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00:00Bonjour Chloris. Une image, on va la voir tout de suite, celle du porte-avions Charles de Gaulle qui prend
00:05la direction de la mer Méditerranée-Orientale.
00:08Et on l'a appris, le chef de l'État l'a dit tout à l'heure, lors de son
00:12discours à Chypre, le porte-avions Charles de Gaulle s'approche de Chypre.
00:17Cette photo a été prise il y a trois jours lorsqu'il est passé dans le détroit de Gibraltar.
00:21Une photo, on le voit, un peu prise de loin par un photographe de l'AFP.
00:25Et le Charles de Gaulle, c'est le fleuron de la marine française qui est envoyé dans cette zone stratégique,
00:31proche des pays touchés par cette guerre au Moyen-Orient.
00:34Et bien sûr, tout près de Chypre, pays de l'Union Européenne où la France a déjà envoyé la frégate
00:39Languedoc et ce, très rapidement, au début de la crise.
00:43On va regarder une autre carte publiée par le quotidien Le Parisien avec des informations de la marine nationale.
00:48Pourquoi ? Parce que c'est très intéressant. On comprend le parcours de ce porte-avions Charles de Gaulle qui
00:55était déployé dans la Baltique,
00:56une zone où les tensions sont bien réelles avec la Russie.
01:00Et vous voyez le parcours pour atteindre la Méditerranée orientale.
01:04Alors le groupe aéronaval comporte bien sûr le porte-avions, mais aussi des avions à rafales, ainsi que des frégates
01:10multimissions.
01:12C'est comme ça qu'on les appelle, et des frégates de défense aérienne.
01:16— Chypre, qui est le pays de l'Union Européenne, comme vous l'avez dit, et dont la localisation est
01:22hautement stratégique,
01:23d'où cette visite aussi d'Emmanuel Macron depuis la mi-journée.
01:26— Et là encore, il suffit de regarder une carte pour comprendre où se trouve Chypre en Méditerranée orientale.
01:32Et on va voir tout droit face à deux pays impliqués, touchés par cette guerre, déjà le Liban et Israël.
01:41Il faut savoir que Chypre se trouve à vol d'oiseau à 1 200 km environ de l'Iran, mais
01:47surtout à peine à 220 km des côtes libanaises.
01:52Et lorsqu'il y a eu justement des attaques la semaine dernière contre la base britannique aérienne de la Royal
01:57Air Force de Akrotiri,
02:00Londres a dit qu'on est quasiment sûr que ce sont des drones tirés ou commandés plutôt par le Hezbollah,
02:06le mouvement pro-iranien libanais.
02:09On reparlera tout à l'heure des Britanniques, mais pour l'instant, parlons de la France.
02:13Il est essentiel pour la France d'être présent, car on peut imaginer aussi que des frégates françaises
02:18qui sont impliquées dans cette opération avec le porte-avions Charles de Gaulle
02:23pourraient potentiellement aider à rapatrier des ressortissants français.
02:26Il y en a 400 000 au Moyen-Orient.
02:29Ils n'ont pas tous vocation à partir, mais ça pourrait aider à rapatrier des ressortissants français,
02:34mais aussi des ressortissants européens, parce que c'est un effort français, mais un effort européen
02:39et des ressortissants peut-être bloqués aussi au Liban.
02:43Pour rappel, le Liban est bien touché par cette guerre, avec les bombardements israéliens,
02:49des centaines de milliers de déplacés, notamment à Beyrouth, avec les quartiers sud
02:53qui ont été entièrement vidés sur ordre d'Israël.
02:57Bien sûr, des gens vivent encore là-bas, mais l'ordre a été donné par Israël d'évacuer.
03:01Et ce matin, Jean-Noël Barraud, le ministre des Affaires étrangères français,
03:06a parlé de la situation dans la région.
03:09Il a parlé aussi de cette visite à chiffres.
03:11Et il a averti, il a dit aux observateurs qui critiquent un petit peu le rôle de la France
03:17qu'on sous-estime souvent la crainte, la forte préoccupation dans la région des Libanais,
03:23mais aussi des alliés de la France qui sont Chypre, le Qatar et les Émirats arabes unis.
03:29Et là, on le sait aussi, la France est active dans une stratégie défensive.
03:34C'est-à-dire, on n'attaque pas l'Iran, les positions iraniennes,
03:38mais on protège ses alliés, avec les Rafales notamment,
03:41et différents missiles, systèmes anti-aériens,
03:44pour tout simplement faire tomber les missiles et les drones iraniens.
03:49Voilà, une posture défensive, ça c'est un terme que ne cesse de répéter Emmanuel Macron ces derniers jours.
03:54Il l'a fait encore d'ailleurs tout à l'heure depuis Paphos, aux côtés du représentant chypriote.
03:59Emmanuel Macron, qui, vous disiez, est actif, moi j'aurais même envie de dire proactif en ce moment,
04:03il a parlé hier à Donald Trump, au président iranien,
04:06il parlait ce matin à Benjamin Netanyahou, il échange tous azimuts.
04:11Quel rôle cherche-t-il à jouer dans ce conflit ?
04:16On a entendu hier l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin l'accuser de ne pas être assez ferme
04:20dans sa condamnation de la guerre et des opérations israéliennes.
04:23Je peux vous dire que les équipes de l'Elysée sont sur le qui-vive,
04:25parce qu'on reçoit constamment, durant la journée, des messages de l'entourage du président
04:30pour nous dire, il a parlé à telle personne, il a parlé à telle personne,
04:33voilà ce qu'il se dit, voilà ce qu'il est en train de faire.
04:35Vous l'avez dit, c'est important, il a parlé hier après-midi avec le président iranien.
04:39Qu'est-ce qu'il lui a dit ?
04:40Déjà que c'est une préoccupation première pour la France,
04:44la nécessité de libérer Jacques Paris et Cécile Colleur qui sont,
04:49faut-il le rappeler, pas encore libérés, bien au contraire,
04:53ils sont encore en Iran, assignés à résidence, si on peut dire, à l'ambassade de France.
04:59Eh bien pour Paris, il faut absolument que l'Iran les libère, les laisse quitter le territoire
05:04et cesse aussi immédiatement ces frappes contre les pays de la région,
05:07dont on a parlé tout à l'heure, les alliés notamment de la France,
05:09avec qui il y a des partenariats stratégiques, militaires, d'entraide.
05:13Le président français qui a parlé avec Donald Trump,
05:16et là on peut imaginer qu'il a essayé de faire pression,
05:17au moins qu'il lui a demandé au président américain de faire quelque chose vis-à-vis d'Israël
05:22pour arrêter les opérations au Liban.
05:25Et il en a parlé durant cette conférence de presse à Chypre, le président de la République.
05:29Le Hezbollah s'est rendu coupable d'attaques contre Israël et a donc provoqué cette situation.
05:34Il faut que le Hezbollah arrête ses attaques, mais aussi qu'Israël, ensuite, arrête ses opérations aussi.
05:42La France très préoccupée par le sort du Liban, un pays ami, un pays frère.
05:47Frère, on va peut-être écouter le président de la République, Emmanuel Macron,
05:51tout à l'heure, il y a quelques minutes à peine, à Chypre,
05:53et qui résume bien le but de sa visite.
05:56Vous allez l'entendre, les objectifs sont nombreux.
06:00Cette mobilisation de notre marine est inédite.
06:04Elle se fait, évidemment, avec la mobilisation aussi de nos forces aériennes et terrestres dans la région.
06:11Et elle manifeste la volonté de la France de contribuer à la désescalade,
06:17à la sécurité de nos ressortissants, à la sécurité de nos partenaires
06:21et à cette libre navigation et cette sûreté maritime à laquelle nous voulons, par ce biais, œuvrer.
06:29Voilà, le chef de l'État qui, on l'apprend à l'instant, vient de quitter Chypre.
06:32Il y a quelques instants, une visite qui suscite beaucoup d'attentes de la part des Chypriotes, c'est cela
06:39?
06:39Oui, et le président de la République, pour information, sera tout à l'heure sur le porte-avions Charles de
06:43Gaulle.
06:43Vous pourrez le suivre sur notre antenne, où il va prononcer quelques mots, certainement,
06:47pour galvaniser, si on peut dire, le moral des troupes,
06:50dire en tout cas que c'est important, que c'est une mission essentielle pour la France, mais aussi pour
06:54l'Europe.
06:54Oui, il n'était pas seul, bien sûr, durant cette visite.
06:57Il y avait à ses côtés le Premier ministre grec Mitsotakis,
07:00Emmanuel Macron qui s'est entretenu ces derniers jours avec lui,
07:04mais aussi avec l'italienne Georgia Meloni,
07:06pour, nous dit-on, coordonner les efforts militaires dans cette Méditerranée orientale,
07:12en vue d'aider Chypre,
07:13et plus généralement, œuvrer à la liberté de navigation aussi en mer rouge.
07:19Le président chypriote Christo Doulidesa aussi a prononcé des mots forts juste avant l'arrivée du président de la République
07:27pour dire que la sécurité de Chypre, c'est la responsabilité collective de l'Union européenne.
07:32Et là, c'est intéressant parce que ça fait complètement écho à ce qu'a dit Emmanuel Macron
07:35quand il a dit que quand c'est Chypre qui est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée.
07:38Il faut des mesures claires et concrètes, a dit le chypriote, pour défendre les frontières européennes.
07:44Et il a par ailleurs, et là c'est assez intéressant aussi,
07:47il a répondu à une question sur des informations qui circulent au Liban,
07:52dans la presse libanaise, au sujet de potentielles discussions, négociations entre Libanais et Israéliens
07:58qui pourraient avoir lieu à Chypre dans les prochains jours.
08:01Le président chypriote a un petit peu botté en touche en disant
08:04en tout cas, on est prêt, si besoin, on est là.
08:07Bon, le Liban qui a quand même décidé de reporter de deux ans
08:11les élections législatives qui étaient censées avoir lieu en mai prochain,
08:14c'est-à-dire à quel point la situation est appréhendée
08:18avec quand même beaucoup d'inquiétudes et d'incertitudes.
08:20La France, la Grèce ne sont pas les seuls à avoir envoyé des moyens maritimes
08:25en Méditerranée orientale ?
08:27Oui, on l'a dit, la France, la Grèce, l'Italie, mais aussi les Allemands.
08:31On va voir une image d'un navire allemand qui est à Chypre,
08:34actuellement une frégate.
08:35Et on a aussi, c'est ce navire-là, il y a aussi l'Espagne qui a annoncé
08:40qu'elle allait envoyer une frégate à Chypre.
08:43On sait, Pedro Sanchez, l'Espagne particulièrement remontée
08:46contre cette guerre, contre Donald Trump,
08:49provoquant le courroux, la foudre de Washington.
08:52En tout cas, ce qui est intéressant avec cette mobilisation des Européens,
08:56c'est que oui, c'est pour sécuriser la Méditerranée orientale,
08:59les frontières d'un membre de l'UE, faut-il le rappeler, Chypre.
09:03Mais c'est aussi en vue de garantir la liberté de navigation
09:06et la sécurité de la mer Rouge jusqu'au détroit d'Hormuz.
09:11C'est ce qu'a dit Emmanuel Macron.
09:12Il ne l'avait pas dit ces derniers jours.
09:14Et le quai d'Orsay ne disait pas la même chose
09:16quand il s'agissait d'expliquer le départ du porte-avions Charles de Gaulle
09:21vers cette mer Méditerranée.
09:22On ne parlait pas du détroit d'Hormuz.
09:24Cette fois-ci, le chef de l'État l'a fait à Chypre.
09:28Et il l'a dit qu'il y aurait des efforts très importants
09:33avec huit frégates, plusieurs forces pour, je l'ai noté,
09:39je ne le connaissais pas de tête,
09:41huit frégates, deux portes-hélicoptères et le porte-avions.
09:43Ce sera le total pour sécuriser la mer Méditerranée orientale,
09:47mais aussi la mer Rouge et le détroit d'Hormuz.
09:52Emmanuel Macron a quand même précisé qu'on va attendre un petit peu
09:55que le conflit se calme, que les attaques soient moins fortes
09:59pour sécuriser des navires, notamment pour le transport du pétrole
10:03dans ce détroit d'Hormuz.
10:05Et on le fera de manière pacifique, dit-il, défensive, en clair,
10:10escorter les navires sans prendre part au combat.
10:13Il y a plusieurs séquences qui sont en train de se jouer en parallèle.
10:17Il y a les ambassadeurs de l'Union européenne
10:18qui sont actuellement réunis à Bruxelles.
10:20Et d'ailleurs, à ce titre, Jean-Noël Barraud,
10:22chef de la diplomatie française, a déclaré ce matin,
10:25parlait de la résistance à la brutalisation du monde.
10:28Elle est en train de s'organiser en Europe.
10:30Je vous cite cette phrase parce qu'à l'instant,
10:32on apprend que l'Union européenne, en tout cas,
10:34elle se dit prête à renforcer, je cite,
10:37ses missions de protection du trafic maritime.
10:40Donc on est en plein dedans.
10:41D'un côté Emmanuel Macron à Chypre,
10:43de l'autre à Bruxelles,
10:43les Européens qui parlent d'une même voix.
10:48Le Royaume-Uni aussi, n'oublions pas le Royaume-Uni de l'équation.
10:50Par rapport à ce que vous dites, ce qui est intéressant,
10:51c'est que l'Europe est obligée d'agir.
10:53Pourquoi ? Parce qu'il y a des retombées très claires
10:55sur les économies européennes.
10:57Et les diplomates le disaient,
10:58je crois que c'est Jean-Noël Barraud qui le disait ce matin,
11:01ou en tout cas, il l'a dit ces derniers jours,
11:03que l'Europe, c'est tout près de l'Iran.
11:05Les États-Unis, c'est très loin.
11:06Je veux dire, l'Europe peut être touchée indirectement,
11:11directement, économiquement en tout cas, c'est sûr,
11:13avec le prix du pétrole qui est en hausse.
11:15Vous en avez parlé tout à l'heure avec Flore.
11:18L'Europe doit se mobiliser parce que forcément,
11:21si le détroit d'Ormuz est bloqué,
11:24les prix à la pompe vont être très élevés en Europe,
11:27mais aussi pour les Chinois.
11:28Parce que les Chinois dépendent beaucoup de ce pétrole.
11:31Donc on attend aussi peut-être une action des Chinois
11:33pour essayer de peser sur leurs alliés iraniens.
11:36Un rapide mot des Britanniques, peut-être Clovis ?
11:39Avec une image, samedi, des manifestations anti-britanniques à Chypre.
11:43Chypre qui abrite deux bases militaires britanniques
11:48et les Britanniques qui sont accusés de ne pas faire assez par certains,
11:53notamment avec un navire qui tarde à quitter Portsmouth
11:56pour venir dans la zone.
11:58Mais ces manifestants, eux, pensent tout simplement
12:00que la présence britannique fait de Chypre une cible potentielle.
12:07Et pour petite précision aussi,
12:09les Britanniques ont accepté que ces bases servent aux Américains
12:14pour leurs opérations.
12:15Alors là, encore un peu comme les Français,
12:17les Britanniques disent,
12:19les Américains ont le droit d'utiliser nos bases,
12:21mais seulement pour des opérations dites défensives.
12:24Donc protéger les pays du Golfe, par exemple, ou Chypre,
12:28mais pas pour des opérations offensives contre l'Iran.
12:32Donc pas pour viser des cibles sur le sol iranien.
12:36Et Tehran le dit depuis plusieurs jours,
12:38ce serait un acte d'agression, si c'était le cas.
12:41Merci beaucoup, Clovis Kazali.
12:43J'ajoute qu'à l'instant, l'OTAN confirme avoir intercepté un nouveau missile
12:48se dirigeant vers la Turquie.
12:51Annonce du porte-parole de l'OTAN.
12:53Les défenses aériennes de l'Alliance en Méditerranée
12:56disent avoir abattu cet engin tiré depuis l'Iran
12:59et qui était entré dans l'espace aérien turc.
13:03Il s'agit donc du deuxième missile balistique iranien
13:06ayant ciblé la Turquie,
13:08qui, je vous le rappelle, est membre de l'OTAN.
13:10Ça pourrait constituer encore une nouvelle étape dans l'escalade
13:13qu'on est en train de vivre et qu'on va continuer à commencer.
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