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00:00:00...
00:00:41Vous êtes déjà comme les hommes politiques, vous ne répondez pas aux questions. Bien !
00:00:44On va terminer cette émission avec Albert Simonin. Est-ce que ce langage des économistes, Albert Simonin, vous intéresse, vous
00:00:51touche peut-être ?
00:00:52C'est ce qui me passionne. Vous comprenez, l'économie pour l'homme de plume, elle est mensuelle. C'est
00:01:00l'ardouest du bistrot, le tailleur, le loyer, un petit peu pour la rue de Rivoli, enfin vous voyez ce
00:01:08que je veux dire.
00:01:10Alors s'il reste un petit chouïa pour le tiercé et le perniflat, ben alors, tout va bien.
00:01:16Merci Albert Simonin, merci Gérard Plantier. Je rappelle le titre de votre ouvrage, Au-delà du socialisme. Bonsoir à tous.
00:01:24Terminé, merci.
00:01:27On va souper dans un troquet si vous voulez vous joindre à nous.
00:01:31Non, je suis désolé, mais il faut que je rentre à Aix.
00:01:33Tant pis pour nous. Bonne soirée, à bientôt.
00:01:37À bientôt, merci.
00:01:38Mademoiselle. Au revoir, monsieur.
00:01:39Bonsoir.
00:01:44Avec un châssis pareil, les économies, c'est rampé.
00:01:48Bon, maintenant, explique-moi sérieusement, qu'est-ce que c'est que ça, la plus-value?
00:01:52La plus-value?
00:01:54Eh bien, en gros, ça veut dire que le travail des ouvriers vaut beaucoup plus que les salaires que le
00:01:58patron leur donne.
00:01:59Donc, c'est le bénéfice du patron.
00:02:02Et bien, voilà, t'as tout compris.
00:02:05Mou, mais si tu laisses pas les gens gagner un peu de fric, je vois pas pourquoi ils se casseraient
00:02:08la tête.
00:02:09Non, mais tu serais pas un peu de droite, toi, des fois?
00:02:11D'extrême droite.
00:02:47On est déjà le 18, monsieur Plantier.
00:02:50J'avais dit le 17 à 20 heures.
00:02:51Et moi, je vous ai dit merde, souvenez-vous.
00:03:02Laissez-moi passer.
00:03:04Votre numéro de truand, ça suffit, que le sale...
00:03:06Non, Maurice, non!
00:03:15Ça, mon petit michou, c'est du colt.
00:03:18Si je me gourde, je te permets de pisser sur la moquette.
00:03:23Quoique le premier, c'était peut-être un autre flingue.
00:03:28Oh, puis je m'en fous.
00:03:31Que bon de toi, toi, la paillasse.
00:03:34Pour le prix qu'on me paye.
00:04:02Bonjour, commissaire.
00:04:05Alors?
00:04:06Oh, alors...
00:04:08Une affaire crapuleuse, probablement.
00:04:10La presse ne s'y intéresserait pas tant
00:04:12s'il ne s'agissait pas d'un écrivain connu.
00:04:15On lui a pris son argent, un permis de chèque.
00:04:18On a pris aussi l'argent dans le sac de sa petite amie.
00:04:21Je ne sais pas, 300 francs, environ.
00:04:25Et qui est la petite amie?
00:04:27Une certaine Françoise Muller.
00:04:29Elle habite ici, au 6e.
00:04:34Elle, vous l'avez entendue?
00:04:35Non, non, pas encore.
00:04:36Elle a passé la nuit à la brigade des agressions.
00:04:39Et puis ensuite, elle part rentrer chez elle.
00:04:40Mais enfin, ça, on peut se comprendre.
00:04:44J'ai perdu mon petit carnet.
00:04:48Euh...
00:04:48Elle vivait avec Gérard Plantier, où?
00:04:50Euh, oui, depuis quelques mois.
00:04:51Mais le domicile unique de Plantier, c'est chez sa mère,
00:04:54rue du... rue du Colombier.
00:04:57Françoise Muller était à Nice avec lui
00:04:59pendant l'émission de télévision.
00:05:00Ils sont rentrés directement sur Aix.
00:05:03Ils ont pris la route vers...
00:05:04Je crois que c'est...
00:05:05Je crois que c'est 11h30.
00:05:09Ils se sont arrivés ici vers...
00:05:14vers 1h45,
00:05:15à bord de la Mercedes, là.
00:05:19Deux hommes étaient cachés.
00:05:21Ils sont sortis de l'ombre.
00:05:23Ils les ont menacés.
00:05:24Courte bagarre.
00:05:25Un des types a tiré.
00:05:27Et Plantier s'est effondré.
00:05:29La fille?
00:05:30Eh bien, la fille, elle a couru jusqu'à l'ascenseur,
00:05:33qui, heureusement, était là.
00:05:34Elle s'est sauvée.
00:05:35Elle est montée chez elle.
00:05:37Et elle a appelé immédiatement pour lui secours.
00:05:40Et où est-il l'ascenseur?
00:05:42Là, madame.
00:05:45Bah, dites-moi.
00:05:47Ça en est bien tiré, hein?
00:05:48Ça s'est passé dans le noir, d'après la fille.
00:05:51C'est combien, ça, à peu près?
00:05:52Bon, je ne sais pas.
00:05:53Quinzaine de mètres.
00:05:54Ça s'est passé dans le noir.
00:05:55La minuiterie était éteinte.
00:05:56Mais elle savait voter l'ascenseur.
00:06:05Deux hommes, plutôt jeunes, étaient armés de pistolets.
00:06:11Trois balles dans le corps de la victime.
00:06:13Le gardien de l'immeuble, lui, prétend avoir entendu quatre coups de feu.
00:06:19Ah, il est là?
00:06:21Le gardien, oui, il est là.
00:06:27Dagorne, Lucien.
00:06:28Bonjour, monsieur.
00:06:29Ancien sergent-chef du quatrième étranger.
00:06:31Invalide à 75%.
00:06:33Très bien, très bien.
00:06:34Dites-moi, monsieur, vous êtes absolument sûr
00:06:37que vous avez entendu quatre coups de revolver?
00:06:40Ah, je le jure.
00:06:42Mais, il n'y a pas du tout de traces de balles, hein, dans les environs?
00:06:46Non, non, les hommes de l'identité ont vérifié.
00:06:48Ah, moi, je suis sûr.
00:06:49Enfin, avec les viettes, il ne fallait pas avoir les oreilles ensablées.
00:06:52Moi, je vous le dis, parce que...
00:06:54Eh bien, monsieur Dagorne, je vous remercie
00:06:56et je vous convoquerai ultérieurement.
00:06:59Au revoir, monsieur.
00:07:00À vos ordres, madame la vue.
00:07:03Bon, alors, je veux entendre cette Françoise Muller.
00:07:07Ben, on préfère rien finir notre petite enquête à son sujet.
00:07:11Il y a quelque chose au sommier?
00:07:13Ben, vous savez bien que ça ne veut rien dire.
00:07:16J'ai demandé sur elle tous les renseignements à la criminelle de Marseille.
00:07:18Oui, je n'empêche pas que je la vois le plus tôt possible.
00:07:22Demain, par exemple...
00:07:23Oui?
00:07:23Si vous n'y voyez pas d'inconvénient...
00:07:25Mais je n'y vois aucun inconvénient, madame la juge.
00:07:27Au revoir, commissaire.
00:07:28Au revoir, madame.
00:07:33C'est le juge d'instruction, cette bonne femme?
00:07:34Oui, madame Massot.
00:07:36Massot.
00:07:38Massot, c'est pas le tout-bib qui s'est détruit en bagnole?
00:07:39Si.
00:07:40Elle était avocate autrefois, mais elle a pris du service comme juge après l'amort de son mari.
00:07:45Vous l'aviez lu, vous, son bouquin à Plantier?
00:07:48Non, non.
00:07:49Moi non plus.
00:07:50Mais il paraît que...
00:07:52Ah oui?
00:07:53Ah.
00:07:54Vous ne savez pas, c'est un peu bizarre, vous, qu'on l'assassine juste après son passage à la
00:07:57télé?
00:07:59Mais je ne sais pas encore, Nicolas.
00:08:01Bon.
00:08:02Je vous ramène chez vous, hein?
00:08:03Pourquoi?
00:08:05Ben, on est vendredi, non?
00:08:06Ah oui.
00:08:07C'est le jour du pépé.
00:08:09Oui, c'est le week-end du pépé.
00:08:12Il n'a pas perdu la main?
00:08:13Oh, pas du tout.
00:08:15Et manger avec nous, vous verrez, c'est très, très bon.
00:08:17Non, non, merci.
00:08:18Sa cuisine, j'aime bien, mais les histoires du mouton à Saint-Pâche, je commence à les connaître.
00:08:22Ah oui.
00:08:23Moi aussi.
00:08:25Seulement, c'est...
00:08:27C'est le père de mon mari.
00:08:29Tenez.
00:08:31C'est à Guillaume.
00:08:32Ah, merci.
00:08:34On lui dirait que c'est vraiment bien.
00:08:40C'est toi, Elisabeth?
00:08:41Oui, pépé, c'est moi.
00:08:56Vous y prends, hein?
00:08:58Un petit blanc sec avant de manger, ça n'a jamais fait de mal à personne.
00:09:02Oui, mais je ne sais pas si le docteur Le Maignan se fait content en voyant ça.
00:09:06Moi, le docteur Le Maignan, je ne lui en donne pas pour longtemps.
00:09:11Si tu voyais sa mine...
00:09:14Ça sent bon, hein?
00:09:16Je t'ai préparé de ses paupillettes.
00:09:19Tu m'en diras des nouvelles.
00:09:21Ah, mais vous êtes le meilleur, pépé.
00:09:23Peut-être, mais ton fils.
00:09:27Regarde ce qu'il s'est mis en tête de manger.
00:09:31Ce n'est pas ce qu'il m'a raconté un régime d'Hindou.
00:09:35Oui, c'est son ébran.
00:09:39C'est toi qui t'occupe de l'histoire du professeur?
00:09:45Oui.
00:09:46Et c'était un professeur de quoi?
00:09:49C'était un professeur de sciences économiques.
00:09:51Ben, ça, c'est des drôles de métiers.
00:09:55Il faut qu'il y ait des histoires comme ça pour qu'on en entende parler.
00:10:03Ça, c'est la nouvelle musique.
00:10:06Je me demande avec quoi on les a vaccinés, tous ces jeunes.
00:10:35Et en tant que t'es là, toi?
00:10:37Non, j'arrive.
00:10:39T'as écouté, ça te plaît?
00:10:41C'est joli.
00:10:43C'est bon, je sais très bien que moi, j'en suis resté à...
00:10:45Lucie, Ravel, Saint-Sens.
00:10:49Ah non, pas Saint-Sens, non, non.
00:10:51Ah non, je croyais.
00:10:52Non, non, mais le club de France, Charles Trenet,
00:10:57Hugh Hinton.
00:10:58C'est bien, ça, tu ne m'avais pas dit.
00:11:00Alors, je suis venu te rapporter ça de la part de Nicolas.
00:11:02Il paraît que c'est très, très bien.
00:11:03Et donc, tu sais le coup de Marseille, là, pour l'audition du groupe, là?
00:11:06On est tous engagés, ça, à marcher.
00:11:09Ah, c'est bien, ça.
00:11:12Pour tout l'été?
00:11:13Ouais, c'est battre.
00:11:17Tu n'es pas passé à la fac pour ton instruction, non?
00:11:21Bon, on ne va pas remettre ça sur le tapis, non?
00:11:24Allez, viens dîner, c'est prêt.
00:11:26Non, mais il ne t'a pas dit, grand-père, moi, je n'en mange pas de vos paupillettes.
00:11:29Oui, je suis tout à fait au courant.
00:11:31Mais peut-être que tu pourrais manger ton riz brun avec nous.
00:11:34Ça me ferait plaisir.
00:11:38Bon, d'accord.
00:11:39Je prends mes baguettes aussi, hein.
00:11:41Je ne t'en prête pas.
00:11:49Je t'ai appelé hier soir, tu n'étais pas chez toi?
00:11:51Non.
00:11:52Tu étais?
00:11:54Non, je t'ai appelé parce que...
00:11:57Tu voulais dire que ton protégé n'est toujours pas passé s'inscrire à la fac.
00:12:02Alors, sois gentil, dimanche, tu dînes dimanche.
00:12:04Du coup, ça fait 25 ans que tu poses la même question tous les vendredis.
00:12:07Oui, je dîne dimanche et ton beau-père va nous exécuter sa matelotte avant de repartir pour mardi.
00:12:13Oui.
00:12:13Je crois que ce sera une charlotte.
00:12:15Ah, bon?
00:12:17Non, mais il faut que tu lui parles à Guillaume, Gilles.
00:12:20Parce que moi, je suis fatiguée.
00:12:24Ça fait 10 ans que son père me manque, mais il ne m'a vraiment jamais autant manqué qu'en
00:12:27ce moment.
00:12:28Mais à moi aussi, il me manque.
00:12:29Mais si tu lui foutais un peu la paix à Guillaume,
00:12:31Puis c'est beau la guitare, puis c'est difficile la guitare, puis c'est pas honteux la guitare.
00:12:38Puis moi, je t'emmerde.
00:12:49Bonjour madame.
00:12:51Bonjour Nicolas.
00:12:52Elle est là.
00:12:53Qui c'est là?
00:12:54Françoise Muller.
00:12:55Ah!
00:12:58Eh bien, faites l'entrée.
00:13:07Mademoiselle Muller, s'il vous plaît.
00:13:21Mademoiselle Muller.
00:13:23Entrez, mademoiselle.
00:13:28Bonjour mademoiselle.
00:13:30Asseyez-vous, je vous en prie.
00:13:36Je peux vous appeler.
00:13:40Françoise Muller.
00:13:41Et vous êtes née le 13 novembre 1945 à Maraume, saine maritime.
00:13:45Exact.
00:13:47Vous avez encore vos parents?
00:13:50Oui, j'ai toujours mes parents.
00:13:52Vous avez une profession?
00:13:54Avant de rencontrer Gérard, j'étais barmène.
00:13:56Où ça?
00:13:58Dans plusieurs établissements.
00:14:00Le dernier, c'était le Carino à Marseille.
00:14:02Et maintenant, vous êtes, vous êtes domiciliée à Aix, en Provence, n'est-ce pas?
00:14:07Oui, aux 26 sur les heures tout.
00:14:11Il y a longtemps que vous habitez là?
00:14:12Depuis trois mois.
00:14:20Et vous connaissiez la victime, Gérard Pantier, depuis... depuis combien de temps?
00:14:26Depuis le début de l'année.
00:14:30Et vous étiez sa maîtresse?
00:14:33Oui.
00:14:34Gérard voulait qu'on se marie.
00:14:37Et vous?
00:14:41Non, parce que vous dites que Gérard voulait qu'on se marie.
00:14:43C'est un peu restrictif, non?
00:14:45Je ne pensais pas que le mariage était indispensable.
00:14:49Mais Gérard voulait sûrement prouver qu'il n'avait pas de préjugés.
00:14:53Pourquoi?
00:14:53Par rapport au fait que vous aviez été barmède?
00:14:56Qu'est-ce que font vos parents?
00:14:58Mon père était à la retraite, mais avant, il travaillait au doc à Marseille.
00:15:01Et est-ce que vous avez craint que cette différence de situation sociale vous cause pour plus tard de l
00:15:11'embarras?
00:15:11Pas du tout.
00:15:13Pourquoi vouliez-vous que ça m'emparasse?
00:15:14Bon.
00:15:18Vous nous connaissiez des ennemis?
00:15:23Non.
00:15:25Vous avez hésité, là.
00:15:27Il avait peut-être des ennemis politiques, mais je ne les connaissais pas, moi.
00:15:30Et vous vous intéressiez à ce qu'il écrivait, à ses articles, à ses livres?
00:15:34J'aimais bien l'entendre parler.
00:15:37Même de choses que je ne comprenais pas toujours.
00:15:41Bon.
00:15:41Eh bien, vous allez me raconter ce qui s'est passé ce soir-là.
00:15:43Écoutez, j'ai déjà tout raconté en détail au policier.
00:15:46Ah oui, je sais bien, mademoiselle.
00:15:48Ça va être très pénible, mais je suis absolument obligée de vous reposer les mêmes questions.
00:15:53Très bien.
00:15:56On est arrivés de Nice.
00:15:58On venait juste de se carrer.
00:16:02Deux hommes sont sortis de l'ombre, ils étaient armés.
00:16:04Tous les deux?
00:16:06Oui.
00:16:07Enfin, je ne sais pas, ça s'est passé très vite.
00:16:09Vous pourriez les décrire?
00:16:13Le garage est très mal éclairé.
00:16:16Tout ce que je sais, c'est qu'ils nous ont demandé notre argent.
00:16:19Et à ce moment-là, la minuterie s'est éteinte.
00:16:23Gérard est sorti de la voiture.
00:16:25Il y a eu un début de bagarre.
00:16:28Et un premier coup de feu.
00:16:32Alors, j'ai eu peur et j'ai couru vers l'ascenseur.
00:16:35Et ils n'ont pas essayé de vous rattraper.
00:16:37Ils s'occupaient de Gérard.
00:16:42Et vous êtes monté dans l'appartement et vous avez appelé police secours?
00:16:47Oui.
00:16:48Et vous n'avez pas eu envie de demander de l'aide ou d'alerter M. Dagorne, le gardien de
00:16:55l'immeuble?
00:16:57Cette vieille ivrogne, qu'est-ce qu'il aurait pu faire?
00:17:00Oui, c'est vrai qu'il a bien entendu quatre coups de feu, mais qu'il n'est pas jugé
00:17:04utile d'aller voir ce qui se passait.
00:17:08Mais vous, vous avez déclaré que vous aviez entendu trois coups de feu.
00:17:14Peut-être, j'ai très bien pu me tromper.
00:17:16Il était une heure quarante-cinq quand vous avez appelé police secours.
00:17:21J'ai pas vraiment pensé à regarder ma montre.
00:17:24Tout ce que je sais, c'est que j'ai eu du mal à les avoir.
00:17:27Vous avez aussi déclaré avoir quitté Nice à onze heures et demie.
00:17:33Mais l'interview télévisée de Gérard Plantier s'est terminée à dix heures quarante-cinq.
00:17:38C'est possible.
00:17:39Combien de temps vous avez mis pour faire le trajet de Nice à Aix?
00:17:43Un peu plus de deux heures.
00:17:45Mais vous êtes rentrée directement de Nice à Aix-en-Provence?
00:17:50Non. Gérard s'est arrêté au drugstore pour acheter le monde.
00:17:56Et il y a eu un embouteillage à la sortie de Nice.
00:17:59Oui. Ça, c'est qui expliquerait le léger décalage de temps.
00:18:05Bon. Eh bien, écoutez, Mademoiselle Muller, je vous remercie.
00:18:10Ce sera tout pour aujourd'hui.
00:18:13Je vous reverrai, d'ailleurs.
00:18:15Vous n'avez pas l'attention de petit TX, en ce moment?
00:18:18Non.
00:18:20Je voudrais vous poser encore une question.
00:18:25Gérard Plantier.
00:18:27Vous l'aimiez?
00:18:31Oui, madame, j'aimais Gérard.
00:18:34Vous ne voudriez pas que je puisse voir devant vous.
00:18:37Au revoir, mademoiselle.
00:18:40Vous pouvez signer votre déposition, s'il vous plaît.
00:18:45Merci, mademoiselle.
00:18:48Au revoir.
00:19:01Elle est belle, non?
00:19:03Oui, Nicolas, elle est belle.
00:19:05Le carillot à Marseille, c'est pas un bar de truand, ça?
00:19:10Vériférant, Nicolas.
00:19:18Allô, mademoiselle, je voudrais le commissaire Marnay, s'il vous plaît, pour le juge Massot.
00:19:25Allô, bonjour, commissaire.
00:19:27Alors, je viens d'entendre Françoise Muller.
00:19:29Oui, ben, il y a pas mal de choses à vérifier, surtout sur le plan des horaires.
00:19:35Et puis, est-ce que vous vous rappelez si vous avez retrouvé dans la voiture de Plantier
00:19:39le numéro du Monde du... du 18 mai?
00:19:44Non?
00:19:46Bon.
00:19:47Mais écoutez, tout ce que vous pourrez m'apporter à propos de Françoise Muller m'intéressera énormément.
00:19:52Merci, au revoir.
00:19:58Ah, Albert Descargues.
00:20:01Il est là, hein?
00:20:03Ben, allez me le chercher.
00:20:17Votre avocat n'est pas là?
00:20:18Il devait venir, mais celui-là, il est jamais pressé.
00:20:22Il n'y a que quand c'est pour me demander des sous.
00:20:26Dites-donc, Descargues, vous m'avez menti, hein?
00:20:30Que j'ai entendu votre femme et elle affirme qu'elle a toujours avec vous des rapports sexuels.
00:20:36Ah, ben, moi, je suis une nature.
00:20:40Oui, on sait, on sait, ça.
00:20:43Seulement, ça n'explique quand même pas pourquoi vous forcez votre fille à coucher avec vous.
00:20:48Si vous croyez que tout le monde il est si riche pour aller se payer des putains à Marseille.
00:20:56Je n'avais que Gérard, madame.
00:20:59Je suis premier à son accréation.
00:21:03Professeur de faculté à 30 ans.
00:21:06Je suis brillant.
00:21:08C'est terrible ce qui m'arrive là.
00:21:12Mon mari qui est mort en déportation et mon fils qui m'assassine.
00:21:19Gérard vivait avec moi.
00:21:21Oh, l'appartement est très grand.
00:21:23Il n'était pas toujours là.
00:21:25Il voyageait.
00:21:27Il collaborait au sixième plan.
00:21:29Il travaillait énormément.
00:21:32Dites-moi, madame,
00:21:34vous étiez au courant de sa vie sentimentale?
00:21:37Il était beau garçon.
00:21:38Des choses sont lendemains.
00:21:41Jusqu'à ce qu'il rencontre cette Françoise.
00:21:44Vous la connaissez?
00:21:46Je ne l'ai vue qu'une fois.
00:21:48Il y a un mois environ,
00:21:49lorsqu'en sa présence,
00:21:51il m'a annoncé qu'ils allaient se marier.
00:21:55Comme s'il avait craint de me le dire cela seul.
00:21:58Pourquoi cette crainte?
00:22:02Gérard me paraissait
00:22:05soumis devant cette femme.
00:22:08Entre un mois,
00:22:09il avait changé considérablement.
00:22:15Les origines sociales de Françoise Muller vous gênaient?
00:22:19Oh, ne croiriez pas ça, madame.
00:22:21Mon mari était débuté socialiste.
00:22:24Et notre fils, vous le savez,
00:22:25a hérité de nos idées.
00:22:27Alors, qu'il se marie avec la fille d'un ouvrier.
00:22:31Il y a quelque chose en elle
00:22:33qui m'a gênée dès que j'ai vu mademoiselle Muller.
00:22:37Son attitude, son regard, une intuition.
00:22:44Je me trompe rarement.
00:22:50Et puis, cette histoire d'appartement rue des Orthos.
00:22:54Quel appartement?
00:22:56Mais celui que Gérard avait acheté
00:22:57de Moselle Muller.
00:22:59A son nom à elle.
00:23:01Et il ne se connaissait que depuis deux mois à peine.
00:23:05Mais votre fils avait de l'argent?
00:23:08Non.
00:23:11Mais l'année dernière,
00:23:12il avait hérité d'environ 70 millions de mon oncle.
00:23:16Et l'appartement coûtait à peu près dans les combien?
00:23:19Dans les 50 millions, je crois.
00:23:26Mais je suis sûre que Gérard ne serait pas mort
00:23:28s'il n'avait pas rencontré cette fille.
00:23:53Je vous en prie.
00:23:57Il y a du neuf.
00:23:58François Muller n'est pas inconnu au bataillon.
00:24:02Laissez-nous un instant, je vous prie.
00:24:04Ah, le VEL, je vous l'amène?
00:24:05Oui, à 5 heures.
00:24:07Faites-lui croire qu'on va le relâcher.
00:24:09Ça lui fera un choc salutaire.
00:24:14Ça nous vient de la brigade des mœurs de Marseille.
00:24:21Ah, elle a été la maîtresse d'un repris de justice et elle s'est prostituée.
00:24:27Mais ça change tout, ça, dis donc.
00:24:29Ah, oui, en effet.
00:24:30D'ailleurs, le commissaire Bastiani nous a donné des renseignements plus complets.
00:24:34Alors, je vous les résume.
00:24:36Fin 63, Françoise Muller rencontre un certain Maurice Redon, un de nos clients, celui-là.
00:24:42Assez sérieux.
00:24:44À l'époque, elle a 18 ans.
00:24:46Elle est vendeuse.
00:24:47Et elle plaque tout, famille et boulot, pour vivre avec ce truant.
00:24:52Et c'est Redon qui l'a tené sur le trottoir.
00:24:56Eh bien, non, figurez-vous.
00:24:58Redon n'est pas proprement parlé un souteneur.
00:25:00Il vit plutôt du charme de son revolver.
00:25:03En 66, il est tombé pour vol à main armée.
00:25:06Il en a pris pour 7 ans.
00:25:08Et c'est pendant sa détention que Muller s'est mis au turf.
00:25:11Enfin, un turf de luxe.
00:25:14Un appartement.
00:25:16Redon bénéficie d'une remise de peine et il sort en 71.
00:25:21Pendant 5 ans, Françoise Muller a pu mettre de l'argent de côté.
00:25:24Et elle s'est associée avec un certain Jean-Paul...
00:25:28C'est ça, oui, Perroni.
00:25:29Pour prendre un bar à Marseille.
00:25:31Le Carino.
00:25:36Mais à moins, elle a dit qu'elle avait été barmaide au Carino.
00:25:41Oui, c'est-à-dire que fin 71, elle cède ses parts à Maurice Redon.
00:25:45Elle reste derrière le comptoir.
00:25:47Le Carino a été fermé il y a 15 jours
00:25:49dans le cadre des mesures contre le proxénétisme.
00:25:52Mais elle, elle a quitté la boîte en mars.
00:25:55Mars.
00:25:58Séduite par le professeur de sciences économiques
00:26:01qui justement venait d'hériter 70 millions.
00:26:05Tiens.
00:26:06Oui, c'est Mme Plantier-Maire qui m'a dit ça cet après-midi.
00:26:09Ah.
00:26:10Bon, vous êtes gentil, vous me faites taper tout ça, hein ?
00:26:13Oui, bien entendu, Mme.
00:26:14Et puis moi, je voudrais bien entendre M. Redon.
00:26:19Plus rapidement que le ciel.
00:26:31Il est arrivé le 15.
00:26:34Tenez.
00:26:35Regardez.
00:26:38Oui.
00:26:39Qu'est-ce que vous lui voulez ?
00:26:41Ah, on est plutôt des amis.
00:26:43Alors on aimerait lui dire un petit bonjour en passant, quoi.
00:26:45Allez-y.
00:26:47Ça les fera sûrement plaisir.
00:26:49Et t'as la piscine.
00:26:50Bon.
00:27:00Tu viens ?
00:27:02Deux secondes.
00:27:04Arrête de boire, viens.
00:27:13Alors, Maurice.
00:27:15Tu te l'as fait crapuleuse.
00:27:18On essaie d'oublier les mauvais jours.
00:27:23Je vois ça.
00:27:24Je vous offre un verre.
00:27:25Oh, bien sûr.
00:27:28Qu'est-ce qui me vaut l'honneur ?
00:27:31Ah, ben, on enquête, qu'est-ce que tu veux.
00:27:33Et quand on enquête, on tombe toujours sur les mêmes.
00:27:37Qu'est-ce qu'ils veulent ? C'est des flics ?
00:27:39Eh oui, c'est des flics, ma jolie.
00:27:41Et moi, je trouve que t'as de mauvaises fréquentations.
00:27:47Alors, le rapport que je viens de vous lire nous a été fourni par les services de police.
00:27:52Est-ce que vous êtes d'accord avec ce qu'il y a dedans ?
00:27:54Oui, oui.
00:27:57Les termes sont pas très agréables.
00:28:00Mais ça, c'est le style de la maison.
00:28:07Vous auriez dû me dire que vous aviez été propriétaire du Carino.
00:28:11Pourquoi vous m'ayez dit que vous étiez barmaide ?
00:28:13Parce que je pensais que c'était pas très important.
00:28:16De toute façon, j'étais barmaide en même temps.
00:28:20Il y en a des choses dans ce rapport.
00:28:22Beaucoup de choses.
00:28:26C'est pas un peu à ces choses-là que vous pensiez,
00:28:28quand vous m'avez dit la dernière fois que Plantier voulait absolument vous prouver qu'il n'avait pas de
00:28:31préjugés ?
00:28:33Peut-être.
00:28:36Pourquoi vous avez quitté Boris Renaud ?
00:28:38Parce que j'ai rencontré Gérard.
00:28:40Et que Gérard, c'est autre chose.
00:28:44Évidemment.
00:28:46Mais vous l'aimiez, Renaud ?
00:28:47J'avais 18 ans quand j'ai rencontré Maurice.
00:28:50Il m'a sorti d'un travail idiot et du HLM de mes parents.
00:28:54Voilà.
00:28:55Et voilà.
00:28:57Et puis comme ça, vous êtes entrée dans le milieu.
00:28:59Mais qu'est-ce que ça veut dire, le milieu ?
00:29:01J'étais la femme de Maurice, un point c'est tout.
00:29:03Et je me suis conduite comme je le devais quand il est tombé.
00:29:07Enfin, quand il est allé en prison.
00:29:09C'est-à-dire que vous vous êtes prostituée pour lui ?
00:29:11Il y a pire que de se prostituer, madame le juge.
00:29:14Oui, je sais, je sais.
00:29:15Enfin, ça c'est lucratif quand même, parce que...
00:29:18À sa sortie de prison en 71,
00:29:20Maurice Redon a pu s'acheter un bar, le carino d'ailleurs.
00:29:25Et puis vous avez repris la vie commune.
00:29:27Oui.
00:29:28Mais Maurice avait beaucoup changé.
00:29:30On se disputait sans arrêt parce qu'il avait rencontré une autre fille.
00:29:33Et aussi étrange que ça puisse vous paraître,
00:29:36je suis d'un tempérament possessif.
00:29:38Ça ne me paraît pas étrange du tout.
00:29:41Enfin, c'est à ce moment-là que j'ai quitté Maurice.
00:29:44Entre-temps, vous avez rencontré Plantier en...
00:29:47en mars, non ?
00:29:48C'est ça, oui.
00:29:51Comment est-ce que Maurice Redon a pris cette rupture ?
00:29:56Comme il avait une autre fille dans la tête, ça s'est passé très bien.
00:30:01Et depuis la rupture, vous l'avez revu ?
00:30:03Deux ou trois fois.
00:30:05C'était pour la dernière fois.
00:30:08C'était en...
00:30:11en avril, dans un bar à Marseille.
00:30:13Mais tout ça n'a rien à voir avec la mort de Gérard.
00:30:15Pourquoi vous me posez toutes ces questions ?
00:30:19Vous auriez dû me dire aussi que c'était Gérard Plantier
00:30:21qui avait acheté l'appartement de la rue des Hortos.
00:30:24Oui, j'aurais dû vous le dire.
00:30:27Et alors ?
00:30:29Alors, rien.
00:30:32Moi, j'essaie de savoir qui vous êtes, vous comprenez.
00:30:37Ah !
00:30:38Une fois de plus, votre Charlotte, c'est un chêneur, monsieur Massot.
00:30:41Une vraie Charlotte se fait 48 heures à l'avance.
00:30:45Tout ça explique.
00:30:46Eh bien, non, ta mère, elle n'a pas fait un peu dans la restauration à un moment donné ?
00:30:50Qu'est-ce qu'elle devient, madame, votre mère ?
00:30:52Son commerce d'antiquité à Draguignan.
00:30:55Un vrai désastre !
00:30:58Alors, elle se plaint, elle gémit, mais si elle réussissait, elle s'en met en vrai.
00:31:02Je trouve ça plutôt rigolo, moi.
00:31:05Ça change de tous ces salauds qui racontent à tout le monde comment ils ont réussi dans la vie.
00:31:09Ah ben, ça existe, des gens qui ont réussi dans plein de domaines
00:31:12et qui ne sont pas nécessairement des salauds pour ça, non ?
00:31:14Non, dans la magistrature, tu veux dire ?
00:31:16Oui, mais je t'en prie.
00:31:18Non, je suis habitué.
00:31:20Il y a des métiers qu'on ne peut pas faire, quoi, c'est tout.
00:31:23Oui, oui, bien sûr, bien sûrement.
00:31:25Il faut que tu saches, Guillaume, que ta mère, c'est l'exception qui confirme la règle.
00:31:30Tu vois, par exemple, quand nous étions à la fac tous les deux,
00:31:33parce que nous avons été à la fac,
00:31:37eh bien, elle était aussi absolue, aussi péremptoire que toi dans ses jugements.
00:31:43Et ton père aussi, d'ailleurs.
00:31:45Et le plus drôle, c'est que c'est la mienne de mère qui leur faisait des discours pour les
00:31:50modérer.
00:31:52Pour nous modérer ?
00:31:54Mais elle partait encore plus fort que nous.
00:31:57Nous sommes dans des directions complètement farfelues.
00:32:03Elle était marrante, d'ailleurs.
00:32:07Elle est marrante, d'ailleurs.
00:32:13Dis, encore un peu du chef-d'oeuvre ?
00:32:14Oh, c'est-à-dire que c'est de ma plaisir.
00:32:17Non, non, non.
00:32:18Non, je te remercie, mon cher.
00:32:19Dis-moi, et ton affaire d'économiste ?
00:32:22Oh, ben, les journaux délires, complètement.
00:32:25C'est une histoire de truand.
00:32:26La maîtresse de Gérard Plantier appartenait au milieu.
00:32:29Au milieu ? Tu crois, toi, au milieu ?
00:32:32C'est pas une histoire de folklore, tout ça ?
00:32:34En fait, tu te fous de moi, quoi.
00:32:36Les milieux existent.
00:32:38Il y a peut-être des choses qui ont changé, mais ils existent.
00:32:40Ils se tirent peut-être moins de coups de couteau.
00:32:42Ils se tirent peut-être plus de chèques.
00:32:44Mais ils existent.
00:32:46Oui, enfin, nous sommes passés de François 1er à Louis-Philippe, quoi.
00:32:50Il n'y a plus d'honneur.
00:32:52Oui, n'empêche, il y en a encore quelques-uns pour bien dire merde à qui de droit.
00:32:55Tu crois ça ?
00:32:57Quand je tenais le mouton à cinq pattes, j'en avais dans ma clientèle.
00:33:01Des caïds, comme on disait.
00:33:03Et des nervis, des nervis qui sont devenus des caïds.
00:33:07Et bien, dans le fond, ils ne rêvent que de respectabilité.
00:33:11Ils en voient à leur petit chez les jésuites.
00:33:14Mais oui, mais c'est pas de cela que je parle.
00:33:16Alors, de qui parles-tu, Guillaume ?
00:33:19Je veux parler de ceux qui finissent pas dans les affaires.
00:33:21Non, non, Guillaume, tu confonds trop facilement gangsters et anarchistes.
00:33:25Mais pas du tout.
00:33:26Mais pas du tout.
00:33:28Vous voulez savoir le fond de ma pensée ?
00:33:29Moi, il y a des gangsters, je préfère savoir en liberté
00:33:31que des procureurs de la République en exercice.
00:33:34Merci, mon chéri, parce que tu m'as fait peur, hein ?
00:33:37J'ai cru que tu allais nous parler d'un juge d'instruction.
00:33:45Vous avez été longtemps l'amante de Françoise Muller, hein ?
00:33:48Oui, alors ?
00:33:50Je vais pas charger de la surveiller, elle fait ce qu'elle veut.
00:33:55La nuit du 17 au 18 mai, vous avez passé à Sainte-Croix,
00:34:00en compagnie de Mademoiselle Éveline Fleuret.
00:34:03Oui.
00:34:04C'est pas bien, hein ?
00:34:06Qu'est-ce qu'elle fait dans la vie, Mademoiselle Fleuret ?
00:34:08Les études de droit.
00:34:10Ah.
00:34:11Oui, elle va peut-être devenir juge d'instruction.
00:34:17À moins que vous lui trouvez une situation plus brillante, M. Redon.
00:34:21Ah, oui.
00:34:23Ah, oui.
00:34:23Nous y voilà.
00:34:25Proxénétisme.
00:34:26Les petits ragoûts des indiques.
00:34:28Attention, madame, le juge, j'ai peut-être été un voyant,
00:34:30mais je fais pas un mac.
00:34:32Oui, alors, vous allez m'expliquer pourquoi Françoise Muller
00:34:34est connue des services de la mondaine ?
00:34:36Ah.
00:34:37Ça, c'est Françoise qui l'a fait de sa propre initiative.
00:34:40Pour me venir en aide pendant que j'étais en taule.
00:34:43Mais dès que je suis sorti,
00:34:44je lui fais tout de suite arrêter son petit commerce.
00:34:45Et ça, je peux le prouver.
00:34:46Non, mais c'est très bien.
00:34:47Je vous félicite, M. Redon.
00:34:52Dites-moi, Gérard Plantier,
00:34:55vous l'avez connu ?
00:34:56Oh, le connaître ?
00:34:58Enfin, je l'ai vu, oui.
00:34:59On s'était croisés il y a quelques mois.
00:35:02Vous savez, un intellectuel en avait pas grand-chose à se dire.
00:35:06Vous n'avez jamais eu d'animosité contre lui ?
00:35:09Oh, non.
00:35:11Oh.
00:35:12Écoutez, il n'y a pas de raison
00:35:13d'en vouloir un homme qui vous prend votre femme.
00:35:15Si ce n'est pas un ami.
00:35:17Et pourtant, je croyais que dans votre milieu, ça...
00:35:18Quel milieu ?
00:35:20Je n'ai rien à voir avec le milieu, moi.
00:35:22C'est des inventions de flics, ça.
00:35:24Ils vous mettent n'importe quoi sur le dos
00:35:25dès qu'on a un casier.
00:35:26Ah, on peut être corriges, ça.
00:35:28Mais je suis pauvre, alors je ne comprends pas.
00:35:31Bon, eh bien, je vous remercie, M. Redon.
00:35:33Comme il est possible que j'aie à vous réentendre...
00:35:35Oui, je suis à Sainte-Croix.
00:35:36Je me repose juste au 15 juin.
00:35:37Vous pouvez me joindre.
00:35:39Très bien.
00:35:39Et bien, bonnes vacances.
00:35:41Merci.
00:35:46Je vois que vous n'avez pas perdu
00:35:47les habitudes de la maison.
00:35:49Hélas.
00:35:52Au revoir, madame de juge.
00:35:54Merci.
00:35:56Je vous dis bon plaisir.
00:36:02Je ne sais pas si vous avez remarqué ses yeux.
00:36:05Moi, je n'aimerais pas lui avoir pris sa femme.
00:36:07Pour tout vous dire, moi non plus, Nicolas.
00:36:12Tu finis à quelle heure ?
00:36:13Ou pas avant 7 heures.
00:36:15Je te ramène ?
00:36:15Oui.
00:36:17Je suis retrouvé à la sortie.
00:36:18D'accord.
00:36:18Salut, toi.
00:36:19Salut.
00:36:20Voilà.
00:36:22T'aurais été content, toi, cet après-midi ?
00:36:24Parce que j'avais quelqu'un dans mon bureau
00:36:25qui m'a expliqué que le milieu, ça n'existait pas.
00:36:27Ah, qui ça ?
00:36:28L'exclament de la financière de l'économiste.
00:36:31Ah, qu'est-ce qu'il fait ?
00:36:32Ben, il est du milieu.
00:36:34Non, mais attends.
00:36:35Caïd, Nervi, Nervi futur, Caïd, ou ancien Caïd, redevenu.
00:36:40Nervi, ce n'est pas la même chose.
00:36:43Oh, il radote, le pauvre.
00:36:48C'est pas Guédivir.
00:36:53Regarde, là.
00:36:54Regarde.
00:36:56Là.
00:36:58Oui, regarde, là.
00:37:00C'est Guillaume, oui.
00:37:01Non, arrête, là, pas ça.
00:37:02Mais ne bouge surtout pas, voyons.
00:37:05Mais non, mais pas ça, pas...
00:37:07Quoi, pas ça, pas ça ?
00:37:08Il ne m'en dit pas, fais la manche.
00:37:10Eh bien, moi, je ne peux pas me permettre d'avoir un fils qui fait la manche.
00:37:12Il faut absolument t'en foutre.
00:37:14Il faut laisser Guillaume tranquille.
00:37:16Il a besoin de se libérer de toi, tu ne comprends pas ?
00:37:18L'argent qu'il gagne en ce moment n'a rien à voir avec l'argent que tu lui donnes.
00:37:22Mais tu vois ça bien dans la tête.
00:37:25Oui.
00:37:34Allô ?
00:37:35Oui ?
00:37:36Ah, madame n'est pas encore rentrée.
00:37:39On ne va sûrement pas tarder.
00:37:42Attendez, je crois que la voilà.
00:37:45C'est de la part de qui ?
00:37:48Madame Blanquet.
00:37:50Blanquet.
00:37:53Blanquet.
00:37:58Allô ?
00:37:58Oui, bonjour, madame.
00:38:00Comment allez-vous ?
00:38:02Oui.
00:38:03Oui, bien sûr.
00:38:06Ah non, non, non, non, non, non, madame.
00:38:07Je ne peux absolument pas vous entendre par téléphone.
00:38:10Non, non, c'est tout à fait illégal.
00:38:12Non, alors ne me dites rien maintenant, madame,
00:38:14parce que je ne peux pas vous entendre maintenant.
00:38:17Mais si vous voulez, je passerai demain chez vous vers 15h, si ça vous convient.
00:38:22Et là, je vous entendrai, je serai avec mon greffier.
00:38:27Très bien.
00:38:28Au revoir, madame.
00:38:29Au revoir, madame.
00:38:38Bonsoir, mon chéri.
00:38:40Salut.
00:38:45T'es content ?
00:38:47Hein ?
00:38:50Ça a marché.
00:38:54Quoi ?
00:38:55Ton concert, ça a marché.
00:39:00Tu m'as vu ?
00:39:02Ah oui, je t'ai vu.
00:39:05Oui, pas mal.
00:39:08Si un jour tu avais l'idée de plaquer ton boulot,
00:39:10tu pourrais faire marcher la maison.
00:39:22Non, mais enfin, monsieur, si vous avez des révélations à faire,
00:39:24vous auriez pu les faire à la brigade criminelle.
00:39:27Si vous me connaissiez, vous m'imagineriez mal
00:39:30donnant des renseignements à la police.
00:39:33C'est à madame Plantier qui voulait absolument que je vous rencontre.
00:39:37Monsieur Gaudin est un ami d'enfance de Gérard.
00:39:39Ils ont fait leurs études ensemble.
00:39:41Vous êtes économiste, vous aussi ?
00:39:43Non, je suis professeur de philosophie au lycée d'Apte.
00:39:47Et qu'est-ce que vous avez à dire à propos du meurtre ?
00:39:51Gérard se confiait à Georges.
00:39:53Je connaissais Françoise Muller depuis deux ans à peu près.
00:39:57Vous l'avez connue avant Gérard Plantier ?
00:39:59Non.
00:40:01Tiens.
00:40:04Suivez.
00:40:06Il était très amoureux de cette fille.
00:40:09Elle ne me plaisait pas beaucoup.
00:40:12J'ai fait part de mes impressions, mais...
00:40:14il voulait la sortir de son milieu.
00:40:20Pensez-vous que Françoise Muller aimait vraiment Gérard Plantier ?
00:40:25Peut-être.
00:40:27Enfin, sa façon.
00:40:30Nous allons tout reprendre depuis le début.
00:40:33Voyons.
00:40:34Quand Gérard Plantier a rencontré Françoise Muller,
00:40:37Maurice Redon était toujours incarcéré.
00:40:40Oui, mais je ne le savais pas à ce moment-là.
00:40:42J'ignorais son existence.
00:40:44Voyons, il est sorti de prison.
00:40:47Fin 71.
00:40:49Oui.
00:40:50Et tout de suite, il a menacé Gérard.
00:40:53Il l'a mis à la menthe.
00:40:56Il lui réclamait 5 millions pour lui laisser Françoise.
00:41:03C'est Gérard Plantier qui vous l'a raconté, ça ?
00:41:05Oui.
00:41:09J'ai l'impression qu'au début, il a cédé.
00:41:15Ça, il ne me l'a pas dit.
00:41:18Et puis, Redon a dû recommencer à le rançonner.
00:41:23Alors, c'est là qu'il a acheté un revolver pour se défendre.
00:41:27Qu'un revolver ?
00:41:29Un 7,65, je crois.
00:41:33Sans me dire où il se l'était procuré.
00:41:36Mais dites-moi, vous avez attendu 8 jours pour me raconter tout ça ?
00:41:40Je ne crois pas beaucoup à la justice que vous représentez.
00:41:44Écoutez, M. Godin, je suis fonctionnaire, comme vous, d'ailleurs.
00:41:48Et je fais mon travail.
00:41:50Et mon travail consiste à découvrir la vérité.
00:41:53Voilà.
00:41:54Alors, attendez-vous quand même à être convoqué par le commissaire Marnet qui dirige l'enquête,
00:41:58parce que votre témoignage est très, très important.
00:42:02Ah, alors là, évidemment, c'est autre chose.
00:42:05L'amande à un type qui veut sortir une fille de la prostitution, c'est classique.
00:42:10Bon, eh bien, on va arrêter Redon et on va le garder à vue pendant 48 heures.
00:42:15Pour Redon, moi, j'aimerais mieux qu'on attende un petit peu.
00:42:18Et Muller, qu'est-ce qu'elle fait ?
00:42:20Rien. Enfin, rien. Elle cherche du travail.
00:42:23Ou elle fait semblant.
00:42:25Ah, il y a un élément qui veut peut-être vous intéresser.
00:42:28L'associé de Redon au bar Le Carino.
00:42:30Oui.
00:42:31Jean-Paul Perroni.
00:42:32On l'a retrouvé dans une clinique.
00:42:34Oui, il a été blessé au cours d'une rixe avec des arabes à Marseille.
00:42:37Je veux m'envoyer un officier de police demain.
00:42:39Je ne pense pas en obtenir grand-chose.
00:42:41C'est un coriace.
00:42:43Deux hommes, des arabes, m'ont insulté.
00:42:46J'ai voulu en corriger un.
00:42:48Son copain a sorti un revolver et m'a tiré une balle dans le ventre.
00:42:53Je me suis effondré.
00:42:54Ils m'ont piqué ce que j'avais sur moi.
00:42:57Environ 400 francs et ma montre-bracelet en or.
00:43:01C'est vraiment plus possible de se promener tout seul dans les rues de Marseille.
00:43:10Ça s'est passé le 18 mai vers 1h30 du matin.
00:43:14C'est écrit sur le rapport.
00:43:16Oui.
00:43:18Et vous sortiez du bar chez Lucienne.
00:43:21Vous aviez vos cartes, je crois, avec des habits.
00:43:23On peut leur demander.
00:43:25Ils vont sûrement se rappeler.
00:43:30Dans quelle arme avez-vous été blessé ?
00:43:33Un 765, je crois.
00:43:35Enfin, d'après ce que m'a dit l'inspecteur qui est venu me voir ce matin.
00:43:39Vous souffrez ?
00:43:40Oui.
00:43:41Vous savez qu'à peu près une heure avant qu'on vous attaque,
00:43:46on a assassiné un professeur dans un parking d'Aix.
00:43:49J'ai lu ça dans les journaux.
00:43:54Et il était en compagnie de Françoise Muller.
00:43:59Vous la connaissez, Françoise Muller ?
00:44:01Bien sûr.
00:44:03Une chic fille.
00:44:05Vous l'avez connue au Carino ?
00:44:07On travaille ensemble là-bas.
00:44:09Et qu'est-ce qui vous a transporté ici, après votre blessure ?
00:44:13Un automobiliste qui passait par là m'a pris dans sa voiture.
00:44:17Un brave type, il n'a même pas voulu se faire connaître.
00:44:19Oh, c'est bien ça.
00:44:26Votre profession ?
00:44:27Je travaille comme aide-soignante à la Clinique des Deux-Roses à Marseille.
00:44:31Depuis longtemps ?
00:44:32Ça fait deux ans.
00:44:34Et avant, vous étiez où ?
00:44:35Avant, j'étais à Paris.
00:44:37Et vous êtes partie pour quoi ?
00:44:39Parce qu'il faisait trop froid.
00:44:42Bon, faites l'entrée.
00:44:48Maurice Rodon, s'il vous plaît.
00:44:55Seignez-vous, M. Rodon.
00:45:08Mme Jean-Baptiste, est-ce que vous reconnaissez cet homme ?
00:45:11Il avait des lunettes noires, il n'était pas habillé pareil, il avait un blouson.
00:45:15Un blouson comment ?
00:45:16Marron, je crois.
00:45:17Qu'est-ce que ça veut dire votre cinéma ? On est en Afrique ou quoi ?
00:45:19Oh mais ça, c'est lui !
00:45:21C'est bien lui !
00:45:25Vous pourriez me dire ce qu'il se passe, oui ?
00:45:27Je suis à vous dans un instant, M. Rodon.
00:45:31Conne.
00:45:34Mme Jean-Baptiste, vous êtes sûre de ce que vous affirmez ?
00:45:39Ah oui, Mme le juge, tout à fait.
00:45:42M. Rodon, Mme Jean-Baptiste travaille à la clinique des Deux-Roses, à Marseille.
00:45:49Et elle affirme que c'est vous qui avez accompagné votre ami Jean-Paul Perroni, le matin du 18 mai,
00:45:55avec une balle de 7,65 dans le ventre.
00:46:00Moi, je suis allée prévenir le médecin de garde.
00:46:03Quand je suis arrivée, il était parti.
00:46:04Oui, qu'est-ce que c'est que cette histoire de Perroni ? J'ai appris avant-hier ce qui
00:46:07lui est arrivé.
00:46:08Et puis, je vous l'ai dit, ça fait 15 jours que je suis à Sainte-Croix.
00:46:10Oui, mais Sainte-Croix, c'est pas tellement loin d'Aix-en-Provence.
00:46:13Et alors ? Qu'est-ce que vous voulez insinuer ? Que c'est moi qui ai buté le professeur
00:46:17?
00:46:17Oh non ! C'est lui qui a tué le professeur ?
00:46:22Je vous remercie, madame.
00:46:24Je vous laisse signer votre déposition, s'il vous plaît.
00:46:33Merci, madame.
00:46:40Et alors, vous croyez une négresse ? Bravo, mieux en mieux.
00:46:43Allez-y, allez-y, vous gênez pas, inculpez-moi.
00:46:46De toute façon, maintenant, je ne parle plus qu'en présence de mon avocat.
00:46:48Mais qu'est-ce qu'il vous parle, les inculpations, monsieur Rodon ?
00:46:51Je le trouve très sévère avec vous-même.
00:46:54Faites entrer, monsieur Dagorne, s'il vous plaît.
00:46:59Entrez, entrez, monsieur Dagorne.
00:47:03Bonjour, monsieur Dagorne, essayez-vous.
00:47:05Bonjour, madame le juge.
00:47:06Essayez-vous.
00:47:09Vous connaissez ce monsieur ?
00:47:11J'ai pas l'honneur.
00:47:13Lucien Dagorne, enchanté.
00:47:15Bon, c'est tout ?
00:47:18Vous êtes sûr que vous n'avez jamais vu, ce monsieur Redesorto.
00:47:21Non, vous pouvez me croire.
00:47:22J'ai l'œil, moi.
00:47:26Bon, veuillez sortir une seconde, monsieur Rodon, s'il vous plaît.
00:47:29Je finirai de vous entendre tout à l'heure.
00:47:35Monsieur Dagorne, dans votre première déposition à la police,
00:47:38vous avez parlé de quatre coups de feu dont l'un
00:47:41était d'un calibre différent.
00:47:44Oui.
00:47:45Alors, j'aimerais que vous m'expliquez ça bien clairement.
00:47:48Le premier, c'était un revolver plus petit.
00:47:51Le tout premier ?
00:47:526,35, 7,65, quelque chose comme ça.
00:47:56Pour les trois autres,
00:47:58je suis sûr que c'était de la grosse artillerie.
00:48:02Autant qu'un,
00:48:03j'ai appris à reconnaître les armes à l'oreille.
00:48:06Oui.
00:48:09Bon, mademoiselle Muller, elle recevait beaucoup de monde ?
00:48:12Non.
00:48:13À part monsieur Plantier, jamais vu personne.
00:48:16Bon, eh bien, je vous remercie, monsieur Dagorne.
00:48:18Au revoir.
00:48:19Au revoir, monsieur.
00:48:31Celui-là, avec tout ce qu'il boit,
00:48:34son témoignage ne s'intéressera pas à grand monde.
00:48:37Sauf moi, Nicolas.
00:48:40Et c'est suffisant.
00:48:48Le professeur des parkings.
00:48:50C'est sûrement Maurice qui l'a repassé.
00:48:53Il avait dû me mettre à l'amende.
00:48:57Par rapport à la fille.
00:49:00J'ai été témoin d'une engueulade au Carino.
00:49:03Le professeur est venu un soir pour s'expliquer avec Maurice.
00:49:07Quand ça ?
00:49:08Bon, il y a, je ne sais pas, moi, trois semaines, un mois à peu près.
00:49:12J'ai entendu le début.
00:49:14Le professeur a dit, j'ai payé, alors ça suffit comme ça.
00:49:18Et comment tu savais qu'il était professeur ?
00:49:22Tout le monde en parlait dans les bars.
00:49:24Tous les amis de Maurice, quoi.
00:49:30Continue.
00:49:32Tu intéresses beaucoup, monsieur le commissaire.
00:49:36Tout ce que je peux dire, c'est qu'il avait l'air en pétard, le professeur.
00:49:40Alors, Maurice lui a fait signe de parler plus bas et il l'a entraîné dans l'arrière-salle.
00:49:45Alors, ça a été rageux.
00:49:47On l'entendait un peu à travers la porte.
00:49:50À un moment, le professeur, il a traité Maurice de maître chanteur.
00:49:55Je me rappelle bien, ça a duré peut-être cinq minutes.
00:49:58Il est sorti en disant, ne comptez plus sur un centime, je ne suis pas une vache à lait.
00:50:06Et Redon, qu'est-ce qu'il a dit ?
00:50:09Ben, il est revenu au comptoir et il a lancé...
00:50:15Je vous attends tout de même le 17 à 8 heures.
00:50:18Réfléchissez bien, monsieur Plantier.
00:50:21Monsieur.
00:50:22Un demi, s'il vous plaît.
00:50:23Monsieur.
00:50:24La même chose.
00:50:33Et bien entendu, ce que vous venez de nous raconter, vous ne pourriez pas le répéter devant un juge d
00:50:37'instruction.
00:50:39Ben non, ça c'est pas possible, monsieur le commissaire. Je peux pas...
00:50:42Ça me paraît difficile.
00:50:45Mon camarade aimerait bien arriver jusqu'au troisième âge.
00:50:50Et Françoise Muller, vous la connaissez ?
00:50:52Alors ça, c'est pas un cadeau, hein ?
00:50:57D'après ce que t'as eu l'air de me dire, elle était de mèche avec Maurice.
00:51:09Moi, j'ai rien dit, hein ?
00:51:13Enfin, si... si vous cherchez par là, il se pourrait bien que...
00:51:20Enfin, si par hasard t'apprenais du nouveau, tu m'appelles à la brigade.
00:51:24Pour toi, tu sais que je suis toujours là.
00:51:29Je sais.
00:51:34Au revoir, monsieur le commissaire.
00:51:36Ciao, à bientôt.
00:51:40C'est un mac ?
00:51:42Oui, et Tricard, entre autres, bricole.
00:51:46Mais il sait surtout que si je colportais une petite histoire marseillaise à travers les bars, il finirait à la
00:51:52morgue.
00:52:01Ah ben, vous savez, les mensonges répétés de tous ces personnages, enfin, qui sont des voyous, non, mais excusez-moi,
00:52:06hein ?
00:52:07Constituent des charges assez sérieuses, enfin, à mon avis.
00:52:12En tout cas, la libide péronique n'est pas très, très, très solide.
00:52:16Non.
00:52:17Non, c'est le soi-disant bagarre avec des Arabes.
00:52:19Et on n'a rien entendu dans ce secteur, cette nuit-là.
00:52:21Rien.
00:52:22Je sais.
00:52:25Ça traîne, ça traîne, c'est terrible.
00:52:28Vous comprenez, la presse est déchaînée.
00:52:30En inculpation de tous ces gens, mettre un peu en spéculation de ceux qui veulent t'y voir à tout
00:52:33prix une affaire politique.
00:52:36Nous avons la preuve par sa banque que Plantier a tiré de son compte 5 millions fin avril.
00:52:41Nous ne savons pas ce qu'il a fait de cet argent.
00:52:44Enfin, il est clair qu'il a payé l'amende une première fois.
00:52:47Et quand Redon a remis ça, il sait qu'après, ça recoupe la version de mon informateur.
00:52:53Oui, écoutez, commissaire, ça, les renseignements de votre informateur ne m'intéressent absolument pas.
00:52:58En ce qui concerne les 5 millions, il est probable, il est probable qu'ils ont bien servi à payer
00:53:04l'amende.
00:53:05Soit moi, je vais vous dire une chose.
00:53:08Rien ne me fait croire que Muller a pu conduire Plantier dans un tel piège.
00:53:16Ce que je crois, moi, c'est qu'elle est tombée très, très, très amoureuse de Plantier.
00:53:21Et puis qu'ensuite, elle s'est trouvée dans une situation absolument impossible.
00:53:28Bah oui, mais alors, qu'est-ce qui vous permet de penser ça ?
00:53:32Des petites choses, une intuition que j'ai.
00:53:36Vous savez, moi, j'ai interrogé deux fois cette femme.
00:53:40Et bien, j'ai la conviction qu'elle tenait énormément à Plantier.
00:53:45Il y a quelque chose dans son comportement, dans la façon qu'elle a de répondre ou de ne pas
00:53:50répondre.
00:53:52Enfin, je ne sais pas, c'est peut-être des choses qu'une femme me sent plus facilement qu'elle
00:53:55a.
00:53:57Mais, bon, enfin, bon, je fais toujours un culpé, redon et péroni.
00:54:03Mais enfin, au mieux, Française Muller est coupable d'entrave à la bonne marche de la justice.
00:54:08Ah, oui, mais enfin, c'est moins grave, quand même.
00:54:11Puis ça mérite peut-être qu'on se pense un peu sur le problème.
00:54:15Ouais, le cours.
00:54:23Excusez-moi, Maurice, mais ces messieurs ne m'ont pas laissé le temps d'entendre.
00:54:26Encore eux, mais c'est pas possible, c'est le goulag. Ah non, merde, alors !
00:54:29Toi, tu la boucles. Allez, habille-toi, grouille.
00:54:32Qu'est-ce que vous voulez encore ?
00:54:33On ne peut pas une envie de prendre le petit déjeuner avec toi pour bavarder.
00:54:38Vous avez un mandat ?
00:54:42Tu sais lire ?
00:54:44Un juge, c'est déjà pour marrant, mais quand c'est une gonzesse, en plus...
00:54:47Il faut prévenir ton avocat, Maurice, ils n'ont pas le droit.
00:54:50Oh, bah tiens, on t'embarque aussi, toi. Tu vas nous accorder une interview. Allez, sors de là.
00:54:54Sors de là ! Mais on va pas te violer, on n'a pas le temps !
00:55:06Tu dors avec tes outils ?
00:55:07La nuit, j'ai peur des voleurs.
00:55:09Eh ben voilà, ça va te faire déjà une inculpation, détention illégale d'armes.
00:55:13Avec ton pédigré. Tu connais le tarif ?
00:55:16Et d'abord, cessez de m'appeler ma cocotte. Je ne suis pas votre cocotte.
00:55:20Me dégoûtez, foutez-moi la paix.
00:55:23Eh, t'arrêtes pas de nous mentir.
00:55:27Tu vas aller au trou, pour complicité de meurtre.
00:55:31Ça va sûrement faire plaisir à ton père.
00:55:33Mon père, je m'en fous.
00:55:36Il te filait tout de même son sac d'argent de poche tous les mois.
00:55:39Et alors, j'ai pas eu raison de profiter de son fric ?
00:55:42Mais bien sûr, vous avez eu raison, mademoiselle.
00:56:07Vous me prenez pour une conne ou quoi ?
00:56:09Vous croyez que je vous vois pas venir avec vos grosses godasses ?
00:56:13Ah, c'est pas moi qui me prends pour une conne.
00:56:16C'est Maurice Redon.
00:56:19Vous n'aimez pas les exploiteurs ?
00:56:21Eh ben avec lui, vous allez être gâtés.
00:56:23Vous allez vous retrouver sur le trottoir.
00:56:25Et 90% de la recette dans la poche de monsieur.
00:56:29Je vous trouve pas très cohérente.
00:56:33N'importe quoi.
00:56:35En tout cas, c'est lui qui a tué Gérard Plantier
00:56:38dans la nuit du 17 au 18, mais il était pas avec vous.
00:56:42Je vous ai laissé nous mentir pendant des heures,
00:56:44mais j'ai la preuve de ce que j'avance.
00:56:47Tenez.
00:56:48Vous connaissez peut-être pas celui-là ?
00:56:50Hum ?
00:57:00Non.
00:57:02Jean-Paul Perroni, il s'appelle.
00:57:06JP pour les amis.
00:57:11Cette condamnation, proxénétisme, voilà un armé, un idéaliste comme vous les aimez.
00:57:20Hum ?
00:57:21Eh ben, il a avoué.
00:57:24Il était avec votre Roméo dans la nuit du 17 au 18.
00:57:27Et ensemble, ils ont tué le professeur Plantier.
00:57:31Un homme, soit dit en passant, qui est tout de même plus près de vos idées que les gens du
00:57:34milieu.
00:57:35Non ?
00:57:37Écoutez, c'est pas la peine de continuer à nous raconter des histoires.
00:57:40Perroni est venu chercher Redon, à Sainte-Croix, le 17.
00:57:45Ça, vous pouvez pas dire le contraire. Hein ? C'est bien ça, n'est-ce pas ? Hein ?
00:57:51Je ne sais pas, moi, c'est peut-être lui qui est venu chercher Maurice, mais je sais pas son
00:57:57nom.
00:57:59Vers 5 heures, ils sont partis tous les deux.
00:58:03Et puis...
00:58:07Et puis Maurice n'est rentré que le lendemain à 8 heures.
00:58:12Mais je vous jure, je sais pas ce qu'ils ont fait ensemble. Il n'a pas voulu me le
00:58:17dire.
00:58:27Bon. Ben moi, j'ai bien avancé.
00:58:30Et je crois que je suis très près de la vérité.
00:58:34Alors, j'ai inculpé Maurice Redon de meurtre et Jean-Paul Perroni de complicité de meurtre. Voilà.
00:58:44Pourquoi est-ce que vous m'avez menti, mademoiselle Muller, tout le temps ?
00:58:50Elle mentit à tel point que je me demande si je ne devrais pas vous inculper, vous aussi.
00:58:56Pourquoi est-ce que vous ne m'avez pas dit
00:58:59que Maurice Redon avait mis Gérard Plantier à l'amende ?
00:59:04Je pense que vous savez ce que c'est que l'amende, dans votre milieu.
00:59:08Je n'ai jamais entendu parler d'amende entre Maurice et Gérard.
00:59:12C'est pas ce que nous dit l'ami d'enfance de Gérard Plantier, monsieur Georges Godin.
00:59:17Ah, Godin. Il a jamais pu me voir, celui-là. Alors il pourra vous dire n'importe quoi.
00:59:24Pourquoi est-ce que vous ne m'avez pas dit non plus que Gérard Plantier, pour se protéger, je suppose,
00:59:28en tout cas de défendre,
00:59:30s'était procuré un pistolet de 7,65 ?
00:59:33C'est encore Godin qui vous a dit ça.
00:59:35Bah, dites-donc, on n'a pas fini.
00:59:37Vous savez que, dans la nuit du 17 au 18 mai, votre ex-associé, l'actuel associé de Maurice Redon,
00:59:47a pris une balle de 7,65 dans le ventre.
00:59:51Et alors ? Qu'est-ce que ça prouve ?
00:59:54Ça ne prouve rien, évidemment.
01:00:00Quand nous nous sommes parlé pour la première fois, mademoiselle, vous m'avez dit que vous aimiez Gérard Plantier.
01:00:07Oui. Et j'ai même ajouté que ça ne regardait que moi.
01:00:10C'est vrai. Et ce jour-là, je vous ai cru.
01:00:17Aujourd'hui, je ne sais plus du tout.
01:00:22Vous savez, au point où on est l'enquête, tout semble indiquer que vous saviez que Gérard Plantier était attendu
01:00:27dans le parking.
01:00:29Eh bien, alors faites votre métier. Inculpez-moi.
01:00:32Mais moi, je ne peux pas arriver à croire que ça s'est passé comme ça.
01:00:38Moi, j'essaye de vous aider, mademoiselle Muller. Et je suis bien la seule.
01:00:43La meilleure façon de m'aider, c'est de me croire.
01:00:46Bon. Eh bien, nous allons continuer à essayer de démêler tout ça.
01:00:48Nicolas.
01:01:04Avancez, Redon.
01:01:06Gardien, détachez-le.
01:01:09Vous pouvez disposer.
01:01:13Bonjour, madame.
01:01:20J'ai fait venir mademoiselle Muller parce qu'elle est probablement votre complice.
01:01:24Ah, ça, alors c'est beau.
01:01:26On ne s'est pas vus depuis plus d'un mois.
01:01:29T'as pas dit autre chose ?
01:01:30Non, non. Elle m'a rien dit d'autre.
01:01:33Elle a tort, d'ailleurs.
01:01:36Enfin, elle essaie encore de vous protéger. Je vous demande bien pourquoi.
01:01:40Elle m'a plaqué pour ce type.
01:01:42Elle me couvrirait. Enfin, ça ne tient pas debout.
01:01:46Écoute, si tu m'as reconnu dans le parking, dis-le.
01:01:50Si tu m'as vu tuer Plantier, il faut le dire.
01:01:55Si c'était vrai, je lui en voudrais pas de me balancer.
01:01:58Seulement, c'est pas vrai, madame le juge.
01:02:00Je l'ai pas tué, ce professeur.
01:02:03Cette nuit-là, j'étais avec Evelyne Fleuret, chez Angistria, à Sainte-Croix.
01:02:10Vous êtes sûr ?
01:02:15Daphier.
01:02:20Merci.
01:02:26Le 17 mai, vers 17h, un homme d'environ 30 ans est venu chercher Maurice.
01:02:32Il est parti avec lui et il n'est revenu que le lendemain matin, vers 8h.
01:02:38J'étais un peu inquiète, comme Maurice conduit très vite, je pensais qu'il avait eu un accident.
01:02:44Etc, etc.
01:02:46Voilà, c'est la déposition de mademoiselle Fleuret à la police judiciaire.
01:02:51Enfin, vous savez bien que les flics, ils font dire n'importe quoi à n'importe qui, ces fumiers.
01:02:54Oui, mais enfin, madame Jean-Baptiste, monsieur Godin, mademoiselle Fleuret, ça commence à faire pas mal de monde, tout ça.
01:02:59Trouez pas ? Hein ?
01:03:02Alors, vous allez me dire ce que vous avez fait dans la nuit du 17 au 18 mai, en compagnie
01:03:07de votre ami Jean-Paul Péroni.
01:03:10Parce que quand on a présenté la photo de monsieur Péroni à mademoiselle Fleuret,
01:03:14elle a parfaitement reconnu l'individu qui est venu vous chercher à Sainte-Croix, vers 17h.
01:03:19Une conne pareille, on lui ferait prendre un âne pour un cheval de course.
01:03:22Et madame Jean-Baptiste, on lui fait prendre quoi pour quoi ? Et qui pour qui ?
01:03:29C'est vous qui avez accompagné Péroni à la clinique.
01:03:34Et votre fameux blouson de cuir marron, il est très très connu dans certains bars de Marseille.
01:03:40Alors, vous l'avez fait disparaître ?
01:03:41Ah ben, allons donc, je fais tout disparaître.
01:03:44Les blousons, les professeurs, les 7,65.
01:03:46Pourquoi vous mettez ça sur le dos ? Parce que j'ai tiré 7 ans de tôle ?
01:03:49C'est pas à cause de vos antécédents que je vous ai fait inculper.
01:03:54Pardon ?
01:03:54C'est parce que tout est contre vous.
01:03:57L'enquête, les témoins, et votre système de défense.
01:04:01Parce que vous mentez. Et vous mentez mal.
01:04:05J'ai tous les éléments pour vous envoyer en cour d'assise et je vais vous y envoyer.
01:04:15Il est innocent.
01:04:20C'est moi qui ai tué Gérald Blantier.
01:04:23Ma seule.
01:04:30Je vous demande la permission d'avertir mon avocat, Maître Riepen.
01:04:34En sa présence, je dirai exactement ce qui s'est passé.
01:04:42Ma fille, elle est là.
01:04:52Amenez-le au gain.
01:05:10Ma fille, elle a vu.
01:05:11Oui.
01:05:19Tu prends quelque chose ?
01:05:21Alors ça y est, la fille, elle a avoué ?
01:05:24Oui, elle a avoué.
01:05:27Ah, dis donc, je ramène ton fils dimanche soir au concert de...
01:05:30D'accord.
01:05:32Qui est l'avocat ?
01:05:35L'avocat de Françoise Muller.
01:05:36Rie, Ben.
01:05:44Bonjour, madame.
01:05:45Oh, bonjour, qu'est-ce qu'il vous a raconté ce matin ?
01:05:48Ah, ben, il a reconnu qu'il avait menti sur son emploi du temps.
01:05:52Mais il a un nouvel alibi.
01:05:54Il était bien avec son ami Péroni au bar chez Lucienne, où ils ont joué au poker, avec des amis.
01:06:01Avec des amis ?
01:06:01Ah oui, des amis qui s'en souviendront certainement.
01:06:05Et puis la suite, vous la connaissez.
01:06:06Ils ont été agressés par les Algériens à la sortie.
01:06:10Il y a eu les coups à l'olvers.
01:06:12Et c'est bien lui qui a conduit son ami Péroni à la clinique des Deux-Roses.
01:06:16Et Françoise Muller va s'arranger pour que cet alibi tienne le coup.
01:06:21Il paraît difficile à moi.
01:06:23On va commencer.
01:06:24On va, madame.
01:06:28En revenant sur la route de Nice, on s'est disputé.
01:06:32Dans le parking, il m'a insulté.
01:06:35J'ai répondu et il m'a giflé.
01:06:40Alors je ne me suis plus contrôlée.
01:06:41J'ai ouvert la boîte à gants.
01:06:44Et j'ai pris son revolver.
01:06:45Ah, vous saviez par conséquent qu'il s'était procureur à revolver ?
01:06:49J'ai tiré trois fois sur lui au moment où il sortait de la voiture.
01:06:53Je ne savais plus ce que je faisais.
01:06:57Oh.
01:07:01Eh bien, ça, ça ne colle pas du tout avec les témoignages des gens qui vous ont rencontrés ce soir
01:07:06-là, après l'émission de télévision.
01:07:08Ils s'accordent tous à dire que vous aviez l'air très heureux, plantiers vous, et très amoureux.
01:07:14C'est vrai.
01:07:16Mais les choses ont changé pendant le trajet.
01:07:18Elles ont changé au point que vous preniez le revolver pour tuer Plantier ?
01:07:23Il s'est mis à parler de mon passé.
01:07:26En théorie, il a accepté tout.
01:07:28Mais, dans le fond, il restait très attaché à ses préjugés.
01:07:32Tiens.
01:07:33J'ai traité de ça, le petit bourgeois.
01:07:37Alors, il m'a giflé en me traitant de pute.
01:07:41Et Redon, lui, ne vous giflez jamais.
01:07:43Ça n'a rien à voir.
01:07:45C'est-à-dire que votre orgueil refuse la gifle d'un homme alors qu'elle l'accepte d'un
01:07:50autre.
01:07:51C'est ça ?
01:07:52Je ne peux pas vous expliquer.
01:07:55Oh, mais c'est très simple.
01:07:57Que Maurice Redon, c'est un homme.
01:07:59Tandis que Plantier, c'était un cave.
01:08:01C'est ça ?
01:08:03De toute façon, vous croyez ce que vous voulez, ça m'est égal.
01:08:05Je vous dis que j'ai tué Gérard Plantier.
01:08:07C'est tout.
01:08:09Votre version des fêtes est très étonnante, mademoiselle Muller.
01:08:15Ça s'est pourtant passé comme ça.
01:08:19Par conséquent, je suppose qu'il faut que je fasse libérer Maurice Redon.
01:08:23Ça me paraît équitable.
01:08:27Mais vous allez quand même m'expliquer quelque chose.
01:08:29Comment se fait-il que Gérard Plantier, qui avait un 765 dans la boîte à gants de sa voiture,
01:08:36a été assassiné avec un 1143 ?
01:08:39Non, mais qui a parlé d'un 765 ?
01:08:41M. Georges Godin.
01:08:43Mme le juge.
01:08:45M. Godin est certainement un fin commentateur de Chopin-Oer.
01:08:50Mais permettez-moi de mettre en doute sa compétence en matière d'armes à feu.
01:08:56Et qu'est-ce que vous avez fait de l'arme du crime ?
01:08:59Je l'ai jeté dans un chantier à 200 mètres de chez moi.
01:09:09Ça y est, je l'ai.
01:09:24C'est bien 1143 ?
01:09:26Évidemment.
01:09:28Je ne suis pas tellement surpris qu'on l'ait retrouvé.
01:09:31Qu'est-ce que vous feriez pas pour sortir Redon du trou, hein ?
01:09:38Dites-moi, maître.
01:09:40Vous y croyez vraiment, vous, à la culpabilité de votre cliente ?
01:09:44On a tout de même retrouvé l'arme du crime sur ses indications.
01:09:47Ah oui, on a retrouvé l'arme avec laquelle Plantier a été tué.
01:09:50Ça, c'est vrai.
01:09:53Seulement, ce n'est pas celle qui était dans la boîte à gants.
01:09:56Non, ce n'est pas celle que Plantier avait montrée à son ami Georges Godin.
01:10:00Ça n'est pas celle dont M. Dagorne...
01:10:03M. Dagorne ?
01:10:04M. Dagorne, qui a été volontaire en Indochine, a identifié au son.
01:10:11Ça n'est pas un 765.
01:10:14Or, la même nuit, Jean-Paul Péroni a été blessé au ventre d'une balle de 765.
01:10:21Oui, tiré par un arabe.
01:10:23Qu'on n'a jamais retrouvé.
01:10:26C'est bien commode, quelquefois, les Arabes.
01:10:29Hein, maître ?
01:10:32Ah ben, moi, je n'ai pas de conseil à vous donner, hein ?
01:10:36Nicolas, faites entrer Mme Muller, s'il vous plaît.
01:10:42Gardien, s'il vous plaît.
01:10:56Détachez-la, s'il vous plaît.
01:11:03Asseyez-vous, Mme Muller.
01:11:09Dans votre première déclaration, vous m'aviez dit que vous aviez rencontré Gérard Plantier au début de l'année.
01:11:15Oui.
01:11:17Or, Georges Godin, dans sa déposition que je viens de relire,
01:11:21affirme que Plantier vous a connu, ou plutôt vous connaissait depuis environ deux ans.
01:11:27Enfin, tout dépend de ce qu'on appelle connaître.
01:11:31J'ai d'abord eu Gérard comme client.
01:11:34Excusez-moi, je n'appelle pas ça connaître.
01:11:38À l'époque où je travaillais, j'avais la visite en moyenne de cinq à six hommes par après-midi.
01:11:42Alors, il faut dire, quand j'ai vu Gérard pour la première fois, je ne tenais pas de registre.
01:11:47Oui, et je me permets d'ajouter, Mme le juge, que ma cliente n'était pas une prostituée de rue,
01:11:53mais qu'elle exerçait en studio.
01:11:55Je sais, je sais, maître.
01:11:57Comme client.
01:12:01Et c'était un client normal ?
01:12:05Tout à fait normal.
01:12:07C'est assez rare, non, qu'un client propose le mariage à une femme qu'il paye.
01:12:13Il y a eu un moment où Gérard est venu me voir souvent, deux ou trois fois par semaine.
01:12:18Et un jour, eh bien, un jour, ça a été différent.
01:12:24Qu'est-à-dire ?
01:12:25C'est-à-dire qu'une fille qui se respecte ne s'envoie pas en l'air avec ses clients.
01:12:31Ah, je ne savais pas ça.
01:12:34Alors, je lui ai demandé de ne plus revenir.
01:12:37Par fidélité à Rodin ?
01:12:38Oui.
01:12:41Et il est revenu ?
01:12:44Il n'est pas revenu pendant un certain temps.
01:12:46Et puis, un jour, je l'ai vu réapparaître.
01:12:49Je n'avais pas reconnu sa voix au téléphone.
01:12:52Et la même chose s'est passée.
01:12:55Et là, vous avez commencé à vous attacher à lui.
01:12:59Je m'entendais bien avec lui.
01:13:02C'était le premier depuis Maurice.
01:13:05Et puis, je l'aimais bien.
01:13:08Souvent, après, on parlait.
01:13:09Il m'avait dit qu'il était professeur.
01:13:13Et alors, qu'est-ce qui s'est passé quand...
01:13:16quand Rodin est sorti de prison ?
01:13:18Je l'ai dit à Gérard.
01:13:19Et là, je lui ai vraiment demandé de ne plus revenir.
01:13:22Et puis, j'ai arrêté de travailler.
01:13:23Et il ne pouvait plus me joindre.
01:13:27Et comment est-ce qu'il vous a retrouvée ?
01:13:28Par hasard.
01:13:31À la sortie d'un cinéma où j'étais allée seule.
01:13:36C'était une époque où Maurice m'était laissée.
01:13:39Bon.
01:13:40Alors, à ce moment-là, vous avez revu Plantier
01:13:43dans des conditions différentes.
01:13:47Si on veut, oui.
01:13:49Mais là, j'ai eu vraiment l'impression de tromper Maurice.
01:13:53Et Redon, il s'en est aperçu que vous aviez un amant ?
01:13:56Pas tout de suite.
01:13:58De toute façon, Maurice, je ne le voyais pas toutes les nuits.
01:14:01Mais vous l'aimiez encore ?
01:14:04Oui.
01:14:05Mais c'est lui qui se détachait de moi.
01:14:08Mais alors, est-ce que ce ne serait pas pour essayer de le rattacher à vous
01:14:12que vous avez fait semblant de vous attacher à Plantier ?
01:14:16Je n'ai jamais fait semblant.
01:14:18Il y a un moment où j'ai peut-être aimé deux hommes en même temps,
01:14:20mais je n'ai pas joué la comédie.
01:14:24Oui, mais enfin, la situation a tout de même bien servi à Redon
01:14:27pour soutirer de l'argent à Plantier.
01:14:29Mais c'est faux.
01:14:29Je vous ai déjà dit que Maurice n'a jamais mis Gérard à l'amende.
01:14:34Il était bien trop jaloux pour entrer dans ce genre de combinaison.
01:14:36Comment jaloux ?
01:14:37Mais vous m'avez toujours dit qu'il avait pris la chose très bien.
01:14:40Pas le premier jour.
01:14:42Ça ne fait jamais plaisir, non ?
01:14:43Et ce jour-là, il vous a giflé ?
01:14:45Oui.
01:14:46Et alors ?
01:14:47Mais qu'est-ce que vous essayez de me faire dire ?
01:14:50Pour vous, tout ça est simple.
01:14:52On n'aime d'une seule façon qu'un seul homme à la fois.
01:14:55Et puis comme je suis une pute,
01:14:57je ne peux pas avoir aimé un homme comme Gérard.
01:15:02Bien, si vous voulez savoir, je regrette qu'il soit mort, Gérard.
01:15:05Et d'être responsable de sa mort.
01:15:11Seulement responsable.
01:15:12C'est moi qui l'ai tué, Gérard.
01:15:14Moi seule.
01:15:15Mais pas pour du fric !
01:15:23Je vous en prie, madame,
01:15:24d'ici, moi, retournez dans ma cellule.
01:15:26Je suis fatiguée.
01:15:40Allez-y, mademoiselle Muller.
01:15:51On était placés comme ça.
01:15:56On se disputait depuis un moment.
01:16:01Il m'a insultée.
01:16:04Moi aussi.
01:16:08Et il m'a giflé.
01:16:13Il a fermé le contact.
01:16:18Et il a ouvert la portière.
01:16:24C'est là que j'ai pris le revolver qui était dans la boîte à gants.
01:16:32Et vous avez tiré tout de suite ?
01:16:34Non.
01:16:35Je suis sortie de la voiture.
01:16:38Montrez-nous, je vous prie.
01:16:47Où se trouvait exactement la victime ?
01:16:50Après la gifle, il est sorti très vite.
01:16:55Il me faisait face.
01:16:57Oui, c'est ça.
01:16:58Il me faisait face.
01:17:01Alors je me suis avancée
01:17:03et j'ai tiré trois fois.
01:17:06Où la victime est-elle tombée ?
01:17:08À côté de la portière.
01:17:09Sur la portière ?
01:17:12Non, pas sur la portière.
01:17:18À côté.
01:17:19Là.
01:17:20Et après, qu'est-ce que vous avez fait ?
01:17:23Je me suis restée un moment sans bouger.
01:17:27Je ne réalisais pas très bien ce que j'avais fait.
01:17:30Et puis, je suis venue ici.
01:17:34J'ai traîné le corps.
01:17:37Alors tout de suite, comme ça, vous avez pensé à maquiller le crime.
01:17:41Oui.
01:17:43Enfin, au début, je ne savais pas très bien ce que je faisais.
01:17:45J'étais complètement affolée.
01:17:48Pour une femme affolée, vous avez agi avec rapidité.
01:17:51Allez-y.
01:18:05Allez-y, on fait ce que vous avez fait.
01:18:29Moi, je ne savais pas que votre fils était musicien.
01:18:33Hier soir, ça m'a coûté 5 francs sur le cours Mirabeau.
01:18:36Remarquez, j'en ai eu pour moins d'argent.
01:18:44Ouais, ben...
01:18:44Performance, hein ?
01:18:46Pour un petit bout de femme comme ça.
01:18:48C'est bien.
01:19:15Comment je ne sais plus du tout où j'en suis ?
01:19:17Parce que je suis là, je l'écoute, je la regarde.
01:19:21Elle me regarde bien droit dans les yeux, comme ça.
01:19:23Et moi, j'ai envie de la croire.
01:19:24Et je la crois, d'ailleurs.
01:19:26Puis, tout d'un coup, je ne la crois plus du tout.
01:19:29C'est quelqu'un que je ne comprends absolument pas.
01:19:32Et là, tu vois, moi, cette volonté de s'accuser ne me surprend pas tellement.
01:19:34D'une certaine manière, cette fille doit se sentir responsable.
01:19:37Alors, qu'est-ce que tu veux ?
01:19:38Elle se grandit vis-à-vis d'elle-même en allant seule devant les juges.
01:19:41Ça me paraît normal.
01:19:42Ah oui, mais moi, mon travail, ce n'est pas de favoriser le masochisme des gens.
01:19:47C'est d'essayer de savoir ce qu'ils ont fait.
01:19:50Et pourquoi ils l'ont fait, s'ils l'ont fait.
01:19:51Oui, enfin, et bon, qu'est-ce que tu veux ?
01:19:53Moi, cette fille me plaît, moi, je la trouve, je trouve que c'est quelqu'un, un personnage, je ne
01:19:57peux pas te dire plus.
01:19:58Mais des personnages, des personnages, j'envoie toute la semaine.
01:20:02C'est bon, moi, je ne vis pas dans un roman russe, merde.
01:20:04Ah ah ah, des coques.
01:20:09On dit que tu ne pourrais pas être gentil d'aller dire à Guillaume qu'il fasse un peu moins
01:20:12de bruit, parce que je suis vraiment très fatigué.
01:20:18Bonjour, madame.
01:20:20Oui, Nicolas.
01:20:24Ah, votre maman, comment ça va ?
01:20:26Ça va mieux, c'était rien qu'une petite angine.
01:20:28Bon, le dos qui est d'écart, il est parti à l'assurance d'accusation ?
01:20:32Oui, oui.
01:20:33Alors, vous me faites entrer, François Zemmier.
01:20:49Essayez-vous, madame Zemmier.
01:20:55Bon, je viens de recevoir le rapport des experts en balistique.
01:21:00Alors, les balles qui ont tué le plancier ont été tirées à au moins trois mètres.
01:21:08Et à la reconstitution, vous n'étiez même pas à un mètre.
01:21:12Je ne me suis pas rendu compte.
01:21:13J'étais peut-être plus loin.
01:21:17Et pourquoi est-ce que vous avez traîné le corps, ce qui n'a pas d'air facile, jusque devant
01:21:22la voiture ?
01:21:23Je ne sais pas très bien.
01:21:25Vous voyez, ma cliente n'avait pas autant de sang-froid que vous le supposez.
01:21:29Pour le revolver, elle en a eu beaucoup.
01:21:32Ça vous est venu comme ça, tout de suite et toute seule, l'idée d'aller enterrer le revolver dans
01:21:36le chantier ?
01:21:39Vous n'avez pas eu peur de rencontrer quelqu'un ?
01:21:41Je vous ai déjà dit que je suis passée par la porte de secours pour ne pas rencontrer le gardien.
01:21:45Oui, vous me l'avez déjà dit, c'est vrai.
01:21:46Vous m'avez dit beaucoup de choses.
01:21:48Mais il y a beaucoup de choses que vous ne m'avez pas dites, non plus.
01:21:51Parce que vous obéissez à des lois qui ne sont pas les nôtres.
01:21:55Et qui sont souvent aussi dures que les nôtres, d'ailleurs.
01:21:59Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.
01:22:01Mais si vous me comprenez, mademoiselle Muller, parce que vous êtes très intelligente.
01:22:06Plantier a déjà payé une amende une fois.
01:22:10Redon le remet à l'amende.
01:22:12Et lui donne un rendez-vous pour le 17.
01:22:16Plantier ne va pas à ce rendez-vous.
01:22:17Alors dans la nuit du 17 au 18, Redon, accompagné de Peyronie, va attendre Plantier dans le parking.
01:22:24Et comme Plantier se sent menacé, il sort son 765 de la boîte à gants.
01:22:30Il tire sur Peyronie.
01:22:33Alors à ce moment-là, Peyronie ou Redon, mais Redon probablement, riposte par trois fois.
01:22:40N'est-ce pas ?
01:22:43C'est Redon qui a tiré.
01:22:46C'est faux.
01:22:49Bon, alors Peyronie a une balle dans le ventre.
01:22:52Plantier en a trois dans le corps.
01:22:56Ça fait quatre.
01:22:58Ce sont bien les quatre coups de feu dont M. Dagorne a toujours parlé.
01:23:05Mais jusque-là, rien ne me prouve que vous soyez au courant de ce rendez-vous que Redon a donné
01:23:11à Plantier.
01:23:14Tandis qu'après le crime, après le crime seulement, c'est là que vous devenez l'accomplice de Redon.
01:23:25Vous dites rien, mademoiselle Muller.
01:23:29Mais vous savez très bien que moi, je dis la vérité.
01:23:31Je suis la seule coupable et je répondrai seule de mon acte devant la cour d'assises.
01:23:36Et votre version ne tient pas du tout.
01:23:40Elle ne tient pas sa version.
01:23:43Sauf une chose dont on est sûr.
01:23:46C'est qu'elle a bien téléphoné à police secours à 1h45.
01:23:50Parce qu'il y a une fiche qui le prouve.
01:23:53Or le médecin légiste est formel.
01:23:55La mort de Plantier ne peut pas remonter à plus tard qu'à 1h du matin.
01:24:02Alors il y a un trou.
01:24:05Il y a un trou de 45 minutes entre le meurtre et l'appel au secours.
01:24:11Alors elle le comble en disant que le meurtre a eu lieu à 1h30.
01:24:15Et puis aussi qu'elle a attendu 10 minutes la communication avec police secours.
01:24:21Mais dans ma version, dans ma version, le temps d'établir le scénario,
01:24:28le temps d'aller jusqu'au chantier, le temps de revenir chez elle, ça fait le compte.
01:24:33Elle arrive chez elle vers 2h moins 20.
01:24:36Et à 1h45, elle appelle bien police secours.
01:24:41Je n'ai rien à ajouter.
01:24:43Vous couvrez Redon.
01:24:45Vous avez peur de Redon.
01:24:51Je n'ai peur de personne.
01:24:57Vous savez, la loi du silence, elle aura bon dos quand vous serez en prison pendant des années et des
01:25:02années.
01:25:03Je vous remercie de vouloir m'aider, madame.
01:25:06Mais je vous ai dit la vérité, alors qu'on en finisse une bonne fois pour toutes.
01:25:10En finir, mais c'est que nous allons nous revoir très souvent, mademoiselle Muller.
01:25:15Parce que l'instruction sera longue.
01:25:19Si vous vouliez revenir sur vos aveux, les charges qui pèsent contre vous sont légères.
01:25:25Ça veut dire quoi, revenir sur mes aveux ?
01:25:28Vous me prenez pour qui ?
01:25:31Quand vous serez derrière vos barreaux,
01:25:35M. Redon mènera la joyeuse vie.
01:25:39Non ?
01:25:41Maurice ne m'intéresse plus.
01:25:44Je vous dis que j'ai tué Gérard Plantier le 18 mai à 1h30 du matin.
01:25:49Vous pouvez m'interroger tous les jours pendant deux ans.
01:25:52Je ne vous dirai pas autre chose.
01:26:08Sept ans de réclusion, c'est pas cher.
01:26:09Bon, personne n'a créé à son histoire.
01:26:11C'est Redon qui a fait le coup.
01:26:15Mais tu vois, elle a tenu le coup.
01:26:34Tu vois, un jour, il faudra que je comprenne comment la chambre d'accusation a pu prononcer le non-lieu
01:26:38de cette autre heure.
01:26:53C'est lui-là finira sans doute dans un règlement de comte.
01:26:56Qui s'est servi du colt, périra par le colt.
01:27:03Et quoi ?
01:27:05C'est parti.
01:27:34Sous-titrage MFP.
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