00:00Sofiane, on parle d'un plan de départ volontaire, mais 10% des effectifs sont concernés.
00:04Oui, c'est assez énorme. On parle de 17 000 personnes qui travaillent en France pour Michelin
00:08et donc 1 500 postes qui pourraient être supprimés au maximum.
00:11En fait, c'est simple, la part de la France dans l'activité du groupe,
00:14elle diminue tendanciellement depuis plusieurs années.
00:17Alors, il y a plein de raisons, le coût du travail, la fiscalité et les contraintes réglementaires.
00:21Au micro de BFM Business, ce matin, le président du groupe explique qu'il s'agit finalement de la vie
00:27normale d'une entreprise.
00:29Les technologies évoluent, les métiers changent.
00:32C'est pour ça qu'on a fait un plan de départ volontaire, il n'y a aucun départ contraint.
00:36Effectivement, il y a un certain nombre de postes qui évoluent dans le temps.
00:41La comptabilité d'il y a 50 ans n'est plus du tout la même comptabilité qu'aujourd'hui.
00:45Vous avez l'intelligence artificielle, vous avez les nouvelles technologies qui arrivent.
00:49Et donc, il faut anticiper tout ça.
00:52Voilà, donc ça veut dire 1 500 postes sur 3 ans sous forme de rupture conventionnelle collective
00:57qui sera donc renouvelée d'une année sur l'autre.
00:59Les deux tiers de ces suppressions concernent en réalité des fonctions dites tertiaires,
01:03c'est-à-dire des fonctions administratives.
01:04Un tiers des ouvriers, c'est le plan jusqu'à 3 ans.
01:07Ce n'est pas le premier plan de départ pour Michelin, dans un contexte que l'on sait compliqué.
01:12Oui, en fait, il y a déjà deux ans, il y a eu la fermeture de deux usines,
01:15de Cholet et de Vannes, et là, ce n'étaient pas des plans de départ volontaires.
01:18On a carrément fermé les sites.
01:20Les syndicats rappellent quand même que Michelin est une entreprise rentable.
01:23Les actionnaires se sont partagés l'année dernière 1,6 milliard d'euros.
01:28C'est un peu compliqué, d'autant quand vous avez un président de groupe qui a défendu,
01:32vous savez, le salaire décent avec un appel à le généraliser à toutes les entreprises.
01:36Oui, mais voilà, en France, l'activité industrielle du groupe est déficitaire.
01:40Et donc, le président demande de ne pas augmenter la fiscalité,
01:43parce qu'avec le risque à terme, on le connaît, c'est celui de faire de l'argent ailleurs,
01:48plus d'argent et donc de perdre le siège social de Clermont-Ferrand,
01:51qui est quand même un gros symbole.
01:53La France tue son industrie, c'est ce que ce président de groupe ne cesse de répéter.
01:58Est-ce que la guerre en Iran, la flambée du pétrole, du coût de fabrication,
02:03ça a joué, aggravé les choses ?
02:04Oui, ça continue de jouer.
02:05La fermeture du détroit d'Ormouz, il faut avoir conscience que ça,
02:08à terme, ça pèse sur une pénurie possible sur certains types de matériaux.
02:12Il faut avoir en tête que 70% d'un pneu est issu des produits de raffinage.
02:16Donc évidemment que cette fermeture du détroit d'Ormouz pêche, joue évidemment.
02:21Ça veut dire aussi que le pneu, le prix du pneu va augmenter.
02:25Selon les informations de BFM TV, c'est même probable.
02:28C'est ce que répond le président du groupe, sans qu'on sache dire pour l'heure de combien.
02:32Et l'augmentation du prix du pneu, malheureusement, c'est sans doute pour cette rentrée.