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Timecode :

00:00 Intro
1:32 Sa vie
5:39 Rocky
9:00 F.I.S.T / La taverne de l'enfer
10:25 Rocky II : La Revanche
12:09 À nous la victoire / Les faucons de la nuit
13:07 Rocky III : L'Œil du tigre
17:14 Rambo (First Blood)
20:10 Rambo 2 : La Mission
23:51 Rocky IV
30:25 Cobra
33:20 Over the top
34:48 Rambo 3
37:39 Tango et Cash
39:09 Rocky V
43:35 Planet Hollywood
45:24 Cliffhanger : Traque au sommet
47:39 Demolition Man
51:32 Judge Dredd
53:05 L'expert / Assassins
55:01 Daylight / Copland
59:16 La peinture
1:00:11 Rocky Balboa
1:03:48 John Rambo / Last Blood
1:06:35 Trilogie Expendables
1:11:10 Match Retour
1:12:45 Creed 1 et 2
1:18:14 Conclusion / Générique


Musiques (dans l'ordre de diffusion) :

- Cinematic war - infraction
- Electric Dreams - Scott Buckley
- Bring me the sky - scott buckley
- Kreuzberg nights
- Inbound Inspirational - Scott Buckley
- Vyen dive down
- New horizons
- Corbyn kites instant crush
- Legionnaire - scott buckley
- Stoner things
- Neon Synthwave - Scott Buckley
- A Journey Through The Universe - Lesion
- Catalyst - Scott Buckley
- Transient - Ghostrifter
- Intervention Dramatic Cinematic Piano - Scott Buckley
- Luminance - Scott Buckley
- Where Stars Fall - Scott Buckley
- Lands unknown
- Spaceship - jlsmrl
- Ascension Emotional Hybrid Orchestral - Scott Buckley
- Dreams by Firefl!es / mangesh-dongare-427116573
Creative Commons — Attribution 3.0 Unported — CC BY 3.0
Free Download / Stream: https://www.audiolibrary.com.co/firef...
Music promoted by Audio Library https: • Dreams – Firefl!es (No Copyright Music)

Sources :

Rocky IV Le coup de poing américain (Arte)
https://www.youtube.com/watch?v=cN9i7FvpKUk
https://www.youtube.com/watch?v=4KDPwZaueU8
https://www.youtube.com/watch?v=o3g7kclmm0I
https://www.youtube.com/watch?v=xpdIOiMN27s
https://www.youtube.com/watch?v=wCOVgQe1PhQ&list=WL&index=827
https://www.youtube.com/watch?v=yiHzCK6OXos
https://www.youtube.com/watch?v=ryhEJsS8sPo
https://www.youtube.com/watch?v=vf-TWe_PPv4
https://www.youtube.com/watch?v=OLjsXfhmdck
Stallone, Profession Héros - Clélia Cohen & Antoine Coursat
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rocky_2
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvester_Stallone
https://www.youtube.com/watch?v=suhqtn_brBs
https://cinedingue.com/2012/05/26/cannon-group-societe-de-production-emblematique-des-annees-80/
https://www.arte.tv/fr/videos/106968-000-A/les-peintures-de-sylvester-stallone/

#Stallone #Retrospective #Rocky #Rambo
Transcription
00:00:20Il est le dernier vestige d'une époque disparue.
00:00:24Un grand représentant de la pop culture.
00:00:26Une icône du cinéma.
00:00:28Assez souvent moqué, stéréotypé, mais un artiste et un être humain bien plus complexe
00:00:33qu'il n'y paraît.
00:00:35Au cinéma il a tout connu, boxeur-looser, patron de syndicat, flic dans le passé et
00:00:40dans le futur, gardien de but, jeune taulard, vieux taulard, militaire meurtri, puis guerrier
00:00:46vengeur, alpiniste, mafieux, camionneur, mercenaire, et même requin.
00:00:52Il a traversé les décennies avec une telle force de conviction qu'il a su gagner le
00:00:56respect de tous, encaissant les coups de la vie, mais se relevant toujours.
00:01:00Il s'appelle Sylvester Stallone.
00:01:02Voici sa vie.
00:01:03Voici son œuvre.
00:01:36Sylvester Stallone, né le 6 juillet 1946 et grandit dans le quartier pauvre de Hell's
00:01:41Kitchen à New York.
00:01:42Son enfance est rythmée par les difficultés scolaires et les moqueries dues à son prénom
00:01:46et à son visage atypique.
00:01:48En effet, à la naissance, l'utilisation des forceps lui paralyse une partie du visage,
00:01:52de la langue, et entraînera plus tard des problèmes d'élocution irréversibles.
00:01:56A ses 12 ans, ses parents divorcent.
00:01:58Il vit désormais entre Washington et Philadelphie, change très souvent d'école et a toujours
00:02:02du mal à s'intégrer.
00:02:03Adolescent très timide, gringalé, il continue à être un sujet de moquerie pour ses camarades.
00:02:08Mais un film va changer sa vie et la perception qu'il a de lui-même.
00:02:11En découvrant les travaux d'Hercule, un péplum italien, il va être fasciné par la
00:02:15plastique de Steve Reeves et se fait une promesse.
00:02:17« Quand j'ai vu Steve Reeves s'attaquer à l'armée romaine et lancer des chaînes
00:02:25autour de ses deux colonnes, avec son physique si imposant, ma vie a changé. »
00:02:30Il se met donc au sport, ce qui va lui être bénéfique, notamment durant ses études,
00:02:34puisque non seulement ça l'aide à canaliser sa concentration, mais en plus ça lui permet
00:02:37d'obtenir une bourse pour l'American College en Suisse.
00:02:40Il passe plusieurs années en Europe, se fait appeler Michael et se fait enfin des amis.
00:02:44En 1967, il quitte la Suisse, entre à l'université de Miami et y découvre l'art dramatique.
00:02:50Il s'inscrit à des cours d'improvisation, puis décide de stopper ses études brusquement
00:02:54afin de retourner à New York avec la ferme intention de devenir acteur.
00:02:58Mais cette décision ne s'avère pas des plus concluantes dans l'absolu.
00:03:01Il passe des auditions pour le théâtre, mais suit de nombreux refus.
00:03:03Il finit donc par enchaîner les petits boulots afin de subvenir à ses besoins.
00:03:07Serveur, portier, il nettoie même la cage des fauves au zoo.
00:03:10Les fins de mois sont tellement difficiles que pour 200$, il décide de tourner dans
00:03:14un film érotique.
00:03:15C'est sa première expérience avec le 7ème art, l'étalon italien qui commence par
00:03:19un porno soft.
00:03:20Un signe du destin, n'en pas douter.
00:03:22C'est d'ailleurs comme ça que le film sera renommé plus tard afin de surfer sur le succès
00:03:25de l'acteur.
00:03:26Il passe donc du théâtre au cinéma, mais les rôles ne se bousculent pas.
00:03:30Personne ne veut de ce visage dans son film.
00:03:32Cependant, le jeune Stallone, sans domicile fixe, s'accroche à ses rêves et persévère.
00:03:36On lui refuse un rôle de figuration dans le parrain car il ne fait pas assez italien.
00:03:40Un comble.
00:03:41Mais il obtient quelques petits rôles dans No Place to Hide, Les mains dans les poches,
00:03:45Capone, mais aussi dans Bananas où il bouscule Woody Allen, puis dans la course de la mort
00:03:50de l'an 2000 où on lui donne enfin un peu plus de dialogue.
00:03:52A ce moment là, nous sommes en 1975.
00:03:55Stallone décide d'écrire plutôt que de jouer.
00:03:57Il se dit que ses scénarios ont plus de chances d'être acceptés.
00:04:00Mais le constat est le même.
00:04:01Personne ne veut de lui.
00:04:02Il vend son chien pour 50 dollars.
00:04:04Sa femme est enceinte.
00:04:06Il n'a pas le choix.
00:04:08Pour s'aérer l'esprit, il va voir de la boxe.
00:04:10Et un beau jour, il va assister au combat qui va changer sa vie.
00:04:14Le 24 mars 1975, un certain Chuck Webner affronte le grand Mohamed Ali.
00:04:18Pour beaucoup, ça n'est qu'une formalité pour Ali.
00:04:21Mais Webner tiendra 15 rounds face au champion.
00:04:24Sly y voit une belle métaphore sur la vie.
00:04:26La défaite n'est qu'une question de point de vue.
00:04:28Il passe les trois jours suivants enfermé chez lui à gribouiller ce qui sera la première ébauche de Rocky.
00:04:33Puis un beau jour, il rencontre deux producteurs pour un casting.
00:04:36Les dénommés Chartloff et Winkler lui annoncent qu'il n'est pas retenu.
00:04:40Stallone se dirige donc vers la sortie.
00:04:41Mais au dernier moment se retourne et leur explique qu'il est également scénariste à ses heures perdues.
00:04:45Et qu'il a une histoire toute particulière qui pourrait les intéresser.
00:04:48Les deux producteurs découvrent donc Rocky, sont totalement emballés et proposent 50 000 dollars à Stallone pour le scénario.
00:04:55Il prévoit James Caen ou encore Robert Edford pour jouer Rocky.
00:04:58Mais dans un élan de courage ou d'inconscience, c'est selon.
00:05:01Stallone refuse de vendre son scénario s'il n'a pas le rôle titre.
00:05:05Les producteurs font alors grimper les enchères.
00:05:07100 000, 200 000, jusqu'à plus de 300 000 dollars que Stallone refusera.
00:05:12Rappelons tout de même que sa femme est enceinte et qu'il vive dans une extrême précarité.
00:05:15Au final, les producteurs cèdent, mais n'y croient plus.
00:05:18Le budget du film ne dépassera pas le million de dollars.
00:05:21Stallone en empochera 20 000 pour le scénario.
00:05:23Le tournage commence aussi vite qu'il se termine.
00:05:26L'équipe du film ne comprenne pas ce qu'ils sont en train de tourner.
00:05:28Et qui est ce soi-disant acteur qui a le premier rôle ?
00:05:31Stallone est le seul à y croire.
00:05:33Et c'est quand le film sort en salle qu'il finit par mettre tout le monde d'accord.
00:05:42Rocky, c'est l'histoire d'un boxeur de seconde zone qui va se voir offrir une chance au titre
00:05:46de champion du monde.
00:05:48Mais Rocky, c'est surtout l'histoire d'un loser qui va avoir une chance de retrouver l'estime de
00:05:51soi.
00:05:52Une victoire morale.
00:05:53La preuve que tout est possible.
00:05:55Et que même au plus bas, on peut atteindre les sommets.
00:05:58C'est un rapide résumé de ce qu'est l'idéologie du rêve américain.
00:06:01Et c'est ce que représente Rocky, à une époque où c'est le pessimisme qui prédomine.
00:06:05Charles Manson, le Vietnam, le Watergate.
00:06:08Dans les années 70, l'Amérique a mal.
00:06:10N'y croit plus.
00:06:11Et le montre notamment au cinéma.
00:06:13Mais en 1976, une lueur d'espoir pointe le bout de son nez.
00:06:17Je parle bien sûr de Rocky.
00:06:19Le chef d'oeuvre de Sylvester Stallone.
00:06:21La pierre angulaire de son oeuvre.
00:06:22S'écrivant le protagoniste ultime.
00:06:25Un vrai bon gars qui se soucie des autres.
00:06:27Et qui évolue dans un film où les valeurs de détermination, de respect et de courage prédominent.
00:06:32Tout le monde est seul ici.
00:06:33Rocky est seul.
00:06:34Adrien est seul.
00:06:36Mickey est seul.
00:06:37Polly est seul.
00:06:38Et même Apollo, pourtant bien entouré, est seul, enfermé dans sa mégalomanie.
00:06:42Il ira chercher Rocky pour ce qu'il représente.
00:06:44Comme un symbole.
00:06:46Sans jamais le prendre au sérieux.
00:06:47Mais pour Rocky, ça n'est pas un spectacle.
00:06:49C'est le combat de sa vie.
00:06:51Même si personne ne s'en rend compte.
00:06:52Dans cette scène, c'est bien illustré.
00:06:54La détermination d'un homme qui n'a rien à perdre.
00:06:56Caché par un groupe de dirigeants.
00:06:58De publicitaires.
00:06:59Qui continuent à faire de l'ombre aux vraies valeurs de l'Amérique d'en bas.
00:07:02Jusqu'au combat final.
00:07:03Où Rocky peut enfin s'exprimer.
00:07:05Exprimer sa rage de vaincre.
00:07:06Et tenir la distance.
00:07:08Car c'est bien là que se joue le vrai combat.
00:07:10Prouver au monde qu'il n'a pas été choisi pour rien.
00:07:12Qu'il est plus que le loser du coin.
00:07:14Et c'est ce qu'il avouera à Adrien dans une scène que Stallone considère comme l'âme du film.
00:07:17Une scène que l'équipe ne voulait pas tourner.
00:07:20Jusqu'à ce que Stallone les convainque qu'il peut tourner la scène en une seule prise.
00:07:23Et il le fera sans forcer.
00:07:24Car Rocky c'est lui.
00:07:25Ce combat c'est celui de Stallone.
00:07:27Et le jeune acteur doit lui aussi faire ses preuves.
00:07:29Et tenir la distance.
00:07:31Il tiendra 15 rounds face au champion du monde.
00:07:34Il ne mettra pas son adversaire KO.
00:07:35Mais il ne tombera pas.
00:07:36Et pour Rocky c'est une victoire.
00:07:38Car l'important ça n'est pas de cogner.
00:07:40Mais d'encaisser.
00:07:41Et de se relever.
00:07:42La cloche shone.
00:07:43Et à partir de là Rocky n'est plus un loser.
00:07:45Et surtout il n'est plus seul.
00:07:46Plus personne n'est seul à ce moment là.
00:07:49Il perd oui.
00:07:50Mais il n'en a que faire.
00:07:51Car pour lui la vraie victoire.
00:07:53Elle est là.
00:07:56Ce premier Rocky dégage une vraie sincérité.
00:07:58Sans doute parce qu'il est pensé par un homme qui comme Rocky.
00:08:01Fait tout pour sortir de la misère.
00:08:02Le film fait aussi preuve d'innovation.
00:08:04Etant l'un des premiers à utiliser la steady cam.
00:08:07Notamment durant le training montage.
00:08:08Qui lui est sublimé par la composition de Bill Conti.
00:08:11Que je ne vous ferai pas l'affront de vous présenter.
00:08:13Le combat quant à lui est divinement bien chorégraphié.
00:08:16Stallone l'écrira au coup pour coup.
00:08:18Droite.
00:08:18Gauche.
00:08:19Droite.
00:08:19Gauche.
00:08:20Sur plus de 32 pages.
00:08:21Et l'énergie du superbe Carl Weathers viendra sublimer l'affrontement.
00:08:25Le film est le 7ème meilleur retour sur investissement de l'histoire du cinéma.
00:08:29225 millions de dollars de recettes.
00:08:31Oscar du meilleur montage.
00:08:33Du meilleur réalisateur.
00:08:34Et du meilleur film.
00:08:35Stallone qui entre dans la cour des grands.
00:08:37Qui s'inscrit aux côtés d'un certain Charlie Chaplin.
00:08:39Et Orson Welles comme étant les 3 seuls.
00:08:41A avoir été nommé dans la catégorie meilleur acteur.
00:08:44Et meilleur scénario pour le même film.
00:08:45Il ne remportera pas ces 2 statuettes.
00:08:47Mais il connait enfin la gloire.
00:08:49Et va maintenant tenter de la préserver.
00:08:51Même si vous allez voir.
00:08:52Tout ne va pas tout de suite se passer comme prévu.
00:09:01A partir de là.
00:09:03Stallone est un nom qui compte.
00:09:04Il peut choisir les projets auxquels il veut s'associer.
00:09:07Il obtient le rôle principal de Fist.
00:09:09Drame social réalisé par Norman J. Winson.
00:09:11Et sorti en 1978.
00:09:13Où Stallone y interprète Johnny Kovac.
00:09:15Un chef de syndicat.
00:09:16Inspiré par Jimmy Hoffa.
00:09:18Véritable syndicaliste.
00:09:19Le film est plutôt bon.
00:09:20Stallone y joue un vrai rôle de composition.
00:09:22Loin de ce qu'il fera par la suite.
00:09:24Le film sera apprécié à sa sortie.
00:09:25Sans être forcément un succès financier.
00:09:28Et c'est dommage qu'il soit aussi méconnu aujourd'hui.
00:09:30Voilà pourquoi évidemment.
00:09:31Je vous le conseille.
00:09:32En parallèle.
00:09:33Stallone s'essaye à la réalisation.
00:09:34Avec la taverne de l'enfer.
00:09:35Qu'il écrit et interprète également.
00:09:37On est dans le quartier de Hell's Kitchen.
00:09:39A New York.
00:09:39Dans les années 40.
00:09:40Et on suit 3 frères.
00:09:41Qui vont tenter de faire fortune.
00:09:43Dans le monde du catch.
00:09:44On sent bien que Stallone.
00:09:45Essaye de réitérer l'exploit critique.
00:09:46Et public de Rocky.
00:09:48En y abordant les mêmes thématiques.
00:09:49Qui tournent autour du sempiternel rêve américain.
00:09:51Mais la sauce ne prend pas.
00:09:53Bien que le film soit assez intéressant.
00:09:55Il ne convainc pas.
00:09:56Et Stallone ne parvient toujours pas à rebondir.
00:09:58Après un premier succès fulgurant.
00:09:59A partir de là.
00:10:00Il ne prend plus de risques.
00:10:01Et se met à l'écriture de Rocky II.
00:10:03Car oui.
00:10:04Sylvester Stallone a écrit l'ensemble des scénarios de la saga Rocky.
00:10:07Du premier au sixième opus.
00:10:08Comme quoi.
00:10:09Y'en a pas que dans le biceps.
00:10:10Bon après c'est vrai que la première ébauche de Rocky II fait pas rêver.
00:10:13En effet dans une première version du script.
00:10:15Rocky a abandonné la boxe pour devenir maire de Philadelphie.
00:10:17Et j'avoue ne pas comprendre où il a voulu aller.
00:10:19Mais quoi qu'il en soit.
00:10:21Stallone recentre son récit.
00:10:22Et en fait la suite.
00:10:23Que l'on connait aujourd'hui.
00:10:25Rocky II raconte l'après match.
00:10:27Et ses conséquences dans la vie de nos deux combattants.
00:10:29L'un doit vivre avec un sentiment de défaite.
00:10:31Qu'il va tout faire pour corriger.
00:10:32Et l'autre goûte à la célébrité et à l'argent.
00:10:35Jusqu'à finalement revenir à sa vie d'avant.
00:10:37Dans les bas fonds de Philadelphie.
00:10:38Rocky découvre la frustration de la gloire éphémère.
00:10:40Et malgré son incroyable popularité.
00:10:42On continue à le traiter comme un paria.
00:10:44Un simplé.
00:10:45Mais l'étalon italien n'a pas dit son dernier mot.
00:10:48Il se doit de retenter sa chance.
00:10:49Car maintenant il y croit.
00:10:51Maintenant il y va pour gagner.
00:10:52Le spectacle est fini.
00:10:54Ici place au combat.
00:10:55Le combat d'un champion qui a perdu le respect de ses pairs.
00:10:58Le combat d'un boxeur qui doit pour de bon prouver au monde qu'il n'est pas une erreur.
00:11:02Rocky est toujours aussi attendrissant.
00:11:04Toujours aussi naïf.
00:11:05Mais cette fois-ci l'envie de gagner est un sentiment qu'il découvre.
00:11:08Il se dit que c'est possible.
00:11:10Même s'il fait face aux préjugés et aux doutes.
00:11:12Le film est relativement classique dans sa composition.
00:11:15On reprend les codes du premier et on tente de les améliorer.
00:11:17On n'y retrouve pas cette magie.
00:11:19Cette sincérité ultime qui se dégageait de Rocky premier du nom.
00:11:22Mais cette suite compense avec une efficacité à toute épreuve.
00:11:24Un training montage tout aussi entraînant.
00:11:26Et un combat final bien plus abouti que le premier en termes de mise en scène.
00:11:30Le découpage est plus lisible.
00:11:32La caméra s'invite dans le ring.
00:11:33On est au plus près des combattants.
00:11:35Et ça rend cet échange de coups encore plus intense.
00:11:37D'ailleurs on sent bien que pas mal de coups sont véritablement donnés.
00:11:40A tel point qu'on pourrait croire que l'animosité des deux personnages transparaît chez les acteurs.
00:11:44Rocky II est une des premières suites à succès d'Hollywood.
00:11:47Mais elle est et reste surtout une suite pertinente.
00:11:50Socialement juste.
00:11:51Et Stallone prouve qu'il peut gérer un film à lui seul.
00:11:53Endossant pour la seconde fois la triple casquette de réalisateur, scénariste et acteur.
00:11:57C'est sur la victoire de son alter ego qu'il laisse derrière lui les années 70.
00:12:01C'est de façon très humble qu'il en termine avec cette décennie.
00:12:04Et c'est de manière pas banale qu'il entame la nouvelle.
00:12:09En 1981, Stallone est à l'affiche d'un autre film avec le sport en toile de fond, à nous
00:12:14la victoire.
00:12:15Il y joue un gardien de but durant la seconde guerre mondiale aux côtés de Sir Michael Caine et Pelé.
00:12:19Et en parlant de film pas banal, il jouera la même année dans les Faucons de la Nuit.
00:12:23Un polar où Stallone nous la joue Serpico du dimanche et y interprète un flic nommé Da Silva,
00:12:27qui va traquer un fou dangereux joué par Rutger Hauer et qu'il va réussir à interpeller grâce à ce
00:12:32fabuleux déguisement.
00:12:33Magnifique en effet.
00:12:35Et même si je me moque un peu, c'est vrai que Stallone lui donne tout.
00:12:37S'investit à fond, perd 17 kilos pour le rôle, pour finalement être déçu par le résultat final,
00:12:42qui selon ses dires sera complètement charcuté par le studio.
00:12:45Aujourd'hui l'acteur renie le film, même si ça reste quand même une série B plus qu'honorable.
00:12:49Les deux films en question ne trouveront pas leur public.
00:12:52Stallone c'est Rocky, et il lui est très compliqué de sortir de ce personnage,
00:12:56qu'il va remettre au goût du jour une troisième fois.
00:12:58Avec Rocky III, Stallone embrasse pour de bon la décennie 80,
00:13:02que j'aime à appeler la décennie de la punchline.
00:13:12Je vais te péter la gueule. On verra ça.
00:13:21Rocky III, sombrement sous-titré L'œil du tigre,
00:13:24sera le premier véritable succès de la saga en France, avec plus de 3 millions d'entrées.
00:13:28Pour Stallone, il s'agit à l'époque de la fin des aventures de Rocky,
00:13:31qui lui colle bien trop à la peau.
00:13:33Et l'évolution du personnage va dans ce sens.
00:13:35Son développement sonne comme une fin dans ce troisième opus.
00:13:38L'ensemble de ses dilemmes moraux dans les deux premiers films sont représentés ici.
00:13:42Rocky est au sommet. Il est champion du monde incontesté depuis plusieurs années.
00:13:46L'ancien prolo des quartiers mal famés de Philly est désormais une marque.
00:13:49Un symbole commercial.
00:13:51Et c'est ce qui causera du tort au film.
00:13:53Le public ne reconnait plus le personnage.
00:13:55Ils ne peuvent plus s'y projeter.
00:13:56Rocky aborde une plastique parfaite.
00:13:58Il est beau, il est riche.
00:14:00Bref, il est trop parfait et le virage est trop soudain.
00:14:03Mais un personnage qui n'évolue pas est un mauvais personnage.
00:14:06Et son évolution ici est plus que cohérente.
00:14:08Stallone se devait de mettre Rocky face à cette nouvelle vie.
00:14:11Il devait le hisser au sommet pour mieux le faire redescendre.
00:14:14Et c'est là que Clubber Lang entre en jeu.
00:14:17Si on en sait aussi peu sur ce personnage, c'est parce qu'il est tout simplement la représentation
00:14:21de la peur.
00:14:22Et l'origine de nos peurs sont souvent très vagues.
00:14:24Clubber représente la peur de Rocky.
00:14:26Cette peur qui le fait douter de lui-même.
00:14:31Cette peur commence par le consommer.
00:14:33Mais grâce au soutien de sa femme et de ses amis, il réussit à aller au-delà de ses
00:14:36craintes.
00:14:37Il se dépasse et finit par vaincre sa peur.
00:14:40La preuve que Rocky 3 a bien plus à offrir qu'il n'y paraît.
00:14:42Et ce grâce au superbe travail d'écriture de Stallone.
00:14:45Il maîtrise ses personnages comme personne.
00:14:47Et en plus, il se paye également le luxe d'être à la réalisation.
00:14:49On commence à reconnaître sa patte.
00:14:52Son rythme.
00:14:52Sa manière d'amener les éléments dramatiques.
00:14:54Et surtout son travail de découpage.
00:14:56Notamment à travers l'introduction rythmée par la légendaire chanson
00:14:59Hey of the Tiger.
00:15:00Magnifique accent, je sais.
00:15:01Une chanson signée Survivor et qui habille parfaitement cette introduction
00:15:04qui a cette force de déjà tout dire sur l'ensemble des personnages.
00:15:08On peut y voir la fierté de Mickey et son inquiétude face à cette nouvelle menace.
00:15:12La jalousie de Polly.
00:15:14L'évolution d'Adriane dans son comportement qui se veut bien plus en confiance
00:15:17et qui s'avéra être un véritable pilier pour Rocky dans cet opus.
00:15:21Rocky qu'on voit ici dominer tous ses adversaires avec une facilité déconcertante.
00:15:25On assiste également à son embourgeoisement et à sa starification.
00:15:29Villas, motos, bijoux, publicité pour des banques, merchandising.
00:15:33Il baisse sa garde.
00:15:35Père peu à peu sa rage de vaincre.
00:15:36Prend les choses pour acquise.
00:15:38Mais parallèlement on assiste à l'ascension de l'antagoniste
00:15:40qui ne peut que s'élever car il est au plus bas.
00:15:42On met en opposition à travers des inserts d'images, des fondus enchaînés et des split screens,
00:15:47le relâchement d'un combattant et la détermination d'un autre.
00:15:50Dès les 5 premières minutes on sait que Rocky est voué à échouer.
00:15:53Car l'ascension précède incontestablement la chute.
00:15:56Et c'est en chutant, en revenant au plus bas, qu'il pourra s'élever de nouveau.
00:16:00C'est brillant tout simplement.
00:16:01Et c'est dommage que les gens n'assument pas d'aimer ce film.
00:16:03On est loin du nanar, c'est intelligemment bien raconté.
00:16:06Et tout ce côté bling bling sert le récit.
00:16:08Fini le physique approximatif.
00:16:10C'est les années 80.
00:16:11C'est l'âge d'or du culturisme.
00:16:13Et Stallone se doit d'adopter ce physique parfait pour être en adéquation avec la complaisance de son personnage.
00:16:18Sa réalisation fait aussi sens.
00:16:20C'est plus nerveux, plus clipesque.
00:16:22On est loin de la délicatesse et la pudeur des deux premiers films.
00:16:25Mais ce troisième volet reste cohérent et parvient à développer son sous-texte habilement.
00:16:29L'idée n'est plus de tenir la distance.
00:16:31Maintenant, c'est la gagne ou rien.
00:16:33Et Stallone gagne avec Rocky III.
00:16:35Le succès est au rendez-vous.
00:16:36Il a complètement réinventé le principe des suites à Hollywood.
00:16:39Il en fait des succès immédiats.
00:16:41Ce qui est inédit à l'époque.
00:16:42Il a réinventé les suites.
00:16:45Il a inventé l'industrie des suites telle qu'on la connaît aujourd'hui.
00:16:48Il a vraiment coulé les fondations d'un tout autre aspect de l'industrie.
00:16:51Un aspect qui n'existait pas auparavant.
00:16:53Et ça, un certain John Travolta l'a bien compris,
00:16:55puisqu'il viendra le chercher pour réaliser la suite de la fièvre du samedi soir, Staying Alive.
00:17:00Mais pendant le tournage, Stallone pense à se réinventer.
00:17:03A cette époque-là, Rocky s'est fini pour lui.
00:17:05Et il doit trouver une porte de sortie s'il veut perdurer.
00:17:08C'est comme ça qu'il signera le premier rôle d'un petit film appelé First Blood.
00:17:17Si Rocky a créé la légende de Stallone, Rambo l'a consolidé.
00:17:21Même si vous allez voir que les fondations n'ont pas toujours été hyper solides.
00:17:25Quoi qu'il en soit, la saga commence en 1982,
00:17:28avec un film qui a plus de choses à raconter qu'on ne pourrait le croire.
00:17:31Réalisé par Ted Kochef, le film est une adaptation du roman du même nom écrit par David Morell,
00:17:37et il raconte l'histoire d'un soldat américain qui aura du mal à se réinsérer dans une société
00:17:40qui renie la guerre qu'il vient de livrer, et qui rejette en bloc ceux qui y ont pris part.
00:17:45Stallone tombe amoureux de ce personnage, et décide de remanier le scénario
00:17:48pour accentuer l'injustice dont il fait preuve.
00:17:50C'est difficile à croire, mais à la base Rambo c'est une victime,
00:17:53un homme hanté par ses souvenirs de guerre.
00:17:55Il rentre au pays pour y retrouver le seul ami qui lui reste,
00:17:58et on lui annonce qu'il est décédé d'un cancer dû aux trop nombreuses inhalations de Napalm.
00:18:02Ce qui résume bien le paradoxe de la guerre du Vietnam,
00:18:05l'Amérique qui se bat contre elle-même.
00:18:07First Blood se positionne comme un véritable plaidoyer anti-américain.
00:18:11Le film est une démonstration de ce que sont les vétérans de cette guerre pour les citoyens à cette époque,
00:18:15des parias, ni plus ni moins.
00:18:17On est alors témoin d'une injustice qui voit Rambo se faire interdire l'accès à une ville
00:18:21dans le pays qu'il a défendu au péril de sa vie,
00:18:23mais le soldat ne peut dignement pas accepter ça,
00:18:25et c'est ce qui va déclencher une réaction en chaîne qui va mener Rambo à retrouver les armes
00:18:29et s'en servir contre les siens.
00:18:31Les différentes séquences dans la forêt sont bien pensées,
00:18:33et l'atmosphère globale, très pesante, vient accentuer l'hostilité de la situation.
00:18:38C'est froid, c'est humide, c'est sombre,
00:18:40et l'environnement représente une menace à la hauteur de celui qui le maîtrise,
00:18:44John Rambo.
00:18:45Stallone va d'ailleurs se blesser plus d'une fois dans cet environnement hostile.
00:18:48C'est bel et bien lui qui saute de cette montagne,
00:18:50se cassant plus d'une côte au passage dans une séquence qui sera gardée dans le film
00:18:53et dont on peut apercevoir la vraie souffrance de l'acteur.
00:18:57Sly maîtrise parfaitement son rôle,
00:18:59il donne une vraie profondeur à son personnage,
00:19:01notamment dans une séquence finale pleine d'émotions qu'il interprète avec ses tripes et qui donne des frissons.
00:19:05Son regard est perdu, plein de rage, de tristesse.
00:19:08L'homme est brisé.
00:19:10Et d'ailleurs, dans une fin alternative, il se suicide juste après son discours.
00:19:14Mais la scène ne sera pas bien reçue durant les projections test
00:19:17et c'est la version où Rambo reste en vie qui sera choisi pour conclure le film.
00:19:21First Blood n'est pas la boucherie que seront ses suites.
00:19:24Il n'y a qu'un mort ici, pas plus.
00:19:26Le film est à la charnière entre le cinéma américain des années 70 et 80.
00:19:30Il conserve la puissance émotionnelle du nouvel Hollywood
00:19:32et gagne l'efficacité du cinéma d'action des années 80.
00:19:35Il n'est pas produit par un grand studio qui ne voudront pas d'un énième film sur le Vietnam.
00:19:40Il est une petite série B indépendante et il est enfin reconnu aujourd'hui à travers toute la profondeur qui
00:19:45est la sienne.
00:19:46Il se positionne comme un OVNI à l'époque de sa sortie, dénonçant les dérives de son propre pays, alors
00:19:51en pleine guerre froide.
00:19:51Rambo est un film fabuleux, une oeuvre d'action et de réflexion qui mérite son statut de film culte, même
00:19:57si il sera vite oublié, voire même entaché par des suites
00:20:01qui feront du personnage un emblème de la pop culture américaine, mais aussi un guignol, dans le sens propre du
00:20:06terme.
00:20:09Il n'y a pas de belief dans ma intelligence à tout.
00:20:15J'ai toujours dit que je suis stupide parce que je n'ai pas l'air intelligent.
00:20:21J'ai décidé d'écrire plus sur le physique.
00:20:24J'ai commencé à mettre les weights dans le box et les choses.
00:20:28Je dois dire que, au final, c'est ce qui m'a fait la différence en l'action, parce que
00:20:35c'est la façon dont j'ai commencé,
00:20:36c'est moi, le grand mec.
00:20:51Nous sommes en 1985.
00:20:53Stallone vient d'essuyer un échec prévisible avec le vainqueur, une comédie musicale, c'est pas une blague.
00:20:59Il refusera d'ailleurs un rôle dans A la poursuite du diamant vert et le flic de Beverly Hills pour
00:21:04jouer dans ce truc,
00:21:05comme quoi, il n'a pas toujours eu le nez fin.
00:21:07D'ailleurs, il avouera lui-même plus tard qu'accepter son rôle fut un suicide professionnel.
00:21:11Mais bref, nous sommes en 1985.
00:21:13Ronald Reagan est président et au cinéma sort Rambo 2, la mission.
00:21:26Le film se positionne comme un tournant crucial dans la carrière de Stallone.
00:21:29C'est à partir de là qu'il va être considéré comme un acteur de film d'action.
00:21:32Un bené au gros bras qui ne sait rien faire d'autre que de shooter tout ce qui bouge.
00:21:36Et cette réputation, il faut dire que Stallone l'a bien cherché.
00:21:39Parce que Rambo 2, c'est loin d'être le haut du panier.
00:21:41Et le truc, c'est qu'en plus le film va cartonner.
00:21:43Plus de 300 millions de dollars de recettes à l'époque.
00:21:466 millions d'entrées en France.
00:21:47C'est le début de la Rambo-mania.
00:21:49Le personnage devient une icône mondiale,
00:21:51mais surtout la bannière étoilée des USA durant la seconde moitié des années 80.
00:21:55Regan le cite comme exemple.
00:21:57Les américains s'identifient à lui.
00:22:03Le surhomme qui a gagné la guerre du Vietnam tout seul, à la force de ses bras.
00:22:07Oubliez le soldat du premier film traumatisé par la guerre.
00:22:10Ici, il devient une machine à tuer.
00:22:12Je vous disais plutôt qu'il n'y avait eu qu'un seul mort dans le premier film.
00:22:15Et plus ou moins tué par Rambo.
00:22:16Et bien ici, le gaillard va accumuler 69 victimes.
00:22:19Soit quasiment un mort à la minute.
00:22:21Le film est dans la démesure la plus totale.
00:22:23Objectivement divertissant certes, mais pas subtil pour un sou.
00:22:26John Rambo est d'une surpuissance quasi divine.
00:22:29Il décime toute une armée incapable de l'atteindre.
00:22:32Et il est vrai que ça nous offre des scènes d'action dantesques.
00:22:34Et on en attendait pas moins d'un film co-écrit par James Cameron.
00:22:37Ici l'idée va être de renvoyer Rambo au Vietnam,
00:22:40afin qu'il libère les otages américains restés là-bas.
00:22:42Mais surtout pour venger la défaite de tout un pays.
00:22:44Moins de blabla, plus de mitraillages,
00:22:47et un Rambo tout en muscles bien décidé à en découdre.
00:22:50Pour le plus grand plaisir des américains.
00:22:51Le film va plus ou moins dénoncer l'administration des Etats-Unis.
00:22:54Mais c'est amené de manière archi-grossière par rapport au premier film.
00:22:57Ce manque de subtilité sera d'ailleurs le principal sujet de moquerie quand on évoquera Rambo.
00:23:01Ce simple nom devient la définition de la violence.
00:23:04Chez nous en France, Stallone deviendra le symbole d'une Amérique décérébrée.
00:23:07Notamment dans les guignols à travers le personnage de Monsieur Sylvestre.
00:23:11Faut sauter sur Kaboul, John.
00:23:13C'est pas ma guerre.
00:23:14On a besoin de toi John.
00:23:16Je suis fatigué de tout ça.
00:23:18Ouais mais les talibans ils ont dit que t'avais une petite bite John.
00:23:21Quoi ? Ils vont l'avoir leur putain de guerre ?
00:23:24Mais aussi dans diverses parodies, chez les nuls notamment, et aussi chez les inconnus.
00:23:28Vous allez finir par vous aimer les uns les autres bordel de merde.
00:23:31Mais l'Amérique n'en a que faire.
00:23:33Rambo devient leur vengeur masqué.
00:23:35L'honneur qu'ils ont perdu.
00:23:36Ils transcendent le 7ème art pour devenir un véritable mythe.
00:23:40Et Stallone est totalement dépassé par les événements.
00:23:42Il est désormais le symbole de l'Amérique des années 80.
00:23:45Et ce statut il va le confirmer en poursuivant son travail de propagande à travers son prochain film.
00:23:55Rocky IV peut aisément aspirer au statut de film culte.
00:23:59Il a quelque chose d'unique en son genre.
00:24:01A travers sa conception, son contexte, et sa réputation qu'il traîne encore de nos jours.
00:24:05Le Bloc de l'Est et le Bloc de l'Ouest s'affrontent stratégiquement depuis plusieurs longues années maintenant.
00:24:10Et Rocky IV, de manière quasi prophétique, va signer la fin de la guerre juste avant que celle-ci ne
00:24:15se produise.
00:24:16Rocky, à travers son discours final, va réunir deux peuples grâce à sa victoire.
00:24:20Car si l'Amérique gagne, par définition, c'est le monde qui gagne.
00:24:25Du moins, c'est ce que le film essaie de nous faire croire.
00:24:27Rocky Vs Drago, c'est de manière évidente, bien plus qu'un simple combat entre deux hommes.
00:24:31Mais ça, Stallone le dit mieux que moi.
00:24:42Le schéma est bien entendu ultra-manichéen.
00:24:45Les Etats-Unis bénis par Dieu, représentés par un champion humble au grand cœur,
00:24:49contre la machine soviétique, le quasi-robotique Ivan Drago, qui n'aspire à rien,
00:24:54qui n'est qu'un pantin à la botte de l'URSS.
00:24:56La dualité se confirme durant le training montage, tout de métaphores vêtues,
00:25:00montrant Rocky s'entraîner dans la nature sibérienne, domptant le territoire ennemi,
00:25:04et s'en servant pour accroître sa force.
00:25:06Puis Drago, utilisant la technologie comme une seconde peau, se servant de subterfuge pour gagner,
00:25:11tournant en rond comme un animal en cage, prisonnier de sa condition.
00:25:14Pensant s'élever, mais faisant du sur place.
00:25:17Pendant que Rocky gravit des montagnes pour atteindre les sommets.
00:25:21Stallone tente malgré tout de faire preuve d'une certaine nuance.
00:25:24Il met en avant l'arrogance américaine, notamment à travers le personnage d'Apollo Creed,
00:25:28et via son comportement contre Drago, mais aussi via la mise en scène de leur combat,
00:25:32qui se veut d'un too much plus ou moins assumé.
00:25:34Maintenant, si on se détache de tout enjeu politique, le film s'avère d'une efficacité redoutable.
00:25:39Rocky y affronte son plus grand adversaire, dans les deux sens du terme.
00:25:42Deux mètres de muscles saillants, le Terminator venu du froid, l'homme aux trois répliques,
00:25:47l'un des méchants les plus méchants du cinéma, Ivan Drago.
00:25:51Mais en face, il trouvera un Rocky ultra déterminé, ultra vénère,
00:25:55qui ouvre sa portière de Lamborghini de manière ultra badass,
00:25:58qui fait des abdos sur les épaules, qui porte tous les membres de sa famille sur une charrette.
00:26:02D'ailleurs, j'y pense, mais si Rocky, Adrian et Polly sont en Russie le soir du 25 décembre ?
00:26:07Ça veut dire qu'ils ont refilé le gamin à la voisine et qu'ils passent Noël tout seuls ?
00:26:10C'est vraiment des monstres !
00:26:12On pourra dire ce qu'on veut de Rocky IV,
00:26:14mais il est difficile de ne pas vibrer devant un combat final totalement surréaliste,
00:26:18porté par deux acteurs qui se foutent réellement sur la gueule,
00:26:21et mis en scène d'une façon quasi-clipesque qui accentue cette touche 80's ultra satisfaisante.
00:26:26Rocky IV est un pur produit de son époque, d'une force brute assez incroyable,
00:26:30malgré certaines faiblesses, le too much général, certaines séquences maladroites,
00:26:35et le parti pris politique pas des plus subtiles.
00:26:37Tout ça, Stallone en aura conscience quelques décennies plus tard,
00:26:40et décidera de donner une nouvelle vision à son film.
00:26:42L'art n'est pas une forme collective,
00:26:44c'est une seule vision,
00:26:46et vous devez être très attention à qui vous mettez dans votre vision,
00:26:49parce que évidemment, personne ne voit la même chose de la même façon,
00:26:53et j'ai compromisé.
00:26:56Durant le confinement, il a pour projet de remonter Rocky IV,
00:26:59d'offrir une vision plus personnelle, moins politique et plus réaliste.
00:27:02Lui-même avoue avec le temps qu'il est peut-être allé trop loin avec ce film,
00:27:06mais d'après ses dires, il n'avait pas le contrôle total à l'époque,
00:27:08ce qui est très difficile à croire au vu de l'influence de l'acteur au milieu des années 80.
00:27:12Ici, on a le droit à 40 minutes d'images inédites.
00:27:15On vire les choses inutiles, comme le robot de Polly,
00:27:18et on rallonge les moments d'émotion, comme les funérailles d'Apollo Creed.
00:27:21On met en avant Adrian et Duke, pour quasiment effacer Brigitte Nielsen,
00:27:25ce qui est dommage par moments, car elle avait parfois des dialogues assez cohérents,
00:27:29et ça va être d'ailleurs l'un des problèmes de ce nouveau montage.
00:27:32Certaines scènes auraient mérité de rester, car le film manque d'éléments par moment,
00:27:35ce qui rend le rythme beaucoup moins fluide, moins efficace.
00:27:37Et à l'inverse, d'autres auraient mérité d'être retirés, voire modifiés.
00:27:41La scène de la Lamborghini, par exemple, qui pour le coup appartient vraiment à son époque.
00:27:45Une époque où le cahier des charges imposait ce genre de pause musicale,
00:27:49afin de plaire aux plus jeunes qui passaient leur temps devant MTV.
00:27:52Le ratio d'images a aussi changé.
00:27:53Il passe du 1.85 au 2.35, sans doute pour pouvoir intégrer les nouvelles scènes,
00:27:58des scènes totalement restaurées et plus belles que jamais.
00:28:01D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur cette restauration,
00:28:03Stallone a posté sur sa chaîne YouTube une sorte de making of,
00:28:06où il nous explique comment et pourquoi il a voulu créer ce nouveau montage.
00:28:29On comprend où Sylvester Stallone a voulu en venir,
00:28:31se recentrer sur les personnages et mettre de côté le contexte de l'époque,
00:28:35ici la guerre froide en l'occurrence.
00:28:37C'est pour ça qu'il laisse plus de temps à l'écran au personnage.
00:28:39Il prend son temps pour que l'émotion agisse.
00:28:41Ce qui est paradoxal puisque ce nouveau montage est plus court que l'autre.
00:28:45Le développement de Drago gagne en épaisseur.
00:28:47Bien plus humain ici à travers ses différentes réactions.
00:28:50On se rend compte qu'il n'est qu'un homme qui veut gagner,
00:28:52qui veut réaliser ses rêves.
00:28:53Pour lui et seulement pour lui.
00:28:55Et ça se ressent durant le combat final,
00:28:57qui se voudra lui aussi bien plus réaliste en terme de sound design.
00:29:06Le discours de fin prend lui aussi une toute autre tournure.
00:29:09Bien moins fantaisiste.
00:29:10Et le gouvernement russe ne se laisse pas séduire par les mots du champion cette fois.
00:29:13Ce qui nous donne une réaction bien plus authentique.
00:29:16Et ce qui prouve que peut-être, effectivement,
00:29:18Stallone n'avait pas le contrôle total de son film.
00:29:20Car pourquoi tourner une scène où le gouvernement applaudit
00:29:23et une autre scène où il se barre furieux ?
00:29:25Peut-être que Stallone a subi une certaine pression de son gouvernement.
00:29:28Qui sait ?
00:29:29Ça en tout cas, on ne le saura jamais.
00:29:31Bref, si vous êtes fan de l'univers Rocky
00:29:33et que vous voulez voir des images inédites et remasterisées,
00:29:35et bien ça vaut le coup d'œil.
00:29:36Mais cette version reste quand même relativement dispensable,
00:29:39n'apportant pas une vraie plus-value à la saga.
00:29:42Parenthèse fermée, revenons maintenant en 1985.
00:29:44Le film original sort et c'est à nouveau un succès colossal.
00:29:48Les fans du monde entier font la queue pour découvrir le film.
00:29:51Certains devront attendre des semaines avant de pouvoir le voir en salle.
00:29:54On se distribue même des VHS sous le manteau en Russie.
00:29:57Pour vous dire que le film est apprécié partout.
00:29:59Les gens au cinéma se lèvent durant le combat,
00:30:01crient, pleurent.
00:30:03Stallone, c'est le MCU de son époque.
00:30:05C'est un véritable phénomène.
00:30:06Et même le président américain approuve.
00:30:08Le succès est tellement énorme que Stallone va en pâtir.
00:30:11Ca va directement atteindre son ego qui va doubler de volume
00:30:14avant d'être régurgité dans son prochain film.
00:30:17Il va se penser intouchable.
00:30:19Alors que Rocky IV sera son dernier gros succès de la décennie.
00:30:29Au milieu des années 80, il divorce de Sacha Zak, la mère de ses deux premiers fils,
00:30:33qu'il avait épousé en 1974, bien avant sa success story.
00:30:37Mais voilà, entre 74 et 85, Stallone a bien changé.
00:30:41Ravalement de façade, pectoraux saillants, il lui faut une femme à la hauteur de sa démesure.
00:30:45Il épouse donc Brigitte Nielsen, mannequin danois, 17 ans et 17 cm d'écart,
00:30:51une folie qui va se concrétiser avec la mise en chantier d'un tout nouveau film, Cobra.
00:30:58C'est ici que la loi s'arrête et que moi, j'interviens.
00:31:03Cobra, c'est ce qu'on appelle un nanar dans le sens le plus propre du terme.
00:31:06Un film fait sérieusement, mais qui provoquera le rire et la stupéfaction.
00:31:10Cependant, Cobra a le mérite de ne pas nous mentir sur la marchandise.
00:31:13On sait ce qu'on va voir et la punchline sur l'affiche nous en donne un avant-goût.
00:31:17Cobra, c'est donc un projet fait pour Stallone, par Stallone,
00:31:20dans l'idée pure et simple de le faire briller.
00:31:22On est très loin de sa créativité d'antan,
00:31:24car Stallone dans son scénario va complètement mettre de côté ses personnages secondaires et son intrigue,
00:31:28afin d'alimenter sa satisfaction personnelle et de mettre en avant son personnage.
00:31:32Et mes amis, quel personnage ?
00:31:35Marion Cobretti a peut-être un prénom féminin, mais c'est un vrai bonhomme.
00:31:38Il humilie ceux qui lui piquent sa place de parking.
00:31:40Il coupe ses pizzas au ciseaux.
00:31:42Il a un Cobra sur son flingue.
00:31:43Et il balance des punchlines à la minute.
00:31:50Un demi-dieu, pour faire simple.
00:31:51Un personnage aux antipodes de ce que Stallone a pu écrire par le passé.
00:31:55Sa sincérité fait place à un sentiment d'infériorité qu'il tente de dissimuler
00:31:59derrière le personnage très viril de Cobra.
00:32:01Il se permet même de donner à sa femme de l'époque le premier rôle féminin.
00:32:04Stallone est le patron d'Hollywood.
00:32:06Il fait ce qu'il veut.
00:32:08Mais ici, il le fait mal.
00:32:09Même si l'action reste efficace.
00:32:11Et la bande son plutôt cool.
00:32:12L'ambiance plus ou moins anxiogène reste un atout.
00:32:14Et le film s'offre un rythme quasi imbattable.
00:32:17Malgré des séquences clipesques qui sont devenues la norme à cette époque.
00:32:20Surtout que là, la séance en question n'a pour but que de mettre en avant
00:32:22la plastique de sa nouvelle femme.
00:32:24Il aurait pu s'offrir un rôle à la hauteur de son talent.
00:32:26Un polar noir, viscéral et bien mené.
00:32:29Mais il n'en saura rien.
00:32:30Malgré tout, ça commence plutôt bien.
00:32:31L'intro du personnage.
00:32:33La séquence au supermarché.
00:32:34Il y a un truc qui se passe.
00:32:35Il y a une identité.
00:32:36Mais le reste n'est pas à la hauteur.
00:32:38L'intrigue est pas super intéressante.
00:32:40Sa manque de tension.
00:32:41On ne croit pas aux enjeux car on est trop occupé à digérer l'absurdité de la situation.
00:32:45Le film aurait pu être tout autre chose.
00:32:47Mais le manque d'investissement chez Stallone est trop évident.
00:32:50A cette époque, on ne va pas voir Cobra.
00:32:51On va voir le dernier Stallone.
00:32:53Il porte à lui seul le film.
00:32:55Mais les épaules de l'italo-américain, aussi musclées soient-elles, ne suffisent pas.
00:32:59Le film est produit par la Canon Group.
00:33:01Reine du cinéma d'action des années 80.
00:33:02Mais aussi des nanars les plus emblématiques qui ont marqué toute une génération.
00:33:06Malgré le succès timide de Cobra.
00:33:08La boîte de production va continuer de faire confiance à Sly.
00:33:10En lui offrant un film qui va tenter de se la jouer plus subtile.
00:33:13Un film avec un camionneur qui participe à des compètes de bras de fer.
00:33:18Et subtile je vous dis.
00:33:24Over the Top est l'un des films les moins appréciés de la filmographie de Stallone.
00:33:28Mais il est pourtant un de mes préférés.
00:33:30L'histoire attachante d'un père routier qui va nouer des liens avec son fils qu'il n'a jamais
00:33:33vu.
00:33:33Tout en traçant sa route dans son gros camion et à travers ce qui semble être une vraie passion.
00:33:37Le bras de fer.
00:33:39Effectivement ce film est nié.
00:33:40Il met encore une fois en avant un patriotisme exaspérant.
00:33:43Il suffit de voir le nom du protagoniste.
00:33:47Mon Amérique à moi.
00:33:51Mais je trouve quand même que ce film a du coeur.
00:33:53Le bras de fer n'est qu'un prétexte.
00:33:55Il sert de socle pour sublimer le vrai combat d'un homme qui fait tout pour défendre ses idéaux.
00:33:59Ceux qu'il représente.
00:34:00Pour regagner l'estime de soi et l'amour de son fils.
00:34:03On est sur un schéma identique à Rocky.
00:34:05Le film essaye de surfer sur la success story de ce personnage.
00:34:08Sans pour autant atteindre son aura de grand film.
00:34:10Car Over the Top n'est là que pour engendrer du profit.
00:34:13Stallone le sait et exigera quasiment la moitié du budget comme salaire.
00:34:17Soit 13 millions de dollars sur les 30 millions de budget qui vont directement de la poche de Sylvestre.
00:34:21Mais malgré tout je trouve que c'est un bon film.
00:34:23Que j'aime depuis tout petit donc j'ai bien conscience de ne pas être des plus objectifs.
00:34:27Surtout quand on sait que le film possède bon nombre de détracteurs.
00:34:30Dont Stallone lui-même qui avouera avoir fait et je cite cette merde pour empocher ses 13 millions.
00:34:35Bon bah je suis visiblement le seul à défendre ce film.
00:34:38Et bah c'est le problème avec les plaisirs coupables.
00:34:39Et c'est vrai qu'à l'époque il les enchaîne les plaisirs coupables notre cher Stallone.
00:34:44Il les enchaîne.
00:34:58Bah oui forcément. Rambo 3 c'est un plaisir coupable.
00:35:01Il est dans la même lignée qu'un porté disparu, qu'un double team ou encore commando.
00:35:05Ces films qu'on aime tout autant que l'on déteste.
00:35:08Parce que c'est là où est le paradoxe du plaisir coupable.
00:35:10Un terme que beaucoup n'apprécient pas et je peux le comprendre mais qui existe.
00:35:14Car aimer un film pour ses défauts c'est l'aimer discrètement certes mais l'aimer malgré tout.
00:35:18Et Rambo 3 nom d'une pipe c'est quelque chose.
00:35:21Dans ce troisième opus Rambo est toujours un symbole.
00:35:24Et comme tous les symboles il est immortel.
00:35:27Il peut être blessé mais se répare avec conviction.
00:35:29Il est une nation, une armée à lui tout seul.
00:35:32Il abat deux hélicoptères, détruit une dizaine de véhicules et renvoie à Moscou les pieds devant une bonne centaine de
00:35:38soldats.
00:35:38Mais le plus impressionnant reste le climax où un choc des titans va se dessiner sous nos yeux.
00:35:43La collision volontaire entre un tank et un hélicoptère.
00:35:46Et bien sûr quand je vois ça, un seul mot me vient à l'esprit.
00:35:49C'est excessif encore une fois.
00:35:53Et pas qu'un peu.
00:35:54Rambo régresse encore un peu plus.
00:35:56Enterre pour de bon sa subtilité.
00:35:58Qui aussi bizarre que cela puisse paraître a existé fut un temps.
00:36:01Mais c'est terminé.
00:36:02Ici on a affaire à un Rambo bétonné de muscles.
00:36:05Burné comme jamais.
00:36:06Qui fume absolument tout ce qui bouge pendant 90 minutes.
00:36:09Et qui aime le bleu.
00:36:10Parce que c'est joli le bleu quand même.
00:36:12Et ça ?
00:36:14Qu'est ce que c'est que ça ?
00:36:16Une lumière bleue.
00:36:18Et ça fait quoi ?
00:36:20Du bleu.
00:36:23Je vois.
00:36:24Bref, on a affaire à ce qui se fait de pire en terme de script.
00:36:27Totalement noyé dans une propagande qui commence à être agaçante.
00:36:30Mais d'un autre côté c'est ce qui se fait de mieux en terme d'action à cette époque.
00:36:34Rambo III c'est un moment de plaisir pour celles et ceux qui savent l'apprécier.
00:36:37Mais c'est un film qui fera beaucoup de mal à ce personnage.
00:36:40Qui avait pourtant beaucoup plus à offrir.
00:36:42Rambo III c'est ce qu'est Stallone pour le grand public.
00:36:44Le navet ultime de sa carrière est celui que beaucoup gardent à l'esprit.
00:36:48Préférant ne retenir que les propositions régressives d'un artiste pourtant complet et assez brillant par bien des aspects.
00:36:53Depuis 35 ans j'ai fait des films de action.
00:37:00Et je n'ai pas commencé à faire des films de action.
00:37:02Même Rocky c'était un drame.
00:37:05C'était un drame.
00:37:06Paradise Valley c'était un drame.
00:37:07Et puis quelque chose a passé.
00:37:09Et avec First Blood.
00:37:11Et puis j'ai commencé à devenir entrané.
00:37:15Puis j'ai été complètement typé.
00:37:18Et je ne pouvais pas sortir d'action.
00:37:20J'ai essayé avec Copland et ça n'a pas fonctionné.
00:37:22Cette seconde moitié des années 80 est une période qui lui vaudra argent et gloire.
00:37:26Mais aussi une certaine déchéance artistique.
00:37:28Et c'est dommage parce qu'il va s'enfermer dans une case qui à la base ne devait pas
00:37:32être la sienne.
00:37:33La fin d'une ère est pourtant proche.
00:37:34Et il ne pouvait pas ne pas terminer cette fameuse décennie en beauté.
00:37:39En 89 Stallone passe par la case prison.
00:37:42Enfin je veux dire dans la fiction bien sûr.
00:37:45Tout d'abord dans le drame carcéral haute sécurité.
00:37:48Puis dans le body movie tango et cash.
00:37:50Et c'est sur ce dernier que je vais me concentrer.
00:37:52Tango et cash c'est le film bankable par excellence.
00:37:55Celui qui a tout pour réussir.
00:37:57Un récit limpide.
00:37:58Deux acteurs au top de leur popularité.
00:38:00Et une atmosphère unique.
00:38:02Comme seuls les films d'action des années 80 savent dégager.
00:38:04Mais le succès en scène ne sera pas forcément à la hauteur des attentes.
00:38:07Le film souffre de la comparaison avec un autre body movie sorti deux ans plus tôt.
00:38:11C'est son énorme succès sur le marché de la vidéo qui lui offrira une longue vie.
00:38:15Jusqu'à devenir culte de nos jours.
00:38:16Tango et cash doit bien entendu sa pérennité à son duo phare.
00:38:20Sylvester Stallone bien sûr.
00:38:21Et Kurt Russell.
00:38:22Qui remplacera au pied levé Patrick Swayze trop occupé à jouer les videurs pas contents.
00:38:26Mais qui jouira aussi d'une belle popularité notamment grâce à un certain John Carpenter.
00:38:30Le film est aussi l'occasion pour Stallone d'un peu changer de personnage.
00:38:34C'est l'intellectuel du duo.
00:38:35Et c'est cool.
00:38:36Il fait même preuve d'une belle autodérision.
00:38:38Il se prend pour Rambo.
00:38:40Rambo.
00:38:41C'est une pédale.
00:38:42Avec ses 50 millions de dollars.
00:38:44Ce qui est assez énorme pour l'époque.
00:38:46Le film jouit de superbes séquences d'action.
00:38:48A défaut d'un scénario potable.
00:38:50Mais ça fait partie de ce cinéma là.
00:38:51La subtilité n'y a pas sa place.
00:38:53Tango et cash est un des derniers représentants de son époque.
00:38:56Un actionneur comme on n'en fait plus.
00:38:57Une belle petite boule d'énergie concluant une décennie en demi-teinte pour Stallone.
00:39:01Qui tentera de se détacher de son image de gros bras.
00:39:04En revenant à son premier amour.
00:39:06Un certain boxeur de Philadelphie.
00:39:27Comme un acteur.
00:39:28Et comme un écrivain.
00:39:29Et de ne pas être reconnu.
00:39:31Et de la mettre dans l'embodiment d'un boxeur.
00:39:33Parce que tout le monde peut l'identifier.
00:39:36Avec cette guerre qui se passe dans le ring là.
00:39:42La saga Rocky est une autobiographie métaphorique de la vie de Stallone.
00:39:46Il en écrit tous les scénarios et y insère sa vision du monde.
00:39:49Ses réussites.
00:39:50Ses doutes.
00:39:51Ses peurs.
00:39:52Dans le premier film, le personnage de Rocky est un loser talentueux.
00:39:55Qui saisira la chance de sa vie afin de toucher ses rêves du bout du doigt.
00:39:58A cette époque, Stallone est aussi dans une situation similaire.
00:40:01Fauché mais guidé par une bonne étoile quand il créera ce personnage.
00:40:04Et négociera la vente de son script.
00:40:06Dans Rocky 2, Rocky gagne en notoriété.
00:40:08Il découvre une vie plus agréable financièrement.
00:40:10Mais fait quelques erreurs et passe à rien de retomber dans les bas fonds.
00:40:13Il en sera de même pour Stallone.
00:40:15Qui après le succès du premier Rocky.
00:40:16Connaîtra aussi l'échec avec le flop de la taverne de l'enfer et Feast.
00:40:20Pour le premier Rocky, Stallone est le seul à croire en son film.
00:40:23Il monte donc les marches seul.
00:40:24Pour dire qu'il a créé sa seule.
00:40:25Et que l'ascension est la suite logique.
00:40:27Dans Rocky 2, il les monte accompagnés.
00:40:29Comme pour remercier celles et ceux à qui il doit ce succès.
00:40:32Et que Rocky existe aussi grâce à eux.
00:40:34Dans Rocky 2, Rocky y va pour la gagne.
00:40:36Il ne s'agit plus d'un coup de poker.
00:40:37Pareil pour Stallone.
00:40:38Qui se doit de faire de cette suite un succès.
00:40:40Là où le premier a connu un succès surprise.
00:40:42Dans Rocky 3, il prend du recul sur sa situation.
00:40:45Comment la célébrité peut vous créer des œillères.
00:40:47Et comment faire pour rester au top malgré la concurrence.
00:40:50Rocky est dans une impasse.
00:40:51Ne sait pas comment se relever.
00:40:53Tout comme Stallone qui ne parvient pas à s'épanouir artistiquement.
00:40:55En dehors de son personnage fétiche.
00:40:57L'écriture de Rocky 4 est vampirisée par toute la mégalomanie de l'acteur.
00:41:01Alors en pleine époque Brigitte Nielsen.
00:41:03Cette folie des grandeurs qu'il avouera avoir eu à ce moment là.
00:41:06On la ressent dans sa réalisation mais aussi dans son écriture.
00:41:08Rocky est désormais le sauveur.
00:41:10Amenant la paix dans le monde à travers ses victoires.
00:41:12Puis on en arrive à Rocky 5.
00:41:14Qu'il écrit dans une période de doute.
00:41:16Stallone doit repartir du point de départ.
00:41:18Pour mieux se réinventer.
00:41:19Il fera donc également repartir du point de départ son personnage.
00:41:22Le ramenant à la réalité après ses exploits super héroïques.
00:41:25Et lui faisant goûter la fatalité de la vie qui ne fait aucun cadeau.
00:41:28Sans oublier Rocky Balboa bien sûr.
00:41:30Mais ça j'y reviendrai un peu plus tard.
00:41:32Stallone a les meilleures intentions du monde quand il met en chantier Rocky 5.
00:41:36Il veut offrir à son alter ego une belle porte de sortie.
00:41:39Il fait donc revenir John Advitsen à la réalisation.
00:41:41Bill Conti à la BO.
00:41:42Et part sur un ton plus authentique.
00:41:44Bien plus proche des deux premiers films.
00:41:46Que des deux suivants.
00:41:47Le film raconte comment Rocky est forcé d'arrêter la boxe.
00:41:50Après un combat trop violent contre Drago.
00:41:52Et comment il va se retrouver ruiné.
00:41:53A cause des combines de son beau frère Paulie.
00:41:55Rocky est donc de retour à la case départ.
00:41:57Tentant tant bien que mal de retrouver sa gloire d'antan.
00:42:00A travers un bon combattant.
00:42:01Mais sans coeur.
00:42:02Tommy Gun.
00:42:03Ce dernier va finir par être attiré par les paillettes.
00:42:05Et va trahir Rocky.
00:42:06Qui va finir par l'affronter dans un combat de rue.
00:42:08Ce combat devait initialement se terminer par la mort de Rocky.
00:42:11Mais les producteurs du film en décideront autrement.
00:42:13Advitsen quittera donc le tournage.
00:42:15Et le combat final sera réalisé par Stallone lui-même.
00:42:17Qui n'est pas crédité en tant que tel au générique.
00:42:19Mais dont on peut apercevoir ses tics visuels.
00:42:21Notamment les flashbacks et autres séquences psychédéliques.
00:42:24Le retour de Bill Conti n'empêche pas la BO de se renouveler.
00:42:27Proposant différents morceaux de rap assez cool.
00:42:29Et habillant les faibles séquences de boxe qu'offre le film.
00:42:32Dans Rocky V.
00:42:33Stallone renoue avec un cinéma plus sensible.
00:42:35Il met en avant ses propres doutes.
00:42:37Sa capacité à encaisser.
00:42:38Et ses propres craintes.
00:42:39Être oublié.
00:42:40Mais le spectre du premier opus plane bien trop souvent au dessus de ce film.
00:42:43Qui a du coeur certes.
00:42:45Mais qui manque parfois d'une certaine nuance.
00:42:47Il n'y avait pas besoin de ruiner Rocky pour faire passer le message.
00:42:50C'est juste un prétexte pour retrouver les vieux décors des premiers films.
00:42:53Stallone aurait pu construire un vrai grand film sur la transmission.
00:42:56Ce que fera un certain Ryan Coogler 25 ans plus tard avec Creed.
00:42:59Malgré tout certaines scènes sont touchantes.
00:43:01Le flashback avec Mickey est d'une belle sincérité.
00:43:03Et parfaitement interprété par un Stallone tout en émotions.
00:43:06La scène sera construite d'une manière à ce qu'on évite les anachronismes.
00:43:09Mickey est éclairé d'une manière assez vive.
00:43:11Afin de cacher son âge avancé qu'il était beaucoup moins lors du premier film.
00:43:14Bref, cette suite n'est pas mauvaise en soi.
00:43:16Mais elle constitue une fin qui n'est pas digne du personnage.
00:43:19Une fin qui n'en sera finalement pas une.
00:43:21Heureusement.
00:43:22Rocky V ne sera pas un succès puisqu'il sera l'opus le moins rentable de la saga.
00:43:26Avec trois fois moins d'entrée qu'à l'habitude.
00:43:27Stallone commence donc très mal cette nouvelle décennie.
00:43:30Et vous allez voir que ça n'ira pas forcément en s'arrangeant.
00:43:37Les années 90 sont éclectiques pour Stallone.
00:43:40Il n'est plus le roi du box office.
00:43:42D'autres ont pris sa place avec des genres bien différents.
00:43:45Comédie, Survival, SF.
00:43:47Il va donc se calquer sur ses alter ego et tenter de faire son trou dans tous ses différents genres.
00:43:51Avec plus ou moins de succès.
00:43:53Il s'essaie tout d'abord à la comédie.
00:43:54Avec l'embrouiller dans le sac et arrête où ma mère va tirer.
00:43:57Et si le résultat peut faire sourire parfois.
00:44:00Globalement c'est un échec.
00:44:01Critique et commercial.
00:44:03Mais peu importe.
00:44:04Car un nouveau business s'ouvre à l'horizon.
00:44:06Et il compte bien en tirer profit.
00:44:08Planète Hollywood est une chaîne de restaurant qui va connaître un succès fulgurant au début des années 90.
00:44:12Puis une chute vertigineuse seulement quelques années plus tard.
00:44:15Le principe repose sur la simple présence de vedettes qui se revendique garant de la marque.
00:44:20Les années 80 c'est terminé.
00:44:21Mais ces stars sont toujours là.
00:44:23Elles sont désormais le moteur de toute une industrie.
00:44:25A cette époque on ne va plus voir un film pour le studio qui le produit.
00:44:28Pour son réalisateur ou pour son histoire.
00:44:31Non on va voir un film pour sa vedette.
00:44:33Dont le nom est inscrit en plus gros sur l'affiche que le titre.
00:44:35Et c'est sur ça que va reposer tout le business model de Planète Hollywood.
00:44:38Les restaurants sont de véritables musées à la gloire de ces personnages de fiction.
00:44:42Les comédiens empochent des stock options en échange de leur image.
00:44:45Et ça marche.
00:44:46L'effet de curiosité est énorme.
00:44:48Planète Hollywood se mondialise.
00:44:49Mais plus la décennie avance, plus ces vedettes vont connaître le déclin.
00:44:53Ne parvenant plus à s'imposer au box office.
00:44:55La guerre froide c'est terminé.
00:44:57Les gens ne veulent plus voir ses gros bras sauver l'Amérique.
00:44:59Stallone par exemple n'a pas atteint la barre symbolique des 100 millions de dollars aux USA depuis Rocky IV.
00:45:05La chaîne de restaurants va donc s'éteindre en même temps que l'aura de ses stars.
00:45:08Et Stallone va traverser une période très difficile artistiquement.
00:45:11Tentant de trouver sa place dans ce nouveau monde mais avec un succès relatif.
00:45:15Malgré tout il y a toujours du bon à retenir.
00:45:18Et ça commence en 1993 quand il nous l'ajoute Die Hard à la montagne dans Cliffhanger.
00:45:28Le film est réalisé par Rény Harleen à qui on devra le second opus de Die Hard.
00:45:32Mais aussi Driven sorti en 2001 et avec Stallone également.
00:45:35Un film que beaucoup détestent mais que moi je trouve plutôt sympathique.
00:45:39Donc voilà.
00:45:40Mais je digresse évidemment.
00:45:41Dans Cliffhanger on y voit un Stallone vulnérable qui se fait casser la gueule
00:45:45et qui est dans un danger permanent.
00:45:46Bien loin de l'indestructible Rambo des années 80.
00:45:49Ce nouveau genre de héros on le devra à John McTiernan et Bruce Willis dans le premier Die Hard en
00:45:5388.
00:45:54Qui introduira un protagoniste différent, moins musclé, plus humain.
00:45:58Qui ringardisera un peu les gros bras d'Hollywood.
00:46:01Stallone surfe donc sur cette nouvelle tendance et est forcé de constater que ça marche.
00:46:04Cliffhanger sera son plus gros succès de la décennie avec plus de 250 millions de dollars de recettes dans le
00:46:09monde.
00:46:09La tension qui se dégage du métrage est assez prenante.
00:46:12L'histoire se tient et le casting est au top.
00:46:14Tout comme le casting VF d'ailleurs qui est un régal.
00:46:17L'occasion de rendre hommage à Alain Dorval qui est depuis plus de 40 ans la voix officielle de Stallone.
00:46:21Et qui a fait un boulot remarquable.
00:46:24Sans oublier bien sûr Richard Darbois qui le doublera assez souvent dans cette période des années 90.
00:46:29Mais je digresse encore une fois, décidément.
00:46:31Stallone donnera de sa personne en jouant en décors naturels alors qu'il est sujet au vertige.
00:46:35Mais ça vaudra le coup tant le film est authentique visuellement.
00:46:38Les scènes spectaculaires s'enchaînent.
00:46:40A commencer par une des meilleures introductions de tout le cinéma d'action.
00:46:42Où on y voit Stallone rater un sauvetage et laisser tomber une jeune femme dans le précipice.
00:46:46Une scène devenue culte qui sera parodiée à maintes reprises.
00:46:49La séquence des deux avions vaut également son pesant d'or.
00:46:52Elle sera une des plus chères de l'histoire et se fera grâce à Stallone qui y mettra de sa
00:46:56poche personnellement.
00:46:57Les assurances ne voulant pas couvrir une scène aussi dangereuse.
00:46:59Mais ça vaudra le coup car le résultat est top et fait penser à une pure scène de la saga
00:47:03James Bond.
00:47:04Stallone quant à lui est bien moins dans la caricature.
00:47:06Beaucoup plus sobre.
00:47:07Bon même si le gars est en t-shirt les trois quarts du film alors qu'il est à au
00:47:10moins 2000 mètres d'altitude.
00:47:11Mais bref, ça passe.
00:47:13Il affronte un méchant d'anthologie en la personne de John Lisgoe.
00:47:15Les deux s'offrent à un combat final vertigineux qui conclut un film plutôt bon.
00:47:19Très satisfaisant à suivre.
00:47:21C'est du cinoge du samedi soir.
00:47:23Et c'est ce qu'on aime.
00:47:23Après le succès du film, Stallone va continuer à explorer différents horizons.
00:47:27Son rival de toujours, un certain Arnold, a fait de la comédie.
00:47:31Il fera de la comédie.
00:47:32Il a enchaîné avec de la SF.
00:47:34Et bien Stallone enchaînera avec de la SF.
00:47:39Que diriez-vous si je vous disais que vous êtes une brute fossilisée.
00:47:43Symbole d'une ère décadente.
00:47:45Heureusement disparue.
00:47:47Je sais pas.
00:47:48Merci.
00:47:53A la base, c'est Steven Seagal et Jean-Claude Van Damme qui devaient être les têtes d'affiches du
00:47:57film.
00:47:58Finalement, c'est Stallone et Snipes qui prendront leur relève et feront de Demolition Man un film culte,
00:48:03bien moins stupide qu'il en a l'air.
00:48:04Le récit débute en 1996.
00:48:07John Spartan, flic aux méthodes peu orthodoxes, parvient enfin à arrêter Simon Phoenix,
00:48:11qui vient de faire sauter un bâtiment avec une trentaine d'otages.
00:48:14On met ça en partie sur le dos du super flic, qui va être déclaré coupable d'homicide involontaire,
00:48:18et condamné à 70 ans d'emprisonnement dans une cryoprison, tout comme Simon Phoenix.
00:48:2340 ans plus tard, Phoenix est décongelé au vu d'un test de libération anticipée et parvient à s'échapper.
00:48:28Il se retrouve dans un futur aseptisé, où la violence n'a pas sa place,
00:48:31où pas un seul meurtre n'a eu lieu en 20 ans, et où tout ce qui est mauvais pour
00:48:34le corps est interdit.
00:48:36En l'absence de crimes majeurs, la police du futur n'est présente que pour faire de la figuration
00:48:39et n'a aucune idée de la manière d'appréhender un tel criminel.
00:48:43Il décide donc de décongeler un ancien flic du 20ème siècle afin de pouvoir l'arrêter.
00:48:47Et c'est là que le récit prend tout son sens.
00:48:49Voilà comment deux êtres primitifs se retrouvent dans un monde où le tag est le summum de la violence,
00:48:53et où la vulgarité n'a plus sa place.
00:48:55Le scénario est extrêmement inventif, original, et il nous fait jouir de pas mal de petites trouvailles,
00:49:00à commencer par un décor futuriste, génialement conçu et plutôt réaliste.
00:49:03On a le droit ici à une époque où Schwarzenegger est président.
00:49:06Pizza Hut est le dernier restaurant qui existe, même si dans la version originale c'est Taco Bell,
00:49:11mais ça a été modifié pour l'Europe qui connaît pas vraiment cette chaîne de fast-food.
00:49:14Les musiques les plus connues et les plus populaires sont les musiques de pub,
00:49:17et le sexe, l'alcool, le tabac, le sel, le chocolat et le papier toilette sont interdits.
00:49:22Mais pas de panique pour les papiers toilettes, car il reste les fameux trois coquillages.
00:49:26Le film se veut un peu trop manichéen à première vue, mais pas tant que ça en fait,
00:49:30puisque les humains les plus propres sont en réalité les plus sales, et vice versa.
00:49:34Sa force va résider dans sa vision du futur, relativement avant-gardiste,
00:49:37où c'est le politiquement correct qui régit les règles de la société.
00:49:40On note un parallèle avec le roman Le Meilleur des Mondes qui partage la même vision dystopique
00:49:44et dont le film rend hommage à travers le personnage de Lenina Huxley,
00:49:47qui porte le même nom que son auteur, Aldous Huxley.
00:49:50Cet actionneur futuriste, a priori inoffensif, s'avère donc plus pertinent qu'il n'y paraît,
00:49:54créant un futur étrangement prémonitoire.
00:49:56Le film comprend son époque, met en avant cette puissance qu'est la nostalgie,
00:50:00notamment à travers le personnage interprété par Sandra Bullock, fascinée par une époque révolue.
00:50:05Elle regarde John Spartan comme on regarde un film d'action de cette époque de nos jours,
00:50:08avec un certain mépris et une grande fascination pour tout ce qui n'est plus possible aujourd'hui.
00:50:12Et c'est là que Stallone a son importance dans le récit.
00:50:15Il y a presque un côté méta où l'acteur se confond avec son personnage,
00:50:18considéré tous deux comme des chromagnons décérébrés,
00:50:20qui passe d'une époque avec des codes qu'il comprenait et maîtrisait,
00:50:23à un futur où ils sont tous les deux des has-beens un peu dépassés.
00:50:26La scène d'intro, volontairement too much, représente l'apogée de la carrière de Stallone,
00:50:30où il était maître de son terrain.
00:50:32Et le reste du film représente la suite de sa carrière,
00:50:34où il se retrouve un peu perdu mais doit s'adapter pour survivre.
00:50:37L'acteur fait donc preuve de beaucoup d'autodérision,
00:50:39et pour une fois son humour fait sens avec le récit.
00:50:42En dehors de ça, le film est ultra fun.
00:50:44Les punchlines fusent, à tel point que même les placements de produits sont cool.
00:50:47Il était déjà mort !
00:50:49Aussi proie qu'une glace, Heigengasse !
00:50:51Les scènes d'action sont dantesques,
00:50:53et Wesley Snipes brille comme toujours.
00:50:55Demolition Man est un film avec du fond.
00:50:57Un film très malin qui mêle critique du politiquement correct
00:51:00à un discours sur l'évolution du héros de film d'action.
00:51:03Même si je veux bien vous accorder par moments un certain manque de subtilité.
00:51:07Soyez heureux !
00:51:09Soyons culé !
00:51:10L'AVF est d'ailleurs encore une fois génialissime.
00:51:13Mais c'est pas étonnant, on est dans les années 90, c'est son âge d'or.
00:51:16Le film connaîtra d'ailleurs un beau succès en France et dans le monde entier.
00:51:20Ce qui fait de l'année 93 une sacrée bonne année pour Stallone qui enchaîne les succès.
00:51:24L'ASF est un genre qui lui plaît,
00:51:26et il va donc retenter l'expérience deux ans plus tard avec Just Dread,
00:51:29qui se voudra bien moins subtil et intéressant.
00:51:32Double dérouillé !
00:51:34Double dérouillé !
00:51:35Malgré tout le film commence de la meilleure des manières,
00:51:38avec l'entrée en scène complètement loufoque de Stallone qui gueule dans les rues qu'il est la loi
00:51:41en désinguant des méchants par dizaines.
00:51:43L'AVF toujours aussi culte,
00:51:45mais les dialogues vont s'amoindrir au fur et à mesure que le film avance,
00:51:48jusqu'à devenir horriblement mal écrit,
00:51:50notamment à travers un comic relief totalement raté,
00:51:52et avec un univers global à la Street Fighter qui rend le tout hyper kitsch.
00:51:56Quand on voit le réalisme des décors de Demolition Man sorti deux ans plus tôt,
00:52:00on a du mal à croire que ce studio en carton pâte fait office de mégalopole futuriste.
00:52:04Bref, ça n'est pas une réussite.
00:52:05On connaît la réputation de Stallone sur les plateaux.
00:52:07Il adore s'investir à fond,
00:52:09jusqu'à parfois marcher sur les plates-bandes des réalisateurs et autres scénaristes.
00:52:12Et c'est ce qui se passera ici, il s'investira trop.
00:52:14Enfin, tout est relatif en sachant qu'il a avoué ne jamais avoir lu une seule page du comics avant
00:52:19de lancer le projet.
00:52:19Ce qui d'ailleurs se ressent.
00:52:21D'un côté on a une œuvre violente qui dénonce tout en sobriété,
00:52:24et de l'autre on a un film de SF Bling Bling qui existe que pour un seul but,
00:52:28valoriser sa vedette qui ne pense qu'à une seule chose,
00:52:30détrôner la star incontestée du cinéma d'action à cette époque,
00:52:33Arnold Schwarzenegger,
00:52:35qui enchaîne les grands films et a cette force contrairement à Sly de se laisser diriger par de talentueux réalisateurs.
00:52:40Judge Dredd, c'est le retour de Stallone caricatural dont on aime se moquer.
00:52:44Car le film ne peut pas être vu autrement qu'à travers un second degré moqueur,
00:52:47et c'est dommage.
00:52:48Parce qu'en 1995, et au vu du message que veut faire passer le comics,
00:52:52Judge Dredd aurait dû être ce que sera V pour Vendetta dix ans plus tard.
00:52:55Mais le film rate tout ce qu'il entreprend.
00:52:57Il rate ce que Devolution Man a brillamment réussi.
00:53:00Et quant à Stallone, il continue à naviguer difficilement dans cette tempête
00:53:03qu'est la dernière décennie du XXème siècle.
00:53:05Un an avant Just Dredd, il est à l'affiche de l'Expert, pseudo-film d'action policier où Stallone
00:53:10fait des bombes,
00:53:11mais aussi du yoga alors que le mec a la délicatesse d'un buffle,
00:53:13et où il partage l'affiche avec Sharon Stone,
00:53:16qui se fait littéralement tripoter par tout le cast pendant deux heures de film,
00:53:19ce qui rend le tout relativement malaisant,
00:53:21et je parle même pas de la scène tauride entre les deux tourtereaux sous la douche,
00:53:24parce que ma montée d'angoisse à ce moment là a atteint son paroxysme.
00:53:27Il continuera malgré tout dans un registre relativement similaire un an plus tard avec Assassin de Richard Donner,
00:53:32qui se veut quand même relativement plus sympathique.
00:53:34Ce thriller d'action raconte l'affrontement entre deux tueurs à gage,
00:53:37mais c'est surtout le choc entre deux générations,
00:53:40le vieux briscard Stallone et le jeune loup Banderas.
00:53:43Une intrigue assez méta puisqu'elle fait encore le parallèle avec la carrière de l'acteur.
00:53:46Dans le film, Stallone est un tueur à gage sur le point de prendre sa retraite,
00:53:50fatigué par ses longues années de service et prêt à passer le flambeau.
00:53:53Quant à Banderas, la force de la jeunesse, il ne veut pas attendre qu'on lui passe le flambeau.
00:53:57Et comme il le dit très bien, il ne peut y avoir qu'un numéro un.
00:53:59Le parallèle est évident, Stallone est un produit du passé,
00:54:03Banderas est l'avenir.
00:54:04Pour ce qui est du scénario signé les Sœurs Wachowski, il se veut plutôt efficace.
00:54:08Même si le film repose surtout sur son trio talentueux,
00:54:10la délicate et magnifique Julianne Moore,
00:54:13Stallone tout en retenue et plein de classe,
00:54:14et le très charismatique Antonio Banderas.
00:54:17L'AVF est plutôt raté cette fois-ci, notamment pour Banderas,
00:54:20qu'on affuble d'un vieil accent espagnol à ses clichés,
00:54:23sans oublier l'ordinateur, qui parle, oui, alors qu'il n'est pas doublé en VO.
00:54:27Qu'est-ce qui s'est mal passé, Miguel ?
00:54:29Et qu'on peut également entendre dans Terminus, avec Johnny Hallyday,
00:54:33une espèce de Mad Max français assez immonde pour le coup.
00:54:36Nous avons bien une mission ?
00:54:38Bien sûr, comme je t'ai déjà dit, rejoindre Terminus.
00:54:41Rejoindre Terminus.
00:54:42Ah bah oui, oui, bah oui, une culture de la sorte, ça se construit.
00:54:45C'est des heures et des heures de perdu.
00:54:47Hey !
00:54:48Le film possède quelques bonnes idées,
00:54:50des moments plutôt cool et des décors assez bien exploités,
00:54:53surtout durant le climax.
00:54:54C'est un film qui se laisse regarder.
00:54:55C'est vrai qu'il est loin d'être parfait,
00:54:57mais il est loin d'être mauvais également.
00:55:04Assassin signe les débuts d'un virage que souhaite opérer Sylvester Stallone.
00:55:08Il ne veut plus être les gros bras de l'Amérique,
00:55:09mais juste un acteur.
00:55:11Revenir aux fondamentaux,
00:55:12aux différents genres dans lesquels on pouvait le voir
00:55:14durant la seconde moitié des années 70.
00:55:16Il poursuit donc sa transition avec Daylight,
00:55:18film catastrophe signé Rob Cohen,
00:55:20où il est encore affilié à quelques scènes d'action,
00:55:22mais où il s'efface derrière le récit
00:55:24et laisse un peu de place au reste du casting.
00:55:26Personnellement, c'est un de mes Stallone préférés.
00:55:28Je suis conscient de ce qu'est le film,
00:55:29mais je lui trouve un certain charme.
00:55:31Et puis j'adore les films catastrophe,
00:55:32donc ça aide aussi.
00:55:33C'est l'année 1997
00:55:35qui va voir se dessiner un vrai changement dans la vie de l'acteur.
00:55:38Il épouse Jennifer Flavin,
00:55:39avec qui il aura trois filles,
00:55:40et en parallèle,
00:55:41il signe sans aucun doute son premier rôle le plus risqué,
00:55:44acceptant de se faire diriger par un tout jeune James Mangold
00:55:47dans un film appelé Copland.
00:56:08En 1997, James Mangold est encore un rookie.
00:56:11Il ne nous a toujours pas offert ses plus grandes œuvres
00:56:13comme 3 heures 10 pour Yuma,
00:56:14Logan,
00:56:15ou encore Le Mans 66.
00:56:16Mais il arrive malgré tout avec 15 millions de dollars
00:56:18et énormément de talent à diriger dans le même film Robert De Niro,
00:56:21Hervé Keitel, Ray Liotta et Sylvester Stallone.
00:56:25Copland est un ovni dans la filmographie de Stallone.
00:56:27Il y joue un shérif beudonnant,
00:56:29timide et rongé par les regrets.
00:56:31Il prend 20 kilos pour le rôle
00:56:32et accepte de baisser son cachet à 60 000 dollars
00:56:35pour que le film se fasse.
00:56:36On est loin des 10 à 13 millions qu'il prenait par film fut tentant.
00:56:39Mais ce choix personnel va lui permettre de prouver
00:56:41qu'il est à la hauteur des plus grands.
00:56:43Ici il n'a pas à rougir aux côtés de De Niro ou encore Keitel.
00:56:46Il est à sa place parmi ses grands noms.
00:56:48Il y a un plan dans le film, ce plan,
00:56:50où on pourrait y voir un Stallone à l'écart de ses grands acteurs,
00:56:53les observant en se disant qu'il ne pourra jamais être l'un des leurs,
00:56:56regrettant le fait qu'il aurait pu après Rocky être tout autre chose,
00:57:00être parmi eux et briller.
00:57:02Et dans Copland, il va briller.
00:57:03C'est en jouant les losers que Stallone brille.
00:57:06C'est dans ces moments là qu'il fait preuve d'une vraie sincérité
00:57:08et c'est ce qui le rend touchant.
00:57:10Son personnage est bloqué entre sa loyauté et son devoir
00:57:12en plus d'être totalement désabusé par une vie qu'il subit.
00:57:15On a l'impression qu'il porte tout le poids du monde.
00:57:17Son visage est rincé, sa vivacité inexistante.
00:57:21Il est le bonnet du coin, sous-estimé par tous,
00:57:23jusqu'à ce que sa conscience le guide et l'amène à faire les bons choix.
00:57:27Son duo avec Ray Liotta est convaincant,
00:57:29tout comme l'alchimie qu'il partage avec De Niro pourtant peu présent.
00:57:32Ce dernier étant très souvent retenu sur le plateau de Jackie Brown,
00:57:35interprétant le rôle de Louis Gara,
00:57:36qui sera à la base proposé à Stallone qu'il refusera pour justement se concentrer sur Copland.
00:57:41Et oui, Quentin Tarantino est un grand fan de Stallone.
00:57:44Il lui proposera également le premier rôle dans Boulevard de la Mort.
00:57:46Mais Sly sera en plein chantier pour Rocky Balboa et devra décliner une nouvelle fois.
00:57:50On ne perd pas espoir de le voir dans un Tarantino malgré tout.
00:57:53Mais je digresse, revenons à Copland.
00:57:55Le festival de Stockholm le récompensera pour sa prestation.
00:57:58La presse spécialisée saluera son travail.
00:58:00Mais paradoxalement, il perdra son public,
00:58:02qui semble avoir du mal à l'accepter dans un autre enregistre qui est le sien.
00:58:05S'il aurait fait 2-3 Copland back-to-back, il serait devenu un Clint Eastwood.
00:58:12Il a été faire Driven, ce film de course.
00:58:16Et là, il est reparti.
00:58:21Il aurait dû faire un autre film dans le style Copland
00:58:24pour montrer qu'il avait du caractère.
00:58:26Parce que les gens, ça prend du temps quand même.
00:58:30Mais comme un bon acteur, il aurait dû rester comme ça.
00:58:36Les producteurs américains ne sauront plus quoi faire de lui.
00:58:38Et Stallone entre alors dans la pire période de sa carrière
00:58:40qui s'étalera sur près de 10 ans
00:58:42et où il enchaînera les projets foireux
00:58:44de Get Carter à Spike It 3D
00:58:46en passant par un caméo dans Taxi 3.
00:59:17Stallone n'a plus de réelle proposition.
00:59:19Hollywood ne lui fait plus confiance.
00:59:20Et pour beaucoup, sa carrière est bel et bien derrière lui.
00:59:23Il en profite donc pour s'adonner à sa grande passion, la peinture.
00:59:26Stallone a commencé à peindre bien avant de devenir acteur.
00:59:29Il peint le personnage de Rocky avant d'en écrire le scénario.
00:59:32Il peint ses doutes et ses peurs.
00:59:34A la fin des années 60, il vend ses peintures de 1 à 5 dollars
00:59:37afin de subvenir à ses besoins.
00:59:39Il se considère meilleur peintre qu'acteur.
00:59:41Son style expressionniste va d'ailleurs beaucoup plaire à certaines galeries d'art.
00:59:44Aujourd'hui, il expose ses toiles au musée d'art contemporain de Nice,
00:59:47Saint-Pétersbourg et Hagen en Allemagne.
01:00:00Il aurait pu arrêter sa carrière au début des années 2000.
01:00:03Vivre de ses toiles.
01:00:05Mais il ne pouvait pas s'y résoudre.
01:00:06Il avait encore un dernier combat à mener.
01:00:14Rocky Balboa arrive à une époque où Stallone n'a plus rien à perdre.
01:00:17Et encore une fois, il va transposer ses doutes et ses regrets à travers le personnage de Rocky.
01:00:22Dans ce sixième opus, Rocky est vieux.
01:00:24Il a perdu sa femme Adrienne d'un cancer.
01:00:26Et il est devenu propriétaire d'un restaurant qu'il a renommé au nom de l'amour de sa vie.
01:00:30Il est ici une sorte de monument que tout le monde salue
01:00:32et semble considérer comme un vestige vivant d'une époque révolue.
01:00:35Mais Rocky a encore des choses à se prouver.
01:00:37Il le sait.
01:00:38Pour lui, le combat n'est pas encore fini.
01:00:40Il a ce sentiment d'inachevé qui le ronge.
01:00:42Il doit s'en débarrasser en enfilant pour la dernière fois ses gants de boxe
01:00:45et affronter le champion du monde bien plus jeune et athlétique que lui.
01:00:48Ce qui ne l'empêchera pas de tenir jusqu'au dernier round.
01:00:51Parce que c'est là où est le véritable combat pour lui.
01:00:53Enchaîner les rounds de la vie et encaisser sans jamais flancher.
01:00:56C'est ce qu'il explique à son fils à travers un des plus beaux et des plus justes monologues
01:01:00écrits au cinéma.
01:01:05Ce sixième film est d'une magnifique sincérité.
01:01:07Stallone continue sa biographie à travers la vie de celui qu'il considère comme son meilleur ami.
01:01:12Les deux partagent dans ce film une traversée du désert après une carrière couronnée de succès
01:01:16mais plus ou moins gâchée par de mauvais choix.
01:01:18La preuve qu'à cette époque, Stallone est conscient de sa réputation de has-been qu'il traîne depuis 10
01:01:22ans.
01:01:22Tout comme son personnage, rongé par ce sentiment de travail inachevé et moqué par son choix de remonter sur le
01:01:27ring,
01:01:27Stallone sera moqué pour son envie de refaire vivre son personnage une dernière fois.
01:01:31Je le savais !
01:01:34Quand j'ai dit que je voulais le faire, je ne doutais que les gens allaient se moquer de moi.
01:01:38On me regardait comme si j'étais dingue.
01:01:41Pour lui, le champion dans le film équivaut à une industrie cinématographique qu'il ne comprend plus.
01:01:46Et il va lui faire face avec son personnage.
01:01:48Lui prouver que lui aussi, malgré son âge, a encore sa place dans cette industrie.
01:01:52Il montre au 21ème siècle qu'il a encore des choses à raconter.
01:01:55Et il le fait avec cœur.
01:01:56Stallone et Rocky prouvent qu'ils ne prennent pas encore complètement la poussière.
01:01:59Et qu'ils ont encore assez de force pour faire la différence.
01:02:02L'un derrière et devant la caméra, l'autre sur le ring et dans la vie.
01:02:06Ce film est une déclaration d'amour envers son personnage et son public.
01:02:09Il prouve encore une fois qu'il est un grand scénariste et un grand acteur.
01:02:13Notamment à travers certaines scènes poignantes qui ne peuvent vous laisser indifférent.
01:02:16Pour ce qui est de la réalisation, Stallone opte pour un parti pris osé mais cohérent.
01:02:20La photo est volontairement très saturée.
01:02:22Les teintes sont agressives.
01:02:24Notamment en début de film, quand Rocky fait son tour en l'honneur d'Adriane et qu'il se projette
01:02:28dans un passé idyllique et révolu.
01:02:30Le combat quant à lui varie en fonction des combattants.
01:02:32Durant le premier round, quand c'est Dixon qui domine, véritable champion dans la vraie vie,
01:02:36la mise en scène se veut très réaliste, très proche de ce que l'on peut voir à la télévision.
01:02:40Puis quand Rocky, personnage de fiction, prend le dessus en deuxième partie de combat, celui-ci devient bien plus cinématographique.
01:02:45Avec une caméra plus proche des boxers, des ralentis, des voix off, des changements de colorimétrie.
01:02:50C'est la signature de Stallone depuis ses débuts en tant que réalisateur.
01:02:53Toujours très graphique, très vif.
01:02:56Stallone est un peintre et ça dépeint sur son travail au cinéma.
01:02:59C'est donc avec retenue, sincérité et élégance que Rocky disparaît momentanément du paysage hollywoodien.
01:03:05Il nous laisse une saga qu'on peut mettre face à l'histoire américaine.
01:03:08Qui aura traversé les décennies avec beaucoup de cohérence et de lucidité.
01:03:12Individuellement, la qualité des films peut être débattue.
01:03:14Mais le tout constitue un bloc incontestablement cohérent.
01:03:17Une leçon de courage qui s'étend sur plusieurs générations.
01:03:21Et ce retour en force, Stallone et Rocky le méritaient amplement.
01:03:24Tout comme le succès public et critique que le film engendrera.
01:03:27C'est le retour de Sylvester Stallone en haut de l'affiche.
01:03:29L'occasion d'offrir une nouvelle porte de sortie à son second personnage fétiche.
01:03:33Parce que oui, soyons honnêtes, ce personnage ne pouvait dignement pas quitter le monde du cinéma sur cette image.
01:03:40Il était donc logique pour Stallone de faire revenir Rambo en lui offrant son ultime guerre.
01:03:44Même si c'était pas la sienne.
01:03:51Stallone est un artiste qui a eu cette chance de créer toute une mythologie autour de ses personnages.
01:03:55Et en fonction de l'époque et de son état d'esprit, il passera son temps à déconstruire cette mythologie.
01:04:00C'est le cas avec John Rambo.
01:04:03Quatrième opus de la saga, John Rambo utilise en toile de fond la dictature birmane pour faire revenir son personnage
01:04:08alors totalement désabusé par son passé de soldat qui se cache dans la jungle thaïlandaise.
01:04:13Vingt ans après le troisième opus,
01:04:16Oui celui-ci, oui.
01:04:18Stallone a mûri.
01:04:19Il était donc logique que son personnage mûrisse avec lui.
01:04:21Rambo n'est plus le pantin de Regan.
01:04:23Il retrouve son humanité du premier opus.
01:04:25Ses sentiments contestataires envers son pays et envers le monde sont bien là.
01:04:29Rambo ne croit plus en l'humanité.
01:04:32D'ailleurs Stallone le dit, si Rocky fait ressortir en lui un sentiment d'optimisme, Rambo c'est son côté
01:04:37obscur.
01:04:38Et là où la délicatesse de Stallone dans Rocky Balboa était belle à voir, ici elle laisse place à une
01:04:42violence quasi insoutenable.
01:04:44On a bien affaire à deux faces d'une même pièce.
01:04:46Deux personnages qui s'unissent dans leurs différences pour ne faire qu'un, Stallone lui-même.
01:04:50Le film ne fait donc pas dans la dentelle, c'est gore, n'ayons pas peur des mots.
01:04:54L'ambiance est puante, ça sent le cadavre à travers l'écran.
01:04:57Et c'est voulu par Stallone, qui avait pour but de dépeindre une certaine réalité.
01:05:01Il filme la guerre de façon assez unique et on sent bien à travers son écriture qu'il veut nous
01:05:04faire passer un message.
01:05:06Que le film n'est pas là pour engendrer du profit, qu'il en découle une véritable démarche.
01:05:10Rambo ne veut plus se battre, mais le personnage joué par Julie Benz et son kidnapping ne va pas tellement
01:05:14lui laisser le choix.
01:05:15Julie Benz a d'ailleurs été choisi par Sylvester Stallone car il est un grand fan de la série Dexter.
01:05:20Un an plus tard, il choisira également David Zayas pour jouer un des antagonistes dans le premier Expandable.
01:05:24Il fait de ce film un OVNI de son époque, notre époque, où les choses qui fâchent restent souvent cachées.
01:05:30Ici Stallone veut nous montrer la guerre, la vraie.
01:05:32Démembrement, viol, meurtre d'enfant, c'est barbare et ça a sans doute été gênant pour beaucoup.
01:05:37Mais c'est un parti pris qui se doit d'être respecté.
01:05:40John Rambo sonne comme une réussite évidente.
01:05:42Oui, le personnage ne manque pas de tuer 80 personnes à la minute.
01:05:45Mais il les retrouve malgré tout son humanité, celle qu'il possédait dans le premier opus, mais qui manquait cruellement
01:05:50aux deux suivants.
01:05:51Le plan final d'un Rambo rentrant chez lui en paix aurait du conclure la saga de la plus belle
01:05:55des manières.
01:05:56Mais de façon assez incompréhensible, Stallone relancera la machine quelques années plus tard avec un cinquième film,
01:06:01Rambo, Last Blood.
01:06:03Une série B plus ou moins sympathique où on prend plaisir à voir cette carcasse indestructible tataner tout ce qui
01:06:08bouge.
01:06:08Mais soyons honnêtes, le film n'avait pas besoin d'être estampillé Rambo pour exister tant le personnage n'avait
01:06:13plus rien à nous offrir.
01:06:14Je veux pas terminer cette saga sur Rambo qui joue à maman j'ai raté l'avion et qui arrache
01:06:18un coeur à mains nues.
01:06:19Je veux le voir en paix comme à la fin du quatrième opus.
01:06:22Mais Last Blood est bien là.
01:06:23Et on prend, parce que ça reste un cinéma qui se fait rare de nos jours.
01:06:27Un cinéma que Stallone continue de représenter fièrement.
01:06:29Donc profitons-en, car ça disparaîtra sans aucun doute avec lui.
01:06:39Après le succès de Rocky Balboa et John Rambo, Stallone est de retour dans le grand bain.
01:06:43Lui qui s'est longtemps cherché durant sa carrière, il sait maintenant quelle est sa place dans ce business plein
01:06:47de jeunes loups prometteurs.
01:06:49C'est la carte de la nostalgie qu'il doit jouer, le rôle du vieux briscard qui s'assume.
01:06:53C'est ce qui caractérise Stallone depuis 2010 et le début de sa franchise à succès, The Expandable.
01:07:07Unité spéciale fait le pari fou de réunir les plus grandes stars de cinéma d'action des années 80 et
01:07:1190.
01:07:12Une idée qu'a eu Sylvester Stallone afin de capitaliser sur sa renaissance hollywoodienne.
01:07:16Il réalisera le premier opus qui possède de nombreux défauts et Stallone en aura conscience et avouera lui-même qu
01:07:21'il ne savait pas encore sur quel pied danser.
01:07:23Mais ça passe. C'est pas parfait mais ça passe.
01:07:25J'ai surtout en tête la scène d'explosion avec l'avion et le combat Austin-Stallone qui vaudra d
01:07:29'ailleurs à ce dernier une plaque de fer à la place de la nuque.
01:07:48On peut aussi relever un monologue magnifiquement interprété par Mickey Roorque tout en retenu, qui pour l'anecdote n'était
01:07:54disponible que pour 48 heures pour ce film car il tournait en même temps Iron Man 2.
01:07:58Ce qui explique aussi qu'il est la même coiffure dans les deux films.
01:08:00Pour ce qui est de la réalisation, Stallone est moins inspiré. Il a du mal à tenir son cadre et
01:08:04ça rend pas mal de scènes d'action un peu brouillonnes.
01:08:06Le point fort de ce nouvel univers reste le casting. La trilogie aura réussi à réunir Sylvester Stallone, Jason Statham,
01:08:13Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger,
01:08:15Jean-Claude Van Damme, Mickey Roorque, Jet Li, Chuck Norris, Mel Gibson, Harrison Ford, Antonio Banderas, Wesley Snipes et j
01:08:23'en passe.
01:08:23Il ne manque plus que Steven Seagal, Jackie Chan et Nicolas Cage pour un casting complet.
01:08:28Il faut également savoir qu'avant de proposer le rôle de Gunnar Adolphengren, il le proposera à JCVD,
01:08:33qui refusera n'acceptant pas de perdre un combat contre Jet Li et pensant que le film était une erreur.
01:08:38Assez ironique en sachant qu'il acceptera de jouer l'antagoniste dans le second opus et que ce sera le
01:08:42plus gros succès de sa carrière.
01:08:43Et parlons-en de ce second opus, sans aucun doute le meilleur de la saga, bien plus décomplexé et fun,
01:08:49avec des scènes d'action bien meilleures,
01:08:50signé Simon West à qui on doit le cultissime les ailes de l'enfer.
01:08:54On est ici sur du fanservice le plus total, chacun y va de sa punchline.
01:08:58Les papys font de la résistance et c'est beau à voir.
01:09:00Puis Stallone contre Van Damme c'est quand même une pépite.
01:09:03Seulement voilà, après deux films à succès, ce qui était encore un projet indépendant porté par un gars avec de
01:09:08la bouteille,
01:09:08va devenir une franchise moderne qu'Hollywood va s'accaparer.
01:09:11Et c'est dans ces conditions qu'Expandable 3 sortira en 2014 et pladera beaucoup de ce qui fut le
01:09:16charme de cette saga très spéciale.
01:09:18Déjà oubliez le gore décomplexé des deux premiers opus, ici plus une goutte de sang à l'horizon.
01:09:22Histoire de ne pas être classé R et de faire plus d'entrées bien sûr.
01:09:26Le scénario est bien moins fun, alourdi par une séance de recrutement interminable,
01:09:30Antonio Banderas assez insupportable,
01:09:32et un climax beaucoup trop brouillon et plein de CGI pas très beau.
01:09:35Le seul point fort ici c'est Mel Gibson et sa présence hors du commun.
01:09:39Vivement l'arme fatale 5.
01:09:40Quoi qu'il en soit, cette nouvelle franchise est un pari réussi pour Stallone,
01:09:44qui signera sa révérence lors du futur quatrième opus.
01:09:47Le traitement de ces stars, leur auto-dérision, c'est le moteur du projet.
01:09:50Et c'est ici et nulle part ailleurs que vous verrez Ivan Drago se foutre sur la gueule avec Jet
01:09:54Li,
01:09:55John McClane et Terminator qui butent des terroristes avec une smart,
01:09:58Jean-Claude Van Damme qui fout des coups de pied retournés à Rocky,
01:10:00Han Solo qui remplace Luke Skywalker par Mister Universe pour prendre le contrôle de l'arme du Millenium Condor,
01:10:06Chuck Norris qui nous envoie lui-même des Chuck Norris Facts dans la gueule,
01:10:08et cette image, incroyable, à deux doigts de nous vendre un burger Planet Hollywood.
01:10:13Nos héros d'antan, ceux qui perdaient 14 litres de sang par film,
01:10:16mais qui réussissaient toujours à embrocher, poignarder, brûler, kicker le méchant à la fin, sont de retour.
01:10:21Et je vais en terminer avec Expandable sur une scène assez lourde de sens,
01:10:25où les légendes vieillissantes et fatiguées du cinéma d'action sont mises en scène dans un décor américain délabré de
01:10:29la guerre froide,
01:10:30qui était alors leur grande époque de gloire, la grande époque américaine,
01:10:33ici représentée comme en piteuse état, poussiéreuse, mais toujours debout, comme eux.
01:10:39Stallone va continuer à cultiver cet état d'esprit, surfer sur sa propre caricature.
01:10:43Il nous la rejouera mitrailleur barraqué dans Du Plon dans la Tête en 2012,
01:10:46il nous ressortira la carte du body movie avec son pote Schwarzenegger dans Evasion,
01:10:50un film carcéral assez sympathique, où on prend plaisir à revoir nos deux musclores préférés en action.
01:10:55Je vous le conseille bien sûr, contrairement à ces deux suites qui n'ont absolument aucun intérêt,
01:10:59parce que oui, Stallone tapera aussi dans le DTV, histoire de mettre la daronne à l'abri, comme on dit.
01:11:04Et cette période autodérision, il va la concrétiser avec un projet assez étrange, pour ne pas dire étrangement cool.
01:11:10Hey ! Qu'est-ce que tu fous ? On est juste venu s'acheter à manger ! T'es
01:11:14pas forcé de taper sur tout ce que tu vois !
01:11:15Match Retour est une comédie américaine qui raconte l'histoire de Razor & Kid,
01:11:19deux boxeurs d'une autre époque qui décident pour des raisons financières de remonter sur le ring,
01:11:23afin de livrer leur ultime match.
01:11:25Une histoire somme toute classique, mais qui prend tout son sens,
01:11:27quand les deux boxeurs en question sont joués par les interprètes respectifs de Rocky Balboa et Jake Lamotta.
01:11:33Stallone et De Niro parodient volontairement leurs personnages d'antan, et c'est là où est le point fort du
01:11:36film,
01:11:37car le reste n'est pas forcément des plus réussis.
01:11:39Le rajeunissement numérique en début de film est assez catastrophique,
01:11:42c'est là qu'on voit les progrès faits en 10 ans dans ce domaine.
01:11:45Le combat final est également mal rythmé, tout le monde n'a pas le talent de Stallone derrière la caméra
01:11:48pour ce qui est de filmer la boxe.
01:11:50Mais passons, Match Retour aurait pu être bien pire faut être honnête.
01:11:53C'est une agréable surprise, on prend plaisir à voir ces deux légendes entretenir cette rivalité,
01:11:57et se balancer des vannes pendant près de deux heures.
01:11:59Ils se donnent à fond, mouillent le maillot, et ça se ressent à l'écran.
01:12:02Ils prennent du bon temps, et de ce fait, nous aussi.
01:12:04C'était risqué pour Stallone d'accepter son rôle. Il en fallait du courage pour enfiler à nouveau les gants
01:12:08sans retrouver Rocky,
01:12:10et tenter par la même occasion de renouer avec la comédie, genre qui ne lui a jamais vraiment réussi.
01:12:14Robert De Niro, lui, du haut de ses 70 ans, a dû se mettre en forme physiquement pour ne pas
01:12:18faire pâle figure devant un Stallone toujours aussi bétonné.
01:12:21Les deux s'en sortent à merveille, le film assume son côté burlesque jusqu'à la dernière seconde.
01:12:25Les références sont plutôt bienvenues, et ça aurait été de toute façon difficile de faire sans.
01:12:29Rire de soi, ça porte ses fruits.
01:12:31Et c'est un pari réussi pour Sylvester Stallone, qui ne pensait pas à renfiler des gants un jour,
01:12:35et encore moins reprendre son rôle fétiche.
01:12:37Mais ça c'était sans compter un de ses jeunes fans, qui allait grandir, devenir réalisateur, et avoir une brillante
01:12:43idée en tête.
01:12:49Creed, c'est avant tout un préjugé. Un projet que beaucoup vont snobber, voire moquer.
01:12:54Mais Creed est un film qui a du cœur.
01:12:56Fait avec passion, par un passionné, et ce passionné, c'est Ryan Coogler.
01:13:00On a en commun d'avoir eu un père qui nous a fait découvrir la saga Rocky quand nous étions
01:13:04enfants.
01:13:04À peu de choses près, que Coogler est extrêmement talentueux, et qu'il aura le courage d'écrire ce scénario
01:13:08en hommage à son père.
01:13:10Un scénario que Stallone aura du mal à accepter tout de suite.
01:13:12Pour lui, Rocky c'est fini. Le dernier film en date concluait parfaitement la saga.
01:13:16Il finira par être convaincu par Ryan Coogler, qui réussit l'exploit de s'approprier cet univers tout en gardant
01:13:21et approfondissant l'âme et l'héritage du personnage de Rocky.
01:13:24Car c'est ce dont il est question ici. D'héritage.
01:13:27Et c'est sans doute ce que Stallone a voulu en acceptant ce rôle.
01:13:30Continuer à faire vivre cet univers après lui, projet qu'il n'avait peut-être pas forcément à la base,
01:13:34mais qui lui est venu à l'idée avec cette proposition.
01:13:36La mise en scène de Coogler vient totalement se détacher du style cinématographique de la saga, afin de repartir sur
01:13:41une nouvelle base.
01:13:41Il offre un souffle nouveau à cet univers. Il manie sa caméra avec une telle virtuosité que la boxe prend
01:13:46toute une autre dimension.
01:13:48Toujours aussi épique, mais surtout bien plus dynamique. On ne peut que relever en exemple le combat au milieu de
01:13:52film, entièrement tourné en plan séquence et parfaitement chorégraphié.
01:13:56En seulement trois films, Ryan Coogler a su s'imposer comme un metteur en scène avec du style.
01:14:00Très efficace, novateur et reconnaissable, même quand il s'agit de grosses productions super héroïques.
01:14:05Mais concentrons-nous désormais sur le message du film, son sous-texte.
01:14:10La figure du père, la transmission, le poids de l'héritage sont au cœur du métrage.
01:14:14Adonis en veut à son père de ne pas avoir été là pour lui, de l'avoir involontairement abandonné au
01:14:18profit de sa passion.
01:14:19Le privant de ce fait de repère et le forçant à s'émanciper d'un nom bien trop lourd à
01:14:23porter.
01:14:24Quand ce dernier projette un match entre Apollo et Rocky, c'est à la place de Rocky qu'il se
01:14:28met, imitant ses gestes à la perfection.
01:14:30Mettant de ce fait son père KO, relâchant sur son spectre toute une vie de frustration.
01:14:34Creed combat le symbole que représente son père, ce symbole qui lui a fait de l'ombre et l'empêche
01:14:38d'avancer.
01:14:39Ça n'est qu'à travers Rocky qu'il va se rendre compte que le nom de Creed n'est
01:14:42pas un handicap, mais une force.
01:14:43Il accepte son héritage et décide de le transcender, de tendre vers quelque chose qui lui est propre.
01:14:48Creed, comme l'ensemble des films de la saga Rocky, est un film qui traite de l'humain.
01:14:52L'humain et ses capacités à encaisser les coups que peuvent lui mettre la vie.
01:14:55Et cette philosophie est encore amenée ici de manière intéressante et intelligente.
01:14:59Kugler prend soin du personnage de Rocky, il assure une certaine continuité à son parcours.
01:15:02Sa complicité avec Adonis crève l'écran.
01:15:05Leur relation est touchante et même drôle par moment du fait de ce fossé générationnel.
01:15:09Rocky livre également son ultime combat, le plus intense mais surtout le plus important.
01:15:13Stallone est toujours aussi touchant, plein de tendresse et de bienveillance.
01:15:17Sa performance est inoubliable, à tel point qu'il aura enfin la distinction qu'il mérite
01:15:21en remportant différents pré-interprétations pour un rôle qui lui aura apporté bonheur jusqu'au bout.
01:15:26Rocky est un survivant de sa propre vie.
01:15:28Il a tout perdu, il a tout vu s'effondrer.
01:15:31Et il est toujours là, même son fils s'est éloigné de lui.
01:15:34D'ailleurs l'émotion de Stallone est sincère quand il l'évoque au détour d'une scène
01:15:37où l'on aperçoit une photo de Rocky avec son fils interprété par Sage Stallone dans Rocky V
01:15:42et qui mourra tragiquement le 13 juillet 2012 à l'âge de 36 ans.
01:15:47Sylvester Stallone a pris autant de coups dans la vie que son alter ego sur le ring.
01:15:51Ryan Coogler en a conscience et s'efforce de l'écrire avec la plus grande justesse possible.
01:15:55Il n'a pas le droit à l'erreur, c'est la première fois que Rocky vit à travers le
01:15:58stylo d'une autre personne que Stallone.
01:16:00Mais pas pour longtemps car ce dernier reprendra la main en tant que co-scénariste dans Creed II en 2019
01:16:04où cette fois-ci Adonis devra affronter son plus grand défi, le fils du meurtrier de son père, un certain
01:16:10Drago.
01:16:10Faire revenir Ivan Drago en père vengeur était un risque à prendre tant le personnage sera bien plus que la
01:16:15machine de Rocky IV.
01:16:17Ivan est rongé par la défaite et se projette à travers le succès de son fils pour retrouver sa gloire
01:16:21d'antan.
01:16:22Les deux ne peuvent même pas être considérés comme des antagonistes.
01:16:24Ils cherchent seulement à sortir de leur misère, à aller au-delà de la condition qu'on leur impose.
01:16:29Le scénario est bien plus convenu que le premier. Stallone est de la vieille école et ça se ressent.
01:16:33On est sur un schéma classique qui fait penser à Rocky III.
01:16:36Adonis est désormais un champion accompli mais il se battra pour les mauvaises raisons et tombera.
01:16:40Avant de repartir en bas de l'échelle pour mieux se relever et pour vaincre.
01:16:44La comparaison avec Rocky III a du sens pour moi parce que mon père m'a fait découvrir Rocky avec
01:16:49Rocky III.
01:16:50Et 17 ans plus tard c'est moi qui l'ai amené au cinéma pour découvrir Crit II.
01:16:54On peut dire que la boucle est bouclée.
01:16:56Malheureusement le film n'innove pas en terme de mise en scène, il n'apporte rien de neuf.
01:17:00Stephen Capple Jr ne fait que reproduire plus ou moins correctement ce que Ryan Coogler a fait avant lui.
01:17:05On peut déplorer un ventre mou et des combats moins inspirés, même s'il reste tout aussi efficace.
01:17:09Globalement le film reste tout de même très bon.
01:17:12Il s'inscrit dans une parfaite continuité et offre à Rocky une belle porte de sortie.
01:17:15Parce que c'est sa dernière apparition sur grand écran.
01:17:18On le sent à travers la mise en scène et dès le début du film.
01:17:21On l'introduit dans la pénombre, il n'est plus le protagoniste de cette histoire.
01:17:24Il n'a plus de combat à mener.
01:17:25Il est désormais l'ange posé sur l'épaule d'Adonis.
01:17:28Et la fin du film le confirmera quand il passera symboliquement le flambeau à son poulain.
01:17:32Il ne montera pas sur le ring, ça n'est plus le sien.
01:17:34Et Stallone en faisant ça laisse derrière lui cet héritage.
01:17:38Mais il le laisse entre de bonnes mains.
01:17:39Il rejoindra sa famille comme une mort spirituelle et l'entrée au paradis d'un personnage que Stallone aura enfin
01:17:45fini par laisser en paix.
01:17:49Je crois qu'au cinéma on n'aura jamais suivi le parcours aussi complet d'un personnage.
01:17:53Plus de 40 ans d'histoire retransmis sur grand écran.
01:17:56Rocky a tout connu.
01:17:57La solitude, le bonheur, le deuil, la gloire, la richesse, la pauvreté, le doute, la vieillesse.
01:18:04Il a traversé les générations avec une telle clairvoyance qu'aujourd'hui il est inoubliable.
01:18:08Et continuera d'offrir bonheur, frissons et chagrins aux générations futures.
01:18:17A 75 ans, Sylvester Stallone peut se targuer d'avoir joué dans plus de 60 films, tout en en scénarisant
01:18:23une vingtaine et en en réalisant 8 d'entre eux.
01:18:26Et malgré cette carrière accomplie, il n'a pas fini de faire parler de lui.
01:18:29Toujours dans une forme quasi surréaliste pour son âge, il continue de marquer de son empreinte le monde du 7e
01:18:34art en s'invitant dans des productions actuelles, mais aussi en glorifiant son héritage.
01:18:38Ce qui rend Sylvester Stallone aussi unique, c'est qu'à l'image d'Eastwood, il réussit à se mettre
01:18:42à nu dans ses films.
01:18:43C'est ce qui fait qu'il a un lien aussi fort avec son public.
01:18:46Tout ceci pour la simple et bonne raison que quand il devient son personnage, il y injecte une large part
01:18:51de ses souffrances, de ses rêves.
01:18:53Et a cette incroyable capacité à mettre du cœur dans tout ce qu'il fait.
01:18:56Il n'est peut-être pas l'acteur le plus mémorable et le plus talentueux.
01:19:00Il a certainement pas fait les meilleurs films.
01:19:01Mais il est authentique, unique et amoureux de sa profession.
01:19:05Il est, avec une pointe d'autre, le dernier représentant d'un certain cinéma que l'on n'oublie pas.
01:19:10Et qui continue à vivre à travers lui, sans doute jusqu'à son dernier souffle.
01:19:14Il nous aura toutes et tous fait vibrer au moins une fois.
01:19:16Et pour tout ça, pour sa vie, pour son œuvre, Stallone mérite tout notre respect et notre admiration.
01:19:22Donc merci, Monsieur Sylvester Stallone.
01:19:25Merci pour tout.
01:19:56C'est parti.
Commentaires
3
Grourmayil y a 12 heures
Dommage de l'avoir supprimé
I_am Marvel Jésus 🌟il y a 19 heures
Super cool la vidéo
pti_thanosil y a 1 jour
Super vidéo poto

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