Pour les prochaines municipales dans un an, la parité s’appliquera aussi aux communes de moins de 1 000 habitants, mais ce n’est pas si simple et ça ne plaît pas à tout le monde.
00:00A moins d'un an des prochaines élections municipales, les maires des petites communes alertent aujourd'hui sur le casse-tête que constitue pour eux la parité.
00:08Il faut autant d'hommes que de femmes sur les listes, c'est obligatoire, y compris désormais pour les communes de moins de 1000 habitants.
00:15Angile Ouata, pourquoi ça leur pose problème ?
00:20Écoutez, on va le demander directement à Mariem Tamatavarin.
00:24Vous êtes à l'origine notamment de ce mouvement que l'on voit ici devant toutes les préfectures de France.
00:30Il va y avoir des maires de communes de moins de 1000 habitants qui vont se réunir.
00:34Pourquoi est-ce que ça vous pose problème très concrètement, cette mesure-là ?
00:37Cette mesure, elle nous pose problème dans le sens sur plusieurs points.
00:40D'abord sur le plan du timing, on est à moins d'un an des élections et aussi par la brutalité de cette mesure.
00:47C'est-à-dire qu'elle n'a pas été concertée par sa base, c'est-à-dire nous les élus.
00:51Et on a ce sentiment de, nous, élus de communes de moins de 1000 habitants, d'être les grands oubliés de cette République,
00:56alors même que nous sommes les piliers de la République.
00:59Et c'est quelque chose qui ne passe pas et qui n'est pas acceptable.
01:02On entend le message, mais on a besoin, pardonnez-moi, de comprendre concrètement ce qui pose problème dans le fait d'imposer la parité dans des conseils municipaux demain.
01:10Aujourd'hui, on veut nous faire croire qu'on est contre la parité.
01:12Absolument pas. Moi, je suis maire d'une commune de moins de 1000 habitants.
01:15Je suis une femme, je suis d'origine étrangère.
01:17Personne ne connaît mieux que moi le plafond de verre.
01:18Donc la parité, je ne peux que la défendre de toutes mes forces.
01:21Ce qu'on dit, c'est que la parité ne peut pas être une mesure qui peut s'imposer de façon brutale sur les communes.
01:27Les communes de moins de 1000 habitants puisent leur vivier de candidats dans un cercle beaucoup plus restreint que les grandes communes.
01:35C'est-à-dire que moi, je prends l'exemple de la commune de Yem.
01:37Moi, j'ai la parité depuis trois mandats, donc je ne parle pas pour moi personnellement,
01:40mais je sais que je ne suis pas à l'abri de ne pas pouvoir faire une liste paritaire l'année prochaine sur les prochaines élections.
01:45La moitié de mes habitants sont moins de 1000 habitants, sont en moins de 18 ans.
01:50Sur la moitié restante, vous avez les personnes qui ne sont pas inscrites sur les listes électorales,
01:54vous avez les personnes âgées, vous avez des femmes seules qui ont des enfants en bas âge.
01:59Nous sommes dans la ruralité, donc nous sommes très loin des transports.
02:02Donc pour aller travailler, il nous faut une heure, une heure et demie pour aller travailler.
02:05Donc quand on rentre, c'est souvent la femme qui gère le foyer, les enfants, les devoirs, les médecins et tout ça.
02:10Donc le nombre de femmes disponibles est restreint.
02:13Ce n'est pas qu'on ne veut pas, on n'adorerait avoir que des femmes.
02:16Et on sait qu'une femme engagée politiquement ou engagée dans quel que soit l'objet ou l'emploi qu'on lui donne
02:22ou la fonction qu'on lui donne, s'engage à 1000%.
02:24Mais c'est difficile d'un point de vue presque logistique si j'ose dire.
02:28Merci, merci à vous.
02:29Je voulais juste vous montrer en dernier mot les messages qui sont affichés ici.
02:33D'autres maires vont arriver encore.
02:35Le village, c'est l'intelligence collective, pas la norme imposée.
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