Skip to playerSkip to main content
  • 5 hours ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00Et nous sommes avec Gilbert Ashkart, professeur en études du développement et relations internationales à l'école des études orientales
00:06et africaines de l'université de Londres.
00:08Gilbert Ashkart, bonsoir. Merci beaucoup d'être avec nous sur France 24.
00:12Les Etats-Unis affirment que le pouvoir iranien se fait complètement anéantir.
00:17C'est ce qu'a dit tout à l'heure la Maison Blanche.
00:19Mais est-ce que toutes ces frappes, sans troupes au sol, vont suffire à faire tomber le régime iranien ?
00:27Je ne crois pas que ce que cherche Washington, c'est faire tomber le régime iranien.
00:32Mais le faire plier, le faire capituler politiquement, le forcer à collaborer avec les Etats-Unis, à accepter les désidératas
00:46de Washington, oui.
00:47Et de ce point de vue-là, la pression militaire est très forte.
00:51Les capacités de résistance et de riposte de l'Iran semblent s'amenuiser.
00:59Donc tout va dépendre de ce qui va se passer à l'intérieur du régime iranien aujourd'hui.
01:03Gilbert Ashkart, vous restez avec nous.
01:05On va partir tout de suite à Téhéran, retrouver notre correspondant pour faire un point sur les frappes de la
01:11journée.
01:12Les frappes qui ont lieu en ce moment encore.
01:14Syavosh, bonsoir. Vous êtes dans la capitale iranienne.
01:18Israël annonce lancer une nouvelle vague de frappes sur Téhéran.
01:25Absolument. Il y a des frappes dans la partie de l'ouest de la capitale, dans le quartier vraiment à
01:30l'ouest, très loin de chez moi, une vingtaine de kilomètres.
01:34Plusieurs frappes dans ces quartiers, donc à la périphérie de la capitale iranienne.
01:39Ensuite, il y a des frappes également dans la ville voisine Islamchar qui est collée à Téhéran.
01:45D'autres frappes ont également eu lieu contre une base militaire autour de la ville de Qom, qui est située
01:52à 100 kilomètres dans le sud de Téhéran.
01:55De même que des frappes sur d'autres villes de province, dans la partie occidentale du pays,
02:00comme les villes de Bandarabas ou Kermacha qui ont été frappées de nouveau, ou encore Tabriz dans le nord-ouest.
02:09Donc les frappes continuent, mais le sud de Téhéran qui a été lourdement frappé hier, avec beaucoup de victimes civiles,
02:17pour l'instant n'a pas été bombardé ou touché de nouveau.
02:22Ce sont ce matin plutôt des zones périphériques de Téhéran, là où il y a des installations militaires,
02:29des bases des gardiens de la Révolution ou encore des bases de l'armée ou de la ministre islamique
02:35qui ont été touchées et frappées très lourdement.
02:38Par exemple, dans le quartier de l'Avisan qui se trouve à l'est de la capitale,
02:43il y a eu une quarantaine de détonations en moins de cinq minutes.
02:48Donc une attaque très très importante contre les installations militaires de Téhéran.
02:54Il y a énormément de frappes, Gilbert Achkar vient de nous dire,
02:59Syavosh Ghazi depuis Téhéran, des frappes qui s'intensifient depuis samedi.
03:03Donald Trump, vous nous avez dit, ne cherche pas vraiment à faire tomber le régime iranien,
03:09mais est-ce qu'il ne tape pas sur un retournement plutôt d'une partie de l'appareil iranien ?
03:15Est-ce que c'est réaliste ?
03:19Je ne sais pas si c'est réaliste, mais une chose est certaine,
03:23c'est qu'il y a une grande différence entre ce que fait aujourd'hui Washington en Iran
03:31et ce qui a été fait il y a quelques semaines au Venezuela.
03:37Au Venezuela, ils avaient tout préparé, ils avaient les contacts qu'il fallait au sein de l'appareil,
03:43au sein du régime, et tout s'est passé comme vous avez pu le voir.
03:48Eh bien, en Iran, ce n'est pas du tout la même configuration.
03:52Et c'est un peu, si vous voulez me permettre une expression un peu prosaïque,
03:58mais c'est un peu au petit bonheur la chance que ça se passe.
04:01C'est-à-dire que Washington a lancé cette très forte offensive en décapitant le régime,
04:08en espérant que ce martèlement militaire va changer l'équilibre des forces au sein de l'appareil du régime iranien
04:17et permettre à ceux que l'on considère comme modérés de prendre le dessus,
04:24d'ouvrir une nouvelle page avec Washington, d'accepter les désidératats de Washington
04:28et d'entamer une ouverture économique et politique envers les États-Unis.
04:34Donc, c'est le calcul qu'ils font, mais ils n'ont aucune certitude.
04:38C'est pour ça qu'ils agissent un peu, comme je vous l'ai dit, un peu, comment dire, à
04:43tâtons dans tout cela.
04:45Et ils donnent cette impression de bafouement et de manque de stratégie claire.
04:51Donald Trump, d'ailleurs, qui tout à l'heure a dit réfléchir au rôle des États-Unis en Iran après
04:56la guerre.
04:57Si à Vosghazi, il y a de nombreuses figures du régime qui ont été tuées depuis samedi.
05:02D'ailleurs, les obsèques de l'Ayatollah Ramenei, elles ont été reportées.
05:06Elles étaient initialement prévues ce soir.
05:08Les États-Unis qui affirment que Mojtaba Ramenei, le fils du guide suprême, pourrait lui succéder.
05:19Alors, tout d'abord, pour les cérémonies qui étaient prévues ce soir, en fait, c'était des cérémonies de deuil
05:23qui étaient prévues pendant trois nuits de suite,
05:27avant les funérailles nationales qui devaient être organisées à Téhéran.
05:32Et ensuite, l'enterrement dans la ville sainte de Machade, dans le nord-est du pays.
05:38Alors, quant à la succession de l'Ayatollah Ramenei, pour l'instant, il y a une procédure qui est engagée,
05:47selon un responsable de l'Assemblée des experts.
05:51La commission qui est chargée de choisir les personnes, de désigner les différents candidats potentiels, a fini son travail.
06:04Et donc, il y a plusieurs noms sur la table, parmi lesquels les membres de l'Assemblée doivent choisir une
06:10personne.
06:11Pour l'instant, ce choix n'a pas été fait.
06:13Et donc, dans les prochains jours, on va connaître la personne qui va succéder à l'Ayatollah Ramenei.
06:24Ce qu'on sait ici à Téhéran, c'est que depuis plusieurs années, l'Ayatollah Ramenei,
06:29qui avait mis en place cette commission pour choisir les différents candidats potentiels,
06:35avait affirmé qu'il n'était pas question, qu'il était hostile à ce que son fils soit choisi pour
06:40lui succéder.
06:40Et donc, la question aujourd'hui est de savoir si cette volonté-là va être respectée par les membres de
06:46l'Assemblée des experts,
06:47ou bien, finalement, ils vont choisir ce Moshtaba Ramenei pour succéder à son père.
06:54Ce qui semble un peu dangereux, parce qu'il y a beaucoup de sensibilité dans la société,
07:00parce qu'à ce moment-là, on va penser qu'il y a un système monarchique qui se met en
07:04place,
07:05et donc ça peut provoquer des réactions au sein de la société.
07:08– Gilbert Ashkar, finalement, est-ce que ce ne sont pas les Iraniens, le peuple iranien,
07:15qui a la solution après cette guerre ?
07:18Est-ce qu'on peut imaginer la population ressortir dans la rue,
07:24malgré, on se souvient de la répression, qu'il y a eu, répression sanglante au mois de janvier ?
07:30– J'aurais souhaité que la population iranienne puisse changer les choses,
07:36mais malheureusement, elle a affaire à un appareil répressif très violent,
07:42qui n'hésite pas à tuer des milliers de personnes, comme on l'a vu récemment.
07:46Et ce n'est pas sous les bombes, vraiment, que les gens peuvent agir.
07:50En tout état de cause, il n'est pas possible de renverser ce régime de manière pacifique.
08:01Il ne cèdera pas la place de manière pacifique, il s'arqueboutera jusqu'au bout.
08:06Et donc, c'est pour ça, d'ailleurs, que les États-Unis misent plutôt sur un changement au sein du
08:12régime,
08:12et non pas un changement de régime.
08:15Et Donald Trump l'a dit encore hier, en présence du chancelier allemand,
08:20il a dit sa préférence pour un changement de l'intérieur du régime.
08:24Il a été très clair, en même temps en expliquant que le fils du chat, à son avis, n'avait
08:29pas les moyens de gouverner.
08:32Donc, c'est vraiment aujourd'hui, c'est pour ça que je vous dis que ce qui va compter,
08:37ce qui va déterminer ce qui va se passer dans les prochains jours,
08:40c'est ce dont votre correspondant vient de parler,
08:44c'est-à-dire ce qui est finalement décidé au niveau de la structure du pouvoir,
08:48et selon s'il s'agit d'un dur ou d'un modéré,
08:53de quelqu'un qui continue sur la position ferme qui a été celle de l'Iran jusqu'à maintenant,
09:00ou quelqu'un qui accepte de transiger avec les États-Unis,
09:03qui accepte les conditions des États-Unis,
09:05un peu comme ça s'est passé au Venezuela après l'enlèvement de Nicolas Maduro.
09:12En tout cas, Siyavosh Ghazi, l'Iran riposte.
09:16Depuis samedi, l'Iran qui a mené des frappes au Kurdistan irakien ce mercredi.
09:25Oui, ça fait partie de la stratégie iranienne.
09:27Des frappes ont été menées contre des bases de groupes kurdes armés d'opposition,
09:33qui sont installées au Kurdistan irakien depuis de nombreuses années,
09:37qui ont des armes, des entraînements armés.
09:43Et donc, il y a eu aujourd'hui encore une frappe aux missiles,
09:46trois missiles qui ont frappé une de ces bases.
09:49Il y avait hier déjà 15 drones qui avaient frappé une autre base d'un autre groupe kurde armé.
09:56Donc, ça fait partie de la stratégie de l'Iran aujourd'hui.
10:00C'est-à-dire qu'on répond, on riposte à tous les ennemis dans la région.
10:06On frappe Israël, mais aussi on frappe les bases américaines dans la région,
10:09ainsi que des opposants intérieurs qui ont des bases à la frontière
10:15et qui mènent des incursions régulièrement ou des actions armées régulièrement.
10:19Donc, ça fait partie de la stratégie de Téhéran de riposté pour montrer
10:23qu'il n'a pas été affaibli par la perte du guide suprême iranien
10:27et qu'il va aller jusqu'au bout, comme cela a été dit encore aujourd'hui
10:30par Aliyah Reggiani, qui a affirmé que Donald Trump payera un prix fort
10:35pour avoir assassiné le guide suprême iranien samedi dernier.
10:40Et Gilbert Hachkar, Donald Trump, il dément ce soir cette information,
10:45mais il y a eu plusieurs informations émanant de la presse américaine,
10:48notamment de CNN, selon lesquelles la CIA commencerait justement
10:52à armer les Kurdes en Irak et en Iran.
10:56L'objectif, ce serait de déclencher une révolte populaire
10:59pour aider à un renversement du régime.
11:04Oui, je crois tout à fait au démenti de Donald Trump.
11:08Je ne crois pas que ce soit vrai.
11:10J'ai vu les rapports de presse, notamment de l'agence Reuters,
11:13qui étaient très hypothétiques.
11:16Et de fait, s'il y a une partie dans cette guerre
11:21qui aurait intérêt à agir de cette façon,
11:26c'est plutôt le côté israélien.
11:29Israël souhaite, il faut le dire clairement,
11:31Israël serait très, très, comment dire, favorablement,
11:40enfin, pour un démantèlement de l'État iranien,
11:45un éclatement de cet État dont près de la moitié de la population
11:49est formée de minorités ethniques.
11:54Et ce n'est pas la position des États-Unis,
11:56ce n'est certainement pas la position des États du Golfe,
11:59et c'est encore moins la position, dès que vous parlez de Kurdistan,
12:02de l'allié des États-Unis, membre de l'OTAN qu'est la Turquie.
12:06Donc, je crois que ce n'est pas du sérieux.
12:10Du point de vue des États-Unis, ce n'est pas ce qu'ils vont faire.
12:14Ils ne s'engageront pas sur une telle voie
12:17dont ils savent qu'elle est rejetée par tous leurs alliés régionaux.
12:22Merci beaucoup Gilbert Hachkar,
12:24professeur en études du développement et relations internationales
12:26à l'École des études orientales et africaines de l'Université de Londres.
12:29Merci également à vous, Siavoj Ghazi.
12:32Merci à vous, Siavoj.
Comments

Recommended