00:00J'ai eu la peur de ma vie, on se prenait les rafales, les vitres avaient explosé,
00:03donc on avait quand même les rafales de vent qui rentraient à l'intérieur,
00:06enfin vraiment c'était un véritable film d'horreur.
00:08Je suis chez moi, tout a été ravagé,
00:13voilà le séjour, le village a été complètement détruit.
00:20En fait ici tous les magasins sont fermés, il n'y a pas d'électricité,
00:24donc on ne peut pas rouvrir, on ne peut pas payer en carte bleue,
00:27les congélateurs sont tous fondus, donc il y a une perte énorme en termes de nourriture
00:31parce que tout ce qui était au frais, c'est mort.
00:34On est allé dans les supérettes du centre-ville, de Petite Terre, à l'abattoir,
00:39il n'y a plus de riz, il n'y a plus d'eau, il n'y a que des boîtes de sardines et 2-3 trucs qui traînent.
00:44Franchement les gens, je ne sais pas comment ils font, on a commencé à crever de faim.
00:47Moi je n'ai pas bougé de Petite Terre depuis le début du cyclone,
00:50je n'ai rien pour comparer mais je sais qu'ici,
00:52si on me dit qu'il y a pire ailleurs, je n'ose même pas imaginer ce qu'il y a ailleurs.
00:56On est dans la ville au nord de Mamoudzou, plus précisément dans un village qui s'appelle Majikavo, Dubaï.
01:03Vu les mangas et vu les personnes qui ont rejoint les centres d'accueil,
01:07la majeure partie de la population est restée dans les bidonvilles,
01:11donc forcément il n'y a plus rien au sol, les tols volaient de partout,
01:14et c'est un miracle de rester en vie en fait.
01:17Moi je vivais en coloc dans un quartier qui s'appelle l'abattoir,
01:22et c'est un quartier où il y a pas mal de maisons en dur pour le coup,
01:25c'est des vieilles maisons, donc en fait il y a énormément de toits qui se sont envolés,
01:29et moi c'est ce qui s'est passé, mon toit s'est envolé,
01:32et comme la charpente en dessous c'est du bois, la charpente s'est effondrée dans la maison.
01:36Ça c'est ma chambre, les cloisons ce sont des tons retombés, tout est ravagé.
01:42En Petite Terre t'as aussi des quartiers comme par exemple le quartier de la Vigie,
01:46qui est un quartier qui est connu pour avoir énormément de maisons de tols,
01:51on appelle ça des bangas ici.
01:52Je y suis allée hier, il n'y a pas un banga qui est debout.
01:55Il y a des fringues partout, des matelas partout, des meubles partout, des bouts de bois, des bouts de tol,
02:00enfin vraiment c'est horrible quoi.
02:03On n'arrive pas à savoir exactement le nombre de victimes qu'il y a,
02:06en fait comme ici les gens n'ont pas de réseau et n'ont pas du tout accès aux informations,
02:10ils ne savent pas exactement combien il y a de morts,
02:12enfin tout a été balayé sur le passage, et donc du coup pour les victimes c'est hyper compliqué.
02:18On n'aura jamais le nombre précis,
02:20notamment parce qu'on a des problèmes de recensement dans la population ici à Mayotte,
02:23en fait on comptabilise environ entre 250 et 300 000 habitants officiels,
02:29et en réalité on est 600 000 à vivre sur l'île avec toute l'immigration qu'il y a ici.
02:33Il y a plein de personnes qui se coupent parce que justement ils reconstruisent les pieds dans la ville,
02:38et les tôles en fer, elles sont tranchantes quoi, enfin c'est des lames de rasoir.
02:43Les gens se blessent et ne vont pas à l'hôpital parce qu'ils ont peur de se faire excuser à l'hôpital,
02:49parce qu'ils sont tombés sur une présence policière qui pourrait amener à leur expulsion.
02:53Le premier soir, il y a eu des bagarres, juste après le passage du cyclone,
02:58mais depuis c'est le calme plein, il n'y a aucune tension,
03:02et il y a une solidarité de malade, c'est qu'en fait les gens qui vivent dans les bangars reconstruisent les bangars.
03:07Tout le monde s'est occupé, ce n'est pas vraiment les forces de l'ordre ni les pompiers,
03:12mais c'est vraiment les habitants qui se sont occupés de déblayer les routes, etc.
03:16En fait tout le monde essaie de reconstruire les bangars,
03:20enfin dans les habitants-villes on essaie de les reconstruire.
Commentaires