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  • il y a 5 heures
MaiaSpace : l’Europe accélère dans la course aux fusées réutilisables

La start-up française Maiaspace travaille au développement du premier mini-lanceur européen réutilisable. Cette nouvelle génération de fusées représente un enjeu majeur pour l’autonomie spatiale européenne.

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Transcription
00:05Je me trouve en Guyane française dans un lieu hautement emblématique.
00:10C'est d'ici à Kourou que décollaient les fusées russes Soyouz utilisées aussi par l'Europe.
00:16Ce lieu était le symbole de la dépendance européenne aux lanceurs étrangers.
00:21Aujourd'hui ce site est en cours de transformation pour accueillir Maya, un mini lanceur européen réutilisable.
00:30Mais l'histoire commence à des milliers de kilomètres d'ici, en France, à Vernon, où les ingénieurs de Maya
00:36Space développent cette nouvelle génération de fusées.
00:40Et c'est là que je vous amène dans notre deuxième reportage de notre série spéciale de Made in Europe
00:45dédiée à l'accès européen à l'espace.
00:567 heures du matin à la Défense, le quartier d'affaires parisien s'éveille.
01:01Une fois par semaine, Justine part d'ici en direction de Vernon, en Normandie, où se trouve l'usine de
01:07Maya Space.
01:09C'est là que cette start-up française est en train d'assembler et de tester le premier mini lanceur
01:15européen réutilisable.
01:17Il s'agit aujourd'hui du projet le plus avancé en Europe.
01:21Ça fait trois ans et demi maintenant que je travaille chez Maya Space.
01:25En tant qu'ingénieure propulsion et système pour le kickstage.
01:28Un kickstage, c'est un troisième étage de fusée.
01:32Ça dépose le satellite jusqu'à sa destination finale.
01:39Ce qui me plaît au quotidien, c'est le fait de ne pas avoir vraiment de routine.
01:43De voir concrétiser des choses qu'on pense depuis le jour 1 et voir son exécution en essai ou en
01:53vol dans les prochaines années.
01:56La mission de Justine est de s'assurer que le kickstage pourra se propulser lors de ses premiers vols.
02:02L'approche change du spatial traditionnel.
02:06On va directement tester les composants là où classiquement dans le domaine du spatial,
02:13on avait plutôt l'habitude de vérifier au travers de beaucoup, beaucoup de périodes de calcul.
02:17On va beaucoup plus vite au test et ça nous permet de débuguer assez rapidement des erreurs qu'on n
02:22'aurait pas vu venir.
02:25C'est avec cette approche appelée test and learn que le projet est mené.
02:28Et c'est comme ça que cette filiale d'Ariane Group, une joint venture entre les géants européens de l
02:34'aérospatiale Airbus et Safran,
02:36vise à développer sa fusée en 5 ans au lieu de 10 ou 15 ans habituel.
02:41Je la découvre avec Raphaël, docteur en physique et expert de la vulgarisation scientifique.
02:46Alors ici, on est vraiment dans l'atelier Malaspès, la proto-usine où on va designer et intégrer les différents
02:53prototypes des différents sous-systèmes du lanceur Maya.
02:56Donc ici, on a un prototype du premier étage à échelle réelle, d'une trentaine de mètres de long et
03:02un petit peu plus loin, on va avoir le deuxième étage.
03:04C'est ce premier étage qui pourrait être récupéré sur le modèle de ce que SpaceX, des longs masques, fait
03:10déjà depuis une dizaine d'années.
03:12Avec Maya, l'Europe essaye de rattraper ce retard.
03:16L'Europe ne maîtrise pas aujourd'hui les technologies de la récupération à la verticale d'un premier étage.
03:24Donc ça va être la première fois qu'une entreprise va intégrer ces technologies et potentiellement aussi être le précurseur
03:30des technologies
03:31qui pourraient être implémentées sur des lanceurs plus lourds européens.
03:36Maya pourra être réutilisée au moins quatre fois.
03:39La récupération du premier étage permettra une réduction des coûts et une meilleure compétitivité.
03:45Maya pourra amener en orbite basse des satellites jusqu'à quatre tonnes,
03:49un choix qui répond à l'explosion du marché des petits satellites,
03:53typiquement utilisés pour l'observation terrestre et les télécommunications.
03:58C'est une sorte de taxi de l'espace puisqu'on va pouvoir faire des lancements dédiés
04:03comparé à des lanceurs lourds qui vont embarquer plus de satellites
04:06mais qui sont plus considérés comme des bus spatiaux.
04:09Et l'objectif de Maya Space, c'est vraiment de proposer la course de taxi au prix du ticket de
04:14bus.
04:15Développer un mini lanceur réutilisable européen, ce n'est pas seulement une question de technologie.
04:21Cela implique aussi la révolution du modèle économique du spatial européen,
04:25un modèle incarné par cette start-up.
04:28Mais de quelle façon on va poser la question à son PDG ?
04:39L'industrie spatiale est en train de se transformer sous l'effet d'une mutation technologique d'abord,
04:46avec la miniaturisation d'un certain nombre de technologies,
04:51la baisse très significative des coûts.
04:54Cette baisse des coûts permet de transformer des marchés de niches potentiellement en des marchés de masse.
05:01L'entreprise américaine SpaceX a été la première en 2015 à casser les codes d'un secteur jusque-là dominé
05:09par les États.
05:09On est passé du programme spatial au produit spatial.
05:13En misant sur des fusées réutilisables et une cadence de lancement élevée,
05:18son patron Elon Musk accélère le New Space, un modèle économique porté par des acteurs privés et des méthodes industrielles
05:25agiles.
05:26L'Europe a raté ce virage par un jugement économique qui s'est avéré faux.
05:33L'Europe ne croyait pas aux bénéfices économiques que pouvait apporter la récupération et la réutilisation des tâches de lanceurs.
05:42L'Europe est tout à fait en capacité de développer ces technologies
05:45et c'est ce à quoi nous nous employons depuis maintenant un peu plus de trois ans.
05:49Notre enjeu, si on veut être compétitif, c'est de s'approcher des coûts par kilogramme de Falcon 9, de
05:56SpaceX.
06:00Avec l'objectif d'une cadence de lancement soutenue auprès de clients institutionnels et privés,
06:05l'entreprise accélère le développement de sa première fusée.
06:08Pour parvenir à identifier le modèle optimal de ce premier lanceur, les tests se multiplient.
06:14Ici, on se trouve sur une zone avec différents bancs d'essai.
06:17Le premier en jaune et en rouge, il permet de reproduire les conditions de séparation des deux étages du lanceur
06:24Maya.
06:24Et le deuxième, la structure en bétonné, permet de mesurer la résistance mécanique des différents étages du lanceur Maya
06:33consécutives à la poussée des moteurs Prometheus.
06:35Mais on peut peut-être s'approcher pour voir d'un peu plus près.
06:39Alors ici, c'est la structure qui va accueillir les trois moteurs Prometheus qui vont littéralement permettre le décollage de
06:44la fusée en Guyane française.
06:46Et ici, on va tester la résistance mécanique de cette structure consécutive à la poussée des moteurs,
06:51vérifier que la structure ne se déforme pas.
06:55Loin d'être un échec, ces maquettes semi-détruites du deuxième étage de la fusée révèlent des informations précieuses,
07:02ainsi que les atouts de la méthode de développement de cette start-up.
07:07Sur cet essai-là, effectivement, on est allé au-delà de la limite que l'on pensait être sur ce
07:13matériel-là.
07:14Ça nous a démontré un certain nombre de marges.
07:16Ça a tenu beaucoup plus que ce à quoi on s'attendait.
07:19Et ça aura pour conséquence une modification et une amélioration du design pour les exemplaires futurs.
07:27MySpace a déjà signé des contrats commerciaux pour plusieurs années.
07:31Son premier vol commercial est prévu début 2027.
07:37Du géant Ariane 6 au petit lanceur de MySpace, l'Europe mise sur des solutions complémentaires pour garantir sa présence
07:46dans l'espace.
07:46Sous-titrage Société Radio-Canada
07:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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