00:01Vincent Parizeau, RTL Soir.
00:03Premier invité d'RTL Soir, le ministre délégué à l'Industrie,
00:07quelques heures après l'annonce par le groupe Seb,
00:09fleuron français du petit électroménager,
00:12d'un plan d'économie présenté au syndicat,
00:14prévoyant 2100 suppressions de postes dans le monde,
00:17dont 500 en France.
00:19Bonsoir Sébastien Martin.
00:21Bonsoir.
00:21Merci de réagir à chaud sur RTL.
00:24Alors évidemment ce plan, il inquiète.
00:27Faut-il craindre pour Seb le sort qu'a subi Brandt ?
00:31Non, je pense qu'il ne faut pas comparer du tout,
00:33même si on est dans le même secteur économique.
00:38Seb ajuste finalement sa situation à un marché qui est complexe,
00:43mais il n'y a pas d'impact sur les sites industriels,
00:46et notamment les 11 sites industriels qui sont présents en France.
00:50Il y a effectivement un plan qui prévoit 500 départs,
00:54et des départs basés sur le volontariat.
00:57pour permettre à l'entreprise de traverser une période qui est difficile
01:01face à une concurrence asiatique sur les produits électroménagers
01:04qui est de plus en plus dure.
01:05Justement, selon la direction, ce plan vise à retrouver
01:08une trajectoire de croissance rentable,
01:11et s'adapter à une concurrence, notamment asiatique,
01:14plus rapide et plus intense.
01:15Ça veut dire quoi, plus active et plus intense ?
01:19Ça veut dire qu'elle est plus dynamique ?
01:22Plus présente sur le numérique, le digital, les réseaux sociaux ?
01:25Je pense qu'il y a des ajustements, effectivement,
01:28par rapport à la question du digital,
01:30aux manières de commercialiser les produits qui sont proposés.
01:33Mais vous savez, on est encore une fois là,
01:36face à une situation qui fait que ce que dit la France au niveau européen
01:40pour essayer de mieux défendre notre industrie,
01:43et c'est pour ça que je pars à Bruxelles juste après avoir raccroché,
01:47et bien il y a quelque chose de plus en plus important.
01:49En Asie ou en Chine, par exemple,
01:52les usines sont livrées clé en main,
01:54et sont payées quasiment par les pouvoirs publics.
01:56Donc forcément, vous êtes beaucoup plus compétitifs,
01:59et ça, ça s'appelle la concurrence complètement déloyale.
02:01Alors il y a certes des évolutions de marché,
02:04il y a Seb qui a sa propre, finalement, politique d'entreprise à revoir,
02:08mais il y a aussi ce que nous faisons au niveau européen
02:09pour mieux protéger l'Europe.
02:10Et la question des droits de douane ?
02:11La question des droits de douane, vous voyez,
02:13à partir du 1er janvier,
02:15s'est mis en place un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
02:19Et la France, aujourd'hui, elle se bat
02:21pour que ça ne soit pas simplement sur les matières premières,
02:24qui est ces taxes carbone aux frontières,
02:26mais qu'on descende dans les produits transformés.
02:30parce que finalement, si on protège, par exemple,
02:32juste l'acier en matière première,
02:34mais qu'ensuite tous les dérivés de l'acier ne sont pas protégés,
02:37et bien finalement, on continue à ne pas faire payer la pollution
02:41partout ailleurs dans le monde,
02:42quand on la fait payer à nos industriels en Europe.
02:45Donc ça fait partie des combats qu'on a à mener,
02:47que défend la France.
02:48Alors Seb, je le disais, c'est un fleuron français,
02:50d'ailleurs, il n'y a pas que la marque Seb,
02:52il y en a beaucoup d'autres, y compris Tefal,
02:55mais c'est une marque du siècle dernier,
02:57qui n'a peut-être pas su s'adapter assez vite
03:00au changement des modes de consommation, non ?
03:03Je ne sais pas s'il faut dire ça.
03:06Moi, je respecte l'histoire des entreprises.
03:08Seb est une entreprise d'origine bourguignonne,
03:10qui est ma région,
03:12et qui est en train de s'adapter.
03:14Alors, moi, j'ai une pensée pour les 500 personnes
03:16qui vont être un peu les victimes
03:18de cette réorganisation.
03:20Mais je crois que savoir réagir,
03:24c'est mieux qu'à un moment,
03:27complètement subir une évolution du marché.
03:30Et je sais que Seb,
03:31comme avec Brandt, comme avec d'autres marques,
03:33les Français y sont attachés.
03:34Il faut aussi que dans leur geste de consommation,
03:36ils regardent un peu où sont produits
03:37et les produits qu'ils achètent.
03:38Savoir réagir,
03:39donc, ça passe par ces suppressions de postes,
03:42notamment 500 en France,
03:44dans ce qu'on appelle les activités support,
03:45finance, ressources humaines, marketing, etc.
03:50Là, c'est l'intelligence artificielle
03:52qui va prendre la relève.
03:55C'est sans doute des nouvelles manières
03:57de penser leur politique de marketing,
03:59leur politique commerciale.
04:02Ça, ça sera, eux, de l'expliciter.
04:05Mais comme vous le soulignez une fois encore,
04:08moi, je suis ministre de l'Industrie,
04:10et à un moment où on dit tout le temps
04:12l'industrie, l'industrie, l'industrie,
04:14on ferme des usines,
04:14là, quand même,
04:15Seb ne va fermer aucune
04:17des 11 présences industrielles
04:19qui sont en France.
04:21Et je crois que c'est important de le rappeler.
04:23On n'est pas du tout dans le même cas de Brandt.
04:24D'ailleurs, au passage, Brandt,
04:26il y a des offres de reprise.
04:27J'avais dit qu'il fallait prendre son temps
04:28pour avoir le meilleur projet.
04:29Il y a des projets qui sont en train d'émerger.
04:31Donc, ça montre bien
04:32qu'il n'y a pas de fatalité
04:33et que l'industrie a un avenir dans ce pays.
04:34Et on en parlera également
04:36de ces offres de reprise
04:37pour Brandt.
04:39Merci beaucoup, en tout cas,
04:40d'avoir réagi ce soir
04:41à ce plan annoncé par Seb,
04:43Sébastien Martin,
04:44ministre délégué à l'Industrie.
04:46Merci beaucoup.
04:47Merci beaucoup.
04:47Et à 18h26...
Commentaires