00:00Ce podcast vous est offert par Orange, leader de la téléphonie mobile en Guinée, la Lonagui, la fortune aux parieurs,
00:07les bénéfices à la nation,
00:09UMS, leader de la logistique minière et pétrolière en Guinée et dans la sous-région.
00:14Mercredi 4 mars, mesdames, messieurs, bonjour et bienvenue dans Guinée News Podcast, le rendez-vous quotidien pour décrypter l'actualité
00:22nationale chez Guinée News.
00:23Trois sujets au menu de ce mercredi. Le premier, la ruée vers les stations-services à Conakry, décrite comme une
00:31psychose plus qu'une véritable pénurie.
00:35Deuxièmement, la mission de la Cour de justice de la CEDEAO actuellement à Conakry pour accélérer, en tout cas c
00:42'est l'espoir qu'elle nourrit,
00:44c'est l'espoir, pardon, qu'elle nourrit, accélérer l'exécution des arrêts visant la Guinée.
00:51Enfin, l'ouverture de 150 postes par l'État guinien en faveur des rapatriés dans le cadre de leur réinsertion
00:59socioprofessionnelle.
01:00Pour analyser tout cela, et pour vous, Mamadama Silla, elle est journaliste et chroniqueuse à Guinée News.
01:07Bonjour Mamadama.
01:08Bonjour Thierno, bonjour à tous nos abonnés.
01:12Mamadama, ces causes à la pompe ces dernières heures, peut-on parler d'un miroir, en tout cas du miroir
01:18d'un mal plus profond ?
01:21Ce qui s'est passé hier à Conakry est révélateur, Thierno, c'est le moins qu'on puisse dire une
01:29simple rumeur immédiatement des fils interminables devant les stations-services.
01:34Pourtant, le constat a révélé qu'il ne s'agissait pas d'une pénurie structurelle, mais d'un mouvement de
01:39panique.
01:40Exactement, l'article de Guinée News souligne que la ruée vers les stations-services relevait davantage d'une psychose collective
01:50que d'un manque réel de carburant.
01:52La question qui s'impose, c'est celle de savoir pourquoi réagit-on toujours dans la précipitation ?
02:01C'est simple, parce que nous avons intégré la méfiance comme réflexe.
02:06La rumeur circule plus vite que l'information officielle, et chacun veut être le premier servi, quitte à créer lui
02:15-même la pénurie qui redoute.
02:18Mais que répondre à cette opinion qui suggère tout de même qu'il est impossible d'ignorer que des crises
02:25internationales comme la guerre actuellement entre l'Israël, les États-Unis et l'Iran
02:31finissent par influencer nos propres comportements ici en Guinée, avec pour preuve cette ruée vers les stations-services.
02:39Oui, même si la situation guinéenne est avant tout une réaction mentale et sociale locale, l'actualité géopolitique mondiale, notamment
02:49le conflit militaire en cours entre Israël, les États-Unis et l'Iran,
02:54marquée par des frappes et ripostes qui perturbent les marchés pétroliers mondiaux et font craindre une hausse des prix, un
03:03constat s'impose.
03:05La peur de manquer a provoqué le manque.
03:09Belle tournure, véritable paradoxe avec, en tout cas donc, Mamadama, on peut déduire que ce phénomène révèle une crise de
03:21confiance, confiance envers les institutions, mais aussi entre nos citoyens.
03:26Absolument, on peut le dire et il faut un changement de mentalité pour cela. On ne peut pas aspirer à
03:33la stabilité économique si la moindre rumeur suffit
03:37à désorganiser tout un système. Le civisme économique est un enjeu national qu'il ne faut pas continuer d'ignorer,
03:45si on veut aller de l'avant, bien sûr.
03:48Restons dans la question de confiance, mais cette fois, plus au niveau institutionnel, une mission de la Cour de justice
03:56de la CEDEAO,
03:57qui séjourne actuellement à Conakry, pour accélérer l'exécution des arrêts visant l'État guinéen.
04:03En tout cas, c'est ce qu'on peut déduire de cette visite et cela signifie que certaines décisions rendues,
04:10notamment contre l'État guinéen, tardent à être appliquées.
04:13Or, le respect des décisions de justice nationale ou communautaire, comme celle de la CEDEAO dont on est membre, est
04:21la base d'un État de droit.
04:23Là encore, la question est mentale. Tant que la culture du respect des engagements juridiques ne sera pas pleinement intégrée,
04:32nous resterons dans une logique de résistance plutôt que d'évolution.
04:36Tout à fait. Nous ne cesserons de dire que l'intervention d'une mission pour rappeler l'exécution des arrêts
04:43est en soi un signal.
04:45Cela interroge notre rapport aux normes communautaires et à nos propres engagements.
04:51En termes plus clairs, on ne peut pas réclamer la crédibilité internationale et, dans le même temps, donner l'impression
04:59de traîner les pieds sur des décisions de justice, ma madame.
05:03Absolument, Tcherno. Le changement de mentalité, ici, concerne l'administration d'abord, mais aussi l'ensemble du système.
05:11Le respect du droit doit devenir avant tout automatique et non négociable.
05:16Troisième sujet, plus positif cette fois-ci, avec l'État guinéen qui ouvre 150 postes guinéens rapatriés dans le cadre
05:26de leur réinsertion socio-professionnelle.
05:29Une initiative encouragée, quand même.
05:32Oui, c'est un signal positif, comme vous l'avez dit.
05:36Nos compatriotes rapatriés reviennent souvent dans des conditions difficiles, il faut l'avouer.
05:41Leur intégration économique est donc cruciale pour éviter non seulement la marginalisation, mais aussi la frustration sociale.
05:50Mais là encore, tout dépendra de l'approche.
05:52Il faut savoir, pardon, il doit s'agir d'une politique durable, pas d'une réponse ponctuelle.
05:59Tout à fait. C'est là que le changement de mentalité intervient une fois de plus.
06:05Il ne faut pas considérer les rapatriés comme un problème à gérer, mais comme une ressource humaine à valoriser.
06:13Leur expérience, même acquise à l'étranger dans des conditions précaires, nous le savons, peut être un atout ici, chez
06:22nous.
06:22D'où la nécessité de transformer nos réflexes collectifs, passer de la réaction à la planification, de la suspicion à
06:32la confiance, de l'assistanat à la responsabilisation tout court.
06:36En conclusion, le défi Guinée est mental, ma madame.
06:41En tout cas, Tcherno, les deux premiers sujets que nous avons eu à décrypter dans ce podcast, à savoir la
06:50ruée vers le carburant et l'intervention de la mission de la CEDEAO,
06:55illustrent parfaitement un déficit de confiance et de culture institutionnelle.
06:59Et le troisième montre qu'il existe des efforts, mais une fois de plus, qui doivent s'inscrire dans une
07:06vision cohérente.
07:08Restons un instant là-dessus, ma madame. En plus, un peu de mots, j'allais dire.
07:13Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est la transformation des comportements individuels, mais aussi collectifs.
07:20Oui, il faut changer les mentalités.
07:24Il faut tout d'abord admettre qu'accepter que la stabilité commence par soi-même.
07:30Donc, ne pas céder à la rumeur, respecter les règles, mais aussi croire à l'intérêt général avant.
07:38Très belle piste de solution, surtout que la Guinée ne manque ni de ressources, ni d'opportunités.
07:45Merci, ma madame Assylla, pour cet éclairage franc et engagé.
07:50Merci à vous de nous avoir suivis, d'ici et d'ailleurs.
07:54Et merci surtout de continuer de nous faire confiance en suivant le prochain numéro de Guinée News Podcast,
08:00mais aussi toute l'actualité nationale sur guinénews.org et les autres plateformes de Guinée News.
08:06Au revoir.
08:06Ce podcast vous est offert par Orange, leader de la téléphonie mobile en Guinée,
08:12la Lonagui, la fortune au parieur, les bénéfices à la nation,
08:16UMS, leader de la logistique minière et pétrolière en Guinée et dans la sous-région.
08:21Merci.
08:21Merci.
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