00:00Il avait tellement détruit toute ma confiance en moi que je pensais que j'étais indigne d'être aimée
00:04et surtout d'être aimée sans recevoir ces violences.
00:08Je pensais que c'était le prix à payer d'une relation amoureuse.
00:11J'ai toujours été féministe, depuis toute petite, c'est quelque chose qui est assez naturel pour moi,
00:17même si c'est une partie de ma personnalité que j'ai plutôt mis de côté pendant cette relation, évidemment.
00:22J'y suis vraiment retournée après la relation et là, du coup, ça a pris tout un nouveau sens, en
00:27fait.
00:28Ce mouvement, ce combat, parce que ça m'a permis de comprendre ce que j'avais vécu,
00:33comment ça se fait que je me sois retrouvée victime à 15, 16, 17 ans de ma première relation amoureuse.
00:39Quand on est victime de violences, on se déconnecte avec la réalité.
00:43Les mots que vont nous dire notre agresseur vont devenir des réalités.
00:47Si tu me quittes, tu vas finir toute seule, personne ne t'aimera comme moi je t'aime,
00:52tu es nulle, tu es incapable, tu es moche, personne ne pourra t'aimer.
00:55Mais on croit ce qu'on entend et d'autant plus, je pense, quand on est adolescente
00:59et que c'est la première relation amoureuse, il avait tellement détruit toute ma confiance en moi
01:04que je pensais que j'étais indigne d'être aimée et surtout d'être aimée sans recevoir ces violences.
01:10Je pensais que c'était le prix à payer, en fait, d'une relation amoureuse.
01:13Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que les violences conjugales, c'est des relations qui nous manipulent,
01:19qui distorrent de la réalité, qui font que c'est extrêmement difficile de parler et de demander de l'aide,
01:24surtout dans une société qui n'aime pas du tout les victimes, qui ne les croient pas, qui les culpabilisent.
01:30Pour moi, c'était inenvisageable de parler.
01:32De un, je minimisais complètement ce que je vivais.
01:35De deux, j'avais extrêmement honte de ce que je vivais parce que malgré tout,
01:38il y avait une partie de moi qui sentait que ce n'était pas normal.
01:40Et puis troisièmement, surtout, je voulais protéger mon agresseur, en fait.
01:44Et ça, c'est quelque chose qu'on oublie.
01:45C'est qu'il y a un lien qui fait qu'on aime la personne, qu'on veut la protéger.
01:50On est abreuvé de discours ultra culpabilisants pour la victime,
01:54qui disent « non, il ne faut pas parler, tu vas détruire sa vie ».
01:58Alors que dans les faits, quand on voit vraiment ce qui se passe quand on dénonce une personne violente,
02:03très généralement, la personne violente continue à vivre sa vie comme si de rien n'était.
02:07On vit dans une société qui est violente envers les femmes, envers les filles,
02:10mais qui est aussi violente envers les enfants.
02:12Quand on dit « non, mais les agresseurs aussi, ils ont été victimes de violences dans leurs enfants »,
02:16c'est effectivement souvent le cas.
02:18De dire ça, ça ne doit pas être une excuse.
02:20Ça doit nous permettre de réfléchir, en fait, au sujet, de se dire
02:23« mais la base, du coup, du problème, c'est quand même les violences qui sont commises envers les enfants
02:27».
02:27Et si on ne traite jamais ce problème-là,
02:29en fait, on ne traitera jamais après les violences patriarcales qui en découlent.
02:33Parce qu'il ne suffit pas de dire « c'est pas bien de frapper sa conjointe ».
02:37Ça, c'est très facile de le dire, mais ça ne sert absolument à rien.
02:39Il faut comprendre d'où viennent les violences, pourquoi elles existent,
02:42et surtout, qu'est-ce qu'on peut faire pour y mettre fin.
02:46« C'est pas bien de frapper sa conjointe, c'est pas bien de frapper sa conjointe ».
02:49« C'est pas bien de frapper sa conjointe, c'est pas bien de frapper sa conjointe, c'est pas
02:49bien de frapper sa conjointe ».
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