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Ce site internet de pornographie amateur, aujourd’hui fermé, est dans le viseur de la justice. Son fondateur et quatre acteurs, qui auraient fait vivre un cauchemar à plusieurs actrices sur les tournages, sont poursuivis notamment pour viol. Récit avec Damien Delseny et Vincent Gautronneau, journalistes au service police-justice du Parisien.
Dans ce podcast : Depuis le printemps 2020 la justice enquête sur FrenchBukkake un site pornographique qu'elle a fait fermer. Au moins une cinquantaine de femmes en ont été victimes et une trentaine d'entre elles ont porté plainte pour viol. Entre les mains du producteur Pascal Op elles racontent avoir vécu un véritable cauchemar on fait le point sur cette affaire dans Code source aujourd'hui.
FrenchBukkake est un site pornographique qui met en scène des jeunes femmes dans des pratiques sexuelles bien définies. Il s'agit de relations sexuelles entre une femme et plusieurs hommes parfois plusieurs dizaines d'hommes qui vont coucher avec la même femme.
Derrière ce site il y a un homme qui est assez connu dans le milieu de la pornographie qui s'appelle Pascal Op. C'est un producteur qui travaille dans ce milieu-là depuis plusieurs années et qui a créé ce site internet…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
#Frenchbukkake #pornographie #film
Dans ce podcast : Depuis le printemps 2020 la justice enquête sur FrenchBukkake un site pornographique qu'elle a fait fermer. Au moins une cinquantaine de femmes en ont été victimes et une trentaine d'entre elles ont porté plainte pour viol. Entre les mains du producteur Pascal Op elles racontent avoir vécu un véritable cauchemar on fait le point sur cette affaire dans Code source aujourd'hui.
FrenchBukkake est un site pornographique qui met en scène des jeunes femmes dans des pratiques sexuelles bien définies. Il s'agit de relations sexuelles entre une femme et plusieurs hommes parfois plusieurs dizaines d'hommes qui vont coucher avec la même femme.
Derrière ce site il y a un homme qui est assez connu dans le milieu de la pornographie qui s'appelle Pascal Op. C'est un producteur qui travaille dans ce milieu-là depuis plusieurs années et qui a créé ce site internet…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis le printemps 2020, la justice enquête sur French Buquec, un site pornographique qu'elle a fait fermer.
00:18Au moins une cinquantaine de femmes en ont été victimes et une trentaine d'entre elles ont porté plainte pour
00:24viol.
00:24Entre les mains du producteur Pascal Hopé, elle raconte avoir vécu un véritable cauchemar.
00:30On fait le point sur cette affaire dans Codesources aujourd'hui avec Vincent Gautrono du service Police Justice du Parisien
00:36et Damien Delsény qui dirige ce service.
00:44Vincent Gautrono, c'est quoi French Buquec ?
00:46French Buquec, c'est un site pornographique qui met en scène des jeunes femmes dans des pratiques sexuelles bien définies.
00:55En tout cas, il s'agit de relations sexuelles entre une femme et plusieurs hommes, parfois plusieurs dizaines d'hommes
01:02qui vont coucher avec la même femme.
01:04Qui était derrière ce site internet ?
01:06Derrière ce site, il y a un homme qui est assez connu dans le milieu de la pornographie qui s
01:10'appelle Pascal Hopé.
01:11C'est un producteur qui travaille dans ce milieu-là depuis plusieurs années et qui a créé ce site internet
01:17il y a plusieurs années maintenant,
01:19avec cette spécificité et ces pratiques sexuelles propres à French Buquec.
01:25Et le site de Pascal Hopé propose une sorte d'abonnement ?
01:28Son site était monnayé 29,99 euros par mois pour l'abonnement.
01:32Mais Pascal Hopé avait cette particularité de proposer régulièrement à ses abonnés de venir directement participer au tournage,
01:40ce qui lui vaut aussi des soupçons de proxénétisme.
01:43Le samedi 17 octobre 2020, ce Pascal Hopé est mis en examen notamment pour viol, proxénétisme aggravé et traite d
01:52'êtres humains aggravés.
01:53Trois autres personnes sont mises en examen à ce moment-là.
01:56Et un an plus tard, le 22 octobre de cette année, c'est au tour de quatre acteurs amateurs d
02:01'être mis en examen pour viol en réunion et traite d'êtres humains.
02:05Ces quatre acteurs amateurs, comment ils se sont retrouvés impliqués dans cette affaire ? Comment ils ont été recrutés finalement
02:11?
02:11Pour la plupart, les acteurs qui tournent dans les films de Pascal Hopé sont des gens qui fréquentaient son site.
02:17Et Pascal Hopé, de par la nature des relations sexuelles qu'il filme, a besoin d'énormément d'acteurs.
02:23Des gens qui sont pour la plupart du temps pas rémunérés pour venir sur les tournages.
02:29Et ces quatre hommes se retrouvent, pour trois d'entre eux en tout cas, là un petit peu par hasard.
02:35Un autre est lui un acteur semi-professionnel. On va dire qu'il ne tourne pas uniquement dans les productions
02:40de Pascal Hopé.
02:41Damien Delceni, les victimes dans cette affaire ont toutes le même profil des jeunes femmes en difficulté au parcours chaotique.
02:49Parfois, elles cumulent des difficultés. Elles peuvent avoir des difficultés sociales, économiques, affectives, sentimentales.
02:55Et c'est des femmes qui sont dans des moments de leur vie où elles ont souvent besoin d'argent
02:58et qui sont donc des proies très faciles.
03:00Elles disent toutes à peu près la même chose d'ailleurs. Elles disent « Je me suis dit je vais
03:03le faire une fois et ça va me rapporter quelques milliers d'euros parce que c'était la promesse qui
03:06était faite.
03:07Et après, voilà, on n'en parlera plus et ce sera terminé. »
03:10On va maintenant raconter l'histoire de l'une de ces victimes pour bien comprendre la mécanique mise en place
03:15par celui qui se fait appeler Pascal Hopé.
03:18Nous avons modifié son prénom. Nous l'appellerons Pauline. Pauline a aujourd'hui 32 ans. Elle est née en 1989
03:24et elle a eu une enfance très difficile.
03:26Oui, alors elle a eu une enfance même assez dramatique puisque dans son plus jeune âge, elle explique d'ailleurs
03:30dans son audition qu'elle est abusée à partir de l'âge de 5 ans.
03:33Elle vit à l'époque chez sa maman qui a des gros problèmes de psychiatrie et de toxicomanie et qui
03:38donc en gros monnaye ses enfants et les fait coucher avec d'autres hommes.
03:43Donc elle a des souvenirs de ses abus très très jeunes. Elle va essayer de voler de ses propres ailes
03:47à l'âge de 17 ans.
03:48Elle va rencontrer un homme qui travaille dans une boîte de nuit et cet homme, il ne fait pas que
03:52gérer une boîte de nuit. Il gère aussi un gros trafic de stupes.
03:56Et donc elle va connaître les interpellations des gardes à vue. Elle ne sera pas poursuivie elle pour le trafic
04:01de stupes.
04:01Enfin son copain va partir en prison et donc voilà, elle va rentrer dans l'âge adulte par la casse
04:06délinquance.
04:06Et après elle va se retrouver avec des emplois relativement précaires, avec des fins de mois qu'il faut boucler,
04:13avec des loyers, des assurances, des traites à payer.
04:15Et donc elle ne s'en sort pas en fait. Et elle, elle va faire un peu de shooting photo.
04:19Et par le biais de ce shooting photo, elle va être contactée sur Facebook par une certaine Axelle, une jeune
04:24femme,
04:25qui dit voilà j'ai vu tes photos sur Facebook, t'es pas mal, je peux peut-être te proposer
04:29quelque chose.
04:29Et c'est là qu'elle va commencer à lui parler d'escorting comme on dit, mais enfin qu'il
04:33y ait de la prostitution.
04:34C'est un mot un peu chic pour parler de la prostitution.
04:36Et donc elle va être quelque part hameçonnée par là quoi.
04:40Cette Axelle explique qu'elle est elle-même escorte.
04:43Elle est plutôt jolie sur les photos sur Facebook. Elle a toujours des sacs à main de luxe sur les
04:47photos.
04:48Donc cette Pauline, elle se dit bon, cette Axelle qui a l'air jolie, sympathique,
04:52qui effectivement a l'air de bien vivre le fait de faire de l'escorte,
04:55peut-être que pour moi qui ai besoin de quelques milliers d'euros parce que je suis au bout des
04:58crédits,
04:59je suis au bout de mon loyer, je peux peut-être accepter en fait.
05:02Les deux femmes échangent de plus en plus sur Internet et elles deviennent amies,
05:06même si elles ne se sont jamais vues.
05:09Pauline considère Axelle comme une amie virtuelle qui la fait rire et à qui elle peut se confier.
05:14Au bout d'un moment, Axelle lui propose de tourner des vidéos pornographiques.
05:19Voilà, elle lui explique qu'elle connaît quelqu'un qui fait des tournages porno,
05:22donc là on est encore dans un autre secteur que celui de la prostitution,
05:25mais elle est toujours très rassurante, c'est-à-dire qu'elle lui dit
05:27c'est quelqu'un de sympa, ça va bien se passer,
05:30ce sont des films qui sont diffusés uniquement au Canada.
05:33Pauline, elle va croire, c'est Axelle qui lui dit bon voilà, c'est un tournage de films porno certes,
05:37mais tu vas voir, les gens sont plutôt sympas, ça se passe bien
05:40et en plus ce ne sera pas diffusé en France.
05:42Et d'après Axelle, c'est vraiment très bien payé.
05:45Axelle, elle lui parle très vite de gains qui peuvent se chiffrer en plusieurs milliers d'euros par tournage.
05:49Quand on vous dit voilà, une journée de travail ou quelques heures de travail dans une journée,
05:53c'est 5 ou 6 000 euros, vous avez tendance à accepter.
05:59Pauline accepte en se disant qu'elle ne le fera qu'une seule fois dans sa vie
06:03pour régler ses problèmes d'argent.
06:05Un jour, en mai 2016, elle monte à Paris.
06:08Elle est accueillie le soir à la gare de Marne-la-Vallée à l'est de Paris
06:12par Pascal Hopé, le producteur.
06:14Et là, dès le départ, ça ne se passe pas comme prévu.
06:17Elle remarque déjà que l'accueil, sans être glacial, n'est pas très chaleureux,
06:22que Pascal Hopé lui parle de manière très crue, très vite.
06:24Elle n'aime pas ce type-là, elle ne le sent pas tout de suite.
06:27Il a fait monter dans sa petite fourgonnette rouge,
06:30soi-disant pour partir sur le lieu du tournage,
06:31et au bout de quelques kilomètres, il s'arrête dans la campagne.
06:34Et là, il lui demande un rapport sexuel qu'il va filmer en lui disant
06:37« Ben voilà, c'est la première scène qu'on va tourner ».
06:38Alors, elle, au départ, elle est venue tourner une scène dans la journée,
06:42et là, il lui parle de première scène.
06:43Et là, elle comprend qu'elle est piégée, en fait, parce qu'elle se dit elle-même
06:46« Voilà, je suis donc dans une forêt avec un type que je connais depuis une heure,
06:50qui me demande une relation sexuelle, qu'il va filmer pour ce film ».
06:53Elle sent qu'elle est partie dans une spirale où elle ne maîtrise plus grand-chose, en fait.
06:57Pauline est ensuite conduite par Pascal Hopé dans un pavillon en banlieue
07:01qui lui paraît très glauque.
07:03Quelque chose d'assez sale, avec des chiens, avec des pièces qui sont vides,
07:07qui ne sont pas meublées tellement,
07:09et dans une maison qui ne ressemble pas à une maison normale,
07:11avec quelque chose d'un peu chaleureux.
07:12Là, elle est…
07:13Voilà, on a l'impression que c'est l'abattage qui commence, en fait.
07:16Dans cette maison, le soir même,
07:18Pascal Hopé dit à Pauline qu'elle va tourner
07:20une nouvelle scène pornographique avec un homme.
07:24Alors, après la première scène à l'extérieur, dans l'après-midi,
07:26là, il y a une nouvelle scène qui va se tourner avec un homme.
07:29Et en fait, là, elle commence à comprendre
07:30qu'elle ne sait pas vraiment où ça va s'arrêter, en fait.
07:33Comme Pauline est loin de chez elle,
07:34elle a prévu de passer la nuit sur place.
07:36Elle est censée dormir sur un matelas par terre
07:40dans une petite pièce mansardée.
07:42Terrorisée, elle dort très peu.
07:44Le lendemain matin, très tôt, à 7h du matin,
07:47Pascal Hopé a un rapport sexuel avec elle,
07:49sous prétexte, dit-il, d'échauffement.
07:52À ce moment-là, Pauline a peur, c'est ça ?
07:53Elle ne voit pas comment elle pourrait ne pas s'aider ?
07:56Elle n'a pas dormi de la nuit, elle n'a pas mangé non plus.
07:58Il y a une espèce de peur qui s'installe.
08:00Elle se dit, de toute façon, je ne peux plus dire non à ce type.
08:02Donc, effectivement, ils ont une relation sexuelle,
08:03alors qu'elle n'aime même pas filmer.
08:04Là, on n'est même plus dans le cadre d'un tournage.
08:06Il a une relation sexuelle.
08:07Elle dit d'ailleurs qu'il est physiquement très repoussant,
08:10qu'elle fait la dégoûte profondément,
08:12mais elle sent qu'elle n'a pas le choix.
08:13Il y a une espèce de...
08:14Elle est dans un tunnel, elle se dit,
08:16il faut que je me sorte de là,
08:17mais je ne peux plus refuser, je ne peux plus dire non.
08:19Ce jour-là, toujours d'après le témoignage de Pauline,
08:22devant les enquêteurs,
08:23elle est conduite par Pascal Hopé
08:25dans un appartement à Paris
08:27pour filmer une séquence.
08:29À ce moment-là, Axelle est censée venir.
08:32Elle doit participer à ce tournage aux côtés de Pauline.
08:36Axelle est censée être là tout le temps.
08:37Elle lui a dit, je serai à tes côtés pour le tournage.
08:39En fait, elle n'est jamais là.
08:40Elle envoie toujours des messages pour lui dire,
08:42je vais arriver bientôt, je suis malade,
08:44mais je vais venir demain.
08:45Donc, quand elle va dans cet appartement,
08:47elle se rend compte que d'une part, il n'y a pas Axelle,
08:49mais qu'il y a beaucoup d'hommes qui sont là
08:50et des hommes qui sont cagoulés.
08:52On est dans une atmosphère très particulière.
08:54Elle est la seule femme
08:54et elle se retrouve à se dire,
08:57il va falloir que je retourne une nouvelle scène
08:58et cette fois-ci, il y a plusieurs hommes,
08:59ce qui n'était pas du tout prévu au départ.
09:01Et ce que décrit Pauline est un véritable cauchemar.
09:04Elle est dans une situation de totale emprise
09:06où elle n'a plus le choix.
09:07Et donc, les scènes vont se succéder.
09:10On l'oblige en plus à aller s'exhiber
09:12sur le balcon de l'appartement.
09:13Il y a même le propriétaire apparemment
09:14qui a loué cet appartement,
09:15qui essaie de la filmer quand elle est sous sa douche
09:18sans qu'elle puisse réagir.
09:19Elle le vit véritablement comme un viol à ce moment-là.
09:21Et elle subit des relations sexuelles
09:23avec les au moins six hommes qui sont sur place.
09:26Ce qui est le principe de Fred Schbuke,
09:28c'est des relations avec une femme
09:29et plusieurs hommes,
09:30le plus possible presque, j'ai envie de dire.
09:32Et elle décrit ce que décrivent finalement
09:35presque toutes les femmes qui ont tourné,
09:37c'est-à-dire qu'elles sont dans un état second
09:39et elles se disent, il faut que ça se termine.
09:40Et pour que ça se termine,
09:41je dois penser à autre chose
09:42pendant quelques minutes, quelques heures.
09:44Ça va forcément se terminer à un moment donné.
09:46Les pratiques sexuelles sont dégradantes.
09:48Plus elles sont dégradantes,
09:49quelque part, plus ça plaît à Pascal Hopé,
09:51le producteur et l'acteur.
09:52Donc voilà, elles sont dans une situation
09:54effectivement de rabaissement total
09:56devant ces hommes.
09:57Et les rapports sexuels que subit Pauline
09:59ce jour-là ne sont pas non plus protégés ?
10:01Non, et encore une fois,
10:03il y a une façon de mettre les actrices
10:04devant le fait accompli.
10:06C'est-à-dire que quand elles se rendent compte
10:08que les rapports ne sont pas protégés
10:09ou ne vont pas être protégés,
10:10elles protestent.
10:11Et dans ces cas-là, Pascal Hopé,
10:13il balaie tout d'un revers de la main
10:14en disant, mais on a des tests,
10:15tout va bien, on n'a pas de maladie.
10:16Et ceux qui n'ont pas de tests,
10:18ils mettront un préservatif.
10:19Et en fait, elles se rendent compte
10:20que très peu des acteurs
10:21avec lesquels elles tournent
10:22dans des préservatifs.
10:23Et donc, vient s'ajouter
10:24la peur totale d'attraper en plus
10:26une maladie sexuellement transmissible
10:28qui rajoute encore
10:29à la terreur qu'elles peuvent ressentir
10:31à ce moment-là.
10:32De retour dans le pavillon de banlieue,
10:34en fin de journée,
10:35Pauline a pu prendre une douche
10:37et elle a trouvé un prétexte
10:38pour partir,
10:39pour ne pas rester le lendemain,
10:41le dimanche.
10:41Le producteur lui fait comprendre
10:43qu'elle va devoir accepter
10:44une nouvelle fois un rapport sexuel
10:46si elle veut qu'il la ramène à la gare.
10:48Elle se sent forcée d'accepter.
10:50Damien Delceni,
10:51au bout du compte,
10:52combien est-ce qu'il la paye
10:53pour tout ça
10:54avant de la laisser partir ?
10:56Il la paye 700 euros en liquide
10:57et elle repart dans le sud de la France
10:59avec 700 euros
11:00après avoir tourné
11:01plusieurs scènes
11:02alors qu'elle devait n'en tourner qu'une.
11:04Elle l'avait fait pour de l'argent
11:05et on lui donne
11:06presque un dixième
11:07de ce qu'on lui avait promis.
11:11Pauline repart
11:12sans avoir jamais vu
11:13pendant le week-end
11:14Axel, son amie, escorte
11:16et deux ou trois jours
11:17après être rentrée
11:18chez elle dans le sud,
11:19elle découvre
11:20que les séquences vidéo
11:21ont déjà été publiées
11:22sur internet
11:23et qu'elles sont disponibles
11:25en France.
11:26Elle apprend
11:26par des amis,
11:27par des connexions
11:28qu'elle peut avoir
11:28sur les réseaux sociaux,
11:29des gens qui la reconnaissent
11:30et qui commencent à lui dire
11:31« il y a une vidéo porno de toi
11:33qui tourne sur internet »
11:34et là elle se rend compte
11:35qu'elle a été
11:36une fois de plus trompée
11:37et que la promesse de départ
11:39d'une diffusion
11:40uniquement au Canada
11:40est totalement fausse.
11:41Damien Delceni, Pauline,
11:43demande à Pascal Hopé
11:44de retirer les vidéos.
11:45Qu'est-ce qu'il lui répond ?
11:46Il lui répond
11:47que ça va prendre du temps
11:47et surtout il va lui dire
11:49« je veux bien la retirer
11:50mais il faut que tu payes
11:50le double de ce que je t'ai donné
11:51pour que je retire cette vidéo ».
11:53Pour elle,
11:53c'est une espèce
11:54de déferlante supplémentaire.
11:55Elle reçoit déjà
11:56des messages,
11:56des menaces,
11:57des insultes.
11:58Donc elle n'a pas le choix.
11:59Donc elle va souscrire
11:59un crédit à la consommation
12:00pour pouvoir payer cette somme
12:02pour faire retirer les vidéos
12:03mais évidemment
12:05le fonctionnement d'internet
12:06est fait d'une telle manière
12:07qu'elles vont d'abord disparaître
12:09et puis elles vont réapparaître
12:11quelques jours plus tard
12:11parce qu'elles sont échangées
12:12sur d'autres sites
12:13et d'autres réseaux.
12:16Après avoir vécu tout ça,
12:17Pauline a pensé au suicide.
12:19Elle a vécu seule longtemps.
12:21Est-ce qu'elle est toujours
12:22traumatisée aujourd'hui ?
12:24Bien sûr.
12:24Il y a plusieurs traumatismes.
12:26Il y a le traumatisme
12:27d'avoir quelque part
12:29contribué à sa propre chute.
12:30C'est-à-dire que c'est des femmes
12:31qui pour des raisons financières
12:32sont tombées là-dedans
12:33donc elles s'en veulent beaucoup.
12:34Ensuite,
12:35elles ont subi
12:35des pratiques sexuelles
12:37tout à fait dégradantes
12:38et puis il y a eu l'image après
12:40c'est-à-dire ces vidéos
12:41qui circulent partout sur internet
12:42qui peuvent être vues
12:43par vos parents,
12:44par votre compagnon,
12:44par votre voisin,
12:45par votre collègue de bureau
12:46et donc forcément
12:47le traumatisme
12:48il est permanent
12:49et il est durable pour elle.
12:50Vincent Gautrono,
12:51est-ce que l'on sait
12:52qui est cette fameuse Axelle
12:54qui a eu une grande importance
12:55dans cette affaire
12:56parce qu'elle a beaucoup rassuré
12:57Pauline pour l'amener
12:59jusqu'au tournage ?
13:00En réalité,
13:01Axelle,
13:01elle n'existe pas.
13:02Axelle,
13:03c'est Julien Day,
13:04c'est un homme
13:04qui habite à Reims
13:05qui sait créer
13:07un faux profil Facebook
13:08au nom d'Axelle
13:10et qui est rentré
13:11en contact
13:12avec des dizaines
13:13de jeunes femmes
13:14jolies
13:15qui va inciter
13:16à aller
13:18vers cette profession
13:19pour avoir
13:20un petit peu
13:20d'argent facile.
13:21Julien Day
13:22fait partie
13:22des mises en examen
13:23dans ce dossier.
13:24Il envoyait des jeunes femmes
13:25vers Pascal Hopé
13:26gratuitement,
13:28sans contrepartie financière
13:29mais il aimait
13:30échanger à distance
13:31avec de jolies jeunes filles
13:33s'afflatter son égo
13:34et il leur demandait
13:35parfois des photos
13:36dénudées.
13:37Qu'est-ce que l'on sait
13:38de ce Julien
13:40qui se faisait passer
13:40pour Axelle ?
13:41Il est marié,
13:42il est père de famille,
13:43il a une vie
13:44plutôt rangée,
13:46il a un travail stable,
13:47il n'a jamais mis
13:48les pieds
13:49sur un tournage
13:51pornographique,
13:52il est inconnu
13:53de la justice,
13:54c'est un monsieur
13:54tout le monde.
13:56Vincent Gautrono,
13:57parfois,
13:58cet homme,
13:58Julien Day,
13:59a usé
13:59d'un stratagème
14:00particulièrement pervers
14:01pour avoir lui aussi
14:03des relations sexuelles
14:04avec les victimes.
14:05Son stratagème,
14:06il était assez simple,
14:07c'est Axelle
14:08contactait une jeune fille
14:10sur les réseaux sociaux,
14:11elle lui expliquait
14:12être escorte
14:13et Axelle
14:14parvenait à convaincre
14:16la jeune femme
14:16de se livrer
14:18à l'escorting
14:19et donc,
14:20à ce moment-là,
14:20Axelle mettait
14:21sa proie
14:22en relation
14:23avec le responsable
14:25d'une agence
14:25d'escorte.
14:26Évidemment,
14:27ce responsable
14:28d'une agence d'escorte,
14:28c'était aussi
14:29Julien Day,
14:30qui donnait rendez-vous
14:31à des jeunes femmes
14:32dans des hôtels
14:32de Reims.
14:33Il leur disait
14:34« Allez-y,
14:35il y aura un client
14:36riche et fortuné
14:37et très sympathique
14:38qui vous rejoindra
14:39dans la chambre,
14:40vous aurez cette relation
14:41sexuelle
14:42et ensuite,
14:42vous serez payé. »
14:44Julien Day poussait
14:44en général,
14:45d'ailleurs,
14:45le vice
14:45à faire payer
14:46la chambre d'hôtel
14:47aux jeunes femmes,
14:48elle devait être
14:48remboursée
14:49par la prestation.
14:51Julien Day a eu
14:52sa relation sexuelle
14:53non consentie,
14:54on appelle ça
14:55un viol par surprise.
14:56Il quitte la chambre
14:57et Axelle
14:58reprend la main
14:59et Axelle
15:00par Facebook
15:00contacte la jeune fille
15:01et lui dit
15:02« Malheureusement,
15:04tu ne vas pas
15:04pouvoir être payé
15:05parce que le coursier
15:07qui devait venir
15:07te rétribuer
15:09la prestation
15:10d'escorte
15:11ainsi que te rembourser
15:12la chambre d'hôtel
15:13ton billet de train,
15:14il vient de se faire
15:15arrêter par la police. »
15:16Et c'est en général
15:17à ce moment-là
15:17qu'Axelle propose
15:19à ces jeunes femmes,
15:20si elles ont toujours
15:21besoin d'argent,
15:22d'aller vers Pascal Hopé.
15:28Les hommes
15:29qui ont participé
15:30au tournage
15:31du site
15:31French Buckech,
15:32ces pseudo-acteurs
15:34amateurs,
15:34ils ont quel profil ?
15:36Il y en a un qui travaille
15:37dans une structure
15:38pour personnes âgées,
15:39il y en a un autre
15:39qui est garagiste.
15:41Ce sont des gens
15:42assez lambda
15:43qui prenaient de temps
15:44en temps une journée
15:45de congé
15:46pour aller participer
15:47à un tournage
15:47de films pornographiques.
15:49Certains ont plus
15:50d'une centaine
15:50de scènes à leur actif
15:51mais ce sont des gens
15:53qui ne vivent pas
15:54de la pornographie.
15:55Dans le cadre de l'enquête,
15:56les policières
15:57et les policiers
15:57leur ont fait revoir
15:58certaines séquences
15:59qu'ils avaient tournées
16:01et on voit clairement
16:02que les femmes
16:02ne sont pas consentantes
16:03sur ces images.
16:04Les jeunes femmes,
16:05elles sont réellement traumatisées.
16:07Ces hommes,
16:08quand ils revoient
16:08ces images,
16:10il y en a un
16:11qui a des propos
16:11assez forts
16:12qui dit
16:13effectivement,
16:14ce tournage,
16:15là,
16:15on aurait dû l'arrêter.
16:16Elle n'était pas d'accord.
16:18Les enquêteurs
16:19lui demandent
16:19alors ça veut dire quoi
16:20si elle n'était pas d'accord
16:21et ils finissent
16:22par le reconnaître
16:23alors ça veut dire
16:24que c'est un viol.
16:25Damien Delceni,
16:26la police,
16:26la justice
16:27commencent à prendre en compte
16:28la souffrance
16:30de ces femmes
16:31tombées dans ce genre
16:31de piège
16:32qui étaient méprisées
16:33jusqu'ici.
16:33Oui,
16:34parce que les premières
16:35qui avaient essayé
16:36de saisir la justice
16:37étaient tombées
16:38sur des oreilles
16:38pas très attentives
16:40et pas très disposées
16:41à aller plus loin.
16:41Il y a une difficulté
16:42dans cette affaire,
16:43c'est que ce sont des femmes
16:44qui ont choisi
16:45à un moment donné
16:46d'accepter
16:47soit la prostitution
16:48soit un tournage
16:50mais que ce consentement
16:51de départ,
16:51il est vicié,
16:53il est trahi après.
16:54Il a fallu qu'en fait
16:55il y ait plusieurs femmes
16:56qui décrivent un système
16:57pour que la justice
16:58comprenne qu'elles étaient
17:00tombées dans un piège
17:01et qu'après tout le reste
17:03c'est fait sans leur consentement.
17:04Ce qui est très intéressant
17:05dans l'enquête
17:06qui a été menée
17:06par la section de recherche
17:07de Paris,
17:08c'est que là la justice
17:09et une juge d'instruction
17:10parisienne
17:11va prendre cette affaire
17:12au sérieux
17:12et estimer que ce n'est pas
17:14parce qu'il s'agit
17:15d'actrices pornographiques
17:16ou d'escort girls
17:18qu'on doit bafouer
17:19leur consentement
17:20et que ce n'est pas
17:20parce qu'elles ont accepté
17:21de venir tourner
17:22dans un film pornographique
17:23pour certaines pratiques
17:24qu'elles sont obligées
17:25de tout accepter.
17:26Des victimes comme Pauline,
17:28il y en a combien
17:28dans ce dossier ?
17:29Aujourd'hui,
17:30on est à une cinquantaine
17:31de victimes présumées
17:32et environ une trentaine
17:34qui ont déposé plainte.
17:36Est-ce que ce scandale
17:37touche aussi directement
17:38ou indirectement
17:39les grandes marques
17:40du secteur de la pornographie
17:42que sont Marc Dorcel
17:43et Jackie et Michel ?
17:44Pas directement
17:45puisque là on était
17:46dans le cadre French Booker
17:47qui était vraiment
17:48une espèce de maison
17:49de production
17:49à elle toute seule
17:50qui ne tournait pas
17:51pour d'autres
17:51mais Pascal Lopé
17:52a travaillé aussi un peu
17:54pour d'autres maisons
17:54de production
17:55donc ça retombe
17:56sur toutes ces boîtes
17:58de production
17:58qui font du porno
17:59low cost,
18:00du porno amateur
18:02et où les actrices
18:03ne sont pas vraiment
18:04des actrices
18:05ça pose tout le problème
18:06de la gestion
18:07de ce qui s'est développé
18:09de manière tout à fait
18:09exponentielle
18:10ces dernières années
18:11avec Internet
18:11c'est-à-dire le porno
18:12qui est tourné
18:13à l'abattage
18:14parce que c'est vraiment ça
18:15en fait.
18:31Merci à Damien Delsény
18:33et Vincent Gautrono
18:34Le Parisien
18:35c'est 400 journalistes
18:36mobilisés
18:37pour vous informer
18:38avec des bureaux
18:39dans tous les départements
18:40d'Île-de-France
18:40et l'Oise
18:41à retrouver sur
18:42leparisien.fr
18:43et code source
18:44le podcast quotidien
18:45du Parisien
18:46est disponible
18:47sur toutes les plateformes
18:48audio.
18:49Cet épisode de Code Source
18:50a été produit par
18:51Clara Garnier-Amourou
18:52Thibaut Lambert
18:53et Sarah Amny
18:54réalisation
18:55Julien Moncouquiol
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