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  • il y a 17 heures

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00:00La phrase « Non mais je comprends pas, au premier coup faut partir » elle est complètement fausse parce que
00:04ça se passe pas comme ça dans la vraie vie.
00:05Moi c'est Capucine, j'ai 25 ans et je publie mon livre qui s'appelle « J'avais 15
00:10ans, je croyais l'aimer, je me taisais » aux éditions Alvin Michel.
00:13Dans ma relation, les violences elles ont commencé assez rapidement, surtout des violences psychologiques d'abord.
00:18Ça commence jamais par des coups directement, c'est pour ça que la phrase « Non mais je comprends pas,
00:23au premier coup faut partir » elle est complètement fausse parce que ça se passe pas comme ça dans la
00:26vraie vie.
00:27Je me suis retrouvée quand même rapidement isolée, il fallait que je passe tout mon temps avec lui, que je
00:31sois disponible pour lui H24.
00:34Et puis après il y a tout ce qui est venu avec les violences physiques, les violences sexuelles également, la
00:40dévalorisation, le fait que j'étais jamais assez bien pour lui,
00:43les comparaisons avec les autres filles, les autres femmes, pour briser on va dire ma confiance en moi, qui est
00:49d'autant plus faible quand on est adolescente et qu'on est justement censée être en pleine construction.
00:54Au final on franchit toujours plus d'étapes dans ce qui devient acceptable alors qu'au départ bien sûr on
01:01se serait dit « Mais moi jamais j'accepterais ça ».
01:03Pour moi effectivement, une victime de violences conjugales c'était une femme adulte, mariée, qui a des enfants, qui vit
01:10des violences qui sont très impressionnantes.
01:12Il fallait être bousculée dans les escaliers, avoir un œil au beurre noir, le visage en sang.
01:18Je ne correspondais pas à ces critères-là. Je me disais toujours « Bon bah il y a un truc
01:22bizarre » mais je ne pensais pas que c'était des violences conjugales parce que j'étais trop jeune.
01:27C'est vraiment en me rendant chez Solidarité Femmes 7-8 mois après la rupture.
01:31C'est là qu'elles ont posé le mot de violences conjugales et qu'elles m'ont expliqué qu'on
01:35pouvait être victime même très jeune et qu'elles voyaient beaucoup de très jeunes victimes.
01:39On est totalement conditionnées à aimer la violence.
01:41D'ailleurs, un exemple que je cite dans mon livre au tout départ, c'est « La belle et la
01:45bête ». La belle qui était ma princesse préférée quand j'étais petite et que je voyais comme une figure
01:51de femme intelligente, indépendante parce qu'elle adorait lire et qu'elle était très cultivée.
01:56Et je romantisais cette histoire avec la bête alors qu'au final, quand on prend du recul, c'est juste
02:00une séquestration d'une femme qui finit par tomber amoureuse de son bourreau.
02:05Et ça pourtant, ça a vraiment bercé mon enfance et ça a construit tout un imaginaire romantique.
02:10Le fameux proverbe « Qui aime bien, châtie bien ».
02:13On va dire aux petites filles dans la cour de récré « Non, mais si les garçons t'embêtent, c
02:16'est parce qu'ils sont amoureux de toi ».
02:18Et d'ailleurs, moi, ma relation avec mon agresseur, elle a commencé comme ça.
02:23Les violences conjugales, c'est beaucoup plus fréquent que ce qu'on croit.
02:26Il y a beaucoup de personnes qui sont victimes de violences conjugales ou qui commettent des violences conjugales sans forcément
02:31s'en rendre compte.
02:31L'enjeu, c'est de réussir à mieux les reconnaître et de réussir à se faire aider.
02:36Que ce soit parce qu'on est victime de violences et qu'on se rend compte que quelque chose ne
02:40va pas.
02:40Dans ces cas-là, quelles ressources on peut avoir pour s'en sortir ?
02:43Et quand on se rend compte qu'on commet soi-même des violences, savoir aussi demander de l'aide, réaliser
02:48que quelque chose ne va pas,
02:49essayer de comprendre pourquoi est-ce qu'on en arrive là et du coup, pouvoir trouver des solutions à ces
02:55problèmes-là.
02:56Et quand on se rend compte, on se rend compte, on se rend compte, on se rend compte.
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