Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 minutes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00C'est un secteur qui nous accompagne quotidiennement, sans que l'on s'en rende compte.
00:04Bien souvent, on parle du monde associatif ce matin, alors qu'un breton sur deux est engagé dans la vie
00:09associative.
00:10On en parle, Justine, avec l'un des représentants du mouvement associatif de Bretagne, co-président du mouvement Rennais.
00:16Bonjour Frédéric Brémont.
00:18Bonjour.
00:18Alors, quelques chiffres d'abord pour poser les choses.
00:2185 000 associations en Bretagne, 700 000 bénévoles, plus de 100 000 salariés.
00:28Assez incroyable, ces chiffres, est-ce qu'ils reflètent une bonne santé de ce milieu associatif,
00:32ou au contraire, ils cachent une mauvaise santé plutôt ?
00:35Alors, en fait, ils cachent peut-être 125 ans d'existence des associations, tout simplement.
00:39On s'est construit au fur et à mesure, mais on n'est pas en bonne santé.
00:43Il faut être tout à fait réaliste.
00:45Les subventions sont coupées, peut-être de façon en plus des fois un peu arbitraire.
00:49On n'arrive pas toujours à comprendre quel est notre rôle.
00:52On est soit des prestataires des politiques publiques,
00:55alors que nous, on aimerait être des partenaires, en fait, pour co-construire tout ça.
01:00Et c'est parfois un peu compliqué.
01:01Il y a des territoires où ça va mieux, et des territoires où c'est vraiment très très dur.
01:05Alors, avant d'entrer dans le détail, est-ce qu'on peut dire qu'il y a une particularité bretonne
01:10?
01:11Parce que moi, je ne suis pas bretonne d'origine,
01:13et j'ai l'impression que les associations en Bretagne,
01:15c'est plus, ça veut dire plus que dans d'autres régions françaises.
01:19Est-ce que je me trompe ?
01:20Non, c'est vrai qu'on a une idée de la solidarité, de la complémentarité, du maintien.
01:27C'est aussi vrai d'ailleurs dans le monde rural,
01:30puisque la Bretagne centrale est très très fournie en diversité associative,
01:36qui fait que d'ailleurs, quand les services publics ne sont plus là,
01:38quand les commerces aussi disparaissent,
01:41la dernière finalement force, le dernier lien social qui existe,
01:44ce sont les associations.
01:46Mais c'est aussi vrai dans les quartiers prioritaires de la ville,
01:49enfin, c'est partout vrai, et dans tous les domaines,
01:51dans toutes les politiques publiques,
01:52les associations interviennent d'une façon ou d'une autre.
01:55Et ça, Frédéric Brémont, c'est peut-être bien de le rappeler,
01:56à quelques jours seulement du premier tour des municipales,
01:59parce que vous l'avez un peu dit, déjà, les associations,
02:01parfois, elles font le job des mairies,
02:05du département de la région, voire de l'État, non ?
02:07En fait, on bouche les trous, parfois,
02:09les trous dans la raquette, comme on dit souvent,
02:11c'est-à-dire que lorsqu'on met en place une politique publique,
02:13et c'est tout à fait légitime,
02:14il y a des cas concrets, de proximité, de diversité,
02:18qui sont vraiment...
02:20Il faut être présent, et de longue date, en général,
02:23sur un territoire, pour les régler.
02:24Et là, les associations ont pleinement leur rôle.
02:27Donc, on est vraiment un complément pratiquement indispensable
02:30de mise en œuvre,
02:32et de remonter de l'expérience de terrain.
02:34Il y a même des expérimentations associatives
02:36qui deviennent des lois, à un moment donné,
02:38après une expérimentation de plusieurs années, souvent.
02:41Mais donc, comme bien souvent, l'argent, c'est le nerf de la guerre,
02:44et vous en manquez, là aussi,
02:45les budgets se resserrent,
02:47moins de subventions pour des associations bretonnes ?
02:50Il y a moins de subventions, c'est certain,
02:51mais il y a aussi, peut-être, un manque, parfois,
02:54de transparence sur la façon de l'utiliser.
02:56Et c'est ce que nous, on revendique,
02:58de co-construire,
02:59notamment avec des chartes d'engagement réciproques,
03:01une façon de raisonner sur les ressources.
03:04Il n'y a pas que l'argent,
03:05il y a aussi les locaux, il y a aussi la mobilité,
03:07enfin, il y a plein de choses complémentaires
03:09qui pourraient être traitées, travaillées,
03:11avec, justement, les nouvelles mandatures qui vont s'installer.
03:14C'est le moment rêvé de faire ce plaidoyer, finalement.
03:17Donc, de dire aux maires, aux municipalités,
03:19si vous nous donnez cet argent,
03:20on va pouvoir faire ça, on fera ça, etc.
03:23Si on se met autour d'une table,
03:24et que l'on construit progressivement,
03:26pas à pas, les différentes ressources nécessaires
03:28à pouvoir faire notre job, finalement,
03:31on pourra certainement mieux travailler.
03:34Il y a d'ailleurs un travail qui va être rendu d'en peu
03:37par le Césaire, le Comité économique, sociale et environnemental
03:43de la Bretagne,
03:46sur l'impact du 1 euro mis dans une association.
03:51Le 1 euro, ça revient sur le territoire,
03:54non pas à 1, 2, 3, je vous laisse voir,
03:56autour du 3 juillet, au moment de la restitution de l'étude,
04:00ce qu'il en est.
04:01Mais, en fait, nous fabriquons de la valeur économique.
04:03On ne coûte rien, au contraire, on rapporte.
04:06Et non seulement on rapporte de la valeur économique,
04:09qu'on réinvestit sur le territoire,
04:10mais on fabrique de la valeur humaine.
04:12Et ça, ça n'a pas de prix.
04:13Et alors, justement, toutes ces associations bretonnes,
04:15ces 85 000 associations bretonnes,
04:17elles ne seraient rien sans leurs bénévoles, 700 000.
04:20Est-ce qu'il y a une crise du bénévolat en Bretagne, ou pas ?
04:23C'est une crise sociétale.
04:25C'est-à-dire, en fait, si nous ne nous réinventons pas
04:27sur le bénévolat,
04:28avec des missions plus courtes,
04:30des missions peut-être plus dans le contexte,
04:32et pas forcément comme si on reproduisait une entreprise
04:35dans son fonctionnement,
04:36je pense qu'on trouve,
04:37y compris chez les jeunes.
04:38C'est-à-dire s'engager sur un événement, par exemple,
04:40de son association,
04:41et pas sur toute l'année ?
04:43Quand un étudiant, par exemple, ou apprenti,
04:45c'est compliqué de le faire dans un rythme,
04:47on va dire, classique.
04:48Mais il faut qu'on se réinvente.
04:50Et là, on trouve aussi bien des jeunes et des moins jeunes
04:52qui vont trouver, justement là,
04:54ce qu'ils n'ont peut-être pas eu dans leur carrière
04:56ou dans leurs études,
04:58cet sentiment de faire quelque chose,
05:01d'être utile, d'être solidaire,
05:03et pas uniquement en complétant quelque chose,
05:06mais en ayant une vraie initiative,
05:08une vraie création de valeur.
05:10Et bien c'est sur ce très beau message
05:11qu'on va s'arrêter.
05:12Merci beaucoup Frédéric Vremont
05:13d'avoir été l'invité d'ici à Amorix ce matin.
05:15Vous êtes administrateur au bureau
05:17du Mouvement Associatif de Bretagne
05:19et co-président du Mouvement Associatif Rennes.

Recommandations