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  • il y a 5 jours
Après avoir finalisé avec Johnny Hostile son second opus "You Heartbreaker, You", Jehnny Beth est en tournée dans toute l’Europe ; à cette occasion, elle prend les commandes de la programmation de FIP Metal pour partager ses coups de cœur et ses influences au micro de Luc Frelon.

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Interview : Luc Frelon
Réalisation vidéo : Lolita Alasluquetas
Prise de son : Océane Dias

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0:00 Intro
0:10 Nouvel album « You Heartbreaker, You »
3:31 Sa composition
4:58 L’accueil du public
5:56 Sa découverte du metal
7:59 Savages
10:53 Mike Patton
15:26 Layne Staley (Alice in Chains)
15:59 Influences 90s
17:58 Deftones
18:28 Jonathan Davis (Korn)
20:05 Tool / A Perfect Circle
22:04 Die Spitz
22:51 L’icône Kim Gordon
24:07 Rage Against the Machine
25:33 Queens of the Stone Age
27:32 Influences 60/70s
28:44 Sepultura
30:23 Ecca Vandal
31:17 La place des femmes dans le rock / metal
34:10 L’émission Echoes sur Arte
35:28 La scène française
36:35 Sa tournée
36:50 Le prochain album

Catégorie

🎵
Musique
Transcription
00:00Bonjour, Ginny Bess.
00:01Bonjour.
00:02Alors, on te suit depuis longtemps maintenant.
00:04Il y a d'abord eu Johnny Jane, puis la déflagration Savages.
00:07Premier album solo il y a bientôt six ans.
00:09Et là, tu as sorti il y a quelques mois, quelques semaines,
00:12You Heartbreaker You, qui est peut-être ton album le plus intense.
00:16Est-ce que tu le ressens comme ça, toi, cet album,
00:18comme une espèce de brûlot ultra intense ?
00:21Je crois que c'était une question de survie de faire cet album,
00:23pour plein de raisons différentes.
00:24Aussi parce que j'ai été très identifiée comme une chanteuse punk,
00:27fronteuse, etc., dans Savages.
00:30Et que, quelque part, pour être signée sur un label,
00:34il fallait que je joue cette carte-là aussi.
00:37Et pendant un moment, je ne voulais pas.
00:38Mon premier album solo, To Love Is To Live,
00:40il a été très exploré, enfin, il s'est très, comment dire,
00:45plus influencé par les musiques de films, du jazz.
00:50Plus synthétique aussi.
00:51Oui, plus électro.
00:54Et j'avais vraiment envie, après six ans d'un groupe de punk,
00:57j'avais envie de faire des choses plus expérimentales,
01:02plus influencées par Massive Attack,
01:04où la production est plus importante que le groupe de rock pur.
01:11Et du coup, je me suis bien amusée à faire ça.
01:13Et puis après, je me suis dit, il est temps de revenir à une carte plus brute.
01:18Parce que souvent, les groupes de métal ou de rock,
01:21alors pas tous, ce n'est pas systématique,
01:23mais pas mal de groupes qui sont là depuis un moment,
01:25lisent un peu le propos, la musique est un peu moins enragée.
01:29Tu dis en vieillissant ?
01:30Non, pas forcément en vieillissant.
01:32Ça peut même arriver sur des groupes,
01:33je pense les Arctic Monkeys, par exemple,
01:35qui sont sur des trucs avec un peu plus d'emphase,
01:37un peu moins de l'urgence.
01:39J'ai l'impression que pour toi, c'est l'exact opposé.
01:41Tu sors ton album le plus vénère,
01:44après Savé Gise, un album solo, etc.
01:46Oui, je pense que c'est l'époque où moi,
01:49j'ai passé plusieurs années à être dans un état d'endormissement.
01:53Et je crois que même globalement,
01:56je le ressens pas mal par rapport à l'époque,
01:58par rapport aux gens que je rencontre,
02:01même sur scène.
02:02Je vois la musique comme une fonction de réveil.
02:06Et la rage, c'est une école de ça,
02:09de se rendre plus lucide,
02:11de s'ancrer dans le présent.
02:12Moi, la musique me fait ça.
02:14Et la musique extrême, brutale,
02:17rock, ou ce qu'on peut décrire par tous ces mots,
02:20il n'y en a aucun qui me convient,
02:24a créé ce choc pour moi.
02:26Il me ramène à la vie, en fait.
02:29Et j'ai passé plusieurs années
02:30à ne pas être dans la vie,
02:33à être à côté.
02:34Et j'ai eu, en tournant à Queen's of the Stone Age
02:37aux Etats-Unis,
02:37c'est là où j'ai eu l'expérience physique
02:40de revenir dans mon corps.
02:43Ça a l'air hyper mystique quand je l'ai dit comme ça,
02:44mais je l'ai vraiment vécu comme ça.
02:46J'avais l'impression de ne pas être là
02:47pendant plusieurs années.
02:49Et qu'à ce moment-là,
02:50c'était un festival,
02:52ça s'appelait Aftershock,
02:53c'était à Chicago.
02:54Je crois que c'est Aftershock.
02:55C'était rock metal.
02:56Oui, rock metal,
02:57où il y avait Turnstyle.
02:58Bon, Turnstyle n'était pas aussi gros
02:59qu'aujourd'hui qu'ils jouaient,
03:00mais il y avait Korn ou Tool qui jouaient.
03:04Et Scowl,
03:04il y avait plein de groupes que j'écoutais,
03:07que j'adorais.
03:08Et j'allais voir leur concert, etc.
03:10Et à ce moment-là,
03:11sur scène,
03:11avec le public,
03:12il y avait un mosh pit,
03:12il y a eu un moment
03:13où je me suis réveillée.
03:16Et j'ai vu l'album,
03:17je me suis dit,
03:17c'est ça,
03:18je sais ce que je dois faire.
03:19Quelque chose d'extrêmement organique.
03:21Physique.
03:21De toute façon,
03:22le corps est hyper important.
03:23Je ressens la musique par le corps.
03:27Un peu tout,
03:28même quand je suis au cinéma.
03:29Je pense que le corps
03:30est important chez moi.
03:32Cet album,
03:32tu l'as composé
03:33avec un gang de métalleux
03:35ou tu l'as composé
03:35avec Johnny Hostile
03:36comme tu le fais depuis...
03:37Non, non.
03:38Johnny Hostile et moi,
03:39on a été les deux seuls
03:41dans le studio.
03:41On a tout fait ensemble.
03:43Lui, il a joué
03:43tous les instruments.
03:45On a composé ensemble,
03:46produit ensemble,
03:47même si c'est lui
03:47le producteur officiel.
03:49On a travaillé ensemble
03:50sur les structures de morceaux.
03:52Moi, j'ai fait tous les chants,
03:52les textes.
03:53C'est vraiment un album à deux.
03:55Je n'ai pas voulu
03:56aller chercher ailleurs
03:57parce que justement,
03:58j'avais besoin
03:58de me reconcentrer.
03:59J'avais tellement perdu...
04:01Je trouve qu'il y a tellement
04:01de choses qui nous distraient
04:02dans la vie.
04:03On est trop nos téléphones.
04:06On n'est pas assez centrés.
04:07Moi, en tant qu'artiste,
04:08j'avais besoin de retrouver
04:10une forme de concentration
04:11que je savais que lui
04:12pouvait m'amener.
04:13Parce que c'est en partie
04:14grâce à lui
04:15que je suis devenue artiste aussi.
04:16Ça fait 20 ans
04:17qu'on se connaît.
04:18Il me connaît très bien.
04:20Mais aussi, ça faisait longtemps
04:20qu'on n'avait pas composé
04:21de la musique juste tous les deux.
04:23Il était producteur
04:23de mon groupe Savages.
04:25Mais c'était le cinquième membre
04:26du groupe.
04:27Et là, on n'était que tous les deux
04:28dans un studio.
04:29Au début, ça nous a fait un peu peur.
04:31On s'est dit
04:32« Oula, c'est un truc du passé
04:33qui revient.
04:34Ce n'est pas agréable.
04:34Moi, je déteste la nostalgie.
04:36Je n'aime pas revenir en arrière.
04:37Du coup, j'ai eu un peu peur de ça.
04:39Et en fait,
04:40on s'est mis deux, trois règles.
04:42Et puis, on en avait tellement envie,
04:44je crois.
04:45C'était plus fort, quoi.
04:46Il y a quelque chose d'assez évident
04:48sur ce disque, je trouve.
04:48Comme si tout ton parcours musical
04:49devait t'amener là.
04:52Vraiment.
04:53Et comment...
04:55C'est sympa de dire ça.
04:56Oui, mais j'aime bien.
04:57Ça me fait plaisir de flat.
04:58Comment les gens qui te suivent
05:00depuis Johnny Jane
05:02ou au moins depuis Savages
05:02le reçoivent ?
05:03Est-ce que c'est une adhésion totale
05:04ou est-ce que pour certains,
05:05certaines, ça va un peu trop fort,
05:07un peu trop loin ?
05:08Je n'en sais rien.
05:08Je m'en fous un peu, j'avoue.
05:11Ce n'est pas bien, je ne sais pas.
05:12Je n'en sais rien.
05:13Je m'en fiche.
05:16Je n'ai jamais pensé ma carrière,
05:19même si j'ai eu des petits publics.
05:22J'ai joué dans des salles-villes.
05:23J'ai joué dans des 3 000 personnes.
05:25J'ai eu un peu tous les scénarios,
05:26même 80 000 personnes
05:29en première partie
05:30ou quand j'ai tourné avec Gorillaz.
05:32Donc, j'ai un peu fait tout.
05:35Pas mal de choses, en tout cas.
05:37Mais je ne me suis jamais dit
05:38qu'il y a une continuité,
05:39il ne faut pas que je lâche les gens,
05:40il ne faut pas que je déçoive les gens.
05:41J'ai un peu une inconscience
05:42par rapport à ça.
05:43C'est-à-dire que mon cœur est plus fort
05:44que ce que pourraient penser les autres.
05:47Ce qui n'est pas toujours bien
05:49pour le compte en banque,
05:50pour plein d'autres choses.
05:51Oui, mais musicalement,
05:52ce n'est pas des trucs intéressants.
05:53Je ne le ferai pas sinon, je crois.
05:56Sur You Heartbreaker You,
05:57ce dernier album,
05:58moi, j'entends énormément de choses.
06:01J'entends du grunge, par exemple.
06:02Sur Still Believe, par exemple,
06:03j'entends Alice in Chains, un peu.
06:06J'entends du hardcore,
06:07j'entends du new metal.
06:09Sur Put Off My Reach, Stop Me Now.
06:11Un peu d'induce aussi,
06:12dans les textures de certains sons.
06:14J'entends du punk, évidemment.
06:15Toi, tu as découvert du metal,
06:16c'est fait comment ?
06:17C'est un truc ado ?
06:18C'est en tournée, décollable ?
06:20Comment tu es tombée dedans ?
06:23Tout ce que tu décris
06:24me parle totalement
06:25entre Jonathan Davis,
06:27ce côté gnarly.
06:29Ça, j'avais envie de l'explorer.
06:30J'avais envie que la voix,
06:31elle voyage plus
06:32que je l'avais fait avant.
06:33J'ai exploré des sons
06:34que je n'avais jamais explorés avant.
06:36Tu la tritures beaucoup, quoi.
06:37Oui, voilà.
06:39Oui, Stay Leap,
06:41Alice in Chains,
06:42pour moi,
06:42c'est une espèce de projection
06:43dans les aigus.
06:45Ou même Quicksand,
06:49Jane's Addiction aussi.
06:51cette projection haute
06:52que je faisais déjà
06:53un peu dans Savages,
06:54mais là,
06:55j'avais envie de la pousser un peu.
06:56Et Mike Patton,
06:57évidemment,
06:58Faith No More.
06:59Et de pouvoir passer
07:01d'un cri
07:01à un murmure
07:04à quelque chose
07:05de plus opératique.
07:06Donc voilà,
07:07c'était un peu
07:07un jeteil à l'oeil
07:07que je m'étais mis.
07:08Moi, pour l'histoire du metal,
07:10en fait,
07:11j'ai vraiment découvert
07:12les musiques extrêmes.
07:13Moi, j'appelle ça comme ça.
07:14J'ai mis un peu tout
07:14dans ce même registre.
07:16Ça passe.
07:18Avec Johnny Osteel, en fait.
07:19C'est lui qui m'a emmenée
07:21la première fois
07:21dans un mosh pit
07:22quand je l'ai rencontrée.
07:24Et c'était pour Converge,
07:26Confort Moderne,
07:27à Poitiers.
07:27Qui vient de sortir
07:28un très, très chouette
07:29nouvel album.
07:29Un très chouette nouvel album.
07:30À chaque fois qu'il sort
07:31un truc,
07:31je trouve ça assez dingue.
07:32Et le son est fou.
07:35Et je n'avais jamais
07:36vraiment expérimenté
07:37le mosh pit.
07:38Donc j'ai eu une crise
07:38d'angoisse.
07:40J'ai fait une de mes...
07:41Parce qu'à l'époque,
07:41j'avais eu énormément
07:42de crises d'angoisse,
07:43de panique,
07:43de panique attaque.
07:45Et donc au milieu
07:45du mosh pit,
07:46j'ai eu une montée
07:48d'angoisse très forte.
07:49Donc je sors,
07:50je vais aux toilettes,
07:50je me calme.
07:51Mais en fait,
07:51je voulais y aller.
07:52Mais c'est juste
07:53que je ne pouvais pas.
07:54Mon corps avait réagi fort.
07:56Et donc je reviens.
07:56Donc ça,
07:57c'était un peu
07:57ma première expérience.
07:59Et après,
07:59quand j'ai fait
08:00mon groupe Savagies,
08:01qui était vraiment
08:02un groupe de post-punk.
08:05C'est-à-dire que
08:06c'est du punk
08:07un peu intellectuel,
08:11on va dire.
08:12Je ne sais pas
08:12comment l'exprimer mieux.
08:13où les mélodies
08:14ne sont pas très importantes,
08:15mais il n'y a pas non plus
08:16du crié.
08:18Donc on n'est plus
08:19dans une veine
08:20Patti Smith.
08:25Moi,
08:26j'étais très influencée
08:26par Swans,
08:28Michael Jirah.
08:32Et c'est là
08:33où j'ai rencontré
08:34en tournant
08:34tous ces Michael Jirah
08:36ou ces autres groupes
08:38qui tournaient
08:40en même temps.
08:44par exemple,
08:45Converge.
08:47J'ai fait un festival
08:48en Pologne
08:48avec mon groupe
08:49et ils sont là.
08:50Je suis fan du groupe,
08:52mais Savagies,
08:53c'est un peu les débuts.
08:54Je crois qu'on a sorti
08:54un album,
08:55bon,
08:55tout le monde
08:56ne nous connaissait pas
08:56encore vraiment.
08:59Mais le groupe,
09:00mon groupe me dit
09:00mais tu les adores,
09:01va leur parler.
09:02Tu vois,
09:02au Caterine,
09:03où tout le monde
09:04est assis à des tables
09:05et les groupes
09:06sont séparés,
09:07ils sont à leurs tables.
09:08Je prends un peu
09:09mon courage de main,
09:09je suis quelqu'un
09:10de très timide.
09:10Donc,
09:10j'y vais,
09:12j'arrive avec
09:13ma petite tête
09:13de française
09:16et voilà,
09:17il y avait,
09:18je ne sais plus,
09:19mais c'était tout cela.
09:20Je pense qu'il y avait
09:20Jake,
09:22et je leur dis,
09:24ouais,
09:27je suis fan.
09:29Et là,
09:29il n'y en a aucun
09:29qui me regarde,
09:30ils regardent tous
09:30leur assiette
09:31et ils rigolent.
09:32J'avais l'impression
09:32d'être au lycée.
09:34Donc,
09:34ils ne me donnent
09:34aucun crédit,
09:36ils ne me donnent pas,
09:37ils ne me donnent pas
09:37l'échange.
09:39Donc,
09:39je ne suis pas vexée,
09:40mais je suis aussi
09:41un peu triste.
09:43Et en fait,
09:43après,
09:44ils voient mon groupe
09:45et en fait,
09:45là,
09:46ils reviennent me voir
09:47en me disant,
09:48sister.
09:50Adoubé par conversion.
09:51Tu ne peux pas savoir
09:52le nombre de fois
09:53où ça m'est arrivé.
09:53Parce qu'on avait tellement
09:54des têtes de petites filles,
09:56c'était un groupe de filles.
09:57Ouais,
09:57et puis,
09:57tu n'as pas tant de femmes
09:58que ça sur les scènes
10:00de musique extrême,
10:01de plus en plus.
10:01À l'époque,
10:02surtout.
10:03À l'époque,
10:03il y avait un peu un creux.
10:05parce que dans les 90s,
10:06il y a eu pas mal.
10:09Voilà,
10:10il y a eu L7,
10:11il y a eu Hall,
10:12il y a eu,
10:12enfin,
10:13quand même,
10:13des femmes
10:14qui étaient,
10:15qui savaient crier,
10:16qui étaient super,
10:17des bêtes de scène
10:19et avec des revendications,
10:21etc.
10:21Mais moi,
10:22je ne payais pas de mine
10:22à l'époque,
10:23toujours pas d'ailleurs.
10:25Sauf qu'il y a une transformation
10:26quand je monte sur scène
10:27et donc,
10:28plein de fois,
10:28Michael Jirai,
10:28il m'a fait la même.
10:30Il m'a vraiment snobé
10:32la première fois
10:32où on nous a présenté
10:34et après,
10:34il m'a envoyé un message Facebook
10:35en disant,
10:36je suis désolée,
10:36j'ai vu ton groupe,
10:37la prochaine fois qu'on se voit,
10:38je voudrais m'excuser
10:40et te parler vraiment
10:40et je lui fais,
10:41ok,
10:42tu me feras un bisou sur la main
10:43et il l'a fait.
10:44Il l'a fait.
10:47Donc voilà.
10:48Donc la découverte,
10:48elle s'est faite vraiment
10:48par le live ?
10:50Ouais,
10:51mon éducation a été faite
10:52par Johnny Steel,
10:53vraiment,
10:53de ce genre de musique.
10:54Est-ce qu'il y a un morceau,
10:55le premier morceau de métal
10:57hors concert
10:58qui t'a frappé,
11:00qui t'a explosé la tête ?
11:03Chronologiquement,
11:04je suis nulle en chrono.
11:06Un morceau qui vraiment t'a...
11:08Midlife Crassist peut-être,
11:10Faith No More.
11:11Ok,
11:11on prend.
11:11Moi je trouve que,
11:12pour moi,
11:13Mike Patton,
11:13ça a toujours été un modèle
11:17et je lui ai même
11:20volé sa coupe de cheveux
11:20une période.
11:22Il en a eu pas mal.
11:23Hein ?
11:24Il en a eu pas mal.
11:25Ouais,
11:25mais celle qui est 90's
11:27où les franges,
11:28elles arrivent là,
11:29c'est très court.
11:31Donc ça...
11:33Et aussi son jeu de scène
11:35quand il se crouche,
11:38quand il se met accroupi
11:41comme ça
11:42et qu'il hurle en regardant en bas.
11:43Ça,
11:44je lui ai volé.
11:46Ouais,
11:47je pensais beaucoup à lui
11:48quand j'étais sur scène.
11:49Et c'est quelqu'un
11:50d'hyper impressionnant
11:51scéniquement
11:51puis dans son attitude aussi
11:55un peu rebelle
11:56et puis il s'avoue quoi.
11:57Il sait tout faire quoi.
11:59On parle de Patton.
12:00Je t'ai demandé
12:01de me préparer
12:02une liste de morceaux
12:03avant de venir
12:04parce que ça va
12:05complètement habiller
12:06cette émission.
12:08Il y a deux morceaux
12:09avec Patton au chant.
12:10Un morceau de Thomas Walk,
12:11un morceau de Faith No More.
12:12C'est vraiment le chanteur
12:12pour toi,
12:14marquant.
12:14Un des chanteurs.
12:15Je ne fais pas une prise de chant
12:16en studio
12:16sans écouter Mike Patton
12:18avant de chanter.
12:19Je me mets un peu
12:21du Patton.
12:21J'écoute sa texture.
12:24Parce qu'en fait,
12:24il est tellement riche
12:25et il est tellement diversifié
12:26qu'il y a un peu de tout.
12:28Ça va de John Zorn
12:29à des reprises
12:30de morceaux napolitains
12:31en passant par
12:32des trucs avec Nora Jones.
12:33L'opéra.
12:34Oui, c'est ça.
12:35Il peut chanter du jazz,
12:36de l'opéra,
12:36d'italien,
12:38en plusieurs langues.
12:40Du coup,
12:40tu sors un morceau
12:41avec lui ?
12:41Oui, je sors un morceau.
12:42Enfin !
12:44Enfin !
12:44Je suis hyper ravie.
12:46Il était dur à convaincre
12:47pour la collab ?
12:47Pas du tout.
12:48Absolument pas.
12:48En fait,
12:48ça fait des années
12:49qu'on se parle.
12:50Déjà,
12:50il était fan de mon groupe
12:51et du coup,
12:52on se parlait déjà à l'époque
12:54et on voulait collaborer
12:56mais il n'y avait pas le...
12:56Voilà.
12:57On a failli collaborer une fois,
12:58c'était pour l'album
13:00qu'il a fait
13:00avec Jean-Claude Vanier.
13:03Corpse Flower.
13:04Ouais,
13:04qui a un super album.
13:05Un jour,
13:06Mike m'appelle
13:06et il me dit
13:07« Est-ce que t'es à Paris ? »
13:09Je fais « Oui ».
13:10Il me fait « Voilà,
13:10moi je suis en tournée,
13:11je ne suis pas là
13:11mais je fais un album
13:12avec Jean-Claude Vanier
13:13et est-ce que ça te dirait
13:14de faire les voix françaises dedans ? »
13:17Je lui fais « Attends... »
13:19Enfin,
13:20moi j'étais hyper fan
13:21des albums collab
13:22qu'il avait faits,
13:24notamment celui avec...
13:27Comment il s'appelle ?
13:28Love Edge ?
13:28Tu te rappelles de cet album ?
13:30C'était génial cet album.
13:31Avec...
13:32Comment elle s'appelle ?
13:32J'ai plus son nom là.
13:33Je ne sais plus.
13:34Love Edge,
13:35c'était un album
13:35que j'adorais.
13:37Et donc,
13:37je m'étais un peu imaginé ça.
13:38Je fais « Ouais, super ».
13:39Donc,
13:39je vais chez Jean-Claude Vanier
13:41sous...
13:41Enfin,
13:42Mike arrange un rendez-vous
13:43et je vais chez lui
13:45et il y avait...
13:46C'était très étrange
13:48comme rencontre
13:48mais moi j'aime bien
13:49les vieux bougons.
13:50Enfin,
13:50ça ne me dérange pas quoi
13:51mais il était assez renfermé.
13:52« Oui !
13:53Il faut chanter ! »
13:53Et là,
13:53il me fait écouter les titres.
13:54C'était hyper bien.
13:55Je trouvais ça hyper intéressant.
13:58Et le mélange était
14:00génie quoi.
14:01Et il y avait une femme
14:01qui était là
14:02qui change-smoquait
14:04tout le temps à côté.
14:05Je ne savais pas
14:05qui c'était.
14:06Elle ne me parlait pas trop et tout.
14:07On va en studio.
14:08Mon studio à Paris,
14:09je l'invite
14:09et on fait les voix.
14:10Il dit « Oh,
14:11tu es bonne en harmonie ? »
14:12Je suis là « Super ».
14:13Donc,
14:13je fais tout.
14:14C'était déjà écrit
14:14donc j'avais juste
14:15à suivre la partition
14:16et le faire.
14:17Donc,
14:17j'appelle Mike.
14:18Il y avait toujours
14:18cette femme qui était là
14:19avec Jean-Claude
14:20et je ne savais pas trop
14:20qui c'était.
14:22Et j'appelle Mike.
14:23Je me dis « Voilà,
14:24c'est fait.
14:24Super.
14:24Trop bien.
14:25j'ai trop hâte et tout
14:26d'écouter. »
14:26Et puis,
14:27une semaine après,
14:28je reçois un appel
14:28de Jean-Claude Vanier.
14:29Je fais « Oh,
14:30bizarre. »
14:30Je décroche.
14:31Je me rappelle,
14:32je montais chez moi
14:32à Paris dans mon appartement
14:33dans les escaliers.
14:35Et là,
14:36je fais « Allô ? »
14:37Et il me fait
14:38« Tu ne seras pas sur l'album ! »
14:40Et il raccroche.
14:41Et je dis « Wow,
14:42ok,
14:42qu'est-ce qui se passe ? »
14:44Mais genre,
14:44je rigole tellement
14:45que c'était drôle.
14:46Et j'appelle Mike
14:47ou je le texte,
14:47je ne sais plus.
14:48Je lui dis « Oui,
14:49il s'est passé un truc et tout. »
14:50Et en fait,
14:51c'est la dame
14:51qui était là
14:52depuis le début
14:52qui a fait les voix.
14:53Ok.
14:54Voilà.
14:54Donc,
14:55je ne sais pas
14:55ce qui s'est passé.
14:56Vous ne savez pas
14:56qui est cette dame ?
14:57Moi,
14:58je ne sais pas.
14:58Après,
14:59il faudrait vérifier,
15:00mais je n'ai pas trop cherché.
15:02On va chercher ça.
15:02Mais c'est intéressant.
15:04On va chercher ça.
15:05Donc,
15:06avec Mike,
15:06on s'est toujours dit
15:07« Bon,
15:07il y a eu cet échec.
15:10On aimerait trop
15:11faire un truc ensemble. »
15:11Donc,
15:11quand je l'ai contacté
15:12pour « Look at me »,
15:13il a dit oui tout de suite.
15:18un tout petit peu,
15:19mais pas longtemps,
15:19genre deux mois.
15:20J'ai attendu
15:21des duos
15:23bien plus longtemps que ça.
15:24Donc non,
15:25c'était très rapide.
15:26Tu parlais aussi
15:26de Lens Télé tout à l'heure,
15:27Alice in Chains.
15:28Oui.
15:30Du coup,
15:31la rencontre
15:31n'est pas faite sur scène,
15:32pour le coup.
15:32Non,
15:33il est mort avant.
15:35Elle a déjà dit
15:35« Damn Bones »
15:36sur l'album Dirt.
15:37Oui,
15:37il y en aurait eu plein
15:38pour être rooster.
15:42Oui,
15:43parce que
15:44c'est encore
15:45c'est un chanteur
15:47mélancolique,
15:48quoi.
15:48et en même temps
15:49qui ramène
15:50dans cette mélancolie
15:50une force
15:51et une déchirure.
15:53Il a vraiment
15:53une fracture
15:54dans sa voix,
15:54quoi.
15:55C'est très 90s,
15:56du coup,
15:57il y a vraiment
15:57le côté grunge dedans.
15:59Il y a ce côté
15:59sur ton album,
16:00sur très 90s,
16:01tout en étant
16:02très contemporain
16:03dans la prod et tout.
16:04Oui,
16:04bien sûr.
16:05Oui,
16:05ça a été évidemment
16:06une envie,
16:07quoi.
16:08L'album déclencheur
16:09pour ça,
16:09sur You Have Break A You,
16:10c'est
16:11Quicksand.
16:13Et je découvre,
16:15c'est Johnny Hostile
16:16qui me découvre
16:16parce que je lui parle
16:17de Deftones
16:17et je lui dis,
16:18voilà,
16:18j'aime beaucoup
16:18cette richesse
16:19de guitare,
16:20ces couches de guitare.
16:21Et il y avait
16:21un autre album
16:22qui m'avait beaucoup plu,
16:23qui est un album
16:23beaucoup plus récent,
16:24qui est un album
16:25qui s'appelle Chastity,
16:26qui est sur la playlist aussi.
16:28Pardon,
16:28un album d'un artiste
16:29qui s'appelle Chastity.
16:30L'album,
16:30c'est Deathlust
16:31qui reprend aussi
16:32qui reprend aussi
16:33ses sonorités
16:33de guitare
16:35qui sont
16:36hardcore
16:37et shoegaze
16:37mélangés.
16:38Et donc,
16:39il me dit,
16:39il faut absolument
16:40que tu écoutes
16:40Quicksand
16:40parce que
16:41Quicksand,
16:41c'est l'origine
16:41de ça,
16:42en fait.
16:43Et quand j'écoute
16:43Quicksand,
16:45mon cerveau
16:46se retourne.
16:47C'est-à-dire que
16:47c'est Walter
16:47qui a vraiment
16:49compris qu'il y avait
16:50le shoegaze
16:50qui se passait
16:50en Angleterre,
16:51qui est rentré
16:51en studio
16:52pour faire
16:53le premier album
16:53de Quicksand
16:54et qui vient
16:55du New York
16:56hardcore,
16:57voilà,
16:58et qui se dit
16:59« Ah non,
17:00mais en fait,
17:01je ne veux plus
17:01faire un album
17:02que de hardcore. »
17:04Et du coup,
17:05il rentre
17:05ce côté shoegaze
17:07dans les sonorités
17:08de guitare
17:08et il invente
17:09ce qui va devenir
17:10le néo...
17:11Je ne sais plus
17:12comment on appelle ça,
17:12d'ailleurs,
17:13je ne suis pas journaliste,
17:14mais le...
17:15Néo hardcore,
17:15quoi.
17:17Ouais,
17:17c'est ça.
17:18Ou c'est des guitares
17:19séductrices,
17:21séductives guitares.
17:22Et moi,
17:23j'étais vraiment fan
17:23de ça.
17:24Donc,
17:24je découvre Quicksand
17:26quand l'album
17:26s'est fini
17:27pour la petite anecdote,
17:28je contacte Walter
17:28sur les réseaux sociaux
17:29et je lui dis
17:30mon amour
17:30pour Distant Population,
17:32ce qui est leur dernier album,
17:33et lui dire
17:34voilà,
17:34il m'a vraiment influencée.
17:35Moi,
17:35j'ai fini un album,
17:36ça a été vraiment important
17:38pour moi.
17:38J'aimerais beaucoup
17:39t'envoyer l'album.
17:40Il me fait
17:40« Oh là là,
17:41mais tu ne peux pas savoir,
17:41je suis allée à tous tes concerts
17:42de Savages à New York. »
17:43Trop bien.
17:44J'étais là,
17:45c'est fou la vie des fois,
17:46quand même.
17:47Donc ça,
17:47j'étais très honorée
17:48et je ne l'ai toujours
17:50pas rencontrée,
17:50mais je pense que
17:51quand je vais rencontrer,
17:52je serai ravie.
17:54Donc voilà,
17:55c'était comme
17:55un boucle bouclé
17:57pour Quixem.
17:58Tu parlais de Deftones,
17:59du coup.
18:00Oui.
18:00Là,
18:00tu as choisi
18:01« Be Great and Drive,
18:02Far Away »,
18:03un morceau absolument mythique.
18:04Est-ce que tu continues
18:05parce qu'ils viennent
18:06de sortir un album
18:06qui est encore...
18:08Je trouve que c'est un groupe
18:09qui reste passionnant.
18:09Oui,
18:10bien sûr,
18:10je les ai vus au Mexique
18:11jouer quand on a fait
18:12le même festival.
18:13Je joue avec eux
18:14au Mexique fin mars.
18:16On fait une date ensemble.
18:19Je suis ravie.
18:20Je ne les ai pas encore
18:21rencontrés,
18:22eux,
18:22mais j'espère que ça va se faire.
18:23J'ai plein de potes
18:24qui m'en parlent,
18:24qui ont tourné avec eux
18:25et qui m'ont dit
18:26qu'ils sont super.
18:26Donc j'ai hâte.
18:28Corn,
18:28Jonathan Davis.
18:30Jonathan Davis,
18:31ouais,
18:31et ses albums solo aussi.
18:32J'ai mis un morceau de...
18:33Absolument,
18:34Happiness.
18:34Ah,
18:35mais ce morceau,
18:35c'est un de mes morceaux
18:36préférés de toute ma vie.
18:39Il sort du registre Corn.
18:40On reconnaît sa voix
18:41immédiatement,
18:41mais ça part ailleurs.
18:42Plus pop un peu aussi,
18:44plus écrit,
18:44plus personnel aussi
18:45sur le sujet.
18:47On sent une déchireur d'enfance
18:51et sa voix,
18:52ouais,
18:52ouais,
18:52c'est fou.
18:53Je travaillais avec Atticus Ross
18:54de Nine Inchness.
18:55Il a produit des titres
18:56de mon premier album solo
18:57et donc il a produit,
18:59mais je ne le savais même pas,
19:00il a produit des albums de cornes.
19:02Et oui,
19:03on le voit,
19:04il y a un...
19:05On peut trouver sur YouTube,
19:06je crois,
19:07une vidéo d'eux
19:07qui travaillent en studio
19:08pour ses albums-là.
19:10Ils en ont fait deux ensemble,
19:11je crois.
19:11Et on voit Jonathan
19:12qui est derrière
19:13chaque instrument,
19:14il fait les percussions.
19:15Il est vraiment...
19:17On sent qu'il est très impliqué
19:18dans l'écriture de la musique,
19:19dans les textures.
19:21Donc,
19:21ce n'est pas juste un chanteur.
19:23Il est très impressionnant.
19:24Et oui,
19:25ce côté,
19:26un peu Marine Monson,
19:28ce que j'associe un peu,
19:30ce côté nard
19:32que j'aime bien.
19:33Malsain,
19:34un peu.
19:35Ouais,
19:35malsain,
19:36mais ouais,
19:37malsain.
19:38Oui,
19:38ça va.
19:39Mais je trouve que dans les années 90,
19:40c'est pareil en cinéma,
19:41il y avait cette capacité de...
19:44Enfin,
19:44il y avait le même album,
19:45la même colère qu'on a aujourd'hui,
19:47je crois,
19:47par rapport au monde
19:48dans lequel on vit.
19:50Mais il y avait cette capacité
19:51d'aller directement
19:52ou de taper
19:53dans la noirceur humaine
19:54et dans les perversions.
19:58Et c'était un accès direct à ça.
20:00En tant que spectateur,
20:01on s'en prenait plein la gueule, quoi.
20:03Pardon,
20:03j'ai le droit de dire ça.
20:04T'as complètement le droit.
20:05Mais c'est aussi un truc
20:06qu'on retrouve dans Tool,
20:06par exemple,
20:07c'est cette exploration
20:08de la noirceur.
20:09T'as mis les deux groupes
20:11de Maynard.
20:11Oui.
20:12Tool et Perfect Circle.
20:14alors James Maynard,
20:15c'est pareil,
20:16c'est un chanteur
20:17qui est quand même
20:19reconnaissable
20:19en un quart de seconde
20:21et je l'ai beaucoup,
20:23beaucoup écouté
20:23pour l'album.
20:26Son aspect mélodique,
20:28j'adore quand tu écoutes
20:29des interviews de lui
20:30parce qu'on lui demande
20:30pourquoi il fait autant de projets.
20:32Je ne sais pas combien.
20:33Et puis ils cartonnent tous.
20:34Ça, c'est génial aussi.
20:37C'est ça, c'est fou, quoi.
20:39Je pars en tournée
20:40avec Perfect Circle
20:41là en juin
20:43et on fait des arénas, quoi.
20:46C'est le side project, quoi.
20:48Donc, oui,
20:48c'est impressionnant.
20:49Mais oui,
20:51il expliquait pourquoi,
20:52on lui posait la question
20:53pourquoi tant de projets
20:54à part, à côté,
20:56pourquoi tant de projets différents.
20:57Il disait
20:57c'est parce que je vais très vite.
20:59Ah, le bâtard.
21:01C'est ça.
21:02Et oui, parce que
21:03Tool, ils sont très lents,
21:04le groupe et tout.
21:05Et moi, je fais mes chants
21:06assez vite.
21:06Et après, j'attends,
21:07je me fais chier.
21:08Donc, je fais un autre projet.
21:09Et pourtant,
21:10aller se poser
21:10sur les morceaux de Tool,
21:12c'est toujours,
21:13enfin, vocalement,
21:13c'est un délire.
21:14Oui, oui,
21:15c'est-à-dire qu'il change
21:17de rythmique
21:17toutes les...
21:20Toutes les mesures.
21:20Oui, c'est ça.
21:21C'est ça.
21:22Donc oui,
21:22pour se poser dessus,
21:23c'est très impressionnant.
21:24J'essaye un peu
21:25d'explorer ça
21:26pour les prochains morceaux.
21:29Parce qu'il y a
21:29un côté jazz aussi.
21:31Même un truc
21:31qu'on peut retrouver
21:32chez Jeff Buckley.
21:34C'est-à-dire que
21:34cette capacité
21:35dont on ne fait jamais
21:36la même mélodie,
21:37mais on réenregistre
21:39l'idée,
21:40mais on la twist.
21:41Enfin, il y a
21:42un côté d'improvisation
21:43que j'aime bien.
21:44Je ne sais pas
21:44si James Menard
21:45improvise en marque,
21:46mais parce que lui,
21:46il a l'air très
21:46dans l'écriture.
21:48Oui, oui.
21:48C'est très mathématique.
21:50Tool, c'est mathématique.
21:51Oui, complètement.
21:52Je déteste les maths,
21:52mais j'adore tout.
21:53Oui, pareil.
21:54Je suis nulle en maths,
21:55mais j'adore tout.
21:56Un jour, on m'a dit
21:56que la musique,
21:56c'est des maths
21:57et ça m'a absolument traumatisé.
21:59Je refuse complètement
22:00cette théorie.
22:00C'est impossible pour moi.
22:01Je suis absolument d'accord.
22:03On va parler d'un groupe
22:04un peu plus récent,
22:06en tout cas,
22:07qui vient de sortir
22:07un album incroyable
22:08qui s'appelle
22:09Dijspitz.
22:10Oui.
22:11Un groupe de filles d'Austin.
22:12Oui, très bien.
22:13Oui, signé chez Ferdman.
22:16Le label de Jack White.
22:17J'ai joué avec elle
22:18il y a deux semaines
22:21en Hollande.
22:22Elles ont joué
22:23juste avant moi
22:23sur la scène
22:24et j'ai adoré.
22:26Je les trouve...
22:28En fait, le truc,
22:29c'est qu'on regardait
22:29avec Johnny Hostile
22:30leur concert
22:30et on se disait
22:31qu'est-ce que c'est mieux
22:32quand c'est des meufs
22:32qui font du rock.
22:33C'est cool.
22:34Oh mon Dieu.
22:35Il ne faut qu'il y ait que ça,
22:36en fait.
22:36Avec ce mélange
22:38grunge, punk,
22:39stoner.
22:39Oui, stoner.
22:40Oui, oui, oui.
22:41Et puis, c'est fun.
22:42Elles sont assez...
22:43C'est très solaire,
22:45en fait,
22:45leurs concerts.
22:47Donc, oui,
22:47non, j'ai vraiment adoré.
22:48Je suis allée leur dire
22:49après, j'étais ravie
22:50de les rencontrer.
22:51Alors, une icône
22:52pas métal,
22:53mais encore une fois
22:53rattachée
22:54à ces musiques extrêmes.
22:57La grande famille
22:58des musiques.
22:58On veut dire Kim Gordon ?
23:00Oui, oui.
23:00Icône absolue ?
23:02Oui, oui,
23:02je l'ai mise
23:02dans la playlist.
23:04Oui, oui, oui.
23:04Ben oui, parce qu'en fait,
23:06Kim Gordon, pour moi,
23:07elle a l'âge de ma maman.
23:09Donc, elle a plus de 70 ans
23:10et elle sort des albums
23:11qui sont plus modernes
23:12que la plupart des jeunes
23:13qui sortent des albums
23:14aujourd'hui.
23:15Elle a une capacité
23:16de rentrer l'art moderne
23:17dans le rock
23:18depuis le début,
23:19depuis ses débuts
23:19avec Sonic Youth.
23:21Même la manière
23:22dont elle a accompagné
23:23Kurt Cobain.
23:25C'est une icône,
23:26mais c'est quelqu'un de...
23:29Artistiquement,
23:30c'est une grande artiste.
23:30C'est même fou
23:31que Sonic Youth
23:31ait eu le succès
23:32qu'ils aient eu
23:36considérant l'ovni que c'est.
23:38Après, quand on connaît
23:39bien l'histoire,
23:39moi, j'ai le même management
23:40que Sonic Youth.
23:41C'est John Silva
23:42qui avait fait Nirvana,
23:44qui a fait Sonic Youth,
23:44Beastie Boys, etc.
23:46et donc il y a aussi
23:48du John Silva derrière
23:50et la signature
23:51chez Geffen, etc.
23:52Mais c'est aussi un groupe
23:52qui avait envie de...
23:53Et c'est une époque
23:54où c'est comme les Tolkienettes,
23:56c'est-à-dire que faire entrer
23:59viruser la pop, quoi.
24:01Qu'on amène le public
24:03à cette musique
24:04plutôt qu'on amène
24:05la musique au public, quoi.
24:07T'as aussi des choix
24:08très frontaux.
24:10Rage Against the Machine,
24:11Bulls on Parade,
24:12mais en live.
24:12Ouais, en live.
24:13Cet album live,
24:14moi, je le réécoute
24:15très, très souvent.
24:16C'était le dernier concert
24:19avant qu'il y ait un...
24:20Avant qu'il s'arrête.
24:21C'est impossible, le groupe.
24:22Voilà.
24:23Qui n'a jamais pu
24:25s'entendre ou se reformer.
24:26Ouais, ouais, ouais.
24:27C'est dur, des fois,
24:28les groupes.
24:29J'ai rencontré Tom Morello,
24:30il y venait à mes concerts
24:31de Savages à LA
24:32à chaque fois qu'on le jouait.
24:34J'ai co-écrit des titres
24:35pour son album solo aussi.
24:36Il m'a demandé
24:37d'écrire des textes
24:37pour lui et des mélodies.
24:39Un mec charmant
24:40qui m'a raconté
24:41beaucoup d'histoires
24:41de Rage, sur Rage.
24:46Et oui, cet album live,
24:48je l'écoute toujours
24:49avant de monter sur scène.
24:50Enfin, souvent.
24:51Parce que c'est un intro.
24:53C'est incroyable.
24:54Mais c'est...
24:54Je sais pas si ça a été trafiqué
24:56des fois, les albums live.
24:57Je suis tellement jalouse.
24:59Mais c'est parfait.
25:00Live vibe, elle est géniale.
25:02Les gens sont à fond.
25:03Et puis, ils arrivent
25:03à mettre le bon riff,
25:04le timing, il est parfait.
25:07À quatre, de produire ce son à quatre
25:09est juste incroyable.
25:10Mais ça, c'est vraiment vrai
25:11quand je vois...
25:11Moi qui ai tourné
25:12avec Queen's of the Stone Age,
25:13quand j'ai vu Tool,
25:14quand je vois Corn sur scène,
25:17quand on entend Rage,
25:19c'est des groupes qui jouent...
25:21Il n'y a pas de backing track.
25:22Il n'y a pas de...
25:23Rien n'est faux.
25:24Et il y a une chaleur dans le son,
25:26une précision.
25:27On a l'impression d'entendre l'album.
25:28C'est très, très fort quand même.
25:32Ça fait plaisir d'entendre ça.
25:33Tu parles de Queen's of the Stone Age
25:34qui n'est pas à proprement parler
25:35un groupe métal,
25:36mais qui flirte vraiment avec ça.
25:38Le passé dans Chaos de Josh.
25:42Ce groupe est...
25:43Mais Josh, il sait tout faire quand même.
25:45C'est fou.
25:45Il est bien de sortir un truc
25:46avec Nora Jones.
25:46Avec Nora Jones, oui.
25:48Et ça fonctionne.
25:49C'est hyper bien.
25:51Il est très, très fort.
25:52C'est un vrai musicien.
25:54Je suis allée dans la maison
25:55où ils ont enregistré
25:57leurs albums.
26:03Et c'est vraiment une baraque.
26:04Ce n'est pas un studio.
26:05C'était parce qu'ils l'ont vendu depuis.
26:07C'était une baraque
26:09où tu es dans le salon
26:11et tu fais des prises
26:12avec un SM58.
26:13Comment ça se passe du coup
26:14une tournée avec Queen's of the Stone Age ?
26:16Ça fait longtemps que je connais Josh.
26:18C'est vraiment devenu
26:19quelqu'un de très important pour moi
26:20parce que déjà,
26:21il m'a fait rencontrer mon management
26:22parce que j'ai le même que lui.
26:25Donc, ça a changé ma vie.
26:27Quand on trouve les bonnes équipes
26:28dans l'industrie du disque,
26:31surtout que c'était très compliqué
26:32l'équipe autour de Savages,
26:34c'était un management plus anglais.
26:37Et ça ne se passait pas bien.
26:38Et quand j'ai rencontré Josh
26:39qui m'a fait rencontrer le management,
26:41ça a changé ma vie.
26:42Et c'est vraiment quelqu'un
26:43qui te tend la main
26:43et qui t'aide en fait.
26:44Moi, il m'a vraiment changé
26:46beaucoup de choses.
26:46Il m'a dit des choses parfois
26:47qui m'ont fait comprendre plus vite.
26:51Il m'a hébergée chez lui.
26:53Et donc, quand on tourne ensemble,
26:54c'est la famille un peu.
26:55C'est un côté...
26:56J'ai l'honneur de dire
26:57que c'est vraiment un de mes amis
27:00que j'aime le plus
27:01et qui m'a beaucoup appris
27:02et beaucoup aidée aussi.
27:05Donc, voilà.
27:07Après, je l'ai...
27:08Comme il dit,
27:10moi et Johnny,
27:10on ne boit pas,
27:11on ne prend pas de drogue.
27:12Quand on a fait la tournée
27:13avec Viagra Boys,
27:15Queens of the Stone Age
27:15et nous,
27:17il y avait un décalage
27:19au niveau des drogues,
27:20mais en même temps,
27:21ils sont tellement ouverts
27:22qu'ils s'en foutent complètement.
27:23Nous aussi,
27:24donc ça,
27:25on passait des soirées super,
27:26mais dans des niveaux
27:28un peu de conscience,
27:28un peu différents.
27:29Mais moi,
27:30je me rappelle de tout,
27:31on va dire.
27:33Puisqu'on est dans
27:33les consommations
27:34de drogues différentes,
27:35on va plonger
27:36dans les 70s.
27:3860s, 70s,
27:39d'ailleurs,
27:39parce qu'il y a
27:39Led Zepp,
27:40allot à l'heure.
27:40Oui, oui, oui, oui, oui.
27:42Et Black Sabbath,
27:42Warpix ?
27:43Oui,
27:43Black Sabbath,
27:44c'est l'origine du métal
27:45quand même.
27:46C'est la base de tout.
27:49En fait,
27:50c'est à travers Henry Rollins
27:50que j'ai découvert
27:52Black Sabbath,
27:54parce qu'il en est
27:54sur tous ses bouquins
27:56On the Road
27:57ou Get in the Van,
27:58Get in the Van,
27:58c'est ses livres
27:59sur la tournée
27:59où il écrit
28:00toutes ses tournées
28:01complètement folles
28:01en Angleterre
28:02avec Black Flag.
28:04Henry Rollins
28:04parle beaucoup
28:05de Black Sabbath.
28:08Et donc,
28:09vraiment,
28:10je me suis mise
28:10beaucoup à écouter.
28:12Et ça m'a beaucoup
28:12influencée au début
28:13de Savagis,
28:14je me souviens,
28:14parce que justement,
28:15j'écrivais beaucoup
28:15sur la guerre,
28:17vu que le groupe
28:17s'appelait Savagis,
28:18j'avais envie de parler
28:19de ça.
28:19J'avais surtout pas envie
28:20d'écrire des chansons
28:21d'amour,
28:22surtout en étant
28:22un groupe de filles.
28:23Donc, ça a été
28:25une grosse influence
28:26pour moi au tout début
28:27quand j'ai commencé
28:28à vraiment écrire
28:28des chansons pour Savagis.
28:30Et la découverte
28:30de Led Zepp,
28:31ça fait à quel moment ?
28:32Led Zeppelin,
28:33c'est beaucoup plus tôt.
28:34Je suis ado.
28:35J'avais un amoureux
28:36qui était un énorme fan
28:37de Led Zeppelin.
28:39L'histoire d'amour
28:40n'a pas duré,
28:40mais par contre,
28:41l'histoire d'amour
28:42avec Led Zeppelin
28:42a duré.
28:44Qu'est-ce qu'on peut faire ?
28:45On peut faire Sepultura ?
28:46Je ne m'attendais pas
28:46à Sepultura.
28:47Ouais, Sepultura.
28:48Igor Cavalera,
28:49c'est...
28:51Je ne sais plus
28:52où est-ce qu'on l'a rencontré.
28:52Il l'a rencontré
28:53à travers Johnny et moi.
28:55Johnny était énorme fan
28:56de Sepultura.
28:56Il m'a fait découvrir
28:57Sepultura.
28:58Et je crois
28:59qu'on rencontre Igor
29:00à travers Soul Wax
29:02sur une des tournées.
29:04Voilà.
29:04Igor,
29:06avec sa femme Leïma,
29:07il tourne avec Soul Wax.
29:08Et donc,
29:09il y a ce truc
29:09avec les couples
29:10qui font de la musique,
29:11que ce soit
29:14Igor et Leïma
29:15chez Soul Wax
29:16ou Sextile
29:18qui sont des super bons potes
29:19ou maintenant
29:20Eka Vandal
29:20qui fait tout
29:21avec son conjoint,
29:22etc.
29:23Quand on se rencontre
29:24et qu'on est des couples
29:24qui font de la musique,
29:26c'est la famille.
29:27Mais je dis vraiment,
29:28on a l'impression
29:28qu'on se connaît déjà.
29:29On partage énormément de choses,
29:30on peut se confier
29:31sur plein de choses
29:32et il y a un truc.
29:33Donc, avec Igor,
29:34il y a eu une connexion
29:35hyper forte.
29:37Et puis,
29:39et puis,
29:39bah oui,
29:40Sepultura,
29:41l'album Root,
29:42c'est l'ultime.
29:43C'est un mariage,
29:45c'est du génie pur.
29:46Après,
29:47l'histoire du groupe
29:48est...
29:48Voilà.
29:49Compliquée.
29:49Après,
29:49il y a la Cavalera Conspiracy,
29:51etc.
29:51Mais c'est triste,
29:54ces histoires de groupe,
29:55mais c'est comme ça.
29:56Et tu te retrouves parfois
29:57comme cette année
29:58Welfest
29:58avec Sepultura
29:59qui joue le vendredi
30:00et Cavalera Conspiracy
30:02qui a choqué
30:02au Saudi le lendemain.
30:04Mon Dieu.
30:05Déjà,
30:05ils n'ont pas mis
30:05le même jour,
30:06c'est pas mal.
30:06C'est étrange.
30:07J'ai tourné un film
30:08au Brésil
30:08en juillet dernier
30:09et j'ai texté Igor.
30:12Parce que partout
30:12où j'allais,
30:13il y avait...
30:13C'est fou,
30:15le culte
30:16sur Sepultura
30:17au Brésil.
30:19Je ne m'en étais pas
30:20rendue compte
30:21avant d'y aller
30:21à ce point-là.
30:23Tu parlais des Cavandale,
30:24il y a ce morceau
30:25Cruising to Save 2.
30:27J'ai pris celui-là
30:28parce que c'est le premier
30:28qui l'a fait découvrir.
30:30Et un vrai petit côté
30:30turnstile,
30:31je trouve.
30:32Oui,
30:32il y a un côté turnstile,
30:33un côté fugazi,
30:34un côté...
30:37Même sur son dernier titre,
30:39un peu strokes.
30:39Il y a plein de mélanges
30:40et puis dans ses lives
30:42et je pense que là,
30:43elle va y aller un peu plus.
30:44Il y a au côté R&B aussi,
30:45hip-hop aussi
30:46qu'elle ramène.
30:47du côté black culture
30:48qu'elle mélange au métal.
30:51Là,
30:51elle vient de signer.
30:52Je pense que ça va bien
30:53bien se passer.
30:55Ça fait longtemps
30:56que Johnny Hostile
30:58et moi,
30:58on suit ce que fait Eka.
30:59On l'a fait longtemps
31:00qu'on la veut sur Ecos aussi.
31:02Comme elle est australienne
31:02et qu'elle est tout le temps
31:03tournée,
31:03ce n'est pas forcément facile
31:04mais on s'est rencontrés.
31:06Donc pareil,
31:07bonne entente
31:08et c'est vraiment un projet
31:11que je trouve
31:12qui fait du bien.
31:13Nickel.
31:14Pour la suite de la playlist,
31:15je voyage,
31:18il y a de plus en plus,
31:19on le disait,
31:20il y a eu un creux
31:20à un moment
31:21au niveau des femmes
31:22dans le rock,
31:23le métal et ses musiques extrêmes.
31:24Il y en a de plus en plus.
31:25Les Speeds,
31:26on en parlait,
31:26Lombrini Girls,
31:28Fetus Grands Mazzachis en France,
31:29Emile de Snifflers.
31:30Est-ce que c'est important pour toi ?
31:33Scowl.
31:33Scowl aussi, évidemment.
31:34Kat Moss,
31:34je trouve que c'est une des meilleures
31:35fronteuses du moment.
31:36Je la trouve incroyable.
31:38Elle est très, très forte.
31:40Elle est à un niveau,
31:41elle est à un très haut niveau.
31:43Est-ce que c'est important pour toi
31:44aussi d'apporter cette pierre
31:45à l'édifice,
31:45des musiques extrêmes
31:46en tant que femme ?
31:48Je ne me pose pas la question
31:49quand je le fais.
31:50Mais par contre,
31:50quand j'ai démarré Savages,
31:52qui était un groupe
31:53entièrement féminin,
31:54il n'y avait pas de groupe
31:55de femmes à l'époque.
31:57Il y avait quelques exemples,
31:59mais qui n'étaient pas du tout
32:00dans le rapport de force.
32:03Il y avait Warpaint,
32:04je me souviens.
32:06Qui est dans un...
32:07que j'adore,
32:08mais qui est plus éthéré,
32:09plus pop.
32:10Oui, Stella Labattus,
32:11c'est une très, très bonne amie à moi.
32:13On a beaucoup tourné.
32:14On a fait les mêmes tournées.
32:15On a fait une tournée
32:15en Australie ensemble
32:16avec King Cole aussi.
32:18Donc, on était tous très proches.
32:22Mais Warpaint,
32:23c'était vraiment dans un genre
32:25plus psychédélique.
32:27Le soleil, Los Angeles.
32:28Voilà, c'est ça,
32:29Los Angeles, soleil.
32:30Donc, nous, on arrivait
32:30avec une hache plus.
32:33Et je me souviens
32:34que ça a été...
32:36C'était presque inconscient,
32:38mais c'était aussi conscient,
32:39l'idée de créer un contraste.
32:40On ne s'attend pas,
32:41encore une fois,
32:42ce que je te racontais tout à l'heure
32:43avec Converge,
32:43c'est qu'on ne s'attend pas
32:44à ce que quatre filles
32:45y aillent à la confrontation
32:46et aillent sur le terrain des mecs.
32:48Et c'était à la fois
32:50notre point...
32:51Enfin, c'était notre point fort,
32:52je crois.
32:54Et notre point faible,
32:55parce qu'en fait,
32:55il n'y a pas de blueprint
32:57pour un groupe
32:59qui aurait cartonné,
33:01de filles qui auraient cartonné
33:02comme Wadis a cartonné.
33:03Oui, c'est-à-dire que quand t'es...
33:04Moi, c'est aussi pour ça
33:05que j'ai dû arrêter
33:06Savadis à un moment donné.
33:07C'est-à-dire que c'était
33:08trop lourd à porter.
33:09J'avais l'impression
33:10qu'on faisait tomber des murs.
33:12Mais il y a un moment donné,
33:13ça, c'est fatigant, en fait.
33:15Et que j'étais en train
33:16d'y perdre mon âme, un peu.
33:21Mais oui,
33:21parce que les maisons de disques,
33:23même si on était signés
33:23chez Matador,
33:24qu'on avait...
33:25Enfin, franchement,
33:25on avait un soutien
33:26de l'industrie,
33:27mais c'était aussi une réalité
33:29qu'il n'y a pas de...
33:30Tu vois, Oasis,
33:31quand t'es un groupe de mecs,
33:33que t'as un peu un succès...
33:34Oui, c'est le nouveau Oasis,
33:34le nouveau corn,
33:35le nouveau machin.
33:36Il y a...
33:36On peut se dire,
33:37ah, il y a cet argent à se faire.
33:38Enfin, on pourrait devenir...
33:39On pourrait devenir les prochains...
33:41Ce groupe-là,
33:41on pourrait...
33:43Les femmes,
33:44c'est très différent.
33:44C'est quoi ?
33:45On a quoi ?
33:45Les Raincoats,
33:47L7,
33:47Hall,
33:48mais encore,
33:49c'est pas que féminin,
33:49mais voilà,
33:51on n'a pas ce...
33:53On a un plafond de verre.
33:54Et du coup,
33:55voilà.
33:56Et ça,
33:56j'espère que ça va changer,
33:57surtout.
33:58C'est pas pour dire
33:59que tout est histoire d'argent,
34:00mais c'est quand même une industrie.
34:01Et que je pense qu'on survit aussi
34:03quand on est soutenu
34:05financièrement.
34:06On peut pas durer sinon.
34:07C'est clair.
34:08Voilà.
34:10Donc,
34:10Ecos,
34:11programmation assez pointue.
34:13Oui, c'est Johnny Hostile
34:14qui fait la programmation d'Ecos.
34:15Oui, mais je trouve aussi.
34:16Il devrait faire plus de programmation,
34:18moi je le trouve incroyable.
34:19Il sait sentir les groupes
34:20qui vont arriver.
34:20Franchement, ouais.
34:21Il est tellement fort là-dedans.
34:22Est-ce que du coup,
34:24toi,
34:25et vous,
34:26tous les deux,
34:27gardez un oeil sur la scène française ?
34:29Moi, je trouve qu'elle est plus vivante
34:31et intense que jamais
34:32dans toutes les esthétiques.
34:33Oui.
34:34Black Metal,
34:35Death,
34:36Toner,
34:36ce que tu veux.
34:37Dans toutes les esthétiques.
34:38Je vais peut-être moins m'y connaître que toi,
34:39mais je suis d'accord.
34:40Il y a des groupes comme ça
34:41que vous repérez ?
34:42Oui, il y a des groupes.
34:44Ce serait à lui d'en parler mieux que moi.
34:46Mais lui,
34:46il est tout le temps en recherche.
34:47Il sort,
34:48il va voir des groupes.
34:49Bon, des fois,
34:50il reste cinq minutes,
34:50mais...
34:51C'est le risque aussi.
34:53Mais il y va.
34:53Il va voir,
34:55il lit.
34:56Je suis allée à la soirée New Noise.
34:59Il m'a dit,
35:00il faut absolument que tu achètes leurs franzines.
35:01Ils ont des franzines.
35:02Ce qu'il veut lire,
35:02il veut voir.
35:03Et New Noise,
35:04c'est un magazine absolument incroyable.
35:05Ce qui fait un boulot de défrichage.
35:07Ben oui.
35:08Donc, non, non,
35:09il y a une très,
35:09très grande curiosité chez lui
35:10sur qu'est-ce qui va être le prochain...
35:13Et pour Echo,
35:14ça a été extrêmement porteur.
35:16Enfin,
35:16on a eu la première télé de Nicky Cap,
35:18la première télé de White Leg.
35:21il a un pif incroyable.
35:26Mais,
35:26c'est plus ce que je voulais dire d'autre.
35:28Sur la scène française.
35:29Oui,
35:30alors la scène française,
35:31je suis d'accord avec toi,
35:32il y a eu vraiment,
35:33on sent une ébullition.
35:34Il y a des locomotives,
35:35il y a Gira,
35:36il y a Mars,
35:37il y a Alceste,
35:37mais en dessous,
35:38il y a beaucoup,
35:39beaucoup de monde.
35:39Oui,
35:39c'est en train de bouillir.
35:41Après,
35:41je trouve qu'il n'y a pas assez de soutien,
35:42de labels.
35:43Je connais tellement de groupes
35:44vachement bien
35:45qui ne sont pas signés.
35:47Le Supersonique fait un très bon travail aussi,
35:49je trouve,
35:50assez diversifié,
35:51mais pour les jeunes,
35:52pour la scène rock,
35:54des concerts gratuits,
35:55je trouve ça hyper bien.
35:56C'est vrai qu'il y a des labels,
35:56genre Frozen Records à Nantes,
35:58qui est aussi un disquaire,
35:59label incroyable.
36:00Ils font Sorcerer,
36:01Greve Cut,
36:01tu peux aller sur ce label-là,
36:03tout ce qui sort est au pire intéressant.
36:05C'est vraiment un truc.
36:08Mais bien sûr.
36:09Mais aussi dans les médias,
36:11je trouve qu'en France,
36:12il y a encore un travail à faire
36:13de laisser de la place
36:14à plus de gens.
36:16Tu prends Gajira.
36:17Ce que tu fais toi,
36:18je te remercie.
36:19Avec plaisir.
36:20Mais c'est vrai que tu prends Gajira
36:21qui cartonne à l'international
36:22depuis des années.
36:24Mais c'est fou.
36:25Mais les Français ont découvert Gajira
36:27au GIO.
36:27Oui, oui.
36:28Avant les GIO,
36:29il n'y avait pas Gajira.
36:30Alors que c'est énorme
36:30depuis très longtemps.
36:32Mais bien sûr.
36:32À l'étranger,
36:33ils font des tournées de cornes,
36:34ils font...
36:34Oui, oui, oui, c'est dingue.
36:36Du coup, toi,
36:36tu as une tournée qui arrive.
36:37Oui.
36:38Il y a déjà eu des concerts.
36:39Oui, oui.
36:41Je suis assez curieux
36:42de voir ce que ça va donner
36:42sur scène
36:43parce que pour avoir vu
36:44Savage's en solo,
36:45j'ai très hâte de voir
36:46cette formule
36:48autour de
36:48You Have Breaked You.
36:50Est-ce que
36:51tu penses déjà
36:52à l'album d'après
36:53et tu as envie
36:54de poursuivre
36:54dans cette esthétique
36:55ou ça sera
36:57le monde dans lequel
36:58tu seras à ce moment-là ?
36:59J'ai déjà commencé à écrire
37:00avec Johnny Hostile.
37:01On s'est mis en studio déjà.
37:03Donc,
37:04pour l'instant,
37:05laisse venir.
37:06C'est très difficile.
37:08On a deux, trois idées
37:09de choses qu'on veut faire
37:10qu'on ne veut pas faire.
37:11Je pense qu'on veut
37:11continuer dans la même veine
37:12mais je pense qu'il y a aussi
37:14on n'est jamais
37:15la même personne
37:16donc ça va évoluer.
37:18Je pense qu'au niveau du chant,
37:19je vais encore plus
37:20être dans l'harmonie.
37:24Et peut-être
37:25comme You Have Breaked You,
37:27c'est un album
37:27de cœur brisé,
37:30on va dire,
37:30ou de rupture
37:35avec le monde,
37:38de déception aussi.
37:40Je pense que le prochain,
37:41j'ai la sensation
37:42qu'il va être plus ouvert,
37:45plus envie d'aimer.
37:46Ok.
37:47Ouais.
37:48Sympa.
37:49Merci beaucoup.
37:50Merci à toi.
37:51Merci à vous.
37:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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FIP
il y a 2 semaines