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  • il y a 3 semaines
LEs biais cognituifs en formation - partie 2

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:18Bienvenue, on croit souvent notre cerveau super logique, mais en réalité il prend tout le temps des raccourcis,
00:23un peu comme un GPS interne qui choisirait des chemins rapides, mais pas toujours les plus fiables.
00:30C'est une très bonne image ça. Ces raccourcis, ce sont les fameux biais cognitifs, des automatismes de pensée, souvent
00:37inconscients, qui nous aident, c'est vrai, à gérer le flux d'infos.
00:40Ils simplifient, c'est ça ?
00:41Exactement. Mais cette simplification, elle peut nous conduire à des erreurs de jugement. Surtout, et c'est ce qui nous
00:48intéresse quand on apprend ou quand on évalue quelqu'un.
00:50Et c'est pile ça qu'on explore aujourd'hui. Comment certains de ces biais jouent un rôle parfois énorme
00:56dans le contexte de la formation.
00:57On ne va pas tous les faire, il y en a des centaines.
01:00Ah non, plus de 250 répertoriés.
01:02Voilà. Mais on va se concentrer sur quelques-uns qui sont vraiment très présents.
01:08Ok, alors, entrons dans le vif du sujet. Est-ce que, par exemple, le simple fait de recevoir une info
01:16au début ou à la fin, ça change quelque chose ?
01:19Absolument. Ça, c'est l'effet de primauté et l'effet de récence. Très classique. L'effet de primauté, c
01:26'est simple. On retient mieux ce qui est dit au début.
01:30La première impression, en quelque sorte.
01:31Pour l'information, oui. Et l'effet de récence, c'est l'inverse. On se souvient mieux de ce qui
01:36arrive juste à la fin. Probablement lié à notre mémoire de travail, sa capacité limitée.
01:42C'est fou comme l'ordre seul change la donne. Donc, pour la formation, ça veut dire mettre le paquet
01:48au début et à la fin ?
01:50En quelque sorte. Placer les messages vraiment essentiels, les points clés, au tout début et à la toute fin d
01:56'une séquence, d'un module. C'est stratégique.
01:58D'accord. Et au-delà de la mémoire pure, il y a aussi l'impact de ce qu'on pense
02:03des autres, non ? Je pense à l'effet Pygmalion.
02:05Oui, l'effet Pygmalion ou prophétie autoréalisatrice. Les attentes qu'on a envers quelqu'un, positives ou négatives, peuvent influencer
02:14réellement sa performance.
02:16Si un formateur croit en quelqu'un, ça le tire vers le haut.
02:19C'est l'idée. Une attente positive peut vraiment stimuler la confiance et la performance. Mais attention.
02:25Attention à quoi ?
02:26Attention à l'effet de halo qui guette. C'est cette tendance à laisser une seule caractéristique, souvent la première
02:32impression, bode ou mauvaise,
02:34teinter tout notre jugement global sur la personne.
02:37Ah oui, le type sympa mais pas très compétent. Ou l'inverse.
02:41Exactement. Le risque, c'est d'évaluer quelqu'un sur cette impression générale plutôt que sur ses compétences réelles et
02:46variées.
02:47Mais alors, comment on fait ? Il faut bien avoir des attentes positives, façon Pygmalion, non ?
02:52Mais sans tomber dans le panneau du halo. C'est pas évident.
02:56C'est tout l'équilibre à trouver. Encourager, oui, absolument. Mais fonder son évaluation sur des faits, des observations concrètes,
03:05des indicateurs objectifs de progression.
03:08Pas juste sur un feeling global. C'est crucial pour être juste.
03:12Ok, je vois.
03:13Et ça, ça peut se combiner avec un autre truc. J'ai l'impression qu'on est plus sensible au
03:16négatif. Le biais de négativité.
03:19Tout à fait. Le biais de négativité. Notre cerveau donne instinctivement plus de poids, plus d'importance, aux expériences ou
03:27aux informations négatives qu'aux positives.
03:30C'est probablement un réflexe de survie hérité de nos ancêtres, où repérer le danger était vital.
03:35Et en formation, ça donne quoi ?
03:37Bah, ça veut dire qu'une critique, un feedback négatif, même petit, peut avoir un impact énorme. Bien plus qu
03:43'un encouragement, ça peut vraiment marquer et parfois même décourager.
03:47C'est exactement ça. D'où l'importance, encore une fois, de structurer le feedback. Qu'il soit équilibré, factuel,
03:54constructif, pour contrebalancer cette tendance naturelle.
03:57Donc tous ces biais, ce sont des raccourcis naturels de notre cerveau, utiles pour aller vite, mais qui peuvent sérieusement
04:03nous jouer des tours, surtout dans un contexte comme la formation, où on cherche à apprendre et à évaluer le
04:10plus justement possible.
04:11C'est tout à fait ça. Le but, c'est pas de les éliminer, c'est impossible, ils font partie
04:15de nous. Mais en prendre conscience, c'est déjà énorme.
04:17C'est la première étape pour essayer d'en atténuer les effets indésirables.
04:21Et comment on fait, concrètement ?
04:22Bah, on l'a un peu vu, hein. Structurer l'information, cultiver un climat de confiance avec des attentes positives
04:29mais réalistes,
04:30et surtout, surtout, baser les évaluations sur des faits, des critères clairs, observables, plutôt que sur l'impression du moment
04:38où la première idée est venue.
04:39Prendre conscience et structurer.
04:41Voilà, c'est Tversky et Kahneman qui ont vraiment lancé ce champ de recherche dans les années 70, d'ailleurs,
04:46et depuis, on en découvre sans cesse.
04:49Fascinant !
04:50Et peut-être, pour laisser nos auditeurs réfléchir un peu, maintenant qu'on a vu comment ça marche en formation,
04:56ou est-ce que ces mêmes raccourcis mentaux pourraient bien façonner nos choix, nos jugements, nos relations,
05:01dans tous les autres domaines de notre vie, souvent sans même qu'on s'en rende compte ?
05:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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