- il y a 8 heures
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00:00Bonsoir Marine Le Pen.
00:00:01Bonsoir.
00:00:02Et merci beaucoup d'avoir accepté cette invitation sur BFM TV ce soir pour cet entretien exceptionnel.
00:00:08Bonsoir Sophie.
00:00:09Bonsoir Marie.
00:00:10Bonsoir Madame Le Pen.
00:00:11Je le disais, interview, entretien exceptionnel, car c'est la première fois que vous prenez la parole après la fin
00:00:17de votre procès en appel dans les assistants parlementaires du Front National.
00:00:21Une date est désormais dans toutes les têtes, certainement dans la vôtre aussi, le 7 juillet prochain,
00:00:26date à laquelle on saura si vous pouvez ou non être candidat à la présidentielle.
00:00:30On va évidemment longuement aborder ces questions liées à votre avenir en politique.
00:00:35On abordera aussi, entre autres sujets, l'enjeu pour le Rassemblement National avec ses élections municipales dans maintenant moins de
00:00:43trois semaines.
00:00:44Mais d'abord ce soir Marine Le Pen, nous avons décidé de débuter cette interview avec ce drame qui est
00:00:49devenu finalement un fait politique majeure,
00:00:51qui a choqué les Français, la mort de ce jeune militant identitaire, il s'appelait Quentin de Ranque, par des
00:00:57militants d'ultra-gauche.
00:00:58J'ai envie d'abord de vous poser cette question.
00:01:01Diriez-vous comme certains qu'on assiste aujourd'hui à un point de bascule total dans la radicalité, dans l
00:01:08'expression de cette violence politique ?
00:01:10Alors d'abord permettez-moi de présenter de vive voix mes condoléances à la famille de Quentin, dont la perte
00:01:19de cet enfant est évidemment terrible.
00:01:24Un point de bascule, en tout cas l'issue d'années et d'années et d'années de violences politiques
00:01:31qui ont fait l'objet, il faut bien le dire, d'une forme de complaisance,
00:01:35voire même parfois de complicité de la part d'un certain nombre de partis politiques, de la part d'un
00:01:40certain nombre de syndicats et peut-être même de la part d'un certain nombre de médias.
00:01:45Cette dérive qui a atteint son point culminant est un problème majeur parce qu'en réalité l'objectif de l
00:01:52'ultra-gauche c'est d'entraver le processus démocratique.
00:01:56Nous le vivons, vous le savez très bien, depuis des années. Tous nos meetings sont attaqués, tous nos marchés sont
00:02:02perturbés, tous nos tractages,
00:02:04nos bus amenant les gens pour nous écouter sont caillassés, nos conférences de presse...
00:02:12Entraver le système démocratique.
00:02:14Oui, parce que tout cela, si vous voulez, le système démocratique, il ne démarre pas au moment où on met
00:02:19un bulletin dans l'urne.
00:02:20Le système démocratique, il démarre au moment où chacun peut exprimer librement ses idées pour permettre précisément aux Français de
00:02:27pouvoir faire un choix politique éclairé et lucide.
00:02:30Or, si vous empêchez une campagne électorale, et c'est ce que fait l'extrême-gauche depuis des années, si
00:02:35vous empêchez d'aller tracter, si vous empêchez,
00:02:38tentez d'empêcher les meetings, si vous tentez d'empêcher les conférences de presse, comme j'en ai été victime,
00:02:44moi, à Dijon, d'une manière ultra violente,
00:02:46par exemple, en 2020, eh bien, vous entravez le processus démocratique.
00:02:50Et moi, je crois que c'est l'objectif, en réalité, de l'extrême-gauche.
00:02:54Et je ne vous cache pas qu'avant l'assassinat de Quentin, j'avais déjà alerté les pouvoirs publics sur
00:03:04l'inquiétude qui était la nôtre de pouvoir continuer à faire campagne
00:03:08dans des conditions de sécurité minimales pour nos candidats aux municipales d'abord et pour le candidat à la présidentielle
00:03:15demain.
00:03:15– Justement, vous parlez d'entraver la campagne. Le chef de l'État a tenu une réunion hier à l
00:03:19'Élysée. Il s'est dit préoccupé.
00:03:20On voit que vous partagez la même crainte que lui pour la campagne des municipales à venir. Il reste trois
00:03:25semaines.
00:03:26Est-ce que vous pensez vraiment que le climat peut s'apaiser, peut être serein pour ces trois dernières semaines
00:03:30de campagne municipale ?
00:03:31– Je le souhaite, je l'espère. Mais ce n'est pas à moi de répondre, puisque ce n'est
00:03:35pas moi qui est à l'origine, en réalité, de ces actes de violence.
00:03:40La question qui est posée, c'est la question qui est posée aux partis de gauche. Parce que la jeune
00:03:46garde n'est pas un groupuscule de marginaux.
00:03:49Il y en a des groupuscules de marginaux, que ce soit à l'ultra-droite ou que ce soit à
00:03:54l'ultra-gauche.
00:03:55– Groupuscule dissous, hein ?
00:03:56– Ça n'est pas un groupuscule de marginaux. C'est une milice qui est affiliée à un parti politique,
00:04:03puisque Jean-Luc Mélenchon a dit lui-même
00:04:05que la jeune garde était un mouvement affilié aux insoumis. Donc c'est une milice qui est organisée pour précisément
00:04:15perturber par la violence
00:04:18l'expression démocratique des campagnes et qui est soutenue, légitimée et même légitimée au point d'avoir fait élire son
00:04:27chef
00:04:29par un parti politique représenté à l'Assemblée nationale.
00:04:31– Vous n'entendez pas du tout les arguments sur la violence, j'ai envie de dire, défensive. C'est
00:04:35en tout cas ce qu'il porte.
00:04:37– Non mais en aucun cas. Écoutez, moi je vais vous dire, j'ai un exemple extrêmement précis, mais j
00:04:42'en ai mille en réalité.
00:04:45M. Raphaël Arnaud, il a été candidat dans le Vaucluse contre Catherine Jaouen, notre candidate.
00:04:53À la fin de la campagne, elle m'a appelée en me disant « je ne peux plus faire campagne,
00:04:56j'arrête, je pars du terrain,
00:04:58je déserte le terrain, je ne peux plus tellement, tellement je suis victime d'intimidation, de violence dans le cadre
00:05:06de cette campagne ».
00:05:07Donc on sait très bien, et d'ailleurs il y a eu une commission d'enquête sur les groupuscules violents
00:05:11qui a été fait à l'Assemblée nationale, où il est dit que l'extrême-gauche, par idéologie, si vous
00:05:17voulez,
00:05:17considère que l'utilisation de la violence est légitime.
00:05:20Mais d'ailleurs, dans les propos de Jean-Luc Mélenchon, il y a une forme de légitimation de la violence.
00:05:26– Et on va revenir sur Jean-Luc Mélenchon.
00:05:27– Il dit lui-même que la violence, elle est légitime, bon il ne faut pas qu'elle mène à
00:05:31la mort, d'accord ?
00:05:32Mais non, elle n'est pas légitime, vous voyez ?
00:05:34Donc c'est vraiment très ancré idéologiquement dans l'extrême-gauche, l'utilisation de cette violence.
00:05:40Et moi, je suis, encore une fois, inquiète pour l'avenir,
00:05:45parce que je pense que dans leur esprit, il y a non seulement le fait d'empêcher, d'entraver le
00:05:49processus démocratique,
00:05:50mais il y a aussi le fait de contester par la violence, potentiellement, des résultats électoraux qui leur déplairaient.
00:05:55– Mais justement, vous parlez de l'extrême-gauche, Jordan Bardella a organisé une conférence de presse la semaine dernière
00:05:59avec sur le pupitre le sursaut face à l'extrême-gauche.
00:06:03Il appelle un cordon sanitaire face à la France insoumise, cordon sanitaire dont vous avez fait l'objet vous-même
00:06:08pendant des décennies.
00:06:10– L'expression n'est pas due au hasard ?
00:06:13– Il faudra lui demander en l'occurrence, mais l'idée c'est surtout de mettre les parties de gauche,
00:06:20mais pas seulement du centre aussi, face à leurs responsabilités.
00:06:23Est-ce qu'ils sont prêts ? C'est un peu un clin d'œil en réalité qu'a voulu
00:06:27faire Jordan Bardella,
00:06:28parce que c'est un rappel du cordon sanitaire qui a été mis en œuvre contre le Rassemblement national avec
00:06:34la France insoumise.
00:06:35– Vous dites clin d'œil, c'est une manière de renvoyer la diabolisation sur l'adversaire ?
00:06:39– Non, c'est une manière de rappeler à Renaissance au parti d'Emmanuel Macron, en partie à LR,
00:06:48aux socialistes, aux communistes, qu'ils se sont tous mis ensemble contre le Rassemblement national.
00:06:55– Qu'est-ce qu'il a dit en France ?
00:06:56– Moi, reprenons toutes les déclarations, mais moi je me souviens d'Edouard Philippe
00:07:02expliquant qu'il préfère voter communiste que le Rassemblement national.
00:07:05Donc à un moment, il faut qu'ils se regardent dans la glace,
00:07:07qu'ils fassent eux-mêmes leur examen de conscience,
00:07:10et qu'ils se posent la question, est-ce qu'on veut continuer à faire des alliances électorales
00:07:15ou à accepter des désistements de second tour pour faire élire des représentants d'un mouvement politique
00:07:24qui non seulement n'a pas rompu avec la jeune garde, mais continue à les soutenir de manière ahurissante.
00:07:31– De ce point de vue-là, d'ailleurs les lignes bougent, très clairement.
00:07:34On reviendra sur les propos du ministre du gouvernement, pour ne pas la nommer Aurore Berger.
00:07:39– Tout ça est quand même très ambigu. Ils sont quand même d'une grande hypocrisie.
00:07:43Parce que dans le même temps, Emmanuel Macron a expliqué il y a quelques mois
00:07:46que la France insoumise était un parti anti-républicain, antisémite, anti-parlementaire, etc.
00:07:54Et vous voyez bien que sur le terrain, quand il s'agit des élections,
00:07:58on passe par-dessus la jambe tous ces principes.
00:08:01La réalité est la suivante.
00:08:03Ces gens sont prêts à abandonner les valeurs de la République,
00:08:09à abandonner leur éthique pour sauver leur place électorale.
00:08:15Donc c'était le cas jusqu'à présent. On verra ce qu'il en sera demain.
00:08:18Je crains hélas que ceux qui espèrent un sursaut soient déçus.
00:08:21– Juste, Mme Penne, vous disiez à propos de Jordan Bardella,
00:08:23c'est un clin d'œil quand il emploie l'expression « cordon sanitaire ».
00:08:26C'est aussi un moyen aujourd'hui pour vous, avant la présidentielle,
00:08:30de renvoyer la diabolisation du parti vers la France insoumise
00:08:33et vers Jean-Luc Mélenchon, avec qui vous tentez d'installer le match ?
00:08:36– Non, mais moi, je n'en vois la diabolisation sur personne.
00:08:40– Quand Jordan Bardella appelle à faire un cordon sanitaire ?
00:08:42– Non, mais Jean-Luc Mélenchon, il fait ses choix.
00:08:45LFI fait ses choix, d'accord ?
00:08:47Ils ont fait le choix de considérer cette ministre de la Jeune Garde
00:08:51comme faisant partie intégrante de la France insoumise.
00:08:53Et d'ailleurs, après la dissolution de la Jeune Garde,
00:08:55ils ont créé un mouvement qui est la fusion entre les jeunes LFI et la Jeune Garde.
00:09:00– Et ils ont fait un recours devant le Conseil.
00:09:03Et donc, encore une fois, l'ensemble de l'expression est une expression qui vise à la violence.
00:09:10Est-ce que ceux qui nous écoutent devraient aller regarder un petit peu
00:09:13les réseaux sociaux de ce groupement Antifa ?
00:09:16Toutes les photos des actions de cette milice, les gens, leurs visages sont floutés.
00:09:23À chaque fois qu'ils font une manifestation, ils sont masqués,
00:09:25ce qui par ailleurs est interdit par la loi.
00:09:28Ça dit quelque chose tout de même.
00:09:30Eh bien, malgré cela, l'ensemble des dirigeants de la France insoumise
00:09:34considèrent que ce sont des alliés honorables dont, disent-ils, ils sont fiers.
00:09:39Eh bien, voilà, maintenant la classe politique a une responsabilité.
00:09:43Est-ce qu'ils continuent à accepter ce type de compromission ?
00:09:46Oui ou non ?
00:09:47– Oui, juste sur la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
00:09:50j'aimerais qu'on avance, tire ce fil.
00:09:52Sophie, vous parliez du match, peut-être.
00:09:54Est-ce que c'est peut-être votre meilleur adversaire dans la perspective de 2027 ?
00:09:58Juste un mot sur Raphaël Arnaud, on l'a cité.
00:10:00Il est effectivement mis en cause parce que ses assistants parlementaires
00:10:04étaient ce jour-ci à Lyon et sont impliqués dans le meurtre de Quentin de Ranque.
00:10:08Est-ce que vous entendez l'argument des Insoumis,
00:10:10qui est porté dans plusieurs interviews,
00:10:12qui est de dire finalement que ce député ne saurait être tenu responsable
00:10:16des actes de son salarié ?
00:10:17Ou est-ce qu'on est au-delà de ça et que finalement, sur le plan de la morale…
00:10:22– D'abord, on est au-delà de ça.
00:10:22On est au-delà de ça pour deux raisons.
00:10:24D'abord parce qu'il est le chef de la Jeune Garde.
00:10:27Il en est le chef.
00:10:28Il n'est pas un simple député à l'effet.
00:10:29– Mouvement d'Issou.
00:10:31– Il est le chef de la Jeune Garde.
00:10:32Mouvement d'Issou qui fait l'objet, d'après ce que j'ai compris,
00:10:35d'une poursuite aujourd'hui pour reconstitution de l'île dissoute.
00:10:40Bon, trois de ses assistants parlementaires, c'est quand même pas rien,
00:10:44c'est pas un, c'est trois de ses assistants parlementaires
00:10:47sont mis en cause à un titre ou à un autre
00:10:50dans le lynchage de Quentin de Ranck.
00:10:54Et surtout, il est le promoteur de ce type d'action violente.
00:10:59Il défend ce type d'action violente.
00:11:01Il en fait la promotion de ce type d'action violente.
00:11:04Donc c'est pas un député victime d'un assistant parlementaire
00:11:10qui aurait commis des choses sans que son député soit au courant.
00:11:13C'est pas du tout la situation.
00:11:15Donc vous voyez, il y a quand même là une chaîne de responsabilité
00:11:19et une affiliation assumée, d'ailleurs, par la France Insoumise
00:11:23qui pose, c'est vrai, un véritable souci.
00:11:26– Justement, vous parlez de responsabilité, Jean-Luc Mélenchon,
00:11:28lui, nie toute responsabilité politique et morale.
00:11:32Comment vous qualifieriez aujourd'hui sa stratégie ?
00:11:35– Je crois que depuis un certain nombre de temps,
00:11:37Jean-Luc Mélenchon oscille entre la stratégie de la pacification
00:11:41et la stratégie du pire.
00:11:43Bon, et il a choisi la stratégie du pire.
00:11:47Voilà, c'est la stratégie de l'intimidation.
00:11:51Or, ça pose un problème parce que dans l'esprit de la France Insoumise,
00:11:55si vous voulez, tout ce qui est à droite de la France Insoumise
00:12:00est fasciste.
00:12:02C'est-à-dire que le fascisme commence à François Ruffin, en quelque sorte.
00:12:05C'est-à-dire que la France Insoumise crée, non pas la bordélisation,
00:12:10mais la mise en œuvre d'une vraie violence, qu'elle soit verbale
00:12:14ou qu'elle soit, par l'intermédiaire de la jeune garde, physique.
00:12:18Et ça, c'est inadmissible dans un pays démocratique.
00:12:22C'est le contraire même, si vous voulez, des valeurs de la démocratie
00:12:26que d'user précisément de cette violence.
00:12:28– De cette violence, de ces invectives aussi vis-à-vis de la presse.
00:12:34Quand vous entendez Sophia Chikirou, par exemple, parler de certains journalistes
00:12:38comme des, je la cite, nazis à petits pieds.
00:12:41Quand vous voyez Jean-Luc Mélenchon, même s'il s'en défend,
00:12:44trier la presse pour accéder à certaines conférences de presse.
00:12:48C'est la traduction d'une fébrilité ou ça acte finalement
00:12:52qu'ils ne sont plus dans l'arc républicain.
00:12:54C'est ça aussi que vous décrivez par tout cela ?
00:12:56– Vous comprenez bien que, dans leur esprit, je viens de vous le dire,
00:13:00tout ce qui n'est pas la France insoumise est fasciste et nazi.
00:13:03– Mais…
00:13:03– Voilà, donc même François Ruffin, souvenez-vous,
00:13:06s'est fait malmener dans le cadre d'un atelier à la fête de l'humanité
00:13:12et s'est fait traiter de fasciste.
00:13:14Donc tout le monde est fasciste.
00:13:15Donc cette forme de fascisation de tous est le contraire,
00:13:21d'abord de l'intelligence et de la pacification nécessaire du débat politique.
00:13:29– De cette relation avec les médias qu'ils instaurent aussi,
00:13:32parce que c'est aussi le sujet du moment.
00:13:35Votre commentaire aussi là-dessus, parce qu'on peut vous renvoyer aussi l'argument
00:13:38qui est de dire que vous avez aussi par le passé,
00:13:41et c'est parfois aussi actuel, trier la presse vous aussi,
00:13:44est-ce que ça vous le condamnez ?
00:13:45– Non, je n'ai pas trié la presse.
00:13:47Alors merci de me poser cette question.
00:13:48Je n'ai jamais trié la presse, moi.
00:13:50J'ai refusé Mediapart dans mes conférences de presse pour une raison très simple,
00:13:54c'est que lors de la présidentielle, Mediapart a dit
00:13:55j'interrogerai tous les candidats à la présidentielle, sauf Marine Le Pen.
00:13:58Et j'ai donc dit, moi j'accepterai tous les journalistes, sauf Mediapart.
00:14:01Oui, il y a un moment, je ne fais que répondre à un comportement
00:14:06qui est un comportement terriblement sectaire, d'un média,
00:14:11très proche de la jeune garde d'ailleurs aussi, disons-le,
00:14:15qui se positionne non pas comme un média, mais en réalité comme un adversaire politique,
00:14:20assumé, faisant preuve à notre égard d'un sectarisme absolument total.
00:14:24Donc il y a eu ce cas Mediapart, et je crois le quotidien dont je considère
00:14:28qu'ils ne sont pas des journalistes.
00:14:29Voilà, c'est une émission très contestable d'ailleurs,
00:14:36qui consiste à se moquer des gens, parce que c'est tellement facile de se moquer des gens,
00:14:41mais ça n'est pas du journalisme.
00:14:43Ils ont des cartes de presse.
00:14:45Mélenchon dit que ça va se jouer à la fin entre vous, le RN, et lui.
00:14:50Est-ce que vous pensez la même chose ?
00:14:53Ça, c'est les Français qui vont décider, c'est pas Jean-Luc Mélenchon.
00:14:56C'est les Français qui décideront.
00:14:58Mais je veux dire, la manière qu'il a d'insulter, de pousser encore une fois à l'hystérisation du
00:15:07débat politique,
00:15:09c'est, je l'ai bien compris au travers de ses propos, en réalité pour tenter de mobiliser.
00:15:15Et pour mobiliser, il faut qu'il fasse croire à des gens naïfs qu'il y a une forme de
00:15:21danger fasciste qui existe, etc.
00:15:23Donc il va aller très loin sur ce sujet-là.
00:15:26Mais entre très loin et trop loin, je pense qu'on a déjà passé la barrière.
00:15:32Vous voyez, quand les propos de Mme Panot, si vous voulez, qui expliquent qu'ils n'accepteront jamais
00:15:37que le RN gagne le pouvoir par les urnes, ça veut dire quoi ?
00:15:47Ils n'accepteront jamais. Que vont-ils faire ? Que comptent-ils faire ?
00:15:51Quelle est l'idée qu'ils ont de contester les résultats d'une élection dans la rue, par la violence
00:15:58?
00:15:59Vous voyez, ça aussi, c'est une forme d'intimidation. Et ça, c'est éminemment condamnable.
00:16:05Est-ce que vous, candidate, pardon Marie, est-ce que vous, candidate, c'est quand même votre meilleur adversaire ?
00:16:11Non, je crois pas. Vous savez, je pense que si les Français veulent véritablement une alternance, un changement,
00:16:16ils l'obtiendront, quel que soit le candidat qu'il y a en face.
00:16:19Je pense qu'ils sont de plus en plus nombreux. Ils sont des millions et des millions aujourd'hui
00:16:24à faire le bilan d'Emmanuel Macron, mais même à faire le bilan des 30 dernières années.
00:16:33Beaucoup se rendent compte qu'en réalité, on leur a vendu une alternance qui n'existait pas.
00:16:37Pour finir, que ce soit la droite, que ce soit la gauche, ça a toujours été la même direction.
00:16:41Et nous, nous leur offrons une direction qui est une direction, c'est vrai, très différente de ce qui a
00:16:47été fait
00:16:47dans les 30 dernières années. Et s'ils souhaitent cela, eh bien, ils l'obtiendront.
00:16:52Ils se le donneront, ce changement, ce grand changement qui est attendu par beaucoup.
00:16:57Et que ce soit Édouard Philippe, que ce soit Jean-Luc Mélenchon, ou que ce soit quiconque d'autre
00:17:02qui soit en face du candidat du Rassemblement national, si les Français le veulent, ils obtiendront cette renaissance.
00:17:09Et on reviendra d'ailleurs. Renaissance. C'est un clin d'œil là aussi, peut-être ? Peut-être.
00:17:16On verra ça.
00:17:17On verra ça. On reviendra d'ailleurs sur l'enjeu des municipales, qui est le prochain scrutin.
00:17:22Juste à ce moment de l'entretien, Marine Le Pen, on a évoqué les violences de l'extrême-gauche.
00:17:28On ne peut pas non plus évoquer, ne pas évoquer, les groupuscules d'extrême-droite.
00:17:33D'ailleurs, le Premier ministre, encore une fois cet après-midi dans l'hémicycle, met dos à dos les deux
00:17:37extrêmes.
00:17:38Une marche a eu lieu samedi, ce samedi à Lyon, en hommage à Quentin.
00:17:42Jordan Bardella, le patron du parti, a envoyé une lettre à tous vos cadres pour dire qu'il était interdit,
00:17:50je ne sais pas si c'est le bon terme, mais en tout cas, les enjoignants à ne pas se
00:17:53joindre à cette marche.
00:17:55C'est mieux en le disant ? Il y avait besoin quand même de le rappeler aujourd'hui ?
00:17:58C'est mieux en le disant. Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui, de bonne foi, avaient
00:18:03envie de participer à l'émotion, en réalité.
00:18:06Car sur les milliers de personnes qui ont participé à cette marche, il y en a quand même une immense
00:18:11majorité
00:18:13qui étaient là pour exprimer leur soutien à la famille, pour exprimer leur tristesse de cet événement tragique.
00:18:20Mais nous, nous savons pertinemment qu'il y a un certain nombre de groupuscules de marginaux
00:18:29qui, évidemment, allaient en profiter pour venir commettre des gestes ou tenir des propos qui seraient tout à fait inadmissibles.
00:18:39Mais moi, je n'ai pas de difficulté à admettre qu'il y a des groupuscules d'extrême droite, d
00:18:44'ultra droite,
00:18:45qui peuvent d'ailleurs être violents. Et d'autant moins qu'en 2022, j'ai écrit une lettre à Mme
00:18:51Elisabeth Borne
00:18:52pour demander qu'elle mette en œuvre la dissolution de l'ensemble de ces groupements violents,
00:18:58quels que soient leurs bords politiques.
00:18:59Je n'ai pas de problème avec ça.
00:19:02Mais ce qui n'était pas votre position au départ, parce qu'en 2021, vous vous opposiez aux dissolutions
00:19:07parce que vous pensez que ça pouvait être une atteinte aux libertés fondamentales.
00:19:10Vous avez évolué.
00:19:10Non, non, je n'ai pas évolué. Je considère qu'à partir du moment où des groupuscules actent la violence
00:19:18comme étant le cœur de leur action, il n'est pas admissible de ne pas les dissoudre.
00:19:23Maintenant, il ne faut pas que la dissolution aille au point où l'on effectue, en réalité, pour des raisons
00:19:28politiques,
00:19:29des dissolutions de gens qui n'appellent pas à la violence.
00:19:32Mais en 2021...
00:19:33C'est le problème, mais ça, c'est le rôle de la justice, pour le coup, de déterminer, quand elle
00:19:39est saisie, notamment d'un recours,
00:19:41ce qui fait partie des conditions pour dissoudre un mouvement.
00:19:46Donc en 2022, j'ai écrit ça. En 2013, déjà.
00:19:49Déjà en 2013, je réclame la dissolution de ces mouvements violents.
00:19:54Je n'ai aucune difficulté avec ça.
00:19:56En 2021, au moment où Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, souhaitait la dissolution de générations identitaires,
00:20:02vous vous inquiétez d'une atteinte aux libertés fondamentales ?
00:20:04Non, mais la question, encore une fois, la question, c'est est-ce qu'il y a des actes de
00:20:07violence ou pas ?
00:20:08Est-ce qu'il y a un appel à la violence ou pas ?
00:20:10Est-ce qu'il y a la violence comme le noyau, encore une fois, qui est celui de l'expression
00:20:18politique ?
00:20:18Il y a des propos couverts aussi par la loi, c'est-à-dire un appel au racisme, à l
00:20:26'homophobie,
00:20:26qui peuvent être aussi le relance de ce concours extrémique.
00:20:29Mais vous avez parfaitement raison.
00:20:30C'est ça. Mais sur la marche, pardonnez-moi, nous sommes obligés d'y revenir aussi,
00:20:35vous voulez vous en tenir éloigné, il y a le cas de ce collaborateur,
00:20:40assistant parlementaire d'une de vos députés, qui pose question.
00:20:45Depuis, elle a mis fin à ses fonctions, elle a arrêté, mais c'est un membre de votre parti,
00:20:51c'était un assistant parlementaire du Rassemblement national.
00:20:54Non, mais ça n'a rien à voir avec le sujet dont on parle, Madame, pardon.
00:20:58Je veux dire, dans un cas, il y a un assistant parlementaire qui n'exprime pas ses idées politiques auprès
00:21:05de nous,
00:21:05qui ne dit pas expressément à sa députée que manifestement ses idées politiques sont contraires à celles du Rassemblement national,
00:21:13et qui exprime des propos inadmissibles dans un compte caché, un compte anonyme, si vous voulez.
00:21:22De l'autre côté, vous avez un député, Raphaël Arnaud, qui a trois assistants parlementaires
00:21:27et qui cache à l'Assemblée nationale l'identité réelle de ses assistants parlementaires.
00:21:35Vous voyez, donc, là, on est vraiment dans deux cas différents.
00:21:37Dans un cas, nous, nous sommes victimes, en quelque sorte, de cet assistant parlementaire.
00:21:41Dans l'autre, vous avez un député qui, clairement, couvre, en réalité, ses agissements
00:21:44et fait en sorte que ces agissements ne soient pas connus du public.
00:21:48Mais on sent que vous voulez vous tenir, quand même, éloigné de ces groupuscules,
00:21:52parce qu'avec la consigne qui a été passée par Jordan-Marc-Blau,
00:21:54il y a quelques personnes qui appartiennent à ces groupuscules.
00:21:59Je les ai virées, je les ai foutues à la porte.
00:22:02Ça a été un des premiers actes de ma présidence du Front National.
00:22:05Donc, bien sûr, je veux m'en tenir éloignée, évidemment.
00:22:08Et le Rassemblement National n'a aucun lien structurel avec ces groupuscules.
00:22:13Et là encore, ça fait une énorme différence avec l'ensemble de la mouvance Antifa,
00:22:17qui a des liens structurels avec la France insoumise et pas seulement avec la France insoumise.
00:22:23Le collaborateur parlementaire, ce n'est pas le premier qui faisait partie de ces groupuscules
00:22:27que vous avez dû écarter.
00:22:29Il y en a eu d'autres qui faisaient partie de ces groupuscules.
00:22:32J'en sais rien, je ne les connais même pas.
00:22:33Ah si, et qui ont été écartés.
00:22:34Il y en a eu plusieurs.
00:22:35Je ne les connais pas.
00:22:36Bon, donc, je ne les connais pas parce que nous ne les fréquentons pas.
00:22:39Justement.
00:22:39Parce que nous n'avons pas de relation.
00:22:41Mais ils sont convictus même à la première.
00:22:42Est-ce que je peux vous rappeler juste quelque chose ?
00:22:45Lors des dernières élections législatives, les candidats de la France insoumise,
00:22:49sur leurs affiches de campagne, sur leurs tracts de campagne,
00:22:52avaient marqué avec le soutien de la jeune garde.
00:22:54Vous voyez ?
00:22:54Bon, je crois que vous n'avez jamais vu le soutien d'un groupuscule,
00:22:59extrémiste, sur les affiches du Rassemblement national.
00:23:01Juste avant le rassemblement de samedi, il y a eu un hommage,
00:23:04quelques jours après la mort du militant identitaire,
00:23:08auquel a participé des députés RN, des élus, des eurodéputés,
00:23:13même le président du mouvement de la jeunesse.
00:23:16Est-ce que vous regrettez cette présence ?
00:23:19C'était organisé par un groupuscule d'ultra-droite ?
00:23:21Moi, je considère qu'à partir du moment où c'est organisé par des gens
00:23:26qu'on ne connaît pas, avec lesquels on n'a pas de lien,
00:23:29mieux vaut éviter d'y participer.
00:23:30Mais encore une fois, on est là juste quelques heures après cet événement dramatique.
00:23:35Il y a eu une émotion.
00:23:36Les gens ont eu envie d'exprimer l'empathie qui était la leur.
00:23:40Je crois que ce serait vraiment de très mauvaise foi
00:23:43que d'essayer d'en tirer un lien,
00:23:45contrairement à ce qu'a pu oser dire Mme Broun-Pivet,
00:23:49entre le Rassemblement national et ses groupuscules,
00:23:51parce qu'il n'y en a pas.
00:23:52Il n'y en a pas.
00:23:54Mais ses groupuscules, pardonnez-moi,
00:23:56encore une fois, ils votent.
00:23:58Ce sont des milliers d'hommes, de femmes.
00:24:01Vous assumez qu'une part de ces hommes et femmes
00:24:03soit une partie de l'électeur ?
00:24:04En tout cas, je peux vous dire qu'il y en a une part qui ne vote pas pour nous.
00:24:07Parce que clairement, ils sont des adversaires politiques.
00:24:10Et je peux vous dire qu'il suffit d'aller sur les réseaux sociaux
00:24:13pour voir ce que ces groupuscules d'ultra-droite
00:24:15disent du Rassemblement national.
00:24:17Ils en disent le plus grand mal.
00:24:19Oui, parce que certains vous reprochent peut-être
00:24:20d'être allés trop loin dans la dédiabolisation.
00:24:23C'est aussi ça.
00:24:24Ça, vous l'assumez parfaitement.
00:24:26Je ne sais pas les raisons pour lesquelles ils ne nous aiment pas,
00:24:29mais ça ne me pose pas de problème qu'ils ne m'aiment pas.
00:24:31À ce moment de l'entretien aussi, Sophie,
00:24:34évoquons aussi ces questions
00:24:36qui ont eu des répercussions au-delà de nos frontières françaises
00:24:40et des commentaires à l'étranger,
00:24:42notamment en Italie, aux États-Unis.
00:24:44Oui, Georgia Méloni a commenté la mort de ce militant identitaire.
00:24:48Elle a parlé d'une blessure pour toute l'Europe.
00:24:49Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés.
00:24:52Ça a été la réaction du président de la République.
00:24:54Est-ce que vous, présidence,
00:24:56les propos de Georgia Méloni,
00:24:57vous aurez aussi dérangé, choqué ?
00:24:59Absolument pas.
00:25:00En quoi les propos de Méloni,
00:25:02qui sont une expression d'empathie,
00:25:05peuvent être choquants ?
00:25:06En quoi le fait de dire
00:25:08que c'est une blessure pour toute l'Europe,
00:25:10sachant que, je vous rappelle tout de même,
00:25:13qu'il y a une internationale d'extrême-gauche
00:25:15et qu'il y a eu par le passé d'énormes problèmes ?
00:25:18Souvenez-vous des G20, des G8, des sommets de l'OTAN,
00:25:22où se sont réunis des militants d'extrême-gauche
00:25:26de toute l'Europe.
00:25:27Italiens, Français, Allemands,
00:25:29s'opposant avec une très grande violence
00:25:32aux forces de l'ordre.
00:25:34Donc c'est un problème en Europe.
00:25:36Donc en quoi le fait de dire
00:25:38que c'est une blessure pour l'Europe,
00:25:40qui est un propos, encore une fois,
00:25:42d'empathie,
00:25:43peut être considéré par Emmanuel Macron
00:25:45comme une ingérence
00:25:47et peut justifier une réponse
00:25:49aussi violente, aussi brutale
00:25:52de la part d'Emmanuel Macron
00:25:54et au passage un peu insultante
00:25:55pour son propre peuple.
00:25:56Mais ça, il a l'habitude
00:25:57et je pense que ça ne le dérange pas beaucoup.
00:26:00Qu'est-ce qui s'est passé
00:26:01quand il y a eu Charlie, mesdames ?
00:26:05Et quand il y a eu l'attentat épouvantable de Charlie,
00:26:08il y a eu une marche organisée
00:26:09avec tous les dirigeants européens
00:26:12et voire même des dirigeants mondiaux.
00:26:15Il y avait même Mahoud Abbas
00:26:16qui était présent dans le roi de Jordanie
00:26:19qui était présent dans le cortège.
00:26:21Je veux dire qu'il y ait un élan
00:26:24d'empathie
00:26:26quand il arrive quelque chose comme ça.
00:26:29Je trouve que c'est tout à fait naturel
00:26:30et je considère que la réaction
00:26:33d'Emmanuel Macron
00:26:33est disproportionnée
00:26:36et même injustifiable.
00:26:39Mais vous mettez sur un même plan
00:26:40Charlie et la mort
00:26:42de ce militant identitaire ?
00:26:44La première ministre italienne,
00:26:48elle se souvient des années de plomb.
00:26:50Elle se souvient que la France
00:26:52a été le pays d'asile
00:26:54de tous les terroristes d'extrême-gauche
00:26:57italiens.
00:26:59des jeunes de son parti politique
00:27:02Fratelli Italia
00:27:02ont été victimes en Italie
00:27:05de scènes de lynchage
00:27:07du même type
00:27:08de celui
00:27:10des images qu'on a pu voir
00:27:13et manifestement
00:27:14par les mêmes personnes,
00:27:15c'est-à-dire par des Français
00:27:17de la jeune garde.
00:27:18Par conséquent,
00:27:19c'est assez normal
00:27:20qu'elle considère
00:27:21que le problème
00:27:22est un problème
00:27:22qui peut toucher toute l'Europe.
00:27:24Je ne comprends même pas
00:27:26qu'on puisse s'élever
00:27:27contre un propos
00:27:29qui m'est apparu, moi,
00:27:31en même temps,
00:27:32plutôt sympathique
00:27:32à l'égard de la France
00:27:33et totalement anodin.
00:27:34Réaction disproportionnée aussi
00:27:35à l'égard de l'ambassadeur
00:27:37américain en France.
00:27:38Cette convocation
00:27:39suite à ces propos
00:27:40de Charles Kushner,
00:27:41là aussi,
00:27:42il ne s'est pas rendu
00:27:43au rendez-vous.
00:27:43Ils se sont tus
00:27:44entre-temps
00:27:45avec Jean-Noël Barraud.
00:27:47Qu'a dit M. Kushner ?
00:27:49M. Kushner a dit
00:27:51viser spécifiquement
00:27:52ces groupes d'extrême-gauche.
00:27:53Il dit que c'est préoccupant.
00:27:56Nous continuerons
00:27:57à suivre la situation
00:27:57et espérons
00:27:58que les auteurs
00:27:58de ces violences
00:27:59seront traduits en justice.
00:28:00Mais c'est préoccupant.
00:28:01Il a dit
00:28:02que c'est une préoccupation.
00:28:04Mais c'est une préoccupation
00:28:05aussi aux États-Unis.
00:28:06Où il y a,
00:28:07je vous rappelle,
00:28:08assez récemment,
00:28:09tout de même,
00:28:11l'assassinat
00:28:11par un militant
00:28:13d'extrême-gauche
00:28:13de Charlie Carke.
00:28:14Donc, je veux dire,
00:28:15c'est une préoccupation.
00:28:17La manière
00:28:18dont l'extrême-gauche
00:28:19entend entraver
00:28:21par la violence
00:28:22le processus électoral
00:28:23dans un certain nombre
00:28:24de pays
00:28:24est une préoccupation
00:28:25pour tous les gouvernements
00:28:27qui sont attachés
00:28:27à la démocratie.
00:28:29Je ne vois pas
00:28:29en quoi
00:28:30le gouvernement français
00:28:32peut considérer
00:28:32que ce propos
00:28:33que je considère
00:28:34là encore
00:28:34anodin
00:28:35puisse être
00:28:38ressenti
00:28:38et auquel
00:28:40il soit répondu
00:28:41d'une manière
00:28:42aussi brutale
00:28:43de la part
00:28:44du gouvernement
00:28:45français.
00:28:46Bon,
00:28:46et en quoi
00:28:46l'ambassadeur
00:28:47aurait dû se rendre
00:28:48à la convocation
00:28:50parce que le principe
00:28:51de la diplomatie,
00:28:52c'est que quand un pays,
00:28:53vous êtes ambassadeur,
00:28:54vous demande
00:28:55un entretien,
00:28:56vous y allez.
00:28:57Vous l'avez rencontré
00:28:57en décembre dernier
00:28:59avec Jordan Bardella.
00:28:59Vous regrettez donc
00:29:00qu'il ne se soit pas rendu
00:29:01à la convocation ?
00:29:01Bien sûr,
00:29:02je regrette.
00:29:03Mais je vous rappelle
00:29:03qu'aux États-Unis,
00:29:05les mouvements
00:29:06ainsi d'extrême-gauche
00:29:08ont été classés
00:29:09terroristes
00:29:10et qu'il y a aussi
00:29:11un sujet
00:29:12qui monte
00:29:13dans un certain
00:29:13nombre de pays
00:29:14et pas seulement
00:29:15en Europe
00:29:15sur ce qu'on appelle
00:29:16l'éco-terrorisme,
00:29:18c'est-à-dire
00:29:19cette idéologie
00:29:20qui considère
00:29:21que la défense
00:29:22de l'écologie
00:29:23pourrait passer
00:29:24par des actions
00:29:25violentes,
00:29:26des atteintes
00:29:27aux biens,
00:29:28des sabotages
00:29:29et notamment
00:29:29d'infrastructures
00:29:30qui sont des infrastructures
00:29:33dont le sabotage
00:29:34peut avoir
00:29:34des conséquences
00:29:35importantes.
00:29:36Donc c'est un vrai sujet
00:29:38de préoccupation
00:29:39et j'espère que le gouvernement
00:29:40va se saisir
00:29:41sérieusement de cela.
00:29:42Oui, sur les ingérences,
00:29:44d'ailleurs,
00:29:44pas que le gouvernement...
00:29:44Non, pas sur les ingérences,
00:29:46sur la montée
00:29:48de cette forme
00:29:48de terrorisme.
00:29:49Oui, sur juste
00:29:50Charles Keschner,
00:29:51un dernier mot là-dessus.
00:29:53Vous l'avez rencontré,
00:29:54Sophie le disait
00:29:54au mois de décembre dernier,
00:29:56forme de soutien aussi,
00:29:57appuyé en disant
00:29:58que vos échanges
00:29:59étaient très intéressants,
00:30:00qu'il était content
00:30:00d'en apprendre davantage.
00:30:02On sait aussi
00:30:03et c'est documenté,
00:30:03notamment au département
00:30:05d'État américain,
00:30:06qu'on souhaite
00:30:08dans le camp Trump
00:30:09la victoire
00:30:10du camp patriote.
00:30:11C'est le rassemblement
00:30:12national qui est visé.
00:30:13Je ne sais pas
00:30:13où vous avez lu ça.
00:30:14Moi, je ne l'ai pas lu.
00:30:17Mais qu'il y ait des gens
00:30:18qui souhaitent notre victoire,
00:30:19je m'en réjouis.
00:30:20Mais en l'occurrence,
00:30:21je n'ai pas lu cela
00:30:23et je ne pense pas
00:30:23que ça a été exprimé.
00:30:24Tous les soutiens
00:30:25sont pour à prendre.
00:30:25exprimés ainsi.
00:30:27En revanche,
00:30:28il est vrai
00:30:28que l'interdiction
00:30:30faite à la candidate
00:30:32que je suis
00:30:34de pouvoir se présenter
00:30:35aux élections
00:30:36a suscité incontestablement
00:30:37un émoi
00:30:39aux États-Unis,
00:30:40mais pas seulement
00:30:41aux États-Unis.
00:30:42C'est tous ceux
00:30:43qui considèrent
00:30:44qu'il est tout de même
00:30:46problématique
00:30:47que la représentante
00:30:48du premier parti
00:30:49de France
00:30:51puisse potentiellement
00:30:52être empêchée
00:30:52de se présenter
00:30:53à une élection présidentielle.
00:30:54Et on y reviendra
00:30:54en longueur,
00:30:55Marine Le Pen.
00:30:56Parlons à présent
00:30:57de politique intérieure
00:30:58quand même.
00:30:59Sébastien Lecornu,
00:31:00le Premier ministre,
00:31:01a affronté aujourd'hui
00:31:02sa 11e et 12e motion
00:31:05de censure
00:31:06déposée par la France
00:31:07Insoumise
00:31:07et par votre parti
00:31:09de Rennes-Sophie.
00:31:09Et en fait inédit,
00:31:10Marine Le Pen,
00:31:11vous n'avez pas voté
00:31:12la motion de censure
00:31:13de la France Insoumise.
00:31:13Pourquoi ?
00:31:15Vous savez,
00:31:16nous,
00:31:16on a toujours voté
00:31:17les motions de censure
00:31:18d'où qu'elles viennent
00:31:19parce que l'objectif
00:31:20d'une motion de censure
00:31:20c'est de censurer
00:31:21le gouvernement.
00:31:22Ça n'est pas d'être d'accord
00:31:23avec celui qui la dépose.
00:31:25Mais nous avons trouvé,
00:31:27compte tenu des circonstances,
00:31:28que l'ambiguïté
00:31:30des partis politiques
00:31:31de gauche
00:31:32à l'égard
00:31:33de la France Insoumise
00:31:35et de ce qui s'est passé
00:31:36est telle,
00:31:38voire même leur hypocrisie
00:31:39est telle,
00:31:40qu'il était nécessaire
00:31:41pour nous de marquer le coup.
00:31:42Et donc nous avons marqué le coup
00:31:44et nous n'avons pas voté
00:31:46la motion de censure
00:31:47déposée par la France Insoumise.
00:31:49Nous réservons évidemment
00:31:51de voter la nôtre.
00:31:52Mais celle-ci n'avait aucune chance
00:31:53de passer.
00:31:54Est-ce que si la motion de censure
00:31:55à la FI avait eu une chance
00:31:57de passer,
00:31:57est-ce que vous auriez eu
00:31:58le même comportement ?
00:31:59Moi, j'essaye de ne pas trop
00:32:01abuser des filles
00:32:02en politique.
00:32:04Non mais ce que je veux dire,
00:32:05c'est que c'était facile
00:32:06de ne pas voter la motion de censure
00:32:07à la France Insoumise
00:32:08parce qu'il n'y avait pas de chance.
00:32:08Ce que ça dit surtout,
00:32:09c'est que nous,
00:32:10nous ne sommes pas sectaires.
00:32:11C'est-à-dire que nous,
00:32:13quand nous voulons censurer
00:32:14le gouvernement
00:32:15pour des raisons très justifiées,
00:32:16parce qu'on ne le dit pas,
00:32:18mais en réalité,
00:32:18nous avons déposé
00:32:19cette motion de censure
00:32:21à la suite
00:32:22de la loi de programmation
00:32:26de l'énergie.
00:32:28C'est par décret.
00:32:29qui est une honte absolue,
00:32:31enfin je veux dire
00:32:31qui est une violation majeure
00:32:35du fait démocratique là aussi
00:32:36parce que nous avons voté contre,
00:32:39l'Assemblée nationale a voté contre
00:32:41un projet de loi
00:32:42et il le passe par décret.
00:32:45Il le passe par décret
00:32:46en cachant un rapport
00:32:48qui a été rendu
00:32:50sur les conséquences
00:32:53de la modulation
00:32:54des réacteurs nucléaires
00:32:57à cause des énergies
00:33:00intermittents
00:33:00et en caviardant ce rapport.
00:33:03Enfin, je veux dire,
00:33:04tout y est.
00:33:05Ce sont des accusations graves
00:33:07et par ailleurs,
00:33:07le Premier ministre vous répond aussi
00:33:08parce que vous avez chiffré
00:33:10300 milliards d'euros.
00:33:12Ça, c'est les chiffres
00:33:13du Rassemblement national.
00:33:14Sébastien Lecornu dit
00:33:15que vous racontez n'importe quoi
00:33:17et que vous avez juste envie
00:33:19de faire peur aux Français.
00:33:20Mais il est où son chiffrage à lui ?
00:33:21Il ne l'a pas encore.
00:33:22Oh, bah tiens !
00:33:23Il passe un décret
00:33:24et il n'a pas le chiffrage
00:33:26de ce qu'il fait passer en décret.
00:33:29Ça va engager la France
00:33:30sur 10 ans.
00:33:31Vous vous rendez compte ?
00:33:32Ça va multiplier par 15
00:33:34l'éolien en mer.
00:33:35Ça va multiplier par 2
00:33:37l'éolien sur Terre.
00:33:38Ça va multiplier par 4
00:33:39le solaire.
00:33:41Le RN au pouvoir
00:33:43reviendra sur toute cette...
00:33:46Ah, mais c'est une évidence
00:33:47parce que l'énergie,
00:33:48c'est la vie.
00:33:49C'est la vie de notre économie.
00:33:51Or, cette programmation
00:33:52de l'énergie,
00:33:54elle acte la décroissance économique
00:33:57de notre pays.
00:33:58Elle acte notre assujettissement
00:34:02à des importations
00:34:04de plus en plus massives
00:34:05sachant que 51%
00:34:08de notre empreinte carbone,
00:34:10c'est à cause
00:34:11des importations.
00:34:12Elle acte
00:34:13l'effondrement
00:34:16admis par le gouvernement
00:34:18de notre industrie.
00:34:19Donc, c'est une véritable catastrophe.
00:34:22Et on ne peut pas,
00:34:24encore une fois,
00:34:25faire fi
00:34:26d'une vision
00:34:27pour l'énergie
00:34:29pour notre pays
00:34:29pour demain
00:34:30parce qu'il en va
00:34:30de notre souveraineté
00:34:31mais il en va aussi
00:34:32de la facture d'électricité.
00:34:33Oui, nous disons clairement
00:34:35que ça va coûter
00:34:35300 milliards.
00:34:37Et il y a un moment donné
00:34:39où il faut se rendre compte
00:34:40que...
00:34:41Les chiffres totalement démentis.
00:34:42Encore une fois...
00:34:43Totalement démentis.
00:34:43Par qui ?
00:34:44Le chiffrage n'est pas
00:34:45mais par le gouvernement.
00:34:46D'accord, mais enfin écoutez,
00:34:47on ne parle pas là
00:34:50de quelqu'un
00:34:51qui passe dans la rue.
00:34:52On parle du Premier ministre.
00:34:54Voilà un homme
00:34:55qui est Premier ministre
00:34:56qui signe un décret
00:34:57qui engage la France
00:34:58pour 10 ans
00:34:59contre la volonté
00:35:01de l'Assemblée nationale.
00:35:02Contre la volonté
00:35:03de l'Assemblée nationale
00:35:03et qui vient vous dire
00:35:04« Oh, le chiffre,
00:35:05c'est n'importe quoi ! »
00:35:07Mais qui n'a pas
00:35:07de chiffrage lui-même ?
00:35:09Enfin, c'est honteux,
00:35:11sérieusement.
00:35:11Ce n'est pas sérieux.
00:35:12Ce n'est même plus
00:35:13de l'amateurisme.
00:35:14On se moque du monde.
00:35:16Donc nous maintenons
00:35:17ce chiffrage
00:35:17et à chaque fois
00:35:18qu'on a fait des chiffrages,
00:35:19l'avenir nous a donné raison.
00:35:21Vous voyez ?
00:35:21Donc moi, j'attends
00:35:22quelques mois
00:35:22et aujourd'hui,
00:35:24on nous moque.
00:35:25Vous verrez que
00:35:26d'ici quelques mois,
00:35:27nous aurons très précisément
00:35:29le chiffrage
00:35:29et que ça coûtera
00:35:30300 milliards.
00:35:31Madame Le Pen,
00:35:32vous serez demain
00:35:33au Salon de l'Agriculture
00:35:34avec Jordan Bardella.
00:35:35Le Premier ministre
00:35:36s'est engagé
00:35:37à ce que la loi
00:35:37d'urgence agricole
00:35:38soit étudiée
00:35:39avant l'été.
00:35:39Il l'a dit hier
00:35:40quand il était lui-même
00:35:41au Salon.
00:35:42Est-ce que vous le croyez ?
00:35:43Non.
00:35:44Qu'est-ce qui se passe
00:35:45alors s'il ne tient pas
00:35:46sa promesse ?
00:35:49Ça passera plus tard
00:35:50et les agriculteurs
00:35:51continueront à souffrir
00:35:52et ils continueront
00:35:53à subir des normes
00:35:55qui sont insupportables.
00:35:57Ils continueront
00:35:58à subir la concurrence
00:36:00déloyale,
00:36:01les surtranspositions
00:36:02imposées par l'Union européenne.
00:36:04On continuera
00:36:05à pleurer cet été
00:36:06en disant
00:36:07« Ah, il n'y a pas d'eau,
00:36:08il y a la sécheresse »
00:36:10alors qu'on a eu
00:36:11un déluge
00:36:12et qu'on nous interdit
00:36:13d'opérer
00:36:14des stockages d'eau
00:36:17pour pouvoir faire face
00:36:18à une éventuelle sécheresse
00:36:20cet été.
00:36:21Voilà.
00:36:21On perd du temps,
00:36:22on perd du temps,
00:36:23on perd du temps
00:36:24et pendant ce temps-là,
00:36:25notre agriculture
00:36:26elle s'affaiblit
00:36:27au point
00:36:28qu'alors que la balance
00:36:30était ultra excédentaire
00:36:32de milliards
00:36:32pour la France,
00:36:35eh bien cette année,
00:36:37il y aura
00:36:37200 petits millions
00:36:38d'excédents
00:36:39et on passera
00:36:40très certainement
00:36:41à un déficit
00:36:42d'ici quelques mois.
00:36:44Vous dites
00:36:44qu'on perd du temps
00:36:44et le gouvernement
00:36:45vous répond
00:36:46les motions de censure
00:36:47nous font perdre du temps
00:36:48et vous en avez
00:36:49redéposé une à nouveau
00:36:50cette semaine.
00:36:50Ça fait perdre 3 heures.
00:36:51Non mais il faut arrêter
00:36:52là aussi.
00:36:52Il y a eu 3 motions de censure
00:36:53sur le butier
00:36:54et une à nouveau.
00:36:54C'est ce que le gouvernement
00:36:55vous répond.
00:36:56Il faut arrêter
00:36:57que le gouvernement
00:36:58se moque du monde.
00:37:00Voilà.
00:37:01Donc c'est pas les 3 heures
00:37:02de débat
00:37:03sur la motion de censure
00:37:04qui ont fait perdre du temps.
00:37:06Mais je rappelle tout de même
00:37:07que M. Lecornu
00:37:08est là où il est
00:37:09parce qu'il a acheté du temps.
00:37:12La réalité...
00:37:12Aux socialistes ?
00:37:14Oui, à tout le monde.
00:37:15La réalité, c'est qu'il y aurait
00:37:17dû y avoir des élections
00:37:19législatives.
00:37:20Voilà.
00:37:20Il y aurait dû y avoir...
00:37:22Vous parlez au passé,
00:37:22vous avez fait le deuil de ça ?
00:37:23Non, je n'ai pas fait le deuil.
00:37:25Mais au moment où on se parle,
00:37:26il y aurait dû y avoir
00:37:26une dissolution.
00:37:27Les Français auraient dû
00:37:28être appelés à voter,
00:37:30à se choisir une majorité.
00:37:32Or, par des magouilles,
00:37:33par des manœuvres,
00:37:35notamment avec le Parti socialiste
00:37:37et d'ailleurs avec le portefeuille
00:37:39des Français.
00:37:40Parce que croyez-moi
00:37:40que l'accord du Parti socialiste,
00:37:42il coûte très cher
00:37:44au peuple français.
00:37:46Eh bien, il a acheté,
00:37:48avec l'argent des Français,
00:37:49du temps pour lui-même.
00:37:51Et pour en faire quoi ?
00:37:52Même pas pour faire passer
00:37:54la loi d'urgence agricole
00:37:56avant automne prochain.
00:37:57Vous parlez du...
00:37:57Il s'est engagé avant l'été.
00:37:58Encore une fois,
00:38:00calendrier fera foi
00:38:01et on verra ce qu'il se passe.
00:38:03Marine Le Pen,
00:38:03au moment de cet entretien,
00:38:04avant d'aborder la question aussi,
00:38:06l'enjeu majeur
00:38:07que sont les municipales
00:38:08dans trois semaines,
00:38:09le premier tour.
00:38:10Une question sur la Cour des Comptes
00:38:13et sa nouvelle première présidente,
00:38:15Amélie de Montchalin,
00:38:16ancienne ministre du Budget,
00:38:19d'Emmanuel Macron.
00:38:20Ça vous fait sourire.
00:38:20Ça vous fait sourire, visiblement.
00:38:21Oh non.
00:38:22Vous aviez appelé
00:38:22le président de la République
00:38:24à revenir sur cette décision.
00:38:26Vous y voyez, comme d'autres,
00:38:28un verrouillage des institutions
00:38:29en vue possiblement
00:38:31d'une alternance
00:38:31et donc possiblement
00:38:32de l'arrivée du RN
00:38:33à l'Elysée
00:38:35dans un an et demi.
00:38:36C'est une autre forme
00:38:36de violence institutionnelle
00:38:38tout de même
00:38:38que de chercher
00:38:39à verrouiller les institutions.
00:38:42Au point de manœuvrer
00:38:44avec M. Villevoix de Gallo,
00:38:47ça n'est pas objectivement anodin.
00:38:51Le patron de la Banque de France.
00:38:53Je considère que c'est très grave
00:38:57que M. Villevoix de Gallo
00:38:59se soit plié à cette manœuvre
00:39:01qui consiste à faire démissionner
00:39:05des gens qui avaient un mandat
00:39:06jusqu'à fin 2027
00:39:08pour pouvoir choisir
00:39:11des proches du pouvoir
00:39:13dans le but clair
00:39:15d'empêcher l'alternance
00:39:18de s'exprimer.
00:39:19C'est-à-dire que quand vous n'arrivez pas
00:39:20à empêcher votre adversaire
00:39:22d'être candidat,
00:39:23vous vous dites
00:39:24« Tiens, je vais essayer
00:39:25de l'empêcher de gouverner,
00:39:27c'est-à-dire de respecter
00:39:29la volonté des Français
00:39:30quand il sera élu. »
00:39:32Ce sont des accusations
00:39:33très graves que vous portez.
00:39:34Oui, non, non,
00:39:34ce ne sont pas des...
00:39:35Je le dis parce que c'est le cas
00:39:37pour la Banque de France,
00:39:38la Cour des comptes,
00:39:41ils cherchent à faire ça
00:39:42avec la BCE.
00:39:44Et Christine Lagarde.
00:39:45Avec Mme Christine Lagarde.
00:39:47Mais surtout, la France
00:39:49et Emmanuel Macron
00:39:53exigent de l'Union européenne
00:39:55que le pacte financier pluriannuel
00:39:57qui normalement doit être négocié
00:39:59fin 2027
00:40:00soit négocié fin 2026
00:40:03pour verrouiller
00:40:05les obligations de la France
00:40:07à l'égard de l'Union européenne
00:40:08qui sont des obligations
00:40:09dramatiques pour notre pays
00:40:10et notamment pour les agriculteurs
00:40:12avant les élections présidentielles.
00:40:14Vous voyez, il y a un moment,
00:40:15si vous voulez,
00:40:16ce n'est même plus
00:40:16un faisceau de présomption là.
00:40:18C'est un faisceau de preuves
00:40:20qu'ils cherchent manifestement
00:40:22à verrouiller cela
00:40:23puisque celui qui, je crois,
00:40:26enfin, moi, c'est un secret de polichinelle
00:40:29qui est envisagé
00:40:31pour être à la tête
00:40:32de la Banque de France
00:40:32n'est personne d'autre
00:40:33que le secrétaire général
00:40:34de l'Élysée.
00:40:35Vous voyez, il ne cherche même pas
00:40:37à s'en cacher.
00:40:38Et ça, je trouve que
00:40:40c'est un problème
00:40:41parce que ça veut dire aux Français
00:40:43je vais essayer de me maintenir
00:40:44au pouvoir
00:40:46même si vous ne souhaitez plus
00:40:47que je sois au pouvoir.
00:40:48Eh bien, moi, je viens vous dire
00:40:49que le peuple français
00:40:52sera entendu,
00:40:53que la volonté du peuple français
00:40:54sera respectée
00:40:55et qu'aucune de ces manœuvres
00:40:57ne sera utile.
00:40:59Donc toute cette agitation
00:41:00de la part du président
00:41:01de la République
00:41:02est, je vous le dis,
00:41:03inutile.
00:41:04Et s'il faut passer
00:41:05par des référendums
00:41:06pour faire respecter
00:41:07la volonté des Français,
00:41:08nous passerons par des référendums
00:41:09pour faire respecter
00:41:10la volonté des Français.
00:41:11Parlons à présent
00:41:12des municipales.
00:41:13Scrutin du premier tour
00:41:15le 15 mars prochain,
00:41:16deuxième tour le 22 mars.
00:41:18Vous avez déjà,
00:41:20avec votre procès,
00:41:21fait des déplacements
00:41:22de soutien à des candidats
00:41:23et vous serez ce week-end
00:41:25dans le Var à Toulon,
00:41:26je crois, Sophie.
00:41:27Quels sont vos objectifs
00:41:29pour ces municipales
00:41:30qui arrivent ?
00:41:31Nos objectifs,
00:41:32c'est de gagner
00:41:32dans un maximum de villes.
00:41:34Mais combien ?
00:41:35Il n'y a aucun chiffre.
00:41:36Personne ne lance de chiffre.
00:41:37Mais parce qu'on ne peut pas
00:41:38lancer de chiffre.
00:41:39Il faut méconnaître,
00:41:40en fait,
00:41:41le fait de l'élection municipale
00:41:43pour lancer des chiffres
00:41:43pour une raison très simple.
00:41:45C'est que ça dépend
00:41:46du nombre de listes
00:41:47qui arrivent au second tour.
00:41:48Ça dépend des potentielles
00:41:50fusions de listes.
00:41:51Ça dépend de beaucoup de choses
00:41:52le résultat d'une élection municipale.
00:41:53Mais j'ai envie de vous dire
00:41:54et surtout de dire aux Français
00:41:56mobilisez-vous.
00:41:57Surtout, ne laissez pas passer
00:41:58cette élection en vous disant
00:41:59parce que parfois j'entends
00:41:59des gens dire
00:42:00ce qui est important
00:42:01c'est la présidentielle.
00:42:02Non, toutes les élections
00:42:03sont importantes.
00:42:04Parce que si on peut obtenir
00:42:05un changement immédiat
00:42:06dans sa commune,
00:42:07évidemment qu'il ne faut pas
00:42:08se priver de cela.
00:42:09Or, l'élection municipale
00:42:11c'est une élection
00:42:11à la proportionnelle.
00:42:12C'est-à-dire que soit on gagne,
00:42:13soit on gagne.
00:42:14Soit on gagne parce que
00:42:16un maire de Rassemblement
00:42:17national est élu,
00:42:18soit on gagne
00:42:19parce que des conseillers
00:42:20municipaux d'opposition
00:42:21sont élus
00:42:22et font valoir, en fait,
00:42:24la voix des électeurs
00:42:26du Rassemblement national
00:42:26et donc les idées
00:42:28qui sont les nôtres.
00:42:28Donc il est extrêmement important
00:42:30de ne pas faire l'impasse
00:42:32sur ces élections municipales,
00:42:33de les considérer
00:42:35comme le début, en réalité,
00:42:37de la grande alternance
00:42:38que nous souhaitons.
00:42:39– Vous en tirez donc forcément
00:42:42une leçon nationale
00:42:43de ce scrutin local.
00:42:45Est-ce que vous avez peur
00:42:46de l'effet
00:42:49des élections législatives anticipées ?
00:42:51– Non mais moi,
00:42:51je n'ai pas peur des élections.
00:42:52Il n'y a pas marqué Renaissance.
00:42:53– Les sondages annoncés,
00:42:54sans doute, peut-être,
00:42:55une majorité absolue ou proche.
00:42:58Ça n'est pas un Rassemblement.
00:42:59– Non mais moi,
00:43:00je n'ai pas peur des élections.
00:43:01Parce que je n'ai pas peur
00:43:02du peuple français.
00:43:02C'est la raison pour laquelle,
00:43:03d'ailleurs, je considère
00:43:04que les privés d'élections,
00:43:07comme l'a fait Emmanuel Macron
00:43:11et son Premier ministre,
00:43:12est une très mauvaise chose.
00:43:13Ce que je dis juste,
00:43:14c'est que les dernières élections
00:43:15municipales, il y a eu le Covid.
00:43:17Donc elles ont été quand même
00:43:18très entravées
00:43:20dans la manière
00:43:21dont elles se sont déroulées,
00:43:23qu'on les a privées
00:43:24de législatives anticipées
00:43:25et que donc là,
00:43:26ils ont la possibilité
00:43:27de dire ce qu'ils pensent.
00:43:28Et il y a des conséquences
00:43:29importantes dans les municipalités.
00:43:31– Je suis désolée de le dire,
00:43:33mais le pacte des migrations
00:43:37qui oblige à aller installer
00:43:39des migrants dans l'ensemble
00:43:40des campagnes, des villes, etc.,
00:43:43le maire peut s'y opposer,
00:43:45quoi qu'on en dise.
00:43:45et quand il s'y oppose,
00:43:48ça a un effet.
00:43:49Bon, en matière de sécurité,
00:43:51Louis Alliot l'a démontré
00:43:52à Perpignan,
00:43:53il a réussi à obtenir
00:43:54des résultats
00:43:55en matière de sécurisation
00:43:57de sa ville,
00:43:59en matière d'impôts,
00:44:00à Hénin-Beaumont,
00:44:01cette baisse de la fiscalité locale.
00:44:05Donc, la gestion RN,
00:44:07ça marche.
00:44:08Les Français doivent s'offrir
00:44:09cette chance-là.
00:44:10– Lors du lancement
00:44:11de la campagne des municipales,
00:44:12le parti disait,
00:44:13l'objectif,
00:44:14c'est pas de choisir la quantité,
00:44:16mais c'est de choisir la qualité.
00:44:17C'est pas la quantité,
00:44:18mais c'est la qualité, pardon.
00:44:19Force est de constater
00:44:20que la qualité
00:44:21n'est pas toujours au rendez-vous.
00:44:22Fernand Beauvillin,
00:44:23candidat RN au municipal
00:44:25en Gironde,
00:44:26est visé pour des propos racistes
00:44:28tenus sur les réseaux sociaux
00:44:30et l'ironie sur l'équipe de France.
00:44:32– Alors, attention à vos sources,
00:44:33parce que j'ai lu un article comme ça
00:44:37dans un journal d'extrême-gauche
00:44:39où la moitié des gens
00:44:41n'étaient pas candidats,
00:44:42n'avaient pas été investis
00:44:43ou étaient désinvestis, etc.
00:44:47– On a regardé les postes
00:44:48de ce candidat
00:44:49qui a des propos racistes
00:44:50sur les réseaux,
00:44:51qui est ironie sur le Tour de France.
00:44:53– Mais s'il a des propos racistes,
00:44:54alors il n'est plus candidat.
00:44:55– Vous pourriez désinvestir.
00:44:57– Mais je ne peux pas vous dire,
00:44:57il y a 620 listes
00:45:00du Rassemblement national,
00:45:01si vous voulez,
00:45:02je ne peux pas vous dire.
00:45:03Je vous dis que
00:45:03lorsque un candidat
00:45:05a un comportement
00:45:06qui est contraire
00:45:08aux idées
00:45:09du Rassemblement national,
00:45:11eh bien,
00:45:11il est exclu.
00:45:13– Vous dites que la main
00:45:15ne tremblera pas.
00:45:16– Et on lui retire
00:45:17son investiture.
00:45:18– Eh bien, nous vous le disons.
00:45:18– Non, moi j'ai un certain nombre,
00:45:20moi j'ai un certain nombre
00:45:21de médias
00:45:23d'extrême-gauche
00:45:23qui considèrent
00:45:24que le fait de dire
00:45:25qu'on est contre l'immigration,
00:45:26c'est raciste.
00:45:27Vous voyez,
00:45:27donc il faut aussi
00:45:27qu'on soit d'accord.
00:45:28– Là, on n'est pas
00:45:28dans ce type de propos.
00:45:29– Mais s'il a bien ses propos,
00:45:30qu'on a vu les postes,
00:45:33vous dites que du coup,
00:45:33il n'y aura plus
00:45:34l'investiture du Rassemblement national.
00:45:35– Mais bien sûr,
00:45:36il n'y a aucune difficulté là-dessus.
00:45:38Nous avons toujours
00:45:39la même ligne de conduite
00:45:42depuis des années et des années,
00:45:43et nous continuons
00:45:45à imposer
00:45:46cette ligne de conduite.
00:45:47– On parle à présent,
00:45:49on le fait aussi,
00:45:51Marine Le Pen.
00:45:51Je vous l'assure.
00:45:52– Je vous l'assure.
00:45:54Sur la stratégie
00:45:55du second tour,
00:45:56parce que c'est aussi
00:45:57une véritable question,
00:45:58on évoquait les propos
00:45:59de la ministre
00:46:00Aurore Berger
00:46:02qui aide finalement
00:46:03de reprendre
00:46:04votre argument
00:46:04du cordon sanitaire
00:46:05avec AFI
00:46:06pour ces municipales
00:46:07et qui dit finalement que le RN aille jusqu'au bout
00:46:10et retire certains de ses candidats
00:46:11pour empêcher la victoire de la France insoumise.
00:46:14Vous lui répondez quoi ?
00:46:16On voit l'attachement des macronistes à la démocratie.
00:46:19Ce que Mme Berger ne semble pas savoir
00:46:21que lorsqu'on arrive au second tour aux élections municipales,
00:46:24on a des conseillers municipaux d'opposition qui sont élus.
00:46:27Si on atteint 2% des...
00:46:29On a des conseillers municipaux élus,
00:46:31c'est-à-dire qu'ils défendent leurs idées.
00:46:33Ça s'appelle la démocratie.
00:46:34Donc il n'est pas question
00:46:36de retirer des candidats
00:46:39parce que la confiance que nous portent nos électeurs,
00:46:41c'est de défendre leurs idées
00:46:43dans les conseils municipaux où ils sont élus.
00:46:45Donc voilà.
00:46:46Maintenant, Mme Aurore Berger,
00:46:47elle ferait mieux de garder ses bonnes idées
00:46:49pour son propre mouvement politique
00:46:52et pour faire en sorte
00:46:55que ne se reproduise pas
00:46:56ce qui s'est passé
00:46:58lors des dernières élections législatives,
00:47:00à savoir que des candidats macronistes
00:47:05se sont retirés
00:47:06dans l'objectif précis
00:47:08d'empêcher l'élection
00:47:11d'un élu Rassemblement national
00:47:13et faire élire un élu
00:47:15la France insoumise.
00:47:16Voilà.
00:47:16Donc, comme dit le président de la République,
00:47:20chacun chez soi...
00:47:21Et les moutons se sont bien gardés.
00:47:22Justement, vous parlez d'alliance,
00:47:24c'est aussi la question qui va se poser
00:47:25pour les Républicains.
00:47:27Est-ce que vous donnez le feu vert
00:47:28à vos candidats aux municipales
00:47:30de tendre la main aux Républicains
00:47:32pour empêcher des victoires
00:47:34de la France insoumise ?
00:47:35Mais nous allons étudier au cas par cas,
00:47:37dans le cadre de la commission d'investiture,
00:47:39entre les deux tours,
00:47:40les demandes de fusion,
00:47:42car il y a la possibilité
00:47:43de fusionner des listes au second tour.
00:47:46Donc, si la demande nous en est faite,
00:47:49eh bien, nous analyserons au cas par cas
00:47:52ces situations.
00:47:53En tout cas, ce qui est sûr,
00:47:54c'est que nous ne nous privons pas
00:47:56par principe de pouvoir envisager
00:47:59une fusion de listes.
00:48:00Ce qui est sûr,
00:48:01c'est que nous excluons
00:48:02le retrait de nos listes.
00:48:04Parce que le retrait de nos listes,
00:48:05c'est la violation de la confiance
00:48:08que les électeurs ont mis en bout
00:48:10lorsqu'ils ont déposé un bulletin
00:48:13au premier tour.
00:48:14Donc, tout candidat RN
00:48:15en capacité de se maintenir,
00:48:18donc à plus de 10%,
00:48:19se maintiendra au second tour.
00:48:21Ça, c'est la ligne.
00:48:22Ça a toujours été notre ligne
00:48:23et ça restera évidemment notre ligne.
00:48:25À l'inverse, vous n'avez pas de mots
00:48:26assez durs à l'égard des Républicains
00:48:28au niveau national,
00:48:29mais par contre, vous donnez le feu vert
00:48:31à vos candidats pour des alliances
00:48:32au niveau local.
00:48:33Un pas de plus vers l'union des droites.
00:48:35Mais vous voyez très bien
00:48:36qu'entre le discours qui est tenu
00:48:38par les dirigeants de LR
00:48:41et ce que pense la base de LR,
00:48:44il y a un gouffre.
00:48:46Il y a énormément de gens
00:48:47et depuis des années maintenant
00:48:48qui sont LR,
00:48:50mais qui sur le terrain
00:48:52n'ont pas du tout la morgue
00:48:53et le mépris
00:48:54et les propos qui sont inadmissibles
00:48:57que tiennent un certain nombre
00:48:58de dirigeants LR
00:48:59à notre égard.
00:49:00Si vous voulez,
00:49:01donc, les accords,
00:49:02ils ont déjà existé.
00:49:04Ils ont existé aux législatives,
00:49:06ils ont existé aux dernières municipales,
00:49:08ils existent même déjà.
00:49:10C'est-à-dire qu'il y a déjà des listes
00:49:11dans lesquelles il y a des candidats
00:49:13étiquetés LR
00:49:15qui participent
00:49:16à des listes
00:49:18rassemblement national.
00:49:19Donc, il y a vraiment
00:49:20une énorme différence.
00:49:21Et c'est lié
00:49:22à la déconnexion, en fait,
00:49:23de la direction de LR
00:49:25avec ce qui leur reste d'électorat.
00:49:28Justement, la direction de LR,
00:49:29elle a un nouveau candidat
00:49:30à la présidentielle,
00:49:32c'est Bruno Rotaillot.
00:49:32Vous n'avez pas réagi ?
00:49:34Absolument.
00:49:34Vous n'avez pas réagi
00:49:35à cette candidature du tout ?
00:49:36Vous n'en pensez rien ?
00:49:38Bah, rien.
00:49:39C'est-à-dire que
00:49:40ça a un peu tombé
00:49:41comme un cheveu sur la soupe.
00:49:42Il faut être honnête.
00:49:43Vous n'avez pas compris
00:49:43le quel enjeu ?
00:49:44Je n'ai pas de timing.
00:49:45Je n'ai pas bien compris
00:49:45ce qui justifiait
00:49:46cette annonce ainsi.
00:49:49La vraie question,
00:49:50et ça ne dépend pas de moi,
00:49:52bien entendu,
00:49:53et ça n'est même pas mon problème,
00:49:54c'est elle qui sera le seul.
00:49:56Marine Le Pen,
00:49:57je le disais en début
00:49:58de cet entretien,
00:49:59le 7 juillet prochain,
00:50:01vous serez fixé
00:50:02sur votre sort,
00:50:03car sera connue
00:50:04la décision
00:50:06de la Cour d'appel,
00:50:07votre procès,
00:50:08dans le cadre
00:50:09des assistants parlementaires
00:50:11du FN à l'époque,
00:50:14quasiment 5 mois d'attente.
00:50:16132 jours aujourd'hui.
00:50:17132 jours pile.
00:50:19Comment vivez-vous
00:50:20cette période d'attente
00:50:22où votre candidature,
00:50:23finalement,
00:50:24n'est pas suspendue
00:50:25à un fil,
00:50:26mais à une décision
00:50:27de 3 juges ?
00:50:28Non, mais moi,
00:50:28je vis mal cette attente,
00:50:30pas tellement
00:50:32en fonction
00:50:32de mon cas personnel.
00:50:34Je vis mal cette attente
00:50:34parce que,
00:50:35potentiellement,
00:50:36la campagne présidentielle,
00:50:37elle pourrait démarrer
00:50:37le 1er mars.
00:50:39Vous voyez ?
00:50:39Voilà.
00:50:40Et qu'en réalité,
00:50:41elle ne peut pas démarrer.
00:50:42Elle ne peut pas démarrer
00:50:43avant le 7 juillet.
00:50:44Parce qu'avant le 7 juillet,
00:50:46eh bien,
00:50:46nous ne saurons pas
00:50:47qui sera le candidat
00:50:49qui représentera
00:50:50les idées
00:50:50du Rassemblement national.
00:50:51Donc,
00:50:52c'est une forme,
00:50:53déjà,
00:50:54d'inconvénient,
00:50:55en réalité,
00:50:56dans cette bataille
00:50:58électorale
00:50:59des présidentielles.
00:51:00Maintenant,
00:51:00moi,
00:51:00je reste confiante
00:51:01et je vous le dis,
00:51:03si la Cour d'appel
00:51:06applique le droit,
00:51:08nous serons relaxés.
00:51:09Mais d'un point de vue
00:51:10plus personnel,
00:51:11est-ce que c'est un vertige
00:51:12au quotidien,
00:51:13un dilemme au quotidien
00:51:14de vivre avec cette attente
00:51:16et cette épée d'Amoclès
00:51:17sur la terre ?
00:51:17Mais pas du tout.
00:51:17C'est votre avenir politique
00:51:18qui est en jeu ?
00:51:19Oui, mais mon avenir
00:51:21compte peu par rapport
00:51:22à l'avenir du pays.
00:51:23Vous y allez consacrer
00:51:2425 ans de vie.
00:51:24Oui, mais je continuerai
00:51:26à le faire.
00:51:26C'est-à-dire que l'avenir
00:51:27du pays,
00:51:28je me bats pour lui
00:51:30et je continuerai
00:51:31à me battre pour lui
00:51:32au-delà de ma propre personne.
00:51:34Donc,
00:51:34il n'y a pas de vertige.
00:51:36Dès le lendemain
00:51:37des municipales,
00:51:38on va commencer
00:51:38à préparer
00:51:38la campagne présidentielle
00:51:39et ce,
00:51:40quel que soit le candidat.
00:51:42Avec quoi ?
00:51:43Mais bien évidemment.
00:51:44Mais bien évidemment.
00:51:45Parce que si je suis candidate
00:51:47et si je suis,
00:51:48lui,
00:51:48il sera mon Premier ministre.
00:51:49De toute façon,
00:51:50nous avons vocation
00:51:52à gouverner ensemble,
00:51:54à mettre en place
00:51:55cette grande alternance ensemble.
00:51:57Donc,
00:51:59si vous voulez,
00:52:00en termes de préparatifs,
00:52:01ça ne change pas
00:52:02fondamentalement les choses.
00:52:03Si je reprends vos propos,
00:52:04vous dites
00:52:04si les juges,
00:52:06juges en droit
00:52:07ou en tout cas,
00:52:08la relaxe est possible.
00:52:09C'est ça ?
00:52:10Non, mais la relaxe,
00:52:12c'est évident
00:52:12si la Cour
00:52:15effectivement
00:52:15applique le droit
00:52:16parce que...
00:52:17Mais une forme d'optimisme
00:52:18quand même,
00:52:19je vous interromps,
00:52:20mais parce que
00:52:21Sophie,
00:52:22des confrères
00:52:23qui vous ont suivi
00:52:23tout au long
00:52:24de ces semaines,
00:52:25ces cinq semaines d'audience,
00:52:26c'est une épreuve aussi physique,
00:52:27vous ont parfois décrite
00:52:29comme peut-être
00:52:30un peu résignée,
00:52:30vous allez peut-être
00:52:31nous dédire,
00:52:32mais en forme
00:52:33de montagne russe.
00:52:35Non,
00:52:35je ne suis pas résignée,
00:52:39je suis juste sage.
00:52:41Voilà.
00:52:41Je sais que la décision
00:52:42ne dépend pas de moi.
00:52:43Vous voyez,
00:52:44donc quand la décision
00:52:45ne dépend pas de vous,
00:52:46ça ne sert à rien
00:52:47de s'exciter,
00:52:47ça ne sert à rien
00:52:48de s'agiter,
00:52:49ça ne sert à rien
00:52:49de faire des plans
00:52:50sur la comète.
00:52:51Je ne suis pas fataliste,
00:52:52je sais très bien
00:52:53que la décision
00:52:55de cette candidature
00:52:56ne dépend pas de moi.
00:52:57Elle dépend aujourd'hui
00:52:58de trois magistrats
00:53:00qui décideront
00:53:01si oui ou non
00:53:02les millions de Français
00:53:03qui veulent voter pour moi
00:53:04pourront le faire ou pas.
00:53:05Avant le procès,
00:53:06vous disiez
00:53:06que vous aviez
00:53:06un tout petit,
00:53:07petit,
00:53:08petit espoir.
00:53:09est-ce que maintenant
00:53:10qu'il est terminé,
00:53:12vous avez un espoir
00:53:13qui s'est agrandi,
00:53:15amenuisé
00:53:15ou au contraire
00:53:16il reste tout petit,
00:53:17petit, petit ?
00:53:19L'espoir existe,
00:53:20encore une fois,
00:53:21que le droit soit appliqué
00:53:21dans cette affaire
00:53:22et que nous soyons relaxés
00:53:24de cette accusation
00:53:25infamante
00:53:26et qui a été choisie
00:53:28pour être infamante
00:53:30de détournement
00:53:31de fonds publics.
00:53:32Voilà.
00:53:32Donc moi,
00:53:33j'espère toujours
00:53:33dans le droit.
00:53:34après,
00:53:35encore une fois,
00:53:36ça n'est pas moi
00:53:36qui suis détentrice
00:53:37de cette décision.
00:53:39Et donc,
00:53:40ça ne sert à rien
00:53:41de discuter,
00:53:41de faire des scies
00:53:42ou de parler d'hypothèses.
00:53:45Attendons 7 juillet
00:53:46et on verra bien.
00:53:47J'ai une question
00:53:48quand même qui se pose.
00:53:49Est-ce que quoi qu'il arrive,
00:53:50vous vous direz
00:53:51je n'ai aucun regret ?
00:53:53Ah oui,
00:53:54je pense que c'est mon luxe.
00:53:56Vous voyez,
00:53:56le seul luxe que j'ai,
00:53:58c'est de me dire
00:53:58que dans tout le combat politique
00:54:02que j'ai mené depuis maintenant
00:54:05en fait plus de 40 ans
00:54:08parce que j'ai commencé
00:54:10ce combat très jeune,
00:54:13je n'ai aucun regret.
00:54:15Et surtout,
00:54:16je me félicite
00:54:17d'avoir réussi,
00:54:19à la différence
00:54:19de beaucoup de dirigeants politiques
00:54:20d'ailleurs,
00:54:21à faire émerger
00:54:24une personnalité
00:54:27qui, en cas d'empêchement,
00:54:30a les qualités
00:54:31pour pouvoir porter
00:54:32nos idées
00:54:32à la présidentielle.
00:54:33Jordane Bardella,
00:54:34on vous posera la question
00:54:35de sa, finalement,
00:54:36préparation
00:54:37à cette hypothèse.
00:54:38Juste revenir
00:54:39sur le procès,
00:54:41pas de regrets,
00:54:42mais on a quand même noté,
00:54:44vous,
00:54:45vos avocats,
00:54:46votre stratégie
00:54:47plus générale,
00:54:48un changement
00:54:49avec le procès
00:54:51en première instance
00:54:52quant à vos prises de parole,
00:54:53quant à vos critiques
00:54:54de la justice
00:54:55et des juges.
00:54:56Vous,
00:54:56vos soutiens
00:54:57ont été très loin,
00:54:58la tyrannie des juges.
00:55:00Ça a d'ailleurs été reproché
00:55:01dans les réquisitions
00:55:02des avocats généraux.
00:55:03On vous a parlé
00:55:04de vengeresse,
00:55:05Marine Le Pen.
00:55:06Est-ce que vous avez
00:55:07justement ce regret-là,
00:55:08peut-être,
00:55:09d'être allé trop loin
00:55:11dans la critique
00:55:12de la justice ?
00:55:13Mais pardon,
00:55:13mais le parquet général
00:55:16me fait ce reproche
00:55:17alors que le parquet général
00:55:18lui-même
00:55:21conteste
00:55:23les réquisitions
00:55:23du parquet
00:55:24en première instance.
00:55:25Je vous rappelle
00:55:25que normalement,
00:55:26le parquet est indivisible.
00:55:27Eh bien là,
00:55:28ils viennent contredire
00:55:29le parquet en première instance
00:55:30en disant que non,
00:55:31il n'aurait jamais
00:55:32dû être décidé
00:55:34et donc réclamé
00:55:35parce que ça a été décidé
00:55:37mais ça a été réclamé
00:55:37par le parquet
00:55:38l'inéligibilité
00:55:39avec exécution provisoire.
00:55:41Elle n'apparaît plus en effet.
00:55:42Le parquet,
00:55:42l'avocat général
00:55:43vient dire
00:55:44au début de ce procès,
00:55:46il y a un tiers
00:55:47d'alourdissement
00:55:51du délit
00:55:52qui n'aurait jamais dû
00:55:55faire l'objet
00:55:57du jugement
00:55:58de première instance.
00:55:58C'est-à-dire
00:55:59qu'eux-mêmes
00:55:59ont porté
00:56:00les critiques,
00:56:01si je puis me permettre,
00:56:02les plus virulentes
00:56:03à l'égard
00:56:04du jugement
00:56:05de première instance.
00:56:06Et moi,
00:56:06il aurait fallu
00:56:07que je me prive
00:56:08de le faire.
00:56:09J'ai dit
00:56:10que la décision
00:56:10de première instance
00:56:11était politique
00:56:12parce que la décision
00:56:13de première instance
00:56:13était politique.
00:56:14Voilà,
00:56:15c'est aussi simple
00:56:15que cela
00:56:16parce que
00:56:17dans les arguments
00:56:18du jugement
00:56:19de première instance,
00:56:19il était indiqué clairement
00:56:21que l'objectif
00:56:21était non seulement
00:56:22de m'empêcher
00:56:23d'être candidat
00:56:24mais de m'empêcher
00:56:25d'être élu.
00:56:26Eh bien,
00:56:27je ne sais pas
00:56:27ce qu'il y a de politique
00:56:29si ça,
00:56:29ça ne l'est pas.
00:56:30J'ai donc dit
00:56:30ce que je pensais.
00:56:32Je ne retire pas
00:56:32un mot de ce que je pensais.
00:56:33Et vous ne regrettez rien.
00:56:34Et la manière
00:56:35dont les choses
00:56:36se sont déroulées
00:56:37devant la cour d'appel
00:56:38effectivement
00:56:39était très différente
00:56:41de l'ambiance
00:56:42de première instance
00:56:42qui était une ambiance
00:56:43d'une hostilité
00:56:46rare.
00:56:47Je crois que tout le monde
00:56:48l'a vécu comme ça.
00:56:50Vous avez dit
00:56:51que vous ne retiriez pas
00:56:52un mot.
00:56:53Est-ce que vous pouvez dire
00:56:53ce soir que vous avez
00:56:54confiance dans la justice
00:56:55de votre pays ?
00:57:02Confiance dans la justice
00:57:04de mon pays.
00:57:05Au fond,
00:57:06j'aimerais avoir confiance.
00:57:07Donc,
00:57:07ce n'est pas un oui.
00:57:09De toute façon,
00:57:09quand on est avocat,
00:57:10on n'a jamais confiance.
00:57:12Donc,
00:57:12vous avez donné votre...
00:57:14Vous savez,
00:57:14un avocat qui répondait
00:57:15à cette question
00:57:17confiance,
00:57:17non,
00:57:18respect,
00:57:18oui.
00:57:19Voilà.
00:57:19Mais du coup,
00:57:20vous avez votre ressort.
00:57:21Je respecte la justice
00:57:22de mon pays.
00:57:24j'ai été payée
00:57:26pour que ma confiance
00:57:29soit entamée.
00:57:30Mais elle peut être
00:57:32réhabilitée,
00:57:33cette confiance,
00:57:33somme toute.
00:57:34Mais du coup,
00:57:34vous pouvez votre ressort
00:57:35à quelqu'un
00:57:35dont vous n'avez pas confiance.
00:57:37Mais ce n'est pas
00:57:38quelqu'un,
00:57:38personnalisez pas ça.
00:57:40Ça n'a pas de sens.
00:57:42Mais voilà,
00:57:46j'ai été encore une fois
00:57:47payée
00:57:48pour apprendre
00:57:49à avoir
00:57:50à l'égard
00:57:51des décisions
00:57:52de justice
00:57:53une certaine
00:57:54méfiance.
00:57:55Mais pas seulement,
00:57:55d'ailleurs,
00:57:56les décisions
00:57:58des tribunaux
00:58:00correctionnels.
00:58:01Si vous voulez,
00:58:02quand la Cour de cassation
00:58:05considère
00:58:06qu'on peut faire
00:58:07des graffitis
00:58:08et des tags
00:58:09sur les monuments
00:58:09historiques,
00:58:10si ce sont des tags
00:58:10écolos
00:58:11ou des messages
00:58:13politiques
00:58:13ou sociétaux,
00:58:14ça va,
00:58:15il n'y a rien à dire,
00:58:18voilà,
00:58:18ça ne me pousse pas
00:58:19à la confiance,
00:58:20par exemple.
00:58:21J'ai comme ça
00:58:22un certain nombre
00:58:23de méfiances
00:58:24à l'égard
00:58:25de certaines décisions
00:58:26du Conseil d'État,
00:58:28à l'égard
00:58:28de certaines décisions
00:58:29de la Cour de cassation.
00:58:31Voilà,
00:58:31c'est comme ça.
00:58:33Mais vous devrez
00:58:35vous plier
00:58:35à la décision
00:58:36des juges.
00:58:38Pas confiance,
00:58:39mais respect.
00:58:40Mais respect,
00:58:40le 7 juillet prochain,
00:58:42vous prendrez
00:58:43votre décision.
00:58:44Vous saurez
00:58:45si vous êtes
00:58:46ou pas.
00:58:46Ils prendront
00:58:48la décision.
00:58:49Non,
00:58:50mais ce n'est pas
00:58:50ils prendront
00:58:51la décision,
00:58:52pas je prendrai
00:58:53la décision.
00:58:53Parce que des recours
00:58:54existent.
00:58:55Moi,
00:58:55je me plierai
00:58:56à la décision,
00:58:56mais ils prendront
00:58:57la décision.
00:58:57Des recours existent,
00:58:58notamment pour voir
00:58:59en cassation.
00:59:00Dans les scénarii,
00:59:02ça n'existe pas,
00:59:03ça sera trop tard.
00:59:04Oui.
00:59:05Alors,
00:59:06quelle paix ?
00:59:06Et le président
00:59:07de la Cour
00:59:08de cassation
00:59:09le sait.
00:59:10Et malgré cela,
00:59:12il décide
00:59:13d'une procédure
00:59:13en quelque sorte
00:59:14accélérée,
00:59:15parce que ce serait
00:59:16vraiment très accéléré.
00:59:18Vous imaginez bien
00:59:18que si une décision
00:59:19du 7 juillet
00:59:20entraîne une décision
00:59:21de la Cour
00:59:21de cassation
00:59:21le 1er janvier
00:59:22ou le 10 janvier
00:59:24ou le 15 janvier,
00:59:25c'est une procédure
00:59:26tout à fait exceptionnelle.
00:59:27Je suis donc
00:59:28en réalité
00:59:29l'objet
00:59:30d'une forme
00:59:31un peu
00:59:31de justice
00:59:32d'exception,
00:59:34sachant
00:59:34qu'une décision
00:59:35de la Cour
00:59:35de cassation
00:59:36en janvier,
00:59:37évidemment,
00:59:38est trop tard,
00:59:38car je ne vais pas
00:59:41jouer
00:59:41l'avenir
00:59:43de la campagne
00:59:44présidentielle
00:59:45et donc l'avenir
00:59:45du pays
00:59:46sur mon cas personnel.
00:59:49Je ne vais pas
00:59:50me maintenir
00:59:51et faire un recours
00:59:53au risque
00:59:55en janvier,
00:59:57qu'on dise
00:59:57pour finir
00:59:58on a décidé
00:59:59que vraiment
01:00:00vous ne seriez pas
01:00:02candidatrice.
01:00:02Mais vous ne contestez pas
01:00:02l'accélération
01:00:04quand même
01:00:04de la justice
01:00:04qui a finalement
01:00:06dans son calendrier,
01:00:08dans l'appel,
01:00:09accédé aussi
01:00:10à certaines de vos demandes,
01:00:11c'est-à-dire
01:00:11d'aller peut-être
01:00:12plus vite.
01:00:13Oui,
01:00:14pour le coup,
01:00:15d'aller plus vite
01:00:16un peu à mon...
01:00:18Détriment.
01:00:19Détriment,
01:00:19en fait,
01:00:20en réalité.
01:00:20Vous prendrez donc
01:00:22votre décision
01:00:22le 7 juillet.
01:00:23Quelle peine
01:00:24outre la relaxe ?
01:00:25Ils prendront donc
01:00:26la décision
01:00:26le 7 juillet ?
01:00:27Outre la relaxe,
01:00:28quelle peine
01:00:29la Cour doit-elle
01:00:30prononcer au maximum
01:00:31pour que vous puissiez
01:00:32vous dire
01:00:32je peux y aller ?
01:00:35Une peine
01:00:36qui me permette
01:00:37non seulement
01:00:37d'être candidate,
01:00:40mais encore une fois,
01:00:41moi je crois...
01:00:41Donc c'est-à-dire...
01:00:42Je crois
01:00:44en droit
01:00:44à la relaxe,
01:00:45mais sublisièrement,
01:00:47une peine
01:00:48qui me permette
01:00:48d'être candidate...
01:00:49C'est deux ans
01:00:50d'inéligibilité maximum...
01:00:51Pardon,
01:00:51mais qui me permette
01:00:52aussi de faire campagne.
01:00:54Donc c'est deux ans
01:00:54d'inéligibilité maximum
01:00:55qui me permette de faire campagne.
01:00:57Deux ans c'est trop.
01:00:58C'est-à-dire qu'il faut
01:00:59que je puisse faire campagne.
01:00:59Vous répondez pas
01:01:00à notre question.
01:01:01Si, vous imaginez bien
01:01:02que si la Cour suit
01:01:04le tribunal
01:01:05qui m'a condamné
01:01:07au port d'un bracelet
01:01:08électronique,
01:01:08je pourrais pas faire campagne.
01:01:09Le bracelet électronique,
01:01:11si vous êtes...
01:01:11Alors madame Le Pen,
01:01:11si vous êtes condamné
01:01:12à de la prison ferme
01:01:13aménagée sous bracelet électronique,
01:01:15vous ne ferez pas
01:01:17campagne,
01:01:17vous ne serez pas...
01:01:17Mais on ne peut pas faire campagne.
01:01:19C'est un motif d'empêchement.
01:01:20C'est ferme et définitif.
01:01:21Mais on ne peut pas
01:01:22faire campagne
01:01:23dans ces conditions.
01:01:24Enfin, vous pouvez faire campagne
01:01:25sans aller le soir
01:01:26rencontrer vos électeurs
01:01:27dans des meetings,
01:01:28sans aller le week-end.
01:01:30Enfin, ce serait une autre manière
01:01:32de m'empêcher, évidemment,
01:01:33d'être candidate.
01:01:34Quant à votre question
01:01:35sur les deux ans,
01:01:36il faut poser la question
01:01:38au président
01:01:39du Conseil constitutionnel.
01:01:40Il faut poser la question
01:01:41à M. Ferrand.
01:01:42car deux ans,
01:01:45c'est au-delà
01:01:46de la date de dépôt
01:01:47des candidatures,
01:01:48mais c'est avant le scrutin.
01:01:50Donc, est-ce que
01:01:52c'est la date de dépôt
01:01:53ou c'est la date du scrutin
01:01:55qui est en quelque sorte
01:01:57l'étiage
01:01:57pour juger de l'éligibilité ?
01:01:59C'est à lui de répondre
01:02:00car figurez-vous
01:02:01que la question
01:02:02ne s'est jamais posée.
01:02:02Donc deux ans,
01:02:03Mme Le Pen,
01:02:04vous ne l'excluez pas.
01:02:05Par contre, ce soir,
01:02:06on comprend que
01:02:08si vous êtes condamné
01:02:08à de la prison ferme
01:02:09aménagée sous bracelet électronique,
01:02:11vous n'irez pas.
01:02:11Alors, je ne peux pas
01:02:13être candidate
01:02:14si on m'empêche
01:02:14d'être candidate
01:02:15ou si on m'empêche
01:02:16de faire campagne.
01:02:18C'est une annonce
01:02:19que vous faites ce soir,
01:02:20le bracelet électronique.
01:02:21ça me paraît être
01:02:22une évidence, absolue.
01:02:23Sauf si,
01:02:24en cas d'aménagement aussi,
01:02:25en tout cas,
01:02:26ça n'a jamais été
01:02:27aussi ferme de votre part.
01:02:28Si vous ne pouvez pas
01:02:29faire campagne
01:02:30et donc,
01:02:30si vous n'êtes pas candidate,
01:02:33le plan B...
01:02:34Mais bien sûr,
01:02:34le cas du pays
01:02:35passe très largement
01:02:37avant mon cas personnel.
01:02:39Voilà.
01:02:39Quand vous aurez compris ça,
01:02:40vous comprenez parfaitement.
01:02:41Mais de ce point de vue-là,
01:02:41c'est assez clair.
01:02:43Et le plan B,
01:02:44votre candidat naturel,
01:02:46j'ai envie de dire,
01:02:47c'est Jordan Bardella.
01:02:48Bien sûr.
01:02:48Bien sûr.
01:02:49Est-ce qu'il est prêt
01:02:50à 31 ans,
01:02:52en 2027,
01:02:53à être candidat
01:02:55à cette élection suprême ?
01:02:56Est-ce que c'est pas trop tôt ?
01:02:58Non.
01:02:59Pourquoi ?
01:02:59Parce qu'il y a
01:02:59un certain âge limite
01:03:01pour...
01:03:01Il y a un âge de maturation.
01:03:04Je crois pas.
01:03:04Peut-être un peu.
01:03:0640 ans de politique.
01:03:08Moi, je crois que
01:03:08quand on pense bien,
01:03:10quand on a la volonté,
01:03:12quand on est profondément patriote,
01:03:14quand on se bat
01:03:15depuis des années...
01:03:16Parce que...
01:03:17Je vais pas dire
01:03:18que c'est un jeune vieux,
01:03:19Jordan,
01:03:19mais enfin,
01:03:20je crois qu'il s'est engagé
01:03:21à 16 ans
01:03:21ou à 17 ans.
01:03:22Donc,
01:03:23malgré son jeune âge,
01:03:24il a quand même
01:03:24de l'expérience
01:03:25derrière lui.
01:03:26Et il a pas fait
01:03:27de la politique
01:03:28entouré dans du velours
01:03:29ou en marchant
01:03:30sur des pétales de rose.
01:03:31Inutile de vous le dire.
01:03:33Donc,
01:03:34je pense que ce sont
01:03:35les qualités,
01:03:37la lucidité,
01:03:38la volonté.
01:03:39Il a toutes ces qualités
01:03:41pour être candidat
01:03:42si je ne peux pas l'être.
01:03:45Voilà.
01:03:45Et puis, pardon,
01:03:46il y a un certain nombre
01:03:47de candidats
01:03:48par le passé
01:03:49qui avaient un certain âge
01:03:50et qui n'ont pas démontré
01:03:51l'étendue de leurs compétences.
01:03:53Dans les sondages,
01:03:54il est parfois
01:03:55de nier mieux placé que vous
01:03:57par les sympathisants RN
01:03:58et aussi par les électeurs français
01:03:59en général.
01:04:00Je me souviens
01:04:01qu'avant la campagne
01:04:02présidentielle de 2022,
01:04:03vous disiez
01:04:03si quelqu'un est mieux
01:04:04passé que moi en 2022,
01:04:05je lui cède la place.
01:04:07Là, vous ne cédez pas la place
01:04:08sauf contre un t'efforcé.
01:04:09Mais parce que c'est un choix
01:04:11qui est commun.
01:04:13Si vous voulez,
01:04:13nous avons fait,
01:04:14Jordan et moi,
01:04:15un choix commun.
01:04:15Nous considérons
01:04:16que la meilleure configuration
01:04:18c'est que je sois
01:04:20élue présidente de la République
01:04:22et qu'il soit
01:04:22mon Premier ministre.
01:04:23Il ne s'agit pas pour lui
01:04:24d'être rien.
01:04:26Il s'agit d'être
01:04:26un élément absolument
01:04:28essentiel
01:04:29de la transformation
01:04:30du pays.
01:04:31Ça, c'est très clair,
01:04:32ce ticket.
01:04:33Vous, présidente,
01:04:33lui, Premier ministre.
01:04:35Mais si vous êtes empêchés,
01:04:37ce ticket n'existe plus.
01:04:38Eh bien, Jordan se trouvera
01:04:40un Premier ministre.
01:04:41Je n'en ai aucun doute là-dessus.
01:04:44La question qu'on a envie
01:04:44de vous poser,
01:04:45Marine Le Pen,
01:04:46c'est quel rôle vous auriez
01:04:49auprès de Jordan Bardella,
01:04:51candidat,
01:04:52peut-être élu.
01:04:53Quel rôle aurez-vous
01:04:54auprès de lui ?
01:04:55Mais le rôle qu'il souhaitera
01:04:56que j'ai.
01:04:58En tout cas,
01:04:59ce qui est sûr,
01:05:00pas un rôle de tutelle.
01:05:03Voilà.
01:05:03Car Jordan Bardella
01:05:04n'a jamais été mis
01:05:07sous ma tutelle.
01:05:08Il ne le sera jamais.
01:05:09Mais c'est un homme libre,
01:05:12convaincu.
01:05:13Et par conséquent,
01:05:14s'il a besoin,
01:05:15si, si, si, si, si,
01:05:18si je ne peux pas être candidate
01:05:19et qu'il est donc candidat,
01:05:21c'est lui qui déterminera
01:05:23à quel niveau il a besoin
01:05:25de ma présence,
01:05:27de mes conseils,
01:05:28de l'expérience qui est la mienne.
01:05:33Vous avez préparé
01:05:34votre succession.
01:05:35Est-ce que c'est pas
01:05:36pour ne pas reproduire
01:05:37ce qui s'est passé
01:05:38avec votre père ?
01:05:43Non.
01:05:43Je n'ai pas reproduit
01:05:44ce qui s'est passé
01:05:45avec mon père
01:05:45parce que moi,
01:05:45à partir du moment
01:05:46où Jordan a été élu président,
01:05:48je n'ai pas été
01:05:49à ses côtés
01:05:50pour lui dire
01:05:50il faut faire ceci,
01:05:51il faut faire cela,
01:05:52et c'est pas ci,
01:05:52et c'est pas ça.
01:05:55Mon père est un peu comme ça.
01:05:57Et donc,
01:05:58je n'ai pas voulu faire ça.
01:05:59C'est pour ça que je vous parle
01:06:00de...
01:06:01Je n'ai jamais souhaité,
01:06:02je n'ai jamais mis
01:06:03Jordan Bardella sous tutelle.
01:06:05Mais je considère
01:06:05que la grande responsabilité
01:06:07d'un homme politique
01:06:07qui aime son pays,
01:06:09sa grande responsabilité,
01:06:10c'est d'envisager
01:06:13son empêchement.
01:06:14Et ceux
01:06:15qui,
01:06:15par gloriole personnel,
01:06:17par égo personnel,
01:06:18coupent toutes les têtes
01:06:19parce qu'ils ne veulent
01:06:21surtout pas
01:06:22pouvoir un jour
01:06:23être en compétition
01:06:24de quelque nature
01:06:25que ce soit
01:06:25et qu'on mette en place
01:06:27leur...
01:06:27ou qu'on mette en question
01:06:29leur place,
01:06:30ceux-là ne sont pas
01:06:31des vrais patriotes.
01:06:32Parce que quand on aime
01:06:33profondément son pays,
01:06:35on se dit
01:06:35qu'il peut vous arriver
01:06:36n'importe quoi
01:06:37et que quoi qu'il vous arrive,
01:06:39il faut que les idées
01:06:40que vous défendez
01:06:41puissent être
01:06:42derrière vous défendues.
01:06:43– On entend,
01:06:45c'est tout,
01:06:45Jordan Bardella,
01:06:46cette grande confiance
01:06:47que vous avez en lui.
01:06:48– Oui.
01:06:48– Une question que l'on se pose
01:06:49et on arrive quasiment
01:06:50à la fin de cet entretien
01:06:51sur votre nièce,
01:06:53Marion Maréchal,
01:06:54qui,
01:06:55on a l'impression,
01:06:56fait ce pas vers
01:06:57retrouver
01:06:58le patronine Le Pen.
01:07:00Elle a sorti cet ouvrage
01:07:01« Si tu te sens Le Pen
01:07:02après avoir
01:07:04s'être alliée
01:07:05à Éric Zemmour,
01:07:05quitté le parti
01:07:07dans le fracas.
01:07:08Ça a été aussi
01:07:09peut-être de la douleur
01:07:10de votre côté.
01:07:11Est-ce que finalement
01:07:12vous ne regrettez pas
01:07:13qu'elle soit restée
01:07:14dans la famille ?
01:07:15Est-ce que peut-être
01:07:15elle n'aurait pas pu être
01:07:17votre successeuse
01:07:18et que le nom Le Pen
01:07:20perdure ?
01:07:20Parce que c'est aussi ça
01:07:21qui se joue.
01:07:22– Non, ça,
01:07:23c'est dans l'imaginaire
01:07:25et les fantasmes
01:07:27des journalistes.
01:07:28L'idée que ce qu'on veut,
01:07:30c'est que ce soit
01:07:31la famille qui...
01:07:32– C'est votre père
01:07:33qui a fourni le parti.
01:07:34– Non, mais c'est un pur fantasme.
01:07:36Parce que Marion et moi,
01:07:38nous avons fait le choix
01:07:39d'un engagement politique,
01:07:41mais il se trouve
01:07:42que nous avons
01:07:42des sensibilités
01:07:43qui ne sont pas les mêmes.
01:07:45Et que c'est vrai,
01:07:47mais ce n'est pas honteux
01:07:48de le dire,
01:07:49et je crois qu'elle le dirait
01:07:49de la même manière que moi,
01:07:50que ma sensibilité politique
01:07:53et celle de Jordan Bardella
01:07:56sont extrêmement proches.
01:07:58Il y a presque une feuille
01:07:59de papier à cigarette
01:08:00entre les deux.
01:08:01– C'est faux de dire
01:08:01que vous êtes...
01:08:02– Il est beaucoup plus libéral
01:08:03que vous.
01:08:04– Ce qui n'est pas le cas
01:08:04avec Marion,
01:08:07et encore une fois,
01:08:08ça ne lui retire
01:08:09aucune qualité,
01:08:10mais nous n'avons pas
01:08:11sur un certain nombre
01:08:11de sujets
01:08:12la même sensibilité.
01:08:13Ça n'est pas le cas
01:08:14pour Jordan Bardella,
01:08:15et la famille
01:08:15n'a rien à voir avec ça.
01:08:17Voilà, et les qualités
01:08:18qui sont celles de Marion
01:08:20sont ses qualités propres
01:08:21qui ne sont pas
01:08:22les qualités liées
01:08:23à son nom.
01:08:25– Madame Le Pen,
01:08:25vous avez été avocate,
01:08:27présidente de parti,
01:08:29conseillère départementale,
01:08:30conseillère régionale,
01:08:32eurodéputée,
01:08:32députée française,
01:08:34présidente de groupe,
01:08:35candidate à la présidentielle
01:08:36à trois reprises.
01:08:38Si vous l'êtes empêchée,
01:08:39le 7 juillet,
01:08:41elle fera quoi
01:08:41la prochaine Marine Le Pen ?
01:08:43– Je crois qu'elle va continuer
01:08:46à faire tout ça, quand même.
01:08:48– Vous ne pourrez plus être élue.
01:08:49– Toujours de la politique.
01:08:50– Vous ne pourrez plus être élue.
01:08:51– Oui, mais...
01:08:53– C'est que des mandats locaux.
01:08:55– Oui, mais le mandat
01:08:56est un instrument.
01:08:57Le mandat n'est qu'un instrument
01:08:59qui vous permet
01:09:01de défendre vos idées.
01:09:02Mais ça ne veut pas dire
01:09:03que quand vous n'avez pas de mandat,
01:09:04vous ne pouvez pas défendre vos idées.
01:09:05Donc je continuerai très certainement
01:09:09à défendre mes idées.
01:09:10Je ne vous dis pas
01:09:11que ce sera anodin pour moi.
01:09:13Parce que c'est un...
01:09:15comme l'a dit mon avocat,
01:09:16c'est l'ouvrage de ma vie,
01:09:17si vous voulez.
01:09:18– Ce sera une douleur ?
01:09:19– Je pense que chacun peut comprendre
01:09:22que ce soit un ressenti
01:09:24d'injustice absolument majeur, etc.
01:09:27Je ne veux pas me mettre
01:09:28d'ailleurs dans cet état d'esprit.
01:09:31Mais encore une fois,
01:09:33comme je ne me bats pas
01:09:33pour moi-même,
01:09:35je continuerai à me battre
01:09:36pour les Français,
01:09:37je continuerai à me battre
01:09:38pour la France.
01:09:39Et je serai là où on pense
01:09:40que je suis la plus efficace.
01:09:42– Un retour en 2032 ?
01:09:44Vous l'excluez ?
01:09:45– Oh là là là !
01:09:45Non, mais je ne m'appelle pas
01:09:46Emmanuel Macron.
01:09:47Moi, je ne fais pas des plans
01:09:47sur la comète.
01:09:48Les Français ne veulent plus de moi.
01:09:50Parce que même s'ils pouvaient
01:09:52se présenter,
01:09:52les Français voudraient poudre lui.
01:09:53Je crois que chacun
01:09:54l'admet aujourd'hui.
01:09:55Et donc, j'envisage
01:09:56de revenir en 2032.
01:09:59tous ces gens n'ont qu'eux-mêmes
01:10:00en tête.
01:10:01C'est terrible,
01:10:02mais c'est quelque chose,
01:10:04vous savez,
01:10:05de très commun en politique.
01:10:07Beaucoup de responsables politiques
01:10:08n'ont qu'eux-mêmes en tête.
01:10:09– Vous ne répondez pas non ?
01:10:11– Moi, j'ai les Français en tête.
01:10:13– Les Français en tête.
01:10:14On arrive à la fin
01:10:15de cet entretien, Marine Le Pen.
01:10:17– Et en cœur d'ailleurs.
01:10:19– Absolument.
01:10:20On arrive à la fin
01:10:21de cet entretien.
01:10:22Une dernière question.
01:10:23Le 7 juillet prochain.
01:10:25Vous n'êtes pas obligés
01:10:26d'aller à la cour d'appel.
01:10:27Vous n'êtes pas obligés
01:10:28d'être là-bas
01:10:28pour entendre la décision
01:10:30des juges.
01:10:31Est-ce que vous vous déplacerez
01:10:32pour prendre connaissance
01:10:34de la décision ?
01:10:35Est-ce que vous serez sur place
01:10:37et que vous resterez
01:10:38jusqu'à la fin
01:10:38parce que vous êtes partie
01:10:40plutôt en première instance ?
01:10:41– Oui, je suis partie
01:10:42plutôt parce que l'expression
01:10:43de l'hostilité politique
01:10:44de la présidente
01:10:45était telle que très objectivement
01:10:47j'avais compris le sort
01:10:48qui m'était réservé.
01:10:50Donc oui, oui, bien sûr,
01:10:51j'irai comme je suis allée
01:10:52tous les jours au procès
01:10:55en première instance.
01:10:56Et en appel, d'ailleurs,
01:10:58parce que je respecte la justice,
01:11:01j'irai évidemment le 7 juillet,
01:11:02je serai à la cour d'appel
01:11:04pour entendre le délibéré.
01:11:06– Et vous resterez jusqu'au bout,
01:11:07cette fois ?
01:11:08– Ça, vous savez,
01:11:10on ne sait pas, on verra.
01:11:12– On verra.
01:11:12Rendez-vous le 7 juillet prochain.
01:11:14On se verra, évidemment.
01:11:16On vous suivra sur le terrain
01:11:17tout au long de cette campagne
01:11:19des municipales et bien après.
01:11:21– Merci, Sophie.
01:11:22– Merci, Marie.
01:11:22Merci, Madame Le Pen.
01:11:23– Merci à vous.
01:11:23– Merci beaucoup, Marine Le Pen,
01:11:25de nous avoir accordé cet entretien
01:11:26ce soir sur BFM.
01:11:27– C'était un plaisir.
01:11:27– Merci.
Commentaires