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  • il y a 6 heures

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00:00Bonjour Damien Touzé. Bonjour. Vous nous recevez chez vous à Ploxtert, on est juste à la frontière côté belge.
00:07La première question, elle est évidente, c'est comment ça va ?
00:10Ça va vers le mieux. On va dire que je me sens mieux qu'il y a un mois, donc
00:15c'est déjà un point positif.
00:17Quels souvenirs vous avez de ce 10 février dernier, lorsque vous chutez sur la quatrième étape du Tour d'Oman
00:23?
00:24Ça reste un mauvais souvenir. Beaucoup de douleur.
00:27Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:29En fait, j'étais en train juste de boire avec mon bidon, j'avais qu'une main sur le cintre.
00:35J'ai roulé sur un capteur lumineux qui se trouvait sur la route et j'ai perdu la main du
00:41guidon.
00:42Du coup, j'ai perdu l'équilibre et j'ai heurté un rail de sécurité au niveau du ventre et
00:50de la jambe.
00:51Tout de suite, vous savez que c'est grave ?
00:54Aussi grave, non. Après, je ne suis pas médecin, donc c'est difficile aussi à dire, mais une fois les
01:00premiers hôpitaux, j'ai vite compris que c'était quand même grave.
01:05Oui, il y a de la peur parce qu'on n'est déjà pas chez nous. On est dans un
01:10pays qu'on ne connaît pas.
01:13Les médecins, au début, ils sont passés à côté de blessures qui étaient importantes.
01:20Donc oui, on n'était pas rassurés. On voulait juste être rapatriés ici en Belgique pour me soigner.
01:29Vous êtes suivis à ce moment-là. Il y a le médecin de Cofidis qui vous accompagne. C'est lui
01:33qui va repérer qu'il y a quelque chose qui n'est pas normal dans l'évolution de votre état
01:36de santé ?
01:37Oui, c'est ça. Au début, les médecins là-bas avaient seulement vu la déchirure à la rate, mais le
01:45médecin de l'équipe était avec moi tous les jours et voyait que mon état se dégradait.
01:49Donc elle a cherché pour trouver ce qui n'allait pas. Elle a été questionner les médecins là-bas pour
01:55refaire des examens, pour approfondir, pour chercher.
01:58Et c'est là qu'on a trouvé la perforation au niveau des intestins. Donc ça faisait déjà plus de
02:0424 heures que j'étais avec l'intestin perforé, mais on n'avait pas vu. Donc c'était grave.
02:10Vous aviez peur même pour votre vie ?
02:12Oui, je sentais que mon état n'était pas du tout bon. Je sentais que j'étais en train de
02:19partir. Parce que oui, quand tu as une perforation de l'intestin, tu fais une péritonite, ils appellent ça.
02:30Donc c'est une infection de tous les organes internes. Donc oui, je sentais que ça n'allait pas. Donc
02:36j'ai eu peur de ne pas rentrer.
02:39On fait du vélo sur des routes ouvertes avec des aménagements. Donc forcément, s'il y a des chutes, ça
02:44peut être grave.
02:46Mais je me suis rendu compte que la vie est aussi plus importante que le sport. Donc avant, quand on
02:53est jeune, on n'y pense pas vraiment.
02:54Mais quand on commence à avoir des lourdes chutes, on y réfléchit de plus en plus.
02:59Est-ce que vous pensez pouvoir remonter sur un vélo et retourner dans le peloton ?
03:03Pour l'instant, je suis incapable de le dire. Je pense que pour cette année, c'est sûr que c
03:10'est impossible.
03:11Après, il y a aussi maintenant les contrats. Il faut avoir un contrat pour être dans un peloton. Je suis
03:18en fin de contrat.
03:19Donc c'est aussi difficile de retrouver un contrat quand ça va faire un an que je n'ai pas
03:24fait de compétition ni même d'entraînement.
03:27Donc pour l'instant, je ne suis pas capable de donner une réponse à cette question.
03:32Ça vous manque les courses ? Ça démange ?
03:35Oui, quand on est habitué à partir de la maison tous les week-ends, faire du sport tous les jours,
03:40avoir l'adrénaline du peloton.
03:43Ce n'est pas un métier. Pour moi, c'est une passion. Donc ça, ça ne bouge pas.
03:49Mais c'est vrai que la compétition, c'est aussi compliqué quand je vois l'accident que j'ai eu
03:55où je me dis, si je retourne dans un peloton, est-ce que je vais être capable de frotter maintenant
04:01comme avant, prendre les mêmes risques ?
04:03Ça, c'est beaucoup plus difficile d'y répondre.
04:08C'est sûr que j'aurai de l'appréhension. Comme tout coureur qui a eu des grosses chutes, on voit
04:13que ce n'est plus les mêmes coureurs.
04:15Ça, c'est prouvé et ça se voit dans le peloton. Donc mentalement, ce n'est pas facile.
04:22On sait qu'il y a aussi des tests pour réfléchir à des combinaisons un peu airbag qui se gonfleraient
04:27comme un airbag quand un coureur chute.
04:29Est-ce que ça, ça peut être aussi des pistes intéressantes ?
04:31Oui, parce que le vélo, il évolue, mais les équipements, ils n'évoluent pas.
04:35Donc à un moment donné, il y a un problème.
04:38On a seulement un casque pour nous protéger. Ce n'est pas suffisant.
04:42Quand on voit les pilotes de moto, ils ont des équipements qui protègent les organes vitaux, on va dire.
04:49On est capable de développer des vélos super rapides, mais on n'est pas encore capable de développer des équipements
04:54qui protègent.
04:56Donc je pense que maintenant, certaines entreprises commencent à se pencher sur la question.
05:02de développer ces fameux airbags.
05:03Après, il faut le mettre en pratique dans le peloton, généraliser les airbags avec les équipementiers,
05:09parce que chaque équipe a une marque différente aussi d'équipementiers.
05:12Donc c'est vraiment des choses difficiles à mettre en place pour toutes les équipes au départ d'une course.
05:18Pour l'instant, c'est encore en développement et c'est loin encore d'être dans un peloton.
05:21Donc c'est un peu plus important.
05:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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