- il y a 12 heures
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- #diehard
- #retrospective
- #cinema
Tarantino, Gilliam, De Palma, McTiernan, Bay, Anderson, en passant par Shyamalan, Bruce Willis aura su s'entourer des plus grands, sans pour autant évité de se complaire dans des oeuvres parfois très moyennes, voir médiocres. C'est tout le paradoxe de ce grand acteur, d'Hollywood, qui aura su nous offrir le meilleur comme le pire. Je suis donc heureux de vous présenter le nouvel épisode de "sa vie, son oeuvre" consacrer à la vie et la carrière du grand Bruce Willis.
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Time code :
00:00 Intro
02:06 Enfance et début de carrière
04:58 Boire et Déboires
05:48 1987
06:38 "Die Hard" Piège de cristal
12:39 58 Minutes pour vivre
13:47 Le Bûcher des vanités
15:52 Le Dernier Samaritain
18:36 Planet Hollywood
19:29 La mort vous va si bien
20:57 Pulp Fiction
24:37 Une journée en enfer
29:30 L'Armée des douze singes
32:24 Le Cinquième Élément / Le Chacal
35:29 Couvre-feu / Armageddon
39:40 Sixième Sens
42:08 Incassable
44:45 Le 21e siècle
46:51 Sin City
48:31 Die Hard 4 : Retour en enfer / Die Hard : Belle journée pour mourir
52:29 Clones
54:07 La nostalgie
55:50 Moonrise Kingdom
57:32 Looper
1:00:00 Glass
1:01:44 La fin de carrière
1:04:55 Outro
Les fictions annexes citées :
Clair de lune - Meurtre à Hollywood - Un héros comme tant d'autres - Allô maman, ici bébé - Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur - Alarme fatale - Piège en eaux troubles - Color of Night - Un homme presque parfait - Groom Service - Dernier Recours - Code Mercury - Breakfast of Champions - Mon voisin le tueur - Friends - Les Larmes du soleil - Charlie's Angels : Les Anges se déchaînent ! - Les Razmoket - Ocean's Twelve - Otage - 16 Blocs - Nos voisins, les hommes - Fast Food Nation - Slevin - Alpha Dog - Planète Terreur - Panique à Hollywood - Expendables : Unité spéciale - Top Cops - Red - G.I. Joe : Conspiration - Rock the Kasbah - Split - Death Wish - Brooklyn Affairs - White Elephant
(Yippee ki-yay)
#BruceWillis #DieHard #Retrospective #Cinema
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02:06 Enfance et début de carrière
04:58 Boire et Déboires
05:48 1987
06:38 "Die Hard" Piège de cristal
12:39 58 Minutes pour vivre
13:47 Le Bûcher des vanités
15:52 Le Dernier Samaritain
18:36 Planet Hollywood
19:29 La mort vous va si bien
20:57 Pulp Fiction
24:37 Une journée en enfer
29:30 L'Armée des douze singes
32:24 Le Cinquième Élément / Le Chacal
35:29 Couvre-feu / Armageddon
39:40 Sixième Sens
42:08 Incassable
44:45 Le 21e siècle
46:51 Sin City
48:31 Die Hard 4 : Retour en enfer / Die Hard : Belle journée pour mourir
52:29 Clones
54:07 La nostalgie
55:50 Moonrise Kingdom
57:32 Looper
1:00:00 Glass
1:01:44 La fin de carrière
1:04:55 Outro
Les fictions annexes citées :
Clair de lune - Meurtre à Hollywood - Un héros comme tant d'autres - Allô maman, ici bébé - Hudson Hawk, gentleman et cambrioleur - Alarme fatale - Piège en eaux troubles - Color of Night - Un homme presque parfait - Groom Service - Dernier Recours - Code Mercury - Breakfast of Champions - Mon voisin le tueur - Friends - Les Larmes du soleil - Charlie's Angels : Les Anges se déchaînent ! - Les Razmoket - Ocean's Twelve - Otage - 16 Blocs - Nos voisins, les hommes - Fast Food Nation - Slevin - Alpha Dog - Planète Terreur - Panique à Hollywood - Expendables : Unité spéciale - Top Cops - Red - G.I. Joe : Conspiration - Rock the Kasbah - Split - Death Wish - Brooklyn Affairs - White Elephant
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Court métrageTranscription
00:00:03Il y a des artistes comme ça qui nous marquent à vie.
00:00:06Grâce à une aura indescriptible, à un talent unique, à des oeuvres inspirantes qui ont cette force de toucher plusieurs
00:00:12générations.
00:00:13Bruce Willis fait partie de cela.
00:00:15Mon premier souvenir de l'acteur remonte à l'enfance.
00:00:18Quant à mes 12 ans, mon père me faisait découvrir une journée en enfer.
00:00:21Je l'ai découvert avec McClane, mais je ne l'ai plus jamais lâché depuis.
00:00:24De Die Hard à Pulp Fiction en passant par Sin City, il aura cumulé plus de 7 milliards de dollars
00:00:30au box-office mondial en enchaînant une centaine de films en 40 ans de carrière.
00:00:34Mais parmi des oeuvres plus ou moins douteuses, il aura su faire des choix audacieux prenant part à des films
00:00:39qui auront révolutionné l'industrie d'Hollywood à maintes reprises
00:00:42et qui ont inscrit pour de bon son nom au panthéon des acteurs américains, s'associant avec des artistes de
00:00:47renom en la personne de Brian De Palma, Tony Scott, Terry Gilliam ou encore M. Night Shyamalan.
00:00:52Je suis donc très heureux et fier de pouvoir revenir sur la vie et la carrière du tout aussi mystérieux
00:00:57que talentueux Bruce Willis.
00:01:52Sous-titrage ST' 501.
00:02:07Walter Bruce Willisson
00:02:10Bruce Willisson naît le 19 mars 1955 à Ida Robertstein en Allemagne de l'Ouest.
00:02:14Son père, David Willisson, est un soldat américain basé en Allemagne.
00:02:18C'est là qu'il y rencontrera la mère du jeune Bruce, Marlène.
00:02:21Il a deux frères et une sœur, David, Robert et Florence.
00:02:24En 1957, la famille déménage dans le New Jersey aux Etats-Unis.
00:02:28Il y passera toute son enfance, de l'école au lycée,
00:02:31où c'est là qu'il s'intéressera au catch avant qu'une sérieuse blessure à l'épaule vienne briser
00:02:35cette véritable passion.
00:02:36Bruce, que ses camarades surnomment Bruno, est un élève assez populaire.
00:02:40Il fait rire la galerie, est élu président du conseil étudiant,
00:02:43mais ne s'intéresse pas tellement à ses études.
00:02:45Ses problèmes de bégayement le pousseront à s'orienter vers le théâtre,
00:02:47se découvrant un vrai talent pour l'acting.
00:02:50A l'université, il enchaîne les petits boulots,
00:02:52notamment vigile dans une centrale nucléaire.
00:02:54C'est ce qui lui permet de payer ses cours d'art dramatique à la Montclair State University.
00:02:57Un jour, après avoir joué la pièce Vol au-dessus d'un nid de coucou,
00:03:01il prend conscience que c'est le moment ou jamais de devenir acteur professionnel.
00:03:04Il stoppe donc ses études au bout de deux ans et part vivre à New York pour enchaîner les castings.
00:03:09Évidemment, c'est compliqué.
00:03:10Donc pour vivre, il se dégote un job de barman au réputé central de New York et y excelle.
00:03:15Les clients adorent son énergie, sa bonne humeur et ses cocktails, bien sûr.
00:03:23Parallèlement à ça, il s'intéresse de près à la musique.
00:03:26Il voue une grande passion et apprend l'harmonica.
00:03:28On verra d'ailleurs qu'au fil de sa vie, c'est une passion qui ne le quittera jamais.
00:03:37Il décroche plusieurs rôles tout d'abord au théâtre, dans des pièces à Broadway,
00:03:41mais aussi à la télévision, notamment dans une publicité pour la marque Levis.
00:03:44Le cinéma lui ouvrira ses portes en 1980,
00:03:47de manière très furtive dans The First Daily Scene,
00:03:50où il y fait de la figuration,
00:03:51en croisant le temps d'une scène un certain Frank Sinatra,
00:03:53comme une sorte de passage de flambeau,
00:03:55un signe de bonne augure pour celui qui s'apprête à vivre l'une des plus belles carrières d'Hollywood.
00:03:59D'ailleurs, la concordance voudra que Sinatra refuse le rôle de John McClane dans Die Hard,
00:04:04un rôle qui sera accepté par Willis et qui le propulsera au rang de star planétaire.
00:04:08On l'aperçoit également ici, dans Le Verdict de Sidney Lumet en 1982.
00:04:13Bref, le cinéma, c'est pas encore ça.
00:04:14En revanche, la télévision est déjà plus généreuse,
00:04:17puisqu'il jouera l'antagoniste dans l'épisode 7 de la saison 1 de Miami Vice en 1984,
00:04:22et obtiendra un rôle dans le tout premier épisode de la 5ème dimension en 1985.
00:04:27Une année importante pour Willis,
00:04:28puisqu'elle signe également ses débuts en tant que détective David Addison Jr. dans Claire de Lune,
00:04:33passant devant plus de 3000 autres acteurs auditionnés pour un personnage qui lui va comme un gant,
00:04:37et qu'il interprétera durant 5 saisons.
00:04:47La série fait rapidement un carton,
00:04:49elle est très populaire dans les foyers américains,
00:04:51et Bruce Willis commence à se faire un nom,
00:04:53à tel point qu'on lui offre enfin son premier rôle principal au cinéma,
00:04:56dans Boire et Déboire.
00:04:58Blake Edwards est un réalisateur qui aime le burlesque,
00:05:01le comique de répétition,
00:05:02et tout ce qui se réfère au génie de Buster Keaton et autres Laurel et Hardy.
00:05:06Boire et Déboire vient se positionner dans ce registre,
00:05:08à travers certains moments comme le running gag de la voiture
00:05:10qui percute différents bâtiments plusieurs fois dans le film,
00:05:13sans oublier bien sûr celui qui subit toutes ces situations
00:05:16sans qu'on y prenne un certain plaisir,
00:05:18Bruce Willis.
00:05:19Boire et Déboire est une comédie américaine typique de son époque,
00:05:22souffrant des poncifs vus et revus dans ce genre de cinéma,
00:05:24mais gagnant à être sympathique grâce à un duo d'acteurs qui fonctionne à merveille,
00:05:28à tel point que Blake Edwards refera appel à lui dans le film Meurtre à Hollywood,
00:05:32qui sortira un an plus tard.
00:05:481987 est sans doute l'année la plus importante dans la vie et la carrière du jeune Bruce Willis.
00:05:53Cette année-là, c'est la consécration,
00:05:55puisqu'il reçoit l'Emy Award et le Golden Globe du meilleur acteur pour son rôle dans Claire de Lune.
00:05:59Dans la foulée, il épouse une certaine Demi Moore,
00:06:02avec qui il aura trois filles en 1988, 1991 et 1994.
00:06:07The Return of Bruno, son premier album, sort également en 1987.
00:06:11Il l'enregistre dans les studios de la Motown,
00:06:13et le single Respect Yourself, tiré de l'album,
00:06:15connaîtra un très beau succès sur les ondes à cette époque.
00:06:18Mais je reviendrai sur Bruce le musicien un peu plus tard,
00:06:20puisque si déjà cette année 87 est bien remplie,
00:06:23elle va se terminer en beauté avec une signature de contrat record de 5 millions de dollars,
00:06:27pour interpréter le rôle d'un certain John McClane
00:06:30dans le nouveau film de John McTiernan,
00:06:32Die Hard, que l'on appelle chez nous
00:06:34« Biège de cristal ».
00:06:35Figurez-vous que j'ai été invité à la fête par erreur.
00:06:405 millions de dollars.
00:06:41C'est ce que les agents de Bruce Willis auront réussi à négocier.
00:06:44Un record à la hauteur de la controverse que ça engendrera à Hollywood.
00:06:48Parce que oui, Bruce Willis avant Die Hard,
00:06:49il a fait son petit bout de chemin à la télévision,
00:06:51a été en tête d'affiche d'un film,
00:06:53mais n'a jamais vraiment porté une grosse production sur ses épaules.
00:06:56A tel point que les posters promotionnels du film à l'étranger
00:06:59préféreront mettre en avant le building plutôt que l'acteur.
00:07:02Ce chiffre exorbitant pour l'époque va agacer les studios hollywoodiens
00:07:05qui ont peur que désormais n'importe quel acteur de télévision
00:07:08vienne réclamer un énorme salaire.
00:07:10Mais à cette époque, la Fox veut vraiment faire ce film,
00:07:12et tous les acteurs pressentis pour le rôle ont refusé.
00:07:15De Stallone à James Caen en passant par Richard G.
00:07:18Elle doit donc donner ce que demande le seul acteur susceptible d'accepter son rôle.
00:07:22D'ailleurs, ça n'est pas la première fois que les agents de Willis
00:07:24lui font gagner beaucoup d'argent grâce à un Die Hard.
00:08:01Willis qui a donc bien navigué sa barque va amplement mériter son salaire
00:08:05puisqu'il va faire de ce personnage un véritable héros de la culture populaire,
00:08:09y apporta en son sens de la réplique, son humour, son sarcasme,
00:08:13son rire légendaire, mais aussi sa vulnérabilité.
00:08:16Viens me voir à Los Angeles, on passera Noël en famille, on fera la fête !
00:08:20Vous le savez déjà, mais John McClane, c'est un personnage qui dénote complètement des héros réganiens de l'époque.
00:08:25Lui n'est pas fait de muscles anormaux, il ne provoque pas les événements, il les subit.
00:08:29Et en plus, il a peur de l'avion.
00:08:31Cependant, ce qui est à mon sens à l'origine de son succès, c'est qu'il représente l'américain
00:08:35moyen.
00:08:35Un mec qui touche un salaire de misère pour un boulot éreintant,
00:08:38qui est à deux doigts de foutre son mariage en l'air,
00:08:40qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment,
00:08:42et c'est là que le choix de Bruce Willis devient brillant.
00:08:44Un choix à contre-courant, certes, mais qui fait sens avec la vision de John McTiernan,
00:08:49qui nous offre bien plus qu'un film d'action,
00:08:50une comédie shakespearienne, comme il l'aime à l'appeler, un film anticapitaliste.
00:08:55L'opposition entre McClane, le prolo américain en marcel,
00:08:58et Hans Gruber, l'européen cultivé en costard.
00:09:00Le fait que les médias soient tournés en dérision à travers un expert qui n'en est pas vraiment un
00:09:04et qui intervient sur un plateau de TV alors qu'il n'a rien à dire de pertinent,
00:09:08sans oublier ce journaliste qui est prêt à mettre les otages en danger pour simplement avoir un scoop.
00:09:13Les agents du FBI, Johnson, qui ne sont que des fous de la gâchette,
00:09:16jamais vraiment revenus du Vietnam,
00:09:18est juste bon à tout faire péter sans se soucier des dommages collatéraux.
00:09:21Agent spécial Johnson, on prend la berline.
00:09:23Agent Johnson ?
00:09:25Tout à fait.
00:09:26Takagi, grand chef d'entreprise japonais,
00:09:28qui porte les mêmes costumes que Gruber, criminel notoire.
00:09:31Bref, tout ceci n'est pas anodin.
00:09:33McTiernan dépeint la vision nihiliste qu'il a de l'Amérique des années 80.
00:09:36Une Amérique auto-centrée, matérialiste et manquant cruellement d'humanité.
00:09:40Le personnage d'Harry Ellis en est un bon représentant.
00:09:43Un trader sous cocaïne qui pense que tout se règle à travers le business,
00:09:46ce qui lui coûtera la vie.
00:09:47Ce même Ellis qui insiste pour qu'Auley montre sa Rolex à John.
00:09:50Fais-lui voir la montre.
00:09:52Une Rolex qui représente le trophée ultime de l'American Dream,
00:09:55dont elle devra littéralement se débarrasser en fin de film pour se libérer du mal.
00:09:59La métaphore parle pour elle-même.
00:10:01C'est ce qui fait de John McTiernan un véritable auteur qui sait faire passer ses messages
00:10:05tout en divertissant son audience avec une mise en scène rondement menée.
00:10:08Ici, la caméra est un personnage à part entière.
00:10:10Elle représente en quelque sorte le spectateur qui, à travers ses mouvements perpétuels,
00:10:14va comprendre l'action qui se déroule et surtout où elle se déroule.
00:10:17Car Die Hard est un huis clos et donc se doit de gérer parfaitement son espace
00:10:21pour ne pas perdre le spectateur dans ce labyrinthe qu'est le Nakatomi Plaza.
00:10:25Jeb Stuart, le premier scénariste du film, a visité la tour pendant l'écriture
00:10:29et il raconte ne pas s'être perdu grâce à un poster coquin affiché par les ouvriers
00:10:34et qui lui permettait de savoir où il se situait.
00:10:36Il réutilisera ce procédé dans son scénario et McTiernan sublimera cette idée géniale
00:10:40qui permettra non seulement à McLean de savoir où il se trouve, mais aussi au spectateur.
00:10:45Mesdames ?
00:10:46Cette adaptation du roman de Roderick Thorpe a complètement refaçonné la manière de faire du cinéma d'action à cette
00:10:51époque.
00:10:52Et une ribambelle de films calqueront ce concept par la suite sans y insuffler le génie de McTiernan et son
00:10:57équipe.
00:10:58Piège de Cristal sera un succès mondial, offrant à Bruce Willis une renommée internationale.
00:11:02Cependant, ce succès, le film le doit aussi à deux autres acteurs importants.
00:11:06Tout d'abord Alan Rickman, qui aura su apporter au personnage de Hans Gruber un certain flègme
00:11:10et une crédibilité qui en fait un des meilleurs bad guys du cinéma d'action.
00:11:14C'était fait à 3 o'clock en la matinée, 4 fois, et c'était le dernier film que j
00:11:20'ai fait sur le film.
00:11:22Et puis je réalisais que pendant que j'étais en train de faire, c'était le dernier film,
00:11:25car si j'avais m'aimprisait, ça ne importait pas, car j'aurais dû avoir le film dans le can.
00:11:31Et c'était en train d'être débloqué de 40 feet.
00:11:47Mais pour nous Français, c'est bien Patrick Poivet qui mérite sa part d'honneur.
00:11:51Il aura sûr de transcrire les dialogues savoureux de Bruce Willis avec une telle aisance
00:11:55qu'il deviendra par la suite le doubleur officiel de l'acteur pendant plus de 30 ans,
00:11:59offrant des moments inoubliables aux spectateurs francophones,
00:12:01grâce à une voix légendaire que l'on n'est pas prêt d'oublier.
00:12:05Yippie-ki, Monsieur Poivet, et merci pour tout.
00:12:08Après Die Hard, Bruce Willis ne veut pas qu'on lui colle cette étiquette d'acteur de film d'action.
00:12:12Il va donc prendre un virage étonnant en 1989 avec 3 oeuvres totalement différentes.
00:12:17Un héros comme tant d'autres, drame réalisé par Norman J. Winson,
00:12:20qui lui vaudra une nomination du meilleur acteur au Golden Globe.
00:12:23That's Adequate, un documentaire parodique sur les facettes d'Hollywood
00:12:26où il joue son propre rôle aux côtés de Robert Donnay Jr. et Ben Stiller.
00:12:30Sans oublier Allo Maman, Ici Bébé, où il prête sa voix à Mickey le bébé.
00:12:39Tous ces efforts ne l'empêcheront pas de revenir à l'action en 1990,
00:12:43retrouvant son rôle de John McClane dans Die Hard 2, 58 minutes pour vivre.
00:12:47Vous avez fait erreur sur la personne, sur l'heure et sur la gîme.
00:12:55C'est l'histoire de ma vie.
00:12:58Un titre français qui n'a pas tellement de sens d'ailleurs,
00:13:00alors que Piège de Cristal avait au moins le mérite d'être un peu poétique.
00:13:04Le film est plutôt réussi, on y passe un bon moment pour sûr,
00:13:08mais rien de nouveau pour autant.
00:13:09Ça n'est qu'une simple redite du premier,
00:13:11on y reprend les mêmes codes et on les applique en moins bien.
00:13:13Du coup, ben pas de bol, John est encore au mauvais endroit, au mauvais moment,
00:13:17dans un lieu confiné le soir de Noël,
00:13:19où il voit devoir faire face à une tripotée de bad guys menés par leur leader.
00:13:23Mais putain, mais qu'est-ce qu'il fait ?
00:13:24Le mec fait le cow-boy avec la zappette, le zizi à découvert.
00:13:28Ok.
00:13:29On notera tout de même une violence graphique bien plus prononcée
00:13:32et typique du réalisateur Regny Harleen,
00:13:34et un rythme qui a le mérite de ne pas faiblir.
00:13:36Le film sera un énorme succès commercial
00:13:37et offre à l'acteur une belle entrée en matière dans cette nouvelle décennie,
00:13:40qu'il va concrétiser avec un choix audacieux en tournant sous la direction de Brian De Palma
00:13:45dans le bûcher des vanités.
00:13:54Comme John McTiernan pour Die Hard,
00:13:56Brian De Palma n'est pas des plus optimistes en ce qui concerne la société américaine.
00:14:00Pour lui, les personnages détestables, manipulateurs, opportunistes,
00:14:04les voyous en somme, sont en col blanc et en costard-cravate.
00:14:07Et il ne se gêne pas pour les mettre en images comme telles,
00:14:09opérant à la courte focale, à travers des contre-plongées excessives,
00:14:13afin de déformer les corps et les visages, les rendre inhumains.
00:14:15Il met également en place ces habituels split-screens,
00:14:18qui suggèrent ici la manipulation des médias et de la sphère politique.
00:14:21De tout ça, on ressort deux personnages.
00:14:23Un qui va ouvrir les yeux sur cette société puante,
00:14:25nous quittant sur un sourire de soulagement rempli de sincérité,
00:14:28et l'autre qui va se laisser aveugler par les paillettes
00:14:30et qui va nous être introduit dans un superbe plan-séquence
00:14:33qui va justement accentuer l'excentricité de cette nouvelle vie
00:14:36dans laquelle il s'est fait aspirer.
00:14:37La grande éloquence du récit, les personnages haut en couleur à travers un jeu très prononcé
00:14:41et tout cet aspect burlesque aurait pu virer au ridicule,
00:14:44mais reste sur une frontière qui rend le film assez fascinant dans son approche.
00:14:48La photographie est également très belle.
00:14:49Non mais regardez-moi ce plan du Concorde !
00:14:51Et la mise en scène est à la hauteur de la réputation du Grand de Palma.
00:14:55Malheureusement, le bûcher des vanités sera un des plus gros échecs de la carrière de Bruce Willis.
00:14:58Le public ne le suivra pas dans ce délire,
00:15:00mais le film a le mérite d'exister et permet à l'acteur de s'afficher à nouveau aux côtés
00:15:04d'un grand nom.
00:15:061991 sera une année chargée avec différents films,
00:15:08mais seulement deux qui méritent vraiment notre attention.
00:15:11Hudson Hawkes découle d'une véritable envie de renouveau pour Willis.
00:15:14Il veut prendre le risque de proposer quelque chose de différent,
00:15:17et c'est tout à son honneur, mais ça ne prendra pas.
00:15:19Les spectateurs n'adhéreront pas à cette comédie potache
00:15:22où tout n'est que second degré et où les enjeux n'ont pas d'importance.
00:15:25L'autre problème, c'est que Bruce Willis n'aime pas se faire diriger.
00:15:28Il garde un très mauvais souvenir de son expérience avec Brian De Palma,
00:15:31qui est un réalisateur exigeant.
00:15:32Mais la réputation de Willis sur les plateaux n'est plus à faire.
00:15:35Il en fait très souvent qu'à sa tête,
00:15:36reste en permanence sur la défensive,
00:15:38et n'aide pas beaucoup les metteurs en scène pour qu'il joue.
00:15:40Il faut qu'il ait une confiance absolue au projet et au réel
00:15:43pour qu'ils ne lui mettent pas des bâtons dans les roues.
00:15:44Tarantino, Guilliam ou encore Shyamalan feront partie de cela.
00:15:48Mais un certain Tony Scott, lui, n'aura pas cette chance.
00:15:52Bruce Willis, Demon Ryan.
00:16:00Le Dernier Samaritain.
00:16:02Le Dernier Samaritain est un de ces miracles d'Hollywood,
00:16:05où tout va mal se passer durant la production,
00:16:07mais où tout ce qui va en ressortir va être génial.
00:16:10Le scénario écrit par un jeune Shane Black sera vendu pour la somme record de 1,75 millions de dollars.
00:16:15A partir de là, le studio n'a plus d'autre choix que d'en faire un succès commercial.
00:16:19Sauf que, bah le scénario de Black, c'est une histoire assez sordide.
00:16:22Un drame.
00:16:22Loin du film d'action calibré qu'il deviendra.
00:16:24On a donc affaire à une espèce d'ovni qui oscille entre la comédie d'action et le thriller noir.
00:16:28Le tout bédé dans l'esthétique très prononcée de Tony Scott,
00:16:31et supervisé par le légendaire producteur fou, Joe Silver.
00:16:34Et sur le plateau, bah c'est Silver et Willis qui font la loi.
00:16:37Et Scott qui doit subir les pressions, le chantage et la peur d'être renvoyé à tout moment,
00:16:42s'il ne fait pas comme on lui dit de faire.
00:16:43Belle ambiance.
00:16:44Il n'empêche que le résultat final, qui ne convient ni au scénariste ni au réalisateur,
00:16:48va plaire au public en salle, mais surtout en vidéo,
00:16:50et au fil des ans avec du recul, le dernier samaritain va se positionner comme étant un véritable classique du
00:16:56cinéma d'action.
00:16:56C'est simple, c'est Last Action Hero, mais au premier degré.
00:16:59Les punchlines fusent toutes les 5 minutes.
00:17:02Mais à ta santé, t'as encore dû passer une bonne soirée ?
00:17:04J'suis forniqué avec un écureuil, il en est mort.
00:17:06Le charisme déborde de l'écran.
00:17:08Forcément, on est à une époque où les seconds couteaux font un taf incroyable en termes de présence.
00:17:12Même la fille du personnage de Joe a du charisme.
00:17:15C'est aussi un final totalement ahurissant, dépourvu de sens,
00:17:18où tout le monde est heureux de voir un gars danser alors qu'un autre vient de se faire déchiqueter
00:17:21sous leurs yeux,
00:17:22où on a de la mitraille, du football, Damon Wayans à cheval, bref, l'Amérique.
00:17:26Et Bruce Willis dans tout ça, c'est Joe, l'antithèse de Hudson.
00:17:30Y'en a un qui pousse la chansonnette pendant un braquage,
00:17:32et l'autre qui insulte des mères avant de tirer de partout.
00:17:34On a un John McClane sous LSD, contre un John McClane suicidaire, alcoolique, et pas PG pour un sou.
00:17:40Trois personnages qui vont subir les événements.
00:17:41subir leur relation de couple.
00:17:43Mais toujours s'en sortir, non sans un certain panache.
00:17:46Bruce Willis commence à se dessiner un archétype de personnage.
00:17:48L'américain proche du peuple.
00:17:50Monsieur tout le monde qui va pourtant se retrouver dans des situations extraordinaires et s'en sortir.
00:17:54Hey, fellas, gotta eat your greens!
00:17:59Who the hell is this guy?
00:18:01Who are you?
00:18:02You're very annoying.
00:18:04I got news for you, pal.
00:18:06That's what the people pay to see.
00:18:09Bruce Willis.
00:18:15Die Hard Twelve.
00:18:22Die Hungry.
00:18:24How could the same thing happen to the same guy so many times?
00:18:31Bruce Willis.
00:18:32Die Hard Twelve.
00:18:34Coming this Christmas to theaters everywhere.
00:18:37En 1991, Bruce Willis domine la planète Hollywood.
00:18:40Et ça tombe bien, puisque c'est à cette même période qu'il signe un contrat très juteux avec la
00:18:44chaîne de restaurants du même nom.
00:18:45Yo, Hollywood, keepin' up!
00:18:47Arnold Schwarzenegger.
00:18:49Demi Moore.
00:18:51Sylvester Stallone.
00:18:52Et Bruce Willis.
00:18:54Are your hosts as Planet Hollywood comes home.
00:18:58Le concept est simple.
00:18:59Ouvrir des restaurants dans le monde entier à la gloire des héros du cinéma d'action.
00:19:02Le pari sera gagnant pendant un temps, puisque le succès de la franchise sera exponentiel,
00:19:06mais retombera comme un soufflé à la fin de la décennie.
00:19:09Quoi qu'il en soit, ça a permis à Bruce de prendre quelques billets au passage,
00:19:12et de négocier plusieurs concerts dans différents restaurants,
00:19:15s'offrant donc une tournée mondiale,
00:19:17lui qui a toujours pris un énorme plaisir à chanter et à faire de la musique.
00:19:29En 1992, il s'accapare un rôle à contre-emploi dans le très burlesque
00:19:33La mort vous va si bien de Robert Zemeckis,
00:19:35aux côtés de Meryl Streep et Goldie Hawn.
00:19:37Il interprète un surgé esthétique raté et hanté par ces deux femmes immortelles
00:19:41qui lui en font voir de toutes les couleurs.
00:19:43Il adopte tout du long un ton volontairement excessif et outrancier
00:19:46afin de coller au style du récit.
00:19:50Il renoue avec un registre comique qu'il a toujours su mettre en avant
00:19:53dans bon nombre de ses oeuvres,
00:19:55notamment en s'auto-parodiant dans Alarmes Fatales à la même période.
00:20:06Le film est très populaire à sa sortie.
00:20:08Les effets visuels sont considérés comme révolutionnaires pour l'époque.
00:20:11Il remportera même l'Oscar des meilleurs effets visuels.
00:20:13Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
00:20:14ces effets s'imprègnent à merveille au ton très cartoonesque qu'adopte le film.
00:20:18Bob Zemeckis nous offre une belle comédie fantastique.
00:20:20En fait, une satire du show business
00:20:22où c'est l'hypocrisie et l'aspect physique qui prédominent.
00:20:24Et quant à Bruce Willis, il est toujours aussi génial.
00:20:27Mais enchaîne des illusions au box-office
00:20:29qu'il prenne des risques avec ce genre d'oeuvre
00:20:31ou qu'il nous sorte un nouveau soudaillarde
00:20:33avec Piège en haut trouble par exemple sorti en 1993
00:20:35qui souffre d'un scénario basique et prévisible,
00:20:38d'une réalisation fade au possible
00:20:39et d'un vrai problème d'identité
00:20:41oscillant entre le drame, le thriller, le polar et le film d'action.
00:20:45A cette époque, la perte de vitesse se fait ressentir.
00:20:47Mais ce bon vieux Bruce va pourtant voir juste
00:20:49en diminuant considérablement son cachet
00:20:51pour faire confiance à un jeune cinéaste bourré de talent
00:20:54qui va le remettre sur le devant de la scène.
00:21:00C'est amusant de constater que ce qui a inspiré
00:21:02une des oeuvres cinématographiques les plus connues
00:21:04et reconnaissables au monde
00:21:06soit des récits voués à une vie éphémère
00:21:08de par leur manque de qualité.
00:21:09Tarantino le dit lui-même.
00:21:10Il apprit comme base les histoires de son enfance,
00:21:12des trames scénaristiques connues
00:21:14qui alimentaient le cinéma des années 50.
00:21:16Deux gangsters en costard
00:21:17qui doivent récupérer une mallette pleine d'argent.
00:21:19Un des gangsters qui doit s'occuper de la femme du boss
00:21:21en prenant bien soin de ne pas être ambigu.
00:21:23Le boxeur véreux qui truque ses propres combats.
00:21:25Des situations qu'on retrouvait souvent dans les films noirs
00:21:28que le jeune Tarantino dévorait.
00:21:29Mais pourtant, Pulp Fiction a su aller au-delà de ses inspirations
00:21:32en devenant un objet cinématographique tout à fait unique.
00:21:35C'est sa narration non linéaire qui permet aux scènes d'exister,
00:21:38d'être plus impactante aux yeux du spectateur,
00:21:40devenant de véritables oeuvres à part entière,
00:21:43des fictions dans la fiction.
00:21:44Rajoutez à ça des situations totalement folles,
00:21:46tantôt amusantes, tantôt violentes,
00:21:48des dialogues savoureux interprétés par des comédiens extraordinaires,
00:21:51le tout pointant le bout de son nez à une époque où l'industrie hollywoodienne est ennuyeuse.
00:21:55Et vous obtenez un ovni qui va faire un bruit tellement énorme
00:21:58que même la vieille Europe décidera de le reconnaître
00:22:00comme un vrai produit cinématographique d'envergure.
00:22:03Pulp Fiction.
00:22:12Mais du coup, Bruce Willis dans tout ça,
00:22:14ben on peut dire qu'il a eu un sacré flair.
00:22:16Happé par cette histoire unique et le talent de ce jeune réalisateur
00:22:18qu'est Quentin Tarantino,
00:22:20il acceptera de baisser considérablement son cachet
00:22:22pour jouer dans le film qui n'aura comme budget que 8 petits millions de dollars.
00:22:25Alors oui, à cette époque,
00:22:27Willis enchaîne les mauvais résultats au box-office.
00:22:29Color of Night de Richard Rush, sorti à la même année,
00:22:31sera un énorme échec financier.
00:22:33Tout autant que Nobody's Full,
00:22:34où il partagera pourtant l'affiche avec Paul Newman.
00:22:37Mais malgré ses déconvenus,
00:22:38il reste une star internationale
00:22:40et peut encore revendiquer d'énormes salaires.
00:22:42Pourtant ici, il préférera parier sur le succès du film
00:22:44en acceptant une part des bénéfices.
00:22:46Un pari gagnant puisque non seulement le film va connaître
00:22:48un énorme succès critique,
00:22:49mais aussi commercial avec plus de 215 millions de dollars de recettes dans le monde.
00:22:53Et en plus de tout ça,
00:22:55il va permettre de concrétiser la popularité de Bruce aux yeux du public
00:22:58et sa crédibilité en tant qu'acteur.
00:23:00Bruce a toujours su faire les bons choix
00:23:02car il connaît l'industrie du cinéma.
00:23:04Il en maîtrise les codes,
00:23:05à tel point que durant le tournage de Pulp Fiction,
00:23:07il va carrément prédire ce que sera le font-footage
00:23:10en décrivant avec une exactitude assez étonnante
00:23:12la méthode de fabrication
00:23:13et le futur succès du projet Blair Witch
00:23:15qui sortira en 1999.
00:23:18«Someday in the next five years,
00:23:19il va faire une des feature films.
00:23:22Oh, I know.
00:23:22Il va faire une des films avec Bob Roberts.
00:23:26Oh, yeah, yeah, yeah, je sais, je sais, je sais, je sais,
00:23:27je sais, je sais, je sais.
00:23:28Mais, je sais, je sais,
00:23:29je sais, je sais,
00:23:29je sais, je sais,
00:23:30je sais, je sais,
00:23:49Bruce Willis a souvent eu cette réputation de cachetonné,
00:23:51mais il aime le cinéma
00:23:52et a très souvent fait ses choix en conséquence.
00:23:55L'argent appelle l'argent,
00:23:56mais la beauté de l'art cinématographique
00:23:58est tout aussi importante à ses yeux
00:23:59et on s'en rendra compte
00:24:00en avançant encore plus loin dans sa carrière.
00:24:02Par exemple,
00:24:03et peu le savent,
00:24:04mais un an après Pulp Fiction,
00:24:05Bruce Willis retrouvera Quentin Tarantino
00:24:07dans le film à sketch Grum Service
00:24:09où son nom n'apparaîtra pas sur les affiches du film
00:24:11et au générique
00:24:12car il acceptera de jouer gratuitement pour son ami,
00:24:15enfreignant de ce fait la règle du Screen Actor Guild
00:24:17qui stipule qu'il est interdit de jouer sans être payé.
00:24:20Une preuve de plus qu'il prend du plaisir à jouer
00:24:22quand l'oeuvre en vaut la peine à ses yeux.
00:24:23Et dans son prochain film,
00:24:25il va lier l'utile à l'agréable
00:24:26puisque non seulement il va être incroyablement bien payé
00:24:28pour reprendre son rôle fétiche,
00:24:30mais en plus,
00:24:31il va le faire dans un film
00:24:32qui malgré son statut de suite
00:24:33va s'avérer être un sacré beau morceau de cinéma.
00:24:40Die Hard with Vengeance
00:24:41ou Une journée en enfer
00:24:43est le premier film de la saga Die Hard
00:24:45basé sur un script original.
00:24:47Après avoir laissé la place à Regnard Lin
00:24:49pour le second opus,
00:24:49John McTiernan reprend les rênes
00:24:51et décide de détruire toutes les fondations
00:24:53qu'il a brillamment mis en place
00:24:55avec le premier film
00:24:56pour reconstruire sur les gravats
00:24:57d'une Akatomi Plaza
00:24:58une base ultra solide
00:25:00et à l'opposé de ce qu'est le cinéma d'action
00:25:02depuis, bah, le premier Die Hard.
00:25:04La recette ayant tellement été aspirée
00:25:06jusqu'à ce qu'il n'en reste plus une goutte,
00:25:07McTiernan ne se voyait pas repartir
00:25:09sur un énième huis clos.
00:25:10Il va donc une nouvelle fois
00:25:11s'approprier le genre
00:25:12et le remodeler à sa guise.
00:25:24Dans le premier opus,
00:25:26la tension est étouffante.
00:25:27Le piège est bel et bien de Cristal.
00:25:29Dans celui-ci,
00:25:30la nuit froide de Los Angeles
00:25:31laisse place à la chaleur étouffante
00:25:33de New York.
00:25:34La menace s'allonge
00:25:34à l'immensité de l'île de Manhattan,
00:25:36à l'air libre.
00:25:37On laisse 20 minutes au premier film
00:25:39pour poser ses enjeux
00:25:40et ses personnages
00:25:41avant d'enfin entrer dans l'action.
00:25:42John McClane subit les événements,
00:25:44n'a simplement pas de chance.
00:25:46Le 3, lui, provoque l'action
00:25:47dans les premières secondes
00:25:48et développe son intrigue
00:25:49à partir de là.
00:25:50John n'est plus là par hasard.
00:25:51Il est la cause principale
00:25:52de tous ces rebondissements.
00:26:14La mise en scène,
00:26:16elle, se veut bien plus dynamique.
00:26:17Elle épouse le gigantesque décor
00:26:19qu'est la ville de New York
00:26:20et opère un rythme effréné
00:26:21qui offre au récit
00:26:22une fluidité démente.
00:26:23La caméra est bien plus brouillonne
00:26:25que dans le premier film.
00:26:26Mais ça n'est pas péjoratif.
00:26:27Rarement, à cette époque,
00:26:28on aura vu une caméra
00:26:29suivre le protagoniste d'aussi près.
00:26:30Comme l'impression
00:26:31que c'est un reporter de guerre
00:26:32qui la tient.
00:26:33Avec ce style très réaliste,
00:26:34McTiernan continue de marquer
00:26:36de son influence
00:26:36toute une industrie
00:26:37puisqu'avec
00:26:38Une journée en enfer,
00:26:39nous assistons aux prémices
00:26:40de ce que sera
00:26:41le cinéma d'action
00:26:41des années 2000.
00:27:03McTiernan compose des plans
00:27:04d'une très grande pertinence.
00:27:05Continue à brillamment guider
00:27:06le spectateur dans l'espace
00:27:08sans que jamais celui-ci
00:27:09ne s'y perde.
00:27:09Ce qui n'a pas dû être
00:27:10chose aisée avec une ville
00:27:11aussi gigantesque
00:27:12et complexe que New York.
00:27:13Un vrai tour de force.
00:27:15Et même dans les lieux clos,
00:27:16la compréhension est totale.
00:27:17Prenons la scène
00:27:18de l'ascenseur comme exemple.
00:27:19Dans cette scène,
00:27:20John se retrouve enfermé
00:27:21avec des ennemis
00:27:22déguisés en représentant
00:27:23de la loi.
00:27:23Il ne se doute de rien
00:27:24jusqu'à ce qu'il aperceive
00:27:25dans le reflet de l'ascenseur,
00:27:27la plaque de son équipier,
00:27:28qu'il reconnaît
00:27:29car au début du film,
00:27:30il explique que c'est
00:27:30son numéro de plaque
00:27:31qu'il joue tout le temps
00:27:32comme numéro loto.
00:27:33A ce moment-là,
00:27:34n'importe quel film d'aujourd'hui
00:27:35aurait introduit un flashback.
00:27:37Mais pas ici.
00:27:38Mac Tiernan respecte
00:27:39l'intelligence de son spectateur.
00:27:40A partir de là,
00:27:41la tension monte
00:27:42avec une succession
00:27:43de gros plans
00:27:43mais McLean désamorce
00:27:45cette tension
00:27:45en partant dans une tirade
00:27:46qui n'appartient qu'à lui
00:27:47qui va permettre au spectateur
00:27:48de se remémorer
00:27:49cette histoire de loto
00:27:50au début du film
00:27:51et qui va permettre au personnage
00:27:52de retourner la situation
00:27:53à son avantage.
00:27:54L'action débute,
00:27:56John tue les deux gardes
00:27:57à sa droite,
00:27:57bloque le troisième
00:27:58et met en joue
00:27:59le faux flic
00:27:59puis les tue à tour de rôle
00:28:01le tout en moins de 20 secondes.
00:28:03Personnellement,
00:28:03ça me rappelle quelque chose.
00:28:11Parce que oui,
00:28:12McLean c'est le cow-boy
00:28:14des temps modernes.
00:28:14Le bad boy au grand cœur.
00:28:15Le loser magnifique.
00:28:17Plus intelligent que son ennemi.
00:28:18On joue toujours les cow-boys,
00:28:20Monsieur McLean.
00:28:21Les américains sont incroyables
00:28:23mais cette fois
00:28:23John Wayne ne s'éloignera pas
00:28:24dans le soleil couchant
00:28:25avec Grace Kelly.
00:28:27C'est Gary Cooper, connard.
00:28:29Ce film est une de mes premières
00:28:30expériences avec le cinéma.
00:28:31Je me souviens
00:28:32voir mon père convaincre
00:28:33un gamin de 12 ans
00:28:34de regarder le film avec lui
00:28:35et je me souviens surtout
00:28:36avoir été complètement galvanisé
00:28:38par cette histoire.
00:28:39Parce que oui,
00:28:39le scénario est brillant.
00:28:40Utiliser le principe du jeu
00:28:41Jacques Addy
00:28:42pour développer l'intrigue
00:28:43qui s'avérera finalement
00:28:44n'être qu'une diversion
00:28:45c'est totalement cool.
00:28:46Ça amène des péripéties
00:28:47toujours de plus en plus audacieuses
00:28:49même si on peut aisément
00:28:50affirmer que la fin est ratée.
00:28:51Bien trop conventionnelle
00:28:52après une intrigue
00:28:53aussi bien menée.
00:28:54Il existe une fin alternative
00:28:55où Gruber survit
00:28:56et John le retrouve
00:28:57en Allemagne pour le tuer.
00:28:58Je trouve que ça n'est pas
00:28:59non plus une fin pertinente
00:29:01et je pense que de toute façon
00:29:02il était quasi impossible
00:29:03de terminer un film
00:29:04qui a su monter la barre
00:29:06bien trop haute
00:29:06dès le début.
00:29:07Bruce Willis quant à lui
00:29:08confirme qu'il tient là
00:29:09le rôle de sa vie.
00:29:10On le confond avec son personnage
00:29:11et il n'en demeure pas moins
00:29:12bien entouré
00:29:13puisqu'il retrouvera
00:29:14son compère de Pulp Fiction
00:29:15Samuel Jackson
00:29:16ainsi que le génialissime
00:29:18Jeremy Irons
00:29:18qui n'a pas à rougir
00:29:19devant son frère fictionnel
00:29:21Alan Rickman.
00:29:22Le succès du film
00:29:22sera bien sûr phénoménal
00:29:24se hissant au top
00:29:25du box-office mondial
00:29:26de l'année 1995.
00:29:27Pourtant ça ne sera pas
00:29:28le seul projet ambitieux
00:29:29de l'acteur cette année-là.
00:29:35Thierry Gilliam
00:29:36membre légendaire
00:29:37des Monty Python
00:29:38est un réalisateur
00:29:39que l'on ne présente plus.
00:29:40Sa vision singulière
00:29:41son sens du cadre
00:29:42et son regard sur le monde
00:29:43lui ont permis
00:29:44de se constituer
00:29:44une filmographie passionnante
00:29:46où on peut y retrouver
00:29:46le très populaire
00:29:48L'Armée des Douze Singes.
00:29:49Adapté du photoroman
00:29:50La Jetée de Chris Marker
00:29:51les deux oeuvres
00:29:52partagent des thématiques communes
00:29:53et un amour évident
00:29:54pour Vertigo
00:29:55t'Alfred Hitchcock.
00:29:56Chris Marker
00:29:57avouera que le film
00:29:58sera sa principale inspiration
00:29:59et Thierry Gilliam
00:30:00ira jusqu'à l'intégrer
00:30:01dans son film
00:30:02s'inspirant de son jeu de lumière
00:30:03et de sa relation ambigüe
00:30:05entre les deux personnages principaux.
00:30:06Il courut vers elle
00:30:09et lorsqu'il reconnut l'homme
00:30:10qu'il avait suivi
00:30:11depuis le camp souterrain
00:30:13il comprit
00:30:14qu'on ne s'évadait pas du temps
00:30:16et que cet instant
00:30:17qui lui avait été donné
00:30:18de voir enfant
00:30:20et qui n'avait pas cessé
00:30:21de l'obséder
00:30:24c'était celui
00:30:25de sa propre mort.
00:30:27C'est tout le propos
00:30:28de ces deux oeuvres
00:30:29de science-fiction
00:30:30mais c'est aussi
00:30:30le fardeau
00:30:31de John Ferguson
00:30:32dans Vertigo
00:30:32tentant de déjouer le temps
00:30:34en confondant
00:30:34présent et passé
00:30:35essayant de recréer
00:30:36un moment
00:30:37qui est déjà arrivé
00:30:38avec une personne
00:30:38qui fait désormais
00:30:39partie d'une époque révolue
00:30:41et n'appartenant plus
00:30:42qu'à ses souvenirs.
00:30:50Ces trois oeuvres
00:30:51vont aussi partager
00:30:52l'importance
00:30:53de leurs sonorités
00:30:54respectives.
00:30:54La jetée
00:30:55rythme ses images
00:30:56à l'aide de son baroque.
00:30:57Très nihiliste
00:30:58le court-métrage
00:30:59reprend ce qu'était
00:30:59la beauté formelle
00:31:00d'une scène de filature
00:31:01dans Vertigo
00:31:02où les dialogues
00:31:02laissent place
00:31:03à une sonorité intrigante
00:31:04qui sublime
00:31:05un enchaînement d'images
00:31:06où le protagoniste
00:31:07se fera spectateur
00:31:08d'une illusion
00:31:08qu'il croit être la réalité.
00:31:10Guillaume lui
00:31:10avec l'aide du compositeur
00:31:12Astor Piazzolla
00:31:13misera sur un son
00:31:14plus éreintant
00:31:15sublimant l'absurdité
00:31:16des situations
00:31:16et la mélancolie
00:31:17qui se dégage
00:31:18de chaque décor.
00:31:19Une mélodie
00:31:19que beaucoup trouvent
00:31:20insupportable
00:31:21mais qui s'y est à merveille
00:31:22à la folie ambiante.
00:31:23C'est bien le mot d'ordre ici
00:31:24la folie
00:31:25la caméra de Guillaume
00:31:26adoptant très souvent
00:31:27le Dutch Angle
00:31:28les gros plans
00:31:29et les ralentis
00:31:30pour la suggérer.
00:31:31La photographie
00:31:31très granuleuse
00:31:32va également accentuer
00:31:33le désespoir
00:31:33de la situation
00:31:34car dans leur folie
00:31:35les humains
00:31:36se sont condamnés
00:31:37eux-mêmes à l'exil
00:31:37laissant l'armée
00:31:38des deux singes
00:31:39libérer les animaux
00:31:40qui reprendront leurs droits.
00:31:41C'est tout le propos du film
00:31:42qu'est-ce qui constitue
00:31:43un être humain
00:31:44comment celui-ci
00:31:44va être influencé
00:31:45par ses expériences de vie
00:31:46et que va-t-il en faire ?
00:31:48Bruce Willis
00:31:49joue un de ses plus beaux rôles
00:31:50il est dans un contre-emploi
00:31:51magistral
00:31:51c'est toujours compliqué
00:31:52pour un acteur
00:31:53de jouer la folie
00:31:54il faut toujours faire preuve
00:31:55d'une certaine subtilité
00:31:56et Bruce Willis
00:31:57comme Brad Pitt d'ailleurs
00:31:58porte le film
00:31:59merveilleusement bien
00:32:00Terry Gilliam
00:32:00lui suggérera d'ailleurs
00:32:01de ne pas faire du Bruce Willis
00:32:03dans son interprétation
00:32:04bien vu.
00:32:05La renommée de l'acteur
00:32:07permettra au film
00:32:07de connaître
00:32:08un vrai succès surprise
00:32:09et lui offrira
00:32:10par la même occasion
00:32:11un nouveau classique
00:32:12à sa filmographie
00:32:25En 1996
00:32:26il fait un détour
00:32:27dans un énième remake
00:32:28de Yojinbo
00:32:28d'Akira Kurosawa
00:32:30une erreur de parcours
00:32:31mais vite rattrapée
00:32:32quand il sautera
00:32:32dans un taxi volant
00:32:33un an plus tard
00:32:39Je ne compte pas
00:32:40m'éterniser sur Luc Besson
00:32:41qui est un être humain
00:32:42que je ne porte
00:32:42absolument pas dans mon coeur
00:32:43il est un scénariste
00:32:44assez moyen
00:32:45et un médiocre dialoguiste
00:32:46deux choses
00:32:47qui ont complètement
00:32:48gâché le projet Valérian
00:32:49mais je peux lui reconnaître
00:32:50d'avoir fait avancer
00:32:51le cinéma français
00:32:51dans la bonne direction
00:32:52notamment grâce au projet fou
00:32:54qu'est le cinquième élément
00:32:55avec cette oeuvre
00:32:56de science-fiction
00:32:56qui déborde d'ambition
00:32:57c'est la France
00:32:58qui se réinvite
00:32:59dans les cinémas
00:32:59du monde entier
00:33:00le film est porté
00:33:01par un délire pop
00:33:02plutôt réjouissant
00:33:03et une mise en scène très dynamique
00:33:04d'où en ressort
00:33:05des moments d'anthologie
00:33:06comme la scène de l'opéra
00:33:07qui répond et rythme
00:33:08une bagarre
00:33:09qui se déroule au même moment
00:33:10ou encore la course poursuite
00:33:11avec le taxi
00:33:11qui n'est pas sans rappeler
00:33:12certaines scènes
00:33:13que l'on verra plus tard
00:33:14dans la prélogie Star Wars
00:33:15mais comme les deux oeuvres
00:33:16piochent de très grosses poignées
00:33:18dans l'univers de Valérian
00:33:19on va dire que tout le mérite
00:33:20revient à Pierre-Christin
00:33:21Jean-Claude Bézière
00:33:22et Evelyne Tranlet
00:33:23d'ailleurs Bézière
00:33:24collaborera avec Besson
00:33:25sur le cinquième élément
00:33:26quoi qu'il en soit
00:33:26la force du film
00:33:27est de ne jamais
00:33:28se prendre au sérieux
00:33:29tout n'est que prétexte
00:33:30pour accentuer
00:33:30ce délire régressif
00:33:31mais ultra jouissif
00:33:33Corben Dallas
00:33:33lui est un personnage
00:33:34dans la lignée
00:33:35de ce que Camp Willis
00:33:36un anti-héros au grand coeur
00:33:37qui va se retrouver
00:33:38au mauvais endroit
00:33:38au mauvais moment
00:33:39et ça va être
00:33:40une des forces du film
00:33:41des personnages hauts en couleurs
00:33:42qui vont crédibiliser
00:33:43cet environnement futuriste
00:33:44très réussi
00:33:45un travail incroyable
00:33:46du chef décorateur
00:33:47Dan Weil
00:33:48mais aussi de Jean-Paul Gauthier
00:33:49qui design tous
00:33:50les magnifiques costumes
00:33:51du film
00:33:51l'ignorance de Mila Jovovitch
00:33:53la folie de Gary Oldman
00:33:54et l'excentricité
00:33:55de Chris Tucker
00:33:56permettent au film
00:33:57d'assurer des moments
00:33:58encore cultes aujourd'hui
00:33:59donc ouais
00:33:59j'aime beaucoup ce film
00:34:00mais pas autant
00:34:01que l'autre film
00:34:02de Bruce Willis
00:34:02sorti la même année
00:34:03Le Chacal
00:34:04et oui vous allez
00:34:05certainement me juger
00:34:06pour ça
00:34:06mais quand certains
00:34:07ont grandi
00:34:08avec la VHS
00:34:08du cinquième élément
00:34:09moi j'ai grandi
00:34:10avec la collection
00:34:11Action DVD
00:34:11disponible chez
00:34:12tous les bons marchands
00:34:13de journaux
00:34:13et dans cette collection
00:34:14de DVD
00:34:15il y avait
00:34:15Le Chacal
00:34:18Retrouvez les meilleurs films
00:34:19d'action en DVD
00:34:20dans la plus musclée
00:34:21des collections
00:34:23Collection Action
00:34:23le numéro 3
00:34:242 DVD
00:34:25Le Chacal
00:34:26et Puy d'enfer
00:34:26plus le classique
00:34:2714,90€
00:34:28sur votre marchand de journaux
00:34:30il y a besoin de préciser
00:34:31et je me doute
00:34:32que c'est une appréciation
00:34:33très personnelle
00:34:34puisque mon amour
00:34:35pour ce film
00:34:35repose sur des souvenirs
00:34:36d'enfance
00:34:37mais de toute façon
00:34:37toute cette chronique
00:34:38n'est que le fruit
00:34:39de ma vision
00:34:39de l'oeuvre de Bruce Willis
00:34:41et Le Chacal
00:34:42nom de nom
00:34:42quel plaisir
00:34:43alors oui
00:34:44en termes de scénario
00:34:44et de mise en scène
00:34:45ça n'invente rien
00:34:46mais déjà
00:34:46Bruce Willis en tueur froid
00:34:48et sanguinaire
00:34:48c'est très rare
00:34:49pour être souligné
00:34:50pour une fois
00:34:51c'est lui le bad guy
00:34:52méthodique
00:34:52sans pitié
00:34:53incroyablement malin
00:34:54qui fait face
00:34:55à un Richard Gere
00:34:56tout aussi charismatique
00:34:57j'aime beaucoup
00:34:58toutes les apparences
00:34:58qu'il adopte dans le film
00:34:59tout lui va si bien
00:35:00que ça en devient énervant
00:35:01on peut aussi y découvrir
00:35:03un jeune Jack Black
00:35:03qui se fera tuer
00:35:04dans une scène
00:35:05qui m'avait tellement marqué
00:35:06quand j'étais gosse
00:35:07Bruce Willis en boogie man
00:35:08qui joue avec sa souris blanche
00:35:10sans éprouver aucun remords
00:35:11c'est une scène
00:35:12inoubliable pour moi
00:35:13j'étais sous le choc
00:35:14sans savoir pourquoi
00:35:15mais la violence de cette scène
00:35:16pas plus violente qu'une autre
00:35:18pourtant
00:35:18m'avait vraiment marqué
00:35:19et aujourd'hui évidemment
00:35:20que je l'ai revu
00:35:21avec un oeil plus critique
00:35:22mais ça reste
00:35:22une de mes Madeleine de Proust
00:35:24comme beaucoup d'entre vous
00:35:25avec beaucoup d'oeuvres
00:35:26objectivement moyennes
00:35:27mais qui vous ont procuré
00:35:28des moments incroyables
00:35:29la beauté du cinéma
00:35:31en 1998
00:35:32Willis s'abonne au complot américain
00:35:34puisque dans Code Mercury
00:35:35Darrell Baker
00:35:36il interprète un agent du FBI
00:35:37prêt à tout pour sauver
00:35:38un enfant autiste
00:35:39qui a déchiffré
00:35:40un code secret de la NSA
00:35:41et dans Couvre-feu
00:35:42d'Edward Zeek
00:35:43il est un major de l'armée
00:35:44qui va faire régner la loi martiale
00:35:46au sein de New York
00:35:47afin d'éradiquer une menace terroriste
00:35:49Couvre-feu est un film
00:35:50assez intéressant
00:35:51dans la manière
00:35:51qu'il a d'aborder un sujet
00:35:52aussi complexe que le terrorisme
00:35:54on est sur un thriller
00:35:55qui prend très au sérieux
00:35:56son sujet
00:35:56et qui n'est pas de main morte
00:35:58pour ce qui est de mettre en avant
00:35:59les lacunes de l'Amérique
00:36:00dans sa gestion très problématique
00:36:02de ce genre de conflit
00:36:03ici toute une ethnie
00:36:04va se faire juger coupable
00:36:05d'actes tout à fait odieux
00:36:06et le gouvernement
00:36:07ne fera pas deux poids deux mesures
00:36:09en parquant tous les musulmans
00:36:10dans une prison
00:36:10et en instaurant la loi martiale
00:36:12tout le film va tourner
00:36:13autour de ce questionnement
00:36:14où s'arrête la liberté
00:36:15quand la priorité
00:36:16est de protéger les citoyens
00:36:18on retiendra surtout de ce film
00:36:19sa valeur étrangement prophétique
00:36:21précédant de vrais attentats
00:36:22à New York
00:36:23trois ans plus tard
00:36:24ceux du 11 septembre 2001
00:36:25Bruce Willis passe d'un film
00:36:27assez lucide
00:36:28sur le comportement
00:36:28plus que limite
00:36:29des instances américaines
00:36:30quand il s'agit de régler un conflit
00:36:32à une propagande pure et simple
00:36:33destinée à faire briller
00:36:34l'oncle Sam autour du globe
00:36:36il passe de l'ennemi
00:36:37des droits de l'homme
00:36:37à sauveur de l'humanité
00:36:53c'est l'armageddon
00:36:54une énorme météorite
00:36:56de la taille du Texas
00:36:56menace de s'écraser sur terre
00:36:58et de la débarrasser
00:36:59de l'ensemble de sa population
00:37:00seuls les Etats-Unis
00:37:01peuvent faire quelque chose
00:37:02car c'est bien connu
00:37:03Dieu ne bénit
00:37:04que les Etats-Unis d'Amérique
00:37:05le plan d'une subtilité
00:37:07à défriser un mouton
00:37:08consiste à creuser un trou
00:37:09au centre de l'astéroïde
00:37:11et d'y placer un arsenal nucléaire
00:37:12pour tout faire péter
00:37:13le problème c'est que
00:37:14les astronautes américains
00:37:15sont visiblement trop cons
00:37:16pour apprendre à forer
00:37:17et le temps presse
00:37:18la NASA va donc faire appel
00:37:19à l'expert ultime des trous
00:37:21Harry Stamper
00:37:22alias Bruce Willis
00:37:23mais ce dernier ne va pas risquer
00:37:24de mettre l'avenir de l'humanité
00:37:26dans les mains d'hommes
00:37:26surentraînés
00:37:27pour aller dans l'espace
00:37:28non
00:37:28il préférera faire appel
00:37:29à ses potes
00:37:30une bande de losers
00:37:31bof illuminés et alcooliques
00:37:32pour sauver l'espèce humaine
00:37:34de l'extinction
00:37:34en gros c'est du Michael Bay
00:37:36ça n'a aucun sens
00:37:37et c'est bougrement génial
00:37:39parce qu'en dehors du scénario
00:37:40Bay réussit à insuffler
00:37:41une sacrée énergie au film
00:37:42dès l'introduction
00:37:43Armageddon
00:37:44c'est la subtilité au niveau zéro
00:37:46c'est l'incohérence
00:37:46à son paroxysme
00:37:47c'est des répliques
00:37:48aussi bof que culte
00:37:49c'est un casting exceptionnel
00:37:51et c'est un jusqu'au boutisme
00:37:52qui fait toute la différence
00:37:54et permet à l'oeuvre
00:37:55d'être étrangement génial
00:37:56dans son côté nanardesque
00:37:57et n'empêche
00:37:58t'es ému à la fin
00:37:59parce que notre cher Bruce Willis
00:38:00se sacrifie
00:38:01et sauve une nouvelle fois le monde
00:38:02une étiquette qui lui collera
00:38:03longtemps à la peau
00:38:04à tel point qu'il interprétera
00:38:05le rôle principal d'Apocalypse
00:38:07un jeu qui sortira
00:38:08sur la première Playstation à l'époque
00:38:09Willis c'est le héros américain parfait
00:38:11tout aussi banal qu'extraordinaire
00:38:13sa popularité à la fin des années 90
00:38:15est folle
00:38:16mais Bruce détestera
00:38:17travailler avec Michael Bay
00:38:18et annoncera ne plus jamais
00:38:20le faire à l'avenir
00:38:21à cette époque
00:38:22il enchaîne les tournages
00:38:23tout comme sa femme d'Emy Moore
00:38:24le couple décidera
00:38:25de ne jamais tourner en même temps
00:38:26afin de ne jamais laisser
00:38:27leur enfant seul
00:38:28mais le souci de ce plan
00:38:29en somme toute honorable
00:38:30c'est qu'ils ne se verront quasiment plus
00:38:32les deux décideront de divorcer en 1998
00:38:34après 11 ans de mariage
00:38:37en 1999
00:38:38il renoue avec ses premiers amours
00:38:40la comédie et le drame romantique
00:38:41avec Breakfast of Champions
00:38:43Une vie à deux
00:38:44et Mon voisin le tueur
00:38:45c'est d'ailleurs à la suite
00:38:46d'un pari perdu avec Matthew Perry
00:38:47qu'il acceptera de jouer un caméo
00:38:49dans plusieurs épisodes de Friends
00:38:58à l'aube du 21ème siècle
00:39:00l'acteur a besoin de changement
00:39:01il commence à se lasser
00:39:02de ses rôles de gros balours
00:39:03dans des films d'action
00:39:04et autres grosses machines hollywoodiennes
00:39:06il n'a plus envie de sauver le monde
00:39:07et il décide donc d'accorder sa confiance
00:39:34à un tout jeune réalisateur
00:39:35qui n'a pas encore eu l'occasion
00:39:36de faire ses preuves dans la cour des grands
00:39:37un certain M. Night Shyabalan
00:39:44A l'époque de sa sortie
00:39:456ème sens est un véritable phénomène
00:39:47la révélation incroyable
00:39:49qui entoure le film
00:39:50parvient à lui offrir
00:39:50un énorme bouche à oreille
00:39:52car oui à l'époque où Twitter n'existait pas
00:39:54le spoiler pouvait encore être contenu
00:39:56les spectateurs sont donc curieux
00:39:57de savoir ce que diable cache le film
00:39:59ce qui permettra à ce dernier
00:40:00d'engranger pas moins de 670 millions de dollars
00:40:03au box office mondial
00:40:04un énorme succès
00:40:05que beaucoup mettent au crédit
00:40:07du plot twist incroyable certes
00:40:08mais qui ne constitue pourtant pas
00:40:10le coeur du film
00:40:10tant celui-ci est riche
00:40:12en termes de symbolique
00:40:13car l'histoire sur le papier
00:40:14a beau être simple
00:40:15elle est pourtant loin d'être simpliste
00:40:17et c'est dans sa mise en scène
00:40:18que Shyabalan fait preuve
00:40:20d'une brillante subtilité
00:40:21le réalisateur va jouer de son talent
00:40:23pour nous faire croire
00:40:23que le docteur Malcolm Crow
00:40:25est toujours vivant
00:40:26après cette introduction
00:40:27où on voit un de ses anciens patients
00:40:28lui tirer dessus
00:40:29mais paradoxalement
00:40:30et à la relecture
00:40:31la mort du personnage
00:40:32s'affiche comme étant une évidence
00:40:34jamais il ne changera de vêtement
00:40:35durant le film
00:40:36on nous fait croire
00:40:37qu'il interagit avec d'autres personnages
00:40:38que Cole
00:40:39mais personne ne lui adressera
00:40:40jamais la parole
00:40:41il ne bouge aucun objet
00:40:42durant le film
00:40:43se contente de s'asseoir
00:40:44à aucun moment
00:40:45il ne parvient à ouvrir cette porte
00:40:46à la poignée rouge
00:40:47une couleur que Shyabalan
00:40:48associe à la mort
00:40:49la femme de Cole
00:40:50sera toujours habillée en rouge
00:40:51après la mort de son mari
00:40:52Cole sera entourée de rouge
00:40:54durant tout le film
00:40:54des décors qu'il croisera
00:40:56à ses propres habits
00:40:57ce dernier pouvant voir
00:40:58et communiquer avec les morts
00:40:59le verre lui
00:41:00se positionnera comme l'extrême opposé
00:41:01et représentera la barrière
00:41:03qui sépare le jeune Cole
00:41:04des êtres qui ne parviennent pas
00:41:05à le comprendre
00:41:06Malcolm tout d'abord
00:41:07qui ne cherche qu'à rationaliser son don
00:41:09mais aussi sa mère
00:41:09qui ne sait rien des problèmes
00:41:10de son fils
00:41:11et donc ne parvient pas
00:41:12à dialoguer avec lui
00:41:13jusqu'aux instances scientifiques
00:41:14qui sont l'exact contraire
00:41:15du surnaturel
00:41:16pouvant expliquer chaque situation
00:41:18grâce à des faits avérés
00:41:19le verre est à l'opposé du rouge
00:41:21c'est la barrière
00:41:22qui sépare l'ordinaire
00:41:23de l'extraordinaire
00:41:24Malcolm ne peut donc pas reposer en paix
00:41:26tant qu'il n'aura pas
00:41:26réparé ses erreurs du passé
00:41:28et pour ça il doit aider Cole
00:41:29à canaliser son don
00:41:30à s'en servir
00:41:31pour aider les amérantes
00:41:32mais lui-même refuse de croire
00:41:33qu'il en est une
00:41:34il ne voit que ce qu'il veut voir
00:41:35comme l'évoque Cole à l'hôpital
00:41:37mettant le spectateur sur la voie
00:41:39grâce au découpage
00:41:40qui s'attarde sur Malcolm
00:41:41avec un zoom évocateur
00:41:42quand il apprend que le jeune garçon
00:41:44voit des gens qui sont morts
00:41:45c'est tous ces éléments
00:41:46qui permettent à la révélation finale
00:41:48d'être aussi forte
00:41:48et c'est là où est tout le génie
00:41:50du jeune Shyamalan
00:41:50qui nous offre ici un objet hybride
00:41:52du thriller horrifique
00:41:53au drame romantique
00:41:54un film qui n'aura pas volé
00:41:56son statut d'oeuvre culte
00:41:57et son énorme succès
00:41:58qui donnera raison à Bruce Willis
00:42:00ne se faisant pas prier
00:42:01pour enchaîner un autre film
00:42:02avec le jeune prodigue
00:42:03un film qu'il considère
00:42:05encore meilleur
00:42:06que Sixième Sens
00:42:12En 2000
00:42:13le film de super-héros
00:42:14est loin d'être aussi populaire
00:42:16qu'aujourd'hui
00:42:16d'aucuns diraient
00:42:17que c'était même
00:42:17un genre plutôt has-been
00:42:19avec Incassable
00:42:20Shyamalan va d'ores et déjà
00:42:21mettre à l'amant
00:42:22de la concurrence
00:42:23avant même que celle-ci n'existe
00:42:25parce qu'avec Incassable
00:42:26il signe un film de super-héros
00:42:28mais rempli cette coquille
00:42:29d'humanité
00:42:29et d'une profondeur
00:42:30qui va sublimer
00:42:31toute la grandeur
00:42:32de cette oeuvre
00:42:32c'est l'humain
00:42:33qui est au coeur du film
00:42:34la lutte entre deux hommes
00:42:35que tout sépare
00:42:36que la nature même
00:42:37met en opposition
00:42:38mais qui sont liés
00:42:39par un respect mutuel
00:42:40et une amitié récente
00:42:41qui retire au récit
00:42:42toutes sortes de manichéisme
00:42:44afin de développer
00:42:45des personnages
00:42:45d'une profondeur folle
00:42:46l'histoire d'un homme
00:42:47au destin brisé
00:42:48qui a fait le choix
00:42:49de l'amour
00:42:50et qui n'est destiné
00:42:51qu'à faire le bien
00:42:51malgré ses erreurs humaines
00:42:53mais aussi celle
00:42:53d'un petit garçon
00:42:54que la vie a puni
00:42:55et qui va tout faire
00:42:56pour savoir
00:42:57quelle est sa place
00:42:57dans un monde
00:42:58aussi brisé que lui
00:42:59le héros
00:43:00et sa némésis
00:43:01que le réalisateur
00:43:02emprunte au comics
00:43:03construisant son film
00:43:04autour du principe narratif
00:43:05de ses histoires à bulles
00:43:06mais en y retirant
00:43:07toute la grande éloquence
00:43:08pour offrir un film
00:43:09sobre
00:43:10brutal
00:43:10et bougrement efficace
00:43:12impossible de ne pas penser
00:43:13à cette introduction
00:43:14où le spectateur
00:43:15fait partie intégrante du film
00:43:16à travers un plan séquence
00:43:18qui nous présente
00:43:18David Dunn
00:43:19l'empathie pour ce personnage
00:43:20est instantanée
00:43:21on s'immisce directement
00:43:22dans son intimité
00:43:23découvrant un être humain
00:43:24aussi gentil que maladroit
00:43:25futur rescapé
00:43:27d'un terrible accident
00:43:28Shiamalan est un cinéaste
00:43:49qui coupe ses plans
00:43:49seulement quand c'est nécessaire
00:43:51et le film va jouir
00:43:52de beaucoup de conversations
00:43:53en plan séquence
00:43:54ce qui va accentuer
00:43:55le naturel des personnages
00:43:56leur côté très humain
00:43:57leur force
00:43:58mais aussi leur faille
00:43:59Bruce Willis
00:44:00a toujours été un héros
00:44:01dans ses films
00:44:02mais ici la figure du héros
00:44:03est différente
00:44:04bien plus subtile
00:44:05à une échelle
00:44:06bien moins gargantuesque
00:44:07David Dunn ne sauve pas le monde
00:44:09il sauve la vie
00:44:09de gens ordinaires
00:44:10mais il se sauve également
00:44:11lui-même
00:44:12endossant un costume imposant
00:44:14qu'il le protège
00:44:14de sa kryptonite
00:44:15mais aussi du monde extérieur
00:44:17le verre du courage
00:44:18contre le violet de la fourberie
00:44:20Elijah Price
00:44:20qui sera le créateur
00:44:21de son bourreau
00:44:22l'instigateur du bien
00:44:23en faisant le mal
00:44:24incapable de vivre
00:44:25sans son contraire
00:44:26comme si le ying
00:44:27était séparé du yang
00:44:28les mots du joker de Nolan
00:44:30résument parfaitement la situation
00:44:36c'est la troisième fois
00:44:38que Samuel L. Jackson
00:44:39et Bruce Willis
00:44:40se retrouvent ensemble
00:44:41dans un film
00:44:41et on peut dire
00:44:42qu'ils se portent
00:44:43mutuellement bonheur
00:44:44puisqu'à chaque fois
00:44:44le film en question
00:44:45est un classique du genre
00:44:46M. Night Shyamalan
00:44:47redonne ses lettres de noblesse
00:44:48à Bruce Willis
00:44:49offre à ce dernier
00:44:50son premier bon film
00:44:51du 21ème siècle
00:44:52mais l'acteur va pourtant
00:44:53finir par connaître
00:44:54un premier ventre mou
00:44:55avec des films
00:44:56somme toute sympathiques
00:44:57mais loin d'être
00:44:58à la hauteur
00:44:58de ses exigences d'autrefois
00:45:00côté vie privée
00:45:01ce nouveau millénaire
00:45:02commence avec une tragédie
00:45:03puisqu'en 2001
00:45:04son frère Robert
00:45:05meurt des suites d'un cancer
00:45:06ce qui va beaucoup affecter l'acteur
00:45:08la suite n'est pas plus glorieuse
00:45:09puisqu'il sera également dévasté
00:45:11suite aux attentats
00:45:11du 11 septembre
00:45:12à tel point qu'il proposera
00:45:13d'offrir un million de dollars
00:45:15à quiconque
00:45:16aurait des infos importantes
00:45:17sur Ben Laden
00:45:23un geste étrangement too much
00:45:25venant d'un homme plutôt réfléchi
00:45:26qui a toujours avoué
00:45:27ne pas s'intéresser à la politique
00:45:28n'être d'aucun camp
00:45:30jusqu'en 2002
00:45:31où il annoncera son soutien
00:45:32à George Bush
00:45:32et à la guerre en Irak
00:45:34des événements
00:45:34qui vont orienter
00:45:35ses choix de carrière
00:45:36vers des drames militaires
00:45:37tout d'abord dans
00:45:37Mission Evasion
00:45:38où il interprète
00:45:39un colonel de la seconde guerre mondiale
00:45:40aux côtés de Colin Farrell
00:45:42ainsi que
00:45:42Les Larmes du Soleil
00:45:43en 2003
00:45:44où il joue un lieutenant
00:45:44de l'armée américaine
00:45:46durant la guerre civile au Nigeria
00:45:47un film qui serait
00:45:48selon les dires
00:45:49en partie responsable
00:45:50de la récente maladie de l'acteur
00:45:51à cause d'un accident de tournage
00:45:53où Bruce Willis
00:45:53sera blessé à la tête
00:45:54avec des explosifs
00:45:55il poursuivra
00:45:56le studio de cinéma en justice
00:45:57pour cet incident
00:45:58ce dernier évoquant
00:45:59le fait d'avoir subi
00:46:00d'énormes séquelles après coup
00:46:01mais est-ce dû à ce traumatisme
00:46:02que sa maladie s'est installée
00:46:04difficile à dire
00:46:05en 2003 toujours
00:46:06il fait un caméo
00:46:07dans le second opus
00:46:08de Charlie Angels
00:46:09où il se fait
00:46:10ironiquement tué
00:46:11par son ex-femme
00:46:11Demi Moore
00:46:12et il prête également sa voix
00:46:13pour le film d'animation
00:46:14Les Razmoquettes
00:46:15il enchaîne en 2004
00:46:16avec la suite de
00:46:17Mon Voisin le Tueur
00:46:18et fait un nouveau caméo
00:46:19dans Ocean's Twelve
00:46:20de Steven Soderbergh
00:46:21où il interprète son propre rôle
00:46:23amusant en sachant
00:46:24qu'il devait initialement
00:46:25interpréter le personnage
00:46:26de Terry Benedict
00:46:26dans le premier film
00:46:27en 2005
00:46:28il retrouve un autre
00:46:29réalisateur français
00:46:30après Luc Besson
00:46:31en la personne de
00:46:32Florent Emilio Ciri
00:46:33pour otage
00:46:34un thriller efficace
00:46:35porté par une mise en scène
00:46:36honorable
00:46:36et un Bruce Willis
00:46:37qui s'investit
00:46:38à tel point qu'il nous tape
00:46:39son meilleur cosplay
00:46:40de Peter Stormare
00:46:41avec qui il a joué
00:46:42dans Armageddon d'ailleurs
00:46:43la première demi-heure est top
00:46:44mais le reste s'essouffle un peu
00:46:46avec un scénario
00:46:46qui part dans tous les sens
00:46:47cependant le film est appréciable
00:46:49il baigne dans cette esthétique
00:46:50du cinéma d'action
00:46:51du début du siècle
00:46:52et c'est assez cool
00:46:52la même année
00:46:53on le retrouve encore
00:46:54dans un rôle de flic
00:46:55mais cette fois-ci
00:46:56dans un film bien plus ambitieux
00:46:57le fameux Sin City
00:46:58réalisé par Frank Miller
00:47:00et Robert Rodriguez
00:47:01l'acteur n'aura eu qu'à voir
00:47:02la scène d'introduction
00:47:03que Rodriguez lui présentera
00:47:04pour accepter directement le rôle
00:47:06sentant à nouveau
00:47:07le projet artistique majeur
00:47:08qui allait faire la différence
00:47:09dans sa filmographie
00:47:10et forcé de constater que Sin City
00:47:12sera bel et bien une petite révolution
00:47:14notamment visuellement
00:47:15on est sur de la BD animée
00:47:16le film en reprend les codes visuels
00:47:18mais aussi narratives
00:47:18à travers le ton des dialogues
00:47:20et en entremêlant les intrigues
00:47:21le comics de Frank Miller
00:47:23prend littéralement vie sous nos yeux
00:47:24une véritable déclaration d'amour
00:47:26à ce support en papier glacé
00:47:27que l'on n'avait pas vu depuis
00:47:28bah incassable
00:47:29après le succès de Sin City
00:47:31Bruce Willis retrouvera
00:47:32Robert Rodriguez
00:47:33dans son film de zombies
00:47:34complètement barré
00:47:35Planète Terreur
00:47:36l'occasion de voir l'acteur
00:47:37nous faire un petit remake
00:47:38de The Thing
00:47:442006 sera une des années
00:47:45les plus éclectiques
00:47:46dans la carrière de l'acteur
00:47:47on le verra dans
00:47:4816 blocs
00:47:48un polar signé Richard Donner
00:47:50Nos voisins les hommes
00:47:51film d'animation Dreamworks
00:47:53où il prête sa voix
00:47:53un raton laveur
00:47:54Fast Food Nation
00:47:55comédie dramatique
00:47:56basée sur un documentaire
00:47:57qui revient sur le fonctionnement
00:47:59de la restauration rapide aux USA
00:48:00Sliven
00:48:01film de gangsters un peu loufoques
00:48:02où il joue un tueur à gage
00:48:04et Alpha Dog
00:48:05drame de Nick Cassavetes
00:48:06qui raconte un pan
00:48:07de la jeunesse américaine
00:48:08et de ses déboires
00:48:09à travers une histoire
00:48:10de kidnapping tirée de faits réels
00:48:12beaucoup de propositions
00:48:13à cette époque
00:48:14et beaucoup de choses assez cool
00:48:15mais le succès
00:48:16n'est plus tellement au rendez-vous
00:48:17en 2007
00:48:18il fait donc le choix
00:48:19de revenir à ce qui a fait son succès
00:48:20il cachetonne d'abord
00:48:21dans Dangeresse Séduction
00:48:22avec Albery
00:48:23qu'il retrouve après
00:48:24le dernier Samaritain
00:48:25et décide de cachetonner encore plus
00:48:26en reprenant son rôle légendaire
00:48:28celui du flic le plus malchanceux
00:48:30de New York
00:48:35alors je vais pas vous mentir
00:48:37Die Hard 4.0 est un des plaisirs régressifs
00:48:40que j'aime revoir de temps en temps
00:48:41évidemment on est loin de la maestria
00:48:43de John McTiernan
00:48:44mais Len Wiseman
00:48:45qui a également réalisé Underworld
00:48:47que j'aime bien aussi
00:48:48s'en sort pas trop mal
00:48:49pour ce qui est d'assurer le spectacle
00:48:50c'est d'ailleurs rigolo de se dire
00:48:52que c'est Bruce Willis lui-même
00:48:53qui a poussé pour avoir Wiseman
00:48:54à la réalisation
00:48:55car il avait adoré
00:48:56les deux premières Underworld
00:48:57les citant comme des projets singuliers
00:48:59et maîtrisés de bout en bout
00:49:01le projet d'un quatrième Die Hard
00:49:02ne date pas d'hier
00:49:03un scénario circulait
00:49:04depuis la fin des années 90
00:49:05et McLean devait à la base
00:49:06se retrouver dans la jungle amazonienne
00:49:08à combattre les méchants
00:49:09heureusement l'histoire sera repensée
00:49:11pour en faire une attaque
00:49:12de cyber-terroriste
00:49:13sur le sol américain
00:49:14que le vieux McLean
00:49:15qui comprend rien à toute cette technologie
00:49:16va devoir stopper
00:49:17à l'aide de Bonne Droite dans la face
00:49:19et de son nerd sidekick
00:49:20interprété par Justin Long
00:49:22Timothy Olyphane
00:49:23comprend un antagoniste
00:49:24à milieu de la classe
00:49:25d'Alan Rickman
00:49:26et Jeremy Irons
00:49:27mais fera quand même le taf
00:49:28grâce à des gros bras efficaces
00:49:30Maggie Q
00:49:30et l'acteur cascadeur français
00:49:32Cyril Raphaëli
00:49:33qui aura d'ailleurs droit
00:49:33à un cascadeur
00:49:34durant le film
00:49:35alors qu'il est lui-même cascadeur
00:49:36emploi fictif un peu
00:49:38t'es un vrai hamster
00:49:39tout ce beau monde
00:49:40gravite autour d'une histoire
00:49:41plutôt intéressante
00:49:42et bien amenée
00:49:42qui n'a pas l'ambition
00:49:43de raconter plus
00:49:44que ce que l'on peut voir
00:49:45à l'écran
00:49:45et qui du coup
00:49:46relaie que ce quatrième opus
00:49:47de la saga Die Hard
00:49:48au rang d'actionneur
00:49:49efficace
00:49:50mais sans plus
00:49:50on a quand même le droit
00:49:51de belles scènes d'action
00:49:52et des courses poursuites
00:49:53très généreuses
00:49:54tout est fait main
00:49:55avec de vrais effets pyrotechniques
00:49:56il y a vraiment une bagnole
00:49:57qui s'encastre dans un hélicoptère
00:49:59et le film offre du spectacle
00:50:01ça on peut pas lui enlever
00:50:02il arrive à une époque
00:50:03où 24h chrono cartonne
00:50:04il se calque donc
00:50:05sur l'esthétique
00:50:06et le rythme de la série
00:50:07des plans très vifs
00:50:08la photo saturée
00:50:09mais conserve un aspect
00:50:10old school
00:50:11qui transparaît
00:50:11du personnage de McClane
00:50:13notamment à travers
00:50:13ses punchlines
00:50:14toujours aussi efficaces
00:50:15vous venez de flinguer
00:50:16un hélicoptère
00:50:17avec une voiture
00:50:17jamais plus de balle
00:50:19Die Hard évolue
00:50:20avec son temps
00:50:21il y a encore à se renouveler
00:50:22et ce quatrième opus
00:50:23a clairement sa place
00:50:24dans la saga
00:50:25contrairement au cinquième
00:50:26et dernier opus
00:50:27qui soyons honnêtes
00:50:28n'aurait jamais dû voir le jour
00:50:29on passe des côtes américaines
00:50:31à Tchernobyl
00:50:32le film voyage dans le temps
00:50:33puisqu'il ressemble
00:50:34à une vieille propagande
00:50:35de pro-rigan des années 80
00:50:36avec les américains
00:50:37contre les russes
00:50:38des twists totalement prévisibles
00:50:40et une intrigue
00:50:40bas du front
00:50:41le fils McClane
00:50:42n'a aucun charisme
00:50:43l'action est absolument illisible
00:50:45la photo saturée à mort
00:50:46c'est moche au possible
00:50:47même le ratio d'image
00:50:48n'a pas de sens
00:50:49et les punchlines de McClane
00:50:51ne sauvent même pas
00:50:51les meubles
00:50:52puisqu'elles n'ont aucun impact
00:50:53voire même sont forcées
00:50:55par moments
00:50:55le yippie-kai
00:50:56est tellement peu naturel
00:50:57que j'étais assez gêné
00:50:58je vous l'avoue
00:50:59la seule chose positive
00:51:04c'est cette sorte de continuité
00:51:05dans la relation familiale
00:51:06de McClane
00:51:07où dans chaque film
00:51:08il a toujours été rejeté
00:51:09par sa famille
00:51:10et là on assiste
00:51:11à une sorte de rédemption
00:51:12puisque le plan final
00:51:13montre un père et ses enfants
00:51:14enfin sur la même longueur d'onde
00:51:15sinon à part ça
00:51:16je laisse John
00:51:17résumer le film pour moi
00:51:18c'est nul
00:51:20Bruce Willis est conscient
00:51:21de la place qui est la sienne
00:51:22au sein d'une industrie
00:51:23où il n'a déjà plus rien à prouver
00:51:25notamment dans Panique à Hollywood
00:51:26sorti en 2008
00:51:27où il interprète son propre rôle
00:51:29celui d'un acteur capricieux
00:51:30que les cinéastes et producteurs
00:51:32ont du mal à dompter
00:51:32une parodie de lui-même
00:51:34qui s'approche sans doute
00:51:35beaucoup de la réalité
00:51:35et Kevin Smith
00:51:36avec qui il tournera
00:51:37dans Die Hard 4
00:51:38en témoignera
00:51:39en effet le cinéaste
00:51:40grand fan de l'acteur
00:51:41fera appel à lui
00:51:42pour jouer dans son film
00:51:43Top Cop
00:51:43comédie policière
00:51:45qui reprend grossièrement
00:51:46les codes du genre
00:51:46et où Bruce Willis
00:51:47est un choix parfait
00:51:48lui qui en est un
00:51:49des portes étendards
00:51:50mais le tournage
00:51:51ne va pas se passer
00:51:52comme prévu
00:51:52Bruce Willis s'avérera
00:51:53être totalement ingérable
00:51:54refusant de se faire diriger
00:51:56et imposant ses propres suggestions
00:51:58Kevin Smith
00:51:59ira jusqu'à avouer en 2011
00:52:00dans une interview
00:52:01que si Tracy Morgan
00:52:02le coéquipier de Willis
00:52:03à l'écran
00:52:04n'avait pas été là
00:52:05il se serait sans doute
00:52:06tiré une balle
00:52:06quand même
00:52:07en 2009
00:52:07il se remarie avec le mannequin
00:52:09Emma Eming
00:52:09avec qui il aura deux enfants
00:52:11en 2012
00:52:12et 2014
00:52:12Bruce a toujours voulu garder
00:52:14sa famille près de soi
00:52:15voilà pourquoi il est toujours
00:52:16resté en bon terme
00:52:17avec son ex-femme
00:52:18et la mère de ses quatre
00:52:19premières enfants
00:52:19Demi Moore
00:52:20leur relation post-mariage
00:52:22est très saine
00:52:22et permettra à toute la famille
00:52:23de vivre en harmonie
00:52:24ils resteront amis
00:52:25assisteront à leur nouveau
00:52:27mariage respectif
00:52:27et continuent encore aujourd'hui
00:52:29de tous se réunir
00:52:30pour les grandes occasions
00:52:31mais revenons en 2009
00:52:32où on le retrouve
00:52:33à l'affiche de Clone
00:52:34un film de science-fiction
00:52:35qui dépeint une société
00:52:36dépendante des clones
00:52:37des alter-ego robotiques
00:52:38que les humains
00:52:39contrôlent à distance
00:52:40et qui leur permet
00:52:41de rester chez eux
00:52:42sans craindre
00:52:43les dangers extérieurs
00:52:44car si un clone peut être détruit
00:52:45son hôte lui ne risquera rien
00:52:47nous ne sommes que des juristes
00:52:49chéri
00:52:49je ne sais même pas ce que t'es
00:52:52c'est vrai ?
00:52:53rien ne me dit
00:52:53que tu n'es pas un vieux con
00:52:54installé dans son stimulateur
00:52:56la queue à l'air
00:52:56le problème c'est qu'un jour
00:52:58un clone va être attaqué
00:52:59et son propriétaire tué
00:53:01à cause de cette attaque
00:53:02l'agent Tom Greer
00:53:03interprété par Bruce Willis
00:53:04va devoir enquêter
00:53:05sur cette affaire
00:53:06en plus de régler
00:53:06des problèmes personnels
00:53:07avec sa femme
00:53:08qui devient de plus en plus
00:53:09dépendante de son clone
00:53:10le concept du film
00:53:11est vraiment intéressant
00:53:12et met en image une dystopie
00:53:14tout à fait probable
00:53:15car là où le principe
00:53:16de contrôler un alter ego
00:53:17robotique à distance
00:53:18a à la base été pensé
00:53:19pour lutter contre le handicap
00:53:20il deviendra rapidement
00:53:21un objet marketing
00:53:22de premier ordre
00:53:23destiné à tous ceux
00:53:24qui craignent le monde extérieur
00:53:26ou qui complexent de leur physique
00:53:27condamnant de ce fait
00:53:29les relations humaines
00:53:29comme on les connait aujourd'hui
00:53:30la fin volontairement ouverte
00:53:32ne se positionnera jamais vraiment
00:53:33ne dénonçant ni ceux
00:53:35qui refusent le progrès
00:53:36ni ceux qui s'en servent
00:53:37pour manipuler les plus faibles
00:53:38et c'est là où le film va faillir
00:53:39son ton ne peut qu'être
00:53:40traité avec profondeur
00:53:41mais le film
00:53:42à travers sa mise en scène
00:53:43n'ira pas plus loin
00:53:44qu'une série B sympathique
00:53:45manquant quelque peu
00:53:46de réflexion
00:53:47sur ce qu'elle raconte
00:53:48le réalisateur fait parler
00:53:49ses références
00:53:50de Terminator 2
00:53:51à Invasion Los Angeles
00:53:52mais ne parvient jamais
00:53:53à tutoyer ses oeuvres
00:53:54qui elles ont su se positionner
00:53:56et porter leur message
00:53:57au plus haut
00:53:57maintenant ça reste
00:53:58un film très sympathique à voir
00:53:59du cinéma de 90 minutes
00:54:00qui se fera de plus en plus rare
00:54:02mais dont Willis
00:54:03est un habitué
00:54:03campant un flic
00:54:04has-been
00:54:05qui va dépasser cette condition
00:54:06et sauver le monde
00:54:07encore une fois
00:54:08Bruce Willis
00:54:09est à un stade de sa carrière
00:54:10où il frôle la caricature
00:54:11de lui-même
00:54:12et au vu de ses prochaines oeuvres
00:54:13il est fort à parier
00:54:14qu'il en avait lui-même conscience
00:54:162010 signe donc
00:54:17l'année de la nostalgie
00:54:18flic à la punchline facile
00:54:20dans le body movie parodique
00:54:21Top Cop
00:54:21agent américain mystérieux
00:54:23dans le film
00:54:23qui fait l'éloge
00:54:24des stars d'action
00:54:25des années 80
00:54:25The Expendable
00:54:27jusqu'au plan iconique
00:54:28dans le second opus
00:54:29qui le place définitivement
00:54:30à égalité
00:54:30avec Stallone et Schwarzy
00:54:31comme un des pionniers
00:54:32du cinéma d'action
00:54:33ce qu'il a toujours
00:54:34plus ou moins fui
00:54:35sans jamais réussir
00:54:36à véritablement s'en détacher
00:54:37et Red bien sûr
00:54:38qui se place dans la lignée
00:54:39d'Expendable
00:54:40faisant revivre
00:54:41des gloires passées
00:54:42dans un récit
00:54:42qui fait office de prétexte
00:54:44pour réunir un casting d'exception
00:54:45Willis se prête au jeu
00:54:46de la nostalgie
00:54:47prétextant une autodérision
00:54:48à toute épreuve
00:54:49cela jouant en regard ténébreux
00:54:50mitrailleur compulsif
00:54:51et même quasi-star de Bollywood
00:54:59Il a conscience
00:55:00de son statut
00:55:01d'icône de l'action
00:55:02mais ça ne l'empêchera pas
00:55:03de l'accentuer davantage
00:55:04en prenant part
00:55:05à ce que l'on appelle
00:55:05des DTV
00:55:06autrement dit
00:55:07direct ou vidéo
00:55:07des films qui ne seront pas
00:55:09exploités en salle
00:55:10et qui sortiront
00:55:10directement à la vente
00:55:11et à la location
00:55:12du cinéma de seconde zone
00:55:13où généralement des stars
00:55:14comme Willis
00:55:15n'ont pas tellement leur place
00:55:16mais qui deviendra
00:55:17un bon moyen
00:55:18pour beaucoup de vedettes
00:55:18d'Hollywood
00:55:19de se faire de l'argent
00:55:20assez rapidement
00:55:21en en dessant
00:55:21des second rôles
00:55:22pas super importants
00:55:23mais suffisamment
00:55:24pour que le film
00:55:25se vende sur leur dos
00:55:25en 2011 et 2012
00:55:27on le retrouve donc
00:55:28à l'affiche
00:55:28de ce genre de production
00:55:29avec sans compromis
00:55:30aux côtés de Forest
00:55:31Wootaker
00:55:32sans issue
00:55:32avec Henry Cavill
00:55:33et Sigourney Weiser
00:55:34ainsi que Braqueur
00:55:36et Vengeance par le feu
00:55:37deux films avec 50 Cent
00:55:38parce que de toute façon
00:55:39quand il y a 50 Cent
00:55:40dans un film
00:55:40vous pouvez être sûr
00:55:41à 95%
00:55:42que c'est un DTV
00:55:43maintenant
00:55:44tout le paradoxe
00:55:45Bruce Willis
00:55:45veut qu'à la même période
00:55:47il soit à l'affiche
00:55:48de deux de ses projets
00:55:49les plus ambitieux
00:55:54Wes Anderson
00:55:56est facilement identifiable
00:55:57sa réalisation
00:55:58sa direction artistique
00:56:00ses costumes
00:56:00ses obsessions
00:56:01le réalisateur
00:56:02a une vraie vision singulière
00:56:04et en 2012
00:56:05il continue de nous emporter
00:56:06avec Moonrise Kingdom
00:56:07un film au casting
00:56:095 étoiles
00:56:09qui raconte l'amour impossible
00:56:11de deux enfants
00:56:11coincés sur une île
00:56:12avec un tas d'adultes
00:56:14qui veulent se mettre
00:56:14sur leur chemin
00:56:15Sam
00:56:15petit garçon orphelin
00:56:16très débrouillard
00:56:17et rejeté par ses camarades
00:56:19rencontre
00:56:19celle qui lui permettra
00:56:20de s'envoler
00:56:21Suzy
00:56:21jeune fille mal aimée
00:56:22par sa famille
00:56:23est bien décidée
00:56:24à également prendre son envol
00:56:26les deux partiront à l'aventure
00:56:27et découvriront
00:56:28les joies de l'amour
00:56:29avant d'être rattrapés
00:56:30par une réalité morose
00:56:31qu'ils tentent de fuir
00:56:32à tout prix
00:56:33leur amour interdit
00:56:34leur innocence
00:56:34c'est le rayon de soleil
00:56:36qui illumine un environnement
00:56:37très cadré
00:56:37trop sérieux
00:56:38mais ce rayon de soleil
00:56:39c'est aussi le cinéma
00:56:40de Wes Anderson
00:56:41à l'opposé d'une industrie
00:56:42morose et fade
00:56:43tout est une question
00:56:44de symétrie dans son oeuvre
00:56:46et pourtant il est loin
00:56:47de s'arrêter aux frontières
00:56:48d'une forme qui pourrait le limiter
00:56:49ses plans sont simples
00:56:50fixes
00:56:51mais sonnent comme une oeuvre
00:56:52dans l'oeuvre
00:56:53débordant de poésie
00:56:54d'onirisme
00:56:55et de bienveillance
00:56:56et Bruce Willis dans tout ça
00:56:57et bien il compose
00:56:58avec un rôle
00:56:59qu'il n'avait encore jamais eu
00:57:00un sublime contre-emploi
00:57:01qui prouve
00:57:02qu'il peut encore faire
00:57:02les bons choix
00:57:03et qu'il est un véritable artiste
00:57:05dans son domaine
00:57:21mais l'année 2012
00:57:22ne s'arrête pas là
00:57:23et se termine même en beauté
00:57:24avec une nouvelle proposition
00:57:25audacieuse
00:57:26puisqu'il acceptera
00:57:27un rôle de choix
00:57:28sous la direction
00:57:28de Rian Johnson
00:57:29dans son tout nouveau film
00:57:31Looper
00:57:35Joe est un Looper
00:57:37un tueur à gages temporels
00:57:38qui doit assassiner des cibles
00:57:39envoyées du futur
00:57:40par la mafia
00:57:41mais chaque Looper
00:57:42doit boucler sa boucle
00:57:43ça veut dire qu'à un moment
00:57:44ils vont devoir tuer
00:57:45leur alter ego du futur
00:57:46ce qui leur permettra
00:57:47de récupérer un beau paquet d'or
00:57:48et vivre confortablement
00:57:50les 30 années
00:57:50qu'il leur reste
00:57:51quand ça arrive
00:57:52Joe n'hésite pas une seconde
00:57:53il récupère l'argent
00:57:54et part vers des horizons lointains
00:57:56la liberté est à portée de vue
00:57:57mais on ne se refait pas
00:57:58et après 10 ans
00:57:59l'argent manque
00:58:00et Joe doit reprendre du service
00:58:02repartir de zéro
00:58:03et redevenir l'assassin qu'il était
00:58:05la boucle est un mensonge
00:58:06la liberté n'est qu'un leurre
00:58:07Joe est un sous-fifre
00:58:08qui n'a servi d'appât
00:58:09que pour faire le sale boulot
00:58:10il se drogue pour oublier
00:58:11ses interminables regrets
00:58:13mais sa véritable rédemption
00:58:14c'est en l'amour
00:58:15qu'il la trouve
00:58:16voilà enfin la récompense
00:58:17pour 25 années d'errance
00:58:19le bonheur
00:58:20la liberté
00:58:20mais cette liberté
00:58:21va lui être enlevée
00:58:22par ceux qui lui ont offert
00:58:23en premier lieu
00:58:24il doit donc modifier la boucle
00:58:25et détruire à la source
00:58:26celui qui sera à l'origine
00:58:28de son malheur
00:58:29je voulais revenir sur cette scène
00:58:30car c'est celle je trouve
00:58:31qui représente le mieux
00:58:32ce que veut raconter le film
00:58:33une boucle infinie
00:58:35dans laquelle un homme
00:58:35est pris au piège
00:58:36et qui va tout faire
00:58:37pour s'en libérer
00:58:38en combattant ses démons
00:58:39et donc en se combattant lui-même
00:58:41Looper est un film d'anticipation
00:58:43brillant dans son approche
00:58:44visuellement
00:58:44on ne ressent à aucun moment
00:58:46les lacunes d'un budget
00:58:47de 30 millions de dollars
00:58:48de l'argent bien dépensé
00:58:49pour rendre ce futur dystopique crédible
00:58:51qui suggère les choses
00:58:52fait travailler notre imaginaire
00:58:54et se veut tout aussi captivant
00:58:55grâce à la mise en scène
00:58:56maîtrisée de Ryan Johnson
00:58:57qui a su insuffler à son oeuvre
00:58:59une vraie puissance dramatique
00:59:00des enjeux tangibles
00:59:02et des personnages intéressants
00:59:03on pourra tiquer sur le maquillage
00:59:05de Joseph Gordon-Levitt
00:59:06qui est censé ressembler
00:59:07et jouer comme Bruce Willis
00:59:08mais on ne pourra que saluer
00:59:09le parti pris de nous offrir
00:59:11une oeuvre de SF
00:59:11aussi ambitieuse
00:59:12et incroyablement bien menée
00:59:15Beaucoup considèrent ce film
00:59:16comme étant le dernier projet intéressant
00:59:18de la carrière de Bruce Willis
00:59:19et je ne peux pas tellement leur donner tort
00:59:21puisqu'à partir de là
00:59:22ça va être plus ou moins laborieux
00:59:23il tente un retour au théâtre en 2015
00:59:25et joue à Broadway la pièce Misery
00:59:27adaptée du roman de Stephen King
00:59:29mais les retours seront très mauvais
00:59:30et forceront Willis à revenir au cinéma
00:59:33De 2013 à 2018
00:59:34c'est le semi-néant
00:59:35Quelques exceptions plutôt sympathiques
00:59:37sont à relever
00:59:38Rock the Casbah de Barry Levinson en 2015
00:59:40Death Wish d'Eli Ross en 2018
00:59:43et Brooklyn Affaires d'Edward Norton en 2019
00:59:46A noter également durant cette période
00:59:47une flopée de suites
00:59:48J. Joe Conspiration, Red 2 et Die Hard 5 en 2013
00:59:52Sin City 2 en 2014
00:59:54et Glass en 2019
00:59:55où il retrouve un de ses réalisateurs fétiches
00:59:58M. Night Shyamalan
01:00:03En 2016, Shyamalan faisait son grand retour
01:00:06en signant le très bon Split
01:00:08un film racontant les déboires d'un homme
01:00:10souffrant de troubles dissociatifs de l'identité
01:00:12dans lequel on distingue 23 personnalités
01:00:15plus une 24ème dotée d'une force extraordinaire
01:00:18Durant une scène post-générique
01:00:19on peut entendre la bande originale du film Incassable
01:00:22et apercevoir le personnage de David Dunn
01:00:24interprété par Bruce Willis
01:00:25Shyamalan confirme par la suite
01:00:27que les univers d'Incassable et de Split
01:00:29sont liés
01:00:29et il annonce dans la foulée
01:00:30un 3ème opus
01:00:31qui signera également le retour
01:00:33de Samuel L. Jackson
01:00:34et qui s'appellera
01:00:35Glass
01:00:36Le réalisateur se raconte à travers ce film
01:00:38prend du recul sur son propre cinéma
01:00:40et son influence sur Hollywood
01:00:42mais trop occupé à nous faire comprendre
01:00:43son message méta
01:00:44il oublie l'essentiel
01:00:46développer un récit cohérent
01:00:47et intéressant
01:00:48le film n'a pas grand chose à raconter
01:00:50fait un peu de surplace
01:00:51et l'action quant à elle
01:00:52est plutôt brouillonne
01:00:53avec des séquences en vue subjectives
01:00:55par exemple
01:00:56qui sont plutôt de mauvais goût
01:00:57c'est dommage car le début est prometteur
01:00:59certaines scènes sont vraiment prenantes
01:01:01la rencontre entre David et la bête
01:01:03c'est trop cool
01:01:03mais plutôt que de se concentrer
01:01:04sur ce genre de moment
01:01:05Shyamalan préfère faire des caméos
01:01:07interminables et inutiles
01:01:08l'émotion est mise de côté
01:01:10les dialogues sonnent creux
01:01:11à aucun moment le film ne vient piocher
01:01:13dans l'intimité des personnages
01:01:14ils ne servent qu'à avancer
01:01:16comme des pions
01:01:16sur un échec qui est bien huilé
01:01:18qui se dirige sans subtilité
01:01:19vers un Deus Ex Machina
01:01:21sorti tout droit des enfers
01:01:22comme si Shyamalan
01:01:23tel un mauvais magicien
01:01:24avait négligé l'ensemble de son tour
01:01:26pensant que le spectateur
01:01:27allait se contenter du prestige
01:01:29et d'un twist final
01:01:30tiré par les cheveux
01:01:31étonnant venant d'un spécialiste du genre
01:01:33donc ouais déçu
01:01:34le film est pas mauvais en soi
01:01:35j'ai bien senti où il voulait en venir
01:01:37et c'est plutôt malin sur le papier
01:01:38mais c'est très mal à raconter
01:01:40maintenant la réelle est plutôt correcte
01:01:42l'atmosphère est intéressante
01:01:43mais ce film ne vaut clairement pas
01:01:45ses prédécesseurs
01:01:46le casting lui s'en sort plutôt bien
01:01:47Samuel L. Jackson fait le taf sans plus
01:01:49James McAvoy est le seul à tirer son épingle du jeu
01:01:52mais n'apporte rien de plus
01:01:53que ce qu'on a déjà vu dans Split
01:01:54et Bruce Willis quant à lui
01:01:56est aux abonnés absents
01:01:57ne dégage rien dans son jeu
01:01:58en 2019
01:01:59on essayait tous de comprendre pourquoi
01:02:01on essayait de comprendre
01:02:02ce manque d'investissement
01:02:03dans un rôle qu'il connaît
01:02:04et pour un réel
01:02:05à qui il doit beaucoup
01:02:06ce que l'on ne comprendra pas également
01:02:08c'est la vingtaine de DTV
01:02:09en à peine deux ans
01:02:10où à chaque fois on ne l'apercevra
01:02:11que quelques minutes à l'écran
01:02:13de plus en plus fatigué
01:02:14de moins en moins expressif
01:02:15ne faisant plus aucun effort
01:02:17dans ses choix de carrière
01:02:18et dans son implication à travers sa filmographie
01:02:20une chute libre qui ne s'expliquait pas
01:02:22même l'appel de l'argent
01:02:23ne pouvait plus être une excuse
01:02:24mais le 30 mars 2022
01:02:26à travers un communiqué
01:02:27tout prendra sens
01:02:28sa famille annonce ce jour-là
01:02:30que Bruce est atteint d'une maladie
01:02:31touchant son système nerveux
01:02:33que l'on appelle l'aphasie
01:02:34et qui affecte ses capacités cognitives
01:02:36c'est-à-dire son langage
01:02:37sa mémoire
01:02:38et ses émotions par moment
01:02:41ja ça c'est un petit titre
01:02:44un bon titre
01:02:45un bon titre
01:02:45un bon titre
01:02:47un bon titre
01:02:48un bon titre
01:02:50je suppose
01:02:51c'est parce que tu as un bon titre
01:02:54et si tu as de l'aider
01:02:55alors alors que tu as de l'aider
01:02:56est-elle c'est vrai ?
01:02:59c'est ça
01:02:59c'est vrai
01:02:59c'est la question
01:03:00duas fois un sandwich
01:03:02et on va ebт
01:03:17Voilà ce qui explique sa prestation en glace, son rôle très éphémère dans Brooklyn Affaires,
01:03:22mais aussi tous ses petits rôles sans grand intérêt dans de nombreuses séries B.
01:03:25Willis ne pouvait tout simplement pas faire mieux, se contentant de signer des contrats
01:03:29de 2 à 4 jours dans des studios à Los Angeles pour être près de chez lui, voyant son texte
01:03:33être de plus en plus diminué car il ne pouvait simplement plus le retenir, à tel point
01:03:37qu'il jouera avec une oreillette la plupart du temps.
01:03:39Des rôles de quelques minutes ou pour les plans de coupe, les contre-champs et les plans
01:03:43larges, c'est sa doublure que l'on voit à l'écran.
01:03:45J'ai rencontré beaucoup de gens qui ont travaillé avec lui récemment et aucun n'a trouvé ça
01:03:50agréable.
01:03:51Il n'a pas envie d'être là.
01:03:55Il vient seulement filmer les gros plans et sa doublure se charge de tout le reste.
01:04:03Jesse V Johnson, le réalisateur de White Elephant, un des derniers films tournés par
01:04:07Bruce Willis, témoignera en affirmant que l'acteur n'était clairement plus celui
01:04:11dont il se souvenait à l'époque où ils avaient travaillé ensemble sur Code Mercury.
01:04:14Il rapporte qu'il avait l'air totalement perdu sur le plateau, qu'on lui donnait un
01:04:18texte à réciter qu'il ne comprenait pas, étant de ce fait, et je cite, « manipulé
01:04:22comme une marionnette ». Et c'est là où j'en viens à me demander si cette manipulation
01:04:25ne s'étend pas à son entourage professionnel.
01:04:28On sait depuis peu que son image au cinéma pourrait perdurer grâce à l'intelligence artificielle.
01:04:32Mais surtout qu'il a tourné 23 films en 2 ans, au moment où sa maladie a commencé
01:04:37à devenir importante.
01:04:38Et quand on sait que d'après les divers témoignages sur les plateaux, Bruce ne savait pas toujours
01:04:42pourquoi il était là, on est en droit de se demander si tourner dans toutes ses productions
01:04:45médiocres était réellement de son fait, ou si des rapaces avides d'argent n'ont pas
01:04:49eu de scrupules à manipuler un homme malade.
01:04:51La question reste, et restera sans doute en suspens.
01:04:58Aujourd'hui, Bruce Willis a officiellement mis un terme à sa carrière.
01:05:02Il coule des jours heureux avec sa grande et belle famille.
01:05:05Je pense qu'à aucun moment, cette fin de carrière n'entachera ce qu'il a accompli
01:05:08en plus de 40 ans, prenant part à des classiques du cinéma et nous offrant des personnages intemporels
01:05:13et inoubliables.
01:05:14Bruce Willis est un peu un membre de notre famille, un homme qui nous a forcément accompagnés
01:05:18à un moment de nos vies, qui nous a fait nous déplacer en salles, qui a vécu dans
01:05:22nos foyers.
01:05:22C'est le gars ordinaire qui a tout d'extraordinaire.
01:05:25C'est un artiste complet qui aura su marquer de son empreinte la culture populaire et qui
01:05:29continuera à le faire encore très longtemps grâce à cet incroyable héritage cinématographique
01:05:34qu'il nous lègue.
01:05:35Alors je vais simplement conclure en lui disant merci.
01:05:38Merci pour tout, Monsieur Bruce Willis.
01:06:14Merci.
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