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  • il y a 2 jours
Lucile Quillet revient sur des mécanismes concrets du monde du travail : culture du présentéisme, injonction à l’autopromotion, normes de culture bro, sous-valorisation des métiers féminisés... dans son nouvel essai.

🔗 "Ce n'est pas aux femmes de changer, c’est au monde du travail" : Lucile Quillet dénonce les inégalités professionnelles : https://www.cosmopolitan.fr/ce-n-est-pas-aux-femmes-de-changer-c-est-au-monde-du-travail-lucile-quillet-denonce-les-inegalites-professionnelles,2156282.asp
Transcription
00:00Quand on est une femme au travail, on doit supporter du sexisme,
00:02on doit faire attention à comment on s'habille, à comment on se comporte,
00:05et il faut quand même montrer pas de blanche, sourire, ne pas se plaindre.
00:08Bonjour, je m'appelle Lucille Quillet, je suis journaliste, coach et l'autrice de l'essai
00:12L'éméritante, comment le monde du travail trahit les femmes,
00:15et aujourd'hui on va en parler avec Cosmo.
00:16Je me suis demandé quelles étaient les règles du jeu pour réussir.
00:20Le syndrome numéro 1, c'est ce que j'appelle le syndrome du piqué,
00:24c'est répondre à la culture du présentéisme.
00:26L'ambition se démontre à la présence, et pas à nos résultats.
00:30Et c'est là où en fait c'est très biaisé, et ça va forcément favoriser les hommes,
00:33parce que les hommes ne supportent pas la majorité de leur tâche domestique et parentale.
00:37Les mères accompagnent et viennent chercher leurs enfants
00:41trois fois plus que les pères du lundi au vendredi.
00:44Donc il y a vraiment une inégalité parentale et domestique énorme
00:49qui fait que cette culture du présentéisme, elle va évidemment valoriser, favoriser les hommes.
00:55Le deuxième syndrome pour réussir, c'est ce que j'appelle le syndrome du champion.
00:58C'est-à-dire qu'on sait que dans le monde du travail, il ne suffit pas de bien travailler,
01:01il faut aussi le faire savoir.
01:02Et là, c'est compliqué pour les femmes, parce qu'on a été éduquées à douter de nous-mêmes en
01:09permanence,
01:09et à surtout attendre que ce soit les autres qui définissent notre valeur.
01:15Et ensuite, il y a aussi une règle du jeu pour réussir,
01:18qui est de s'intégrer à ce que j'appelle la culture bro.
01:21En fait, c'est la culture d'entreprise.
01:22La salle de détente où il y a des baby-foot et des flippers,
01:26alors que ça ne plaît pas forcément à beaucoup de femmes.
01:30Où il y a des poufs par terre, ce qui n'est vraiment pas du tout pratique,
01:34de s'asseoir sur un pouf par terre quand on a des talons, une robe, une jupe.
01:38Et même d'avoir des fauteuils et des chaises tout blanc.
01:42C'est bête, mais en fait, une fois par mois, les femmes ont leurs règles
01:45et elles n'ont pas forcément une notification quand ça arrive.
01:48Est-ce que les personnes qui sont en haut de la hiérarchie aujourd'hui,
01:50elles le sont parce qu'elles sont compétentes ou pour d'autres raisons ?
01:53Parce qu'elles ont su faire leur autopromotion, parce qu'elles en ont eu le temps,
01:57parce qu'elles ont le bon réseau, parce qu'elles ressemblent à leur chef
01:59ou N plus 1 du N plus 1 du N plus 1.
02:02Il y a aussi des difficultés pour les femmes à travailler entre elles
02:05quand elles sont notamment dans un univers mixte.
02:08Parce qu'il y a cette idée que vu qu'on est minoritaire là où on est,
02:12il n'y a pas de la place pour tout le monde.
02:14Et que notre première concurrence, c'est celle qui nous ressemble.
02:16On voit des femmes plus âgées qui sont impitoyables, voire harcelantes avec les autres femmes
02:24parce qu'elles, elles en ont tellement bavé qu'il y a une forme d'amertume qui s'est créée
02:27où elles se disent, attends, moi j'en ai sué, il n'y a pas de raison que ce soit
02:31facile pour les autres.
02:32Moi, quelque chose qui me choque, c'est qu'on considère que l'essence même du travail,
02:38c'est ce que font les hommes et qu'en fait, les femmes, elles, travaillent en périphérie.
02:42C'est ce qu'on appelle les fonctions support, donc qui vont venir classer, ranger, aménager le travail des hommes.
02:49Donc RH, marketing, compta, communication.
02:54On voit du coup aujourd'hui que des métiers majoritairement féminins sont sous-valorisés,
02:59sont en pénurie et que ça va nous poser problème.
03:02Voilà, tous les métiers du care, de la petite enfance, qui sont des métiers où on ne peut pas faire
03:07sans.
03:07Le discours majoritaire qu'on entend, notamment pour répondre aux inégalités de salaire,
03:12c'est de dire, ah, il faut que les femmes aillent vers les filières masculines, qui sont les plus rémunérées.
03:19Profondément sexiste, je trouve, de dire ça, parce que même si, oui, il faut de la mixité dans tous les
03:23métiers,
03:24on n'entend jamais que les hommes doivent aller dans les filières du soin, de la petite enfance.
03:30Pendant longtemps, en fait, on a dit que c'était aux femmes de s'adapter au monde du travail,
03:33alors qu'en fait, c'est au monde du travail de changer pour être plus juste, plus méritocratique,
03:39plus égalitaire et plus efficace, en plus.
03:41Donc, ça ne serait pas aux femmes d'apprendre à négocier leur salaire,
03:45ça serait au monde du travail d'instaurer plus de transparence des salaires.
03:48Ça ne serait pas aux femmes d'aller vers les filières masculines,
03:52ça serait au monde du travail de revaloriser les métiers qu'elles font déjà et qui sont les plus essentiels.
03:57Ça ne serait pas aux femmes de déléguer à des nounous à la sortie d'école.
04:00Ça serait au monde du travail de changer sa culture du présentéisme,
04:03et d'avoir des horaires beaucoup plus flexibles, voire même, pourquoi pas, de réduire le temps de travail.
04:10En fait, il faut vraiment renverser notre façon de considérer les inégalités professionnelles.
04:16En résumé, ce n'est pas à nous de changer, c'est au monde du travail de changer.
04:18En résumé.
04:23Sous-titrage FR ?
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