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  • il y a 11 heures
Après le déclenchement de la guerre en Iran, les prix de l'énergie continuent de s'envoler et le cours du pétrole, en particulier, flambe avec notamment le blocage du détroit d'Ormuz, où transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux. Le conflit au Moyen-Orient entraîne également des conséquences importantes pour de nombreuses entreprises françaises : le blocage du pétrole et du gaz mais aussi des marchandises, inquiète. La hausse des coûts de transport impacte déjà certaines PME. Michel Picon, président de l'union des entreprises de proximité (U2P) est l'invite de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 10 mars 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, il est le président de l'UDEP, l'Union des entreprises de proximité qui représente plus de
00:073,5 millions d'entreprises et 400 000 métiers différents.
00:10Michel Picon est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Michel Picon.
00:13Bonjour.
00:14Ça fait donc 11 jours que la guerre a commencé en Iran et dans la région.
00:18Les cours du pétrole font l'yo-yo, partent dans tous les sens.
00:21Quel est ce matin votre degré d'inquiétude, vous qui représentez les petites entreprises ?
00:26Nous sommes inquiets, bien évidemment, comme tous les Français, par rapport à cette situation.
00:30Inquiets, mais moi ce que je voudrais vous dire, c'est que nous ne devons pas paniquer face à cette
00:34situation.
00:35D'abord parce que le pire n'est jamais certain.
00:38On voit bien cette nuit encore combien les choses peuvent bouger.
00:42Le président des Etats-Unis, qui est le chef d'orchestre, j'allais dire, de toute cette pagaille,
00:49est tellement inconséquent, enfin je ne sais pas si le mot est bon, en tout cas imprévisible,
00:54qu'on peut se retrouver avec de bonnes nouvelles sur la durée.
00:59Sauf que l'incertitude, ce n'est pas bon pour le business.
01:02Je parle sur le contrôle de François Languet.
01:03Oui, l'incertitude n'est pas bonne pour le business, surtout si tout le monde se met à paniquer.
01:09Moi ce que je voudrais dire aujourd'hui, oui, il faudra probablement regarder si les choses s'éternisent.
01:15Un certain nombre de secteurs d'activité, parmi les nôtres, je pense aux travaux publics par exemple,
01:20qui traversent une période extrêmement compliquée, à la suite des intempéries,
01:25et puis cette augmentation de fioul sur des engins qui consomment énormément...
01:30Il y a déjà des conséquences ou pas ? On entendait les routiers tout à l'heure qui disaient
01:33non mais des pleins, je mets 1000 euros de pleins, j'avance les frais...
01:36Oui, oui, on a déjà des entreprises qui payent une facture de livraison.
01:42Là aussi, la semaine dernière, nous avions conseillé des entreprises avec le gouvernement,
01:46et j'ai interpellé le gouvernement. On était à trois jours, c'était mercredi dernier,
01:51à trois jours déjà, le coût du carburant augmentait.
01:54Alors bon, j'espère que quand ça va rebaisser...
01:57C'est abusif ou pas ?
01:58Oui, oui, il y a des effets d'aubaine, bien évidemment.
02:00Alors chez les distributeurs ou chez d'autres intervenants,
02:04moi je suis satisfait que le gouvernement ait engagé 500 contrôles, même si...
02:09Les contrôles, ça ne fait pas baisser les prix, Michel Picon ?
02:11Non mais ça va peut-être un peu freiner ceux qui avaient l'intention ou ceux qui abusent.
02:17Je pense que personne n'a trop envie d'avoir un éclairage dans tous les médias,
02:23mettant à jour des comportements qui ne sont pas...
02:25Vous pensez que le name and shame, comme on dit, il y a les nommer, montrer du doigt, ça peut
02:28avoir un effet ?
02:28Je pense.
02:29C'est ça que vous avez demandé au gouvernement la semaine dernière ?
02:31Nous, nous avons demandé au gouvernement de rappeler à l'ordre,
02:34ceux, et le gouvernement a les moyens de le vérifier,
02:38ceux qui prennent les Français pour des dindons, pardon de le dire.
02:41De dire à ces gens-là,
02:44nous prendrons, avec le dispositif législatif ou juridique qui existe,
02:50mais nous prendrons des mesures pour éviter qu'on rajoute de la difficulté à une difficulté que tout le monde
02:57a.
02:57Aujourd'hui, pardon, mais vendre le litre d'essence ou de gazole à plus de 2 euros litre,
03:00c'est prendre les Français et les consommateurs pour des dindons ?
03:02À cette heure-là, oui.
03:04Parce qu'on ne peut pas nous dire, bon, pas de panique,
03:07il y a 3 mois de stock, on a des réserves,
03:10et en même temps, avoir une réactivité aussi forte,
03:15alors 3 jours la semaine dernière, c'était vraiment impossible.
03:18Il n'y a personne qui était contraint d'augmenter, si ce n'est de se dire,
03:22dans un mois, peut-être, je ferai moins de chiffre d'affaires,
03:24et donc je vais engranger tout de suite, histoire de pas...
03:27Vous ne demandez pas de bouclier, vous demandez de la responsabilité.
03:30On demande de la responsabilité.
03:32Pas de bouclier, pas de chèque, pas d'aide ?
03:33Il y aura un certain nombre de secteurs,
03:36en tout cas, le chéquier tout azimut, on pourrait le demander,
03:39mais chacun connaît la situation des finances de notre pays,
03:43on sort d'un épisode budgétaire où tous les Français le savent,
03:47savent qu'il n'y a plus d'argent dans la caisse,
03:49on a rajouté 125 milliards de dettes,
03:52quoi qu'il en coûte, il faudrait être irresponsable pour le redemander.
03:56Quels secteurs il va leur aider, alors ?
03:57Je pense des secteurs qui sont des gros consommateurs d'énergie,
04:00et puis ensuite, après, sur tous ceux, bien sûr, qui vont voir une facture...
04:04Un boulanger, c'est un gros consommateur d'énergie ?
04:05Oui, un boulanger, c'est un gros consommateur d'énergie,
04:08d'abord électrique, puisque de plus en plus,
04:11nos boulangers, on les encourage à passer à l'électrique,
04:14et ceux qui sont au gaz, parce qu'il y a le fuel,
04:16mais il y a aussi le gaz, avec des inquiétudes sur les approvisionnements,
04:20et sur le prix, sur tous ces commerces aussi,
04:23ce qu'on leur dit, il faudra ajuster un petit peu vos prix.
04:27Et moi, ce que j'appelle, j'appelle tous les Français à aussi jouer ce jeu-là.
04:32Il faudra accepter si le croissant doit prendre 10 centimes de plus,
04:36ou 15 centimes de plus, pour aider le boulanger à passer cette période.
04:40Je pense que ce que nous avons besoin...
04:41C'est un peu provisoire, encore une fois.
04:42Oui, mais bien évidemment, à condition que,
04:44lorsque cette crise va s'apaiser,
04:46alors il y en aura peut-être une autre après,
04:48mais qu'on revienne à des prix normaux.
04:51Moi, je pense qu'on a besoin...
04:52Vous dites, aux pompistes, à la grande distribution,
04:55soyez raisonnable, aux Français,
04:56oui, il y a un petit effort à faire,
04:58mais il ne faut pas paniquer.
04:59Absolument.
05:00Absolument, parce que l'État providence,
05:02tel qu'on l'a connu,
05:03on sait tous les uns et les autres que ça ne sera pas possible.
05:06Et si on veut que l'État ait encore les moyens
05:08d'aller au secours de ceux pour qui c'est vital,
05:13eh bien, il faut qu'il soit sobre
05:15sur sa générosité, entre guillemets,
05:17parce qu'il n'y a pas de générosité.
05:19Michel Picon, j'entendais un responsable
05:21d'une entreprise de mobilier,
05:22Fairmob en l'occurrence,
05:23expliquer qu'en quelques jours,
05:24un conteneur qui était livré jusque-là pour 2 000 dollars
05:27était passé à 4 000 dollars.
05:28Alors oui, on pointe la responsabilité
05:30des stations d'essence, des pétrois,
05:31tout ce qu'on veut.
05:32Est-ce que les transporteurs maritimes
05:33n'ont-ils pas, eux aussi, une part de responsabilité ?
05:36Est-ce qu'ils ne font pas partie,
05:37peut-être comme pendant le Covid,
05:38des profiteurs de guerre ?
05:39Non, mais complètement.
05:40C'est pour ça que moi,
05:42dans le pétrole et dans le carburant,
05:44je dis oui, il faut aller vérifier les distributeurs,
05:46mais pas ceux.
05:47Il faut aller regarder toute la filière.
05:49Le raffinage du brut,
05:51ce n'est pas parce que le prix du brut augmente
05:53que le raffinage est impacté par cela.
05:56Donc oui, je pense qu'il y a toujours,
06:00malheureusement, des profiteurs.
06:02Donc solidarité entre nous.
06:04Moi, je voudrais dire à tous les Français
06:06qui avaient envie de refaire la salle de bain,
06:08de ne pas reporter ce chantier
06:10au motif qu'ils ont peur.
06:11Faites-le.
06:13Privilégiez vos commerçants de proximité,
06:16privilégiez vos artisans.
06:17On a besoin d'activités.
06:19Il ne faut surtout pas que tout s'arrête
06:20parce que là, on rajouterait de la crise à la crise
06:22et ça deviendrait extrêmement compliqué.
06:24Elles sont solides, nos petites entreprises.
06:26Aujourd'hui, on sait qu'elles ont encaissé le Covid,
06:28elles ont encaissé la guerre en Ukraine.
06:30Là, il y a encore une nouvelle crise
06:30et beaucoup d'incertitudes.
06:32Dans l'ensemble, elles tiennent.
06:33Comment se portent-elles en ce début d'année ?
06:36Elles sont en difficulté.
06:38Les 70 000 entreprises qui ont disparu,
06:40près de 70 000 l'année dernière,
06:42ça témoigne d'une trésorerie qui est basse.
06:45Et on est sur quelle tendance en ce début d'année ?
06:47Il y a un thermomètre, les défaillances entreprises.
06:49Ça repartait un petit peu.
06:50On le voit bien quand l'épargne diminue.
06:53On était à 19% d'épargne.
06:55On est passé à un peu moins de 18%.
06:57On gagnait un point.
06:59Cette différence entre 18% et 19% d'épargne,
07:01elle est dans la consommation.
07:02Le début d'année, on voit bien les vacances
07:04à la montagne ont été bonnes.
07:09Alors, il y avait une bonne neige,
07:10il y avait un bon climat.
07:11Mais tous les retours que l'on a de nos commerçants
07:14étaient plutôt satisfaits.
07:16Mais il va falloir qu'on s'habitue, je pense,
07:18à vivre des crises.
07:19Elles seront climatiques,
07:20elles seront géopolitiques.
07:21Vous sentez un risque d'explosion du chômage ou pas ?
07:24Oui, mais à la fois,
07:26on est aussi très réactifs.
07:28Nos entreprises, elles sont résilientes.
07:30Il faut qu'on leur permette
07:31d'alléger leurs effectifs lorsque c'est nécessaire.
07:34Il faut aussi qu'on les aide à recruter,
07:37à former pendant ces périodes leurs salariés.
07:40Vous appelez tout le monde à la responsabilité ce matin
07:42et on l'entend bien, chacun à sa place.
07:44J'ai une dernière question.
07:45Il paraît que l'État cumule 8 milliards d'euros
07:47de retard de paiement
07:48qui doit au PME engagé dans le business de la défense.
07:51Au combien sensible, évidemment, par les temps qui courent.
07:53Est-ce que c'est vrai, déjà ?
07:54Est-ce que l'État est un mauvais payeur ?
07:56Je n'ai pas le chiffre exact,
07:59mais oui, l'État ne paye pas suffisamment.
08:04C'est un sujet que l'on a évoqué la semaine dernière aussi.
08:08Toutes les entreprises qui bossent pour le milieu hospitalier
08:11savent bien que quand vous travaillez pour l'hôpital,
08:14vous n'êtes pas payé dans les délais.
08:15Mais l'État fait couler des boîtes en ne payant pas dans les délais ?
08:17Oui, ça arrive.
08:18Ça arrive ?
08:18Oui, il y a 12%,
08:20entre 12 et 15% selon les secteurs,
08:22d'entreprises défaillantes
08:23qui sont défaillantes.
08:25Il y a l'État, mais il n'y a pas que l'État.
08:26Il y a les grands donneurs d'ordre aussi.
08:28La grande promotion immobilière
08:29qui assassine la petite entreprise de plaquistes
08:33où elle a sous-traité,
08:34parfois en deuxième, troisième rang,
08:36avec des marges extrêmement contraintes.
08:39Et un retard de paiement de 15 jours,
08:42ça met la boîte par terre
08:42parce que le banquier ne suit plus.
08:44que chacun prenne sa part
08:45et on devrait s'en sortir.
08:46C'est le message de Michel Picon.
08:47Merci de venir nous voir ce matin sur RTL.
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