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  • il y a 8 heures
Dans un long format intitulé « T'as vu, t'es dans L'Équipe ! » disponible sur L'Équipe explore, douze anonymes racontent leur présence accidentelle en photo dans les colonnes du journal. Parmi eux, Laurent Arzur, qui s'est retrouvé à la une suite au titre mondial sur 400 m haies de Stéphane Diagana en 1997.

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Sport
Transcription
00:03Je me sens vivant. Je me sens vraiment vivant. Ouais, c'est ça, je me sens vivant.
00:11Bonjour, je m'appelle Laurent Arzur, j'ai 51 ans, je vis à Brue en banlieue Rennes et je
00:16suis contrôleur aérien à Rennes-Saint-Jacques. Alors, je pense que j'ai toujours aimé le sport
00:21et j'ai commencé à lire le journal et les pages sportives dès que j'ai su lire. Ce que
00:26de l'athlétisme, c'est la beauté du geste, l'excellence, le fait qu'on peut avoir beaucoup
00:31de talent, mais qu'il faut beaucoup de travail pour parvenir aux gestes justes. Alors, en 1997,
00:37j'avais repéré que si Diagana gagnait, je serais la première personne qu'il verrait une fois franchi
00:43la ligne. Moi, dans un moment de folie, je suis arrivé sur la piste et le lendemain, surprise,
00:50j'étais en ligne de l'équipe. Donc, elle a vieilli, elle a 28 ans, mais ce que j'aime
00:54beaucoup,
00:55c'est, bon, évidemment, il y a ma tête et je remercie l'équipe parce que je suis persuadé que
01:00le
01:00photographe recule mieux qu'à Bré pour ce qu'on ne me voit pas. Et comme il a vécu que
01:05bien,
01:05j'invite des supporters le rejoignèrent sur la piste. Pour moi, il fallait l'industrer. Alors,
01:10c'est vraiment un arc-en-ciel d'émotions, c'est-à-dire que je franchis dans un moment de
01:17folie,
01:18comme apporté par les autres supporters, on me dit pourquoi pas moi, pourquoi je ne peux pas y aller. Je
01:23me
01:24retrouve à côté de Diagana et là, il y a un mur de photographes, les caméramans qui doivent
01:30filmer. J'ai vraiment le sentiment très unique d'être avec lui, mais à la fois ne pas avoir le
01:38droit de m'approprier ce moment et au contraire, alors que c'était un moment de partage. Cette une,
01:43ce journal, c'est le début de quelque chose. C'est la première fois que je vais voir un grand
01:50championnat. Ça me paraissait improbable, il faut se remettre dans le contexte des 97,
01:54la complexité pour essayer d'avoir des places, il fallait appeler. C'était par téléphone,
01:59faire des virements, mandats bancaires, etc. Alors, le drapeau, lui, il a beaucoup vieilli,
02:04parce qu'il faut savoir que j'étais rentré d'Athènes en stop. Et oui, c'était un long périph.
02:10Mais
02:10voyez, j'ai le premier, j'ai la première signature de Diagana champion du monde. Juste après,
02:17ça prouve la classe et la valeur de l'homme. Il a pris le temps de me le rendre et
02:22de le signer,
02:23avant d'aller rejoindre tous les journalistes et qui l'attendaient pour l'interview. Cette photo,
02:29c'est un marqueur de ma vie par rapport au début d'une grande, grande aventure à travers le monde,
02:37avec beaucoup, beaucoup de raté. Je suis issu d'un petit village au nord de Brest. Pour moi, aller
02:45dans un stade, suivre des championnats du monde et des Jeux Olympiques, c'était un peu aller sur
02:49la lune. Là, on touche à l'intime. Je pense que l'équipe, le sport, c'est les émotions. J
02:57'ai 51 ans,
02:59mes premiers championnats, c'était il y a 28 ans. Et c'est un moment de complicité. Je connais bien,
03:06j'ai l'impression qu'on a des journalistes qui écrivent. Je me sens vivant. Je me sens vraiment vivant.
03:27Ouais, c'est ça, chapson vivant. Je vais être un peu présomptueux, mais quand je vous ai écrit pour
03:36être raconté, ça a duré un mois et demi avant que vous me répondiez, je disais à ma femme, mais
03:44qu'est-ce
03:44qu'ils font ? Ouais, parce que vous me demandiez, si on est arrivé par hasard dans le journal de
03:51l'équipe,
03:51c'était votre appel à témoins. Moi, je suis arrivé par hasard, mais pas vraiment par hasard.
03:58Je collectionne les journaux. J'ai des processus sur l'équipe, c'est-à-dire que j'ai quelques
04:03trucs, on n'a pas le droit d'ouvrir l'équipe avant moi. Si l'équipe n'a plus, je
04:09l'achète en double,
04:10un pour le garder, un pour le lire, pour ne pas l'abîmer. Et toujours, c'est notre réflexe,
04:16c'est que si vous êtes à notre bout du monde, comme en Australie en 2018, quand je reviens
04:20à ma maison, il y a une équipe qui m'attend, que je relis à froid pour revivre les émotions.
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