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00:00On revient en plateau avec notre invitée Yasmina Asragui, vous êtes donc chercheuse associée à Princeton et donc à la
00:08Fondation Georges Haurès.
00:09Votre dernier livre qui est paru, donc le mirage de la paix aux éditions passées composées.
00:14On vient d'entendre Serge évoquer la situation au Liban avec les autorités libanaises qui effectivement pointent du doigt les
00:25interventions du Hezbollah en territoire israélien.
00:29Finalement, est-ce que les autorités libanaises n'essayent pas là de calmer le jeu et puis aussi de donner
00:35des gages à Washington ?
00:36Alors la situation au Liban est aujourd'hui très inquiétante et quand on se réveille effectivement avec le Hezbollah qui
00:42de manière unilatérale a décidé d'envoyer sur Israël plusieurs missiles,
00:48c'est l'entièreté du peuple libanais qui met en danger et la réponse israélienne a été extrêmement rapide, ce
00:54qui signifie tout de même qu'ils étaient préparés à cette éventualité.
00:58Que depuis le 7 octobre, vous avez une guerre sur plusieurs fronts qui se jouent et les Israéliens ont en
01:04tête différents scénarios.
01:05Le Hezbollah, les Houthis qui répondraient prochainement au Yémen, au-delà de ce front qui est en ce moment même
01:13en train de jouer entre l'Iran et Israël.
01:16La situation libanaise et sa particularité fait que la géographie desserre l'entièreté du peuple et même si ces frappes
01:26israéliennes sont concentrées sur le Hezbollah dans la banlieue sud à Dahye,
01:30c'est l'entièreté de cette ville qui est aujourd'hui sous tension avec des mouvements de population, avec des
01:36familles entières qui essayent de quitter les villages
01:40puisque plusieurs alertes israéliennes leur ont demandé de sortir des villages, notamment dans la région du nord-est de la
01:47Beka.
01:48Et donc cette situation est extrêmement compliquée, les Américains ne sont pas dans une phase pour l'instant de négociation
01:54ni avec les Iraniens ni avec le Hezbollah
01:56et l'heure aujourd'hui est évidemment à l'inquiétude et à une inquiétude d'une escalade régionale.
02:03Donc le Hezbollah qui a tiré des missiles mais aussi des drones, quelle lecture faites-vous de cette intervention du
02:11Hezbollah dans le conflit en cours ?
02:13Alors il faut rappeler tout de même que le Hezbollah est fortement affaibli et qu'il est depuis maintenant deux
02:21ans dans une posture qui est extrêmement différente.
02:24Il est rentré dans une espèce de négociation où la question du désarmement du Hezbollah était au cœur des négociations
02:31entre l'ambassadeur américain Tom Barak,
02:33l'ambassadeur turc en Turquie, des Américains Tom Barak et la force politique libanaise.
02:43Et donc la question du désarmement était au cœur du sujet.
02:46Ils ont souhaité faire certains compromis dans le sud du Liban, en revanche dans le nord, dans cette région nord
02:52-est de la Beka,
02:53c'est là que le point de chute et organisationnel de ce groupe persiste et donc vous avez eu ces
03:00frappes extrêmement violentes côté israélien
03:03et tout simplement l'idée quelque part que si le Hezbollah ne répondait pas, même de manière symbolique, à l
03:13'assassinat de l'Ayatollah et donc de son investisseur principal,
03:17c'était quelque part acter la mort du Hezbollah.
03:19Et c'est effectivement un espèce de geste de survie idéologique qu'ils essayent de faire,
03:25emportant avec eux le peuple libanais qui n'a absolument rien demandé.
03:28Vous avez employé le mot de symbolique là pour vous, d'après votre lecture des événements, on est dans une
03:36opération symbolique du Hezbollah ?
03:37Ils ne sont absolument pas capables d'engager sur le long terme une guerre de front à front avec Israël,
03:44ce n'est pas envisageable.
03:46Donc on est effectivement dans l'ordre du symbolique puisqu'ils ne peuvent absolument pas ni maintenir sur le long
03:52terme ni sur le très long terme une capacité.
03:55En revanche, les Pazdaran et les gardiens de la révolution ont envie de montrer que leur axe de la résistance
04:02qui existe toujours et n'est pas mort avec l'Ayatollah.
04:07Et cet axe de la résistance, puisqu'on vient d'évoquer le Hezbollah, il n'y a pas que le
04:11Hezbollah dans ses fameux proxys, dans ses fameux soutiens.
04:14Quels sont les soutiens aujourd'hui sur lesquels le régime iranien peut compter dans la région ?
04:20Alors le régime iranien est affaibli et l'axe et le bloc principal, Iran, Chine, Russie, on voit bien que
04:29les Russes ne viennent pas au secours des Iraniens.
04:33On voit bien que les Chinois ne viendront pas au secours des Iraniens.
04:36Et donc ce qui leur reste, quelque part, c'est ces milices chiites, clairsemées dans certains pays arabes encore,
04:44dont le souhait profond de ces pays, on vient de parler du Liban, est réellement d'obtenir une souveraineté, une
04:51sécurité
04:52et de privilégier le sort des Libanais avant le sort du Hezbollah ou de l'Iran.
04:57Et donc vous avez là, à mon avis, la fin aussi et le paroxysme maximal de cette idéologie du régime
05:06islamique,
05:06puisque les peuples eux-mêmes n'en peuvent plus.
05:09Et donc ils veulent passer à autre chose, ils veulent passer totalement à une nouvelle histoire qui va s'inscrire
05:15dans, à mon avis,
05:16la refonte et la pensée profonde de l'État-nation arabe, l'État-nation aujourd'hui arabe, pas qu'au
05:23Liban, aussi dans le Golfe,
05:24parce que les pays du Golfe sont attaqués dans leur souveraineté, quelque chose qu'ils n'ont jamais vécu auparavant,
05:29avec des tirs de missiles, des images assez dramatiques à Dubaï ou à Abu Dhabi,
05:34quand on voit des hôtels de luxe prendre feu.
05:37Tout ça n'est pas habituel dans cette région et il y a une véritable conscientisation du besoin de protéger
05:43et défendre les intérêts des pays arabes comme un bloc.
05:46Là vous évoquez les pays du Golfe touchés, vous restez avec nous.
05:50On va faire un gros plan sur la situation justement dans la région avec ce focus sur les expatriés français
05:57dans les pays du Golfe.
05:58L'inquiétude règne alors que l'espace aérien est fermé depuis le début des frappes israélo-américaines.
06:04C'est toute la région qui est déstabilisée. Dubaï, Qatar, Koweït, les ressortissants français sont sidérés.
06:10Voyez ce reportage de nos confrères de France 2.
06:13Une épaisse fumée noire planante au-dessus de Dubaï.
06:17Stigmate des nouvelles frappes iraniennes sur les Miras hier.
06:20Des centaines de missiles, de drones et des explosions qui plongent la population dans la peur.
06:25Environ 35 000 Français résident dans les Miras.
06:28J'ai entendu, on va dire, 5 détonations, dont une énorme.
06:35Je suis encore un peu sous le choc. Je tremble beaucoup. J'ai peur.
06:40De quoi pousser certains expatriés à vouloir rentrer en France.
06:44Idem pour les nombreux touristes venus à Dubaï pour les vacances.
06:47Problème, l'espace aérien d'une grande partie des pays du Golfe est complètement fermé jusqu'à nouvel ordre.
06:53J'ai l'agence de voyage qui nous a prolongé le séjour à l'hôtel. C'est déjà super.
06:59Par contre, c'est difficile de joindre les compagnies aériennes.
07:01Le consulat n'en sait pas beaucoup plus.
07:03Il y a eu d'autres missiles qui sont passés au-dessus de l'hôtel.
07:05Là, on vient de voir, apparemment, j'ai entendu deux avions qui sont passés aussi devant l'hôtel.
07:09Et voilà, on est tout simplement en attente sur ce qui concerne notre retour en Europe.
07:14Certains influenceurs présents sur place ont partagé leur inquiétude avec leurs abonnés.
07:19Je ne sais pas si c'est la pire journée de ma vie, mais je ne pensais pas voir ça
07:23un jour.
07:25Air France a prolongé ses annulations depuis et vers Tel Aviv, Beyrouth, Dubaï et Riyad, au moins jusqu'à mardi.
07:32Et le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, s'est exprimé ce matin.
07:37Vous avez pu le suivre sur France 24.
07:39Il a regretté la décision unilatérale des Etats-Unis de frapper l'Iran.
07:43On l'écoute.
07:44L'intervention décidée unilatéralement par Israël et les Etats-Unis d'Amérique
07:49aurait mérité d'être débattue dans les instances collectives prévues à cet effet.
07:55Chacun aurait ainsi pu prendre ses responsabilités,
07:58car ce n'est qu'en se confrontant au Conseil de sécurité
08:01que le recours à la force peut revêtir la légitimité nécessaire.
08:07Et on revient en plateau avec notre journaliste politique, Flore Simon.
08:11Bonjour, Flore. Alors, l'exécutif est très mobilisé après les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran.
08:17Et plusieurs réunions ont eu lieu.
08:18Oui, tout à fait. Alors, en effet, cette réunion de crise autour de Jean-Noël Barraud ce matin.
08:23Et puis, le chef de l'État, Emmanuel Macron, a réuni deux conseils de défense ce week-end,
08:27un samedi soir et un dimanche soir, avec les ministres concernés,
08:31mais aussi le chef d'État-major des armées.
08:33Alors, il y a plusieurs objectifs dans ces réunions, et notamment dans ces conseils de défense.
08:37Le premier objectif, c'est évidemment de protéger, en tout cas de tout faire pour protéger les ressortissants qui vivent
08:44dans la région.
08:45Ce matin, le ministre des Affaires étrangères a estimé qu'il devait être au nombre de 400 000.
08:49Donc, vous voyez que c'est quand même assez important.
08:51Et la France a dit espérer les évacuer dès que la situation le permet,
08:55parce que pour l'instant, l'espace aérien au Moyen-Orient est fermé, évidemment, à cause des bombardements.
09:01Deuxième objectif, aussi, bien sûr, de ces conseils de défense, c'est d'assurer la protection des bases militaires françaises
09:09dans la région.
09:10Il y aurait 5 000 militaires français au Moyen-Orient.
09:13Et évidemment, la crainte du gouvernement, c'est que ces bases militaires, même si la France n'a pas frappé
09:19en Iran,
09:19soient finalement les victimes collatérales de cette offensive qui a donc commencé samedi.
09:23Et puis, d'ailleurs, on l'a vu, puisqu'à Abu Dhabi, la base navale militaire française a été frappée
09:29par des drones iraniens sans faire de victimes.
09:32Alors, ce matin, Jean-Noël Barraud, ministre des Affaires étrangères, a estimé que la France se dit prête à participer
09:38à la défense des pays du Golfe,
09:39si ceux-ci en font la demande.
09:42Et puis, hier soir, Emmanuel Macron, en préambule du Conseil de défense, a appelé à rehausser la posture de défense
09:49de la France.
09:50On écoute le chef de l'État.
09:51Tout cela nous conduit, là aussi, à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif
09:58pour être aux côtés de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense
10:02et pouvoir adapter la posture à l'évolution des dernières heures,
10:07que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer.
10:10Voilà. Et puis, autre objectif encore de ces réunions, de ces conseils de défense,
10:14c'est évidemment la sécurité nationale, puisque la crainte aussi du gouvernement,
10:19c'est qu'il y ait des représailles après la mort d'Ali Ramenei ici en France, d'éventuelles attaques
10:24terroristes donc.
10:26Et autre objectif, quatrième objectif aussi, c'est évidemment la question des conséquences économiques
10:31que cette guerre pourrait avoir, notamment avec l'augmentation du prix du pétrole.
10:36Une chose importante d'André Kaling tout à l'heure,
10:38le chef de l'État se rend à Lille-Longue, c'est dans le Finistère,
10:41il va prononcer un discours sur la dissuasion nucléaire, c'est prévu de longue date,
10:45sauf qu'évidemment, ce discours qui doit débuter à 15h15 tout à l'heure cet après-midi,
10:49va prendre une tournure particulière avec évidemment l'intervention américano-israélienne en Iran samedi soir.
10:57Et Flore, les politiques ont largement réagi après les bombardements israélo-américains ?
11:03Oui, alors du côté des macronistes, ce matin, Gabriel Attal, patron de Renaissance,
11:08n'a pas condamné l'intervention israélo-américaine en Iran,
11:12a dit considérer que le droit international ne peut pas être un bouclier
11:16pour ceux qui le bafouent matin, midi et soir. On l'écoute.
11:21Si la finalité de cette opération est de faire tomber effectivement le régime des Mola
11:26et de rendre sa liberté au peuple iranien, oui, bien sûr.
11:30Et il faut que la finalité de cette opération, que ce soit véritablement cela
11:33et de rendre la liberté au peuple iranien.
11:36Le droit international ne peut pas être un totem d'immunité
11:38pour ceux qui ne le respectent pas et qui le violent matin, midi et soir.
11:42Voilà, et puis hier, Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement,
11:45a salué la disparition d'un dictateur sanguinaire qui a avili son peuple.
11:50Alors la gauche, elle, parle d'une même voix,
11:52c'est-à-dire qu'ils disent tous que finalement, très bien qu'Ali Ramenei soit mort,
11:57tout en accusant malgré tout les Etats-Unis et Israël de bafouer le droit international.
12:03Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis, a dénoncé l'attaque américaine dans un tweet.
12:08Ce week-end, la mort d'Ali Ramenei, bourreau du peuple iranien,
12:11ne justifie pas les moyens qu'ils l'ont provoqué.
12:13Enlever ou assassiner les dirigeants dont on combat la politique
12:16reste la négation de tout droit international.
12:20Idem du côté des écologistes.
12:21Marine Tondelier, elle a estimé sur France 3
12:23qu'on ne peut que comprendre les images de l'IS et des gens qui se réjouissent en Iran.
12:28Par contre, la manière dont s'y prennent les Etats-Unis est inacceptable.
12:32Et puis encore d'autres réactions à droite et à l'extrême droite.
12:35Oui, alors à droite et à l'extrême droite.
12:36Du côté de Jordan Bardella, président du Rassemblement National,
12:40Jordan Bardella a constaté sur X que les Etats-Unis et Israël ont pris la décision
12:44de frapper le régime terroriste d'Emola.
12:46Et il a estimé qu'un changement de régime adviendrait,
12:48mais qu'il ne pourra être légitime et durable que s'il émane du soulèvement du peuple iranien.
12:54Évidemment, ce jour d'après, c'est la grande question qui va se poser en Iran.
12:58Bruno Retailleau est à peu près dans la même veine.
13:00Le président des Républicains, face à la menace nucléaire et balistique
13:04que fait peser le régime terroriste des Mola sur la stabilité du Moyen-Orient et du monde,
13:07l'intervention américano-israélienne marque un tournant historique,
13:11mais ne nous leurrons pas sur les conséquences d'un retour unilatéral à la force.
13:15Le peuple iranien, il faut qu'il parvienne à reprendre en main son destin.
13:20Donc voilà, vous voyez que les positions des uns et des autres ne sont pas forcément les mêmes.
13:25Quoi qu'il en soit, Jordan Bardella et Marine Tondelier ont demandé
13:29à ce que le président de la République réunisse les partis politiques représentés au Parlement.
13:33Et le gouvernement n'a pas fermé la porte.
13:35Mais pour l'instant, on ne sait pas si cette réunion aura lieu.
13:38Merci Flore.
13:39Yasmina Asragui, je me tourne vers vous très rapidement.
13:41Comment finalement la position de la France ?
13:44Ça veut dire que là, pour une issue, il faut absolument que la communauté internationale se mobilise ?
13:50Alors si vous voulez, comme l'été dernier, en juin, quand il y avait eu cette guerre des 12 jours
13:56entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran, la France a été spectateur.
14:00Et aujourd'hui, nous sommes spectateurs, mais nous avons des intérêts dans la région.
14:03Nous avons des ressortissants à Dubaï, à Abu Dhabi, qui se réveillent aujourd'hui face à des explosions,
14:08notamment au niveau de la base française.
14:11Nous avons des compatriotes dans cette région et nos intérêts sont donc nécessairement en première ligne.
14:16En revanche, ce qui est important de noter, c'est que l'accélération de cette histoire que souhaite provoquer Donald
14:23Trump
14:23a été rationalisée par sa grande théorie de la paix par la force.
14:28Et donc, si les diplomates du Quai d'Orsay et nos militaires sur le terrain ont bien compris ce qu
14:36'ils jouaient,
14:37ils ont su, en temps réel, potentiellement, que les négociations ne pouvaient pas déboucher.
14:43Je veux dire, les Français connaissent les négociations nucléaires et ont une immense expertise là-dedans.
14:50Donc, des négociations du niveau du JCPOA et d'Obama en quatre jours, ça aurait été impossible.
14:56Donc, nous savions que le recours à la force allait être l'étape d'après dans cette région.
15:00Maintenant, à nous de mobiliser et de prévenir l'escalade, notamment dans le Golfe et au Liban.
15:07Merci à toutes les deux. Restez avec nous sur France 24. L'édition spéciale se poursuit dans un instant.
15:12Merci.
15:13Merci.
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