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  • il y a 11 heures
De Jean-Luc Mélenchon à Rima Hassan, les cadres de LFI s'indignent des frappes menées par Israël et les États-Unis en Iran depuis samedi matin. Jean-Luc Mélenchon, qui estime que ce conflit pousse « la région puis le monde entier davantage au bord d'un drame global ». Le fondateur du parti d'extrême gauche appelle ainsi le gouvernement français à « refuser la guerre » et à « n'y aider d'aucune façon ». Clémence Guetté, députée LFI du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 06 mars 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:02Et à 7h43, l'invité d'RTL Matin est Clémence Guettet, députée de la France Insoumise et vice-présidente de
00:08l'Assemblée Nationale.
00:09Bonjour Clémence Guettet.
00:10Bonjour.
00:10La guerre au Moyen-Orient, vous l'entendez, elle continue à prendre de l'ampleur sur ses deux fronts.
00:15Les frappes en Iran, c'est là-bas que ça a commencé et au Liban.
00:19Panique hier soir notamment à Beyrouth avec ses centaines de milliers de personnes qui ont dû évacuer et partir en
00:25urgence face au risque de bombardement.
00:26La France doit venir au secours du Liban, voilà ce qu'a écrit hier Jean-Luc Mélenchon sur X.
00:32Ça veut dire quoi ? Que vous demandez une intervention française ?
00:35Ça veut dire qu'on est face aujourd'hui à une guerre d'agression dans la région contre le Liban
00:41qui est un allié historique de la France,
00:43que le président Aoun d'ailleurs a demandé, l'aide de la France, et que le président de la République
00:48Macron y a répondu en l'occurrence favorablement.
00:52Le Liban est agressé, il y a eu déjà plusieurs dizaines de morts.
00:55Et donc la France doit réaffirmer le fait qu'elle est présente dans la région, que le Liban est un
01:01allié,
01:01que le droit international doit être respecté, et que non, Israël ne peut pas envahir un pays, bombarder un pays,
01:08frapper...
01:09Sous quelle forme alors ? Vous avez entendu que Jean-Noël Barraud dans le journal de 7h30 dire qu'on
01:12envoie des blindés à disposition de l'armée libanaise
01:14pour se défendre ou en tout cas pour marquer le terrain. Est-ce que c'est une...
01:18Il y a aussi l'envoi d'aide humanitaire, vous le savez, parce que là il va y avoir une
01:21crise humanitaire.
01:23Ce que nous voulons dans la région, c'est ne pas devenir co-belligérant.
01:27Et la France ne doit pas être partie du conflit, parce qu'on voit qu'il y a une escalade
01:32militaire,
01:32on voit qu'il y a une guerre régionale, vous l'avez dit, il y a l'Iran qui lui
01:35aussi a été agressé par les Etats-Unis,
01:37qui ont violé à nouveau le droit international, ça avait déjà été le cas au Venezuela,
01:42et on voit qu'il y a un retour des impérialismes extrêmement agressif.
01:45Et on voit aussi que dans le même temps, le droit international, c'est-à-dire toutes les règles
01:49qui sont censées régir la vie des différents Etats, le système onusien,
01:54est complètement désinvesti par les Etats-Unis, est complètement bafoué par Israël,
01:59c'était déjà le cas avec le génocide à Gaza, et la France doit porter à nouveau une voie de
02:03la paix,
02:04réaffirmer le fait que le droit international prévaut aujourd'hui.
02:07C'est pas une bonne chose qu'on aille aider potentiellement les Iraniens à se libérer du joug du régime
02:12des Mollahs
02:13qui leur impose une dictature sanglante depuis 1979 ?
02:17Vous savez, il y a des précédents dans ce terme de règlement prétendu d'un problème démocratique,
02:24il y a des précédents y compris dans la zone, ça n'a jamais donné rien de bon
02:28quand les Etats-Unis ont essayé d'être les gendarmes comme ça de la vie politique d'un pays.
02:33On peut à la fois dénoncer le régime iranien, et on peut à la fois dire que non,
02:39les Etats-Unis ne peuvent pas kidnapper un président en exercice comme c'était le cas de M. Maduro,
02:44ne peuvent pas envahir un pays pour établir un nouveau régime politique.
02:48Il faut être vraiment extrêmement précautionneux dans la période, le droit international existe.
02:54Je ne suis pas d'accord quand M. Attal par exemple dit, le droit international, l'ONU,
02:59tout ça c'est maintenant un vague comptoir humanitaire, nous devons au contraire,
03:02et la France a un rôle à jouer là-dessus, redire que ces règles sont là pour être respectées.
03:07Et le problème c'est qu'on a laissé tellement Israël notamment bafouer ce droit international
03:13que c'est comme s'il n'avait plus de valeur.
03:16Vous dites Clémence Guettet qu'il ne faut pas que la France soit considérée comme ayant une paraclite dans cette
03:19guerre,
03:20comme étant co-belligérant comme vous l'avez dit, est-ce qu'en envoyant Charles de Gaulle en Méditerranée,
03:24on dépasse la ligne selon vous, on reste dans les clous d'une stratégie défensive et de présence française sur
03:29la zone ?
03:30Eh bien c'est une question qu'on doit poser, justement avec mon groupe parlementaire de la France insoumise,
03:34on a demandé à ce qu'il puisse y avoir un débat à l'Assemblée nationale sur le rôle de
03:39la France dans cette période extrêmement compliquée.
03:41Et qu'est-ce que vous y direz dans ce débat sur le fond ?
03:43Si il y a un débat, vous défendrez quelle position ? Sur le Charles de Gaulle en Méditerranée ?
03:47Nous voulons pouvoir avoir un débat parlementaire,
03:49parce qu'une intervention militaire de la France doit être questionnée par la représentation nationale.
03:54En l'occurrence il y a plusieurs choses, il y a des bases militaires françaises qui ont été touchées,
03:58il y a des bases militaires françaises qui sont utilisées par des avions américains.
04:02Ça questionne, M. Barraud a dit que c'était purement défensif,
04:05en réalité on ne sait pas vraiment ce que ces avions viennent faire sur nos bases.
04:08Le Charles de Gaulle a été positionné en Méditerranée, vous l'avez dit,
04:11pour faire quoi ? Est-ce que c'est purement défensif ? Est-ce que c'est offensif aussi à
04:15un moment donné ?
04:15Nous devons poser toutes ces questions, dans le respect du droit international,
04:19au service de la paix, pour un cessez-le-feu,
04:21et en venant en aide à nos alliés.
04:24Je pense à Chypre par exemple, qui est un allié de la France,
04:27qui est dans l'Union Européenne et qui est situé dans cette zone.
04:30Et tout ça doit pouvoir être questionné.
04:31J'ajoute une chose, dans ce débat parlementaire,
04:34nous voulons aussi questionner les conséquences économiques de cette guerre.
04:37Parce que cette guerre, évidemment sur les sens...
04:39Est-ce que vous demandez sur les sens, à ce que les prix soient bloqués ?
04:41Nous demandons à ce que les prix soient bloqués.
04:42Plus largement, je demande à ce qu'il y ait un bouclier de protection
04:46qui soit mis en place pour protéger les Français.
04:48Parce qu'on a vu les conséquences, par exemple, économiques,
04:51de ce qui s'est passé en Ukraine,
04:52de ce qui continue de se passer en Ukraine,
04:54avec une crise inflationniste,
04:55qui a des conséquences sur le carburant.
04:57C'est déjà le cas aujourd'hui,
04:58avec parfois des stations qui affichent plus d'un euro quatre-vingt,
05:01parfois plus de deux euros.
05:02Ça reste rare, mais on peut penser que c'est une tendance.
05:05Mais aussi sur les prix de l'alimentation...
05:07Il y a des abus, selon vous, déjà ?
05:08Bien sûr qu'il y a des abus des distributeurs
05:10qui profitent des crises pour se faire des marges, etc.
05:12Laissez-moi terminer là-dessus.
05:13Un bouclier pour protéger les Français,
05:15parce qu'on ne nous a pas écoutés sur l'Ukraine.
05:18J'aimerais qu'on nous écoute maintenant, à ce stade,
05:20et qu'on puisse mettre en place un blocage des prix du carburant,
05:23protéger les Français,
05:24qui n'est pas à subir les conséquences de cette crise-là.
05:26Et je parle des Français, et des industries, et des entreprises.
05:29Clémence Vietté, cette guerre,
05:30elle est venue éclipser un événement politique majeur,
05:31qui pourrait avoir quand même une importance décisive,
05:33à la fois pour les municipales,
05:35dont on rappelle que le premier tour a lieu le 15 mars,
05:37dans moins d'une semaine, dans une semaine, un peu plus, pardon.
05:39Et puis même pour la présidentielle, mardi soir,
05:42pour la première fois, le PS, en bureau national,
05:44a dit que Jean-Luc Mélenchon avait eu des propos antisémites intolérables,
05:47après l'épisode des noms de familles Epstein et Glucksmann.
05:50C'est la première fois que le PS prononce le mot antisémite
05:53à coller à celui de Jean-Luc Mélenchon.
05:55Et le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a même dit cette phrase.
05:58Il est devenu l'homme politique le plus détesté de ce pays.
06:02Voilà ce que dit le PS de la France Insoumise
06:04et de Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui.
06:06Et quelle est votre question, donc ?
06:07Si c'est un tournant majeur dans les équilibres politiques de ce pays
06:10et dans l'avenir de la gauche ?
06:11Disons que c'est une clarification d'une sorte de dérive
06:15qu'on voit quand même depuis un certain temps,
06:17parce que certains dirigeants socialistes
06:20n'avaient déjà pas mâché leur mot à notre égard.
06:23Ce que je constate dans le moment, d'abord,
06:25c'est que vous l'avez dit...
06:25Mais vous êtes choquée par cette accusation ?
06:26Vous ne vous prenez qu'un sourire, j'ai l'impression.
06:28On accuse Jean-Luc Mélenchon d'être antisémite
06:30de la part d'un ancien partenaire.
06:31Et ça vous fait sourire ?
06:32Non, non, ça ne me fait pas sourire.
06:33Je dirais que c'est une clarification
06:35de ce qu'eux entendent établir.
06:38On est dans une période où il y a une dérive
06:41vers l'extrême droite qui est certaine.
06:43L'extrême droite, d'ailleurs, fait sa campagne
06:45des élections municipales absolument bien tranquille,
06:47pas touchée par personne.
06:48La diabolisation de la France Insoumise
06:50occupe tous les médias,
06:51y compris jusqu'à des dirigeants sociodémocrates.
06:54Ce que je constate, moi, aujourd'hui,
06:56c'est qu'il y a un appel à un cordon sanitaire
06:58contre la France Insoumise
07:00par Mme Berger, ministre de l'Égalité,
07:03qui traite le parti de la France Insoumise
07:05de parti anti-France,
07:06qui est une...
07:07Non, non, non, non, je vais terminer là-dessus.
07:11Mme Berger nous qualifie de parti anti-France.
07:14C'est une expression morassienne.
07:16Mme Vassal de LR dit
07:18« Travail famille Patrice »,
07:19c'est-à-dire une devise pétainiste à la télévision,
07:21et ça ne choque personne.
07:22C'est lui qui fait des plaques
07:23sur les noms de personnes juives.
07:24Non, non, non, non, je vais terminer, monsieur.
07:25C'est Jean-Luc Mélenchon.
07:25Non, on va revenir.
07:26Je vais terminer.
07:27Vous me posez une question,
07:28je vais essayer d'y répondre.
07:29Quand il y a des dirigeants
07:31qui appellent à faire un cordon sanitaire
07:33contre la France Insoumise,
07:34si le Parti Socialiste
07:36choisit de faire un cordon républicain
07:37avec ces gens-là,
07:39pour nous, le paysage politique
07:40sera extrêmement clair.
07:41Ce que je dis,
07:42c'est que malgré cette diabolisation-là,
07:44nous voyons affluer des centaines
07:46et des milliers de militants, en réalité.
07:48Nous voyons des centaines de personnes
07:49à nos meetings
07:50qui savent que contre la dérive fasciste
07:53dans ce pays,
07:53les 15 et 22 mars,
07:54il faudra voter pour la France Insoumise
07:56aux élections municipales.
07:57Je m'en vais juste...
07:58On peut vous poser une question
07:59en dix minutes ?
08:00J'essaie d'y répondre.
08:00Il s'est excusé, Jean-Luc Mélenchon.
08:02Il s'excuse rarement.
08:02Est-ce que quand même,
08:03ça, c'est un marqueur
08:04qu'il regrette ce qu'il a fait ?
08:05Et cette blague,
08:06ce mot gluxman, gluxman,
08:08alors qu'on sait pertinemment
08:08qu'il sait...
08:09Ça n'était pas une blague.
08:09Il sait qu'il s'appelle Raphaël Gluxman.
08:11Ça n'était pas une blague.
08:12Il est député européen.
08:13On ne peut pas imaginer
08:14qu'il ne sache pas
08:15qu'il s'appelle Gluxman.
08:16Vous avez lu visiblement
08:17le communiqué de Jean-Luc Mélenchon.
08:19Il s'est excusé
08:20parce que dans ce meeting,
08:21il a fourché sur plusieurs noms,
08:23dont le nom de notre tête de liste,
08:25Mickaël Hidraque,
08:26qui était là juste à parler
08:27avant Jean-Luc Mélenchon
08:28à Perpignan,
08:30celui de Mme Spielbuth,
08:31d'autres noms,
08:32dont celui de M. Gluxman.
08:33Il s'en est excusé
08:34pour ne pas qu'il y ait de confusion
08:36et aussi pour dire
08:37que s'il y avait des gens
08:38qui avaient été blessés par ça,
08:39par le fait qu'il ait fourché là-dessus.
08:41Il ne voulait pas qu'il y ait d'ambiguïté
08:42et donc il voulait arrêter cette polémique.
08:43Le problème,
08:44c'est que ça arrive trois jours après.
08:47Epstein, Epstein.
08:48Là, il n'y a pas de confusion.
08:50Epstein, Epstein, jeudi soir,
08:52une blague sur la prononciation
08:53en disant que...
08:54En s'interrogeant sur...
08:55Mais ce n'est pas une blague, là, non plus.
08:56Et trois jours plus tard,
08:57ce mot sur Bluxman,
08:58ça ne peut pas être un hasard.
08:59Vous entendez que personne ne croit
09:01au hasard dans cette affaire.
09:03Pas par vous, hein,
09:03mais sinon personne.
09:04Mais je ne crois pas à des hasards.
09:06Ce n'était pas des blagues.
09:07Sur l'affaire Epstein,
09:09M. Jean-Luc Mélenchon en a parlé
09:11pour dénoncer le fait
09:12qu'on avait plus parlé
09:14de la prononciation de ce nom,
09:16y compris que du fond de l'affaire.
09:17Je rappelle que le groupe parlementaire
09:18de la France Insoumise,
09:19nous sommes les seuls
09:20à demander une commission d'enquête
09:22sur ce vaste réseau
09:23de pédocriminalités
09:24et d'ingérences politiques
09:26qui peut toucher,
09:27y compris jusqu'à des personnalités françaises.
09:29Jean-Luc Mélenchon, il est en train de plomber
09:29la France Insoumise en ce moment
09:30avec toutes ses polémies.
09:31Vous avez beaucoup de questions
09:32mais vous ne me laissez pas beaucoup y répondre.
09:33C'est parce que vous répondez longtemps.
09:35Est-ce qu'il est en train de plomber
09:36la France Insoumise
09:37avec toutes ses polémiques à répétition
09:38qui éclipsent à cause de ses polémiques
09:40la campagne et tout ce dont vous voudriez parler ?
09:41Je pense que ça fait des années
09:43que sur les médias,
09:44on m'interroge de cette façon-là.
09:46Ce que je peux vous dire,
09:46c'est que Jean-Luc Mélenchon,
09:47dans ses meetings,
09:48il rassemble des centaines
09:48et des milliers de personnes
09:50qui viennent nous voir
09:51et qui comptent sur nous
09:52pour les 15 et 22 mars
09:53pour l'élection municipale.
09:54Merci Clémence Guettet.
09:55Vous restez avec nous en studio.
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BFM
il y a 10 mois