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  • il y a 1 jour
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Lundi 16 mars 2026, le romancier Guillaume Musso. Il publie son nouveau livre "Le Crime du paradis", aux éditions Calmann-Lévy.

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Transcription
00:00Bonjour Guillaume Musseau. Bonjour Elodie.
00:01Vous êtes, sans conteste, l'auteur qui vend le plus de livres en France.
00:05C'est aussi l'un des plus traduits dans le monde.
00:06On peut lire vos livres en 47 langues.
00:08Alors après, il faut s'y mettre, évidemment.
00:10Vos romans se sont d'ores et déjà écoulés à 34 millions d'exemplaires.
00:13Un succès inspirant, lié au rêve.
00:15Ceux que vous aviez, enfin, lors de vos lectures dans la bibliothèque d'Antibes
00:18que dirigeait votre mère à l'époque.
00:20Et une belle victoire pour le professeur d'économie que vous étiez fut un temps
00:23qui a mis du temps à convaincre un éditeur de lui faire confiance.
00:26La bascule et la rencontre avec le public ont fini par se produire
00:29grâce à votre deuxième roman et après, publié en 2004, adapté depuis au cinéma.
00:34Aujourd'hui publié, le crime du paradis aux éditions Kalman-Levy.
00:37C'est une histoire qui fait à la fois froid dans le dos
00:39et qui, dans le même temps, irradie car elle convoque âme sombre et sensualité.
00:44Les deux incarnés par des personnages plus vrais que nature
00:47et dont vous avez le secret qui officie dans un décor qui sent bon la côte d'Azur
00:51puisqu'elle se déroule dans une somptueuse villa au cœur du Cap d'Antibes.
00:54Et ça aussi, vous connaissez bien ce lieu-là.
00:57C'est l'histoire d'un enlèvement, celui d'Oscar, un petit garçon de 3 ans
00:59ici d'une famille américaine fortunée qui passe ses vacances dans ce lieu idyllique
01:04en cette année 1928.
01:06Et de tout ce que cette énigme a finalement révéler dans une atmosphère lourde
01:10de par ses secrets.
01:11Et au cœur de l'enquête, Joseph Lecq, commissaire de la 9e brigade mobile de Marseille,
01:15assistée par Charlie qui a 25 ans et d'une aide imposée par elle-même, j'ai envie de dire,
01:19dont il se serait parfois bien passé, une romancière Agatha Harding, dont le seul but
01:25est de s'accaparer cette histoire, cette affaire en guise de scénario pour son futur roman.
01:30Guillaume Musso, de plus en plus, vos intrigues sont de bon, la reine du crime,
01:34donc Agatha Christie qui a beaucoup, on va dire, accompagné votre adolescence
01:38et qui semble guider vos pas et nourrir votre imagination avec un clin d'œil au jeu
01:41Cluedo, tout le monde y a joué.
01:44Cette histoire, elle est tissée d'histoires vraies.
01:48On pense évidemment à l'affaire du bébé Lindbergh en 1932.
01:53Je vais vous laisser la raconter, cette histoire, parce qu'elle a beaucoup inspiré aussi
01:56Agatha Christie, au point de lui donner d'ailleurs l'écriture, l'envie d'écrire
02:00le livre Le Crime de l'Internet Express.
02:02Absolument, absolument, oui, c'est une affaire qui s'est passée au début des années
02:0630 en 1932, le héros de l'époque, Charles Lindbergh, aviateur, a traversé l'Atlantique
02:15et c'est une figure américaine, mondiale même, de premier plan et son bébé est enlevé
02:22dans leur maison du Maine et cette affaire va devenir le premier fait divers mondial.
02:30Pourquoi ? Parce que finalement, les progrès techniques de l'époque permettent aux journaux
02:36de couvrir en temps réel cette affaire et cette affaire qui touche tout le monde parce
02:43que quand la vie d'un enfant, effectivement, est en jeu, tout le monde se sent de près
02:47ou de loin concerné par ça.
02:50Effectivement, je reprends ce début un petit peu d'histoire en le transplantant à Antibes
02:57et c'est, oui, oui, moi, j'ai toujours été fasciné par cette affaire depuis que petit,
03:03j'ai vu le film, effectivement, Le Crime de l'Orient Express.
03:06Je me souviens avoir cherché dans une encyclopédie du cinéma et avoir trouvé effectivement cette affaire-là.
03:11Il y a toujours ce côté aussi écriture très cinématographique.
03:15On plonge, par exemple, le départ, vous auriez pu nous raconter l'histoire telle qu'elle.
03:20Non, vous partez de ce policier et voilà, on est avec lui, attablé avec lui, on est dans sa réflexion.
03:26Il y a comme une caméra de recul.
03:28Exactement.
03:29C'est marrant que vous parliez de caméra parce que quand j'écris, j'ai toujours en tête ce que
03:33disait Hitchcock.
03:35Hitchcock disait « je veux faire des films à hauteur d'homme ».
03:38Comme si la caméra était toujours effectivement à hauteur des personnages pour être vraiment pleinement avec eux.
03:45Et ça, c'est un choix d'écriture assez fort.
03:49Ce n'est pas toujours facile à faire parce qu'il faut trouver les bonnes scènes et, comme vous dites,
03:54les bonnes images
03:56pour être immédiatement dans cette action-là et en empathie avec le personnage.
04:03Vous avez toujours été très soucieux de laisser une place à la mémoire et à l'importance de la transmission.
04:10Là, vous avez donné ce prénom de Joseph et cette identité qui correspondait à celle de votre arrière-grand-père.
04:16De mon arrière-grand-père, oui, qui était un absent très présent en fait, puisque c'est quelqu'un qui
04:23est mort à la guerre en 1915, à 31 ans.
04:27Il faisait partie de ces générations qui avaient déjà fait un service militaire de trois ans et qu'on a
04:33rappelées au moment du conflit.
04:36Et pour moi, quand j'étais petit, c'était vraiment le symbole du héros qui avait eu une vie brève,
04:44et mon grand-père parlait de son père toujours avec émotion.
04:50Et finalement, en avançant dans l'âge, cette figure-là est devenue mentalement importante pour moi.
04:58Et comme la littérature, finalement, peut tout, elle peut ressusciter, finalement, cet homme,
05:04puisque je me suis imaginé que cet arrière-grand-père avait survécu au conflit
05:10et s'était engagé comme policier dans les brigades mobiles à Marseille après-guerre.
05:15Quand vous étiez petit, vous avez toujours souligné à quel point les livres vous ont permis de voyager,
05:20de vivre d'autres vies. Il y a une téléportation d'époque, une téléportation aussi personnelle.
05:26C'est ça, votre plus grande fierté, c'est de nous transporter, nous, enfin vous, à votre tour,
05:31de nous transporter à travers votre écriture, à travers vos histoires ?
05:34Oui, la plus grande fierté, c'est... C'est-à-dire que pendant longtemps, les gens, les lecteurs,
05:41me disaient, voilà, merci de nous faire rêver. Et de plus en plus, c'est... Le mot qui revient, c
05:49'est ailleurs.
05:49Merci de nous amener ailleurs. Et on a ce besoin, cette envie de fiction, d'épaysement, d'évasion.
06:00Et paradoxalement, on est à une époque où on lit de moins en moins.
06:05Structurellement, voilà, les pratiques de lecture sont en baisse, y compris chez les adolescents.
06:13Et donc, tout ça est assez inquiétant. Et moi, voilà, ma mission, un peu, c'est d'écrire des romans
06:20qui permettent de fédérer, qui permettent à tout le monde de partir ailleurs.
06:25Et le plus beau des compliments, c'est d'avoir redonné goût, moi et d'autres, à la lecture, à
06:33des gens qui lisaient peu ou plus.
06:35L'écriture permet donc aussi de ressusciter celles et ceux qui nous ont quittés, de leur donner corps et cher
06:42?
06:42Exactement. Ça, ça a été ma... Je crois que c'est l'une de mes plus grandes fiertés, effectivement, d
06:48'auteurs,
06:49et des plus inattendus aussi, d'avoir fait ce cheminement avec cet arrière-grand-père que je n'ai jamais
06:55rencontré,
06:56mais que j'ai ressuscité le temps des 18 mois d'écriture et avec lequel j'ai suffisamment aimé cheminer
07:04pour finalement même avoir envie de le retrouver peut-être lors d'une prochaine enquête dans les années 30.
07:12On a ce couple Livingstone, incarné par Florence et Juliane, qui ont beaucoup de celles et ceux qui ont laissé
07:19leur empreinte au cave d'Antibes.
07:21Vous citez Scott Fitzgerald, d'une certaine façon, vivre ensemble est plus important que vivre simplement.
07:27C'est ça, la morale, en tout cas l'adage, et ce qui finalement nous accompagne dans nos vies ?
07:35Oui, moi j'ai toujours vraiment eu cette peur de la solitude, ça c'est vraiment quelque chose d'assez
07:42terrifiant.
07:43Je pense que la lecture à un moment venait combler ça, l'écriture aussi est venue combler ça,
07:51et là effectivement on croise le chemin de personnages, notamment de ce couple,
07:57inspiré d'un couple qui s'appelait les Murphy, qui a inspiré Fitzgerald lorsqu'il écrit Tendre et la nuit,
08:06où il y a cette idée finalement que déjà être deux est déjà une sorte d'aboutissement en soi.
08:15Bon, il y a un fil rouge quand même, c'est la quête de la liberté.
08:19C'est quoi être libre ?
08:21Être libre, être libre, c'est dépendre le moins possible des autres,
08:29mais à la fois ça ne résout pas le problème de la solitude.
08:36Oui, être libre c'est savoir dire non, ce que j'ai dit à mes enfants aussi.
08:43Oui, mais cette quête de liberté, elle n'est pas, c'est pas quelque chose qui est,
08:51elle s'intègre dans d'autres quêtes et d'autres contraintes,
08:58mais tout le monde n'aime pas être libre,
09:00parce qu'être libre veut dire souvent être seul.
09:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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