00:00C'est comme si je n'étais jamais parti en vacances.
00:02J'ai tout oublié déjà, je suis vraiment concentré sur ici et comment sortir d'ici surtout.
00:10Alan Isnar fait partie des Français coincés à Doha en raison du conflit au Moyen-Orient.
00:14Il est parti de Bangkok le 28 février avec sa compagne et des amis après des vacances en Thaïlande.
00:20En transit à Doha, il monte dans son avion, décolle en direction de Nice et vole pendant près de 2h30.
00:26Je regardais beaucoup le plan de l'avion, comment il volait.
00:30Et au bout d'un moment, je vois sur l'écran qu'il y a écrit, vous savez, normalement, il
00:33y a écrit Doha Nice avec le temps.
00:36Et en fait, là, il y avait écrit Doha Doha.
00:38Et ensuite, on a reçu un message d'alerte sur le téléphone en plein vol.
00:43Tout le monde a commencé à paniquer dans l'avion et c'est là qu'on a commencé à avoir
00:47des directives par le capitaine.
00:48L'avion fait demi-tour pour retourner se poser à Doha.
00:52De retour à l'aéroport, Alan et ses amis pensent d'abord qu'ils vont pouvoir repartir,
00:56mais sont finalement emmenés dans un hôtel payé par la compagnie.
00:59Il tente alors de se rendre à l'ambassade française.
01:01Je suis actuellement avec ma petite copine, son petit frère, un ami à moi, sa femme qui est enceinte,
01:10qui est enceinte pas mal, qui a plus de 6 mois de grossesse.
01:13Moi, j'ai un problème médical qui fait que j'ai qu'un seul rein,
01:17donc j'ai besoin de quelques petits trucs, pas grand-chose, mais voilà, c'est quand même à surveiller.
01:22Donc, on s'est rendu là-bas, on leur a expliqué, mais le seul problème, ils ne nous ont pas
01:26voulu nous faire rentrer,
01:28ils nous ont laissé devant, ils nous ont enregistré du côté de l'Ariane, si j'ai bien compris.
01:33En priorité pour, du coup, mon ami qui est enceinte et du coup, moi qui est malade.
01:38Ils nous ont proposé des services médicaux, mais à nos frais.
01:41On n'est pas des méchants, on est une famille.
01:45Au moins, nous faire asseoir, nous faire comprendre la situation,
01:49prendre seulement 15 minutes de leur temps de nous expliquer comment se passe,
01:53qu'est-ce qui va se passer, mais la seule phrase qu'on a eue, c'était
01:57« On prend votre identité, on vous enregistre directement et tenez bon, ça va durer 4 semaines. »
02:06En fait, à ce moment-là, l'ambassade est déjà fermée pour respecter les consignes des autorités du Qatar,
02:11mais Ilan assure que personne ne leur a expliqué cela.
02:14Il dit qu'après avoir insisté pour parler à une personne française,
02:17une gendarme vient les voir et leur dit qu'il faudra patienter 4 semaines.
02:21« On est vraiment libre à nous-mêmes. Personne ne nous dit vraiment quoi faire,
02:25personne ne nous donne de réponses. Même quand on part en ville,
02:29les personnes qui habitent là, pour eux, c'est habituel.
02:32Ils ne comprennent pas notre inquiétude de se dire qu'on est loin de notre pays,
02:35qu'on n'est pas là pour ça et qu'on était censé rentrer en France.
02:39Je suis commerçant indépendant à Saint-Cropez, j'ai ma propre alimentation,
02:45donc je n'ai pas pu encore l'ouvrir, la saison va commencer.
02:48Ma copine à son bureau, elle est en stand-by.
02:52Ilan et ses amis n'avaient toujours pas récupéré leur valise le 4 mars.
02:56Quelques vols ont eu lieu dans certains pays du Golfe, comme aux Émirats Arabes Unis,
02:59mais la reprise reste limitée.
03:01Près de 400 000 Français, habitants ou touristes,
03:04se trouvent dans les pays du Moyen-Orient, touchés par la guerre.
03:07Des premiers vols de rapatriement ont été organisés par la France.
03:10Ça qui nous rend un peu le plus fou, c'est que tous les pays voisins,
03:15le Golfe ici, tous les aéroports voisins ont des vols,
03:20c'est-à-dire à Riyad, à Abu Dhabi, à Dubaï.
03:24Nous, on ne demande pas la lune, on ne demande pas,
03:27on demande juste une escorte vers un aéroport sain,
03:30à nous ramener le plus proche de l'Europe.
03:33Juste nous emmener, nous escorter dans un endroit safe,
03:37où on puisse prendre notre vol,
03:39que ce soit en Europe, mais n'importe où.
03:42Vraiment n'importe où en Europe,
03:43juste de nous écarter de tout ça.
03:45On n'est pas chez nous, on n'est pas dans notre pays.
03:50On a envie de rentrer.
03:53La plupart, là, à Doha, ils ont envie de rentrer.
04:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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