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  • il y a 12 minutes
Les États-Unis et Israël ont décapité le régime iranien en l'espace de quelques heures. Faut-il s'en réjouir ? Le déplorer ? Nos politiques cherchent la bonne boussole. Celle qui permet de fixer le cap même quand la mer est agitée, quand l’orage gronde.

Retrouvez « L'édito politique de Patrick Cohen » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-politique

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Transcription
00:00Maxence Lambrec, nos politiques en quête d'une boussole.
00:03Celle qui permet de fixer le cap même quand la mer est agitée, quand l'orage gronde.
00:07Quel est le principe auquel s'accrocher ?
00:10Peut-on enlever le président du Venezuela, éliminer le guide suprême iranien ?
00:14Quel est le critère qui en fait une action légitime ?
00:18Doit-on la condamner un peu, beaucoup, à la folie ?
00:20C'est avec ces questions que se sont réveillées hier matin nos responsables politiques,
00:24admettant tous que le droit international était devenu un concept philosophique
00:29qu'on étudie encore un peu à l'université sur des parchemins poussiéreux.
00:33Aucun étudiant ne l'a vu s'appliquer de son vivant.
00:36Dans ce cours, il est question de l'ONU, complètement dépassée, selon Gabriel Attal, hier sur notre antenne.
00:42C'est, dit-il, essentiellement un guichet humanitaire et une ONG climatique.
00:47Un truc donc entre Médecins sans frontières et Greenpeace.
00:50Son conseil de sécurité a quand même été réuni hier pour faire joli.
00:53Les Etats-Unis prennent des mesures légales, appelait dès l'ambassadeur américain.
00:58Puisque depuis longtemps, la communauté internationale affirme un principe simple et nécessaire.
01:02L'Iran ne peut pas avoir l'arme nucléaire.
01:05C'est une question de sécurité mondiale.
01:07Voilà la formule qui justifie l'attaque.
01:10La sécurité mondiale, dont chacun peut amener sa définition.
01:14Mais l'annexion du Groenland aussi, non ? C'est une question de sécurité.
01:17On l'a compris donc, Maxence.
01:18La force domine le droit.
01:19C'est ainsi que la Russie bombarde l'Ukraine depuis 4 ans.
01:22Et que les Etats-Unis et Israël bombardent l'Iran en ce moment.
01:25En dehors de tout cadre, de tout mandat, la comparaison, bien sûr, s'arrête là.
01:30Mais elle fait vaciller notre boussole.
01:32C'est pourquoi Emmanuel Macron ne félicite pas Donald Trump.
01:35Et ça agace son entourage à Washington.
01:37Vous ne montrez pas le même zèle à sortir le peuple iranien de la tyrannie qu'à soutenir les Ukrainiens.
01:43Et en France, les opposants à Emmanuel Macron reprennent-ils cet angle d'attaque ?
01:47Non, car ils se retrouvent coincés dans la même position.
01:49La réaction de Jordan Bardella paraît calquée sur celle du chef de l'Etat.
01:53Condamnation de la riposte, souveraineté du peuple iranien.
01:56Et pas un mot pour le président américain, comme si c'était la seule ligne viable.
02:01A gauche, personne non plus ne regrette la mort de l'ayatollah.
02:04Le ton est plus conciliant que lors de la chute de Maduro.
02:07La patronne des écolos, Marine Tondelier, avait alors écrit
02:10« La France, fidèle à ses valeurs, doit condamner avec la plus grande fermeté cette énième violation du droit international.
02:16»
02:16Cette fois, elle n'a pas eu ses mots.
02:17Ce contexte va-t-il peser sur notre vie politique ?
02:20Pas demain, pas directement.
02:21Mais oui, ce cadre qui se désagrège, cela affaiblit insidieusement nos cadres à nous.
02:26Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal en sont convaincus.
02:29Le leader des Insoumis voit ainsi s'installer, il l'a dit hier à Perpignan,
02:32le choix fondamental entre la loi du plus fort, le suprémacisme et le collectivisme, comprenez Bardella ou moi.
02:39Gabriel Attal, lui, sent que ce contexte plaide pour la puissance, qu'il faut l'incarner, ne pas s'apesantir
02:45sur le droit, proposait une nouvelle république.
02:48Conclusion ?
02:48« Les principes confrontés au réel, c'est ça la politique, ce qui file droit en général ne tient pas.
02:54Et non, le président français n'a pas tous les pouvoirs.
02:57La France, consultée en 2003 pour l'Irak, n'a cette fois même pas été prévenue.
03:01Il n'y a pas que nos repères qui s'effacent, notre voix aussi. »
03:04Maxon Slombrek
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