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MEDI1TV Afrique : Zoom sur la 19e édition du Festival "On marche" avec Taoufiq Izeddiou - 15/03/2026
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00:09And it's always with the same pleasure that I will meet you on Median TV for this new
00:14escale culture in the heart of Africa. And as usual, we will talk about all the
00:20artistic and cultural events on our continent. The cinema, in passing by the literature or
00:24art with a big A for their place to our invitation. Today we talk about dance, dance
00:35contemporary, with the 19th edition of the International Festival of Dance Contemporary
00:42in Marrakech. And so for us to talk about On Marche, who is better than the director
00:49in person, Saoufer Isediou. He is with us. Hello, Saoufer.
00:54Bonjour et merci pour l'invitation.
00:57Merci à vous d'être avec nous. C'est vraiment un plaisir que de vous retrouver dans l'Afrique en
01:02culture.
01:03Et comme je le disais, donc vous êtes déjà à votre 19e édition. Félicitations encore une fois.
01:09Et voilà, vous avez été à la tête de ce festival international de la danse contemporaine
01:18qui tombe ce mois-ci en plein mois de Ramadan. Et c'est vrai que c'est un mois de
01:24partage. C'est aussi un mois dédié à nous-mêmes et aussi à l'autre.
01:30Et vous faites ça à travers la danse. Est-ce que pour vous, la danse et la spiritualité sont deux
01:36choses étroitement liées ?
01:39C'est des jumelles, si on peut dire. Donc, bien sûr que la spiritualité dans la danse, c'est quelque
01:46chose qui m'intéresse énormément, sur lequel j'ai travaillé aussi dans mes pièces
01:49et dans mon travail, surtout sur la dernière trilogie sur le monde et en transe. Et donc, pour le festival
01:58En Marche, c'est quelque chose
02:00qu'on a réfléchi par rapport au mois du Ramadan. Parce que c'est un festival qui réfléchit par rapport
02:07à son territoire, par rapport au lieu, par rapport au temps.
02:10Et du coup, il y a la spiritualité dans la danse. Il y a le geste culinaire. Il y a
02:16le care, le prend-soin. Il y a aussi le partage, se rassembler, discuter, débattre autour de l'art.
02:25Voilà. Et le programme, il est très, très riche pour ce mois du Ramadan. Donc, ça donne une particularité de
02:31cette 19e édition, vu que tout le monde attend la 20e édition.
02:35Et du coup, cette 19e édition, il prend un sens et un vrai sens des spiritualités et du partage.
02:42Et justement, donc, une édition très riche, encore une fois, pour cette 19e édition pluridisciplinaire. Alors, comment vous l'avez
02:52conçue, en quelque sorte ?
02:54Quel était le leitmotiv de cette 19e édition de En Marche ?
02:59Alors, cette 19e édition, donc, normalement, En Marche, il s'inscrit dans un projet depuis quatre ans qu'on a
03:06rénové.
03:07On réponse un petit peu aux besoins et aussi le manque qu'on a sur notre domaine, sur le territoire
03:13au Maroc.
03:13Donc, avec le Prétaclif, qui est autour, justement, de la spiritualité, cette année.
03:19C'est la quatrième édition du Prétaclif.
03:21Le Prétaclif, je rappelle que c'est un prix, le premier concours de danse contemporaine au Maroc pour la jeune
03:26génération, pour les jeunes créateurs.
03:30Et cette année, on a ouvert pour les Marocains et la diaspora aussi.
03:33Donc, on a reçu pas mal de demandes.
03:37Et finalement, le juré a choisi six personnes qui seront honorées et qui auront un prix de ministère de la
03:45Culture et un prix des résidences de création à l'international,
03:48avec plusieurs partenaires, soit en France, soit en Belgique, en Suisse, en Allemagne.
03:53Et donc, c'est une grande, grande chance pour cette nouvelle génération,
03:56parce qu'au Marche, il y a dans le but aussi de sortir une nouvelle génération du jeune chorégraphe.
04:03Aussi, la question du fator dansé, qui est un fator avec un artiste à table.
04:10On invite des artistes peintres, des artistes cinéastes, des émettants en scène, des chorégraphes, bien entendu,
04:16des écrivains qui partagent avec nous leur savoir, leur mois de ramadan,
04:21leur rapport au corps, leur rapport à l'esprit, leur rapport à la spiritualité et leurs œuvres aussi,
04:27avant d'enchaîner sur des performances un petit peu autour du geste culinaire,
04:33où ils mettent un petit peu des légumes ou des fruits ou carrément qui cuisinent sur scène certains chorégraphes et
04:43certaines performances.
04:44Il y a carrément la cuisine sur scène, donc pour vraiment être dans le jus de ce ramadan
04:51et qu'au Marche n'est plus un décor juste qui est là pendant le ramadan,
04:56mais plutôt qui réfléchit par rapport à cet rapport à la nourriture aussi qu'on a pendant ce mois-là.
05:03Il y a une grande exposition dans la ville avec 20 grands panneaux de 3 mètres sur 2 partout dans
05:09la ville un petit peu
05:10avec des chorégraphes et avec des phrases un petit peu sophie de Jaladin Rumi ou bien d'autres un petit
05:17peu
05:17qui parlent de l'âme, qui parlent du corps, qui parlent de l'autre, qui parlent du rapport au monde,
05:21qui parlent de la patience, de la passion aussi, d'être patient et ainsi de suite,
05:26qui a vraiment un vrai succès. Bien sûr, En Marche est toujours cette maison un petit peu
05:34pour développer la danse contemporaine et créer une vie pour la danse contemporaine au Maroc
05:38et pour les Marocains. Donc, on a six chorégraphes cette année avec ses créations,
05:42ses premières, c'est énorme d'avoir que des premières.
05:45C'est la première fois où ils vont jouer leur spectacle pendant le festival.
05:49Et bien entendu, on a Nafas En Marche qui est une formation qui dure trois mois,
05:54qui a débuté déjà le 15 février, avec des formations autour de l'interprète en danse,
06:02de l'écriture chorégraphique, de la dramaturgie et aussi de la management,
06:07aussi du rapport administratif, comment faire un budget, comment créer.
06:12Tout ça, c'est pour les jeunes danseurs. Comment créer un dossier, comment créer un budget,
06:17qu'est-ce que c'est qu'éclairer la danse, qu'est-ce que c'est créer le son pour
06:20la danse,
06:21qu'est-ce que c'est aussi organiser la danse. Ça veut dire, ce que j'aime bien dire,
06:24c'est de passer de la danse à la danse à 360 degrés.
06:28Il n'y a pas que la danse sur scène, mais plutôt la danse aussi,
06:31qui est ce qui l'entoure. Il y a toute une industrie autour,
06:35et c'est très important pour les jeunes chorégraphes aujourd'hui,
06:37de le côtoyer, de le toucher, de comprendre comment ça se passe.
06:41– Ce que je voudrais également savoir, Tsaoufers, c'est que vous avez parlé
06:48de la nouvelle génération de Marocains, mais également des Marocains issus de la diaspora.
06:57Et c'est vrai que la danse, on est un pays, on a la danse dans la peau,
07:03on a le rythme dans la peau. C'est quelque chose de très naturel chez nous.
07:07C'est quelque chose d'évident. C'est un quotidien presque.
07:11Et par contre, la danse contemporaine, c'est vrai qu'on a cette idée
07:14que c'est peut-être réservé à une certaine élite, à une culture dite plus occidentale.
07:20Est-ce que vous voyez un changement de mentalité par rapport à ça ?
07:27– Énorme, énorme changement.
07:30Et vous savez que notre compagnie Analia,
07:33qui était la première compagnie de danse contemporaine à l'époque au Maroc,
07:37il a aujourd'hui 25 ans.
07:39Le festival, il a 20 ans.
07:41Donc, ça fait longtemps qu'on travaille.
07:43Il y a aussi d'autres initiatives à Casablanca, à Rabat, à Tanger.
07:47Et donc, les danseurs et les chorégraphes,
07:49porteurs de cette industrie, de ce projet qui est la danse contemporaine,
07:53où j'aime bien dire la danse qui réfléchit,
07:56ou la danse qui pense, ou la danse créative,
07:58ou la danse de création.
07:59Donc, on a fait un énorme travail sur le public.
08:03On a fait beaucoup de choses dans l'espace public aujourd'hui aussi,
08:06par le biais aussi des journalistes aussi, des critiques d'art.
08:11La danse aujourd'hui, il est dans la télé, il est dans les journaux,
08:15il est aussi dans des musées avec des performances.
08:19Et donc, ce n'est plus élitiste comme avant.
08:22Donc, c'est vraiment, il est dans la ville.
08:25On amène la danse, là, on ne l'attend pas.
08:27Et surtout que la majorité des créateurs,
08:29ils créent à partir de leur culture.
08:31C'est vrai que le savoir-faire, il vient un petit peu de l'extérieur.
08:35Cette notion de crier, d'inventer,
08:38de prendre son corps comme un laboratoire de recherche.
08:42Voilà, ce savoir-faire, il vient de l'extérieur.
08:45Mais la créativité, il vient complètement du Maroc.
08:48On travaille à partir du Hamadshah, à partir du Gnawa,
08:51à partir des écrivains marocains comme l'Haroui,
08:54comme le Karat, comme bien d'autres.
08:56On travaille aussi avec des signistes,
08:58on travaille avec des plasticiens,
08:59comme le travail avec Yamo, au Mourabiti, au Mahibinbine.
09:03Donc, il y a un énorme laboratoire de recherche
09:08qui parle aux Marocains aujourd'hui
09:10parce qu'ils se retrouvent,
09:12ils retrouvent leur culture,
09:13ils retrouvent leur identité
09:16dans ce qu'on est en train de fabriquer,
09:18même si ça semble novateur, rénovateur,
09:22ou d'aujourd'hui, ou quelque chose
09:24qu'on n'a pas l'habitude de voir.
09:26Mais il a une âme,
09:27on dit toujours qu'on part sur scène,
09:30les danseurs partent sur scène
09:31avec tout leur corps et toutes leurs pensées,
09:34et on ne laisse rien en bas.
09:36Ça veut dire que le corps ne mange jamais.
09:37Et donc, on est porteur aussi de cette identité,
09:40même si on est sur une recherche
09:43qui est contemporaine
09:44et quelque chose d'aujourd'hui.
09:47Et donc, la 19e édition,
09:50et vous parliez au début de notre interview
09:53de la 20e édition,
09:55et vous avez dit que tout le monde l'attendait.
09:58Pourquoi ?
09:59Est-ce que vous avez déjà une idée ?
10:00Est-ce qu'il y aura quelque chose de particulier
10:01pour la 20e édition de En Marche ?
10:05J'aime bien la question.
10:07Il y a beaucoup d'idées.
10:09Il y a énormément d'idées.
10:10Donc, 20 ans, ce n'est pas une blague.
10:1220 ans, c'est beaucoup de militantisme,
10:14beaucoup de travail.
10:14Moi, je me rappelle, en 2005,
10:17quand on avait créé le festival,
10:21ça veut dire qu'on était les seuls.
10:24Et donc, on ne savait pas.
10:25On marchait dans le noir.
10:26On n'avait pas d'exemple.
10:27Alors qu'aujourd'hui, il y a un public,
10:29il y a des danseurs,
10:30il y a une vie pour la danse.
10:31Il y a des professionnels du monde entier
10:33qui s'intéressent à ce qui se passe au Maroc.
10:36Le festival En Marche,
10:37il a pris une grande place aussi
10:39sur le continent africain
10:41en organisant, il y a deux ans,
10:42la Biennale de la danse en Afrique.
10:44Il y avait toute l'Afrique à Marrakech
10:46et En Marche et au Maroc.
10:50Donc, aujourd'hui, c'est une marque.
10:53Aujourd'hui, on a la chance d'avoir
10:54ce En Marche et d'avoir un festival
10:56qui a duré quand même 20 ans
10:58avec des hauts, des bas,
11:00des moments incroyables
11:02et des moments très importants
11:04et très intéressants
11:05dans notre histoire un peu contemporaine.
11:07Donc, la 20e édition,
11:09ça ne peut être qu'une concrétisation
11:12et le temps des bilans un petit peu
11:14de tout ce qui s'est passé pendant 20 ans.
11:16Donc, il y a 20 affiches à exposer aujourd'hui.
11:19Il y a plusieurs matières
11:22et plusieurs matériels à exposer.
11:24Aujourd'hui, on peut dire qu'on a un répertoire
11:26de la danse contemporaine au Maroc
11:27et venant des Marocains,
11:29créés par des Marocains.
11:31Donc, 20 ans, il y a vraiment
11:32cette nouvelle génération.
11:34On doit un petit peu partager avec elle
11:36un petit peu tout ce répertoire
11:37parce qu'ils ne l'ont pas vécu.
11:40Il n'y a pas encore une question,
11:42la question d'archives.
11:43Ils s'opposent énormément
11:44et de la digitalisation
11:46d'un petit peu de tout ce qui s'est passé
11:48pendant 20 ans
11:49pour que les jeunes,
11:51ils ont accès à tous ces répertoires
11:54et à tout ce travail,
11:55à tout ce chemin
11:55et toute cette créativité.
11:57Et ça ne peut être que bénéfique
12:00et enrichissant.
12:02Vous avez été l'instigateur
12:03de ce festival international
12:06de la danse contemporaine au Maroc
12:09et c'est grâce à des gens
12:10comme vous
12:11que les générations d'aujourd'hui,
12:14de demain, auront ce patrimoine.
12:17Vous parlez d'archives
12:18et je trouve que c'est très important.
12:20Également, en tout cas, merci.
12:22On marche donc 19e édition.
12:24Merci beaucoup de ça,
12:25Frédéric Zédiou, d'avoir été avec nous.
12:26Merci infiniment.
12:28Merci pour votre invitation
12:30et merci pour votre suivi
12:31et fidélité à la danse contemporaine.
12:33Avec grand plaisir.
12:42Et après avoir parlé
12:43danse contemporaine,
12:44on parle tout de suite
12:46art avec un grand A
12:47et place à Asoukou Ake,
12:49un artiste hors pair
12:51qui voit son art
12:52comme un acte de guérison.
12:53Guérison, d'ailleurs,
12:54à travers sa pratique artistique
12:57multidisciplinaire,
12:57du collage à la peinture,
12:59en passant par la gravure,
13:01la sculpture,
13:01son art est une quête perpétuelle
13:03à travers laquelle,
13:04il tente de transcender
13:05un aspect visuel.
13:06Il construit et déconstruit
13:07des fragments d'images
13:09en travaillant la matière
13:10qu'il creuse,
13:11découpe,
13:11déchire pour la vider
13:12de son sens premier,
13:14originel.
13:15D'ailleurs,
13:15ses compositions,
13:16aux lignes sinueuses,
13:17font écho
13:18à de nombreuses références
13:19allant de contes africains,
13:21à des gravures de maîtres
13:22comme Poussin
13:23ou encore Rubens,
13:24sans oublier
13:25la divine comédie de Dante
13:26et l'esprit notamment
13:27par Gustave Doré.
13:28Et son œuvre,
13:29pleine de symbolisme
13:30et de spiritualité,
13:31invite avant tout
13:32à questionner
13:33finalement le sens
13:34de l'existence.
13:35D'ailleurs,
13:35on l'écoute tout de suite.
13:49Les métisses
13:50dans les colonies
13:51étaient appelées
13:52les peaux grattées.
13:57Les gravures
13:59proviennent
13:59de cette phrase-là.
14:00Peaux grattées,
14:01c'est vraiment
14:02retirer la matière,
14:02déchirer,
14:03inciser
14:04pour faire sortir
14:05les formes.
14:14Je vous fais plus
14:14le thème de contre-image
14:16que des gravures
14:17parce que c'est le tirage
14:18qui forme la gravure.
14:20Sauf qu'ici,
14:20on a des impositions
14:21inverse
14:21où la plaque
14:22est ancrée en noir
14:23et ensuite,
14:24je viens retirer la matière.
14:30Le rajout de couleurs
14:31dans les tableaux,
14:34c'est à la fois
14:35pour accentuer
14:35le côté dramatique
14:36mais c'est aussi
14:37pour créer une profondeur,
14:39pour montrer
14:39une continuité
14:40de l'histoire
14:40à travers
14:41les nuages,
14:42à travers
14:43toutes nos compositions.
14:47Il faut dire que
14:48Haké est un artiste
14:49pluridisciplinaire
14:51qui explore
14:51différentes formes
14:52plastiques
14:53pour élaborer
14:53ce qu'il appelle
14:54son récit
14:55de guérison.
14:57D'ailleurs,
14:57son travail
14:58porte sur les traces
14:59de l'histoire sociale,
15:00médicale
15:01et politique
15:02de l'Afrique
15:02ainsi que son histoire
15:04personnelle.
15:04L'artiste pratique
15:06le contre-geste
15:07et il est à la recherche
15:08de l'envers.
15:10Les personnages
15:10que je fais vivre
15:11dans mon travail
15:12constituent
15:13par fragments
15:14et par une sorte
15:15de constellation
15:15une archive
15:17de la conscience
15:17africaine
15:18qui mêle
15:18le sacré
15:19et le profane
15:20pour mieux
15:20révéler l'essence
15:22de la vie humaine,
15:23celle d'une identité
15:24fragmentée
15:25à réinventer.
15:26D'ailleurs,
15:26son travail
15:26est un récit
15:27de guérison
15:27face à la violence
15:29subie par les personnes
15:29noires
15:30mais également
15:31les hommes
15:32de manière générale
15:33à travers l'histoire.
15:34On l'écoute.
15:40Les visages
15:41en siècle
15:41proviennent
15:42du symbole
15:43Adinkraine
15:44qui est le symbole
15:45du leadership
15:46et de la royauté.
15:48Quand je les utilise
15:49dans mes tableaux,
15:50ils sont positionnés
15:52en fonction
15:53d'une certaine
15:53forme de lecture
15:54du tableau.
15:57Ils sont un peu
15:58comme des ouvertures,
16:00des portes d'entrée
16:00dans le tableau.
16:12avec Ellipse,
16:13on a travaillé
16:15sur le montage
16:16de cette exposition,
16:17sur les dimensions,
16:18sur tout ce qu'on devait
16:19présenter sur la foire.
16:21Et après ça,
16:22j'ai fait des croquis,
16:23des tableaux.
16:29Mon expérience
16:30sur la foire
16:31est super
16:31parce que
16:32j'ai pu rencontrer
16:33plein de monde.
16:35J'ai aussi des retours
16:36sur mon travail,
16:38sur l'histoire
16:39que j'ai pu partager
16:39avec le public.
16:41C'est une histoire
16:41qui n'était pas connue
16:43du grand public
16:43et ça a aussi permis
16:45d'éveiller aussi
16:46cette conscience.
16:48Donc oui,
16:48c'est une très,
16:49très bonne expérience
16:50qui se déroule
16:52en ce moment.
16:54Explorant tout d'abord
16:55la représentation
16:56de l'homme noir
16:57et son émancipation,
16:58il questionne
16:59un savoir dit universel
17:01entre peinture,
17:02collage,
17:02sculpture
17:03à travers ce qu'il nomme
17:04son contre-geste.
17:05Il déchire le papier
17:06pour mettre à nu
17:07des fragments symboliques
17:09et historiques
17:09qui renvoient
17:10au sacré africain.
17:11Asoukou Ake
17:12aborde des thèmes
17:13allant de la transmission
17:14au questionnement
17:15du devenir africain
17:16tout en convoquant
17:17le passif violent
17:19de l'histoire coloniale
17:20et son héritage raciste.
17:22Par son art,
17:23l'artiste souhaite
17:23déconstruire,
17:24déchirer les mots
17:25qui rongent la société
17:26et sa violence
17:27en donnant espoir
17:29à toute une jeunesse
17:30en quai de renouveau.
17:31On écoute au suite
17:32encore une fois l'artiste.
17:36Je travaille beaucoup
17:37sur la question
17:38de la violence
17:38et de sa capacité
17:40de mutation.
17:44Je me suis rendu compte
17:45qu'à travers l'histoire,
17:46au fait,
17:47tout ce qui est lié
17:48aux problèmes,
17:50aux conflits,
17:52même à l'évolution
17:53de l'homme
17:54a un rapport
17:56très étroit
17:56avec la violence.
17:59La violence en elle-même,
18:00elle devient en fait
18:01un héritage génétique.
18:03Et moi,
18:03je m'intéresse
18:04à ces questions-là
18:04et pour mettre en place
18:06mon propos,
18:06je me suis intéressé
18:07à des gravures d'histoire
18:09et à la photographie
18:10de presse.
18:12Et je me suis rendu compte
18:13qu'il y avait
18:14une certaine vision
18:15de la violence
18:16qui était
18:17d'arriver
18:18à capter
18:18l'espoir
18:21dans la violence.
18:22Et moi,
18:22ici,
18:22ce que je fais,
18:23c'est que je répare
18:23des fragments
18:24d'images
18:25de ces fraises,
18:26de ces images-là
18:27que je récompose.
18:29Dans une série
18:30de travail,
18:32c'est de travailler
18:32autour de la question
18:34du chirurgien,
18:35du geste du chirurgien.
18:40Dans ce travail
18:41que j'appelais
18:42des rituels,
18:42du coup,
18:45l'idée était
18:45de montrer
18:47comment est-ce
18:48qu'à travers
18:48les gestes
18:49du médecin,
18:50on peut arriver
18:51à s'auto-guerir.
18:52Parce que c'était
18:52dans une période
18:53durant le COVID
18:54où je n'avais pas
18:55mon atelier,
18:57je ne pouvais pas travailler
18:58et il fallait
18:59que je redécouvre
19:00une autre manière
19:00de travailler.
19:01Il fallait que je redécouvre
19:02une autre manière
19:02aussi de voir
19:04expérimenter d'autres choses.
19:08Vu que je travaille
19:08sur la violence,
19:09je suis avec la capacité
19:10de mutation
19:10et de la violence,
19:11mais aussi sur la manière
19:13dont la violence
19:14elle-même,
19:15elle mute.
19:16Il fallait que je travaille
19:17sur des grands formats
19:18à la fois pour donner
19:18cette impression aussi
19:19que dans le chaos général,
19:22que les spectateurs
19:23soient absorbés,
19:24mais qu'à travers
19:25ce chaos général,
19:26il y ait aussi
19:27une forme d'espoir.
19:28Donc le travail
19:29est vraiment lié
19:30sur la violence
19:30et l'espoir.
19:32Mais l'espoir
19:32est caché dans la violence
19:33et c'est un peu
19:34comme une énigme
19:35qu'il faut arriver
19:36à déchiffrer.
19:43Et tout de suite,
19:44nous parlons cinéma
19:45avec le film
19:46de Jason Jacob
19:48et d'Evonne Delmar,
19:49Carissa,
19:50dans une petite
19:50communauté rurale
19:51d'Afrique du Sud.
19:52Carissa suit le quotidien
19:53d'une jeune femme
19:54qui tente de trouver
19:55sa place
19:55dans un environnement
19:56marqué par les traditions,
19:58les contraintes sociales
19:58et un sentiment
19:59d'enfermement.
20:01À travers son regard intime,
20:02le film explore
20:02les tensions
20:03entre désirs de liberté
20:04personnelle
20:05et poids des structures
20:06familiales et communautaires.
20:07On regarde ensuite
20:08un extrait
20:09de la vente.
20:09Oh!
20:11Ah!
20:12Don't get in!
20:14Oh!
20:16How you think about the old lady-like?
20:18No!
20:19Why did she say so?
20:21Why what you want to live in a city?
20:24You're trying to tell me to land their land around you.
20:27I don't know, God.
20:33When I get out of it, I get out of it!
20:36I'll go!
20:37Why can't I get my phone charged?
20:41I don't have to worry about it.
20:51In the morning, we're going to go to the land.
20:53What do you want?
20:55We're going to go to the water.
20:59If we're going to go to the development of the land, why don't we go to the next year?
21:07Come on, come on, come on!
21:09Come on, come on!
21:11I'm going to sleep.
21:25It's beautiful.
21:27It's beautiful.
21:27We're going to sleep.
21:36We're going to sleep.
21:38I'm going to sleep.
21:43I'm going to sleep.
21:53I'm going to sleep.
21:54But when you're the guest, we're going to sleep ah' and see what we need.
22:11Now, we're going to sleep.
22:12We're all going to sleep.
22:14We're going to sleep.
22:15But we're all going to sleep.
22:18It becomes a metaphor of isolation and lack of opportunities.
22:22The open spaces are open, contrasting with the feeling of the inside of the main character.
22:27And this opposition creates a visual tension which reinforces the central theme of the film,
22:32the desire of the emancipation.
22:34The character of Carissa is built with a great psychological complex.
22:38It is not a bullying class, nor a victim passive.
22:41And the film is rather a woman, traversed by contradictions,
22:44loyalty towards his family, fear of change, but also aspirations to a different life.
22:50And this ambiguity rend his life profoundly human and universe.
22:54The presence of the film in a great festival,
22:57like the Venice International Film Festival,
23:00montre l'intérêt croissant du cinema international
23:03for the new voies africaines.
23:05Carissa Elyus is a generation of cinema,
23:07which privileges the characters locaux, sensibles and nuanced,
23:10all around the questions universelles,
23:13like the identity, the liberty, and the importance.
23:21We place our next coup de cœur littérature.
23:25Lorsqu'une photo ancienne remet en cause l'identité du père de Béatrice Rehman,
23:29sur laquelle apparaissent côte à côte Werner Henschberg et Adolf Hitler,
23:33et un homme que Béatrice reconnaît comme son entourage familial universitaire,
23:38décide alors, avec l'aide de l'écrivain Daniel Zinga,
23:41de mener une enquête qui les conduit de Washington à Montréal,
23:44de Berlin à Katanga.
23:46Le récit dévoile comment l'uranium du Congo belge
23:49a été un enjeu crucial dans la course à la bombe atomique
23:52pendant la Seconde Guerre mondiale.
23:54Elle en thriller historique, espionnage et réflexion sur la mémoire,
23:58la trahison et l'identité.
23:59On regarde au suite.
24:01L'idée de ce livre est venue par deux vagues, je dirais.
24:06La première fois où il est née de manière très confuse,
24:09j'étais à la faculté des droits à Kinshasa
24:12et il y avait derrière la fac un centre de recherche nucléaire
24:16qui remontait à l'époque coloniale.
24:18C'étaient les Belges, on parle de la RDC, l'ancienne Zahir,
24:21l'ancienne colonie de Belgique.
24:23Et donc c'était un centre de recherche nucléaire
24:25qui avait été construit par les Belges en 1955 à l'époque coloniale.
24:28Et ça m'avait intrigué à l'époque.
24:31J'avais voulu savoir en m'adressant à mon père
24:33comment ça faisait-il qu'à une période si précoce
24:36dans un pays qui avait d'autres sources d'énergie,
24:38notamment l'électricité avec le grand barrage d'Inga sur le fleuve Congo,
24:42on a eu un centre de recherche comme ça sur le nucléaire, sur le campus.
24:47Et là, de manière très très étrange, il m'avait dit
24:49« Ah, tu veux savoir le secret derrière ce centre de recherche ? »
24:53« C'est vrai que beaucoup de Congolais ignorent,
24:54c'est que les Belges l'ont construit en compensation de l'uranium
24:58que le Congo belge avait livré aux Américains, aux équipes de Open AMR
25:04pour fabriquer la bombe qui a pulvérisé Hiroshima et Nagasaki. »
25:08Alors là, je tombe de nuit, je me dis « C'est un film, c'est quoi cette affaire ?
25:12»
25:12Mais oui, mais non, c'est sérieux.
25:13Donc j'ai continué des années après à m'informer
25:15et j'ai su qu'effectivement, une très grande partie de l'uranium d'Hiroshima,
25:20de la bombe d'Hiroshima, était venue du Congo belge.
25:23Bon, au-delà à en faire un roman, l'idée n'était pas encore aussi solidement ancrée.
25:28Mais des années plus tard, quand je suis parti en Belgique, puis au Canada,
25:32et que, à l'occasion, je crois, de la journée de réconciliation,
25:37une journée dédiée aux Autochtones du Canada,
25:40un de mes proches, en fait, un collègue au travail,
25:44qui est avocat comme moi, me dira « Mais Blaise, tu sais que,
25:47parlant de la réconciliation avec les Autochtones,
25:50l'un des gros enjeux que nous avons ici au Canada,
25:53c'est le fait que, dans les années 40, il y avait une compagnie,
25:57ici au Canada, une compagnie de la couronne qui s'appelait Eldorado Incorporated,
26:01qui avait exploité une mine de radium dans un village qui s'appelle Deline,
26:07mais qui, aujourd'hui, est aussi connu comme le village de Veuve,
26:10et qui est l'exploitation de cette ressource,
26:12qui était destinée au programme Manhattan Project des Américains pour la bombe atomique,
26:17a entraîné des conséquences des cancers, des maladies, ainsi de suite,
26:21chez le peuple autochtone, la nation d'aînés dans les territoires du Nord-Ouest.
26:26L'équation avant la nuit de Blaise Ndialla, à lire d'urgence sur ces mots,
26:32que se clôture l'Afrique en culture.
26:34Merci d'avoir été avec nous, et puis on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine,
26:38sans faute, d'ici là, portez-vous bien !
26:41Sous-titrage Société Radio-Canada
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