d'un accident vasculaire cérébral qui va beaucoup l'handicaper,
20:07le priver de la parole pendant un temps.
20:09Mais au prix de beaucoup d'efforts, de rééducation, il va réussir à parler de nouveau.
20:14Et vous, Yves, vous le rencontrez en avril 2015.
20:18D'abord, il est comment, quand vous le voyez ?
20:20Il est magnifique.
20:22Il est diminué, mais j'étais très nerveux et très ému,
20:25parce que c'est quand même le monstre sacré avec Delon.
20:29Et il arrive à me faire rire tout de suite,
20:31puisque j'ouvre la porte et on m'avait dit,
20:33attention, il n'est pas facile à comprendre, il parle très doucement à cause de son AVC.
20:38Et puis, il me tend la main gauche en me disant, mon bras droit est mort, mais voilà.
20:43Et il me serre la main bien fermement en se marrant.
20:46Du coup, il brise la glace tout de suite.
20:48Mais ce qui m'a le plus frappé, c'est sa bande, son environnement,
20:52puisque à l'époque, il n'avait pas de compagne.
20:54Mais je vois des gens autour de lui, dans l'appartement.
20:57Donc il y avait Alain, son frère, qui est presque son jumeau, qui était son producteur.
21:00Il y a Charles Gérard, son acteur, qui est l'ami de toujours.
21:04Et puis, je vois un vieux monsieur qui me fait un clin d'œil.
21:06Et Belmondo me dit, ah, lui, c'était le maquilleur.
21:09Et je lui dis, comment c'est le maquilleur ?
21:11Il me dit, mais oui, on continue, c'est mes copains.
21:14Et ce qui a été fou, c'est que le maquilleur avait exactement le même rang que les autres.
21:18C'est-à-dire qu'il n'y avait pas de premier rôle, il n'y avait pas de star.
21:21Et ça, c'était merveilleux à regarder.
21:23Et s'il vous reçoit, c'est pour parler de l'œuvre de son père.
21:26Belmondo a toujours été d'une fidélité extrême à sa famille.
21:30Son père a été un sculpteur oublié, qui n'a pas eu, selon son fils,
21:34qui n'a jamais eu la carrière qu'il aurait dû avoir, et notamment la postérité.
21:38Et du coup, un musée a été créé à Boulogne-Biancourt en l'honneur de ce père.
21:42Et il trouvait que le musée, on n'en parlait pas assez.
21:45Donc voilà, il m'avait reçu parce que j'écrivais sur ce domaine, l'art.
21:49Et il voulait absolument défendre l'œuvre de son père.
21:53Yves Géglet, Belmondo, qui a longtemps été pris de haut par une partie de la critique et du milieu du
21:58cinéma français,
21:59est célébré de son vivant pendant la cérémonie des Césars en février 2017.
22:04Mesdames, Messieurs, Jean-Paul Belmondo.
22:07C'est un moment très important et magnifique pour lui, puisqu'il est entouré par la bande du Conservatoire, ses
22:13vieux amis.
22:14On a revu une photo avec Françoise Fabian, qui était la seule fille de la bande qui lui tient les
22:18joues, qui est très émue elle-même.
22:21Et puis c'est un courage inouï, parce que tout le monde le pensait vraiment fini dans les années 2000.
22:25Il a fait un travail énorme pour retrouver une élocution.
22:29Et d'ailleurs, il fait face au public, à la grande famille du cinéma, comme on dit.
22:33Et il dit, mais pour moi, être là, c'est la preuve du plus grand courage que j'ai.
22:36C'est-à-dire que Belmondo n'a jamais eu peur de rien.
22:39On pensait qu'on allait se moquer de lui.
22:41Des gens lui disaient de ne pas tourner en 2008 Un homme et son chien.
22:43Le dernier film qu'il a fait, il était très amoindri, mais lui voulait prouver qu'il pouvait encore jouer.
22:48Et là, il vient affronter le public des Césars pour dire, je suis toujours là et je serai là jusqu
22:52'au bout.
22:52Ces films que vous avez vus ont pu se faire grâce à ma mère.
23:01Tout jeune, quand je allais au théâtre, tout le monde trouvait que j'avais une sale gueule.
23:11Alors, une fois, ça va.
23:15Deux fois, ça va.
23:16Trois fois, non.
23:17Alors, ma mère m'a dit, tu dois être comme ton père, avoir du courage.
23:25Et je n'ai jamais manqué de courage, ce qui fait que je suis là.
23:33Voilà.
23:52Merci Yves Géglet.
23:53Vos articles en hommage à Jean-Paul Belmondo sont à lire sur leparisien.fr et dans un hors-série exceptionnel
24:00du Parisien.
24:0168 pages.
24:02Bébel, le bien-aimé, en vente chez les marchands de journaux.
24:06Code Source est le podcast quotidien du Parisien, disponible sur leparisien.fr et toutes les plateformes audio.
24:12Cet épisode a été produit par Clara Garnier-Amourou, Thibaut Lambert, Sarah Amny et Timothée Croissant-Cessina.
24:19Réalisation, Julien Moncouquiole.
24:21Si vous aimez Code Source, dites-le-nous en laissant des petites étoiles ou un commentaire sur votre application préférée.
24:27Et puis, vous pouvez aussi nous écrire directement codesource.fr.
24:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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