00:01RTL Matin
00:02Il est 7h39, Langue Éco, François Langlais.
00:0432 pays ont donc décidé de verser 400 millions de barils de pétrole sur le marché
00:08pour essayer de calmer les prix des carburants.
00:10Ça représente, pour qu'on ait une idée, 20 jours des volumes exportés
00:14via le détroit d'Hormuz, a dit Emmanuel Macron.
00:16Mais ce matin, François, en regardant les cours flambés de nouveau,
00:20on se dit que c'est un pansement sur une jambe de bois.
00:22Vous disiez flop, là, juste avant la pub.
00:24Écoutez Thomas, les marchés ont répondu à la question.
00:26Le cours du pétrole a pris 7% ce matin.
00:29après avoir grimpé de 5% hier, juste après l'annonce du déblocage des stocks.
00:34On est donc repassé au-dessus des 100 dollars.
00:36Ce qui a provoqué, en réalité, ce nouvel accès de fièvre,
00:40c'est l'attaque de trois navires cette nuit,
00:41dont deux pétroliers dans les eaux territorielles irakiennes.
00:45La persistance du blocage du fameux détroit d'Hormuz
00:48inquiète de plus en plus les marchés mondiaux du pétrole.
00:51Et donc, ce déblocage de stocks, c'était un coup d'épée dans l'eau ?
00:53On peut déjà dire ça ?
00:54Disons qu'on comptait sur un effet psychologique.
00:56En se disant, tout ça, c'est de la psychologie.
01:00Et pour la psychologie, on a mis le paquet.
01:02C'est le déblocage le plus important jamais opéré
01:04par les quelques 30 pays membres de l'Agence internationale de l'énergie.
01:09Vous l'avez dit, 400 millions de barils.
01:13Pour vous donner un ordre d'idée autre que celui que vous avez rappelé,
01:17c'est 4 jours de consommation mondiale.
01:19Donc, c'est quand même pas rien.
01:20Bon, mais l'idée, c'est quoi ?
01:22C'est de parvenir à faire baisser les prix en calmant les inquiétudes.
01:24C'est ça la psychologie de départ, on va dire ?
01:26C'est ça, et alimenter un marché qui est dominé en ce moment par la peur de manquer,
01:30même s'il n'y a pas de manque physique en ce moment.
01:32En fait, il s'agit tout bonnement d'augmenter l'offre face à une demande
01:36qu'on ne peut pas faire baisser sans casser la croissance économique mondiale.
01:40Le paradoxe, c'est qu'en réalité, ça a joué en sens inverse.
01:44Ça a donné un signal de plus de la gravité de la crise.
01:47Bon, et pourquoi ça n'a pas réussi, au moins, on va dire, à stabiliser les cours ?
01:50En fait, vous savez, ce n'est pas un robinet qu'on ouvre et qui a un effet immédiat.
01:54D'abord, ces stocks, il faut se les représenter, ils sont répartis dans d'innombrables lieux.
01:58Pour la France seulement, on compte plus de 80 sites de stockage répartis sur le territoire.
02:04Pour l'essentiel, ce sont des dépôts commerciaux, même si une bonne partie se trouve dans des cavernes à Manosque.
02:09Mais vous imaginez l'opération logistique considérable qu'il va falloir mener à plus de 30 pays ?
02:15Il va falloir des jours. Toutes ces difficultés techniques laissent penser qu'il n'y aura en réalité pas plus
02:21de 3 millions de barils jour
02:22arrivant sur le marché, au moins au début, c'est-à-dire bien moins que le transit quotidien par Hormuz.
02:27On reste en dessous.
02:28Oui, bien moins. Et puis en plus, il faut coordonner la nature de ces produits parce qu'il y a
02:34du pétrole brut,
02:35il y a telle ou telle catégorie de carburant.
02:37Et puis enfin, il faut s'assurer que ces barils ne soient pas stockés à nouveau par des pays qui
02:43voudraient se prémunir davantage
02:44contre la pénurie. C'est donc pas si simple.
02:47Mais la raison principale de la persistance de l'inquiétude, bon, elle tient à la situation militaire.
02:52Avec les nouvelles attaques et la perspective de voir le détroit miné,
02:56le monde prend peu à peu conscience d'une réalité désagréable.
03:00Il n'y aura pas de déblocage du précieux détroit pétrolier tant que le régime démola ne sera pas tombé.
03:06Et ce matin, on en est, semble-t-il, encore très loin.
03:09Merci beaucoup à vous, François Langlais, 7h43.
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