00:00Anja Nussbaum, il est sincère quand il dit cela, le Président,
00:02quand il est en déplacement à l'étranger,
00:04qu'il s'exprime sur beaucoup de sujets, il est sincère ?
00:07Là, en fait, on l'interroge,
00:08parce que là, je suis dans le petit groupe de journalistes
00:11qui essaie de lui poser des questions,
00:12et en fait, on l'interroge sur la réaction de Mélanie,
00:14qui critique ce qui se passe en France, les tensions.
00:18Et lui, sa réponse, c'est de dire,
00:20chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées.
00:22Les moutons !
00:24Oui, c'est vrai que les vaches, en ce moment, il n'y en a plus beaucoup.
00:27Il n'y en a plus au salon, en tout cas.
00:28Mais en fait, il est certain qu'il n'a pas d'autre choix
00:34que de dire qu'il condamne la radicalité politique,
00:36ou de dire d'autre, sinon de condamner les violences politiques.
00:38La question, c'est qu'est-ce qu'il peut faire contre cela,
00:41et plus grand-chose, en fait, sur la scène domestique.
00:44Et c'est ce que je raconte depuis la dissolution.
00:46Il s'est quand même tiré une balle dans le pied,
00:48et il est assez pied et poing lié, en tout cas sur le national.
00:53S'autodissoudre, pourquoi a-t-il tué la majorité présidentielle ?
00:55Est-ce que vous évoquiez comme question dans ce livre ?
00:58Effectivement, vous avez compris les ressorts de cette dissolution,
01:02pourquoi ? Même psychologique,
01:03parce que c'était quasiment, comme vous le dites, une autodissolution.
01:07Oui, alors l'Élysée déteste qu'on psychanalyse
01:10la personnalité du président de la République,
01:12mais c'est dur de ne pas tomber dans ce travers
01:13quand on sait que c'est lui qui décide seul.
01:16On a beaucoup glosé sur l'influence des conseillers de l'ombre,
01:19ce que Bruno Le Maire a appelé les cloportes.
01:22On a vu beaucoup d'articles sur eux,
01:24mais finalement, c'est lui qui prend la décision seul.
01:26Moi, le jour de la dissolution, je ne dirais pas que je ne suis pas surprise,
01:29mais ça fait partie des options dont je sais qu'elles sont sur la table
01:33depuis plusieurs mois.
01:34Simplement, je me dis que ce n'est vraiment pas une option intelligente,
01:38en fait, pour son propre camp.
01:40Donc, les ressorts de cette décision, ils sont assez connus,
01:43mais tout en restant mystérieux.
01:45Un, c'est sous-estimer la capacité de la gauche à se rassembler,
01:49à faire le NFP contre l'extrême droite.
01:52Ça, il ne le voit pas venir du tout.
01:53Et ça, alors que la gauche fait ça à chaque fois, à chaque élection.
01:57Enfin là, on va voir si ça se produira encore par la suite.
02:00Les oracles qui sont sur ce plateau ont déjà dit que ça allait se passer à nouveau.
02:03Je laisse vos oracles, voilà, ils sont maîtres de leurs opinions.
02:06Mais en tout cas, oui, la gauche qui se rassemble, c'était un classique.
02:10C'est assez surprenant de ne pas l'avoir vu venir.
02:13Et puis, il y a aussi un côté, voilà, un problème d'égo,
02:16puisque quelques jours avant la dissolution, il dit
02:18je pense pouvoir faire 20, 25 %.
02:21Il en est très, très loin.
02:23Donc, lorsqu'il dissout, il se dit je peux encore faire une remontada
02:27et prouver à tout le monde que j'ai raison.
02:29Et il y a cette tendance très, très forte chez Emmanuel Macron,
02:33ce goût pour les coûts, les coûts politiques,
02:35l'écoute diplomatique, il le dit lui-même, qu'il aime ça.
02:38Et cette volonté de toujours être dans la transgression,
02:42faire le geste qu'on n'attend pas du président.
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