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  • il y a 2 heures
Le dugong, un mammifère maritime herbivore vivant à Mayotte, est victime de braconnage et menacé par le développement de l'archipel. L'animal est devenu si rare que les habitants commencent à douter qu'il ait jamais existé. Des efforts de sensibilisation et de protection se mettent en place. Cependant, face aux projets d'innovations de l'île, les inquiétudes s'accentuent pour l'avenir de cet animal emblématique. Des scientifiques mobilisés dans la protection du dugong cherchent à répondre à une question : comment le dugong mahorais perdure-t-il avec aussi peu d'individus ? La réponse se trouve peut-être à Mohéli, distante de 150 kilomètres de Mayotte. En comparant les prélèvements effectués à Mohéli avec ceux de Mayotte, on saura peut-être bientôt si les dugongs mahorais et comoriens sont finalement les mêmes.

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00:28Si loin, si proche de l'agitation à terre, le lagon de Mayotte abrite une étrange créature, un fantôme dont
00:37on ne sait rien ou presque.
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00:43Quand on le voit, tu te dis, waouh, c'est quoi ça ?
00:51Déjà, rien que le voir, ça explose tout, c'est magnifique.
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01:21Il est mystérieux, un peu légende, mythe. Même les gens à Mayotte, des fois, ils disent, mais il en reste,
01:28ça existe vraiment ?
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01:32C'est une espèce rare, il y a très peu d'individus qui sont observés. Ce qu'ils rajoutent à
01:37cette rareté, c'est qu'on sait qu'il est menacé.
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01:40On est vraiment là sur une population qui atteint un statut de danger critique d'extinction.
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01:48Comme tout le monde en parle, mais c'est difficile de le voir, c'est automatiquement magique quand on est
01:54en dessous. Voilà.
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02:25Les Dugong, c'est des mammifères strictement marins et herbivores. Donc ils se nourrissent sur les herbiers marins.
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02:37En fait, ils posent leur nageur sur le sable. On dirait qu'ils marchent des fois quand ils mangent.
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02:46Il a une tête plutôt de morse. D'autres vont dire qu'il a une tête d'âne. D'autres,
02:53voilà, de cheval.
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02:56Il fait partie de l'ordre des siréniens. Ça appelle aux mystiques, les sirènes.
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03:04Il dégage de cette bestiole quelque chose d'extrêmement serein. Il a des petits yeux tout pacifiques, tout doux.
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03:23« Pourquoi aujourd'hui, il y en a si peu ? Et comment c'était avant ? Et qu'est
03:28-ce qui s'est passé ? »
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03:40Au sud-ouest de l'océan Indien, à 8000 kilomètres de l'Hexagone, l'île de Mayotte offre l'un
03:47des plus grands lagons fermés du monde.
03:50Perdu dans un immense espace maritime, il serait cinq, peut-être six, les six derniers dugong maorais.
03:58Une population si petite qu'elle n'a jamais été systématiquement étudiée.
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04:07Parmi les habitants de l'archipel, les gens qui ont vu le dugong sont presque aussi rares que l'insaisissable
04:14sirène.
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04:26« Moi, je suis né à Kanikeli. Donc Kanikeli, c'est au bord de la mer. J'avais juste à
04:31ouvrir la porte et j'ai tombé sur la plage.
04:37Mon passe-temps, c'était la mer. Toujours, toujours la mer.
04:41Je me suis dit direct, c'est ça ce que je veux. Être sous l'eau, c'est trop beau,
04:44quoi.
04:48Il y a des gens qui arrivent de le voir, comme le dugong, mais heureusement, j'ai eu la chance
04:52de le voir.
04:53Et souvent, ce n'était pas tout seul. J'avais mes clients derrière.
04:58Donc pour leur bonheur, ça faisait mon bonheur aussi.
05:07Les clients sont super contents de faire des plongées avec moi,
05:11de voir que ce soit un maorais, un loco, qui leur fasse découvrir leur lagon, notre lagon.
05:41« Je suis là depuis trois ans. Je ne l'ai jamais vu. Moi, je suis là depuis quatre ans.
05:48ans, je ne l'ai jamais vu. Et moi, j'arrive comme ça et je le vois plusieurs fois.
06:01La fois où je suis vraiment, vraiment tombé amoureux de lui, c'est une fois où on était
06:06ottoman des aviateurs. Et là, j'entends un petit bruit comme un chant d'oiseau, tout doux, très
06:13le chant. Je relève la tête, tu vois, la mastocque, tu vois, le truc énorme, au-dessus
06:19de moi, tu vois, il est passé tranquille.
06:25S'il n'avait pas chanté, je ne l'aurais pas vu.
06:32On peut dire que les sirènes, elles ont un chant qui envoûte. Et je pense que moi, j'ai
06:38entendu aussi son chant, qui m'a peut-être enrouté, doué ou mon amour pour lui.
06:47Le quadrillage rouge, là, ça correspond une maille de combien ?
06:50500 par 500.
06:51500 par 500. Du coup, avec le drone, tu arrives à faire 4 à 6 mailles, peut-être.
06:57Oui, faire les 4 là et peut-être 2, 3 derrière.
07:02Ah ouais, carrément, tu programmes ça quand, du coup ?
07:05Bientôt, là, dans les prochains jours.
07:09On a essayé vraiment de s'engager sur une trajectoire où on essaye d'améliorer l'état
07:15des connaissances et on essaye de trouver des solutions pour la conservation de ces dugongs.
07:18C'est pour ça que l'État nous a confié le plan national d'action pour la conservation
07:23des dugongs à Mayotte. Et donc, on est sur un mix à l'odule, à l'ophila ou...
07:30C'est ça, les deux, oui.
07:31Donc là, on a de l'herbier frangent sur cette maille-là.
07:35Là, on va prospecter là, puis on pense aussi à aller derrière, avec une petite passe, là.
07:48On a pu préciser les zones sur lesquelles les derniers individus de la population mahoraise
07:54vivent, s'alimentent, se reposent. Et maintenant, on met en place un effort de prospection plus
07:59important pour essayer de comptabiliser les individus.
08:06Il est en danger d'extinction parce qu'il en reste très peu. Donc, on ne sait pas s'il
08:09y a un renouvellement de la population, si la population, elle est viable à long terme.
08:14Parce que s'ils sont moins de 10, à un moment donné, ils ne vont plus pouvoir se reproduire
08:17ensemble ou il y aura des problèmes de consanguinité.
08:20Donc là, c'est mon premier maillage. Donc là, je vais prospecter cette zone. Après,
08:25on fera celle à côté, celle un peu devant. Ce qui a été vu sur d'autres territoires,
08:31c'est qu'ils viennent en marée haut de se nourrir sur les herbiers. Et quand la marée
08:35descend, ils partent dans des eaux un peu plus profondes.
08:38D'accord. Là, ça compte bien, alors. En croisant les doigts.
08:42On croise les doigts, oui.
08:48Donc, je l'ai mis en mode automatique. Il fait automatiquement le bol et il prend les photos.
08:53Et donc, nous, on surveille s'il n'y a pas un dugonde qui apparaît.
09:17Ça demande une concentration importante. Souvent, on ne voit pas grand-chose. Quand on est en pleine eau,
09:23c'est que du bleu. Donc, assez redondant. Et quand on est plus proche des côtes, c'est plutôt corallien.
09:28Donc, des fois, on zoome sur une patate de corail. On croit que c'est un dugong. Bah, non, en
09:33fait.
09:33Donc, on dézoome et on repart. Ou c'est un rocher. Ou c'est une tortue, des fois.
09:39Il y a l'espoir et en fait, non.
09:50Aujourd'hui, un dugong dans l'océan, c'est un peu une aiguille dans une botte de foin. C'est
09:56assez complexe.
10:03Il est très, très rare, à tel point que la très grande, majeure partie des gens,
10:08y compris les scientifiques qui cherchent les dugongs, ne l'ont jamais vu.
10:11Oui, et en plus.
10:18Oui.
10:18Je vous laisse voir si vous avez vu mon débat.
10:20Je vous laisse voir si vous faites les dugongs dans le débat.
10:21Oui.
10:22Les dugongs.
10:22Oui.
10:23Les dugongs, nous, nous, nous, l'avard.
10:25Peut-être pour aller aux angroves là-bas.
10:27Les mangroves aussi, les oreilles.
10:28À la mangroves ?
10:29Oui.
10:30Et voilà, derrière, à petite terre.
10:33Ah, tu as l'as l'air.
10:35Et parait ma Akumi ?
10:375-6 ans.
11:06Strictement réglementé, mais peu contrôlé,
11:09la pêche au filet constitue un piège fatal pour les dugongs,
11:13une espèce intégralement protégée depuis 2011 sur le territoire français.
11:21Impuissante à prévenir les captures accidentelles,
11:24les autorités ont mis un coup d'arrêt au braconnage,
11:27l'héritage d'une longue tradition de pêche à Mayotte
11:31et dans tout l'ouest de l'océan Indien.
11:36La population a été décimée par la pêche.
11:39Il n'y a pas d'explication, on va dire, climatique ou d'aléas
11:45qui aurait pu expliquer le passage d'une population
11:49de plusieurs centaines, voire milliers d'individus à quelques individus.
11:59Oubliée dans la plupart des villages de pêcheurs,
12:02la mémoire du dugong est réapparue à l'occasion d'un long travail d'enquête
12:06menée à Mayotte et dans les îles voisines des Comores.
12:20Oddi, il y a quelqu'un ?
12:21Oddi là ?
12:22Bienvenue.
12:28Quand vous étiez jeune, vous pêchez le dugong, n'est-ce pas ?
12:31Vous savez combien vous en avez pêché ?
12:37Je ne sais pas exactement.
12:39La seule chose dont je sois sûr, c'est que j'en ai pêché plein.
12:42À cette époque, c'était mon travail.
12:46Pour capturer les dugongs, je posais un filet le soir
12:49et pour les poissons, c'était l'après-midi.
12:52Je récupérais les poissons le soir et les dugongs le matin.
12:55Pourquoi les gens mangeaient de la viande de dugong ?
12:58Ça avait quel goût ?
12:59C'était comme de la viande de bœuf.
13:01Comme de la viande de bœuf ?
13:03Oui, et très graisseuse.
13:06Les gens la faisaient cuire ou griller ?
13:11Tout type de cuisson.
13:14J'allais pêcher des dugongs pour tous les villages.
13:17Même les gens de Fonboni venaient ici pour acheter du dugong.
13:22Vous trouvez ça bien d'avoir interdit la pêche au dugong ?
13:27Ici, nous mangeons beaucoup de poissons
13:29et on aimerait bien manger aussi de la viande de dugong.
13:32Donc je n'approuve pas l'interdiction de la pêche.
13:36Parce que c'est un poisson comme les autres ?
13:38Oui.
13:40Je suis contre l'arrêt de la pêche.
13:44À l'époque, il y avait beaucoup de dugong.
13:46Et d'ailleurs, il n'en reste encore aujourd'hui.
13:49Aujourd'hui, je ne pose plus de filet car on nous l'interdit.
13:52Mais des dugongs, il y en a beaucoup.
13:56Monsieur Amman dit qu'il en reste plein.
14:00Ah bon ?
14:01Nous, on ne les voit pas.
14:02Les dugongs se font piéger par les filets posés pendant le ramadan.
14:06Il y en a eu un à Itzamia et un autre à Mirongoni.
14:10Ce mois-ci ?
14:12Non, l'année dernière et l'année d'avant.
14:14Ils en ont capturé un à Bansé ?
14:16Oui, à Bansé aussi.
14:18Donc vous voyez que si les gens les capturent, petit à petit...
14:21Ils vont complètement disparaître.
14:25Nous, on continue de les chercher.
14:27Bon courage.
14:28Merci.
14:42Spécialiste des écosystèmes récifaux, Naomi Scholten s'est attaquée, elle aussi, à l'énigme du dugong.
14:57L'écologue dirige une étude sur l'habitat du mammifère au Parc naturel marin de Mayotte,
15:03l'organisme public gestionnaire de son immense espace maritime.
15:23Il y a pas mal de mystères autour du dugong, mais en tout cas, ce qu'on sait, c'est
15:27qu'effectivement,
15:28il s'alimente de plantes marines, de fanerogames, donc d'herbiers.
15:32On l'appelle la vache des mers, donc voilà, il a vraiment besoin de brouter.
15:37C'est des espèces qui sont très peu nutritives, donc en fait, il passe un temps fou à manger.
15:52L'objectif, c'est donc préserver ces herbiers, mais notamment les herbiers qui ont un rôle fonctionnel.
15:58Donc, en particulier à Mayotte, c'est le cas des herbiers qui sont utilisés par les tortues et les dugongs
16:04comme zone d'alimentation.
16:07Le dugong, contrairement aux tortues, il va manger toute l'espèce, donc avec les racines, les rhizomes,
16:12alors que les tortues, elles broutent vraiment que les petites feuilles de fanerogames.
16:17Donc, en fait, on sait qu'un dugong est passé.
16:20Ça laisse une grosse trace de sable au milieu de l'herbier.
16:23Et quand il mange, il y a plein de sable qui...
16:26Tu vois le sable avant de voir le dugong, en fait.
16:39Vedette incontestée du lagon maorais, les tortues sont elles aussi braconnées pour leur viande.
16:46Deux espèces constèlent encore des herbiers que leurs compagnons de pâturage semblent avoir définitivement désertés.
16:59On ne sait pas exactement où ils mangent.
17:02Donc, pour l'instant, on sait qu'ils mangent sur les herbiers côtiers, donc à faible profondeur, entre 0 et
17:0710 mètres.
17:09Ils se nourrissent entre 30 et 40 kilos de fanerogames par jour.
17:12Donc, c'est énorme.
17:14Donc, on devrait le voir plus souvent.
17:17On n'est pas coupé.
17:20Tu veux prendre les photos ?
17:21Tu prends les photos et je prends le fort ?
17:23Ouais, vas-y.
17:25Et du coup, c'est vraiment où on se suit, quoi.
17:27Toi, tu éclairs.
17:29Et moi, dès que...
17:30On va essayer d'étudier ces zones où il y a de l'herbier.
17:34Et après, essayer de croiser ces distributions d'herbier avec la localisation de ces dugongs.
17:42Et voilà, est-ce qu'il y a un match ? Est-ce que ça se recoupe ?
17:45Est-ce qu'il y a des zones qui seraient du coup plus intéressantes que d'autres à étudier ?
17:49Ok, j'y vais !
18:03Ce qui nous intéresse, c'est de savoir comment ils sont distribués,
18:07par quelle espèce d'herbier ils sont composés ?
18:11Et forcément, leur évolution dans le temps.
18:15Il y a des herbiers qui se trouvent dans des zones qui sont peu profondes.
18:18On les appelle les herbiers intertidaux.
18:19Donc ça, c'est vraiment les herbiers qui sont proches de la plage.
18:23Et on a les herbiers profonds.
18:25Donc là, qui se situent au-delà de 15 mètres, en tout cas.
18:29Le facteur qui les distingue, c'est l'abondance de l'herbier sur le fond,
18:33parce qu'il y a un manque de lumière.
18:35Plus on descend en profondeur, moins il y a de lumière.
18:37Et du coup, moins ces espèces ne peuvent y vivre.
18:42Le dugong se cacherait-il ici, à l'abri des regards,
18:47dans ces terras incognitas des profondeurs du lagon,
18:50où seuls les scientifiques viennent tremper leur masque ?
19:01Est-ce que ces herbiers, ils sont capables de soutenir une population en alimentation
19:05qui a besoin d'énormément d'herbes par jour ?
19:08Est-ce que leur état de santé est propice pour accueillir une population qui est résidente ?
19:16Donc qui est toute l'année à Mayotte, très probablement.
19:27Les questions s'accumulent.
19:29Mais pour le dugong, le temps presse, devant des menaces chaque jour plus évidentes.
19:42Largement anarchique, le développement de l'île contraint la vie sauvage à s'adapter ou disparaître.
19:52Le pétonnage du littoral, combiné à une spectaculaire explosion démographique,
19:58a des conséquences directes sur l'environnement marin.
20:08Des projets d'aménagement, il y en a partout, dans tous les sens à Mayotte.
20:12On va faire des routes, on va construire des logements.
20:16Et le fait d'impermaliser le sol, on va empêcher le sol de se gorger d'eau quand il pleut,
20:22et donc de stocker cette eau dans les sols.
20:25Il va y avoir un ruissellement en fait direct.
20:31On a de la matière terrigène qui arrive dans l'eau, qui se dépose au fond.
20:36Et au fond, qu'est-ce qu'on a ?
20:37On a des communautés coralliennes, on a des herbiers, on a de la mangrove.
20:42Quand on charge l'eau de matière terrigène, on la rend plus turbide,
20:47et du coup il y a beaucoup moins de lumière qui sont captées par ces plantes-là.
20:53L'habitat informel est à lui seul responsable du quart des 20 000 tonnes de terre relâchées chaque année dans
21:00le lagon.
21:02Un phénomène auquel vient s'ajouter la déforestation et la monoculture de la banane et du manioc.
21:08Des plantes au menu quotidien des Mahorais,
21:11mais dont les racines sont incapables de retenir la terre par forte pluie.
21:19Malheureusement, c'est un peu par méconnaissance qu'on entraîne ce lessivage des sols,
21:26qu'on fait perdre la biodiversité des sols, qu'on fait perdre l'humus,
21:30qui permet aussi aux eaux de pluie d'être mieux intégrées dans les sols
21:38pour ensuite alimenter les réserves d'eau.
21:39Donc c'est vrai qu'il y a tout un tas de process qui sont liés
21:43et qui aujourd'hui manquent d'accompagnement.
22:03Quand il ne plonge pas avec des clients,
22:06Fayadi accompagne des scolaires à la découverte du lagon.
22:164 000 élèves profitent chaque année des sorties organisées par le parc marin.
22:21Un effort salutaire pour sensibiliser à l'environnement subaquatique,
22:26objet de 1 000 fantasmes dans la culture mahoraise.
22:36Quand j'étais petit, on nous interdisait d'aller dans l'eau.
22:40Il y a eu les moinaïsas, surtout au niveau des mangroves.
22:43Il y a eu les remontages.
22:45Il y a eu plein de mythes sur la mer.
22:48Comme quoi, il ne faut pas y aller, surtout quand il pleut.
22:50Parce que quand il pleut, tu avais des trucs blancs en surface.
22:53On te disait, si tu vas dans l'eau quand il pleut,
22:56les trucs-là vont t'attraper, vont t'amener au large.
22:58Là, tu ne reviens plus.
23:02Moi, je dis qu'il faut arrêter.
23:04Surtout au niveau des grands-parents, les parents, il faut arrêter.
23:08Et je le vois avec les sorties petits fondis du lagon,
23:11que les amens, ils aiment bien être dans l'eau.
23:14Je pense que la peur va déjà tomber.
23:22Avatar d'une époque où le dugong faisait partie du quotidien des pêcheurs,
23:26le mythe des sirènes est solidement ancré à Mayotte,
23:29y compris chez les plus jeunes.
23:37D'après ce que j'ai entendu,
23:39quand la femelle dugong a l'aide,
23:41elle a les mamelles qui sortent.
23:43Pour les pêcheurs, c'était mi-femme, mi-animal.
23:48S'ils attrapaient une femelle,
23:50il fallait jurer qu'il n'y avait rien eu avec la femelle.
23:52Je parle de rapports intièmement avec la femelle.
23:57Et du coup, si les pêcheurs ne jouaient pas,
24:01on ne pouvait pas le manger.
24:26Et du coup, c'est là que tu vois...
24:31Ça va ?
24:32Oui, bonjour.
24:34La bise ?
24:37Bonjour, Isabelle.
24:39Enchantée.
24:40Et ça, là, qu'est-ce que tu penses qu'on voit, en fait ?
24:43Ce serait quoi, le 2 de la...
24:44Non, c'est quoi ça ?
24:45Là, il y en a peut-être un là, un là et un là.
24:48Un !
24:48Il y a les 3 là.
24:49Oui, oui, oui, oui.
24:53Voilà.
24:54C'est ça qui fait, moi.
24:56C'est pas simplement...
24:57Vous avez entendu ?
24:58Vous voulez que je recommence ?
24:58Vas-y, recommence.
24:59Ah, il s'est bien entendu, celui-là.
25:04Il est revenu carrément vers nous.
25:07Oui.
25:08Il a mangé.
25:09Ils sont vraiment...
25:10Il n'en avait rien à faire de nous.
25:12Bon, moi, je suis allée voir les usagers du lagon,
25:15leur dire, si vous voyez un dugong,
25:17c'est des données très importantes,
25:18parce que c'est les seules observations qui sont faites par l'instant.
25:22de remonter, donc, avec toutes les informations,
25:25l'heure de l'observation, la date, le comportement,
25:28si l'individu était tout seul, sa taille approximative.
25:31C'est des données très, très importantes et précieuses.
25:35Il y a le renfoncement, là, oui, il y a moyen, même le petit bout, là.
25:39Sa vidéo, elle a permis d'identifier le sexe de l'individu.
25:43Voilà, c'est ça.
25:44Tu vois, donc, toutes les vidéos sont importantes.
25:47Je ne sais pas si c'est celle-là.
25:48Il y en a une qui dure un peu longtemps.
25:50Moi, je suis pédiatre.
25:51Alors, je suis arrivée à Mayotte en 2011.
25:54Je suis venue faire trois mois d'essai
25:56dans le service de pédiatrie de Mayotte.
25:58Et donc, ça correspondait tout à fait à mes intents,
26:01parce que sur le plan pédiatrique, c'était hyper intéressant.
26:04Et sur le plan aquatique, moi qui suis passionnée d'eau,
26:08j'y ai trouvé complètement mon compte.
26:09J'ai fait une sortie grande, grande marée sur la barrière.
26:13Et je suis tombée complètement en pamoison.
26:17Voilà.
26:17Quand je ne travaille pas, on peut dire que je nage,
26:20en fait, dans le lagon.
26:21On peut dire que ma vie se résume comme ça.
26:47Je nage pur, en fait.
26:48Donc, c'est-à-dire que je fais des extrêmement longs trajets
26:53quand j'en ai la possibilité.
26:54Sinon, j'essaye de nager très fréquemment,
26:57même sur des courtes distances.
27:04C'est devenu une drogue.
27:06J'ai vraiment une sensation de bien-être absolue
27:09et de communion avec l'élément aquatique
27:12que je n'ai pas du tout sur la terre.
27:20Je pense que je savais qu'il y avait peut-être un dugong avant de venir ou en arrivant,
27:24mais je ne m'y étais pas trop intéressée.
27:26Et je me suis branchée, en l'occurrence, avec l'amie avec qui je nageais tout le temps,
27:30Johan.
27:30Et donc, nous voilà partis le long de la piste de l'aéroport.
27:34Et je lui dis, mais tu vas voir dans deux minutes, en rigolant, bien sûr, on va voir le dugong.
27:38Et donc, deux minutes après son apparateur, il me dit, mais tu as vu là,
27:43il y a un caillou qui bouge, il y a un caillou qui...
27:47Mais non, il me dit, ce n'est pas possible, ce n'est pas un caillou qui bouge, c'est
27:50le dugong.
28:01Donc là, c'était la folie, c'était la folie, on était tout fous.
28:16C'est magique, parce qu'on tombe dessus par hasard.
28:20Alors, est-ce qu'il est là dans les parages, est-ce qu'il tourne éventuellement pour voir moi,
28:25quel animal je suis pour lui ?
28:27Ça, je n'en sais rien.
28:28Et donc, après, je n'ai plus qu'une obsession, c'était de revoir le dugong.
28:31Voilà, ça a commencé comme ça, en fait.
29:18La petite communauté des défenseurs du dugong suffira-t-elle à garantir la survie de l'animal ?
29:27Rien n'est moins sûr tant les menaces s'accumulent au gré des projets d'infrastructures
29:32qui fleurissent dans l'archipel.
29:45La construction d'une nouvelle piste d'aviation a été imaginée en mer,
29:50directement sur l'herbier jouxtant l'aéroport,
29:53à l'endroit même où le dugong est le plus souvent observé.
30:08Pour moi qui adore cet endroit, c'est d'une grande tristesse d'imaginer qu'on empiète
30:15sur un environnement d'une beauté pareille.
30:27On est quasi sûr qu'on va automatiquement vers une diminution du nombre de dugong en faisant ça.
30:37Pourquoi ne pas favoriser la protection de l'environnement marin au maximum à Mayotte ?
30:44Parce que je pense que c'est vraiment un trésor.
30:46Les Mahorais ont un trésor dans leurs mains.
30:49Il faut qu'ils mettent vraiment le paquet.
30:53Il faut mettre la priorité sur la préservation de cet environnement
30:56qui est vraiment, qui est toujours merveilleux actuellement.
31:06Une piste longue, ça sera très bien pour nous.
31:09On se développe.
31:10Donc c'est normal de faire des sacrifices.
31:13C'est normal.
31:14Mais voilà, il faut faire des sacrifices pour améliorer un truc derrière.
31:20Si par exemple, on empiète sur le dugong pour la piste longue,
31:24mais qu'on fasse en sorte que le dugong pourra manger ailleurs.
31:28Moi, je trouverais ça très bien.
31:35Pour avoir le moins d'impact, on a une séquence qui vise à éviter l'impact,
31:41le réduire si on n'arrive pas à l'éviter,
31:43et le compenser s'il y a encore du résiduel.
31:47Voilà, c'est vraiment être en lien avec les porteurs de projets
31:51pour, quand il y a les trous dans les raquettes,
31:54se dire, bon, ok, nous, on connaît telle technique
31:57où on a une connaissance sur la présence d'espèces
32:01à cette période-là de l'année qu'on pourrait éviter.
32:03Il n'y a pas encore eu de travaux lancés.
32:06On espère que les propositions qui seront menées
32:11tenteront au maximum d'éviter
32:13ou de réduire avant de compenser.
32:20On suit ça de près,
32:22sans pour autant aujourd'hui être dans un militantisme
32:25complètement anti,
32:26qui serait probablement contre-productif
32:28pour les négociations sur le territoire
32:30pour trouver les meilleures solutions.
32:33à quel espoir se raccrocher
32:35quand l'horizon du dugong s'assombrit.
32:38Le destin de la sirène mahoraise
32:40se joue peut-être ailleurs,
32:42à 150 kilomètres au nord-ouest,
32:45dans l'une des trois îles de l'Union des Comores.
32:59Le développement économique en moins,
33:02Moëli ressemble à Siméprendre à Mayotte,
33:04y compris sur les questions liées à l'environnement marin.
33:07« Je crois que c'était le moment où... »
33:14« Pour à Moëli,
33:16l'état de conservation du dugong,
33:17c'est un peu une situation très similaire à celle de Mayotte,
33:20c'est-à-dire qu'il a malheureusement fait l'objet
33:23d'une très forte pêche
33:25dans la deuxième moitié du XXe siècle.
33:27« On estime sur les deux territoires
33:30moins de dix individus.
33:32Donc la population à terme,
33:33elle ne peut pas se maintenir
33:34si c'est des populations isolées.
33:36Donc le but, c'est d'identifier
33:37s'il y a des connectivités
33:39entre les populations de Mayotte,
33:41Moëli, voire Comores
33:42et peut-être Madagascar-Mozambique. »
33:44« Si la génétique,
33:47les observations,
33:48finalement, nous amènent
33:50à conclure
33:51que les populations de l'archipel
33:54sont si petites
33:56et qu'elles n'échangent pas
33:57avec les autres populations,
33:58alors effectivement,
33:59l'état de conservation du dugong
34:01est très problématique. »
34:15« On se dit aujourd'hui
34:16que le seul moyen de le préserver,
34:18c'est de savoir
34:18que la population est bien plus grande
34:20et donc c'est la raison
34:21pour laquelle il y a un intérêt
34:23à aller voir ailleurs
34:23si on le trouve.
34:26On a mis ces classes-là
34:28pour vous simplifier la bière.
34:29Ici, je vous ai remis
34:31les classes sur la fiche terrain.
34:32C'est exactement les mêmes classes.
34:34Il y a trois mesures,
34:35trois longueurs
34:36qui sont demandées par espèce.
34:37« Mon objectif de cette mission,
34:38c'est de former les agents
34:40du parc national de Moëli
34:41au suivi des herbiers.
34:43Donc c'est vraiment
34:43que les agents soient autonomes
34:45au protocole le suivi. »
34:46« La deuxième brée,
34:47je note ici.
34:48La troisième, je note ici.
34:49» « Exactement.
34:49« Pour avoir les 100%. »
34:51« Et ouais. »
34:52« Ça, c'est pour une espèce. »
34:53« Nous, on est vraiment
34:54sur des suivis assez simples
34:55pour qu'à Madagascar,
34:57au Mozambique,
34:57à Mayotte,
34:58à La Réunion,
34:59tout le monde puisse réaliser
35:01un protocole
35:02qui soit un peu harmonisé
35:03et qu'on puisse un jour
35:04se dire « OK,
35:04comment ça se passe là-bas ? »
35:07pouvoir comparer un peu
35:08les situations géographiques.
35:12Et donc,
35:13d'où l'intérêt
35:13de faire quelque chose
35:14de pas tant élaboré,
35:16mais de simple
35:17et où on peut le répliquer
35:19dans le temps
35:19et dans l'espace.
35:27Donc on se cale d'abord
35:28tous ensemble
35:29sur les mêmes quadras.
35:30On avance petit à petit.
35:31On remplit au fur et à mesure
35:32les pieds.
35:32« On va faire
35:32les mêmes choses
35:33tout le monde. »
35:34« Ouais.
35:34Et après,
35:35une fois qu'on est à l'aise,
35:36là, on répartit.
35:37OK ?
35:38On voit comment ça se passe.
35:41Ça vous va ?
35:41« Oui. »
35:42« OK. »
35:42« Moi, j'étais parmi
35:43les gens qui ont fait
35:44les enquêtes
35:45de Dugong
35:46dans les différents
35:47villages, localités.
35:48Donc oui,
35:49toutes les enquêtes
35:50sont positives.
35:51Ils ont dit
35:51« On voit,
35:52on a vu,
35:52on voit, on a vu. »
35:53« Maintenant,
35:54c'est la confirmation. »
36:09« Si il y a
36:10de Dugong
36:11dans un endroit
36:11à Moëli,
36:12le parc dirait « Waouh ! »
36:14C'est-à-dire que
36:14ça serait très, très,
36:15très génial.
36:17Non seulement
36:17ça va attirer
36:18des touristes
36:19qui viendraient
36:20à Dugong,
36:20mais au moins
36:21on confirmerait
36:22qu'il y a la présence
36:22de Dugong
36:23dans notre zone,
36:24dans nos eaux,
36:25du parc.
36:26Donc ça sera vraiment
36:27une belle chose.
36:40On va se mettre
36:41sur 2 mètres
36:41en zone baseuse
36:42et on va faire
36:43un transècle
36:43long de cette montagne.
36:45Mon idée,
36:45c'est d'enchaîner, là.
36:46Pareil ?
36:47Pareil ?
36:48Ouais, ouais, ouais.
36:49On enchaîne.
36:51Pour confirmer
36:52la présence
36:52de l'introuvable Cyrana,
36:54l'équipe de Mayotte
36:56fait appel
36:56à l'ADN environnemental.
36:58Une technique
37:00jusque-là inédite
37:01pour le Dugong.
37:06L'ADN environnemental
37:08a comme principale qualité
37:10de détecter
37:11la présence
37:11d'espèces
37:12difficilement observables
37:13et rares.
37:14On déploie un plongeur
37:15avec un scooter
37:16des mers
37:16et sur le scooter
37:17des mers,
37:18on place
37:19des pompes
37:19étanches.
37:22On filtre
37:22l'eau de mer
37:23dans ces zones-là
37:24et l'idée,
37:25c'est de capturer
37:26les traces
37:26qu'il laisse,
37:27notamment les désquamations
37:28de cellules,
37:29les déjections,
37:31les excréments
37:32où il pourrait y avoir
37:34des cellules
37:35du Dugong.
37:37L'hypothèse derrière,
37:38c'est que si on détecte
37:39le Dugong
37:39dans cet échantillon-là,
37:41c'est que le Dugong
37:42est passé dans la zone
37:43vraisemblablement
37:44ses 24-48 dernières heures.
37:50On est au 7e point,
37:52là on va être au 8e point,
37:53à chaque fois on en fait 2,
37:55la plupart du temps
37:55on en fait 3.
37:56L'ADN environnemental
37:57est une technique
37:58qui est non destructive.
38:00On n'altère pas,
38:01on ne gêne pas le Dugong
38:02lors de ses déplacements,
38:05ce qui est une alternative
38:07à des techniques
38:08un peu plus invasives
38:09comme par exemple
38:10le tagage
38:11ou le marquage de Dugong
38:12qui nécessite une approche
38:13plutôt invasive
38:14de l'individu.
38:16Pour lui,
38:16enfoncer un tag.
38:34On voit les dessins
38:35plus clairs,
38:38ça s'apparente
38:39à des traces de groutes.
38:42C'est dans la même zone
38:43qu'il avait été aperçu
38:46par d'autres personnes.
38:47C'est une bonne zone
38:49pour les suivre bien notamment.
38:51C'est un bon spot.
38:52Je ne sais pas combien
38:53des individus nous avons
38:55mais je suis certain
38:56au moins qu'on a
38:57au moins deux individus
38:59dans la zone des Amiens.
39:00Je les ai vus
39:01juste en face là,
39:03juste en face.
39:04Je n'étais pas seul
39:05pour que les gens disent
39:06parce que je n'avais pas
39:06d'appareil photo
39:08pour confirmer l'idée
39:10mais j'étais avec quelqu'un
39:11donc moi j'ai vu
39:12la personne
39:13qu'on était ensemble
39:14aussi l'a vu.
39:25Menacés eux aussi
39:26par l'érosion des sols
39:27et les prises accidentelles,
39:29les dugongs de Moëlys
39:31sont-ils assez nombreux
39:32pour venir au secours
39:33de la sirène de Mayotte ?
39:35Rien ne le prouve aujourd'hui.
39:37D'autant que les indices
39:38sont maigres
39:39pour confirmer
39:39les échanges potentiels
39:41entre les deux îles.
39:46Bon bah du coup
39:47il y a Eliott
39:48qui nous a amené
39:48la vertèbre l'autre jour.
39:50On l'a mis au frigo.
39:52Donc on va voir
39:54ce qu'on va pouvoir en faire.
39:56Ce qu'il nous reste aujourd'hui
39:57c'est seulement
39:58cette vertèbre.
40:00Il a été pêché
40:01malheureusement au filet.
40:02Il a probablement
40:03ensuite été relâché
40:05par les pêcheurs,
40:06mort pour ne pas
40:07subir l'autorité du parc.
40:09Et il a été retrouvé
40:11quelques jours
40:12ou semaines après
40:13finalement un peu
40:14déséché,
40:15enfin complètement
40:15déséché
40:16sur la plage
40:17de Miringoni.
40:19On voit quand même
40:20des morceaux de chair
40:20là.
40:22Et il y aura peut-être
40:23des choses encore
40:23dans la moelle.
40:25Clairement c'est envisageable.
40:27Et là on ne sait pas
40:28trop si ce n'est pas
40:29encore des morceaux
40:31de ligament.
40:33Donc c'est un super
40:35échantillon.
40:36Super échantillon.
40:37Super échantillon.
40:39dans quelle mesure
40:40ces individus-là
40:41sont apparentés
40:42aux îles proches.
40:44S'ils sont apparentés,
40:46c'est qu'on fait
40:46la démonstration
40:47que les populations
40:48de Mayotte
40:49ont besoin
40:50d'être connectées
40:51aux populations
40:52des îles proches
40:53pour survivre.
41:00En attendant de comparer
41:02les ADN,
41:03la vertèbre de Moëli
41:05va compléter
41:06les échantillons
41:06de dugong maorais
41:07stockés dans les frigos
41:09de l'université
41:10de Mayotte.
41:18On va tester
41:20des amorces PCR
41:21spécifiques
41:22aux dugongs.
41:23Là vous avez
41:24des séquences
41:25de dugong
41:25dont les séquences
41:26de dugong
41:27de Mayotte
41:28qu'on avait retrouvées
41:29en 2017
41:30morts.
41:32Mise au point
41:33par Emmanuel Corse
41:34et ses étudiants
41:35à Mayotte,
41:36la technique
41:37de traçage ADN
41:38sera bientôt partagée
41:39avec toute la communauté
41:40scientifique.
41:42On est sur des manips
41:43sensibles,
41:43contamination,
41:44attention.
41:45Une lueur d'espoir
41:46pour le dugong
41:47tant la coopération
41:49régionale
41:49est encore balbutiante.
41:52Je crois
41:53en la diplomatie
41:54scientifique.
41:55Il est indispensable
41:56pour conserver
41:58le dugong
41:58à Mayotte
41:59que ce soit
42:00une conservation
42:00concertée
42:01à l'échelle régionale
42:03et que ça se fasse
42:03en cohésion
42:05avec les voisins,
42:06avec les îles voisines,
42:08le reste des Comores
42:09et de Madagascar.
42:11Quelque part,
42:11ne pas réussir
42:12à conserver
42:13le dugong,
42:15ce sera un échec
42:16pour la conservation
42:17de l'environnement
42:18et du lagon à Mayotte.
42:25Est-ce que vous avez
42:26déjà vu cet animal ?
42:28Est-ce que vous connaissez
42:29cet animal ?
42:32Le dugong.
42:33Le dugong.
42:35Le dugong.
42:36Autrement dit,
42:37on l'appelle aussi
42:38la vache des mers
42:39ou le zébut des mers.
42:41Et il va faire un petit
42:42tous les 5 à 7 ans.
42:47C'est très, très long.
42:48Il ne va pas
42:49se reproduire
42:50tous les ans.
42:51Du coup,
42:51si on l'a trop pêché
42:52d'un coup,
42:53il n'a pas eu le temps
42:54de se reproduire.
42:57Exactement.
42:58Récemment,
43:00on a eu la chance
43:01de voir le papa
43:02et la maman
43:03avec un bébé ensemble.
43:05Donc,
43:06tout le monde
43:07amoureux du dugong.
43:08On était tous contents.
43:09Mais jusqu'à maintenant,
43:10le petit bébé
43:11n'a pas été revenu.
43:12Mais c'est un bon signe.
43:15C'est une fierté
43:16de représenter Mayotte
43:17en tant qu'ambassadeur
43:19parce qu'on se dit
43:20qu'on est des ambassadeurs.
43:21Même si ça ne se voit
43:23pas trop bien,
43:23mais on est là.
43:25On fait avancer
43:26Mayotte petit à petit.
43:28Il y a beaucoup
43:28de choses à faire
43:29sur le lagon.
43:30Il y a beaucoup
43:30de métiers.
43:31Comme moniteur de plongée,
43:33les métropolitains,
43:33il y en a plein.
43:34Les Moussumbus,
43:35il y en a plein.
43:36Mais les Mahorais,
43:37on n'est que quatre.
43:39Donc,
43:39ce n'est pas beaucoup.
43:41Surtout que le lagon,
43:42il est vaste.
43:43D'accord ?
43:45On attend de vous
43:46que vous soyez la relève.
44:06« Djugang, on ne l'a jamais vu »
44:08avec les gamins.
44:08Peut-être un jour,
44:09on espère bien.
44:11donc je me dis
44:11que ce serait bien
44:12d'avoir
44:14un grand peuplément
44:15de Djugang
44:16pour qu'on se dise
44:17« ouais,
44:17on fait une sortie Djugang
44:19qu'on soit sûr
44:20d'en voir un. »
44:25pour qu'on se dise
44:28d'en voir un. »
44:39« Djugang, on ne l'a jamais vu »
44:56« La survie de l'espèce,
44:58c'est non seulement
44:59un impératif moral,
45:00mais c'est aussi
45:00un impératif légal
45:01et c'est un engagement
45:03international de la France.
45:04La France adhère
45:06au Memorandum of Understanding
45:07pour la protection
45:08des Djugongs
45:09depuis pas mal d'années déjà.
45:12Lorsqu'on est en France,
45:13on se doit
45:14de respecter aussi
45:15les prérogatives
45:17pour lesquelles la France
45:18a soumis
45:19ces conventions internationales.
45:21« On pensait le mettre ici
45:22avec le panneau
45:23milieu marin
45:24avec les espèces
45:25un peu caractéristiques
45:26de Mbouzi
45:27et la table d'orientation
45:29à côté
45:29pour qu'on voit bien
45:30petites terres,
45:31grandes terres. »
45:33« C'était dans cette zone-là
45:34que le Djugang
45:35a été aperçu dernièrement ? »
45:36« Ouais,
45:37c'était dimanche dernier,
45:38ouais. »
45:38« Dimanche dernier,
45:39autour de... »
45:40« Autour de petites terres
45:41sur les herbiers. »
45:43« Yes. »
45:44« Ça fait pas mal
45:45d'observations opportunistes
45:46dernièrement. »
45:47« Ouais. »
45:47« C'est chouette. »
45:52« Financé pour une période
45:54de quatre ans,
45:55le plan d'action
45:56pour le Djugang maoré
45:57doit s'achever en 2025.
46:00Autant dire
46:00que le temps presse
46:01pour engager
46:02d'éventuelles actions. »
46:22« Voilà, en gros,
46:24on voudrait prospecter
46:26la zone plutôt sud,
46:27passant est,
46:28vendre-et-les.
46:29C'est des transectes
46:30espacés d'un kilomètre.
46:31et donc regarder
46:32dans un couloir
46:33de 500 mètres
46:35et voilà,
46:36suivre, remonter. »
46:38« En fait,
46:38toute cette zone,
46:39si tu veux,
46:39on arrive à le voir.
46:41Ici, c'est un peu plus rare.
46:42Là, je l'ai vu
46:43dernièrement,
46:44il était vers Bandrelé.
46:45Ouais, très bien.
46:46Donc, on sait pas
46:47si c'est le même,
46:48mais... »
46:49« C'est la question. »
46:50« C'est la question. »
46:55« C'est la question. »
47:31« On est à combien, là ? »
47:49« Là, on est à 1500 pieds. »
47:52« En vitesse,
47:53on peut réduire. »
47:55« Nous, on essaye
47:57de développer
47:57un protocole ULM,
47:58donc en mobilisant
47:59plusieurs ULM
48:00et plusieurs observateurs.
48:03On aimerait, en fait,
48:04quadriller Mayotte
48:05en quatre grosses zones
48:06et essayer de détecter
48:08s'il y a présence
48:08de dugong ou non,
48:09prendre des photos
48:10si on y arrive.
48:12Il faut persévérer,
48:13être patient,
48:14continuer.
48:15Et puis, heureusement,
48:16sinon,
48:16ce serait trop facile. »
48:22« L'avantage de l'aérien,
48:24c'est qu'on recouvre
48:24une surface assez grande
48:25en temps assez illimité.
48:27Et là,
48:27on peut balayer tout le lagon
48:28et monter nos chances
48:29de détection, en fait.
48:30C'est vraiment ça.
48:32C'est particulièrement intéressant
48:33pour des espèces
48:34qui viennent respirer
48:36à la surface
48:37de manière assez fréquente.
48:40« Il y a énormément
48:41de poissons, là. »
48:43« Malheureusement,
48:44c'est pas ça
48:44qui va attirer le dugong.
48:45Il ne pense pas de poissons. »
48:49« Il y a plein de dugong
48:50à gauche, là,
48:51avec des palmas que tu y vas.
48:52Il est bon ? »
48:59« Il y a une bête
49:01dans la pince en est,
49:02je ne sais pas ce que c'est.
49:03Vous avez vu quelque chose ? »
49:06« Pardon. »
49:14« Ah oui, génial ! »
49:47« Ah oui, génial ! »
49:48« On voit combien ? »
49:50« Voilà, regarde, là. »
49:51« Ah oui, OK. »
49:53« Vas-y, chute, là. »
50:00« C'est là, il n'est pas ? »
50:11« Ça fait toujours plaisir
50:12de croiser la route dans le dugong.
50:14C'est un petit cadeau
50:15et finalement, tu te dis
50:16« Waouh, il y en a encore. »
50:19« Ça redonne un peu espoir. »
50:22« C'est une espèce quand même assez emblématique
50:24et il est en train de disparaître
50:26dans l'indifférence générale dans le monde. »
50:29« C'est important de protéger l'espèce. »
50:31« On est en train de détruire tout notre écosystème
50:33et nous au même temps. »
50:37« C'est un petit. »
50:38« C'est un petit. »
50:42« C'est un petit. »

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