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Christiane Bouvart nous propose de découvrir le destin d'Adèle Paturle, jeune héritière du XIXè siècle et de son père Jacques Paturle, industriel. Seconde partie.
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00:00Voilà, je vais continuer à vous parler de Jacques Paturl, d'Adèle Paturl et donc de cette famille qui a
00:07été tellement liée au catho.
00:10Je vais essayer de parler plus de la partie cathésienne avec l'histoire de l'hôpital.
00:16Mais la carrière de Jacques Paturl a quand même des aspects très très intéressants concernant la peinture.
00:25Alors, il y a les peintres connus qui avaient déjà été évoqués, de la croix Géricault,
00:31mais il y a également deux peintres qui sont extrêmement proches de la famille Paturl.
00:37C'est d'abord Harry Schaeffer qui était d'origine néerlandaise et l'autre, ça va être Léopold de Robert,
00:45d'origine suisse.
00:46Tous deux d'ailleurs sont des peintres protestants, de jeunes peintres protestants.
00:50Et à l'époque de Jacques Paturl, ils ont une célébrité absolument extraordinaire.
01:00Alors, Harry Schaeffer avait peint de nombreuses toiles, il réalisait des portraits des plus grands personnages de son époque,
01:08y compris les rois, par exemple, les grands personnages.
01:12Et Jacques Paturl avait acheté deux tableaux extrêmement réputés,
01:16qui étaient la Marguerite au Rouet et la Marguerite de Faust à la Fontaine, réalisées d'après la légende de
01:23Faust.
01:24Jacques Paturl, d'ailleurs, n'hésitait pas à montrer, à faire visiter sa galerie de tableaux à ses connaissances.
01:33Il avait donc également un autre tableau de Léopold de Robert,
01:42« Les pêcheurs de l'Adriatique », extrêmement connu, qui a eu un retentissement extraordinaire,
01:49parce que ça a été la dernière grande œuvre peinte par ce peintre également très prometteur,
01:54qui exposait au Salon tous les ans et qui avait une clientèle vraiment européenne.
02:00Il était suisse, mais il s'était installé en Italie, ça ne l'empêchait pas de vendre en France.
02:07Il y a d'ailleurs ce sujet, j'avais commencé mon propos en parlant du manque de représentation d'Adèle
02:15Paturl.
02:15Eh bien, il y a une légende familiale qui dit qu'Adèle aurait servi de modèle au peintre
02:21pour un des personnages de cette toile, une jeune mère qui tient un enfant dans les bras
02:27et qui est toute triste d'ailleurs, parce que c'est le départ des pêcheurs pour une campagne de pêche
02:32et tout le monde est très triste, la campagne va être dangereuse et ils vont être absents longtemps.
02:38Et voilà, c'est une toile à tonalités tristes.
02:43Alors, ce dernier tableau, il était le dernier qu'il a peint parce qu'il s'est suicidé à 41
02:49ans.
02:49Donc, à la suite d'une histoire d'amour déçu, une légende familiale rapporte qu'il aurait été amoureux d
02:58'Adèle Paturl
02:59et que ne pouvant l'épouser, puisqu'elle était promise à un autre,
03:04il s'est suicidé de manière d'ailleurs très cruelle parce qu'il s'est tranché la gorge avec un
03:10rasoir.
03:11Et c'était le rasoir avec lequel d'ailleurs il grattait ses peintures quand il avait à repentir un remords.
03:17Mais le malheureux, donc, se suicide dix ans aussi après son frère Alfred qui s'était suicidé.
03:25Bon, il était d'un tempérament dépressif, ça c'était connu.
03:30Maintenant, au moment de sa mort, toutes sortes de raisons ont été avancées
03:33et la légende de son amour pour Adèle n'est pas vérifiée.
03:38C'est ce qu'on appelle une légende familiale.
03:41Après, toute légende familiale a souvent un fond de vérité, mais elle est souvent aussi déformée.
03:47En tout cas, il est sûr qu'Adèle Paturl a eu des cours de dessin de la part de Léopold
03:53de Robert.
03:54On peut voir d'ailleurs de ses œuvres Léopold de Robert, dont la fameuse peinture « Les pêcheurs de l
04:00'Adriatique ».
04:03On peut les voir au musée de Neuchâtel en Suisse.
04:06Neuchâtel, c'était tout près de sa ville natale.
04:10Alors, cette fameuse collection de peinture de Paturl, à sa mort, va être vendue dans une vente aux enchères à
04:17Lyon
04:17et elle va atteindre une somme très forte, puisqu'elle va être vendue 455 370 francs,
04:26ce qui va pratiquement être plus cher que la vente du château de Jacques Paturl.
04:32Voilà, pour savoir une idée de cette richesse.
04:35Alors, venons-en maintenant à Adèle et à son mariage.
04:39Vous savez qu'au XIXe siècle, la grande affaire pour les jeunes filles, c'était de trouver un beau parti
04:44et de se marier.
04:46L'amour était quand même, c'était bien si on avait, mais enfin c'était quand même un petit peu
04:50secondaire.
04:51Ce qui était important, c'était le contrat de mariage et les conditions financières.
04:57Dans la grande bourgeoisie, on se mariait entre personnes de revenus équivalents et surtout de positions sociales équivalentes.
05:06Le mariage était une question d'argent, carrément, et il était arrangé par les parents.
05:13Alors, les Paturl vont s'allier à la dynastie Périer.
05:17Et donc, j'ai déjà évoqué la figure de Casimir Périer, qui est le plus connu.
05:23Ce Casimir, il a eu, avant de mourir du choléra, il a eu deux fils.
05:28Il a eu, le premier c'est Auguste, et ensuite Paul.
05:34Et c'est Auguste qui va être pressenti comme futur marié de Adèle.
05:41Voilà.
05:41Et ensuite, il y aura un deuxième mariage d'Auguste, ça j'en parlerai peut-être après.
05:51Et donc, Auguste va avoir lui-même un fils qui s'appelle Jean.
05:55Et ce Jean, Casimir Périer, va devenir, ni plus ni moins, président de la République française,
06:02entre le 27 juin 1894 et le 16 janvier 1895, c'est-à-dire pendant très peu de temps, pendant
06:10six mois.
06:12Il détient le record du président qui a présidé le moins longtemps.
06:17Mais bon, il a quand même été président de la République.
06:20C'était donc issu du deuxième mariage du mari d'Adèle.
06:25Alors, revenons à ce mariage, la demande officielle est présentée le 11 février 1834.
06:35Ensuite, c'était la première entrevue officielle entre Adèle et...
06:41Alors, elle l'appelle toujours Casimir, ce qui est très curieux, parce qu'en fait, il s'appelle Auguste.
06:46Auguste Périer.
06:47Son père s'appelait Casimir Périer, lui, il s'appelle Auguste Périer.
06:50Mais Adèle l'appelle toujours Casimir, et par la suite, mais Adèle ne l'aura pas connu,
06:56puisque c'est seulement en 1874, Auguste obtiendra le nom de transformer son nom de Périer en Casimir Périer.
07:06Il faut suivre.
07:07Donc, il s'appellera Auguste Casimir Périer, et son fils s'appellera Jean Casimir Périer.
07:14Il faut faire très attention avec la dynastie des Périers,
07:17parce qu'il y a eu énormément de Périers qui ont exercé des fonctions politiques.
07:22Il faut bien regarder les dates de naissance et savoir s'il s'agit des bons Périers.
07:27Alors, le contrat de mariage, 14 avril, cérémonie religieuse, 17 avril.
07:33Et puis, ensuite, les jeunes et fous vont partir quelques jours en lune de miel dans le château des Périers.
07:44Alors, le mariage, bien sûr, comme il se doit, il va être somptueux.
07:50J'ai trouvé une phrase qui caractérise très bien, ensuite, la manière dont on considérait un petit peu la relation
07:58entre le mari et la femme.
08:00Donc, c'est une citation.
08:01« Le gentleman du XIXe siècle travaillait dans un bureau où il accumulait les richesses que sa femme employait pour
08:11éblouir la société. »
08:13Donc, Adèle va avoir un rôle de représentation.
08:17Et on connaît son mariage par un article de journal qui évoque sa corbeille de mariée, sa corbeille de mariage.
08:26Ça, c'était une coutume très ancienne, d'ailleurs, puisqu'elle remonte aux Romains, si on veut, mais très en
08:33honneur au XIXe siècle,
08:35où, en fait, la corbeille de mariage, c'était des petits cadeaux d'objets précieux, mais petits, dans une corbeille,
08:41éventuellement,
08:42et qui étaient offerts à la mariée en compensation de la dot et du trousseau.
08:49C'était personnel, c'était des objets féminins, généralement.
08:54Alors, les salons, les fameux salons pâtures de leur hôtel parisien sont ouverts,
09:01et le public peut venir admirer, dans un premier salon, la corbeille, dans un deuxième salon, les cadeaux,
09:08et dans un troisième, le trousseau d'Adèle.
09:11Donc, nous avons la description de sa robe de mariée.
09:14Elle est riche et blanche, c'est celle-ci, riche et blanche, et la robe de noces, en point d
09:22'Angleterre,
09:23jupe brodée d'une longue palme qui tient toute la hauteur depuis le volant.
09:27Ce volant à petite tête est divisé de distance en distance par des nœuds de satin.
09:33Les manches longues, larges, sont à colonnes, rappelant la jupe.
09:37Le corsage à petite guirlande est garni d'une mantille à double jockey.
09:42Cette robe ainsi que le voile ont été fournis par Madame Ducelier.
09:46Voilà.
09:47Alors ça, l'époque était friande de ça pour les magazines que lisaient les dames, et puis pour les journaux.
09:58Alors, sinon, sont présentées de nombreuses robes, des dentelles, des plumes d'autruche, chapeaux, fleurs, rubans, ceintures, fichues, écharpes, mantelées,
10:07cravates.
10:08Bon, j'ai relevé tout ça dans une liste interminable.
10:11Des bijoux dont un magnifique diadème avec des épis de diamants.
10:15Des bijoux dits de fantaisie, mais qui sont quand même avec des montures en or.
10:20Donc, c'est une fantaisie quand même assez chère.
10:24Et ce qu'on appelle des fantaisies de femmes, petits, rien d'élégance.
10:29Un boa, manchon, des ombrailles, des ventailles, bourses, écritoires, brûle-parfum, flambeaux.
10:36Voilà, toutes sortes d'objets donc présentés, dont ils étaient sans doute très fiers.
10:45Suite à la lune de miel, donc les deux jeunes époux vont d'abord revenir à Paris.
10:50Et puis, rapidement, il s'installe à Bruxelles parce qu'Auguste Perrier commence sa carrière dans la diplomatie.
10:59Il est secrétaire à l'ambassade, ou plutôt la Légation française à Bruxelles.
11:06Donc, Adèle doit avoir le rôle de représentation.
11:09Donc, il voyage à Bruxelles.
11:12Alors, à l'époque, Paris-Bruxelles, ils ont fait ça en cinq jours.
11:16Parce que je me suis renseignée, le train n'existe pas encore.
11:20Enfin, si, il existe en Angleterre, il a été inventé, mais c'est vraiment les débuts.
11:24Et les constructions des premières lignes de chemin de fer en France, en Italie, ça va être plutôt en 1840.
11:32Où là, il va y avoir un développement très grand.
11:34Mais à l'époque, donc, les voyages sont très, très longs.
11:37Adèle, donc, a un rôle de représentation à Bruxelles.
11:41Mais elle se languit de sa chère mère et de son bon-père, comme elle les appelle dans ses lettres.
11:49Alors, pourtant, elle dit que son mari la gâte et la dorlote.
11:53Apparemment, ils s'entendent très, très bien.
11:56Et le marié est très tendre avec son épouse.
11:59Mais le 6 juin 1834, sa mère note qu'elle est tombée malade.
12:05Et à l'époque, les médecins lui conseillent un voyage en Italie.
12:10Alors, généralement, ce n'était pas très bon quand les médecins de l'époque conseillaient un voyage en Italie.
12:16C'est que les poumons étaient atteints.
12:18Et c'était souvent, pas toujours, mais très souvent, un début de tuberculose.
12:24À l'époque, on ne l'appelait pas la tuberculose, on l'appelait la phtysie.
12:30Et alors, on n'est pas sûr.
12:33Généralement, on ne le dit pas trop aux malades.
12:35Et il faut savoir qu'au XIXe siècle, la médecine va progresser.
12:40Mais au début du XIXe siècle, on ne s'est pas soigné la tuberculose.
12:44Voilà, j'en reparlerai peut-être un peu après.
12:48Elle se rend donc, Adèle va se rendre en Italie.
12:51Elle est accompagnée de sa sœur Julia.
12:54Donc, sœur du précédent mariage, mais il semble qu'il y avait d'excellentes relations entre Julia et Duina,
13:02les deux filles d'un précédent mariage, et leur famille.
13:06Alors, elle va se rendre à Florence et à Naples.
13:11Naples, c'était un petit royaume, où d'ailleurs son époux va demander sa mutation comme diplomate pour l'accompagner.
13:20où la vie pouvait être quand même assez agitée, parce que là, c'était comme à Lyon, avec les canis
13:25de Lyon.
13:25Il y avait une contestation assez virulente.
13:28Et il y a eu des révoltes en 18... très violentes, extrêmement violentes.
13:34En 1820, 1828, et puis 1847, 1848.
13:39Et il y a le choléra aussi, en 1837.
13:42Vous voyez, mais enfin, Adèle était sans doute un petit peu loin de tout ça.
13:47Alors, je peux vous lire quelques extraits de lettres, parce que c'est le peu qu'on connaît d'Adèle.
13:54C'est juste, les lettres ont été perdues, mais certains extraits avaient été recopiés par Jean-Camille Patur.
14:02Alors, il y a une lettre datée du 26 mai 1834, quand elle est encore à Bruxelles.
14:08« J'ai été présentée au roi et à la reine, qui m'ont fort bien accueillie.
14:13Mais le lendemain, le prince est mort.
14:15On a pris le deuil, et depuis, la cour est triste.
14:18On ne reçoit plus. »
14:22Le 3 juin 1834, elle écrit à son père,
14:27« Mon amour propre, qui j'en conviens, serait flatté que tu fusses de nouveau député. »
14:32Elle s'entend très bien avec son père.
14:35Elle va lui donner aussi des conseils de repos, d'hygiène de vie, de promenade, etc.,
14:41de ne pas trop se fatiguer.
14:43Une lettre, après, qui est datée de Naples, du royaume de Naples, le 15 janvier 1835.
14:53Adèle est entourée de sa sœur Julia et de ses charmants enfants.
14:57Elle fait des courses à cheval et galope à merveille.
15:00Elle est allée à la cour en manteau, elle est très décolletée,
15:03et elle était en robe de velours chez la reine-mère.
15:06Elle a visité Pompéi.
15:08Voilà, elle fait du tourisme,
15:10ce qui était très à la mode à l'époque, le tourisme en Italie, le voyage en Italie,
15:14mais c'était évidemment uniquement le fait des gens très riches.
15:19Et puis, nous avons sa dernière lettre,
15:22qui est datée du 19 mai 1835, à Milan.
15:26Elle est à Milan.
15:27« Casimir, bon, excellent pour moi, me promet au reste de faire ce que je voudrais,
15:32mais sa mère, mais son frère, mais, mais, mais, mais. »
15:35Et puis, c'est un petit peu censuré par la famille.
15:38Donc, les relations avec la famille Perrier ne sont peut-être pas toujours avec Auguste son excellente,
15:45mais avec sa famille.
15:45À l'époque, quand on se mariait, on se mariait aussi avec la famille, n'est-ce pas ?
15:50Donc, là, ça ne va pas du tout.
15:52La santé d'Adèle se dégrade de plus en plus.
15:56Et elle décide de rentrer le plus rapidement possible à Paris.
16:01Alors, pendant un temps, sa sœur Julia va rester un petit peu à Milan,
16:04parce qu'elle veut encore visiter Milan.
16:06Mais Adèle, donc, prend sans doute une voiture particulière ou la diligence, je ne sais pas.
16:13Et elle rentre.
16:14Alors, elle, mais elle s'arrête à Genève le 26 mai 1835.
16:18Elle ne peut pas aller plus loin.
16:20Elle doit s'aliter.
16:22Alors, elle s'arrête à l'hôtel des Berges.
16:25C'est au bord du lac Léman.
16:27Et j'ai vérifié, j'ai eu la surprise de voir que cet hôtel existait encore.
16:33Il a même été rénové il n'y a pas très longtemps.
16:35Je crois que c'était en 2009.
16:36On peut aller voir sur Internet.
16:38Il y a des très belles photos de cet hôtel.
16:40C'était un hôtel de grand luxe, un palace qui était tout neuf quand Adèle arrive,
16:46puisqu'il avait ouvert en 1834.
16:48Alors, 115 chambres, 44 suites, une façade classique magnifique,
16:56un hôtel meublé en style restauration.
16:59C'est vraiment un hôtel de grand luxe.
17:02Et les prix actuels, d'ailleurs, sont à l'avenant,
17:05parce que c'est toujours un palace de grand luxe,
17:08où la moindre chambre doit coûter aux alentours de 1 500 euros la nuit.
17:14La chambre simple.
17:15Pour la suite royale, c'est 16 000 euros.
17:18Bon.
17:19Alors, malheureusement, les médecins viennent la voir,
17:22mais ils ne peuvent rien faire pour elle.
17:24Quand sa mère apprend que son état s'était sérieusement aggravé,
17:28le 2 juin 1835, elle va la rejoindre.
17:33Elle prend une voiture, elle se fait accompagner de deux médecins
17:37pour essayer de la sauver.
17:38Mais en fait, quand elle arrive, c'est déjà trop tard,
17:41et 24 heures après, la jeune femme décède.
17:44Elle ne peut déjà plus parler à sa mère.
17:46Elle la reconnaît, mais elle ne peut plus parler.
17:48Et elle décède.
17:50Donc, son corps va être rapatrié à Paris par son mari,
17:54et elle sera enterrée au cimetière du Père Lachaise,
17:58où, par la suite, ses parents seront enterrés également.
18:02Avec elle, il y a une chapelle.
18:05Alors, de quoi est-elle morte ?
18:07On ne le sait pas vraiment.
18:09On pense qu'a été évoquée ce qu'on appelle une phtysie,
18:14mais galopante.
18:16A-t-elle attrapé une infection ?
18:19C'est possible.
18:20On a évoqué le choléra aussi,
18:22mais le choléra semble, elle n'avait pas les symptômes du choléra.
18:25Un refroidissement, une grippe, une fièvre.
18:28Elle était déjà victime d'une maladie de langueur.
18:32On parlait à l'époque de consomption, depuis longtemps.
18:36Et puis, à Genève, elle attrape une fièvre.
18:39Et elle décède donc en quelques jours.
18:42Et malheureusement, la médecine de début du XIXe siècle
18:46ne peut rien faire pour elle.
18:48Les connaissances sur la tuberculose,
18:50ça va seulement être à la fin du XIXe siècle,
18:53et les traitements encore même bien après.
18:56Cette phtysie, c'est une maladie qui s'était développée
18:59avec la révolution industrielle.
19:01Elle touchait particulièrement d'ailleurs les ouvrières de l'industrie textile.
19:06Elle a fait des ravages, vraiment.
19:08C'était vraiment une maladie exponentielle à cette époque.
19:11Elle existait avant, mais elle s'est vraiment extraordinairement développée.
19:16Et au vu des conditions de vie ouvrière, ce n'était pas étonnant.
19:19Mais elle pouvait également toucher tout le monde,
19:21y compris les jeunes gens et dans la plus haute société.
19:27C'est une maladie dont on a souvent parlé,
19:31qui a été représentée, a été presque à la mode en fait.
19:36On a beaucoup évoqué, par exemple, le personnage Marie du Plessis,
19:41qui était une célèbre courtisane de Paris,
19:43qui a inspiré la Dame aux Camélias de Dumas.
19:46Elle meurt à peu près à cette époque, en 1847, à 23 ans.
19:51Une autre personnalité de l'époque connue,
19:54la propre fille du roi Louis-Philippe, Marie d'Orléans,
19:57meurt à Pise, en 1839, à 25 ans également, de Phtizy.
20:04Donc, ça fait vraiment des ravages.
20:07Comme le choléra, d'ailleurs, aussi, à cette époque.
20:11Les parents sont sans doute dévastés,
20:14mais ils continuent leur existence.
20:19En 1848, Paturl va progressivement se retirer de la vie politique,
20:24parce que, comme il était monarchiste, c'est la République,
20:27et il n'est plus trop d'accord.
20:31Et puis, il prend de l'âge aussi, certainement.
20:33Donc, en 1837, il a acheté un grand domaine
20:39avec un parc, un bois, un château.
20:43C'est à Lormois, c'est dans l'Essonne, actuellement.
20:46Mais c'est à la campagne, dans une très belle région,
20:48au bord d'une rivière.
20:51Et il va s'y réfugier après 1948.
20:54Il va s'occuper, il n'a plus besoin de s'occuper de sa carrière industrielle,
21:00bien sûr, mais il est suffisamment riche.
21:03Et puis, il a sa collection de peinture.
21:04Mais il va faire aménager le parc
21:07par quelqu'un de très connu,
21:11qui était Louis Sulpice Varé.
21:14Il était architecte de jardin.
21:16Et c'était l'architecte de jardin à la mode,
21:19puisqu'il a conçu aussi le bois de Boulogne, par la suite.
21:22Et on en avait parlé quand on avait évoqué le château Cédoux au Câteau.
21:26Le parc du château Cédoux est également une réalisation de Varé.
21:32De nombreuses fleurs sont installées.
21:36C'est absolument somptueux.
21:39Il établit même un système d'irrigation très raffiné,
21:44avec plus de 3 km de canalisation.
21:47Et puis, bien sûr, une armée de jardiniers
21:50pour entretenir tout ça.
21:55Ainsi que le château.
21:57Jacques Paturl meurt le 23 juin 1858.
22:01Il a 79 ans.
22:03Sa veuve, donc, Madame Paturl, Sophie Paturl,
22:07va entretenir le château.
22:09Elle va payer la domesticité,
22:11tous les frais, jusqu'en 1862.
22:16Et, donc, 3 ans après la mort de son mari,
22:20et là, j'en arrive un petit peu au château,
22:23elle va faire une donation au château.
22:26Cette donation, dans cette donation,
22:29elle va être très aidée par Auguste Cédoux.
22:34Elle veut donc créer un hôpital au château.
22:38Hôpital qui portera, donc, le nom de Paturl.
22:43Cette donation, c'est vraiment une donation
22:46assez extraordinaire,
22:47parce que c'est une donation clé en main.
22:50Elle achète le terrain.
22:52Elle prend soin qu'il soit situé sur une hauteur.
22:56Elle fait bâtir le bâtiment
22:59avec sa belle façade classique et son fronton.
23:02Il est entièrement équipé avec les lits, le mobilier,
23:07enfin, tout ce qu'il faut pour un hôpital.
23:09Et même, elle prévoit des rentes
23:12pour avoir des ressources.
23:17Quant au château, un petit peu après,
23:19elle va le vendre.
23:21Elle va le vendre à la famille C, S-A-Y,
23:24qui était également une famille richissime, d'ailleurs,
23:27qui l'agrandira et ajoutera une chapelle.
23:29Et aujourd'hui, ce château de l'Ormois,
23:31il existe toujours.
23:33Mais c'est une maison de retraite
23:36assez luxueuse, quand même.
23:38Et Mme Paturl décèdera à Paris,
23:41à Pau, pardon, pas à Paris, à Pau.
23:43Elle était native de Pau, dans le sud de la France.
23:45Elle décède en 1871 à 78 ans.
23:50Voilà.
23:51Alors, cet hôpital Paturl,
23:53je vais terminer là-dessus,
23:57cette inauguration, on la connaît très bien
23:59grâce à une petite brochure
24:01qui a été éditée au château en 1861
24:04et qui décrit toute la cérémonie
24:07avec discours du sous-préfet,
24:08de l'archevêque,
24:11cortège,
24:11depuis l'église,
24:13parce qu'il y a eu une messe avant,
24:14depuis l'église jusqu'à l'hôpital,
24:16ce qui représente quand même un bout de chemin.
24:18Et puis, toutes sortes de divertissements,
24:22balles, feux d'artifice, etc.,
24:24dans la soirée.
24:27Il va être ensuite entretenu
24:30par un certain nombre de donations
24:31de la famille Sédou, notamment,
24:33ou d'autres personnes riches de la région.
24:37Et il a une importance très grande,
24:39encore aujourd'hui d'ailleurs,
24:41parce qu'il va jouer un rôle de premier plan
24:45dans toutes les grandes heures historiques du château.
24:48en 1870-71,
24:52lors de la guerre avec les Prussiens,
24:54il va soigner aussi bien les soldats prussiens
24:58que les soldats français,
24:59et puis surtout les victimes de la variole,
25:01parce que pendant cette guerre,
25:03il y a eu une épidémie de variole.
25:05L'hôpital va également jouer un rôle
25:07très très très important
25:08pendant la guerre 1914-1918.
25:12Donc l'armée française y avait établi
25:14une antenne de la Croix-Rouge,
25:16où d'ailleurs on soignait déjà
25:18des soldats britanniques blessés en Belgique.
25:21Et le 26 août 1914, bien sûr,
25:24ce sont les Allemands qui vont,
25:25après la bataille du château,
25:26s'emparer de l'hôpital
25:28et le transformer en hôpital de guerre allemand,
25:31un Kriegslazareth, comme on disait.
25:33Et donc pendant toute la guerre, évidemment,
25:37il va avoir un rôle très important
25:41pour accueillir les nombreux blessés
25:42de la bataille du château,
25:44et puis ensuite, pendant toute la guerre,
25:46pour les blessés allemands
25:47en tant qu'hôpital militaire de guerre.
25:50Il va également être victime
25:52des bombardements britanniques en 1918.
25:55Donc le bâtiment est considérablement abîmé.
25:59Pendant la guerre,
26:00les Allemands y ont adjoint
26:02une salle d'opération,
26:03parce qu'il y avait beaucoup,
26:04malheureusement, d'opérations
26:06et surtout d'amputations
26:07pendant la guerre.
26:09Et voilà.
26:11Après la guerre,
26:12il faut attendre 1924
26:14pour qu'il soit vraiment reconstruit.
26:16C'est assez long.
26:18Mais dans les années 1920,
26:20les années 1930,
26:21l'hôpital décline.
26:22Ses ressources ne suffisent plus
26:24à le faire fonctionner.
26:26Et la ville se fait un peu tirer l'oreille,
26:28parce que pour une petite ville
26:29comme le château,
26:30elle trouve que c'est très, très cher.
26:32Et l'hôpital, il est devenu
26:34ce qu'on appelle,
26:34ce que les catésiens de l'époque
26:36appelaient alors
26:36le mouroir des pauvres.
26:38C'est-à-dire qu'on y mettait vraiment
26:40les malades en fin de vie,
26:42les cancéreux,
26:44les gens victimes de tuberculose,
26:47les vieilles personnes,
26:48à l'époque on disait les vieillards,
26:50dont la famille ne pouvait plus s'occuper.
26:53Enfin, ça devenait vraiment très triste.
26:55Il s'est créé d'ailleurs à l'époque
26:57une clinique privée au château.
26:59Alors on a un document très important
27:01qui est un rapport en 1935
27:03qui essaie de redresser la barre
27:05qui fournit toutes sortes de solutions.
27:07Alors on va y faire désormais
27:09donc des opérations.
27:10On va y créer des chambres privées
27:13puisque c'était des salles communes.
27:15Il y avait d'ailleurs la salle Jacques
27:16et la salle Adèle.
27:17Et puis création d'une unité de lavage
27:21et de désinfection du linge.
27:23C'était des sœurs Augustines
27:25à l'époque qui le faisaient fonctionner.
27:29Encore un grand moment de l'histoire
27:32où l'épital joue un rôle important,
27:34c'est en juillet 1940,
27:36au moment de l'invasion
27:38par les troupes allemandes,
27:39par Rommel.
27:41Et on a un rapport d'Henri Sedou
27:43qui décrit là une situation,
27:45heureusement que ça n'a pas duré très longtemps,
27:46ça a duré quelques semaines
27:47où c'était complètement épouvantable
27:49parce qu'il y a eu l'exode, bien sûr,
27:53avec les populations belges qui passaient
27:55et beaucoup de blessés,
27:58de gens malades.
27:59Et Henri Sedou note que
28:01dans tout le Cambrésil,
28:02il n'était resté que deux médecins,
28:05seulement, tout et pour tout,
28:06deux médecins.
28:07Tous les autres avaient fui.
28:09Et c'était l'hôpital Ducato
28:11qui était la seule structure hospitalière.
28:13Donc, ils ont eu vraiment un rôle
28:16très important,
28:17y compris pour les accouchements, d'ailleurs.
28:18Ça ne s'arrête pas en période de guerre.
28:21Alors, malheureusement,
28:22quand les Allemands arrivent,
28:23ils investissent l'hôpital.
28:25Ils en font un hôpital
28:26pour leur armée
28:28et ils expulsent tous les civils.
28:30Alors, heureusement,
28:31grâce à des négociations très serrées,
28:33ils arrivent à obtenir
28:35l'ancien local de la Croix-Rouge.
28:37Mais ils sont dans des conditions
28:39épouvantables.
28:40C'est tout juste
28:41s'ils ont des matelas par terre.
28:43Enfin, il n'y a aucun équipement.
28:44Et ils ont vraiment
28:45quelques semaines très, très dures.
28:47Alors, par la suite,
28:48les Allemands autoriseront
28:50donc les soins,
28:51quelques soins de civils,
28:52tout au moins,
28:53dans l'hôpital.
28:55Et puis, ce local de la Croix-Rouge
28:57sera beaucoup mieux équipé.
28:59Mais à l'époque,
28:59il y a eu vraiment
29:00quelques personnes courageuses
29:01qui ont assumé
29:04cette période très difficile.
29:06Voilà.
29:06Et puis, plus près de nous,
29:08on peut aussi...
29:09Alors, il y aura aussi,
29:10par la suite,
29:12l'hôpital Ducato
29:13va accueillir en 1944
29:15les nombreux blessés
29:17très graves
29:18du bombardement
29:19de la gare de Busigny.
29:21Et il y a eu
29:22beaucoup de brûlés
29:22en particulier.
29:23Donc, il a fallu
29:24les accueillir.
29:25Et plus près de nous,
29:27d'ailleurs,
29:27aussi,
29:27les blessés
29:28de la tornade
29:29du Pomeroy.
29:30Parce qu'il n'y a pas eu
29:31de mort,
29:32ou alors un seul mort,
29:32je crois.
29:33Mais il y a eu quand même
29:34pas mal de blessés.
29:36Donc, vous voyez que cet hôpital
29:37a toujours ce rôle important.
29:39Il l'a aussi,
29:40évidemment,
29:41à notre époque.
29:42Parce qu'on est
29:43une époque
29:44de crise sociale
29:46où beaucoup de gens
29:48souffrent beaucoup.
29:49Et on voit
29:49à l'hôpital
29:50essayer de faire
29:51des efforts.
29:53La situation sanitaire
29:54de la population
29:55du Nord
29:55n'est pas fameuse.
29:56Et surtout,
29:57d'ailleurs,
29:58dans le Cambrésil,
29:59à Vénois.
30:00Et on les voit
30:01régulièrement
30:02faire des campagnes
30:03contre le cancer,
30:05le diabète,
30:07etc.
30:07Toutes sortes
30:08de préventions.
30:10Préventions également
30:11pour les femmes battues,
30:13pour toutes sortes
30:14de mesures
30:15d'animation
30:16très régulièrement
30:17comme ça
30:17qui sont mises en place
30:19et qui s'adressent
30:20à la population
30:21pour tenter
30:23d'améliorer
30:24autant que faire se peut
30:25la situation sanitaire
30:27donc d'une partie
30:28de la population.
30:29Et puis cet hôpital,
30:30bien sûr,
30:30il va se moderniser.
30:32Et je pense
30:33qu'effectivement
30:33beaucoup de villes
30:34nous l'envient
30:34parce que pour une petite ville
30:35comme le Cato,
30:37avoir un équipement
30:38avec scanner IRM,
30:40etc.
30:40c'est quand même pas mal.
30:42Donc ces évolutions
30:43contemporaines
30:44prennent leur source
30:46aussi dans cette ancienneté
30:47de l'hôpital
30:50dans ce rapport
30:51très proche
30:52avec la population.
30:54Alors pour finir,
30:56voilà,
30:56je vais vous citer
30:58un petit extrait
30:59du discours
31:01de Madame Paturle
31:02tel qu'on le trouve
31:03dans la fameuse
31:03petite brochure
31:04qui a été éditée
31:06d'ailleurs
31:06par une imprimerie
31:07cathésienne
31:08en 1861.
31:10Et on peut consulter
31:11d'ailleurs,
31:12elle est en ligne
31:13sur le site patrimonial
31:15de la bibliothèque,
31:16on peut consulter
31:17le texte complet
31:19et de même
31:20qu'on pourra
31:21très prochainement,
31:22je pense,
31:22consulter
31:23le texte
31:25du livret
31:26de la famille Paturle
31:27que Aurélien
31:28va mettre
31:29en ligne.
31:31Donc Madame Paturle
31:33parle,
31:33« Je suis heureuse,
31:35messieurs,
31:36qu'en fondant
31:37une œuvre de charité,
31:39j'ai pu satisfaire
31:40au désir
31:41et aux besoins
31:42de l'excellente population
31:43du catho.
31:44Et je vous remercie
31:46d'avoir accepté
31:47la dédicace
31:47de cet édifice
31:49tel que mon cœur
31:50l'a dicté.
31:51Le nom de Paturle
31:53sera conservé,
31:54je le confie
31:55à votre garde,
31:56ainsi que les noms
31:57des salles de malades,
31:58hommes et femmes,
31:59désignés par moi,
32:01salle Jacques,
32:02salle Adèle.
32:04Ce dernier nom
32:05est celui
32:05de ma fille chérie
32:07qui me fut enlevée
32:08en 1835
32:10dans tous les clats
32:11de la jeunesse
32:12et mariée
32:13depuis un an.
32:14Ma douleur
32:15fut bien grande.
32:16C'est à partir
32:17de ce moment
32:17que je me suis consacrée
32:19à des œuvres
32:19de charité.
32:21J'ai compris
32:22que,
32:22n'ayant plus d'enfants,
32:24Dieu m'ordonne
32:25de considérer
32:26les indigents
32:26comme mes enfants.
32:28Plus tard,
32:29il y a trois ans,
32:30j'ai perdu mon mari.
32:31C'est alors
32:31que je résolus
32:32de fonder au catho
32:34l'hôpital Paturle.
32:36Voilà.
32:37Alors,
32:37je trouvais
32:38que ces paroles
32:39étaient
32:40extrêmement
32:42émouvantes.
32:44Alors,
32:44on peut,
32:45toute cette histoire
32:45est intéressante
32:47bien sûr
32:47à connaître
32:48et je parlais
32:49de ce rôle important
32:50de l'hôpital au catho,
32:51mais il peut susciter
32:53aussi beaucoup
32:53de réflexions
32:54sur la fragilité
32:56de ce qu'on possède,
32:57la fragilité
32:58de la vie humaine
33:00et les paroles
33:02de Madame Paturle
33:03montrent
33:03qu'elle avait
33:04éprouvé cela.
33:05Alors,
33:05pour terminer,
33:07je vais évoquer
33:09aussi
33:10une dernière
33:11petite citation
33:12aussi
33:12de rappelant
33:14le souvenir
33:14d'Adèle
33:15avec une référence
33:17à la mythologie grecque
33:18assez curieuse.
33:20« Casimir II,
33:21fils de Casimir le Grand,
33:23avait épousé
33:24la fille
33:24du riche banquier
33:25Paturle.
33:26J'ai assisté
33:27au bal
33:28donné à cette occasion.
33:30Je vois encore
33:31cette belle jeune fille
33:32sous sa chevelure
33:34noire
33:34relevé
33:35à la Niobé,
33:36mais hélas,
33:38son triomphe
33:38fut court. »
33:40Alors,
33:40je me suis demandé
33:41c'était quoi
33:41la coiffure
33:42à la Niobé ?
33:43Je n'ai pas vraiment trouvé.
33:45Alors,
33:45c'était sans doute
33:46une coiffure
33:47inspirée
33:47de la Grèce ancienne
33:48avec les cheveux
33:49relevés
33:50en chignon
33:50natté
33:51et comme on voit
33:53d'ailleurs
33:53sur le buste
33:55en marbre d'Adèle.
33:57Mais Niobé,
33:58c'était un personnage
33:59de la mythologie grecque
34:03et ce mythe
34:05de Niobé
34:05est très intéressant
34:06et puis finalement,
34:08il y a quand même
34:08une certaine parenté
34:09avec ce qui arrive
34:10à la pauvre Adèle.
34:12Niobé était
34:12la fille de Tantale
34:13et l'épouse
34:14du roi Thèbes
34:15et elle a eu
34:15beaucoup d'enfants,
34:17elle a eu
34:17sept garçons
34:18et sept filles
34:19et elle en était
34:20extraordinairement fière
34:22et orgueilleuse
34:23de cette descendance
34:25et malheureusement,
34:26elle fait l'erreur
34:27de se moquer
34:28de la déesse Leto
34:29qui n'a que deux enfants,
34:31Apollon et Artemis.
34:33Alors, Leto va se venger
34:34en disant
34:35à ses enfants
34:36de tuer
34:37les enfants
34:39de Niobé.
34:40Ce que va faire,
34:41Apollon va tuer
34:42les garçons,
34:43Artemis va tuer
34:44les filles
34:45et la pauvre Niobé
34:46quand elle découvre ça
34:48et dans le désespoir,
34:50elle sera transformée
34:51en statue de pierre
34:52d'ailleurs.
34:54La signification
34:55pour les Grecs
34:55était certainement
34:56aussi
34:57l'avertissement
34:59de ne pas être
35:00trop orgueilleux,
35:01qu'on peut perdre
35:02tout ce qu'on a
35:03parce que
35:04la Niobé
35:05a été punie,
35:06parce qu'elle a tiré
35:07trop d'orgueil
35:08de sa situation.
35:10Voilà,
35:11donc tout ce qui nous est cher
35:12peut aussi nous être retiré
35:13à tout moment
35:14et je trouve que
35:15ce mythe grec
35:17trouve quand même
35:18un écho
35:18assez curieux
35:20dans les paroles
35:20de Madame Patur.
35:22Voilà,
35:22donc une belle histoire,
35:23triste,
35:24mais belle
35:26et certainement
35:27encore beaucoup de choses
35:28à découvrir
35:28autour de la vie
35:30de cette famille.
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