00:00Trois ans après la tragédie qui a coûté la vie à plus de 30 personnes au large de Libreville,
00:05le temps semble s'être figé à Libreville où les autorités publiques passées et actuelles se suivent et se ressemblent.
00:11Entre une stèle commémorative promise avec fracas invisibles et un procès qui s'enlise dans les reports,
00:17les familles des victimes de l'Ester Miracle dénoncent un mépris institutionnel persistant.
00:22Tout débute le 9 mars 2023 quand le Gabon sombrait dans l'effroi.
00:25Le naufrage du navire Ester Miracle ne se contentait pas d'endouiller des dizaines de foyers.
00:30Il mettait à nu les failles abyssales de la sécurité maritime nationale.
00:34Dans l'émotion du drame, les autorités de l'époque, relayées par les institutions de la transition,
00:39avaient multiplié les engagements forts pour que plus jamais cela ne se reproduise.
00:43Parmi ces promesses, il y aurait l'érection d'une stèle commémorative à Libreville,
00:47un lieu de recueillement sacré pour honorer les disparus et offrir un rempart contre l'oubli.
00:52En ce mois de mars 2026, aucun édifice n'est sorti de terre.
00:55Pour les rescapés et les familles, ce vide architectural est le symbole d'un deuil empêché.
01:01On nous a promis un monument pour ne pas oublier,
01:03mais le silence des autorités construit aujourd'hui le monument de l'indifférence.
01:07C'est indigne un membre du collectif des victimes.
01:10Le volet judiciaire ne s'avère guère plus reluisant.
01:13Alors que l'opinion publique espérait une vérité éclatante sur les responsabilités,
01:17en cascade de l'armateur aux inspecteurs de la marine marchande,
01:21la machine judiciaire gabonaise tourne au vide.
01:23Le procès, initialement attendu comme un signal fort de la fin de l'impunité,
01:27est devenu une source de frustration chronique.
01:29Après de multiples renvois, l'audience, tant attendue au tribunal de Libreville,
01:33a de nouveau été reportée, s'inédier.
01:36Les motifs, souvent d'ordre procédural ou lié à l'absence de certains conseils,
01:40ne passent plus auprès des partis civils.
01:42Cette dynamique de l'ajournement laisse les coupables présumer dans une liberté de fête
01:47et les victimes dans une souffrance sans fin.
01:50Près de 500 jours après, l'extermira continue de couler chaque jour un peu plus
01:54dans les méandres de l'oubli administratif.
01:56Si les fleurs jetées à la mer chaque 9 mars finissent parfanées,
02:00la chauve de justice des Gabonais, elle, reste intacte.
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