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https://www.arcom.fr/actualites/conference-de-larcom-sur-la-representation-des-femmes-dans-les-medias-et-le-sexisme-en-ligne
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00:00Un grand merci aux deux invités qui sont présentes, Violette Vianney, avec qui nous sommes en partenariat constant,
00:08qui préside l'Association nationale des personnes de petite taille, qui vice-préside le Conseil consultatif des personnes handicapées
00:17et qui a eu une visibilité particulièrement importante ces derniers temps, puisque un livre est sorti sur la question qui
00:24l'occupe
00:25et qui fait ses combats et un reportage, ce qui fait qu'elle va pouvoir nous parler des deux aspects
00:32qui ont été évoqués aujourd'hui,
00:34à la fois la représentation des femmes en ligne et le cumul qui a été évoqué, mais aussi ce qui
00:40peut arriver quand on se retrouve soudain sur le devant de la scène.
00:45Et puis Valérie Nataf, qui est une grande journaliste, nous avons la chance d'en avoir une autre au collège,
00:50donc nous savons ce que ça représente et qui va pouvoir nous parler de son expérience.
00:56Et peut-être, je vais commencer par vous, avant de vous rejoindre, pour que vous nous disiez, c'est peut
01:03-être la première grande question,
01:05si d'une part ces constats sont évocateurs pour vous et d'autre part si vous avez l'impression que
01:11ça bouge
01:13et qu'on peut quand même noter une belle évolution ces dernières années.
01:18Et si cette petite stagnation qu'on a l'impression de percevoir sur les deux dernières années, vous la ressentez
01:23également.
01:25Bonjour, merci de m'accueillir ici.
01:27Ah oui, c'est vrai, c'est un truc que je ne connais pas bien.
01:31Il suffit de parler dedans, parfait.
01:34Donc bonjour et merci de m'accueillir.
01:38Donc oui, il y a une sensible évolution.
01:41Moi, je suis là depuis un petit moment, je fais un peu partie des meubles de l'audiovisuel.
01:45Donc on est passé d'une période de sensibilisation à une période d'obligation.
01:51C'est là où on en est.
01:52Il n'y a plus de, comment dire, d'effacement de la place des femmes dans l'espace audiovisuel officiellement
02:00et aussi dans les faits.
02:02Donc ça, c'est un progrès absolument surprenant et constant.
02:10En tout cas, moi, je l'ai constaté en, disons, 40 ans de carrière.
02:16Ça fait vraiment partie des choses qu'on a vues évoluer, notamment, vous dites, les domaines régaliens dans l'étude,
02:24évidemment, les questions militaires, de défense, de sécurité, mais aussi dans l'économie.
02:29Auparavant, une femme qui parlait d'économie, ce n'était pas très crédible, disaient les patrons, souvent masculins.
02:36Donc voilà pour la première chose.
02:39La deuxième chose, il y a une chose sur laquelle j'aimerais...
02:42Oups, c'est moi ? Non, c'est vous.
02:46Sur laquelle j'aimerais revenir.
02:47On parle du temps de parole.
02:48Et vous remarquez une différence entre les temps de parole entre les femmes et le temps de parole des hommes.
02:56Je vais me permettre de différer sur ce constat, parce que ce n'est pas parce que vous parlez longtemps
03:00que vous dites des choses intéressantes.
03:02Et souvent, les hommes ont le sentiment que plus ils parlent, je généralise, on est entre nous,
03:10mais plus ils parlent et plus ils disent des choses intéressantes, les femmes ont cette politesse de la concision.
03:15Et c'est d'ailleurs pour ça que je vais m'arrêter maintenant.
03:21Merci beaucoup.
03:22Vous trouverez une toute petite étude flash d'ailleurs sur ce sujet-là.
03:27Nous avons étudié une séquence en plateau pour voir ce qui se passait sur un plateau.
03:31Et ce que vous dites, parce qu'intuitivement, on peut se dire est-ce qu'il y a quelqu'un
03:35qui coupe la parole ?
03:36Ce n'est pas ça vraiment le sujet.
03:37C'est plutôt celui que vous venez de décrire.
03:39Et donc finalement, c'est un sujet qui est à méditer pour chacun d'entre nous.
03:45Violette, d'abord, peut-être sur le premier rapport sur la représentation des femmes en plateau,
03:53vous nous avez souvent interpellées plutôt sur l'aspect effectivement de discrimination croisée.
04:00Donc là-dessus, quelles sont vos observations ?
04:03Et pareil, est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une petite évolution ?
04:09Pas vraiment.
04:11Très honnêtement, il y a deux choses.
04:16Il y a la question de la représentation du handicap qui est carrément problématique.
04:21J'ai même l'impression que ça régresse,
04:23parce qu'il me semble qu'on frôlait davantage le 1% et là, il y a quand même 0
04:27,3% de moins.
04:29Donc c'est déjà quand même complètement epsilon, en fait, ce chiffre de représentation.
04:33Et effectivement, quand on creuse, on voit que les femmes dans cette catégorie,
04:40elles ne sont pas du tout visibles.
04:44Ces trois dernières, je dirais même ces cinq dernières années,
04:47nous, on a eu un sujet, par exemple, que vous connaissez bien,
04:52notamment sur le volet personnes de petite taille, celui du divertissement,
04:55Fort Boyard.
04:56Vous prenez le cas des personnes de petite taille.
04:58Il y a, dans l'espace public et médiatique, il y a Fort Boyard versus Joséphine Ange-Gardien.
05:04Dans un cas, vous avez effectivement une femme,
05:08mais qui a une représentation, pour le coup, totalement aussi stéréotypée,
05:12puisqu'on est dans une fiction où elle représente un ange.
05:15Donc on est assez loin de ce que peut représenter une femme en situation de handicap aujourd'hui.
05:20Et dans le deuxième cas, Fort Boyard, ils avaient pris, en tout cas les producteurs,
05:27l'initiative de faire appel à une femme.
05:29Et je me permets, en toute courtoisie, de le dire, parce que c'est assez intéressant.
05:34Aujourd'hui, ce rôle de passe, porte l'intitulé de passe où ça casse,
05:40mais initialement, ça devait être mauvaise passe.
05:45Mauvaise passe pour une question de représentation de la femme handicapée à l'écran,
05:50qui plus est, à France Télévisions.
05:54Et ça date d'il y a deux ans, même pas.
05:57Non, on ne peut pas dire que les choses avancent.
06:00Les choses avancent en backstage, si je puis dire.
06:03Je trouve que les institutions, les pouvoirs publics comprennent mieux.
06:07Je ne dis pas qu'elles se saisissent mieux.
06:09Qu'elles comprennent mieux.
06:10Enfin, on ne se sent plus écoutés.
06:12On a un temps de parole pour expliquer le problème démontré par A plus B.
06:16En fait, une mauvaise représentation à l'écran,
06:19ça fait qu'en fait, on passe à côté tout un tas de sujets de société,
06:22que ce soit de santé, de politique, sociologique,
06:27qui sont représentés à travers divers sujets ou diverses formes,
06:31que ce soit le plateau, le JT, le magazine spécialisé.
06:36Si on n'a pas une juste représentation de ces quatre figures
06:40qui ne sont pas juste à côté,
06:42parce qu'encore une fois, le handicap, c'est 12 millions de personnes
06:45qui sont concernées.
06:46Enfin, on ne parle pas d'une si grosse minorité.
06:49Et on sait toutes ici que le chiffre va augmenter,
06:52vu la population vieillissante.
06:54Donc non, il y a une meilleure compréhension du sujet.
06:58Pour autant, c'est hyper long, quoi.
07:00Hyper long.
07:03Merci.
07:04Oui, je crois qu'effectivement, ce que nous, on ressort de ce rapport,
07:08c'est qu'il y a une vraie volonté des éditeurs.
07:10Et ça, là-dessus, vraiment, c'est évident.
07:14Et ce n'est plus un sujet, bien sûr, qu'on s'en occupe,
07:16mais qu'il y a des points de blocage qui ne sont pas toujours identifiés.
07:19Et que c'est ces points-là de blocage qu'il faut essayer de travailler ensemble
07:22pour pouvoir les dépasser et passer les seuils.
07:25Alors, justement, sur ces points de blocage, on en a vu deux,
07:28notamment dans la présentation.
07:30Il y a le fait que les experts sont cantonnés à certains domaines.
07:34Et donc, quand on parle des choses sérieuses, c'est plutôt des hommes.
07:38Vous nous direz si c'est caricatural.
07:42Et deuxièmement, et là, c'est plutôt un point de déblocage,
07:44c'est on a l'impression que quand c'est une femme qui est présentatrice
07:48ou que quand c'est une femme qui a la main,
07:50eh bien, du coup, on a un peu plus de présence de femmes à divers niveaux.
07:55Est-ce que ça correspond à votre vécu ou pas du tout ?
07:58Cette fois-ci, je vais prendre le micro.
08:00J'apprends vite.
08:03Donc, si vous me le permettez, je ne veux pas dire que c'est caricatural,
08:06mais je pense que vous êtes sur des représentations
08:08qui datent d'il y a peut-être deux, trois ans.
08:11Mais l'actualité fait que, par exemple, les guerres,
08:15le monde qui bouge, a propulsé un certain nombre de femmes expertes
08:19dans les journaux, dans les débats, des chaînes infos ou ailleurs,
08:23dans les radios, évidemment.
08:24Et que cette question du manque d'expertes dans les dossiers dits régaliens
08:32me semble, moi, en être recule.
08:35Il y a toute une génération de femmes jeunes et de femmes moins jeunes
08:41qui ont été mises en valeur lors de ces différentes crises
08:46auxquelles on assiste et on est en plein dans une en ce moment.
08:50Ça, c'est la première chose.
08:51La deuxième, c'est que, oui, la présence de femmes présentatrices
08:56aide à la représentation des femmes,
08:58mais il y a un effet, je ne veux pas dire pervers,
09:02mais il y a un effet de côté qui est,
09:06plus il y a de femmes sur un plateau
09:08et plus ce sont des sujets qu'on dirait réservés aux femmes.
09:12Par exemple, sur les dossiers Epstein, vous pourrez regarder partout,
09:16il n'y avait que des femmes pour s'exprimer.
09:19Alors, pour des raisons qu'on comprend,
09:21il vaut mieux que ce soit des femmes qui parlent des violences faites aux femmes,
09:25mais ça réduit, je trouve, le champ d'expertise sur des dossiers pareils.
09:32Les avocates étaient des femmes, évidemment, les victimes étaient des femmes,
09:36les journalistes qui s'occupaient de ces sujets étaient des femmes
09:38et donc, je trouve qu'il faut faire attention à cela
09:42et, par ailleurs, pour faire avancer la parité,
09:46je pense qu'il y a quelque chose qui est un angle mort des études,
09:50c'est qu'il y a la parité qui se voit sur les plateaux, dans tous les médias,
09:55puis il y a la parité qui ne se voit pas et c'est la hiérarchie.
09:59Plus vous avez des femmes dans la hiérarchie
10:01et plus la place des femmes est importante.
10:03Et ça, je l'ai pu le constater, en 40 ans de carrière,
10:07j'ai eu deux patronnes, j'ai eu Michel Cotta et j'ai eu Catherine Nel
10:11et ça ne veut pas dire que les hommes ne sont pas féministes,
10:14mais comme dirait Jean Gabin, ce n'est pas la majorité de la spécialité.
10:17Donc, quand il y a des femmes à la tête des rédactions,
10:23la parité avance plus vite, me semble-t-il,
10:26et à la direction, et dans les chefs de service,
10:29et dans la manière dont les femmes sont représentées à l'antenne.
10:34Merci. Alors, Violette, sous un aspect peut-être plus positif.
10:38On l'a dit, donc, vous avez eu un reportage qui est sorti, un livre.
10:46Finalement, si on veut de la représentation des femmes dans les médias,
10:48c'est parce qu'on pense que ça va permettre de ruisseler sur la société tout entière
10:56et avoir un effet bénéfique.
10:58Vous, effectivement, vous avez eu cet avant et cet après.
11:01On parlera après de ce qui se passe sur les réseaux sociaux.
11:03On l'est en dehors pour l'instant.
11:05Ce sera la question suivante.
11:07Est-ce que cet aspect positif bénéfique, vous avez l'impression qu'il est présent
11:12et que, du coup, ça vaut encore plus la peine de se battre pour ?
11:17Oui, pour la simple et bonne raison que, pour le coup,
11:20après cette séquence assez, en tout cas, importante en termes de visibilité,
11:25j'ai eu beaucoup de retours de personnes,
11:28même parfois pas du tout directement concernées,
11:31qui trouvaient que c'était, et je cite ce propos qui est revenu assez régulièrement,
11:37c'est bien pour les générations futures de voir ce type de profil apparaître à écran.
11:43Je vous avoue que je suis un peu tombée des nues
11:45parce que je trouvais que ce n'était pas très accessible comme propos.
11:49C'est un peu hermétique, formulé tel quel,
11:52mais c'est vrai que ça m'a été dit plusieurs fois,
11:54c'est bien pour les générations futures de voir ce type de, je cite, profil à l'écran.
11:59Et donc, en fait, quand on creuse ou autre,
12:02ce que disait, alors ça pouvait être des parents,
12:04ça pouvait même être des institutionnels,
12:07la ministre Charlotte Parmentier-le-Cocq,
12:08elle m'avait transmis un message par ailleurs
12:11pour me dire qu'elle trouvait que c'était super pour ces générations de jeunes filles.
12:15Donc je pense peut-être qu'il y avait sa fille aussi dans l'histoire,
12:18si toutefois elle a des enfants, je ne le sais pas.
12:21Mais qui, elle insistait sur le fait que c'était bien d'avoir aussi cet effet de modèle
12:26et de revoir des personnes chez qui on pourrait finalement se projeter.
12:32et une fois que j'ai mesuré un peu le ton du propos,
12:36je me suis dit, mais finalement, je me suis mis à la place de cette dite génération
12:41et je me suis dit, mais moi, j'ai manqué cruellement en fait
12:45de ces figures modèles, je trouve ça un peu présomptueux,
12:48mais de repères.
12:49J'ai manqué de repères de ce type.
12:52Moi, je bosse dans le secteur culturel.
12:54Il y a un métier qui aurait pu accessoirement m'intéresser,
12:58c'est celui du journalisme.
13:00Et typiquement, moi, je suis de la génération des années 90.
13:05La représentation des personnes handicapées à l'écran,
13:08ce n'était que Joséphine-Ange Gardin et le Téléthon.
13:11Donc même le corps éducatif, ce qu'on appelait le BDE à l'époque,
13:16là, le responsable de le gars qui fait vendre conseiller d'orientation au lycée,
13:21il avait conscience qu'il y avait des métiers qui n'étaient pas du tout accessibles
13:26physiquement aux personnes handicapées,
13:28au-delà de l'aspect valide et physique du terme.
13:31Je ne parle pas de faire l'armée, mais il y avait des catégories de professions
13:34qui n'étaient pas accessibles à ces personnes,
13:36mais elles n'étaient pas accessibles parce que les personnes concernées
13:39n'investissaient pas l'espace.
13:41Donc le côté positif de cette séquence, parce que par ailleurs,
13:44j'ai eu la chance, et je les en remercie, d'aller chez Radio France, France TV, etc.
13:49Et je me suis dit, c'est ça, on n'arrête pas de dire le service public,
13:52c'est nos impôts, gna gna, machin, machin.
13:55Oui, précisément, c'est nos impôts, donc c'est bien de montrer que c'est possible
14:00que la place, au-delà de juste témoigner de sa vie ou de ses difficultés,
14:04elle est accessible à tout le monde.
14:06Donc ça, c'est le volet positif, de voir que des personnes ont pu se retrouver
14:10dans ce repère, si je dis bien le...
14:12Alors, gardez le micro pour nous parler de l'aspect négatif.
14:16Ah oui, négatif.
14:17Qu'est-ce qui se passe maintenant quand on devient célèbre ?
14:21Qu'est-ce qui vous est...
14:23Quelles ont été les répercussions pour vous ?
14:25En fait, j'ai analysé, j'ai pris le temps quand même de prendre un peu de recul
14:29sur cette séquence de haine en ligne.
14:32le livre que j'ai piloté au titre de l'Association des personnes de petite taille
14:37dès le départ, qui est un livre de témoignage qui parle de ce qu'est le nanisme aujourd'hui
14:42dans un traitement à 360 degrés.
14:44Donc vraiment, il y a la santé, il y a la politique, il y a la culture,
14:46tout y passe dans les sujets.
14:48Et je me suis dit, Violette, tu vas proposer à ton CA de solliciter des personnalités qualifiées
14:56comme vous, précisément pour éviter l'unique témoignage de la personne
15:01qui se met en public une bonne fois pour toutes et qui explique
15:06bordel, c'est ça aujourd'hui d'être de petite taille, c'est pas accessible,
15:08c'est pas admissible, en tout cas on peut pas admettre qu'en 2025
15:12on a encore ce type de discrimination.
15:15Donc je vais faire appel aux ministères sociaux, à France TVA, Radio France,
15:18à l'ARCOM, Défenseur des droits, je les ai...
15:20Franchement, je pense que je suis allée...
15:23J'ai toqué partout.
15:24Et je me suis dit, je le sentais venir, on va soulever des sujets éthiques et politiques
15:29comme le consentement, le divertissement, la représentation des corps difformes et tout,
15:34donc des sujets qui peuvent déranger.
15:36Et donc je me suis dit, protège-toi, tu mets tous les institutionnels avec toi
15:40pour faire oeuvre commune.
15:42Bon bah, malheureusement, ça a pas loupé.
15:45Et donc ça, c'est la première chose.
15:47Et deuxième chose, c'est que dans cet épisode médiatique,
15:50il y a quand même des sollicitations presse que j'ai redonnées à d'autres personnes
15:54de mon CA ou des personnes qui ont pris part au livre ou au reportage.
16:00Et j'ai remarqué, en fait, que quand il s'agissait de parler juste de ces problèmes,
16:06de chouiner, pour reprendre les termes des followers qui détestent entendre des propos
16:12et des témoignages de Français qui disent qu'en fait, il y a des problèmes,
16:15s'il s'agissait juste de chouiner pour dire, ah bah oui, j'ai hésité à en avoir un enfant
16:21handicapé,
16:21oui, Paris, c'est pas du tout accessible, oui, bah oui, les maladies osseuses,
16:25ça implique ça, ça et ça.
16:27Donc assez neutre, on est juste sur une posture de témoignage.
16:29Là, on avait des commentaires validistes au possible, trop chout,
16:34quels rayons de soleil, gna gna gna, et on en était pas sur de la haine en ligne,
16:40c'était plutôt sympathique, on va dire, ça partait d'une logique, d'un propos chaleureux,
16:50bienveillant, mais sous couvert de bonne hiérarchie de la femme de petite taille,
16:56trop choute, qu'on infantilise bien malgré tout.
16:59Donc ça, c'est la première posture, c'est certains de mes collègues,
17:01ils ont pas eu d'épisode de haine en ligne.
17:04Moi, ça m'est arrivé, notamment sur Arte ou d'autres chaînes,
17:10Radio France également, d'être mobilisés uniquement sur du témoignage personnel,
17:14et j'ai vu, quand les community managers rediffusaient vraiment ce propos
17:20du témoignage personnel, la haine en ligne, elle était, on va dire, acceptable,
17:24on était vraiment sur du validiste.
17:25En revanche, et c'est là où c'est beaucoup plus costaud,
17:28quand il s'agissait de dénoncer un système, donc juste de dire,
17:33bah oui, les gars, en fait, les photos à la volée des personnes de petite taille,
17:37donc potentiellement vous tous dans cette salle, vous êtes concernés,
17:41et c'est pas acceptable.
17:42Oui, la location de nains ou les combats de nains dans les boîtes de nuit,
17:46c'est problématique et c'est pas du sport pour x et y raisons.
17:49Oui, le manque de visibilité dans l'espace public et donc médiatique,
17:54dans l'audiovisuel, c'est problématique parce que ça éduque pas au regard
17:58et ça formate pas, si je puis dire, ça habitué pas l'autre à cette altérité.
18:04Et, bah alors là, là, quand je tenais ce type de propos, j'avais,
18:10alors merci de m'avoir expliqué ce qu'était OnlyFan,
18:13j'ai fait le lien ce matin,
18:16mais j'ai reçu ce qu'on appelle MP me disant,
18:19écoute, t'es bien gentil de monopoliser le service public,
18:23mais si tu demandes à avoir plus de visibilité,
18:25va chez OnlyFan ou à Brelux ou autre.
18:27Donc, dès qu'il s'agissait de dénoncer un système,
18:32voilà, le tombeau d'insultes, ta gueule la naine,
18:35passe ton chemin, machin, machin,
18:36je vous épargne les trucs virulents,
18:39mais je n'ai pas compris, je me suis dit,
18:41pourquoi mes collègues, Florence, Sonia ou autres,
18:43que j'envoie ailleurs et qui parlent juste de leur parcours personnel,
18:47ça passe, si on enlève le côté validiste,
18:50pourquoi moi, qui remet un peu en perspective,
18:54qui essaye de responsabiliser,
18:56c'est archi problématique,
18:58et pourquoi les community managers,
19:00c'est si compliqué,
19:01Antoine, on en a parlé,
19:02le fait que c'était lourd,
19:04il y avait tellement de choses,
19:05que derrière, les gens ne peuvent pas passer
19:08tous les commentaires un à un,
19:11et par ailleurs, ça ne concerne pas que les personnes handicapées
19:12ou les femmes handicapées,
19:14et donc, il y a un vrai sujet derrière,
19:17c'est-à-dire que dès que, finalement,
19:18une personne handicapée ou une femme
19:20remet en question quelque chose,
19:23le démontre,
19:24soulève une problématique,
19:26ça gêne,
19:27alors que dès qu'il s'agit de dire,
19:28bah oui,
19:29ma vie n'est pas facile pour moi,
19:32bon,
19:33bah finalement,
19:33on se sent peut-être plus concerné,
19:34on arrive peut-être plus à se dire,
19:36ah oui, tiens,
19:36en fait,
19:36ça pourrait m'arriver,
19:37ou ma fille,
19:38ou mon fils pourrait être handicapé,
19:39quoi.
19:40Merci de ce témoignage,
19:42très très très fort,
19:43qui interpelle, je pense,
19:45chacun d'entre nous,
19:45alors,
19:46pour ceux qui concernent les suites à donner,
19:48mais vous le savez,
19:50vous pourrez prendre contact avec des signaleurs de confiance
19:53qui sont dans la salle,
19:54et n'hésitez pas à porter plainte le cas échéant,
19:57Valérie,
19:57est-ce que vous,
19:58vous avez eu de mauvaises expériences,
20:00ou est-ce que pour une raison ou pour une autre,
20:02votre statut vous a protégé ?
20:04Ah non,
20:04pas du tout,
20:05non,
20:05non,
20:05le statut ne protège pas du tout,
20:07en tant que femme,
20:09d'un certain âge,
20:13et apparaissant sur un certain nombre de sujets,
20:15oui,
20:15bien sûr,
20:15la haine en ligne,
20:16ça n'a,
20:17à mon avis,
20:18pas du tout,
20:21la nuisance que vous,
20:22vous avez expérimenté,
20:25mais l'arrivée des réseaux sociaux,
20:28pour tous les journalistes,
20:29et je pense que les journalistes qui sont dans la salle pourraient le dire,
20:32ça a complètement changé la manière,
20:34de travailler,
20:36ça c'est le côté positif,
20:37merci X,
20:38parce que ça permet d'avoir des informations en temps réel,
20:41et ça a complètement changé la perception que les gens ont de vous,
20:45avant il y avait le côté vu à la télé,
20:47c'était très sympathique chez sa boulangère,
20:49on n'y est plus là,
20:50on n'y est plus du tout,
20:52donc non,
20:53j'ai expérimenté,
20:56en plus,
20:56quelques trucs antisémites si possible,
20:59rajoutés,
21:00mais franchement,
21:01je ne vais pas,
21:02comment vous dites,
21:03je ne vais pas chouiner,
21:04je ne vais pas chouiner,
21:06non,
21:07non,
21:07je sais,
21:08mais voilà,
21:09ça arrive,
21:10je pense que ça arrive plus pour des gens avec des,
21:15comment dire,
21:17avec des propos plus,
21:18plus,
21:19plus,
21:20plus tranchés,
21:20plus clivants,
21:21j'essaye de ne pas l'avoir,
21:23je suis éditorialiste,
21:24mais je suis d'abord journaliste,
21:25donc j'essaye de ne pas être dans le péremptoire,
21:29pas toujours facile,
21:30et donc c'est plutôt ces gens-là,
21:32à mon avis,
21:32qui sont visés.
21:34Et dans ce que vous avez subi,
21:37est-ce que vous avez constaté,
21:38comme ça a été dit dans l'étude,
21:40vous l'avez un peu dit,
21:41que le cumul de critères discriminatoires est un facteur plus qu'aggravant,
21:47et par ailleurs,
21:49que les insultes ou les commentaires négatifs s'adressaient à votre condition de femme,
21:56autant qu'à votre condition de journaliste ?
21:58C'est le physique,
21:59enfin,
22:00un,
22:00c'est,
22:00tu n'y connais rien,
22:02tu es une femme,
22:03donc de toute façon,
22:03tu ne comprends rien,
22:04et deuxièmement,
22:05en plus,
22:05tu es moche et tu es vieille,
22:06donc voilà,
22:07je résume à gros traits,
22:09mais je pense que je suis assez fidèle à l'esprit général.
22:13Et pour terminer ce débat,
22:15avant de l'ouvrir avec la salle,
22:18est-ce que l'une ou l'autre,
22:19vous auriez des recommandations à faire,
22:21aussi bien aux régulateurs,
22:23qu'aux éditeurs,
22:25aux plateformes en ligne,
22:27est-ce qu'il y a quelque chose,
22:28qui vous paraîtrait vraiment important,
22:30de prendre en considération,
22:31et d'améliorer ?
22:34Moi,
22:35je reste persuadée,
22:36et je pense que vous allez me dire,
22:38non mais Violette,
22:39en fait,
22:39juridiquement,
22:39ça ne tient pas du tout la route,
22:41mais je pense que c'est vraiment le nœud du problème,
22:44c'est l'anonymat.
22:46En fait,
22:47on ne va pas se mentir,
22:50la question de la haine en ligne,
22:52les 80% des comptes,
22:54que ce soit Instagram,
22:55Facebook,
22:55Twitter,
22:56c'est des personnes
22:57dont on est incapable
22:59d'aller retrouver
23:01l'identité.
23:02Donc,
23:03il faut admettre que,
23:04sur les réseaux sociaux,
23:06ce qui se passe maintenant,
23:08et l'impact que ça a
23:09sur le quotidien des personnes,
23:11c'est comme si,
23:13c'est comme ce qui se passe dans la rue.
23:14Dans la rue,
23:15on n'a pas le droit de cracher sur quelqu'un,
23:17on n'a pas le droit de faire tout un tas de gestes,
23:19on n'a pas le droit d'uriner,
23:20tout ce que vous voulez,
23:21et je pense que maintenant,
23:22aujourd'hui,
23:23il serait bien de penser
23:24que sur les réseaux sociaux,
23:25on n'a pas le droit d'eux,
23:27et donc,
23:27si on n'a pas le droit d'eux,
23:29ça veut dire qu'il y a sanction,
23:30et s'il y a sanction,
23:30ça veut dire qu'on est obligé
23:33de voir,
23:34de nommer,
23:35de savoir précisément
23:37qui est derrière ça,
23:38et je suis sincèrement convaincue
23:40que tant qu'on ne réglera pas
23:41cette histoire d'anonymat
23:43sur la haine en ligne,
23:46on peut refaire la même table ronde
23:48d'en dire.
23:50Non,
23:50je pense qu'il y a,
23:52enfin,
23:52une des choses que je crois
23:53sur la question des femmes,
23:55comme sur d'autres sujets,
23:56c'est que je ne crois pas beaucoup
23:57à la coercition,
23:58ça a marché,
23:59par exemple,
24:00en politique,
24:01pour faire venir plus de femmes
24:04à l'Assemblée,
24:05sur les listes municipales,
24:07les listes de Shabada,
24:08Bada,
24:09bon,
24:09mais moi,
24:10je crois plutôt à la pédagogie,
24:12je pense que dans un pays
24:13aussi clivé,
24:14aussi sensible,
24:17et avec un corps socialiste,
24:18un peu traumatisé,
24:20la pédagogie me semble plus efficace
24:22que la coercition.
24:25Merci beaucoup,
24:26mais un grand bravo,
24:27merci d'être venu,
24:28merci aux intervenantes.
24:33Alors,
24:34est-ce qu'il y a des questions,
24:36des observations
24:37dans une salle
24:38qui est particulièrement sensibilisée
24:41à ces sujets ?
24:54Il en faut une.
24:56Merci.
24:57Et bonjour,
24:58Violette.
24:59Yannick Monsenereau,
25:00France Télévisions.
25:01Alors,
25:02trois remarques.
25:03Moi,
25:04je pense,
25:04madame Nataf,
25:05qu'il faut les deux.
25:07et qu'il faut obliger,
25:10il faut éduquer.
25:12Et que ce n'est pas antinomique.
25:14Deuxième chose,
25:15j'ai été très sensible
25:16à votre remarque
25:17sur
25:18trop de présence de femmes
25:21peut nuire,
25:21justement,
25:22à un débat.
25:23Et ça me renvoie
25:24à d'autres réalités
25:25sur la féminisation
25:27d'un certain nombre
25:27de métiers
25:28qui, du coup,
25:29ont perdu
25:30de leur prestige
25:31et qui, du coup,
25:32se sont paupérisés.
25:33Alors,
25:34je ne sais pas quoi faire
25:35avec ça,
25:37mais c'est vraiment
25:38un sujet
25:38qu'il faut travailler,
25:40creuser
25:40et sur lequel,
25:42effectivement,
25:43il y a sans doute
25:44des travaux de sociologie
25:45à faire
25:46et un gros,
25:47gros,
25:47gros effort
25:48d'éducation
25:49et de sensibilisation
25:51à faire.
25:52Et puis,
25:53bien sûr,
25:54dernière remarque,
25:55c'est le thème
25:56de l'invisibilité
25:57des femmes.
25:58Et à partir du moment
25:59où on est
26:00à l'intersection
26:01de plusieurs critères
26:03de discrimination,
26:03l'invisibilité
26:06s'accroît.
26:07Donc,
26:08femmes lesbiennes,
26:10femmes expérimentées,
26:12puisqu'on ne dit plus
26:13seniors,
26:14femmes en surpoids,
26:17femmes handicapées,
26:19femmes racisées,
26:20aussi.
26:21Voilà,
26:22c'était mes trois remarques.
26:24Donc,
26:24là aussi,
26:25les rôles modèles,
26:27les actions de formation
26:29de sensibilisation,
26:30sensibilisation,
26:31le travail de tout
26:33le service public.
26:34Je salue
26:36Antoine de Radio France,
26:37etc.,
26:38etc.
26:38Je donne la parole
26:40à d'autres.
26:45Merci.
26:46Agnès Salle,
26:47deux points peut-être.
26:49Rappelez,
26:49d'une part,
26:50que le dernier rapport,
26:51et Laurence,
26:52tu y as fait allusion,
26:53ou le président,
26:54du Haut Conseil
26:55à l'égalité,
26:56pointe effectivement
26:58une situation,
26:59un contexte
27:00de montée,
27:02de montée,
27:03et pas de régression,
27:04du sexisme,
27:05y compris dans les jeunes générations,
27:07qui est particulièrement préoccupant.
27:09Et ce rapport
27:09fait un focus particulier
27:11sur la montée
27:13du masculinisme,
27:14qui prend des formes extrêmes,
27:16dont on a vu
27:17quelques illustrations
27:18dans la présentation
27:20et dans le rapport
27:21qui a été commenté.
27:23Deuxième remarque,
27:25nous avons,
27:26avec le réseau
27:28des réseaux féminins
27:29des secteurs publics
27:31et privés,
27:31Tougap,
27:32organisé deux tables rondes
27:34récemment
27:34à l'Assemblée nationale
27:35auxquelles le président
27:37a participé,
27:38qui mettait en avant
27:39l'invisibilisation médiatique
27:41ou la très faible
27:42visibilité médiatique
27:43des femmes politiques,
27:45ce qui contribue
27:46à l'effacement
27:47ou à la très difficile
27:48ascension des femmes
27:50en politique.
27:50Et nous avons évoqué
27:51un point qui ne donne
27:53pas lieu encore
27:53à mesure,
27:55mais qui mériterait
27:56d'être compté,
27:58d'être mesuré
27:58et objectivé,
27:59c'est le taux
28:01d'interruption
28:01des femmes,
28:03notamment des femmes
28:03politiques,
28:04mais finalement pas que,
28:05sur les plateaux
28:06de télévision,
28:08dans les studios
28:08de radio.
28:09Parce qu'on a constaté
28:10qu'en effet,
28:11une femme risquait
28:12beaucoup plus
28:13qu'un homme
28:14d'être interrompue
28:16dans sa démonstration.
28:17Alors même si là,
28:18la concision
28:19est une forme
28:19de politesse,
28:20peut-être ne faut-il
28:21pas être polie
28:22toute seule.
28:23Et dernier élément,
28:25c'est plutôt une réaction
28:27à ce que disait
28:28Valérie Nataf.
28:29Moi, je crois profondément
28:30à l'usage,
28:32pardon de le dire
28:33aussi crûment,
28:34à la coercition.
28:35il n'y a à mon sens
28:36que deux mesures
28:38qui marchent
28:38à tous les coups
28:39pour l'avoir expérimenté
28:40et vérifié,
28:41ce sont les quotas
28:42et les gas-conditionnalités.
28:44Sur les sujets
28:45d'égalité femmes-hommes,
28:46je peux vous dire
28:47que le résultat
28:48ne se fait pas attendre
28:49et que la pédagogie,
28:51comme vous l'avez
28:52très bien dit tout à l'heure,
28:53accompagne certainement,
28:54mais que manifestement
28:56et malheureusement,
28:57elle ne suffit pas.
28:59Merci.
29:04Je voulais juste rebondir
29:05sur ce que vient de dire
29:06Agnès El,
29:07je suis Karine Dussfour,
29:08je suis coréalisatrice
29:10du documentaire Netflix
29:11sur Quanta
29:11et engagée
29:13dans un collectif
29:13qui s'appelle
29:14Nous, réalisatrices documentaires.
29:15Et dans ce même événement,
29:16les étudiantes de sciences politiques
29:18ont fait une étude
29:18très précise
29:19et très intéressante
29:20sur le temps de parole
29:21des femmes politiques
29:22et elles proposent
29:23avec tout gap
29:23que l'ARCOM
29:26inclue,
29:26alors je sais que vous avez
29:27déjà énormément de travail,
29:28mais
29:29inclue dans le calcul
29:31des temps de parole politiques
29:32le genre.
29:33Qu'est-ce que vous pensez
29:34de cette proposition ?
29:37Alors,
29:38comme ça a été dit
29:39au démarrage,
29:40on a deux missions,
29:41la mission incitative
29:43et la mission coercitive.
29:44En mission incitative,
29:46très volontiers,
29:47c'est-à-dire
29:47dans nos études
29:48et c'est ce qu'on a commencé
29:49à faire,
29:51étudier non seulement
29:51le taux de représentation,
29:53mais le taux de parole réel,
29:55c'est ce qu'on a commencé
29:56à faire,
29:57de même qu'on a initié
29:59la question de savoir
30:00ce qui se passait
30:01sur un plateau
30:02pour comprendre
30:03pourquoi les temps
30:04de parole
30:05n'étaient pas les mêmes
30:06que les temps
30:07de présence.
30:09Il y a plusieurs facteurs,
30:11c'est assez intéressant
30:11et comme on ne voulait pas
30:14sortir une étude
30:17qui n'était pas suffisamment
30:18étayée scientifiquement,
30:20on ne l'a pas fait,
30:20mais on commence
30:21à avoir des éléments,
30:22on le fera.
30:22Donc, sur cet aspect-là,
30:24oui, un grand oui
30:25et évidemment,
30:26on s'appuie sur les travaux
30:27qui ont déjà été faits.
30:29Pour ce qui concerne
30:30le pluralisme dans les médias,
30:32dans notre mission actuelle
30:35préélectorale,
30:36c'est un autre sujet
30:37qu'il faut peut-être voir
30:38avec le législateur.
30:43Bonjour, Audrey Viala,
30:45journaliste à la correspondance
30:46de la presse.
30:47Je voulais savoir
30:48pour cette seconde,
30:49première étude
30:50sur le sexisme en ligne,
30:51comment vous aviez eu l'idée
30:53à l'ARCOM de la faire ?
30:55Qu'est-ce qui vous a motivé
30:56à le faire maintenant ?
30:58Est-ce que cette question
30:59des risques systémiques
31:01que vous évoquiez
31:02sur le problème
31:03des algorithmes
31:04et des contenus non illicites,
31:06est-ce que c'est visé
31:07directement dans le DSR
31:09et autre question ?
31:10Est-ce que vous avez
31:13des réflexions
31:14sur ce sujet précis
31:15avec vos homologues européens ?
31:16Est-ce qu'il y a
31:17une réflexion plus européenne
31:19on va dire
31:19sur ce sujet précis ?
31:21Merci.
31:21Je laisse mon collègue
31:22Benoît Loutrel
31:23en charge de la régulation
31:24des plateformes en ligne
31:25vous donner la réponse.
31:27Merci.
31:29Je reviens,
31:30si vous me permettez,
31:30juste deux secondes
31:31sur qu'est-ce qu'on voit
31:33effectivement sur les réseaux sociaux
31:34parce que j'ai enfoncé
31:35une porte ouverte
31:36mais quand on est
31:37sur l'audiovisuel
31:38on met la focale
31:39sur ce qu'on voit
31:40à la télévision
31:41et même si
31:42Médiamétrie
31:43essaie de compter
31:44qui regarde
31:45Médiamétrie n'écoute pas
31:45ce que dit tout le public
31:47alors que quand on est
31:48sur les réseaux sociaux
31:48on voit à la fois
31:49les influenceurs
31:50et on voit tous les commentaires
31:52donc l'image qu'on dresse
31:54sur les réseaux sociaux
31:55c'est en fait une image
31:56beaucoup de l'état
31:57du sexisme
31:58dans la société française
32:00et les régulateurs
32:01on n'a pas mandat
32:01pour réguler la société française
32:03on est déjà heureux
32:04avec uniquement
32:04les médias audiovisuels
32:05et les plateformes
32:06donc il faut faire attention
32:07à ça
32:09et la première chose
32:10qu'on fait avec ces études
32:12par contre c'est ça
32:12qui est intéressant
32:13grâce aux réseaux sociaux
32:14c'est qu'on peut faire
32:15une mesure en temps réel
32:16de où va le sexisme
32:17dans son société
32:18et l'image qu'on voit
32:19aujourd'hui est inquiétante
32:21c'est ça qui motive
32:21les travaux
32:22et c'est ça qui motive
32:23le fait qu'on pense
32:24qu'il faut les continuer
32:25les approfondir
32:26pour mesurer
32:27parce qu'on a
32:27tous ces signaux faibles
32:29enfin pas si faibles que ça
32:30qui disent
32:30qu'on est en train de reculer
32:32donc ça c'est la première chose
32:34bien comprendre
32:34où est-ce qu'on veut mettre
32:35la focale
32:36où est-ce qu'on veut approfondir
32:37et puis après
32:38on aura la deuxième question
32:39qui est de dire
32:39mais comment les plateformes
32:41peuvent faire partie
32:41de la solution
32:42c'est ça l'histoire
32:43du règlement sur les CS numériques
32:45c'est de se convaincre
32:47chaque fois qu'on a un problème
32:48dans nos sociétés
32:49et le sexisme c'est un problème
32:50de nos sociétés
32:51d'avoir un cadre
32:52pour travailler avec la plateforme
32:53et dire
32:55grâce à ce cadre
32:56je vais réussir à me convaincre
32:57que vous faites partie
32:57de la solution
32:58et pas partie du problème
32:59et donc on va pouvoir revenir
33:00si on arrive à bien caractériser
33:02de dire
33:02ah c'est embêtant
33:03parce qu'on a le sentiment
33:04que je fais une hypothèse
33:06elle n'est pas démontrée aujourd'hui
33:07que vos algorithmes
33:08amplifient cette montée
33:10du masculinisme
33:11là on va pouvoir revenir
33:12vers la plateforme
33:12en disant
33:12quelle est votre réponse
33:14parce que ça ne sera pas
33:15de supprimer ces contenus
33:16ils ne sont pas illégaux
33:18ça sera de revenir
33:19en disant
33:19et je pense que c'est intéressant
33:21dans l'observatoire
33:22de la haine en ligne
33:22qu'on a relancé
33:24un des focus cette année
33:25c'est les influenceurs
33:27et il y a un gros sujet là
33:28c'est sans doute là
33:29de dire aux plateformes
33:30finalement
33:30elles sont dans une relation
33:31très
33:34comment on dit
33:35pardon
33:35très forte
33:36avec les influenceurs
33:37elles vivent de leur popularité
33:38et elles augmentent
33:39leur popularité
33:40est-ce que là
33:41elles gèrent bien
33:41cette relation
33:42c'est ça les questions
33:43qu'on va avoir
33:44et là pour répondre
33:45et finir sur votre question
33:47on est au début
33:48c'est-à-dire qu'on est
33:49dans un collectif européen
33:50nous on fait cet apport
33:51et derrière
33:52on va essayer de le partager
33:53avec nos collègues
33:54et je suis sûr
33:55qu'on va trouver
33:57de l'écho
34:08oui bonjour
34:09oui bonjour
34:09Delfine Alizou
34:10donc je représente
34:11l'AAFA
34:11acteur-actrice
34:12de France Associée
34:13et on travaille
34:15sur la représentation
34:17des femmes
34:18de plus de 50 ans
34:19dans les fictions
34:19il se trouve
34:20qu'on a récemment
34:22fêté
34:22les 10 ans
34:23de nos travaux
34:24en organisant
34:25un colloque
34:26au forum des images
34:29et donc en fait
34:30les femmes
34:31de plus de 50 ans
34:32sont sous-représentées
34:33dans les fictions
34:34et j'ai deux questions
34:35en fait
34:35la première chose
34:36c'est
34:37j'ai constaté
34:40dans vos témoignages
34:41que là
34:42je reviens
34:43souvent
34:44en tout cas
34:44dans les commentaires
34:45désagréables
34:46est-ce que
34:47vous avez étudié
34:48ce duo
34:49âgisme
34:50sexisme
34:51dans les phénomènes
34:52de haine en ligne
34:53est-ce que c'est
34:54quelque chose
34:55qui est particulièrement
34:56présent
34:58la deuxième chose
34:59c'est que
35:00ça concerne justement
35:01l'outil fiction
35:02est-ce que
35:05précisément
35:06cette
35:06cette représentation
35:08des femmes
35:10dans toute leur
35:11diversité
35:12dans les fictions
35:13si elle est plus juste
35:14est-ce que ce n'est pas
35:14un outil
35:15puisque
35:16les fictions
35:17sont un outil
35:18qui nous permet
35:19de construire
35:19contribuer à construire
35:21l'imaginaire collectif
35:22est-ce que ça n'est pas
35:23un outil efficace
35:24aussi
35:24pour lutter
35:25contre toutes
35:26ces discriminations
35:28qu'on observe
35:29par ailleurs
35:31oui merci
35:32alors pour
35:32ce qui est des fictions
35:34d'abord donc
35:35comme ça a été indiqué
35:37maintenant on fait
35:38une année sur deux
35:39les programmes
35:40qui informent
35:40et les programmes
35:41qui dévertissent
35:42donc nous aurons
35:43tous les chiffres
35:44sur les fictions
35:45l'année prochaine
35:47et pour nous
35:47c'est totalement intégré
35:49effectivement
35:49dans notre périmètre
35:50de travail
35:51parce qu'on considère
35:52que la fiction
35:52est un des moyens
35:54les plus importants
35:55pour refléter
35:57cette image
35:58et cette valorisation
36:00le cas échéant
36:00et pour ce qui est
36:02de votre première question
36:03non nous n'avons pas pu
36:05faire ce distinguo
36:06nous pouvons juste
36:08voir que
36:09le terme de vieux
36:14participe
36:15dans le côté négatif
36:18de la description
36:19de la description
36:20des femmes
36:20lorsque nous avons
36:22des messages sexistes
36:23donc en tant
36:24qu'étant une injure
36:25supplémentaire
36:26nous avons pu
36:27le constater
36:28mais en revanche
36:29nous n'avons pas été
36:30pour l'instant
36:31capacité de faire le lien
36:32entre l'âge
36:33de la personne visée
36:34et le nombre
36:35de commentaires
36:35qui lui étaient adressés
36:43bonjour
36:43je suis Ciany Dalma
36:45je suis grand reporter
36:45à l'équipe
36:46et je suis aussi
36:46co-présidente
36:47de l'association
36:48femme journaliste de sport
36:49je suis là aujourd'hui
36:51avec Claire Sma
36:52qui est trésorière
36:52de l'association
36:53et Léa Vaudot
36:55qui est en charge
36:56aussi de l'association
36:57avec moi
36:58en fait nous
36:59c'est intéressant
37:00pour nous
37:01d'être là aujourd'hui
37:01parce que
37:02on est concerné
37:03par la représentation
37:04des femmes dans les médias
37:06et par le sexisme
37:07en ligne aussi
37:08je vais commencer
37:09par la représentation
37:09des femmes dans les médias
37:10on est très très peu nombreuses
37:14dans les rédactions
37:16de sport
37:17on est actuellement
37:18en train de se recompter
37:19on s'est compté
37:20il y a trois ans
37:21on veut voir
37:22si ça a augmenté
37:23on est assez pessimiste
37:25sur l'effet
37:26qu'il y ait
37:26une évolution positive
37:30c'est un sujet
37:32pour lequel
37:33on est particulièrement
37:34concerné
37:36sur le sexisme
37:37en ligne
37:37il y a eu récemment
37:38le cas de Vanessa Lemoigne
37:41journaliste à Binsport
37:42qui s'est mise
37:42en retrait
37:43du football
37:44parce qu'elle avait été
37:45victime
37:46d'attaques sexistes
37:47d'une grande violence
37:49et pas seulement
37:49d'internautes
37:51mais aussi
37:51de ses confrères
37:53donc voilà
37:54on est un petit peu
37:54à la croisée
37:55de toutes ces problématiques
37:58donc c'est important
37:59pour nous
37:59d'être là
37:59ce matin
38:02nous on pense
38:05que c'est important
38:05effectivement
38:06la pédagogie
38:08on a mis en place
38:09une charte
38:10qu'on a fait
38:11signée par une soixantaine
38:12de rédactions
38:13mais on se rend compte
38:14que c'est pas toujours
38:16simple de compter
38:16juste sur la bonne volonté
38:18des patrons
38:19de rédaction
38:22donc
38:25on aimerait
38:26avoir des solutions
38:27pour faire avancer
38:29les choses
38:29un peu plus
38:31rapidement
38:32mais c'est vrai
38:33qu'on est confronté
38:33un petit peu
38:34à toutes ces problématiques
38:35au quotidien
38:37et que
38:38des fois
38:38c'est un peu
38:40usant
38:40parce qu'on voit pas
38:41forcément
38:41les évolutions
38:43positives
38:43arriver assez rapidement
38:45Merci pour votre témoignage
38:47alors
38:47l'ARCOM a une délibération
38:49en matière de diversité
38:50qui permet
38:51donc il y a des engagements
38:53conventionnels
38:53des éditeurs
38:54et puis il y a
38:55des engagements
38:56volontaires
38:57et dans cette délibération
38:58il y a ces engagements
38:59volontaires
39:00et justement
39:00on est en train
39:01de la retravailler
39:02on a une réunion
39:03bientôt avec les éditeurs
39:04qui va nous permettre
39:05de réactualiser
39:07toutes ces questions-là
39:08au vu des derniers constats
39:10et ce type de témoignage
39:11nous renforce
39:12dans l'idée
39:12que
39:13d'en rediscuter
39:15de remettre à chaque fois
39:16le travail
39:18dans de nouvelles
39:19perspectives
39:20est extrêmement important
39:21et d'ailleurs
39:22merci aux éditeurs
39:23d'y participer
39:24peut-être une dernière question
39:33Bonjour
39:35j'avais une question
39:36par rapport
39:37on a beaucoup parlé
39:38des plateaux télé
39:39et de la place des femmes
39:40et en fait
39:41j'ai remarqué
39:43qu'il y a
39:44un essor important
39:45on parle
39:46des influenceurs masculinistes
39:47mais aussi des influenceuses
39:48plutôt féministes
39:50qui se sont multipliées
39:52sur les réseaux sociaux
39:52et je pense qu'il y a
39:53aussi une bonne chose
39:54par rapport à ça
39:55parce qu'elles portent
39:56un message
39:56qui peut être important
39:57et puis aussi
39:59moi je pense aussi
39:59aux podcasts
40:00qui traitent des questions
40:02sur
40:03qui ont vraiment
40:04donné une place importante
40:05je trouve
40:05à la question
40:07du féminisme
40:08de la masculinité
40:10et j'ai un peu
40:10l'impression que
40:11face à ça
40:12les plateaux télé
40:14parce qu'ils sont guidés
40:16par un traitement
40:17dans l'information brute
40:18par des logiques d'audience
40:20du coup
40:20par essence
40:21ils ne pourront pas
40:22laisser forcément
40:23de place
40:24c'est peut-être
40:25un constat un peu pessimiste
40:26mais
40:27que du coup
40:28il n'y aura pas forcément
40:28de place laissée
40:29à d'autres questions
40:30et donc je voulais savoir
40:31un peu
40:32votre ressenti
40:33par rapport à ça
40:34est-ce que
40:36il n'y a pas une génération
40:37qui se tourne
40:38vers des podcasts
40:39et aussi parce qu'il y a
40:41un traitement
40:41de la formation
40:42qui peut être
40:43un peu plus long
40:44avec une place importante
40:45pour des questions
40:47plus intimes
40:48plus individuelles
40:49est-ce que
40:50la télé
40:50par essence
40:51ne pourra pas
40:52prendre ce pas-là
40:54je m'interroge sur ça
40:55je ne vais pas avoir
40:56une réponse
40:57très définitive
40:58mais là
40:59vous mettez le doigt
41:00sur quelque chose
41:00qui est très important
41:01qui sont les différences
41:04générationnelles
41:05d'usage des médias
41:05c'est vrai que
41:07le podcast
41:07c'est un continent
41:09pour moi
41:10un peu
41:11terra incognita
41:12j'écoute un peu
41:13je regarde
41:13mais ce n'est pas
41:14mon premier mouvement
41:15et je comprends
41:17la frustration
41:17que peuvent avoir
41:19les plus jeunes générations
41:20à ne pas voir apparaître
41:22les figures
41:22des podcasts
41:24sur les plateaux
41:25il va falloir laisser
41:26un peu de temps
41:27aux plateaux télé
41:28aux émissions
41:29aux documentaires
41:30pour qu'on y arrive
41:32mais ça viendra
41:33forcément
41:33parce que
41:34je crois qu'aux Etats-Unis
41:35l'information
41:37via les podcasts
41:39est plus importante
41:40que l'information
41:41via les médias
41:42traditionnels
41:43donc ça va venir
41:44un peu de patience
41:45la télé peut pas
41:47la télé
41:47ou les médias audiovisuels
41:48peuvent pas résoudre
41:49toutes les questions
41:50mais vous avez raison
41:52de le souligner
41:52c'est vrai que c'est un angle mort
41:54pour l'instant
41:57merci beaucoup
41:58écoutez merci beaucoup
42:00d'être venu
42:01à l'ARCOM
42:01aujourd'hui
42:04les études sont en ligne
42:06et nous espérons
42:09qu'à chaque occasion
42:10de nous revoir
42:11nous aurons des motifs
42:12de satisfaction
42:13supplémentaires
42:14bonne journée à vous tous
42:16et toutes
42:26Sous-titrage Société Radio-Canada
42:28Sous-titrage FR ?