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00:00Et on revient en plateau avec notre chroniqueur Karim Yahoui. Bonjour Karim. On va s'intéresser finalement à la légitimité
00:07internationale, le quid. Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
00:10Alors c'est vrai qu'on n'en parle pas beaucoup, on en parle peu. Beaucoup de réactions ont laissé
00:17voir que finalement ce n'était pas la priorité.
00:21On a vu notamment le chancelier allemand, Friedrich Merz, expliquer que pour l'instant il ne s'encombrait pas de
00:26ce genre de considération.
00:28Parce que c'est vrai que le régime iranien est honi, il est détestable.
00:33Mais un certain nombre de voix, comme l'Espagne, ont souligné que ce n'est pas une raison suffisante pour
00:38ne pas s'inscrire dans une logique du droit international.
00:44Et d'ailleurs c'est pour ça que les Espagnols ont refusé que les Américains utilisent deux de leurs bases
00:48dans cette campagne militaire.
00:51Alors théoriquement il y a quand même un certain nombre d'articles, notamment de la charte de l'ONU.
00:57L'article 2, paragraphe 4, qui considère que recourir à la menace ou à l'emploi de la force est
01:05tout simplement prohibé.
01:07Toute guerre est illégale au niveau international.
01:11C'est même un acte illicite, susceptible de faire l'objet de mesures concrètes du Conseil de sécurité.
01:18Alors il y a tout de même deux exceptions à cela.
01:21Deux exceptions pour pouvoir recourir à la force.
01:24La première repose sur une autorisation préalable du Conseil de sécurité.
01:29Ça a été le cas lors de la guerre du Golfe de 1991.
01:33La seconde, c'est en cas de légitime défense.
01:36Et c'est prévu par l'article 51 de la charte de l'ONU.
01:39En cas d'attaque armée d'un État contre un autre, celui qui est attaqué a le droit de riposter.
01:48Et finalement on a le sentiment que c'est un petit peu derrière cet article 51 qu'entend se réfugier
01:54Donald Trump et l'administration américaine.
01:56Parce qu'il considère que s'ils n'ont pas été attaqués par l'Iran, ils étaient à deux doigts
02:02d'être sous la menace ou une menace existentielle de l'Iran.
02:07Et finalement c'est un petit peu cet élément-là qui est mis en avant.
02:10Des responsables américains avaient évoqué des informations selon lesquelles le régime iranien s'apprêtait à lancer des frappes préventives.
02:19Évidemment du côté du Pentagone, on n'a pas forcément confirmé cette information.
02:24Mais elle traduit la volonté d'inscrire dans un semblant de légitimité cette action militaire.
02:30En tout cas ça fragilise encore une fois l'architecture mondiale internationale et le droit international.
02:38Alors qu'aux États-Unis, non seulement on s'interroge sur cette légalité internationale, mais aussi sur la légalité constitutionnelle.
02:46Puisqu'il faut le rappeler, Donald Trump est allé à la guerre sans l'aval du congrès américain.
02:52Karim, vous restez avec nous, on va s'intéresser au soutien du régime iranien.
02:56L'Iran, puissance militaire et politique de la région depuis 40 ans, a-t-elle encore des alliés ?
03:02Qui soutient encore le régime des Mollah ?
03:04Il y a bien sûr parmi eux le Hezbollah, le Hamas, mais ils sont affaiblis.
03:08Le point avec Marc Duchalvon.
03:11Les militants du Hezbollah pleurent la mort de l'ayatollah Khamenei à Beyrouth.
03:16La milice libanaise, financée et armée par l'Iran depuis sa création, vient d'entraîner le Liban tout entier dans
03:22la guerre en attaquant Israël
03:24pour montrer sa solidarité avec le régime iranien.
03:28Mais en a-t-il encore les moyens ?
03:30Le Hezbollah sort à peine d'une guerre terrible de plus d'un an contre Israël.
03:36Symbolisée notamment par cette attaque au Bipper, qui a tué plusieurs de ses cadres.
03:41Ses plus hauts dirigeants ont été éliminés.
03:43De l'avis de tous les experts, le mouvement est très affaibli.
03:48Voici les alliés historiques de l'Iran dans la région.
03:51A la chute de l'ancien président Bachar al-Assad, la Syrie est sortie de l'orbite iranienne.
03:58Reste le Hezbollah libanais, le Hamas à Gaza, lui aussi très affaibli,
04:03et les outils au Yémen, armés par l'Iran.
04:06La milice Yéménite dispose encore d'un arsenal intact
04:10et a promis de venir en aide à l'Iran.
04:14En réponse à ce qui se passe dans la région,
04:16nous allons agir à travers différents types d'actions.
04:21Les outils disposent de quelques missiles balistiques capables d'atteindre Israël.
04:26Et surtout, ils peuvent attaquer les navires commerciaux
04:29qui passent au large des côtiers Yéménites, en mer Rouge.
04:33Qu'en est-il des alliés de l'Iran en dehors de la région ?
04:36La Russie et la Chine, principalement.
04:39Les deux pays ont certes condamné la guerre déclenchée par Israël
04:43et les Etats-Unis contre l'Iran.
04:44Mais ils n'ont pas pris d'action concrète pour l'instant.
04:48Aucune des deux puissances ne tient à s'impliquer dans ce conflit complexe
04:52et prendre ainsi le risque de se mettre à dos les Etats-Unis, de Donald Trump.
04:57Et on vient en plateau avec vous, Karim.
04:59Après beaucoup de flottements, Washington tente de recadrer son discours sur ses objectifs de guerre.
05:05Oui, c'est vrai que la communication, notamment à travers Donald Trump,
05:08a été un petit peu chaotique sur les objectifs, les finalités de cette guerre.
05:14Depuis que ce conflit a débuté, il y a eu les premiers morts américains.
05:18Il y a eu ces images d'avions qui se sont écrasées du côté du Koweït,
05:22abattus par des tirs ennemis.
05:23Et du côté de Washington, on a essayé de battre en brèche l'idée qu'il y avait eu une
05:28forme d'improvisation
05:30et que les objectifs n'étaient ni clairs ni légitimes.
05:34Donc clairement, on a recadré le discours, notamment à travers la voix du secrétaire d'Etat Marco Rubio,
05:40qui lui a évoqué le fait que l'Iran était un danger imminent,
05:45qu'il y avait une ligne d'immunité qui allait être bientôt franchie,
05:50c'est-à-dire que les Iraniens allaient bientôt être incapables de prendre le monde en otage
05:55tant leur capacité allait s'accroître à une vitesse exponentielle.
06:00Donald Trump, lui, qui évoque aussi une menace de même nature
06:04en expliquant que l'Iran était presque en capacité de frapper la belle Amérique.
06:10Et tout ça a construit l'idée d'une opération préventive pour tenter de la légitimiser, en quelque sorte.
06:17On évoquait la légitimité internationale et le droit international.
06:21C'est pour tenter d'enrober, en quelque sorte, cette campagne militaire
06:25dans une légitimité un peu plus forte que dans les premières heures
06:30que le discours a un petit peu changé.
06:33Donald Trump a voulu rassurer également
06:35en expliquant que les États-Unis pouvaient l'emporter rapidement.
06:39en évoquant la puissance américaine et la légitimité américaine.
06:44Et puis, on a vu aussi Pitexet s'inscrire aussi dans une logique
06:49où, finalement, il ne faut pas s'encombrer par une volonté d'aider à la construction d'une nation.
06:56On n'est pas dans un exercice d'exportation de la démocratie.
07:00Là aussi, on fait face à une menace qu'il faut éradiquer.
07:04Et c'est vrai qu'on a évacué peu à peu le sort des Iraniens.
07:08Tous ceux qui sont morts ces dernières semaines sous les tirs du régime,
07:13eh bien, ce n'est plus l'objectif de Donald Trump aujourd'hui.
07:17Et Karim, du côté de l'opinion américaine,
07:20l'opinion américaine ne suit pas Donald Trump sur cette campagne militaire
07:24qui vient pourtant juste de commencer.
07:25Oui, il n'y a pas de phénomène drapeau derrière le commander-in-chief.
07:29Si on regarde un petit peu dans le passé,
07:32lorsqu'il y a eu la guerre en Irak qui a duré pendant de très nombreuses années,
07:38eh bien, au début, 72% des Américains approuvaient cette campagne militaire d'envergure.
07:46Aujourd'hui, 27% seulement des sondés dans une enquête Reuters-Ipsos-USA
07:53approuvent la conduite de Donald Trump.
07:56Chez les démocrates, c'est encore moins.
07:59Chez les républicains, une majorité, mais relativement limitée, approuvent.
08:04En tout cas, au moment de ce sondage,
08:07eh bien, on ne savait pas encore qu'il y avait des soldats américains qui avaient été tués.
08:10Et un certain nombre de sondés expliquaient que leur position pourrait changer
08:15si des soldats venaient à mourir.
08:19Donc, pour Donald Trump, il n'y a pas l'effet escompté.
08:23Et évidemment, dans son esprit, ces élections de mi-mandat en novembre prochain,
08:29eh bien, cette guerre, pour l'instant, ne contribue pas à cimenter une opinion derrière lui.
08:35Merci Karim.
08:36On vous retrouve un petit peu plus tard pour évoquer encore la situation en Iran.
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