00:00Texte aussi que nombreux états organisent le rapatriement de leurs ressortissants, la France l'a également fait.
00:06On sait d'après le ministre français des affaires étrangères que 4300 français ont été rapatriés à ce jour.
00:13Bonjour à vous Nabila Jlaoui, vous êtes l'ambassadeur de France à Oman.
00:17Avant de revenir sur ces opérations de rapatriement justement vers le territoire français,
00:21d'abord un point si vous le voulez bien sur la situation sécuritaire.
00:23On sait que le sultanat d'Oman a été frappé plus tôt cette semaine, des drones ont été lancés sur
00:28le territoire.
00:28Qu'en est-il ce dimanche ?
00:32Bonsoir, merci de l'invitation.
00:33La situation sécuritaire reste calme au-sultanat d'Oman.
00:38Nous adressons des messages à notre communauté bien sûr pour lui demander de rester vigilante,
00:44d'observer la stricte prudence face aux événements,
00:47parce que nous ne sommes pas à l'abri malheureusement d'une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire,
00:52mais la situation en général reste très calme au-sultanat.
00:55On sait que l'aéroport de Mascate a reçu énormément de personnes.
01:01Beaucoup d'expatriés ont tenté justement de rejoindre leurs pays respectifs ailleurs en Europe
01:05en tentant de rallier cet aéroport-là précisément parce que les vols y étaient assurés.
01:10Est-ce qu'il est aussi aujourd'hui débordé ? Qu'en est-il ? Qu'en savez-vous ?
01:16J'y étais hier pour accueillir le premier groupe de Français venu des Émirats que nous avons accompagné,
01:25que j'ai accueilli moi-même à la descente des bus, ce qui les conduisait des Émirats arabes unis.
01:31Et nous les avons accueillis au travers d'un dispositif au sein même de l'aéroport,
01:35en étroite coordination avec les autorités omanaises et en lien bien sûr avec le centre de crise à Paris.
01:42Je réponds directement à votre question. Non, nous ne sommes pas débordés.
01:45Au contraire, l'acheminement de nos ressortissants, de leurs familles,
01:52se fait d'une façon extrêmement fluide et se fait dans le calme.
01:57Et notre communauté était extrêmement reconnaissante hier quand j'étais à l'aéroport à leur accueil.
02:03Et ils ont exprimé ce même sentiment de reconnaissance à leur arrivée à Paris
02:07quand ils ont été accueillis par la ministre Eleanor Carrois et le ministre Philippe Tavarro.
02:13Et soyons précis aussi, si vous le voulez bien, Nabila Jlaoui,
02:16combien de ressortissants français sont en ce moment à Oman ?
02:20Combien ont déjà pu regagner le territoire français ?
02:23Alors, les ressortissants français résidents, au suite à un domaine, nous sommes autour de 700 personnes.
02:30Mais à ce chiffre, on doit ajouter ceux qui sont enregistrés parce qu'ils sont français de passage,
02:36soit au travers du fil d'Ariane qui est le site du ministère,
02:39où nous sommes autour de 1 700 à peu près,
02:41et auxquels il faut ajouter également environ 500 qui se sont manifestés auprès de la cellule de crise
02:47que nous avons créée au sein de l'ambassade.
02:48Donc ça fait 2 200 plus 700, nous sommes à peu près autour de 3 000 personnes,
02:54mais ça ne veut pas dire que ces 3 000 personnes souhaitent partir,
02:57la situation est calme au sultanat, comme je viens de vous le dire,
03:00et surtout l'aéroport est ouvert et il y a des vols en permanence depuis le sultanat.
03:05Donc ceux qui souhaitent se rendre en France peuvent le faire,
03:08mais surtout nous sommes concentrés sur les flux venant des Améliens Arabes Unis,
03:12dans la mesure où la communauté est, un, beaucoup plus importante,
03:15et deux, les vols ne sont pas aussi fluides.
03:18Donc hier, ce premier vol dont je vous ai parlé a permis de rapatrier 300 Français
03:25qui ont souhaité le faire, et en plus de cela,
03:29nous avons à peu près 900 personnes qui sont parties par des vols organisés
03:35par des entreprises, donc par des groupes privés français,
03:38et beaucoup d'autres Français se sont organisés par leurs propres moyens
03:44pour prendre des vols commerciaux depuis Masquat.
03:46En fait, nous sommes à peu près à 860.
03:50On va y revenir parce que je peux vous ajouter ?
03:52Je vous en prie, allez-y.
03:54Dernier chiffre, ce sont les Français que nous avons pu placer
03:58dans des vols organisés par nos partenaires européens,
04:01parce qu'il y a d'autres Européens qui rapatrient leurs ressortissants,
04:04et dans le cadre de la solidarité européenne,
04:07ils nous offrent de temps en temps des places,
04:09et donc là nous sommes à 175 Français
04:12placés dans des vols organisés par nos partenaires européens.
04:15On va revenir précisément sur ces vols,
04:17mais d'abord il y avait justement une précision
04:19qui avait été apportée pour le rapatriement de ces Français.
04:22Priorité était donnée aux populations les plus vulnérables.
04:24Qu'est-ce que ça veut dire, les populations les plus vulnérables ?
04:27Comment est-ce que vous, vous choisissez ceux qui peuvent regagner le territoire
04:30et ceux qui vont devoir patienter ?
04:32Le choix se fait en amont, il se fait à leur départ des Émirats,
04:38en lien avec notre ambassade à Abu Dhabi, notre consulat général à Dubaï,
04:43et les critères de vulnérabilité sont des critères très objectifs,
04:47les personnes en situation de handicap, les femmes enceintes,
04:50les familles avec enfants en très bas âge, les personnes malades,
04:54les personnes nécessitant un traitement oncologique ou maladie chronique
04:59ou autres qui nécessitent un retour rapide en France,
05:02les personnes vulnérables vraiment sont étendifiables
05:06selon des critères extrêmement objectifs.
05:09Et donc ils s'enregistrent, ils sont acheminés par des bus,
05:12on les accueille par le dispositif que je vous ai décrit tout à l'heure
05:16à l'aéroport de Mascate, et ensuite ils prennent le vol.
05:19Et qui prend en charge le coût financier de ces rapatriements ?
05:22Est-ce qu'il y a d'abord des avions militaires, des avions civils,
05:25des avions privés ? Comment est-ce que ça se passe précisément ?
05:29Les vols militaires n'ont pas été organisés pour le moment à partir de Mascate.
05:32Ici, nous n'avons que des vols civils,
05:35et donc il y a une prise en charge du vol par les autorités françaises
05:40en lien avec la compagnie.
05:43À quelle hauteur, monsieur l'ambassadeur ?
05:46Ça, c'est vraiment coordonné par le centre de crise à Paris,
05:52donc j'ignore quel est le niveau de prise en charge de nos autorités,
05:56mais il y a un montant qui doit être réglé par les voyageurs eux-mêmes,
06:02et je peux vous confirmer que nous sommes sur des montants tout à fait corrects,
06:06inférieurs même aux tarifs habituels, hors situation de crise,
06:10de vol d'hier, les Français devaient payer 350 euros par personne,
06:17et c'est très très largement en deçà des tarifs observés
06:21dans les compagnies commerciales aujourd'hui,
06:25qui partent depuis Mascate vers Paris.
06:27On sait, et on savait au commencement de cette guerre,
06:30que 400 000 Français étaient enregistrés dans cette région du Golfe,
06:344 300 à ce jour ont été rapatriés,
06:37c'est le chiffre avancé ce matin par Jean-Noël Barraud, ça semble peu.
06:43Encore une fois, il faut distinguer le volume global des communautés présentes
06:48et ceux qui souhaitent partir.
06:51Je vous ai dit tout à l'heure qu'ici, au Sultana de Man,
06:54nous avons 700 personnes résidentes à l'année,
06:58très peu quittent le Sultana aujourd'hui.
07:01Donc il y a quelques familles, quelques personnes vulnérables,
07:04et des situations particulières qui nécessitent le retour en France,
07:07mais la majorité ne souhaite pas partir.
07:10Par contre, les personnes de passage,
07:14donc des touristes, des situations qui étaient pour un voyage de quelques jours,
07:17là oui, il faut s'organiser pour le retour,
07:20donc il faut vraiment distinguer les deux.
07:22Je ne pense pas que les 400 000 Français de toute la région
07:26ont vocation à quitter la région immédiatement.
07:29Pas précisément, mais certains ressortissants, notamment à Oman,
07:32ont expliqué qu'il était parfois aussi difficile de pouvoir rejoindre l'ambassade,
07:37de pouvoir recevoir certaines informations.
07:39On imagine évidemment aussi que beaucoup de monde vous sollicite,
07:42mais qu'est-ce qui est fait précisément pour pouvoir rassurer ces populations,
07:46celles qui vous sollicitent, et comment est-ce que vous les accompagnez,
07:48en attendant là encore un rapatriement,
07:51ou tout simplement en attendant que cette guerre prenne fin à un moment ou à un autre ?
07:56Nous avons immédiatement mis en place une cellule de crise
08:00avec une réponse téléphonique.
08:03Donc tous les Français qui nous appellent
08:05trouvent toujours quelqu'un qui décroche le téléphone.
08:08Nous avons reçu 1100 appels téléphoniques ces derniers jours,
08:14donc c'est extrêmement significatif,
08:16auxquels il faut ajouter plus de 600 mails traités.
08:19Donc c'est des chiffres très importants,
08:22et nous continuons de recevoir ces appels.
08:25Les agents au sein de cette cellule de crise se relaient jour et nuit,
08:29j'insiste, c'est vraiment 24 heures sur 24,
08:31et le centre de crise nous appuie également avec une plateforme téléphonique
08:35à Paris et à Nantes, avec plus de 50 agents,
08:38avec une réponse téléphonique permanente.
08:40Et nous nous devons bien sûr les explications nécessaires,
08:43nous leur devons également le soutien,
08:46et s'agissant des personnes de la communauté française ici à Mascate,
08:51nous avons partagé avec eux un contact d'une cellule psychologique
08:56qui permet leur apporter réconfort, conseils, recommandations
09:01pour gérer cette période de stress génératrice d'inquiétude, d'anxiété,
09:08et pour permettre d'accompagner les personnes les plus vulnérables.
09:14Je signale un dernier petit point, la cellule de crise,
09:18ce sont les agents de l'ambassade,
09:19mais aussi nous avons la chance à Mascate d'avoir un appui très précieux
09:23des familles qui ont voulu exprimer leur solidarité
09:27et donner un coup de main, si je puis dire, à la cellule de crise de l'ambassade.
09:30Nabil Ajlaoui, on disait au début de cet échange, de cet entretien,
09:34que la situation était relativement calme dans le sultanat d'Omane.
09:37Si la situation venait à se dégrader brutalement,
09:39qu'est-ce qui est prévu ?
09:42Alors, si la situation devait s'aggraver avec une escalade militaire, sécuritaire,
09:51une fermeture de l'espace aérien, une fermeture des aéroports, etc.,
09:54on pourra examiner d'autres options.
09:57Les options d'évacuation se font par les aires aujourd'hui,
10:02parce que les vols existent.
10:04On peut imaginer d'autres solutions.
10:08Nous n'y sommes pas du tout et sincèrement, il n'est pas probable.
10:11Mais vous les avez anticipées ?
10:13Oui, bien sûr, absolument.
10:15Nous avons des fiches immédiates qu'on peut mettre en place
10:19et lancer les équipes sur le terrain pour mettre en œuvre
10:23ces différents scénarii de crise qui sont absolument anticipés.
10:27mais ce scénario ne l'ont pas probable à ce jour
10:33en s'allissant du sultan d'Oman.
10:35Merci beaucoup, Nabil Ajlaoui.
10:37Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions sur France 24.
10:39Je rappelle que vous êtes l'ambassadeur de France à Oman.
10:42Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Comments