- il y a 2 jours
À LA UNE / Municipales : le grand test pour le RN ?
Alors que le Rassemblement national ne contrôle à ce jour qu'une quinzaine de mairies, dont une seule grande ville : Perpignan (120 000 habitants), remportée en 2020 par Louis Aliot, le parti va tenter en 2026, de rattraper les résultats jugés décevants du dernier scrutin. Le RN revendique cette année 763 listes déposées en préfecture : 601 sous étiquette RN et 162 soutenues par le mouvement, près du double du nombre de listes présentées en 2020. La direction affirme toutefois avoir privilégié « la qualité à la quantité », après les polémiques suscitées par certaines « brebis galeuses », selon l'expression employée par Jordan Bardella lors des législatives de 2024. Plusieurs candidats avaient alors été mis en cause pour des propos racistes, complotistes ou homophobes. Si la progression du RN est attendue dans de nombreuses villes moyennes. Parmi les villes scrutées de près : Marseille, deuxième ville de France, concentre l'attention. Le député Franck Allisio, candidat du parti, est donné au coude-à-coude avec le maire socialiste sortant Benoît Payan au premier tour. Les municipales 2026 marqueront-elles une percée du Rassemblement national dans les villes françaises ?
Invités :
Jules Pecnard, journaliste à « La Tribune »
Amélie Lebreton, Présidente de « Coriolink », experte en communication
Jean-Yves Dormagen, Président et fondateur de l'institut de sondage « Cluster 17 »
« Les off de Lou » : RN/Municipales... c'est calme, trop calme ? par Lou Fritel
« Quelle histoire ! » : Khamenei, Ayatollah de père en fils par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Liban : pourquoi la communauté internationale est-elle impuissante ?
Depuis le 2 mars 2025 et le lancement de missiles du Hezbollah pro-iranien sur Israël, l'État hébreu multiplie les attaques dans le sud du Liban. Le gouvernement libanais comptabilise à ce jour 795 morts, 1 313 blessés et 760 000 personnes déplacées depuis le début de la campagne de frappes. Depuis la reprise ouverte des combats, Israël a ordonné l'évacuation de tous les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que du sud du Liban. Il brandit la menace d'une invasion terrestre et dit vouloir créer une « zone tampon » dans le sud du pays.Le président français avait adressé un avertissement au Hezbollah avec pour stratégie de convaincre le parti milice de renoncer à l'action militaire, et d'ainsi reproduire la désescalade ayant permis un cessez-le-feu entre les deux états en 2024. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé l'envoi jeudi 12 mars de 60 tonnes d'aide pour les réfugiés, permettant ainsi de tripler le soutien humanitaire au Liban. L'hexagone va aussi fournir « plusieurs dizaines » de véhicules de l'avant-blindé. Face à l'intensification des ripostes, la France est-elle en mesure de protéger le Liban ?
Invités :
Adel Bakawan, directeur de l'EISMENA, auteur de « La décomposition du Moyen-Orient » (Tallandier)
Bilal Tarabey, jou
Alors que le Rassemblement national ne contrôle à ce jour qu'une quinzaine de mairies, dont une seule grande ville : Perpignan (120 000 habitants), remportée en 2020 par Louis Aliot, le parti va tenter en 2026, de rattraper les résultats jugés décevants du dernier scrutin. Le RN revendique cette année 763 listes déposées en préfecture : 601 sous étiquette RN et 162 soutenues par le mouvement, près du double du nombre de listes présentées en 2020. La direction affirme toutefois avoir privilégié « la qualité à la quantité », après les polémiques suscitées par certaines « brebis galeuses », selon l'expression employée par Jordan Bardella lors des législatives de 2024. Plusieurs candidats avaient alors été mis en cause pour des propos racistes, complotistes ou homophobes. Si la progression du RN est attendue dans de nombreuses villes moyennes. Parmi les villes scrutées de près : Marseille, deuxième ville de France, concentre l'attention. Le député Franck Allisio, candidat du parti, est donné au coude-à-coude avec le maire socialiste sortant Benoît Payan au premier tour. Les municipales 2026 marqueront-elles une percée du Rassemblement national dans les villes françaises ?
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Amélie Lebreton, Présidente de « Coriolink », experte en communication
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Depuis le 2 mars 2025 et le lancement de missiles du Hezbollah pro-iranien sur Israël, l'État hébreu multiplie les attaques dans le sud du Liban. Le gouvernement libanais comptabilise à ce jour 795 morts, 1 313 blessés et 760 000 personnes déplacées depuis le début de la campagne de frappes. Depuis la reprise ouverte des combats, Israël a ordonné l'évacuation de tous les habitants de la banlieue sud de Beyrouth, ainsi que du sud du Liban. Il brandit la menace d'une invasion terrestre et dit vouloir créer une « zone tampon » dans le sud du pays.Le président français avait adressé un avertissement au Hezbollah avec pour stratégie de convaincre le parti milice de renoncer à l'action militaire, et d'ainsi reproduire la désescalade ayant permis un cessez-le-feu entre les deux états en 2024. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé l'envoi jeudi 12 mars de 60 tonnes d'aide pour les réfugiés, permettant ainsi de tripler le soutien humanitaire au Liban. L'hexagone va aussi fournir « plusieurs dizaines » de véhicules de l'avant-blindé. Face à l'intensification des ripostes, la France est-elle en mesure de protéger le Liban ?
Invités :
Adel Bakawan, directeur de l'EISMENA, auteur de « La décomposition du Moyen-Orient » (Tallandier)
Bilal Tarabey, jou
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NewsTranscription
00:00:05Musique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir Lou Frittel, journaliste à Paris Match.
00:00:35Bonsoir Lou.
00:00:36Bonsoir.
00:00:37Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:38Bonsoir.
00:00:39Vous allez bien tous les deux ?
00:00:39Très bien.
00:00:40C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans Chaque Voix Compte les élections municipales dans
00:00:444 jours.
00:00:46Focus ce soir sur le RN à l'assaut de l'hôtel de ville.
00:00:50Le Rassemblement National revendique 763 listes déposées pour le scrutin de dimanche.
00:00:55Le parti fait désormais de l'implantation locale une étape clé de sa marche vers l'Elysée et nous décryptons
00:01:01cette stratégie ce soir avec vous Jules Pecknard.
00:01:04Bonsoir.
00:01:04Bonsoir.
00:01:05Vous êtes journaliste, vous suivez le Rassemblement National pour la Tribune dimanche.
00:01:08Merci d'être là aux côtés d'Amélie Le Breton.
00:01:11Bonsoir.
00:01:11Bonsoir.
00:01:12Experte en communication, vous êtes la présidente de Coriolink.
00:01:15Merci.
00:01:15Et à vos côtés ce soir Jean-Yves Dormagin.
00:01:17Bonsoir.
00:01:18Bonsoir.
00:01:18Vous êtes politologue et président fondateur de l'institut de sondage Cluster 17.
00:01:23Vous nous direz ce que disent les toutes dernières enquêtes.
00:01:26Merci à tous les trois d'être là.
00:01:28Qu'y a-t-il dans les off de loup Frittel ce soir ?
00:01:30On va aller faire un petit tour dans l'ambiance de campagne du RN.
00:01:33C'est calme et justement on dirait qu'il y a un loup.
00:01:37Olivier Ravanello, quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir ?
00:01:40L'histoire qui est en train de se passer en Iran où ça ne nous a pas échappé.
00:01:44Il y a eu en 1979 une révolution islamique.
00:01:47Et là on a l'impression que c'est le retour d'une dynastie.
00:01:50C'est quand même incroyable.
00:01:51Vous nous raconterez tout ça tout à l'heure.
00:01:53Et justement dans la deuxième partie de chaque voix compte, nous irons au Liban qui se retrouve au cœur de
00:01:57cette guerre au Moyen-Orient.
00:01:58Israël bombarde sans relâche la banlieue sud de Beyrouth ainsi que le sud du Liban, Bastion du Hezbollah.
00:02:04Le nombre de déplacés approche ce soir les 800 000.
00:02:07Et nous en parlerons tout à l'heure avec le sociologue franco-hiraquien Adèle Bakawan qui est directeur de l
00:02:13'ESMENA,
00:02:13l'Institut européen d'études du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.
00:02:16Avec Bilal Tarabé également qui est journaliste à France 24.
00:02:18Et avec Adéa Guyot de l'ONG Care France.
00:02:21Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:25Vous flasher le petit QR code qui apparaît ici.
00:02:28Et c'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre tous vos messages avec sa tablette magique.
00:02:33Et puis bien sûr les municipales dans 4 jours et journal de campagne tout à l'heure.
00:02:37Avec Marco Pommier.
00:02:39Voilà vous savez tout du menu de ce soir.
00:02:41Installez-vous confortablement chaque voix compte.
00:02:43C'est parti.
00:02:52D'abord si vous le voulez bien, ouvrons la boîte à archives.
00:02:55Avec un petit saut dans le temps, il y a tout juste 25 ans, en mars 2001.
00:03:00Voici ce que disait Jean-Marie Le Pen à l'issue du second tour des élections municipales.
00:03:05Le FN avait alors aligné 200 listes et perdait la seule ville qu'il dirigeait, Toulon, sans en gagner une
00:03:12nouvelle.
00:03:12Écoutez.
00:03:13Il faut bien reconnaître que ces élections sont des élections locales.
00:03:18Ceci nous a été suffisamment répété pendant toute la campagne électorale.
00:03:22Nous y avons démontré, en particulier au cantonal, que le Front National était vivant et bien vivant.
00:03:29Il donne rendez-vous, lui, aux électeurs, aux véritables consultations politiques qui vont avoir lieu l'année prochaine, les présidentielles
00:03:38et les législatives.
00:03:39Un quart de siècle plus tard, nous voilà dans la même configuration avec une présidentielle dans un an.
00:03:44Que vous inspire cette archive où Jean-Marie Le Pen dit en gros que les municipales, on s'en fiche
00:03:50un peu, ce qui compte, les vraies élections, c'est l'année prochaine ?
00:03:55L'archive, elle inspire plusieurs choses.
00:03:57D'abord, c'est ce qui est amusant, c'est vrai qu'on sait qu'un an plus tard, un
00:04:02an après ces élections municipales de 2001,
00:04:03Jean-Marie Le Pen a accédé au second tour face à Jacques Chirac et a éliminé Lionel Jospin, ce qui
00:04:08a basourdi tout le monde.
00:04:12Ça inspire effectivement à la prudence dans la mesure où la dynamique nationale du RN est extrêmement forte.
00:04:19Elle l'est, 2001 nous paraît quand même très loin quand on voit les sondages, les intentions de vote dont
00:04:26sont crédités Jordan Bardella
00:04:27et encore Marine Le Pen aujourd'hui si elle venait à être candidate en 2027.
00:04:32Et que, effectivement, le RN a déposé quand même pas mal de listes, plus de 700, on va détailler tout
00:04:38cela plus tard dans l'émission.
00:04:40Et qu'il y a quelques victoires qui pourraient être clés et dénoter une dynamique très forte localement du RN,
00:04:48mais qu'il ne faudra pas non plus en tirer trop d'interprétations par rapport à ce qui va se
00:04:52passer dans un an.
00:04:53Donc, je pense que ça incite à la prudence, même si le niveau par rapport auquel se situait le Front
00:04:59National en 2001 n'est plus du tout le même.
00:05:01Amélie Le Breton ?
00:05:02Moi, ce que je relève toujours dans les soirées électorales, c'est que quand on perd, on a toujours de
00:05:07bons arguments pour amoindrir son échec.
00:05:08C'était le cas avec Jean-Marie Le Pen ici.
00:05:12Et ça me fait penser, il y a un cadre du parti qui a dit il y a très longtemps,
00:05:16pour ces élections municipales de 2026, pile on gagne, face on gagne.
00:05:20C'est-à-dire que peu importe le score, ils auront matière à dire que c'est une victoire parce
00:05:25qu'ils ont déposé autant de listes,
00:05:26parce qu'ils savent qu'il y a les têtes de liste, mais pas que.
00:05:30Il y a aussi des conseillers municipaux avec d'autres objectifs.
00:05:33Donc, finalement, on trouve toujours de quoi se satisfaire.
00:05:37Et puis, ça nous montre aussi qu'on n'est plus dans la même ère.
00:05:40Quelques années, il y a 25 ans, il y avait ce résultat-là, on peut quand même s'attendre à
00:05:46ce que la confirmation de la prise politique du Rassemblement national se confirme avec ces élections.
00:05:54Qu'en dit le sondeur que vous êtes, Jean-Yves Dormagin ?
00:05:57Oui, effectivement, les soirs d'élection, tout le monde a gagné.
00:06:00Ça risque d'être même un peu plus le cas que d'habitude parce que je pense que ces élections
00:06:04vont être plus difficiles à lire que d'habitude.
00:06:05C'est les municipales qui sont moins nationalisées. Il n'y a pas vraiment un parti qui gouverne aujourd'hui.
00:06:10Enfin, ce n'est pas très clair. Donc, qui on sanctionne ?
00:06:13Et puis, je pense que tous les partis vont gagner des villes, sans doute, ou presque tous.
00:06:18Beaucoup vont en perdre aussi. Donc, ce sera des élections qui seront dures à lire.
00:06:21Mais ce qui est amusant aussi, d'une certaine manière, c'est que Jean-Marie Le Pen est au second
00:06:25taux d'élection présidentielle un an plus tard.
00:06:27Mais avec un score qui est deux fois plus faible que les intentions de vote qui sont attribuées aujourd'hui
00:06:32à Jordan Bardella ou à Marine Le Pen.
00:06:34Donc, tout ça montre effectivement un changement d'époque.
00:06:38Je pense que le Rassemblement national conservera des villes.
00:06:43On en parlera peut-être tout à l'heure.
00:06:44On gagnera peut-être aussi quelques-unes, voire des villes très importantes.
00:06:47Donc, ce sera sans doute une soirée assez différente de celle de 2001.
00:06:51En tout cas, 25 ans plus tard, le RN va donc présenter un nombre record de listes à ses municipales,
00:06:56dont le premier tour a lieu dimanche.
00:06:58763 listes, dont 601 investies sous ses propres couleurs.
00:07:02Mais 162 où il sera en fait en soutien.
00:07:04Jordan Bardella rêve de s'offrir des victoires tonitruantes dans des villes comme Toulon, Nice ou Marseille.
00:07:10Deux minutes pour comprendre avec Clément Perrault.
00:07:19Sur cette carte, les 139 circonscriptions détenues par le RN et ses alliés de l'UDR.
00:07:25Une belle implantation territoriale, particulièrement dans le Nord, le Sud et la France rurale.
00:07:31En comparaison, la carte des mairies détenues par le parti fait pas le figure.
00:07:36Seules 9 communes de plus de 10 000 habitants ont un maire RN ou apparenté.
00:07:41Une seule de ces villes dépasse les 100 000 habitants.
00:07:44Il s'agit de Perpignan, avec Louis Alliot.
00:07:47La marge de progression paraît énorme.
00:07:50Mais le RN n'affiche pas d'ambition démesurée à la veille de ses municipales.
00:07:54Les cadres du parti, devant les caméras comme en coulisses,
00:07:57refusent de donner des objectifs chiffrés.
00:07:59Le challenge sera d'abord de conserver les villes déjà acquises.
00:08:03Puis, d'essayer de glaner une dizaine de villes de taille moyenne.
00:08:07Dans le Nord, le RN cible Lens, Douai et Cambrai.
00:08:12Dans l'Est, Saint-Dizier et Fort-Bac.
00:08:16Dans le Sud, Carcassonne, Fosse-sur-Mer, Draguignan, Cagnes-sur-Mer et Menton.
00:08:21Pour ce qui est des grandes villes, les objectifs prioritaires sont Toulon,
00:08:25avec la candidature de la députée Laure Lavalette et Nice, avec l'allié Éric Ciotti.
00:08:31Le rêve ultime du RN, c'est de conquérir Marseille avec le député Franck Alizio.
00:08:36Peu probable, mais pas totalement impossible en cas de quadrangulaire au second tour.
00:08:43Dimanche soir, l'état-major du parti regardera donc surtout vers le Sud.
00:08:47Depuis deux semaines, dans toutes ces villes identifiées comme gagnables,
00:08:50Marine Le Pen et Jean-Dane Bardella multiplient les déplacements
00:08:53pour soutenir les candidats et mobiliser l'électorat.
00:08:56Je sillonne la France, du nord au sud pour soutenir les femmes et les hommes
00:09:00qui portent l'espérance du changement dans nos communes.
00:09:03De Perpignan à Nîmes, de Lille à Marseille,
00:09:08à chaque fois je vois bien plus qu'un meeting, je vois un peuple qui se réveille.
00:09:14Le parti et ses alliés ont déposé 763 listes pour ces élections,
00:09:18contre 430 en 2020.
00:09:20Au-delà des mairies, l'objectif est aussi de gagner des conseillers municipaux
00:09:24et donc des grands électeurs.
00:09:26Cela pourrait permettre au RN de progresser au Sénat,
00:09:29où il ne compte aujourd'hui que trois élus.
00:09:32Oui, élections sénatoriales qui ont lieu en septembre prochain.
00:09:35Jules Pecknard, l'enjeu pour le RN semble de transformer une dynamique nationale,
00:09:40qui fait que le RN a aujourd'hui 122 députés à l'Assemblée nationale,
00:09:44en maillage territorial.
00:09:46Est-ce en bonne voie ?
00:09:49Il y a plusieurs choses.
00:09:51Ils sont en bonne voie parce qu'ils ont une dynamique nationale extrêmement forte,
00:09:58qui leur a permis, à la surprise générale, d'avoir 89 députés,
00:10:02de faire élire 89 députés en 2022.
00:10:04C'était assez essentiel.
00:10:05Parce que Marine Le Pen était la première surprise
00:10:09qu'autant de députés éthiques TRN puissent s'être élus
00:10:13après sa deuxième défaite au second tour d'une élection présidentielle.
00:10:17Et puis, ils ont transformé l'essai,
00:10:19même s'ils s'attendaient à une majorité absolue,
00:10:22enfin, à atteindre quasiment la majorité absolue
00:10:24au premier tour des législatives de 2024.
00:10:26Et finalement, ils ne l'ont pas obtenu.
00:10:27Mais bon, il y a quand même une vraie poussée.
00:10:29Donc là, l'objectif, c'est à la fois d'avoir,
00:10:32d'essayer de conquérir des villes moyennes,
00:10:35comme l'a très bien dit votre sujet,
00:10:37mais surtout de faire élire des conseillers municipaux
00:10:41et que, en gros, la poussée de premier tour
00:10:44ne soit pas totalement perdue au second,
00:10:46parce qu'un candidat éthique TRN dans une ville
00:10:49au-delà d'un certain nombre d'habitants,
00:10:50l'étiquette joue quand même davantage.
00:10:52Donc, il y a plus de chances de faire le plein de voix au premier tour
00:10:55et puis, finalement, de perdre le second.
00:10:56Donc, il peut y avoir des déceptions,
00:10:57mais il peut y avoir des conseillers municipaux
00:10:59qui sont élus dans pas mal de villes,
00:11:02beaucoup plus de villes que celles
00:11:05dans lesquelles l'URN est implanté aujourd'hui,
00:11:07puisque c'est un parti qui est finalement
00:11:08en manque d'implantation locale,
00:11:10qui a un problème assez analogue
00:11:11à celui de Renaissance et de la France insoumise
00:11:15et que, donc, ces conseillers municipaux
00:11:17fassent élire des sénateurs
00:11:20au renouvellement prévu en septembre prochain.
00:11:22Donc, il y a quand même un espoir de poussée locale.
00:11:25Jean-Yves Dormagin, une campagne,
00:11:27c'est une question de dynamique.
00:11:28Est-ce que la dynamique, elle est du côté du RN
00:11:32à quatre jours du premier tour ?
00:11:35Aux élections municipales, pour le RN,
00:11:37c'est un peu plus compliqué.
00:11:38C'est-à-dire qu'il faut distinguer les villes
00:11:40qu'il a une chance de gagner
00:11:42et dans lesquelles il est fort
00:11:44et plutôt dans une dynamique positive.
00:11:46Et les villes où il n'a aucune chance
00:11:48de l'emporter,
00:11:50et là, dans les sondages qu'on voit,
00:11:51c'est qu'il a plutôt tendance à baisser.
00:11:52Si on regarde sur une assez longue durée,
00:11:54si on regarde sur six mois, par exemple,
00:11:56les listes RN baissent un peu.
00:11:57Pourquoi ? Parce qu'elles subissent
00:11:58des logiques de vote utile
00:12:00et que les électeurs, au fur et à mesure
00:12:01où on se rapproche de l'élection,
00:12:02se prononcent moins sur les étiquettes politiques
00:12:04et un peu plus sur les candidats réels
00:12:06et en particulier sur ceux
00:12:08qui ont une chance de gagner.
00:12:08Donc, le RN, dans les villes
00:12:10où il ne peut pas l'emporter,
00:12:11a tendance un peu à baisser,
00:12:12mais il est à un niveau
00:12:13qui est relativement élevé.
00:12:14Il y a un élément quand même
00:12:16qui est très important à préciser,
00:12:18c'est que le RN est surtout fort
00:12:19dans les mondes ruraux.
00:12:21Il est fort dans...
00:12:22Il a fait plus de 50%
00:12:24dans plus de 5 000 communes
00:12:26aux dernières législatives.
00:12:27C'est énorme.
00:12:27C'est le seul parti qui a fait ça.
00:12:29Quasiment aucun autre parti
00:12:30n'a obtenu 50% dans une ville.
00:12:32Le RN a obtenu 50%
00:12:34dans plus de 5 000 communes,
00:12:35mais ce sont presque toujours
00:12:36des toutes petites communes.
00:12:37C'est dans les territoires ruraux,
00:12:39donc dans des territoires
00:12:39où il n'y a souvent qu'une seule liste,
00:12:42où l'élection n'est pas politisée.
00:12:43Et où le RN n'a pas réussi
00:12:44à constituer une liste, en fait ?
00:12:46Mais il n'a sans doute
00:12:47même pas cherché.
00:12:47De toute façon,
00:12:48il n'y a souvent qu'une seule liste.
00:12:49Dans les petites communes,
00:12:50l'élection n'est pas politisée.
00:12:51C'est-à-dire que la politisation,
00:12:53elle commence à partir
00:12:54d'un certain seuil.
00:12:55La politisation,
00:12:56c'est dans les villes moyennes
00:12:56et dans les grandes villes.
00:12:57Dans les petites villes,
00:12:58ce sont souvent des listes à politique.
00:12:59Il y en a parfois deux, trois,
00:13:00mais il n'y en a souvent qu'une seule.
00:13:02Et dans ces villes-là,
00:13:03c'est là où le RN est le plus fort.
00:13:05Mais ce sera évidemment invisibilisé
00:13:06sur le plan politique.
00:13:07C'est des élections
00:13:08qui sont d'une certaine manière
00:13:10dépolitisées.
00:13:10Et dans les grandes villes,
00:13:12celles qu'on observe,
00:13:12celles qu'on va commenter
00:13:13dimanche soir,
00:13:14dans les grandes villes,
00:13:15il est faible.
00:13:16Il est plus faible
00:13:16que sur le reste du territoire.
00:13:18Donc il est d'une certaine manière
00:13:19un peu défavorisé
00:13:20par la structure
00:13:21de l'élection municipale.
00:13:23Et sa force réelle
00:13:25se verra sans doute
00:13:26un peu moins
00:13:27lors de ces municipales
00:13:28qu'on ne l'a vu
00:13:29lors des législatives
00:13:30ou qu'on la verra
00:13:30probablement dans la projet
00:13:31C'est vrai qu'on dit
00:13:32depuis le dépôt des listes,
00:13:33c'est un nombre record de listes
00:13:34que le RN a déposé 763 listes.
00:13:37Bon, on voit
00:13:38qu'il y a des coins entiers
00:13:39de la France
00:13:40où il n'y aura pas
00:13:41de candidats RN.
00:13:42Je crois qu'ils seront absents.
00:13:44C'est le monde
00:13:45qui a fait un décompte.
00:13:46Absents dans 8 départements
00:13:48de l'Hexagone,
00:13:49un ou deux candidats
00:13:50dans 35 autres départements.
00:13:53Ça veut dire que
00:13:54c'est une implantation locale
00:13:56à laquelle ils ont fini
00:13:57par renoncer
00:13:59parce que, justement,
00:14:01pour les raisons
00:14:01qu'on évoquait,
00:14:02c'est-à-dire
00:14:02qu'il y a eu
00:14:05des réorganisations
00:14:06au niveau départemental
00:14:07du Rassemblement national,
00:14:09mais une implantation locale,
00:14:10elle se construit
00:14:11dans la durée.
00:14:12Et quand on voit,
00:14:13quand on entend
00:14:13ce que disait Jean-Marie Le Pen
00:14:14il y a 25 ans,
00:14:16les fondations,
00:14:16elles n'étaient pas là
00:14:17à ce moment-là.
00:14:18Il y avait,
00:14:19déjà l'étiquette,
00:14:20elle a beaucoup compté
00:14:22pendant longtemps,
00:14:22c'est-à-dire
00:14:23d'être étiquetée RN
00:14:24quand on est
00:14:25dans une commune
00:14:26et que donc
00:14:27on est en proximité
00:14:28avec plein de gens.
00:14:30C'est un peu comme
00:14:30d'assumer le vote RN
00:14:31pendant très longtemps
00:14:32et ce n'était pas visible.
00:14:34Je sais si ça a été
00:14:35un casse-tête
00:14:36pour les sondeurs.
00:14:37Donc il y a cette phase-là
00:14:41qui est aujourd'hui
00:14:41et en fait,
00:14:42la stratégie de la cravate
00:14:43qu'a développée
00:14:44Marine Le Pen,
00:14:45ça a été quoi ?
00:14:45Ça a été de se dire
00:14:46j'ai besoin
00:14:47que les cadres
00:14:49soient formés,
00:14:50soient en capacité
00:14:51d'être crédibles
00:14:52pour ensuite
00:14:53donner un élan.
00:14:54Parce que forcément,
00:14:55c'est plus facile
00:14:56de suivre un modèle
00:14:56que d'être le premier
00:14:58à essuyer les plâtres.
00:14:59Donc je pense
00:15:00que dans leur stratégie,
00:15:01en tout cas,
00:15:02en termes de communication,
00:15:03c'est de se dire
00:15:03je vais donner envie
00:15:05à quelqu'un
00:15:05en lui montrant
00:15:06que c'est assez facile
00:15:07parce que je lui donne
00:15:07tous les outils pour
00:15:08et parce que je lui montre
00:15:09que si quelqu'un
00:15:10a été élu tête de liste,
00:15:12il va potentiellement
00:15:13avoir une vie
00:15:14qui ne sera pas
00:15:14si compliquée que ça
00:15:15même s'il est tic-TRN.
00:15:17Donc il va y avoir du temps.
00:15:19C'est des mouvements
00:15:20qui sont très longs
00:15:21et puis les autres parties
00:15:21sont implantées
00:15:22depuis des décennies
00:15:23et des décennies.
00:15:24– Effectivement,
00:15:24il y a ce phénomène-là,
00:15:26ce retard par rapport
00:15:27à des parties
00:15:27beaucoup plus implantées.
00:15:28Puis il y a aussi autre chose.
00:15:29Alors il ne faut jamais oublier
00:15:30que le RN,
00:15:32ancien FN,
00:15:33est un parti extrêmement vertical.
00:15:35Alors ce qui fait
00:15:36que c'est la tête qui compte
00:15:38et donc c'est très difficile
00:15:39pour les dirigeants
00:15:40de ce parti
00:15:41de déléguer,
00:15:42de faire confiance
00:15:43et donc de placer
00:15:44finalement des hommes
00:15:44ou des femmes de qualité
00:15:46à la tête des fédérations
00:15:48départementales du parti.
00:15:50Jordan Bardella,
00:15:51depuis qu'il a pris
00:15:52la présidence
00:15:53du RN fin 2022,
00:15:55a tenté de remédier
00:15:57au problème
00:15:57même s'il y a encore
00:15:59beaucoup de failles.
00:16:00Il y a encore beaucoup de failles
00:16:01dans beaucoup,
00:16:02beaucoup de départements
00:16:02où il y a une carence patente
00:16:05en termes de ressources humaines
00:16:06tout simplement.
00:16:07Puis je termine là-dessus,
00:16:08il y a beaucoup de députés
00:16:09qui ont été élus
00:16:10en 2022 et en 2024.
00:16:12Certains d'entre eux,
00:16:13donc très logiquement,
00:16:14s'occupent de recruter
00:16:15ce qu'on appelle
00:16:15des délégués départementaux,
00:16:17ceux qui s'occupent
00:16:17localement des fédérations.
00:16:19Mais certains d'entre eux
00:16:20ne veulent pas voir
00:16:20une tête qui dépasse
00:16:21qui potentiellement
00:16:22pourrait être perçue
00:16:23comme de meilleure qualité
00:16:24qu'eux-mêmes
00:16:25par la direction du RN.
00:16:27Donc ils font en sorte
00:16:27de choisir quelqu'un
00:16:28qui ne va pas leur faire
00:16:30de l'ombre, etc.
00:16:31Bon, tout ça,
00:16:31ça déteint
00:16:32sur la qualité du personnel
00:16:33et donc des candidats
00:16:35sélectionnables
00:16:35pour une municipale.
00:16:36Et il y a une toute petite chose
00:16:38mais qui a son importance
00:16:39qu'on peut ajouter,
00:16:40c'est le rôle des femmes
00:16:41ou la place des femmes.
00:16:42La parité,
00:16:43l'obligation de parité
00:16:44qui s'impose là
00:16:45pour ces élections municipales,
00:16:47elle a aussi
00:16:48posé des problèmes au RN.
00:16:49Oui, parce qu'en 2020,
00:16:51il y avait 78%
00:16:52des listes RN
00:16:53qui étaient menées
00:16:54par des hommes.
00:16:55Bon, aujourd'hui,
00:16:56on est à 78%
00:16:58des listes RN
00:16:58qui sont menées
00:16:59par des hommes.
00:17:00Or, ça,
00:17:00ça va être un vrai sujet
00:17:02et on le sait,
00:17:04alors les sondeurs
00:17:05le savent très bien,
00:17:06c'est que les femmes,
00:17:07il y a encore une réticence.
00:17:09Ça change,
00:17:10mais on n'est pas
00:17:11dans la même typologie électorale.
00:17:13Et puis,
00:17:14on a souvent parlé
00:17:15à propos du RN
00:17:16quand il était aux affaires
00:17:18dans les mairies,
00:17:18on parlait de laboratoire.
00:17:20Voilà,
00:17:21lorsqu'on parle de mairie RN,
00:17:22c'est vrai qu'on parle
00:17:23de Fréjus
00:17:23ou de Perpignan,
00:17:24plus rarement de Hayange,
00:17:26commune de Moselle
00:17:27dirigée depuis 2014
00:17:28par un maire RN,
00:17:30Fabien Engelman,
00:17:30qui part favori
00:17:31du scrutin de dimanche.
00:17:33Reportage sur le terrain
00:17:34de Dario Borgogno
00:17:35et Mathilde Boucher.
00:17:40Niché au milieu
00:17:41de cette vallée de Moselle,
00:17:42Hayange,
00:17:4315 000 habitants
00:17:44et 12 ans de règne
00:17:45d'un maire RN.
00:17:46Ça va ?
00:17:47Tenez,
00:17:48je vous laisse le programme.
00:17:49Pour les Hayangeois,
00:17:50à l'approche du premier tour
00:17:51des municipales,
00:17:52c'est l'heure
00:17:52de faire le bilan.
00:17:53Pour le moment,
00:17:54oui,
00:17:54moi je ne suis pas déçue.
00:17:55Hayange,
00:17:56ça fait 57 ans
00:17:57que j'y habite,
00:17:58je peux vous dire
00:18:00que j'ai connu Hayange
00:18:01bien mieux que ça.
00:18:02Dans ma vie,
00:18:02j'ai connu tous les maires,
00:18:04je n'ai jamais vu
00:18:04un maire
00:18:05et que l'effectivité,
00:18:07qu'est-ce qu'il nous fait ?
00:18:08Même pas les communistes,
00:18:09ils ont fait ça.
00:18:10Élu en 2014
00:18:11sous l'étiquette Eiffel,
00:18:12son premier mandat
00:18:13a été remarqué
00:18:14pour ses mesures chocs,
00:18:15voire même
00:18:16plusieurs controverses,
00:18:17comme l'instauration
00:18:18chaque année
00:18:19de la fête du cochon,
00:18:20considérée par certains
00:18:21comme une stigmatisation
00:18:22des musulmans de la commune.
00:18:24Une polémique
00:18:25qui l'a plutôt servi
00:18:26au niveau local.
00:18:27Que vous restez là
00:18:28au moins 50 ans.
00:18:29Oh là là !
00:18:31Oui.
00:18:3150 ans ?
00:18:32Qui est tous les ans
00:18:33la fête du cochon.
00:18:34Réélu en 2020,
00:18:35il brigue un troisième mandat,
00:18:37fier de son héritage.
00:18:38Je ne suis pas là
00:18:38pour renier mon parti politique
00:18:40ou gommer sur mes tracts
00:18:43le Rassemblement national.
00:18:45Je ne suis pas comme
00:18:46mes opposants
00:18:46qui se planquent
00:18:48derrière un sans-étiquette.
00:18:49Je présente une liste d'ouverture
00:18:51avec des adhérents du RN
00:18:53sur ma liste,
00:18:54d'autres qui ne le sont pas.
00:18:56Pour beaucoup,
00:18:56aujourd'hui,
00:18:57son étiquette politique
00:18:58n'est plus un sujet.
00:18:59Ça ne me dérange pas
00:19:00qu'il soit RN.
00:19:02Principal,
00:19:03c'est la commune.
00:19:04Si je vote,
00:19:04c'est la personne.
00:19:06Ce n'est pas le parti.
00:19:08Donc au départ,
00:19:09moi j'ai voté la personne.
00:19:12J'ai vu ce qu'elle a fait
00:19:12et tout ça.
00:19:13Donc on a re-voté
00:19:14une deuxième fois
00:19:15et bientôt une troisième fois.
00:19:17Ça,
00:19:17je ne m'en cache pas.
00:19:18Malgré ce départ
00:19:19en grand favori,
00:19:20d'autres convoitent la mairie.
00:19:22Pas d'argent pour la guerre,
00:19:23l'argent pour les écoles,
00:19:24pour les hôpitaux,
00:19:25pas pour la guerre.
00:19:26Avec l'idée
00:19:27de tourner la page RN de la ville.
00:19:29Ça a installé quand même
00:19:30une division parmi la population
00:19:32dans tous les cas.
00:19:33Ça n'a pas fait vraiment
00:19:34grand-chose au niveau de la ville
00:19:37parce qu'il n'y a rien
00:19:37qui a bougé dans la ville
00:19:38depuis 12 ans.
00:19:39Le RN fait comme tous les autres.
00:19:41Il applique l'austérité
00:19:42dans les communes.
00:19:43Avis partagé aussi
00:19:44par cette opposante de gauche.
00:19:46Voilà,
00:19:47la liste à Yange au cœur.
00:19:48Une liste pour faire bouger
00:19:49à Yange,
00:19:49pour faire avancer la ville.
00:19:51Elle espère gagner
00:19:51en s'appuyant
00:19:52sur la réputation clivante
00:19:54du maire RN.
00:19:55Il a fait son petit bal hier,
00:19:57la sucroute.
00:19:58Oui.
00:19:59Comme par hasard.
00:20:00Et comme par hasard,
00:20:02il inaugure aujourd'hui,
00:20:03enfin il a été hier,
00:20:04je ne sais pas comme,
00:20:05la maison médicale.
00:20:08Il y a eu trop de polémiques.
00:20:09Voilà,
00:20:10à un moment donné,
00:20:10ce climat doit cesser.
00:20:12Quand on est maire,
00:20:14on doit être proche
00:20:16de la population,
00:20:17mais de toute sa population,
00:20:19de toutes ses associations.
00:20:20Il ne doit pas y avoir
00:20:21de différence de fait.
00:20:22On a déjà perdu 12 ans
00:20:23à Yange
00:20:24et je pense que maintenant,
00:20:26il faut qu'on avance.
00:20:27Mais la victoire risque
00:20:28d'être difficile
00:20:29face à l'implantation
00:20:30et la popularité
00:20:31du maire sortant.
00:20:32La dernière fois,
00:20:33les deals a été réélus
00:20:34dès le premier tour
00:20:35avec 63% des voix.
00:20:37Un score obtenu aussi
00:20:38par une abstention record
00:20:40lors des dernières élections.
00:20:42Votre commentaire,
00:20:43Jules Pecknard,
00:20:43sur ce reportage à Yange ?
00:20:46Qu'une majorité
00:20:48de la population
00:20:50dans beaucoup de villes,
00:20:51et ça vaut pour les villes
00:20:53dirigées par le RN
00:20:54comme par les villes
00:20:55dirigées par la droite,
00:20:56quand une majorité
00:20:57d'électeurs est satisfaite...
00:20:59C'est la prime au sortant.
00:21:00Prime au sortant.
00:21:01Et puis,
00:21:02il y a certaines promesses.
00:21:05En gros,
00:21:05la plupart des maires
00:21:07des candidats RN
00:21:08et ceux qui ont été élus
00:21:10dans le passé
00:21:11et qui briguent
00:21:12leur réélection,
00:21:14promettent quoi ?
00:21:15Ils promettent
00:21:15une baisse des impôts,
00:21:16plus de sécurité,
00:21:18baisse des subventions
00:21:19aux associations
00:21:19pro-migrants, etc.
00:21:21C'est ça,
00:21:21les marqueurs du RN
00:21:22dans cette campagne municipale ?
00:21:23C'est souvent cela, oui.
00:21:26C'est de la droite dure,
00:21:28mais en essayant
00:21:30de faire un peu moins de bruit,
00:21:31moins de scandale.
00:21:32Dans le reportage à Ayange,
00:21:33on voit cette fête du cochon
00:21:35où se retrouve
00:21:36la population locale,
00:21:37mais aussi les membres du RN
00:21:38et les militants.
00:21:39On pourrait aussi comparer
00:21:40avec la fête de la Sainte-Barbe
00:21:42ou la grande braderie
00:21:43de Hénin-Beaumont
00:21:43qui sert de rentrée politique
00:21:45à Marine Le Pen
00:21:45en général.
00:21:47Est-ce que ces fêtes,
00:21:50cette façon de gérer une mairie
00:21:52et d'organiser la vie locale,
00:21:54de créer un folklore,
00:21:56qui rappelle aussi
00:21:57quand même l'idéologie ?
00:21:59Complètement.
00:22:00Mais en même temps,
00:22:02à un moment,
00:22:03s'il y a un électorat majoritaire
00:22:05qui soit se reconnaît
00:22:08dans ce folklore nationaliste
00:22:10ou cocardier,
00:22:12ou on l'appellera comme on veut,
00:22:13d'extrême droite,
00:22:14comme vous voulez,
00:22:15s'il y a une majorité
00:22:17soit de personnes
00:22:18qui s'y reconnaissent,
00:22:18soit que ça ne dérange pas,
00:22:20parce qu'il y a aussi beaucoup ça,
00:22:21c'est bon,
00:22:22OK,
00:22:22pas de problème,
00:22:23on remet un bulletin
00:22:24et puis,
00:22:25à partir du moment
00:22:26où les impôts locaux,
00:22:26ils n'augmentent pas trop,
00:22:28que l'endettement de la ville,
00:22:29on a vu,
00:22:31en moyenne,
00:22:31ce n'est pas très satisfaisant,
00:22:33mais c'est globalement OK
00:22:34sur l'ensemble des villes
00:22:35gouvernées par le RN aujourd'hui,
00:22:37les maires,
00:22:38ils sont réélus,
00:22:39ce n'est pas très compliqué.
00:22:41Je voudrais juste faire
00:22:42un petit parenthèse
00:22:44sur cette fête du cochon,
00:22:45alors pas celle-ci en particulier,
00:22:47mais de ce que ça dit aussi
00:22:48de la nécessité
00:22:50de retrouver des moments
00:22:53de partage ou de cohésion.
00:22:54Alors on pourrait se dire,
00:22:55non,
00:22:56ça,
00:22:56ce n'est pas un moment de partage
00:22:56parce qu'on exclut
00:22:58où on veut exclure
00:22:59une partie de la population,
00:23:01mais effectivement,
00:23:04si vous avez,
00:23:05je ne vais pas prendre
00:23:06la fête du cochon,
00:23:07mais je vais prendre
00:23:07la foire aux artichauts
00:23:08ou si vous avez d'autres fêtes,
00:23:10en fait,
00:23:10c'est le moment
00:23:11où il y a un peu de gaieté
00:23:13qui se retrouve.
00:23:14On n'est pas juste
00:23:14dans quelque chose
00:23:14de fonctionnel,
00:23:15mais on rassemble les gens
00:23:16pour quelque chose
00:23:18qui célèbre la ville,
00:23:20qui célèbre le fait
00:23:21d'être ensemble.
00:23:22Et je me dis
00:23:24que ça a été malin
00:23:26de la part de ce maire-là
00:23:27et que peut-être
00:23:29les autres maires
00:23:30des autres obédiences politiques
00:23:31devraient envisager ça
00:23:33parce que finalement,
00:23:34c'est aussi demandé
00:23:35par les citoyens.
00:23:37Il y a une sorte
00:23:38de contradiction
00:23:39où on est de plus en plus
00:23:39individualiste,
00:23:40mais les lieux de partage
00:23:42peuvent permettre
00:23:42de rassembler
00:23:43et donc derrière,
00:23:44de se dire
00:23:44qui est à l'initiative,
00:23:45le maire,
00:23:46donc il est le porteur
00:23:48de cette réunion.
00:23:49Vous me faites penser
00:23:50à cette enquête
00:23:50qui montrait que là
00:23:51où les PMU ferment,
00:23:53le vote RN monte.
00:23:55On y avait consacré
00:23:57une émission
00:23:57il y a quelques semaines.
00:24:00Jean-Yves Dormagin,
00:24:01quelles sont,
00:24:02là, à quatre jours
00:24:03du premier tour,
00:24:03les villes objectivement
00:24:05prenables par le RN ?
00:24:08Quelles communes
00:24:08il faudra particulièrement
00:24:09regarder pour pouvoir
00:24:10en tirer les bons enseignements ?
00:24:12C'est celles que vous avez présentées
00:24:15dans le document
00:24:16qu'on a vu
00:24:16en début d'émission.
00:24:17Alors,
00:24:19dans les très grandes villes,
00:24:21parce que c'est celles
00:24:21qu'on regarde le plus
00:24:22et je répète,
00:24:23c'est un espace de jeu
00:24:25qui est défavorable
00:24:26au RN.
00:24:28Dans ces grandes villes,
00:24:29parce que globalement,
00:24:29ces grandes villes
00:24:30ont une sociologie
00:24:30plutôt de gauche,
00:24:31voire très à gauche.
00:24:32C'est les territoires
00:24:33dans lesquels la gauche progresse,
00:24:34même si elle diminue
00:24:35au niveau national,
00:24:35elle progresse dans ces territoires-là
00:24:36d'élection en élection.
00:24:38Donc, c'est globalement
00:24:39des villes qui lui sont défavorables,
00:24:40sauf certaines villes,
00:24:41Toulon, on le sait,
00:24:43vous l'avez cité,
00:24:44qui peut être effectivement
00:24:44gagnée par le RN.
00:24:46Nice,
00:24:47où Éric Ciotti
00:24:48n'est pas tout à fait RN,
00:24:49c'était quand même
00:24:49le président des LR
00:24:50il y a encore quelques mois,
00:24:51mais enfin,
00:24:52c'est l'IDR,
00:24:53c'est un allié.
00:24:54C'est le faunet du RN.
00:24:55Oui, mais ça joue.
00:24:57C'est pas tout à fait
00:24:58la même chose
00:24:59pour un électeur de droite,
00:25:00c'est pas tout à fait
00:25:00la même chose
00:25:01pour un électeur de droite
00:25:02qui s'est droitisé,
00:25:03qui est de plus en plus conservateur,
00:25:04de voter pour l'ancien
00:25:05président des LR,
00:25:06qui est une figure politique locale,
00:25:07ou de voter pour un candidat
00:25:11mais Éric Ciotti peut gagner à Nice.
00:25:13C'est une élection
00:25:13qui est extrêmement ouverte.
00:25:14On a publié un sondage
00:25:16avec Politico sur Nice
00:25:17où Éric Ciotti
00:25:18a 41% des voix au premier tour,
00:25:20sauf qu'il n'a pas
00:25:21énormément de réserve.
00:25:22Et selon la configuration
00:25:23du second tour,
00:25:24selon que c'est un duel,
00:25:26une triangulaire,
00:25:27pourquoi pas même
00:25:27une quadrangulaire,
00:25:28c'est possible en théorie,
00:25:30ce n'est pas le même scénario.
00:25:32En duel, en tous les cas,
00:25:33ce serait une élection serrée.
00:25:34Ça resterait une élection
00:25:34assez serrée,
00:25:35mais Éric Ciotti
00:25:36peut devenir
00:25:37le prochain maire de Nice.
00:25:41Marseille, c'est plus compliqué
00:25:42dans les grandes villes.
00:25:43C'est-à-dire que,
00:25:44vous l'avez d'ailleurs évoqué,
00:25:45je crois,
00:25:46en quadrangulaire,
00:25:47c'est une élection ouverte.
00:25:50En triangulaire aussi,
00:25:51pardon,
00:25:52si Sébastien Delogu,
00:25:54le candidat à LFI,
00:25:56se maintenait,
00:25:58donc atteignait le seuil
00:25:59des 10%
00:25:59et se maintenait au second tour
00:26:01face à Benoît Payan
00:26:03et à Franck Alizio
00:26:05et que Martine Vassal
00:26:06se trouverait éliminée,
00:26:08il y aura...
00:26:09C'est plus probable
00:26:10que ce soit l'inverse,
00:26:11Martine Vassal,
00:26:11au second tour et...
00:26:13On n'en sait rien,
00:26:13mais les deux...
00:26:16On a des indications,
00:26:16peut-être,
00:26:18dans vos dernières enquêtes.
00:26:21Martine Vassal
00:26:22est dans une dynamique baissière.
00:26:24Le problème,
00:26:24c'est jusqu'où,
00:26:25mais pour l'instant,
00:26:26en tous les cas,
00:26:26dans les études
00:26:27qui ont été publiées,
00:26:28elle était assez largement
00:26:29au-dessus des 10%,
00:26:30donc normalement qualifiée
00:26:32potentiellement
00:26:32pour le second tour.
00:26:34La France insoumise
00:26:35pourrait aussi être
00:26:36au second tour,
00:26:37donc il pourrait y avoir
00:26:37une quadrangulaire.
00:26:37S'il y a une triangulaire
00:26:40avec la France insoumise,
00:26:41le maire Benoît Payan
00:26:42et face à eux
00:26:44uniquement
00:26:45le Rassemblement national,
00:26:46là,
00:26:46le Rassemblement national
00:26:47devient clairement
00:26:47le favori de l'élection.
00:26:49C'est quand même
00:26:49un scénario
00:26:49assez peu probable.
00:26:51Il est possible,
00:26:52mais peu probable.
00:26:54Et en duel,
00:26:55le maire sortant
00:26:57reste quand même
00:26:57favori aujourd'hui.
00:26:58Mais c'est une élection serrée,
00:27:00c'est une élection difficile
00:27:01dans laquelle...
00:27:02Pourquoi ?
00:27:02Parce que l'électorat
00:27:04de droite traditionnel,
00:27:05aujourd'hui,
00:27:05comme dans le reste du pays,
00:27:07tant de plus en plus
00:27:08a voté pour le Rassemblement national.
00:27:10Et c'est la droitisation
00:27:11et le vote RN
00:27:12d'une partie
00:27:12de l'électorat LR
00:27:13de Marseille
00:27:14qui expliquent
00:27:16la poussée
00:27:17du Rassemblement national.
00:27:17En plus,
00:27:18incarné par un ancien,
00:27:20lui aussi,
00:27:20membre de la droite traditionnelle.
00:27:22Donc là aussi,
00:27:22on est...
00:27:23Et dans les bougerons,
00:27:23il y a beaucoup de candidats RN
00:27:24qui viennent de la droite traditionnelle.
00:27:26Donc il y a beaucoup de passerelles.
00:27:27Et pour les électeurs,
00:27:28ces votes sont sans doute
00:27:29aussi facilités par cela.
00:27:31Très rapidement,
00:27:32juste sur Toulon,
00:27:33il y a quand même
00:27:34un gros enjeu
00:27:35sur cette ville
00:27:36parce que donc,
00:27:36Laure Lavallette
00:27:37qui est la candidate RN,
00:27:38députée du coin du Var,
00:27:41qui est...
00:27:42Implantée.
00:27:42Très implantée,
00:27:43qui est un des visages
00:27:45connus du Rassemblement national,
00:27:46il y a quand même
00:27:47un gros enjeu
00:27:47parce que dans la plupart
00:27:49des sondages qui ont été...
00:27:50Dans tous les sondages,
00:27:51les derniers sondages
00:27:51qui ont été faits sur Toulon,
00:27:53en cas de duel
00:27:53avec la mère sortante,
00:27:54José Massy,
00:27:56Laure Lavallette
00:27:56est donnée perdante.
00:27:5847, 53, je crois,
00:27:59si ma mémoire est bonne.
00:28:02Or, il y a donc...
00:28:03Il y a un gros enjeu
00:28:04dans la mesure
00:28:05où elle a été donnée
00:28:05gagnante très tôt.
00:28:08Si la configuration
00:28:10lui est favorable,
00:28:11s'il y a une triangulaire,
00:28:13bon, voilà,
00:28:13l'affaire peut être close.
00:28:15En revanche,
00:28:16s'il y a une fusion
00:28:17qui se passe bien
00:28:18entre la sortante
00:28:19José Massy
00:28:20et le sénateur LR
00:28:21Michel Bonnus
00:28:22et que Laure Lavallette
00:28:24se trouve seule
00:28:24face à José Massy,
00:28:26c'est une autre histoire
00:28:27et ce serait compliqué
00:28:28à encaisser.
00:28:28Ce qui est plutôt annoncé
00:28:29d'ailleurs,
00:28:30il y a déjà eu une annonce
00:28:31que Massy et Bonnus
00:28:32feraient cause commune.
00:28:34On va parler
00:28:34de l'union des droites
00:28:35dans un instant
00:28:35mais avant cela,
00:28:37on va essayer
00:28:37de prendre la température
00:28:38de cette campagne
00:28:39parce que, semble-t-il,
00:28:40il y a un peu d'inquiétude
00:28:42au Rassemblement national
00:28:43en ce moment.
00:28:43C'est les offres de loups,
00:28:44c'est tout de suite.
00:28:49Inquiétude, je ne sais pas
00:28:50mais en tout cas,
00:28:51pour le RN,
00:28:52c'est une fin de campagne
00:28:54calme, disons.
00:28:55Calme, effectivement.
00:28:57Un peu calme,
00:28:58trop calme.
00:28:59Un peu comme le dirait
00:29:01de cette façon
00:29:02le philosophe
00:29:03Javel de Bouze
00:29:04qu'on va écouter.
00:29:05Calme.
00:29:07Je n'aime pas trop
00:29:08beaucoup ça.
00:29:11Je préfère quand c'est
00:29:13un peu trop,
00:29:14plus moins calme.
00:29:17Au RN,
00:29:18il y a un truc
00:29:19qui chiffonne.
00:29:21C'est quoi qui chiffonne ?
00:29:22En fait, c'est que
00:29:23cette campagne,
00:29:23elle n'a jamais pris.
00:29:24Ah bon ?
00:29:25Et ce n'est pas moi
00:29:25qui le dis.
00:29:26Pour le coup,
00:29:26c'est à peu près
00:29:27toutes les personnes
00:29:28avec qui j'ai parlé.
00:29:30Alors, effectivement,
00:29:31c'est plutôt une campagne
00:29:32bien menée,
00:29:34bien ordonnée
00:29:34mais il y a une forme
00:29:35d'apathie générale.
00:29:37Ce n'est pas seulement
00:29:38RN d'ailleurs,
00:29:39c'est aussi dans d'autres parties.
00:29:40Ça donne une sensation
00:29:41étrange sur le terrain,
00:29:42une campagne bizarre.
00:29:44C'est des mots
00:29:44qui reviennent.
00:29:45Et vous ajoutez à cela
00:29:46une actualité internationale
00:29:49qui là est pour le coup
00:29:50moins calme
00:29:50et qui semble occultée,
00:29:53bouffée pour reprendre
00:29:54les mots d'une de mes sources
00:29:55la séquence,
00:29:57vous obtenez ce genre
00:29:58de citations.
00:29:59C'est dégueulasse.
00:30:00Ça me fait penser
00:30:01à 2022.
00:30:02Il s'énerve comme ça
00:30:02parce qu'en 2022,
00:30:04rappelez-vous,
00:30:04Emmanuel Macron,
00:30:05il avait été largement élu
00:30:07face au RN,
00:30:08plutôt facile,
00:30:09mais aussi à la faveur
00:30:10de l'effet drapeau
00:30:11sur fond de guerre
00:30:12en Ukraine.
00:30:14Que craint aujourd'hui
00:30:15le RN ?
00:30:16Il y a des échos
00:30:18contradictoires.
00:30:19En l'occurrence,
00:30:19il y a vraiment un élément
00:30:20qu'il faut avoir en tête,
00:30:21c'est qu'au Rassemblement National,
00:30:23le traumatisme de 2021,
00:30:24des régionales de 2021
00:30:25est toujours très présent.
00:30:26Donc, la peur,
00:30:28c'est qu'une actualité
00:30:30trop importante
00:30:31puisse faire que
00:30:34ces électeurs
00:30:34n'aillent pas voter
00:30:35parce qu'au Régional,
00:30:36il avait été donné
00:30:37la région PACA
00:30:38au RN,
00:30:40ça n'a pas du tout été le cas.
00:30:41Il y a d'autres échos
00:30:42qui sont complètement inverses.
00:30:44En l'occurrence,
00:30:45certains observent
00:30:45au contraire
00:30:46plutôt une envie de RN
00:30:47en tout cas
00:30:47chez leurs électeurs,
00:30:48mais les désordres mondiaux,
00:30:50ils pourraient bien provoquer
00:30:51une surmobilisation,
00:30:53et on en parlera sans doute
00:30:54tout à l'heure,
00:30:55une surmobilisation
00:30:57des centristes
00:30:58à la défaveur
00:30:59du RN.
00:31:00L'un des partisans
00:31:01de cette thèse,
00:31:02lui, il observe
00:31:03et il me disait ce matin
00:31:04dans les sondages,
00:31:05nous reculons un peu partout
00:31:07ou presque.
00:31:08Le presque,
00:31:08c'est Marseille
00:31:09ou Nice,
00:31:10par exemple.
00:31:11Et d'ailleurs,
00:31:11on disait,
00:31:12il y a six mois,
00:31:13des villes déjà gagnées.
00:31:14On vient de parler de Toulon,
00:31:15mais aussi Nîmes,
00:31:17Avignon, Carcassonne.
00:31:18Aujourd'hui,
00:31:18ce n'est pas aussi évident,
00:31:20c'est même assez chaud.
00:31:22Mais au premier tour,
00:31:23dans des villes comme Nice,
00:31:24on vient d'en parler,
00:31:24le RN et ses alliés
00:31:25sont annoncés parfois
00:31:26avec dix points d'avance.
00:31:28Donc,
00:31:28il ne faut pas non plus exagérer,
00:31:29ce n'est pas très chaud partout.
00:31:31Mais vous connaissez
00:31:32mon naturel sceptique.
00:31:34Et en l'occurrence,
00:31:34le RN,
00:31:35c'est un parti
00:31:36qui n'est pas tout à fait
00:31:37comme les autres non plus,
00:31:38même s'ils le voudraient bien.
00:31:40Il y a un truc
00:31:40qui s'appelle
00:31:41le cordon sanitaire.
00:31:42Ce qu'on observe
00:31:43durant chaque élection,
00:31:44sinon aux européennes,
00:31:46où il n'y a pas de taux
00:31:47où il n'y en a qu'un,
00:31:47c'est que si le vent
00:31:49a tendance à souffler
00:31:49dans le dos au premier tour,
00:31:51il a tendance
00:31:51à tourner au second.
00:31:53Jean-Yves Dormagin,
00:31:54est-ce que,
00:31:55comme le dit Lou
00:31:56et comme le disent
00:31:57certaines de ses sources,
00:31:58les désordres mondiaux
00:32:00peuvent surmobiliser
00:32:01l'électorat centriste ?
00:32:04Je ne voudrais pas
00:32:05contredire
00:32:06trop frontalement Lou.
00:32:07Je suis un peu sceptique
00:32:08sur la thèse
00:32:10de la surmobilisation
00:32:10de l'électorat centriste.
00:32:12En revanche,
00:32:13ce qui est vraiment
00:32:13effectivement un enjeu,
00:32:14c'est les reports
00:32:16de voix de second tour
00:32:17qu'on ne peut pas
00:32:18vraiment mesurer
00:32:19avant le second tour.
00:32:20C'est-à-dire que,
00:32:21ce qu'il faut savoir,
00:32:21c'est que j'invite les gens
00:32:23à regarder les intentions
00:32:24de vote de premier tour.
00:32:25Celles-là,
00:32:26elles ont vocation
00:32:27à être prédictives.
00:32:28En revanche,
00:32:29vous savez ce qui se passe
00:32:30au second tour,
00:32:30on l'a vu avec les dernières
00:32:31législatives,
00:32:32c'est une toute autre élection
00:32:33qui commence,
00:32:33les électeurs se prononcent
00:32:35en fonction des résultats
00:32:36du premier,
00:32:36il y a des mobilisations
00:32:38qui se mettent en place,
00:32:39il y a un nouveau contexte
00:32:40qui émerge.
00:32:41Et donc,
00:32:42ça,
00:32:42c'est effectivement
00:32:43une incertitude
00:32:43pour le Rassemblement National
00:32:44parce que c'est son problème
00:32:45historique,
00:32:46sa difficulté
00:32:47à réunir 50
00:32:48plus un électeur
00:32:50et gagner des élections
00:32:51au scrutin majoritaire.
00:32:53Alors là,
00:32:53quand même,
00:32:53cette élection,
00:32:54elle a un élément
00:32:55très particulier,
00:32:56c'est que le seuil
00:32:57de qualification est très bas,
00:32:58il faut toujours le rappeler.
00:32:59C'est 10% des exprimés.
00:33:01C'est la seule élection
00:33:02où le seuil de qualification
00:33:03est aussi bas.
00:33:04C'est relativement facile
00:33:05d'atteindre 10%
00:33:06des exprimés
00:33:07pour beaucoup de listes.
00:33:08Il y a de nombreuses villes
00:33:09où on pourrait avoir
00:33:104.
00:33:10Quinquangulaires.
00:33:11Oui,
00:33:11même des pentagulaires,
00:33:13je ne sais pas comment
00:33:13il faut les appeler,
00:33:14quinquangulaires,
00:33:15pentagulaires.
00:33:15Il pourrait même
00:33:16avoir des villes
00:33:16où il y en a 6,
00:33:17il y a même des villes
00:33:18où potentiellement
00:33:18il y en a 7.
00:33:20Des septangulaires.
00:33:21Et ça,
00:33:21ça crée,
00:33:21oui,
00:33:22et ça,
00:33:22ça crée,
00:33:22si jamais
00:33:24les partis politiques
00:33:25n'arrivent pas
00:33:25à s'allier.
00:33:26Et on est quand même
00:33:27très loin
00:33:27de l'époque ancienne
00:33:29de la discipline républicaine
00:33:31jusqu'en gros
00:33:32au macronisme
00:33:33jusqu'à la fin
00:33:34des années 2010.
00:33:35Le premier tour,
00:33:36on se comptait,
00:33:37au second tour,
00:33:37les deux camps,
00:33:38la gauche et la droite,
00:33:39s'unissaient derrière
00:33:40la liste qui est arrivée
00:33:40en tête.
00:33:41La discipline républicaine
00:33:42n'existe plus du tout.
00:33:43On voit bien
00:33:44qu'aujourd'hui,
00:33:44les enjeux d'alliance
00:33:45sont devenus
00:33:45extrêmement compliqués,
00:33:47donnent lieu
00:33:47à des polémiques
00:33:48très fortes.
00:33:48C'est-à-dire que là,
00:33:49on a entendu parler
00:33:49du ni-ni,
00:33:51Gabriel Attal notamment,
00:33:52qui dit ni-ni,
00:33:53ni LFI,
00:33:53ni RN.
00:33:54Le second tour,
00:33:56l'entre-deux-tours,
00:33:57Jules Pécnard,
00:33:57ça va être un moment
00:33:58de clarification de tout ça ?
00:34:00Alors, oui,
00:34:01il faut rester très prudent
00:34:03parce qu'il faudra
00:34:05voir le contexte
00:34:06et puis chaque ville
00:34:07aura sa configuration
00:34:09propre.
00:34:10Mais ce qui est sûr,
00:34:11c'est qu'il va y avoir
00:34:12une pression très forte
00:34:14sur certains candidats
00:34:16LR qui devront
00:34:18ou non se retirer
00:34:19pour permettre
00:34:20ou non la victoire
00:34:21d'un candidat RN.
00:34:23En même temps,
00:34:24le désistement,
00:34:25ça veut dire quoi ?
00:34:25Ça veut dire pas avoir d'élu,
00:34:26ça veut dire être totalement
00:34:27effacé d'un conseil municipal.
00:34:28Donc, est-ce que certains
00:34:30seront tentés
00:34:31de ne pas respecter
00:34:31la consigne nationale
00:34:32en sachant plus
00:34:33que la consigne nationale
00:34:34cette fois-ci
00:34:34est beaucoup moins claire
00:34:35vu comme c'est LFI
00:34:39qui est désormais
00:34:39très vilipendée
00:34:40par la droite,
00:34:41je parle de celle
00:34:42dirigée par Bruno Retailleau ?
00:34:43Et ce qu'il appelle
00:34:44un cordon sanitaire
00:34:45autour de LFI aussi.
00:34:46Donc, ça va y avoir
00:34:47beaucoup de pression
00:34:48sur la droite
00:34:50localement,
00:34:51ça c'est sûr.
00:34:51Amélie Le Breton.
00:34:52Et on a un scrutin
00:34:53qui est assez bizarre
00:34:54parce qu'on a eu
00:34:54des années
00:34:55où la politisation
00:34:56par rapport au national
00:34:57était beaucoup plus forte.
00:34:5983-2014
00:35:00avec la gauche
00:35:01qui a une défaite
00:35:03parce que c'est lié
00:35:04justement à une volonté
00:35:05de retournement
00:35:07de l'électorat
00:35:08vis-à-vis du président
00:35:09de la République
00:35:09et puis à droite
00:35:111997 et 2008.
00:35:13Là, on n'a pas
00:35:14cette volonté
00:35:16de donner une leçon
00:35:17à celui qui est en place
00:35:18puisque Renaissance
00:35:19n'a pas une assise
00:35:21dans les collectivités
00:35:23aussi forte
00:35:24pour donc.
00:35:25C'est une étrange élection.
00:35:28Et pour autant,
00:35:29un dernier mot,
00:35:29Jean-Yves Dormagin,
00:35:30est-ce qu'on pourra
00:35:31tirer des enseignements
00:35:33nationaux ?
00:35:33Est-ce qu'au soir
00:35:35du second tour,
00:35:37on se dira
00:35:37qu'on a le ton
00:35:39qui est donné
00:35:39pour la présidentielle
00:35:40dans un an ?
00:35:41Non.
00:35:43Non.
00:35:43Non, mais...
00:35:43Ça va mieux en le disant.
00:35:45Objectivement, non.
00:35:46Mais tout le monde
00:35:47va le faire
00:35:47et tout le monde
00:35:48essaiera de présenter
00:35:50cette élection,
00:35:51je le disais tout à l'heure,
00:35:51comme un succès
00:35:52ou comme certains partis
00:35:53vont avoir des succès...
00:35:53On dit tout le monde,
00:35:54les états-majors des partis.
00:35:55Oui,
00:35:56certains partis politiques
00:35:57vont avoir des succès
00:35:58apparents très forts.
00:36:00Ce ne sont pas forcément
00:36:01les partis
00:36:02qui auront le candidat
00:36:03le mieux préparé
00:36:05ou le plus apprécié
00:36:06ou le plus performant
00:36:07pour la prochaine présidentielle
00:36:08et réciproquement.
00:36:09Donc je pense que
00:36:09ces municipales
00:36:09seront assez peu prédictives
00:36:11de la séquence
00:36:12qui va suivre.
00:36:13Eh bien,
00:36:13retrouvons-nous
00:36:14après le second tour
00:36:15pour en parler
00:36:1515 et 22 mars
00:36:16les élections municipales.
00:36:17Merci infiniment
00:36:18à tous les trois
00:36:19d'être venus ce soir
00:36:20en parler,
00:36:20ce soir dans chaque voix
00:36:22compte.
00:36:23Dans un instant,
00:36:24on va parler de la guerre
00:36:24au Moyen-Orient
00:36:25avec cette nouvelle réunion
00:36:26des dirigeants du G7
00:36:27présidée par Emmanuel Macron
00:36:28qui s'est tenue
00:36:29cet après-midi.
00:36:30Nous sommes aux côtés
00:36:31du Liban,
00:36:31dit le président français
00:36:33alors que Beyrouth
00:36:34a une nouvelle fois
00:36:35été bombardée
00:36:36par l'armée israélienne.
00:36:37On va en parler
00:36:37avec nos trois prochains invités.
00:36:39Mais avant cela,
00:36:39c'est quelle histoire ?
00:36:40Olivier Ravanello.
00:36:49Olivier,
00:36:49ce soir,
00:36:50en quelque sorte,
00:36:51suivez le guide.
00:36:52le guide Ramenei,
00:36:53le nouveau guide suprême iranien.
00:36:55Oui,
00:36:56il s'appelle Moftada
00:36:57et c'est le nouveau guide.
00:36:59Enfin,
00:36:59il paraît que c'est le nouveau guide.
00:37:01Je dis il paraît
00:37:01parce qu'en fait,
00:37:02on ne l'a pas vu
00:37:03quand même
00:37:03depuis très longtemps.
00:37:05Suite au bombardement
00:37:06qui a coûté la vie
00:37:08à son père,
00:37:09à sa mère
00:37:10et à son épouse,
00:37:11la première version
00:37:12a été qu'il était mort.
00:37:15Les Iraniens ont répondu
00:37:16pas du tout.
00:37:17Il n'était même pas à Téhéran.
00:37:19Et puis là,
00:37:19on a une version
00:37:20ce matin différente,
00:37:21celle du fils
00:37:21du président iranien
00:37:22qui dit
00:37:23en fait,
00:37:23il était bien à Téhéran
00:37:25dans le bombardement.
00:37:25Il a été blessé aux jambes
00:37:27mais il a pu être soigné.
00:37:28Et là,
00:37:28il est dans un endroit sûr,
00:37:30parfaitement secret
00:37:31mais il ne peut pas trop communiquer.
00:37:34Tant et si bien
00:37:34que beaucoup à Téhéran
00:37:36se demandent
00:37:36s'il est encore vivant.
00:37:37Et imaginez,
00:37:39ce serait quand même
00:37:39la ruse absolue
00:37:40de nommer un mort.
00:37:42C'est fantastique
00:37:43parce que les ennemis
00:37:44évidemment vont se focaliser
00:37:45sur l'idée
00:37:46d'aller le traquer
00:37:47sans y parvenir
00:37:48et pendant ce temps-là,
00:37:49la résistance
00:37:51de la révolution iranienne
00:37:52continue.
00:37:53Une chose est vraie,
00:37:55le mythe,
00:37:55la fabrication du mythe
00:37:56est lancée.
00:37:57Un peu partout,
00:37:58les imprimeries
00:37:59tournent à fond.
00:38:00On utilise même
00:38:01l'ego.
00:38:03Regardez cette vidéo
00:38:06réalisée
00:38:06avec sans doute
00:38:07de l'intelligence artificielle
00:38:08ou avec les petits
00:38:09personnages légaux
00:38:10et bien on raconte
00:38:13version iranienne
00:38:14ce qui s'est passé
00:38:15depuis quelques jours
00:38:16diffusée sur la télévision
00:38:18d'État
00:38:18où on voit
00:38:19l'assemblée
00:38:20des experts
00:38:21désigner
00:38:22ce nouveau
00:38:23Moftada Ramenei.
00:38:25Les imprimeries
00:38:26tournent aussi à fond
00:38:27pour fabriquer
00:38:27des portraits.
00:38:29Chaque portrait
00:38:29est accompagné
00:38:31de slogans.
00:38:32Alors on les trouve
00:38:33dans les rues
00:38:34du bazar.
00:38:35Vous voyez cette imprimerie
00:38:35et puis
00:38:36ces photos-là
00:38:37mais elles sont reprises
00:38:38dans toutes les manifestations
00:38:39et on est en train
00:38:40de créer comme ça
00:38:41une mythologie.
00:38:43Parmi ce qu'on peut lire
00:38:44sur cette photo
00:38:45qui est tenue
00:38:46par une sympathisante
00:38:47du régime
00:38:47la grâce de Dieu
00:38:49se révèle
00:38:50Ramenei
00:38:50rajeunit
00:38:51et puis il y a
00:38:52cette autre photo
00:38:53beaucoup plus politique
00:38:54celle-là
00:38:54où on voit
00:38:55tout à fait à gauche
00:38:56l'ayatollah Roménie
00:38:57le fondateur
00:38:58de la révolution islamique
00:38:59devant lui
00:39:00successeur Ramenei
00:39:02le père
00:39:02qui est aujourd'hui mort
00:39:04qui donne le drapeau
00:39:05de la révolution
00:39:06à son fils
00:39:07pour prendre la suite.
00:39:08Ça commence à être
00:39:09un peu problématique
00:39:10et ça devient carrément
00:39:11problématique
00:39:11de mon point de vue
00:39:12sur cette photo
00:39:13qu'on trouve
00:39:13dans les rues
00:39:15du Liban
00:39:15où vous voyez
00:39:17le père et le fils
00:39:18le fils derrière
00:39:19avec cette phrase
00:39:21la lumière
00:39:22est transmise
00:39:23à la lumière
00:39:24et ça
00:39:25de plus en plus
00:39:26ça commence
00:39:27à ressembler
00:39:28à quelque chose
00:39:28qui n'a rien à voir
00:39:29avec la république d'Iran.
00:39:30Pourquoi vous dites
00:39:31que ça pose problème ?
00:39:32Parce que ça
00:39:32c'est une image
00:39:33d'une dynastie
00:39:33c'est une image
00:39:35d'une succession
00:39:36héréditaire
00:39:37alors que
00:39:38la république iranienne
00:39:39souvenez-vous
00:39:40en 79
00:39:40se bâtit
00:39:42contre une dynastie
00:39:43contre la dynastie
00:39:44des Paladis
00:39:45contre ces privilèges
00:39:47donnés de père en fils
00:39:48contre cette confiscation
00:39:49du pouvoir
00:39:50en Roménie
00:39:51quand il est à Neuf-le-Château
00:39:52en France
00:39:52lit beaucoup d'ouvrages
00:39:54sur la révolution française
00:39:55il essaye de s'en inspirer
00:39:57comment est-ce qu'on renverse
00:39:58une monarchie ?
00:39:59Comment on fait
00:39:59pour éviter
00:40:00qu'il y ait une contre-révolution
00:40:02que ceux qui ont été écartés
00:40:04reviennent au pouvoir
00:40:05c'est sans doute
00:40:06ce qui l'inspire
00:40:07pour créer
00:40:07les gardiens de la révolution
00:40:08un corps militaire
00:40:10qui va empêcher
00:40:11qu'on revienne en arrière
00:40:12des institutions aussi
00:40:13où on essaye
00:40:14d'être plus collégial
00:40:15pour désigner
00:40:16le guide suprême
00:40:17guide suprême
00:40:18qui au passage
00:40:18doit avoir
00:40:19certaines caractéristiques
00:40:20comme être ayatollah
00:40:21il se trouve que
00:40:22Ramenei
00:40:23celui qui vient d'être tué
00:40:24n'était pas ayatollah
00:40:25ça veut dire quoi
00:40:26être ayatollah
00:40:26pardonnez-moi
00:40:27être ayatollah
00:40:28c'est à la fois
00:40:30une autorité religieuse
00:40:32spirituelle
00:40:32et universitaire
00:40:33en fait c'est un
00:40:34c'est quelqu'un
00:40:35qui a réfléchi
00:40:36à la doctrine de la foi
00:40:37et qui a une vision
00:40:38extrêmement étayée
00:40:40approfondie
00:40:42vraiment
00:40:42une université
00:40:44une dimension universitaire
00:40:45dans le domaine religieux
00:40:47et donc
00:40:47c'est à l'atelier
00:40:49qui n'était pas ayatollah
00:40:50qui n'avait pas fait
00:40:51des études suffisamment poussées
00:40:52il a pondu une thèse
00:40:53en une soirée
00:40:55donc ça y est
00:40:56il est devenu ayatollah
00:40:56en fait on s'arrange beaucoup
00:40:58dans la famille Ramenei
00:40:58avec les institutions
00:41:00et là on est en train
00:41:01de s'arranger beaucoup aussi
00:41:03dans cette succession
00:41:04avec encore une fois
00:41:05une dynastie Ramenei
00:41:07qui s'impose
00:41:07ce qui n'a rien à voir
00:41:08avec l'esprit
00:41:09de la révolution islamique
00:41:10et bien merci Olivier
00:41:12on va continuer de parler
00:41:13de la guerre au Moyen-Orient
00:41:14tout de suite
00:41:14avec le Liban
00:41:23et j'accueille sur le plateau
00:41:25de chaque voix compte
00:41:26Adèle Bakawan
00:41:26bonsoir
00:41:27bonsoir
00:41:28vous êtes sociologue
00:41:29franco-iraquien
00:41:29vous dirigez
00:41:30l'ESMENA
00:41:31institut européen d'études
00:41:32du Moyen-Orient
00:41:33et de l'Afrique du Nord
00:41:34merci d'être là
00:41:35aux côtés d'Adéa Guyot
00:41:36bonsoir
00:41:37de l'ONG
00:41:37Care France
00:41:38merci d'être là
00:41:40avec Bilal Tarabé
00:41:41également
00:41:42bonsoir Bilal
00:41:42bonsoir
00:41:43vous êtes journaliste
00:41:43à France 24
00:41:44et je précise que vous êtes
00:41:45également franco-libanais
00:41:46merci à tous les trois
00:41:48d'être là pour parler
00:41:49du Liban
00:41:50nous sommes aux côtés
00:41:51du Liban
00:41:51a dit tout à l'heure
00:41:52Emmanuel Macron
00:41:53tandis qu'à l'ONU
00:41:54une trentaine d'états
00:41:55exprimaient
00:41:56leur profonde inquiétude
00:41:57face à l'escalade
00:41:58des hostilités à Beyrouth
00:41:59officiellement
00:42:00l'objectif est de frapper
00:42:02les positions du Hezbollah
00:42:03mais les destructions
00:42:04s'accumulent
00:42:05et la population civile
00:42:07paye un très lourd tribut
00:42:09les toutes dernières informations
00:42:10du jour
00:42:10avec Katia Gilder
00:42:17les frappes
00:42:18s'intensifient
00:42:19sur Beyrouth
00:42:19à l'aube
00:42:21ce bombardement
00:42:22qui a touché
00:42:23un immeuble
00:42:23en plein centre-ville
00:42:24la capitale libanaise
00:42:26est prise en étau
00:42:27dans les combats
00:42:28entre Israël
00:42:29et le Hezbollah
00:42:29le Liban
00:42:30entraîné
00:42:32dans la guerre
00:42:32le 2 mars dernier
00:42:33lorsque la milice
00:42:35pro-iranienne
00:42:36a lancé
00:42:36des missiles
00:42:37sur l'état hébreux
00:42:38depuis
00:42:38l'armée israélienne
00:42:40mène une vaste campagne
00:42:42de frappes aériennes
00:42:43dans le sud du Liban
00:42:44les chars israéliens
00:42:45pilonnent
00:42:46les bastions du Hezbollah
00:42:47les opérations
00:42:48visent aussi
00:42:49le nord et l'est
00:42:50du pays
00:42:51une frappe
00:42:52sur une maison
00:42:53a fait 7 morts
00:42:54dans ce village
00:42:55proche de la frontière
00:42:56avec la Syrie
00:42:58le président libanais
00:42:59Joseph Aoun
00:43:00a demandé l'aide
00:43:01de la France
00:43:02pour obtenir un cessez-le-feu
00:43:03dès le 5 mars
00:43:04Emmanuel Macron
00:43:05a plaidé auprès
00:43:06de Benyamin Netanyahou
00:43:08pour arrêter
00:43:08la guerre au Liban
00:43:09en vain
00:43:10je vais ici rappeler
00:43:13toute l'importance
00:43:13que nous attachons
00:43:14à la sécurité
00:43:15de nos forces
00:43:16sur le terrain
00:43:16et redire donc
00:43:18combien nous sommes
00:43:18aux côtés
00:43:19de nos partenaires
00:43:19le Liban
00:43:20premier chef
00:43:21qui veut lutter
00:43:23pour sa sécurité
00:43:24et sa souveraineté
00:43:25a eu des messages
00:43:26extrêmement clairs
00:43:26à l'égard du Hezbollah
00:43:27la population
00:43:29paye un lourd tribut
00:43:30les évacuations
00:43:31succèdent au bombardement
00:43:32déjà plus de 780 000
00:43:35personnes déplacées
00:43:36hébergées
00:43:37dans ces centres
00:43:37d'accueil provisoires
00:43:39nous avons fui
00:43:40notre quartier
00:43:41au sud de Beyrouth
00:43:42je poussais mon bébé
00:43:43dans la poussette
00:43:44nous sommes partis
00:43:45à pied à 2h du matin
00:43:46et avons passé
00:43:47la nuit dehors
00:43:48devant l'urgence
00:43:50la France a annoncé
00:43:51une augmentation
00:43:52de son aide humanitaire
00:43:53ce que nous avons décidé
00:43:55c'est de tripler
00:43:56le volume de l'aide
00:43:57qui arrivera cette semaine
00:43:59cette aide
00:44:00elle atteindra
00:44:0020 tonnes
00:44:01pardon
00:44:0260 tonnes
00:44:02donc 20 fois 3
00:44:0360 tonnes
00:44:04d'aide humanitaire
00:44:05à destination
00:44:06des libanais
00:44:07avec des kits sanitaires
00:44:09des kits d'hygiène
00:44:10des matelas
00:44:11des lampes
00:44:12mais aussi
00:44:13un poste sanitaire mobile
00:44:14Paris apportera aussi
00:44:15un soutien militaire
00:44:16plusieurs dizaines
00:44:18de véhicules blindés
00:44:19seront mis à disposition
00:44:20de l'armée libanaise
00:44:21une armée
00:44:22qui tentait jusque là
00:44:24de surveiller
00:44:24le fragile cessez-le-feu
00:44:25signé le 24 novembre 2024
00:44:28entre le Liban
00:44:29et Israël
00:44:30avec l'appui
00:44:31des casques bleus
00:44:32de l'ONU
00:44:33présent au Liban
00:44:34depuis 1978
00:44:36alors la question
00:44:37qui fâche ce soir
00:44:38la communauté internationale
00:44:40est-elle impuissante
00:44:41à protéger le Liban
00:44:44Bilal Tarabey d'abord
00:44:45que sait-on précisément
00:44:46ce soir
00:44:46des frappes
00:44:47sur Beyrouth
00:44:48ces dernières heures
00:44:50Écoutez comme ça a été dit
00:44:51dans le reportage
00:44:52on a donc cette frappe
00:44:54sur un immeuble
00:44:55de Haïcha Bakkar
00:44:56donc alors c'est dans
00:44:57la partie musulmane
00:44:59sunnite de Beyrouth
00:45:00c'est pour différencier
00:45:02donc ce n'est pas
00:45:02dans la banlieue sud
00:45:04chiite
00:45:04là où se trouve
00:45:05le Hezbollah
00:45:05selon les Israéliens
00:45:07ce serait un appartement
00:45:08dans lequel un responsable
00:45:09du Hamas
00:45:11aurait été localisé
00:45:14selon le voisinage
00:45:15et donc le Murtal
00:45:16ce qu'on appelle un Murtal
00:45:17c'est le maire du quartier
00:45:18selon le maire du quartier
00:45:19là-bas
00:45:19évidemment lui
00:45:20il va dire
00:45:21qu'il n'a jamais
00:45:21entendu parler
00:45:22d'un quelconque membre
00:45:23du Hamas
00:45:24et ça c'est
00:45:25alors parmi toutes
00:45:26les frappes
00:45:27qu'il y a eu
00:45:27donc ça a été dit
00:45:28dans le sud
00:45:29et dans l'est
00:45:30c'est celle
00:45:30qui a marqué
00:45:32parce qu'on est
00:45:33pour le coup
00:45:34dans un endroit
00:45:35géographiquement
00:45:36et symboliquement
00:45:37qui n'a strictement
00:45:38rien à voir
00:45:39avec le Hezbollah
00:45:41Adéa Guyot
00:45:42près de 800 000 déplacés
00:45:44dans quelles conditions
00:45:46sont parties
00:45:46ces personnes
00:45:47et comment vivent-elles
00:45:48aujourd'hui ?
00:45:49ces personnes
00:45:50sont parties
00:45:50en quelques minutes
00:45:52de leur maison
00:45:53il y a maintenant
00:45:53quelques jours
00:45:54elles ont toutes reçu
00:45:55ce fameux SMS
00:45:56des autorités
00:45:57désormais traditionnelles
00:45:58SMS
00:45:59des autorités
00:46:01israéliennes
00:46:02qui invitent les gens
00:46:03à partir
00:46:03en essence
00:46:04partaient ou mouraient
00:46:05c'est ça le choix
00:46:06qui leur est donné
00:46:07et donc
00:46:08ces personnes
00:46:09partent sans rien
00:46:10donc ce que nous voyons
00:46:11nous dans la rue
00:46:12avec CARE
00:46:13mais avec l'ensemble
00:46:13des organisations
00:46:15non gouvernementales
00:46:16qui sont aujourd'hui
00:46:17au travail au Liban
00:46:17et bien ce sont des gens
00:46:18pieds nus
00:46:19en pyjama
00:46:20qui sont partis
00:46:21réellement sans rien
00:46:22donc sans vêtements
00:46:23sans nourriture
00:46:24sans eau
00:46:25sans rien du tout
00:46:27et donc
00:46:27tout le travail
00:46:28aujourd'hui
00:46:29c'est d'abord
00:46:29d'essayer de les loger
00:46:30ça c'est ce que le gouvernement
00:46:32libanais
00:46:33essaye de coordonner
00:46:34en mettant en place
00:46:34des abris d'urgence
00:46:36mais ces abris
00:46:37sont pris d'assaut
00:46:38ils ne sont pas
00:46:39assez nombreux
00:46:40et aujourd'hui
00:46:41nous sommes au chevet
00:46:41d'une population
00:46:42dans la rue
00:46:43dans les voitures
00:46:44dans des abris de fortune
00:46:45à qui nous devons
00:46:46tout donner
00:46:47de la nourriture
00:46:48de l'eau
00:46:49des matelas
00:46:49des couvertures
00:46:50des couches pour berber
00:46:51des couches
00:46:52des serviettes hygiéniques
00:46:53des brosses à dents
00:46:54du savon
00:46:55du shampoing
00:46:56tout
00:46:58vous arrivez à travailler
00:47:00les humanitaires ?
00:47:01oui bien sûr
00:47:01vous savez
00:47:02Caire
00:47:02on est présent au Liban
00:47:04depuis 20 ans
00:47:04et on est présent
00:47:05je pense dans 120 pays
00:47:06dans le monde
00:47:06dans tous les coins
00:47:07les plus chauds du monde
00:47:08y compris à Gaza
00:47:09qui vit aussi
00:47:10quelque chose d'effroyable
00:47:11mais comment on apporte
00:47:12une aide aussi rapide
00:47:14à autant de personnes
00:47:16à la fois ?
00:47:16la question va réellement
00:47:17se poser dans les jours
00:47:18qui viennent
00:47:18les premiers jours
00:47:19on s'organise
00:47:20on fait avec ce qu'on a
00:47:20déjà en stock
00:47:21vous savez le bruit des bottes
00:47:22on l'entend depuis un certain temps
00:47:23nous les humanitaires
00:47:24et de toute façon
00:47:25on est dans l'ensemble
00:47:25de la région
00:47:26donc autant dire
00:47:27qu'on s'est préparé
00:47:28on a des stocks
00:47:29prépositionnés
00:47:30comme on dit
00:47:30donc on fait avec ces stocks
00:47:32aujourd'hui
00:47:32mais réellement
00:47:33on a besoin aujourd'hui
00:47:34d'un sursaut international
00:47:36d'un sursaut de générosité
00:47:38alors la générosité
00:47:39ça passe par la générosité
00:47:41de vous, moi
00:47:41le grand public
00:47:42et ça c'est les appels à dons
00:47:44que nous ONG posons
00:47:45Caire fait un appel à dons
00:47:46mais l'ensemble des ONG
00:47:47mais comment tout un chacun
00:47:49peut vous aider aujourd'hui
00:47:50bien sûr
00:47:51chacun peut vraiment
00:47:52aller sur notre site internet
00:47:53sur le site des ONG
00:47:54faire un don
00:47:55vous savez chaque euro compte
00:47:56dans ce type de crise
00:47:57un euro plus un euro
00:47:59plus un euro
00:47:59on arrive à quelque chose
00:48:00de conséquent
00:48:01mais à côté
00:48:02de la générosité
00:48:05citoyenne
00:48:06et de peuple à peuple
00:48:06en réalité
00:48:07il faut aussi
00:48:08que les états
00:48:09se mobilisent
00:48:10et se mobilisent
00:48:11en libérant immédiatement
00:48:12la France
00:48:13comme les autres
00:48:13des vraies lignes budgétaires
00:48:15vers les ONG
00:48:16qui sommes sur le temps
00:48:17là les 60 tonnes
00:48:18annoncées ce matin
00:48:19par la France
00:48:2060 tonnes d'aide humanitaire
00:48:22c'est un début
00:48:23c'est un début
00:48:24et c'est bienvenu
00:48:24encore une fois
00:48:26véritablement
00:48:26tout est bon à prendre
00:48:27dans une situation
00:48:28comme celle-ci
00:48:29mais c'est un début
00:48:30il faudra soutenir l'effort
00:48:31pour rappel
00:48:32l'année dernière
00:48:33la crise qui avait eu lieu
00:48:34la guerre qui a eu lieu
00:48:36déjà l'année dernière
00:48:37au Liban
00:48:37avait engendré
00:48:39plus de 10 milliards
00:48:40d'euros de dommages
00:48:41pour penser
00:48:42une reconstruction
00:48:44cet argent
00:48:44n'est jamais arrivé au Liban
00:48:45qu'est-ce que ça veut dire
00:48:47concrètement
00:48:47que toutes les infrastructures
00:48:48notamment civiles
00:48:49qui avaient déjà été détruites
00:48:51l'an dernier
00:48:51n'ont jamais été réparées
00:48:52donc les bombardements
00:48:53que l'on voit dans vos images
00:48:55ces bombardements traumatisants
00:48:56pour tous les Libanais
00:48:57que ce soit ceux qui fuient
00:48:58ou ceux qui accueillent
00:48:59ces bombardements aujourd'hui
00:49:00détruisent de nouveau
00:49:02des infrastructures civiles
00:49:03donc l'effort
00:49:04va être long
00:49:05il va demander
00:49:06beaucoup d'efforts financiers
00:49:08et il va demander aussi
00:49:09que les états
00:49:10fassent
00:49:11ce à quoi
00:49:11ils doivent
00:49:12enfin ce que les états
00:49:13doivent faire
00:49:14c'est-à-dire demander
00:49:15un cessez-le-feu
00:49:16et demander
00:49:17le respect
00:49:18de la vie civile
00:49:19dans cette région
00:49:20Adèle Bakawan
00:49:21est-ce que vous arrivez
00:49:22à qualifier
00:49:23ce qui se passe
00:49:24aujourd'hui
00:49:25pour le Liban ?
00:49:27Écoutez
00:49:27oui absolument
00:49:29on a déjà
00:49:31intégré
00:49:32ce qui se passe
00:49:33aujourd'hui
00:49:34au Liban
00:49:35même
00:49:35en Iran
00:49:36dans notre
00:49:37grille de lecture
00:49:38notamment
00:49:38lorsqu'à la fin
00:49:40de 2025
00:49:42on se projetait
00:49:43sur les différents
00:49:44scénarios
00:49:44en cours
00:49:45parce qu'on venait
00:49:46sortir de la guerre
00:49:47des 12 jours
00:49:48avant la guerre
00:49:49des 12 jours
00:49:50le 7 octobre
00:49:51est passé par là
00:49:52tout ce qui se passe
00:49:53aujourd'hui
00:49:53en Iran
00:49:54en Syrie
00:49:55au Liban
00:49:56ce sont les conséquences
00:49:57du 7 octobre
00:49:58le point de réputation
00:49:59c'est le 7 octobre
00:50:00il faut toujours garder
00:50:01ça en tête
00:50:02qu'est-ce qui se passe
00:50:03aujourd'hui
00:50:03au Liban
00:50:06il y avait
00:50:06la guerre
00:50:07des 12 jours
00:50:08avant
00:50:09il y avait
00:50:09la guerre
00:50:10entre le Hezbollah
00:50:11et Israël
00:50:12Israël a
00:50:13lourdement
00:50:14frappé le Hezbollah
00:50:15selon les données
00:50:16factuelles
00:50:16qu'on dispose
00:50:17dans notre
00:50:17observatoire
00:50:18Liban
00:50:19on a à peu près
00:50:2180%
00:50:22des infrastructures
00:50:23militaires
00:50:24du Hezbollah
00:50:24détruites
00:50:25on a
00:50:2695%
00:50:27des cadres
00:50:28dirigeants
00:50:28du premier niveau
00:50:29Hezbollah
00:50:30décapités
00:50:31il reste
00:50:33ce qu'il reste
00:50:33c'est vraiment
00:50:35la troisième
00:50:36la quatrième génération
00:50:37du Hezbollah
00:50:37qui est en guerre
00:50:38et les moyens
00:50:40militaires
00:50:40déployés
00:50:41ce sont
00:50:42les 20%
00:50:43qui restent
00:50:43pendant un an
00:50:45le gouvernement
00:50:46libanais
00:50:47l'état
00:50:48libanais
00:50:48a déployé
00:50:49tous les moyens
00:50:50pour convaincre
00:50:51le Hezbollah
00:50:52à se normaliser
00:50:54à se libaniser
00:50:55et à se désolidariser
00:50:57avec les
00:50:58Pazdaran
00:50:58avec les gardiens
00:50:59de la république
00:51:00islamique d'Iran
00:51:00le Hezbollah
00:51:02a joué avec le temps
00:51:03le Hezbollah
00:51:03n'a jamais
00:51:04accepté cela
00:51:05c'est pourquoi
00:51:06aujourd'hui
00:51:07et même
00:51:08pendant cette guerre
00:51:08là
00:51:09la totalité
00:51:10des libanais
00:51:11des autres
00:51:12partis libanais
00:51:13maronites
00:51:14sunnites
00:51:15druzes
00:51:15etc
00:51:16ils ont déployé
00:51:17des moyens
00:51:18énormes
00:51:18pour convaincre
00:51:19le Hezbollah
00:51:20à ne pas
00:51:20entrer
00:51:21dans cette guerre
00:51:22là
00:51:22à ne pas
00:51:22entraîner
00:51:23le Liban
00:51:24dans cette guerre
00:51:24là
00:51:24parce que
00:51:25le Liban
00:51:25est déjà
00:51:26un état
00:51:27en situation
00:51:28de faillite
00:51:29jetée à Beyrouth
00:51:30vous avez
00:51:30un ministre
00:51:31avec deux ou trois
00:51:32collaborateurs
00:51:33dans le ministère
00:51:34il n'y a rien
00:51:34aujourd'hui
00:51:35on a un million
00:51:37de déplacés
00:51:37en cours
00:51:38cet état
00:51:38ne peut pas
00:51:39prendre
00:51:39cette population
00:51:40en charge
00:51:41donc ils savaient
00:51:42déjà que l'état
00:51:43était structurellement
00:51:45à terre
00:51:46alors malgré ça
00:51:47ils ont obéi
00:51:48à l'ordre
00:51:49d'un autre état
00:51:50qui n'est pas arabe
00:51:51et qui vient
00:51:51de l'extérieur
00:51:52je voyais la une
00:51:53cette semaine
00:51:53de l'Orient
00:51:54le jour
00:51:54je ne sais pas
00:51:54si on peut la voir
00:51:55le Hezbollah
00:51:56suicide le Liban
00:51:57oui oui absolument
00:51:58et donc pour moi
00:51:59on va vers
00:52:00le scénario
00:52:01le Hezbollah
00:52:02n'a plus le choix
00:52:03là c'est la fin
00:52:04d'un cycle
00:52:04le premier scénario
00:52:05c'est que le Hezbollah
00:52:07accepte sa normalisation
00:52:09sa libanisation
00:52:10son intégration
00:52:11comme n'importe quel
00:52:13parti politique
00:52:13au champ
00:52:14du champ politique
00:52:15libanais
00:52:16il a déjà
00:52:17deux ministères
00:52:18deux ministres
00:52:19il a des députés
00:52:20à l'Assemblée nationale
00:52:21et donc dans ce cas là
00:52:22il n'y aura plus
00:52:23un parti
00:52:23contre l'état
00:52:24et contre la société
00:52:25et qui entraîne
00:52:26le pays
00:52:27dans des guerres
00:52:28de suicide
00:52:29ou bien
00:52:30le deuxième scénario
00:52:31ce qui est pire
00:52:32et je pense que
00:52:33ce scénario
00:52:33est beaucoup plus probable
00:52:35que le premier
00:52:36c'est que le Hezbollah
00:52:37se transforme
00:52:39en une organisation
00:52:41terroriste
00:52:42du type
00:52:42Daesh
00:52:43et Al-Qaïda
00:52:44désormais
00:52:46on n'aura plus
00:52:47un Hezbollah
00:52:48qui a
00:52:49le territoire
00:52:50la population
00:52:51des institutions
00:52:52mais un terrorisme
00:52:54du type
00:52:54Al-Qaïda
00:52:55qui se diffuse
00:52:56un peu partout
00:52:56à l'échelle planétaire
00:52:57ça pose la question
00:52:58de ce que doit faire
00:53:00le gouvernement libanais
00:53:01ça fait
00:53:02depuis les années 80
00:53:03que l'Iran
00:53:04soutient militairement
00:53:05la branche armée
00:53:06du Hezbollah
00:53:06et alimente
00:53:07cette guerre
00:53:08et alimente aussi
00:53:09cette situation
00:53:11jamais l'Iran
00:53:12n'a été aussi
00:53:13déstabilisé
00:53:14militairement
00:53:14est-ce que ça n'est pas
00:53:16là l'occasion
00:53:18inédite
00:53:18pour le gouvernement
00:53:19libanais
00:53:21de militairement
00:53:23désarmer
00:53:23annihiler
00:53:24la branche militaire
00:53:25du Hezbollah
00:53:26c'est une question
00:53:26très très importante
00:53:27pour trois raisons
00:53:29la première raison
00:53:30l'autoroute
00:53:31est coupée
00:53:31entre Téhéran
00:53:32et Beyrouth
00:53:33auparavant
00:53:34on passait par
00:53:35Téhéran
00:53:35pour arriver à Bagdad
00:53:36passer par Damas
00:53:38pour arriver à Beyrouth
00:53:39désormais
00:53:40la Syrie
00:53:40est
00:53:41s'unifiée
00:53:42si vous voulez
00:53:43dans les mains
00:53:44d'un gouvernement
00:53:45pro-occidental
00:53:46pro-américain
00:53:47donc
00:53:47ils ne peuvent pas
00:53:48passer leurs armes
00:53:50pour arriver à Hezbollah
00:53:51un
00:53:51deux
00:53:52la République islamique
00:53:53nous diront
00:53:53qu'il y a une économie
00:53:55déjà à terre
00:53:56nous ne pouvons plus
00:53:56financer le Hezbollah
00:53:58trois
00:53:58vous avez un gouvernement
00:54:00libanais
00:54:00pour la première fois
00:54:01qui a interdit
00:54:02officiellement
00:54:03les activités militaires
00:54:04de Hezbollah
00:54:05c'est sans précédent
00:54:07et donc
00:54:08je pense que
00:54:09le moment est venu
00:54:10c'est le moment idéal
00:54:11c'est maintenant
00:54:12ou jamais
00:54:12pour que ce gouvernement là
00:54:14avec l'aide
00:54:15de la communauté internationale
00:54:16donc qu'il ne demande pas
00:54:17à cesser le feu
00:54:18mais qu'il fasse la guerre
00:54:19ce gouvernement
00:54:19c'est ça votre raisonnement
00:54:21alors moi mon raisonnement
00:54:22c'est quoi
00:54:22c'est que cette occupation
00:54:23israélienne
00:54:24ne nous tient pas
00:54:25Israël ne peut pas
00:54:26aller jusqu'à Beyrouth
00:54:27Israël
00:54:28n'est pas permis
00:54:29n'a pas la permission
00:54:30n'a pas l'autorisation
00:54:32n'a pas le droit
00:54:33à aller occuper Beyrouth
00:54:35maintenant
00:54:36avec la pression
00:54:37j'ai dit bien
00:54:38la pression sérieuse
00:54:39parce que franchement
00:54:40franchement
00:54:40on parle de la communauté internationale
00:54:42je ne souhaite pas
00:54:43nommer un état
00:54:44on avait un envoyé spécial américain
00:54:47un envoyé spécial
00:54:48imirien
00:54:48un envoyé spécial
00:54:49saoudien
00:54:49un envoyé spécial
00:54:50français
00:54:51les quatre étaient
00:54:53en même temps
00:54:53à Beyrouth
00:54:54ils n'ont jamais
00:54:56mis suffisamment
00:54:57en place
00:54:57des moyens
00:54:58pour que le gouvernement
00:54:59libanais
00:54:59puisse désarmer le Hezbollah
00:55:01Adèle Bakawan
00:55:01vous vouliez intervenir
00:55:02oui non
00:55:04c'est à dire que
00:55:05sur cette idée
00:55:06que pourquoi le gouvernement
00:55:07ne désarme pas le Hezbollah
00:55:10pourquoi l'armée n'y va pas
00:55:11il faut quand même
00:55:12recontextualiser
00:55:13un tout petit peu ça
00:55:14d'abord
00:55:15je rappelle qu'on était
00:55:16dans un processus
00:55:17de cesser le feu
00:55:17après déjà
00:55:19une guerre
00:55:20et dans ce processus
00:55:21de cesser le feu
00:55:23duquel par ailleurs
00:55:24la France était
00:55:25un pays observateur
00:55:26il y avait
00:55:27le désarmement du Hezbollah
00:55:28et que le désarmement
00:55:30du Hezbollah
00:55:30et bien
00:55:31il avait commencé
00:55:32parce que là
00:55:33figurez-vous
00:55:33que dans l'histoire
00:55:34il faut remonter
00:55:35peut-être jusqu'à Rafi Kariri
00:55:37et encore
00:55:37le contexte
00:55:38n'était pas le même
00:55:38puisqu'il y avait
00:55:39l'occupation de la Syrie
00:55:40pour trouver un gouvernement
00:55:42autant anti-Hezbollah
00:55:44que le gouvernement
00:55:45qui est en place au Liban
00:55:46depuis un certain temps
00:55:47donc le désarmement
00:55:49il avait lieu
00:55:50simplement
00:55:51on aimerait tous
00:55:52vivre dans un monde parfait
00:55:53mais ça n'est pas le cas
00:55:54le Liban
00:55:54est compliqué
00:55:55et que
00:55:56moi vous savez
00:55:57j'ai des sources
00:55:58dans l'armée libanaise
00:55:58qu'est-ce qu'elles m'ont dit ?
00:55:59Elles m'ont dit
00:56:00nous on arrive
00:56:01on sait où sont
00:56:02les armes
00:56:03alors quand on dit
00:56:03les armes du Hezbollah
00:56:04on parle des armes lourdes
00:56:05parce qu'au Liban
00:56:06tout ce qui est arme
00:56:07légère entre guillemets
00:56:09type Kalachnikov
00:56:10est plus petit
00:56:11c'est un petit peu répandu
00:56:13juste pour vous donner
00:56:14cet exemple
00:56:14pour que vous compreniez
00:56:15vraiment concrètement
00:56:15ce qui se passe
00:56:16ces gens-là dans l'armée
00:56:17nous disent
00:56:18non on arrive dans un centre
00:56:19où on sait qu'il y a
00:56:19par exemple
00:56:20des lances-roquettes
00:56:21et des mines du Hezbollah
00:56:22et là d'un seul coup
00:56:23il y a les femmes
00:56:24et les enfants d'un village
00:56:25qui font barrage
00:56:25qu'est-ce qu'on fait ?
00:56:27Mais voilà
00:56:27la question que j'allais vous poser
00:56:29c'est est-ce que l'armée libanaise
00:56:30elle est bien au clair aussi
00:56:31face au désarmement
00:56:32du Hezbollah ?
00:56:33Mais je vous pose la question
00:56:34parce que le commandant
00:56:35en chef des armées
00:56:36lui-même a dit
00:56:37il y a quelques jours
00:56:37qu'il refuserait
00:56:38d'employer la manière forte
00:56:39pour désarmer le Hezbollah
00:56:40la question induite
00:56:42c'est aussi
00:56:42est-ce qu'il y a un risque
00:56:44de guerre civile aujourd'hui ?
00:56:46Je crois que le Premier ministre
00:56:47Sébastien Lecornu
00:56:48a prononcé l'expression
00:56:50cet après-midi
00:56:51lors de la réunion
00:56:51avec les dirigeants
00:56:52des partis en France
00:56:53Dans la tête
00:56:54de tous les Libanais
00:56:56et de tous les Libanais
00:56:57ce qui soit même d'ailleurs
00:56:58partisans du Hezbollah également
00:56:59il y a le risque
00:57:00de la guerre civile
00:57:01c'est-à-dire que là
00:57:02si vous voulez
00:57:03depuis la fin de la
00:57:04ce qu'on appelle
00:57:04la fin de la guerre civile
00:57:05au Liban
00:57:05on est dans un état
00:57:06de paix armée
00:57:09c'est une paix
00:57:10de facto
00:57:11mais qui n'attend
00:57:12qu'une demi-étincelle
00:57:13pour reprendre
00:57:13et c'est pour ça
00:57:14qu'il faut négocier
00:57:15alors oui c'est long
00:57:16ça veut dire qu'il faut négocier
00:57:18avec chaque famille
00:57:19qui a des gens
00:57:19qui font partie du Hezbollah
00:57:20avec chaque village
00:57:22qui abrite un entrepôt d'armes
00:57:23avec et c'est très long
00:57:24ça a commencé
00:57:25avec la frontière sud
00:57:26le chef de l'armée
00:57:27donc le même
00:57:28Rodolphe Haïkal
00:57:29dont vous parlez
00:57:30a déclaré tout à l'heure
00:57:31qu'il s'engageait
00:57:32à assurer la sécurité militaire
00:57:34via l'armée libanaise
00:57:36de tout le sud du Liban
00:57:37donc cette fameuse zone
00:57:38dont on parle
00:57:38au sud du fleuve Litanie
00:57:40pour nous peut-être
00:57:41que vu de France
00:57:42ou vu d'Occident
00:57:43ou allons-y
00:57:44même vu d'Israël
00:57:45ça apparaît pas grand chose
00:57:46mais du point de vue libanais
00:57:48ce sont des choses
00:57:49qui font partie
00:57:49de l'établissement
00:57:50de l'autorité de l'Etat
00:57:51et ce sont des pas
00:57:52qui sont historiques
00:57:55depuis ces dernières années
00:57:56et là moi
00:57:57je voudrais juste
00:57:57finir là-dessus
00:57:58parce que c'est une question
00:57:59ouverte à laquelle
00:57:59figurez-vous
00:58:00que moi-même
00:58:00je n'ai pas la réponse
00:58:01quel est le but
00:58:02de déclarer
00:58:04Washington déclare aujourd'hui
00:58:05qu'elle souhaite
00:58:05la démission
00:58:06de Rodolphe Haïkal
00:58:07par exemple du chef de l'armée
00:58:08parce qu'elle trouve
00:58:08qu'il n'en fait pas assez
00:58:10alors moi je veux bien
00:58:12mais quel est
00:58:13le but en fait
00:58:16le but
00:58:17c'est une très très bonne question
00:58:18le but c'est que
00:58:19est-ce qu'on souhaite
00:58:21un État
00:58:21ou pas au Liban
00:58:22est-ce qu'on souhaite
00:58:25avoir une société
00:58:26ou pas
00:58:26dans les années 80
00:58:2975
00:58:30jusqu'à 89
00:58:3290
00:58:33on pouvait parler
00:58:34d'une guerre civile
00:58:35parce que
00:58:35tout le monde
00:58:36était engagé
00:58:36toutes les communautés
00:58:38sunnites
00:58:39maronites
00:58:39chiites
00:58:40etc
00:58:40mais aujourd'hui
00:58:42la totalité
00:58:43des partis politiques
00:58:44ont accepté
00:58:45grâce aux accords
00:58:46de Taïf
00:58:46de s'intégrer
00:58:47dans le champ politique
00:58:48ils ont rendu
00:58:49tous leurs armes
00:58:50sauf
00:58:51le Hezbollah
00:58:52le Hezbollah
00:58:53est face
00:58:54à une question
00:58:54existentielle
00:58:56vous voulez
00:58:56le Liban
00:58:57ou les Pazdarans
00:58:58vous voulez
00:58:59la république
00:58:59libanaise
00:59:00ou la république
00:59:01islamique
00:59:02d'Iran
00:59:02d'accord
00:59:03on sait tous
00:59:04qu'en 1982
00:59:05ce sont les Pazdarans
00:59:06qui ont créé
00:59:07deux organisations
00:59:08miliciennes
00:59:08une au Irak
00:59:10qui s'appelle
00:59:10Badr
00:59:11l'autre au Liban
00:59:12qui s'appelle
00:59:13le Hezbollah
00:59:13mais le monde
00:59:15a changé
00:59:16la république
00:59:16islamique
00:59:17elle-même
00:59:17a changé
00:59:18j'ai discuté
00:59:19récemment
00:59:19avec beaucoup
00:59:20beaucoup de
00:59:21diplomates
00:59:22iraniens
00:59:22qui nous disaient
00:59:23mais c'est fini
00:59:24pour nous
00:59:25l'axe de la résistance
00:59:26nous sommes désormais
00:59:27dans le nationalisme
00:59:28iranien
00:59:28on se concentre
00:59:30sur les Irans
00:59:30vous vous souvenez
00:59:31des slogans
00:59:32des manifestants
00:59:33ni Gaza
00:59:34ni Liban
00:59:35je me sacrifie
00:59:39pour l'Iran
00:59:40et ça c'est un discours
00:59:41même au sein du régime
00:59:42on l'attend
00:59:42donc maintenant
00:59:43le Hezbollah
00:59:44doit répondre
00:59:45à cette question
00:59:46le Liban
00:59:47ou l'Iran
00:59:48un tout dernier mot
00:59:49Adéa Guy
00:59:50juste je reprends
00:59:52des éléments
00:59:52de ce que je viens
00:59:53d'entendre
00:59:53nous ce qu'on observe
00:59:54en tant qu'humanitaire
00:59:55aujourd'hui
00:59:55c'est d'abord
00:59:55une solidarité
00:59:56au sein de ce peuple
00:59:57ce que l'on voit
00:59:58nous
00:59:59c'est que toute
01:00:00communauté confondue
01:00:01les Libanais
01:00:01vivent la même chose
01:00:02il y a ceux qui fuient
01:00:03ceux qui accueillent
01:00:04mais il y a bien
01:00:04ceux qui accueillent
01:00:05et ceux qui sont
01:00:06dans la rue
01:00:06aujourd'hui
01:00:07en train de donner
01:00:08à manger
01:00:08à ceux qui ont fui
01:00:09donc toutes ces considérations
01:00:11sont évidemment graves
01:00:12et sérieuses
01:00:12et doivent être évoquées
01:00:13mais rappelons quand même
01:00:14il y a une solidarité
01:00:15au sein de ce peuple réel
01:00:17aujourd'hui
01:00:17ce que l'on observe
01:00:18nous c'est que
01:00:19tous les Libanais
01:00:19ont peur
01:00:20tous les Libanais
01:00:21ne dorment pas
01:00:22tous les Libanais
01:00:22entendent les bombes
01:00:23tous les Libanais
01:00:24vivent la vie dictée
01:00:25par ces drones
01:00:26qui survolent leur ciel
01:00:27et cherchent d'abord
01:00:29à céder les uns les autres
01:00:31Merci en tout cas
01:00:31à tous les trois
01:00:32d'être venus en parler
01:00:33ce soir sur le plateau
01:00:34de chaque voix compte
01:00:35tout de suite
01:00:35c'est journal de campagne
01:00:36parce que nous sommes
01:00:37à quatre jours
01:00:38du premier tour des municipales
01:00:39et c'est Marco Pommier
01:00:39qui arrive
01:00:45Marco, qu'est-ce que vous me faites ?
01:00:47Vous transformez le plateau
01:00:48en isoloir ?
01:00:49Pourquoi ces deux urnes ?
01:00:51Parce que j'avais bien envie
01:00:51de vous expliquer ce soir
01:00:53comment allait se dérouler
01:00:53le scrutin de dimanche
01:00:54à Paris, Lyon et Marseille
01:00:56PLM
01:00:57Oui, parce que ça va être particulier
01:00:59Oui, parce qu'avant
01:01:00les Parisiens, les Lyonnais
01:01:02les Marseillais
01:01:02n'avaient pas le sentiment
01:01:03de vraiment choisir
01:01:05leur maire
01:01:05aujourd'hui ça change
01:01:06après l'adoption
01:01:08d'une réforme
01:01:09du code électoral
01:01:10dimanche
01:01:11vous voterez plusieurs fois
01:01:12dans le même bureau de vote
01:01:14dans ces trois villes
01:01:14à Paris et Marseille
01:01:16il y aura deux votes
01:01:17un premier
01:01:18pour élire les conseillers
01:01:20de votre arrondissement
01:01:21ou de votre secteur
01:01:22ça, ça ne change pas
01:01:23vous irez en fait
01:01:25dans l'isoloir
01:01:26vous glisserez le bulletin
01:01:28que vous souhaitez
01:01:28dans cette enveloppe bleue
01:01:30et puis ensuite
01:01:30vous le mettrez dans l'urne
01:01:32ça, c'est le premier vote
01:01:33A voter
01:01:33Ce qui change en revanche
01:01:35c'est qu'ensuite
01:01:36vous irez voter
01:01:36une deuxième fois
01:01:38dans un autre isoloir
01:01:39pour choisir directement
01:01:41les conseillers municipaux
01:01:42de toute la ville
01:01:43ceux qui vont élire
01:01:44le maire
01:01:45in fine
01:01:45comme dans les autres
01:01:46communes en France
01:01:47finalement
01:01:48cette fois
01:01:48l'enveloppe
01:01:49que vous mettrez
01:01:50dans l'urne
01:01:51elle sera beige
01:01:52Mais il faudra
01:01:53changer d'isoloir
01:01:54il faut aller prendre
01:01:54d'autres bulletins
01:01:55Oui, il y aura un vrai
01:01:56petit parcours
01:01:56Là, vous me parlez
01:01:57de Paris et Marseille
01:01:58mais il y a Lyon aussi
01:01:59c'est pas la même chose ?
01:02:00Non, il y aura
01:02:00trois votes à Lyon
01:02:02un pour la ville
01:02:03un pour votre arrondissement
01:02:04et le troisième
01:02:05pour la métropole de Lyon
01:02:07qui gère là-bas
01:02:08les transports
01:02:09les grands projets
01:02:09trois isoloirs
01:02:11trois votes distincts
01:02:12mais je n'ai pas emmené
01:02:13la troisième
01:02:13parce qu'il n'y aurait
01:02:13plus de place
01:02:14sur le bureau
01:02:14et je l'enlève
01:02:16bien sûr
01:02:18Vous vouliez nous parler
01:02:18aussi de l'élection
01:02:21municipale à Montpellier
01:02:22parce qu'il y a un candidat
01:02:23qui brigue pour la deuxième
01:02:24fois la mairie
01:02:25on le connaît un peu
01:02:27Oui, si je vous dis
01:02:28c'est en faisant n'importe quoi
01:02:29qu'on devient n'importe qui
01:02:30C'est Rémi Gaillard
01:02:32C'est la devise
01:02:33de cet humoriste
01:02:35légende du web
01:02:36dans les années 2000
01:02:36connu pour ses canulars
01:02:38souvenez-vous
01:02:56Rémi Gaillard donc
01:02:58candidat pour devenir maire
01:03:00à Montpellier
01:03:01à la tête d'une liste
01:03:02qui s'appelle
01:03:03Yes, Oui, Clown
01:03:04sauf que le clown Gaillard
01:03:06il arrive jaune
01:03:07parce que la préfecture
01:03:08a refusé de distribuer
01:03:10ses professions de foi
01:03:12celles que vous voyez
01:03:13sur votre écran
01:03:13en l'occurrence
01:03:14la raison invoquée
01:03:16un risque de confusion
01:03:18avec les couleurs
01:03:19du drapeau tricolore
01:03:20Sauf qu'il avait attaqué
01:03:21la décision en justice
01:03:22et ça a donné quoi alors ?
01:03:23Eh bien c'était hier ça
01:03:25et le tribunal administratif
01:03:26lui a donné raison
01:03:28pas de confusion
01:03:29avec l'emblème national
01:03:30je cite
01:03:31le tribunal ordonne même
01:03:33que les électeurs
01:03:34de Montpellier
01:03:35reçoivent les documents
01:03:36de campagne
01:03:37du candidat
01:03:38Rémi Gaillard
01:03:39qui se présente
01:03:39comme un farouche
01:03:40opposant au maire
01:03:42socialiste sortant
01:03:43Mickaël Delafosse
01:03:44candidat à sa réélection
01:03:4511 autres candidats
01:03:46se sont déclarés
01:03:47au municipal de Montpellier
01:03:48vous les voyez
01:03:49sur votre télé
01:03:50C'est très important
01:03:51d'aller voter dimanche
01:03:52tellement important
01:03:52que pour mobiliser
01:03:54l'électorat
01:03:55le gouvernement
01:03:56n'hésite pas
01:03:57à trouver des partenaires
01:03:59particuliers
01:04:00Vous connaissez sûrement
01:04:01peut-être
01:04:01Tinder, Happn
01:04:03ces applications
01:04:04de rencontres
01:04:05où l'on rencontre
01:04:06l'amour
01:04:06ou l'âme sœur
01:04:07qui sait
01:04:07mais aussi
01:04:08l'envie
01:04:09d'aller voter
01:04:10ces applis
01:04:12de campagne
01:04:13ces applis
01:04:13elles lancent
01:04:14des campagnes
01:04:14plutôt de sensibilisation
01:04:15intégrées directement
01:04:17dans les plateformes
01:04:18pour inciter
01:04:19les jeunes
01:04:19à se rendre
01:04:20aux urnes
01:04:21dimanche prochain
01:04:22alors vous allez voir
01:04:23une pub de Tinder
01:04:24elle va s'afficher
01:04:25vous la voyez
01:04:25week-end
01:04:26avec ton crush
01:04:27le 15
01:04:27ou le 22 mars
01:04:29évite le goumin
01:04:30post-élection
01:04:30allons voter
01:04:31alors le goumin
01:04:32pour ceux qui ne connaissent pas
01:04:33c'est le chagrin d'amour
01:04:35une façon de dire
01:04:36évite les regrets
01:04:37Happn lui
01:04:38va droit au but
01:04:39vous allez la voir
01:04:40cette pub
01:04:41tu cherches
01:04:41un plan
01:04:42pro-cul
01:04:43référence à la procuration
01:04:44bien sûr
01:04:45merci j'ai eu peur
01:04:46ces campagnes
01:04:47c'est le fruit d'un partenariat
01:04:48donc entre le gouvernement
01:04:49et ses sites
01:04:50c'est officiel
01:04:51oui oui
01:04:51il n'y a pas que Tinder
01:04:53ou Happn d'ailleurs
01:04:53il y a aussi
01:04:54Blablacar
01:04:55Le Bon Coin
01:04:55Bolt
01:04:56ou encore
01:04:56l'application
01:04:57WeWard
01:04:58alors bien sûr
01:04:59on a demandé aux jeunes
01:05:00ce qu'ils en pensaient
01:05:01certains connaissaient
01:05:03les pubs
01:05:04d'autres pas
01:05:05petit rappel quand même
01:05:06en 2020
01:05:0772%
01:05:08des 18-34 ans
01:05:09ne s'étaient pas déplacés
01:05:11au premier tour
01:05:11des municipales
01:05:12alors il y avait un contexte
01:05:13c'était le Covid
01:05:14le début
01:05:14de la pandémie
01:05:16le gouvernement
01:05:17qui s'adresse aux jeunes
01:05:18mais pas que
01:05:18regardez cette communication
01:05:21sur les réseaux sociaux
01:05:22chaque voix
01:05:23contre
01:05:24ça me dit quelque chose
01:05:25chaque voix contre
01:05:26c'est un peu le nom de notre émission
01:05:27bah oui c'est un peu
01:05:28le nom de notre émission
01:05:28merci infiniment Marco
01:05:30merci à tous les trois
01:05:31d'avoir été ce soir
01:05:32sur le plateau
01:05:32de chaque voix contre
01:05:33merci Olivier
01:05:34et merci Lou
01:05:35on vous lit demain
01:05:35dans Paris Match
01:05:36voilà une demain
01:05:38de Paris Match
01:05:38Adriana Carambe
01:05:39avec sa mère et sa fille
01:05:41et sa nouvelle courte
01:05:42ce sera demain
01:05:42dans Paris Match
01:05:43et un petit reportage
01:05:44parce qu'on parle
01:05:44des élections municipales
01:05:45je vous rappelle
01:05:46que la soirée électorale
01:05:48sera à suivre sur la 8
01:05:49Public Sénat
01:05:50et LCP s'associent
01:05:51pour vous faire vivre
01:05:52les résultats
01:05:52de ce premier tour
01:05:54d'abord
01:05:55on va commencer
01:05:55par le premier tour
01:05:56le second tour
01:05:57le 22 mars
01:05:58merci infiniment
01:05:59de nous avoir suivi
01:06:00cette émission
01:06:00est rediffusée
01:06:01tout à l'heure
01:06:01à 23h30
01:06:02vous la retrouvez aussi
01:06:02sur lcp.fr
01:06:03et sur les plateformes
01:06:04de podcast
01:06:05dans un instant
01:06:06c'est des ByteDocs
01:06:07et Jean-Pierre Grassien
01:06:07passez une excellente soirée
01:06:09sur la 8
01:06:10à demain
01:06:1119h30
01:06:11et sur les plateformes
01:06:27et sur les plateformes
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