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  • il y a 2 jours

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Transcription
00:00Ici Bourgogne, le réveil 100% local, ici matin.
00:06L'actu évidemment c'est dans 10 jours, le premier tour des municipales, un scrutin particulier cette année.
00:11Il y a quelques changements, de nouvelles règles électorales, parité, panachage notamment.
00:16Et puis, quels sont les enjeux de ce scrutin ? On va décrypter tout ça avec notre invité,
00:20Aurore Granero et maître de conférences en droit public à l'université Dijon-Bourgogne.
00:24Et elle est en studio avec nous aujourd'hui. Bonjour Aurore Granero.
00:27Bonjour. Je vais juste commencer par rappeler les deux principaux changements pour cette élection.
00:32Dans les communes de moins de 1000 habitants, il y a donc la fin du panachage,
00:35c'était ajouter ou supprimer des noms d'une liste, et la parité, autant de femmes que d'hommes dans
00:40chaque liste.
00:41L'idée de départ derrière ces changements était plutôt louable, il s'agissait d'apporter du renouvellement,
00:46de favoriser l'élection des femmes, mais on voit quand même que dans pas mal de communes,
00:50c'est pas facile, est-ce que ça risque pas d'être contre-productif finalement ?
00:54Alors, s'agissant d'abord du panachage, c'est vrai que c'était une liberté qu'on accordait à l
01:01'électeur,
01:01qui pouvait effectivement barrer ou supprimer des noms,
01:06donc qui pouvait composer en fait son conseil municipal un peu librement,
01:09par rapport aux personnes qu'il connaissait et en qui finalement il avait confiance.
01:14Mais de l'autre côté, c'était aussi une pratique très décriée, qu'on surnomme le tir au pigeon.
01:22C'est une image en fait qui renvoie donc au geste mécanique de barrer des noms,
01:25et qui est forcément aussi très mal vécu par ceux qui en sont la cible.
01:29Oui, parfois il pouvait aussi y avoir un peu quelques abus, certains qu'en profitaient un peu.
01:34Et souvent en fait, on s'aperçoit que ce qui était le plus souvent barré,
01:38c'était des personnes qu'on connaissait moins, des personnes nombaldistes,
01:41mais aussi des femmes, ou des personnes éliminées,
01:44non pas en raison de leurs compétences ou de leur intérêt pour la vie de la commune,
01:47mais parce qu'on avait eu une querelle ancienne avec ces personnes.
01:52Donc c'est vrai que c'est une liberté pour les lecteurs qui est supprimée,
01:56mais d'un autre côté aussi c'était une limite pour s'engager dans la vie locale,
02:00puisqu'on avait quand même cette contrainte, est-ce qu'on va ou pas voir son nom rayé ?
02:05En Côte d'Or, finalement, il y a une seule commune qui n'a aucune liste,
02:09mais il y en a quand même 534 qui n'ont, elles, qu'une liste.
02:13Là, ça laisse quand même pas beaucoup de choix aux habitants.
02:16Oui, alors en fait, la réforme, elle a un but au départ,
02:19c'est de privilégier la constitution, on va dire, de liste de projets,
02:23au détriment de la liste de personnes.
02:25C'est-à-dire que, en fait, très souvent, le maire, quand il constituait une liste au départ,
02:29en tout cas la tête de liste, ne connaissait pas forcément les personnes avec qui il allait travailler,
02:34parce qu'il faut un chasseur, parce qu'il faut quelqu'un du hameau, parce qu'il faut un agriculteur,
02:38et au fur et à mesure du temps, des divergences pouvaient apparaître, des tensions,
02:44si bien que, parfois, les maires démissionnaient.
02:47Donc ce qu'on veut éviter, c'est ça, c'est essayer d'avoir une stabilité dès le départ,
02:51avec des listes projets, des listes qui sont constituées autour d'un programme.
02:59Mais aussi, on a rajouté la contrainte, celle de l'obligation de la parité.
03:03Et donc, c'est vrai que c'était déjà difficile avant de constituer des listes pour les petites communes,
03:08maintenant, avec cette obligation en plus de la parité, ça peut apparaître plus difficile.
03:15Vous pensez que ça a pu jouer, que ça fait que, voilà, dans 534 communes,
03:19à la fin, il n'y a qu'une liste ?
03:20Oui, alors, si on regarde les chiffres, parce qu'on a déjà les listes qui ont été déposées fin février,
03:27c'est vrai que, maintenant, on a pratiquement, dans 80% des cas, des communes où il y a une
03:33seule liste.
03:3480% ? C'est des chiffres régionaux, là ?
03:3676% pour la Côte d'Or, je crois, et c'est à peu près le même cas, si je
03:40prends la Franche-Comté, pour le Jura.
03:43Donc, ça veut dire absence de compétition électorale, c'est vrai, pas de choix.
03:48Mais c'était aussi le but de la réforme.
03:52Donc, il ne faut pas pour autant que les citoyens se désengagent de la vie locale
03:57et qu'ils continuent quand même d'aller voter pour ces élections municipales, c'est important.
04:02C'est sûr qu'il va falloir voir aussi, là, c'est la toute première fois que c'est mis
04:05en place,
04:05ça va peut-être prendre quelques années et aussi quelques élections.
04:10L'une des difficultés, l'un des enjeux de cette élection, c'est aussi, vous avez commencé à l'évoquer,
04:15le mandat de maire qui n'attire plus vraiment.
04:17Il y a eu beaucoup de démissions au cours de ce mandat qui s'achève.
04:20Vous, vous avez mené un gros travail sur ces démissions.
04:23Est-ce que, justement, ces mesures, ça peut renforcer cette attractivité ?
04:28Oui, tout à fait, et d'autant plus qu'il y a un statut de l'élu local qui a
04:31été adopté très récemment,
04:33en décembre 2025, qui ajoute de nombreuses dispositions pour, justement, rendre plus attractif le mandat de maire,
04:42notamment une revalorisation des indemnités.
04:44Les indemnités des maires et des adjoints ont été revalorisées de l'ordre de 10% pour les plus petites
04:49communes,
04:50notamment parce que ce sont eux qui sont le plus proche du terrain,
04:54qui n'ont pas forcément de services administratifs pour les aider.
04:57On a d'autres dispositions aussi qui sont très symboliques,
05:01mais qui sont importantes pour les élus, notamment en matière de protection,
05:04parce qu'on a de plus en plus la montée en puissance des incivilités,
05:08voire des menaces et des violences envers les élus.
05:12Donc la protection fonctionnelle est maintenant automatique pour l'ensemble des élus.
05:21Maintenant, ce statut, évidemment, on ne peut pas toujours voir le verre à moitié vide,
05:28mais le problème, c'est qu'il contient beaucoup de dispositions sur les maires,
05:33mais très peu sur l'ensemble du conseil municipal,
05:36et notamment les élus d'opposition,
05:39alors que si on a beaucoup parlé de la démission des maires,
05:42on a aujourd'hui plus de 30 000 démissions de conseillers municipaux.
05:47Et là-dessus, le statut est muet,
05:49alors que la démocratie locale, c'est le maire, c'est sûr,
05:51mais sans conseil municipal, il n'y a pas d'équipe municipale.
05:55Vous le dites, il y a encore quelques améliorations peut-être à faire.
05:58Merci Aurore Granero pour ce décryptage.
06:00J'indique juste que ce matin, vous participez à une matinée d'études et de réflexions sur les municipales.
06:05Ça se passe à l'université.
06:07Bonne journée à vous.
06:07Merci beaucoup. Au revoir.
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