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00:00On vous parle depuis le début de cette guerre d'un point de passage hautement stratégique pour le commerce mondial,
00:04notamment pour l'acheminement de pétrole, c'est le détroit d'Hormuz.
00:07Alors que les Etats-Unis disent vouloir faire escorter les navires bloqués par leurs marines,
00:12les gardiens de la révolution se disent eux aujourd'hui prêts à les recevoir
00:15pour mieux comprendre les enjeux liés à ces routes maritimes.
00:19Voyez ce sujet, signé Axel Simon.
00:25C'est l'une des artères maritimes les plus stratégiques au monde, le détroit d'Hormuz.
00:30Un bras de mer situé entre l'Iran et le sultanat d'Omane qui relie le golfe à l'océan
00:34Indien.
00:35Large de 50 km et de seulement 33 km à son point le plus étroit,
00:40c'est par là que transite 20% du pétrole et du gaz mondial.
00:43L'Iran brandit régulièrement la menace de le bloquer, notamment en cas d'attaque sur son sol.
00:49L'une des perturbations majeures dans le détroit d'Hormuz remonte à 1984 pendant la guerre Iran-Irak.
00:55Plus de 500 navires avaient été détruits ou endommagés.
00:58Un blocage du détroit pourrait être dévastateur pour l'économie mondiale.
01:03Retard dans les importations de matières premières et de biens de consommation,
01:07augmentation des prix du baril de pétrole,
01:09avec des conséquences importantes pour l'industrie mondiale, en Europe notamment.
01:14Les pays du golfe exportateurs de pétrole et leurs clients asiatiques auraient aussi beaucoup à perdre.
01:20Selon l'agence américaine de l'énergie, plus de 80% du pétrole et du gaz qui transitent par le
01:25détroit d'Hormuz sont destinés à l'Asie.
01:28L'Iran lui-même subirait les conséquences du blocage avec des impacts négatifs sur ses importations commerciales et ses exportations
01:34pétrolières.
01:35Une convention des Nations Unies stipule qu'Hormuz est un détroit international où le droit de passage ne peut être
01:41suspendu.
01:43Et on accueille notre invité, c'est vous, Sébastien Abitz.
01:47Bonjour à vous, vous êtes directeur du club d'émetteurs et vous êtes chercheur associé à l'IRIS.
01:50Merci de prendre quelques instants pour répondre à nos questions sur France 24.
01:55Axel Simon le rappelait à l'instant dans le sujet qu'on vient de regarder avant cet échange,
02:00ce que prévoit une convention des Nations Unies sur ce détroit d'Hormuz,
02:03qui explique qu'il n'appartient à personne ou qu'il appartient en réalité à tous.
02:07C'est ça aujourd'hui, c'est ce que dit le droit international sur ce détroit,
02:10avant de développer sur ce qui est en train de s'y jouer ?
02:14Oui, bonjour, absolument.
02:15C'est un point de droit international qu'il faut toujours rappeler
02:18parce que les détroits sont des passages maritimes naturels.
02:21Et donc, évidemment, il y a un droit qui doit primer, le droit maritime.
02:24Et la liberté de navigation, c'est assez ancien comme système.
02:27À la différence des canaux, le canal de Panama, le canal de Suez,
02:31vous payez une taxe pour que vos navires puissent emprunter ces infrastructures
02:36qui ont été développées par la main humaine.
02:38parce qu'on a transpercé les continents.
02:41Et donc, il y a toujours un distinguo important à faire
02:44entre les détroits et, évidemment, le canal de Panama ou le canal de Suez
02:49pour comparer par rapport aux libertés de navigation
02:53et surtout à ces droits de passage qui sont importants à Suez aujourd'hui
02:57quand vous passez de Méditerranée à Mer Rouge.
02:59Et comment est-ce que l'Iran alors procède
03:01pour pouvoir bloquer ce point de passage stratégique ?
03:06Ça a été fort bien dit dans la petite vidéo précédente.
03:09C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'Iran utilise, en fait, le pouvoir de sa géographie
03:13et la capacité d'intimider, en fait, le passage maritime et commercial
03:18dans ce détroit d'Hormuz, qui est très peu profond, très étroit.
03:23Il faut bien avoir en tête que le détroit d'Hormuz, c'est 0,1% de l'océan mondial.
03:28Le golfe Persique lui-même, ce n'est pas très grand, c'est une grande piscine,
03:32250 000 km², c'est 10 fois plus petit que la Méditerranée, le golfe Persique.
03:36C'est 1% de l'océan mondial.
03:38Donc, on est dans des espaces maritimes géographiques extrêmement exigus.
03:42Et en fait, l'Iran n'a pas techniquement fermé aujourd'hui le détroit d'Hormuz.
03:47On peut y passer.
03:48Simplement, le risque sécuritaire est beaucoup trop élevé,
03:51ce qui fait que les assurances aujourd'hui ne couvrent plus les navires.
03:56Et donc, les navires eux-mêmes ne prennent pas le risque.
03:58Il y a évidemment un risque pour l'équipage, pour les passagers,
04:02pour bien sûr les produits qui sont sur ces navires.
04:05Parce que quand vous avez des matières premières, vous avez des volumes importants.
04:10Donc, ce sont des navires dont la valeur marchande est colossale.
04:13On parle en plusieurs millions de dollars pour chaque navire.
04:17Et évidemment, l'Iran ne bloque pas complètement.
04:20Mais nous avons une dissuasion psychologique
04:24qui ne cesse de s'intensifier depuis le début de semaine.
04:26Il y a eu aussi des accidents.
04:28Quelques navires ont été touchés.
04:29Et à partir de là, entre les missiles, la guerre, l'incertitude,
04:33l'hypothèse de mines flottantes aussi qui pourraient être posées par l'Iran
04:37pour définitivement dissuader tout le monde de passer,
04:41ça pourrait évidemment bloquer pour un certain temps
04:44le trafic maritime dans ce détroit d'Hormuz.
04:48Est-ce qu'on a une idée précise, Sébastien Abyss, du nombre de navires à l'arrêt
04:52à la suite de ces dissuasions, de cette intimidation ?
04:56Oui, je regardais encore tout à l'heure, avant de me connecter,
04:59Marine Trafic est un site en open source qui est extrêmement bien fait.
05:02On a beaucoup de navires aujourd'hui qui stationnent et qui font des ronds dans l'eau.
05:06Soit dans le golfe Persique et les différents ports à l'intérieur,
05:10pour les huit pays riverains du golfe Persique,
05:12soit au large du golfe d'Omane.
05:13Donc en fait, on a à peu près un millier de bateaux de commerce
05:17qui sont un peu en stand-by de part et d'autre.
05:20Et évidemment, depuis le début de semaine,
05:22on a un trafic maritime qui a considérablement chuté.
05:24On estime qu'il y a à peu près une grosse dizaine de navires de commerce
05:29qui sont passés depuis lundi soir sur la zone.
05:33Et donc, on voit bien que le commerce à Hormuz est à l'arrêt.
05:36Il faut bien avoir en tête qu'il y a une conséquence sur le volet énergétique mondial.
05:41Je voudrais insister aussi sur le fait que le golfe Persique
05:46exporte vers le reste du monde beaucoup d'engrais, d'engrais azotés.
05:49C'est important pour l'agriculture mondiale et la sécurité alimentaire mondiale.
05:52Et sur ce volet sécurité alimentaire mondiale,
05:55à l'inverse, les pays du golfe Persique,
05:58qui n'ont pas d'agriculture, qui n'ont pas d'eau,
06:01sont à 90% dépendants des approvisionnements extérieurs
06:04pour leur couverture alimentaire.
06:06Et donc, que ce soit au Qatar, que ce soit au Koweït,
06:09que ce soit en Irak, que ce soit en Arabie Saoudite,
06:12on sait aussi qu'il y a aujourd'hui une vigilance
06:14par rapport à leur propre dépendance en produits vitaux.
06:18Nous, nous sommes évidemment préoccupés sur l'énergie.
06:22Ces pays aussi, actuellement, regardent de près d'autres denrées stratégiques,
06:25dont les produits alimentaires.
06:27Au moment où on a cet échange, vous et moi,
06:29on apprend que l'Iran, en tout cas, revendique
06:31une frappe sur un pétrolier battant pavillon des Îles Marshalls dans le Golfe.
06:35On a bien compris ce pouvoir de nuisance
06:37qu'exerçait le régime dans cette partie-là.
06:39Mais est-ce que l'Iran n'est pas elle-même
06:41en train de se porter préjudice
06:42et de se tirer une balle dans le pied,
06:43si vous me passez l'expression,
06:45en mettant à l'arrêt, en paralysant ce détroit ?
06:47Il y aura aussi forcément des conséquences pour l'Iran elle-même.
06:49Vous parliez à l'instant de sécurité alimentaire.
06:51Le pays peut en être affecté ?
06:54Oui, mais votre question est importante.
06:56L'Iran a besoin d'exporter son pétrole,
06:58et notamment vers la Chine et l'Asie,
06:59pour son économie.
07:01Et donc, aujourd'hui, il y aura un effet boomerang
07:03pour l'économie iranienne, pour sûr,
07:05ce qui montre bien que le régime
07:06ou la démultiplication aujourd'hui
07:09des autorités iraniennes,
07:10puisqu'on ne sait plus très bien qui contrôle quoi,
07:13cette stratégie jusqu'au boutiste,
07:15aujourd'hui, prime sur le raisonnement économique
07:18de long terme.
07:19Et donc, le politique de court terme
07:21a pris le dessus.
07:22Cette dissuasion, aujourd'hui, encore une fois,
07:25sur le golfe d'Hormuz,
07:26montre bien que l'Iran utilise
07:28cette arme-là, cet atout-là,
07:30parce que le régime est acculé,
07:33le pays est affaibli,
07:34et on joue sur cette carte,
07:36qui est un peu la carte géoéconomique
07:38et géopolitique par excellence de l'Iran.
07:41Son arsenal militaire va diminuer
07:44au fil des jours,
07:45la géographie ne va pas disparaître
07:47dans une ou deux semaines.
07:49Et donc, on sait qu'en menaçant,
07:51en intimidant,
07:52en ayant cette guerre psychologique,
07:54voire même en ayant quelques frappes
07:56qui touchent des bateaux,
07:57on pourrait avoir, évidemment,
07:59des conséquences sur l'économie
08:01et le commerce qui durent.
08:03Imaginons une marée noire
08:04dans cet espace.
08:05Vous voyez aussi
08:05les conséquences environnementales
08:07et le choc que ça peut générer
08:09sur d'autres domaines.
08:10On a un conflit militaire d'un côté
08:12avec des dynamiques humanitaires,
08:13mais évidemment, comme toujours,
08:15les enjeux économiques
08:16et les enjeux environnementaux
08:18vont très vite aussi s'installer
08:19au cœur des enjeux sur ce conflit.
08:22Une proposition de Cré, Sébastien Abyss,
08:25une sorte de bulle dans les airs
08:26et sur mer pour pouvoir
08:27permettre l'acheminement des navires.
08:29Ça a aussi été une idée
08:31soulevée par les Américains
08:32d'escorter ces navires
08:34à travers leurs marines.
08:35Est-ce que ça, c'est faisable ?
08:36Est-ce que c'est possible ?
08:38En effet, les États-Unis
08:39ont peut-être la capacité
08:42d'aller sécuriser le détroit d'Hormuz.
08:44Simplement, c'est s'exposer éventuellement
08:45à des frappes iraniennes
08:46sur un territoire exigu.
08:48Encore une fois,
08:48c'est se mettre très très près
08:50des côtes iraniennes.
08:51Et donc, on voit bien
08:52qu'on hésite finalement
08:53à aller réaliser de telles opérations.
08:55On va voir ce qui va se passer
08:56dans les prochains jours
08:57parce qu'évidemment,
08:58plus les jours vont passer
08:59avec un détroit d'Hormuz
09:01non pas fermé techniquement,
09:03mais fermé économiquement
09:05parce que les risques
09:06sont trop élevés,
09:07on pourrait avoir
09:08des prix d'énergie
09:09qui flambent significativement.
09:10en effet,
09:10on pourrait avoir
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