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  • il y a 1 heure
Dans la BD "Radio Club", Alex Jordanov raconte comment un club ouvert à Los Angeles l’a propulsé aux premières loges de la naissance du rap. Il est au micro de Mehdi Maïzi.

Retrouvez "A la régulière" sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

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Transcription
00:11Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans A La Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir, on va parler de hip-hop en partant d'un club, un lieu réel, un vieux théâtre de
00:19Los Angeles
00:20où au début des années 1980, tout le monde se croise, tout le monde se mélange
00:23et où la West Coast commence à fabriquer sa propre légende, le Radio Club.
00:27Mon invité s'appelle Alex Jordanov, journaliste, scénariste, homme aux mille vies et surtout témoin direct d'un moment charnière.
00:34A l'automne 1982, il rencontre un jeune, Ice-T, encore loin du statut d'icône.
00:38Il se retrouve à monter une soirée rap à Los Angeles, un lieu et une énergie qui vont irriguer toute
00:43la culture.
00:44Tout ça, Alex le raconte aujourd'hui dans une bande dessinée, Radio Club au West Coast True Story of Hip
00:49-Hop,
00:49comme d'habitude, pardon pour mon accent, publié chez Glenna, dessiné par Kecklaro,
00:52une BD annoncée comme un récit officiel, autorisé et préfacé par Ice-T lui-même.
00:58Ce soir, on va remonter plus de 40 ans en arrière avec Alex Jordanov à la régulière.
01:02France Inter
01:05À la régulière
01:10Medimizing
01:12Bonsoir Alex, comment ça va ?
01:15Merci de m'avoir invité.
01:16Avec grand plaisir.
01:17Tu es là pour cette BD que j'ai dans les mains, pour les gens qui vont nous regarder,
01:22qui est magnifique, que j'ai eu la chance de lire ce matin, pour tout dire.
01:26J'ai lu ce matin.
01:27Déjà, on va bien sûr rentrer dans le détail de ce que tu racontes dedans,
01:31mais d'où t'est venue l'idée de raconter cette histoire, en tout cas sous cette forme-là,
01:35sous la forme d'une bande dessinée ?
01:39Déjà, comme on se disait tout à l'heure, avant l'émission,
01:44moi j'ai effacé cette période-là.
01:47Quand je suis revenu en France dans les années 2000,
01:50j'ai esquissé de raconter deux, trois anecdotes autour de moi.
01:55On me prenait pour un mytho, donc je l'ai enterré.
01:59Et c'est des années plus tard qu'un de mes copains des éditions de la Goutte d'Or,
02:06Geoffrey Le Guilchet, qui m'a dit que ce serait une bonne idée.
02:09C'est lui qui m'a jeté dans les bras de Glenna.
02:12Alors, on parle effectivement, c'est le Los Angeles dans les années 1980.
02:16Ce que tu racontes, globalement, c'est la naissance d'un lieu,
02:19le Radio Club, qui va voir énormément de personnes se mélanger, justement, se rencontrer.
02:24Mais dis-à-toi, comment tu te retrouves à Los Angeles dans les années 1980 ?
02:28Qu'est-ce que tu fais là-bas ?
02:32Il y avait un espèce de conflit générationnel entre moi et mon papa.
02:37Donc, j'ai décidé de partir très loin.
02:43Et pourquoi Los Angeles, ça te faisait rêver ?
02:47Non, je ne savais pas trop.
02:49Ah si, j'avais esquissé d'écrire pour un journal de musique qui s'appelait Best.
02:53Mais bon, je n'ai pas écrit une ligne.
02:55Donc, ça a été réglé vite fait.
02:57Parce qu'une fois que tu es dans la lessiveuse de la vie,
03:01tu oublies assez vite tes tâches, tes prérogatives.
03:05Et puis, j'avais une...
03:08Parce que mon père était professeur de biologie moléculaire à l'université de Californie.
03:14Donc, les Etats-Unis avaient donné des cartes vertes,
03:18c'est-à-dire des cartes de séjour à toute la famille, c'est-à-dire lui et moi.
03:21Donc, j'avais une carte verte.
03:24Puis, j'y allais.
03:25Il était marié à une dame américaine.
03:28Et donc, je fréquentais la Californie depuis l'âge de 14 ans.
03:32Oui, donc tu connaissais.
03:33Oui, je n'arrivais pas en...
03:35En terre complètement inconnue.
03:36En terre complètement inconnue.
03:38Alors, il y a quelqu'un qui est important, évidemment.
03:39Autant parler directement dans ce récit, c'est Ice-T.
03:42Qui, effectivement, est à la préface.
03:45Et puis, on sent...
03:45Enfin, vous avez une relation depuis plus de 40 ans.
03:49Comment est née cette relation ?
03:50Comment tu le...
03:50Parce que toi, quand tu le rencontres, avant même qu'il soit rappeur, en fait.
03:54Il commence tout juste à devenir rappeur.
03:55Dans un moment où on ne parle pas encore de rap, comme on en parle aujourd'hui.
03:58Il s'avère que c'est une légende.
04:00Et probablement le père du gangsta rap.
04:02Donc, un sous-genre extrêmement important du rap.
04:05Comment est née cette relation entre vous deux ?
04:08Un pur hasard.
04:09C'est-à-dire qu'à un moment donné, on décide d'ouvrir ce lieu.
04:13Mais il n'y a pas de rappeur à cette époque-là.
04:16Il y a Curtis Blow.
04:17Il y a...
04:18Enfin, je ne sais pas qui.
04:19Enfin, Rapper's Delight.
04:21Il ne pie pas grand-chose.
04:24Il y a les premiers disques de celluloïdes, avec le grand mixeur DST, Phase 2, Fab Five Freddy, etc.
04:33Mais bon, ça tâtonne tout ça.
04:36Et donc, quand tu as une boîte de nuit, il faut quand même mettre des artistes dedans.
04:41Et donc, je suis allé dans un quartier qu'on appelle South Central, qui est un quartier, on va dire...
04:49Durs ?
04:50Durs.
04:51Durs.
04:52Et opérés et dirigés par les Crips.
04:58Les blots sont de l'autre côté de l'autoroute 110.
05:02Et donc, je suis dans un énorme magasin de disques et je cherche des disques de rap.
05:08Et donc, je tombe sur un disque de high-stick.
05:11Ça s'appelait The Coldest Rap.
05:14Donc, je dis rap.
05:14Donc, ça doit être du rap.
05:17Le gars, il ne voulait pas que...
05:19Des fois, chez les disquaires, on te passe un disque, si tu veux, si tu veux l'écouter un peu.
05:24Il ne voulait pas, donc je le prends.
05:25Et puis, sur le label, il y avait un numéro de téléphone.
05:28Mais comme c'est un disque autoproduit par Aestie...
05:31Donc, on t'appelle le numéro, tu t'appelles...
05:33Je tombe sur Aestie.
05:34Alors, t'es qui ?
05:35Je suis là, je veux faire ça.
05:36On se rencontre et je suis allé le rencontrer.
05:40Aestie habitait dans...
05:42Enfin, il était orphelin.
05:43Donc, il sortait de l'armée, il habitait sur un vague canapé dans le garage de sa tante.
05:50Puisque la maison était déjà pleine.
05:53Et donc, c'est là qu'on se rencontre, dans un garage, sur un canapé pourri.
05:56Et toi, on comprend aussi parce que ce club, donc Radio Club, on voit aussi que ça va être assez
06:02rapidement un succès.
06:03Mais en même temps que ça vous dépasse un petit peu.
06:04Parce que tu deviens patron de club avec tout ce que ça comporte de choses à gérer.
06:09La sécurité, l'entrée.
06:13On sent que c'est vite...
06:14C'est une affaire qui devient très très grosse.
06:16Et en même temps, on sent que c'est épuisant pour vous.
06:18C'est ce qu'on comprend dans la bande dessinée.
06:20Et que toi, en même temps, t'as d'un côté cette nouvelle vie de patron.
06:23En même temps, une vie perso.
06:24Où chez toi, il y a tout le monde.
06:26Il y a beaucoup de gens qui squattent.
06:27Enfin, que c'est une vie assez décousue.
06:29En même temps, avec un rythme qui doit être assez frénétique.
06:31Comment tu regardes ça, rétrospectivement ?
06:33J'ai l'impression que c'est une période de ta vie où les choses allaient à mille à l
06:36'heure.
06:36Sans forcément que tu puisses vraiment les anticiper.
06:41On naviguait à vue.
06:43Mais vraiment à vue.
06:44C'est-à-dire qu'on ne savait pas de quoi se refait le lendemain.
06:47Donc on tâtonnait.
06:51Ça se passait plutôt bien.
06:52On aimait la musique.
06:53C'était notre truc.
06:56On aimait la nuit.
06:57Donc c'était notre truc.
06:58Donc on a fait comme on a pu.
07:02Et puis ça s'est transformé en un immense bordel ambulant.
07:08Avec tout ce qui vient avec dans l'histoire de boîtes de nuit.
07:11De viols.
07:13De fusillades.
07:16L'Amérique, c'est dur.
07:18Surtout dans les années 80.
07:20Moi je me souviens, à Los Angeles, il y avait 1300 meurtres par an.
07:241300 meurtres.
07:25À Marseille, il y en a 20.
07:26Donc c'était au paroxysme de la guerre des gangs.
07:33Donc ça tirait dans tous les sens.
07:35Donc c'était un...
07:36C'était dans la confusion absolue.
07:39C'était un lieu où se croisaient beaucoup de gens très talentueux.
07:45Alors il y a aussi un moment important parce que c'est, finalement, c'est le début du rap.
07:49En tout cas, oui, en tant que genre qui va commencer à s'installer aux Etats-Unis, avec des artistes
07:53qui vont commencer à avoir du succès, avec des morceaux qui vont commencer à marcher.
07:55Et il y a un moment intéressant.
07:57Ce n'est pas uniquement une BD autour du rap.
07:58C'est vraiment aussi une BD pour moi autour de Los Angeles même et d'une période particulière.
08:02C'est une histoire d'amitié surtout.
08:03Exactement.
08:04Et dans cette histoire d'amitié, il y a Aestie qui te dit quelque chose, qui te dit...
08:08Il parle de propriété, en fait.
08:10Il dit qu'il va falloir être propriétaire de ce qu'on fait.
08:13Et il parle aussi à un moment, il dit que le rap va créer des milliardaires.
08:19Il s'avère que quelques années après, c'est arrivé.
08:22Est-ce que toi, à ce moment-là, parce que lui, apparemment, il le voyait, ça, en tout cas, il
08:25avait peut-être cette vision.
08:26Est-ce que tu te rendais compte de ce que le rap pourrait potentiellement générer ?
08:35Vers la fin, on commençait à voir, ils sont venus nous faire des films, nous enfler, nous écarter.
08:42On a compris que le game se jouait autrement.
08:45Et puis, il faut savoir que chez les Noirs américains, c'est dans l'ADN des Noirs américains,
08:55leur histoire fait qu'ils n'ont jamais eu accès à l'argent.
09:00Ils n'ont jamais eu accès au crédit, ils n'ont jamais eu accès aux prêts, ils n'ont jamais
09:06eu accès à...
09:08Il y a une loi qui, je ne sais pas, pour les auditeurs français, ça s'appelait le redlining.
09:13Le redlining, c'était où les quartiers, ils avaient le droit d'acheter avec prêts,
09:19les quartiers passent.
09:19Il y avait une ségrégation économique, encore aujourd'hui, justement, les 50 Cent, Jay-Z, etc.,
09:30Dr. Drex ont changé la donne à Wall Street, où ils sont devenus des players.
09:35Bien sûr.
09:36Mais à l'époque, et je ne comprenais pas, pendant des années, je me suis demandé pourquoi elle était obsédée
09:42par être propriétaire.
09:43Mais ne serait-ce qu'au propriétaire de sa maison.
09:45Oui, c'est ce qu'on comprend, oui.
09:47Et donc, c'est ce truc qui est dans toutes les familles Noires américaines, c'est cette difficulté à accéder
09:53à l'argent.
09:53Et on le voyait, par exemple, à South Central, toutes les local stores, c'est-à-dire les épiceries de
10:02coins de rue, sont détenues par des Coréens.
10:05Mais les Coréens, ils arrivent, au bout de deux ans, ils sont propriétaires, les blagues autour.
10:09Mais c'est très bien dans ce film, Boys and Heroes, il y a une très belle scène où il
10:16leur explique ce concept de propriété.
10:21Et donc, ça m'a toujours fasciné.
10:23À un moment donné, on a eu cette conversation avec AST sur...
10:28Je lui dis, moi, je ne comprenais pas cette fascination d'être propriétaire.
10:31Donc, il voulait être propriétaire de sa maison, il voulait être propriétaire de qui il est, de ce qu'il
10:35crée.
10:35De sa musique.
10:36Et c'est pour ça qu'il a créé, à une époque, ce qui s'appelait le Rhyme Syndicate.
10:41C'est-à-dire qu'il signait des artistes à la tour de bras.
10:45Et s'il y en a un qui marche, tant mieux.
10:46Mais en tous les cas, il était propriétaire de l'édition, du publishing.
10:52Et les maisons disques devenaient une sorte de banque.
10:55Où on leur prête de l'argent, on leur donne des avances, on leur fait des clips, etc.
11:01Qui remboursent, mais le gros du pognon, ils le gardent.
11:05Et c'est intéressant parce que c'est un discours que beaucoup de jeunes rappeurs ont aujourd'hui.
11:09Donc, AST avait vraiment un discours assez visionnaire, en tout cas avant-gardiste là-dessus.
11:13Où ils comprenaient que les maisons disques pouvaient uniquement servir à financer ces projets.
11:17Et à pas plus que ça, finalement.
11:19Puisqu'on parle d'Icee, je pense qu'on écoute un morceau d'Icee, un morceau classique.
11:23Ça s'appelle You Played Yourself, avec ce sample de James Brown, le morceau The Boss.
11:27On s'écoute ça.
11:28Et juste après, on continue à discuter avec Alex Jordanov de cette bande dessinée qui s'appelle Radio Club.
11:33Et que je conseille à tout le monde.
11:35Sous-titrage Société Radio-Canada
12:26Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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14:28C'était AFG avec le morceau You Played Yourself, un classique.
14:32France Inter, Mehdi Maizy, à la régulière.
14:39Nous sommes avec Alex Jordanov pour la bande dessinée Radio Club.
14:43Et alors, on va continuer à parler de ça, à raconter cette histoire, mais il y a quand même des
14:46moments exceptionnels, des scènes qui sont folles dans la bande dessinée.
14:49Par exemple, Madonna, qui vient chanter à 4h du matin, est-ce qu'à ce moment-là, tu sais qui
14:59est Madonna ? Est-ce qu'elle vient parce que le club devient un peu The Place To Be ?
15:04Est-ce qu'elle passe déjà sur MTV ? Comment ça se passe, le fait que Madonna vienne performer dans
15:09le club ?
15:09Je pense que les gens, déjà on la connaissait parce qu'elle passait sur MTV.
15:13C'est une New-Yorkaise. Nous, les New-Yorkais, c'était pas notre truc.
15:20Pour être clair. Et donc, elle est venue nous demander si elle pouvait interpréter deux titres de son single.
15:28Alors, on s'est regardé avec Aïstie, on l'a fait. Puis Aïstie a pris les commandes.
15:34« Ouais, tu sais, nous, on n'est pas trop dans la pop ici, mais bon, comme tu es proche
15:39de l'underground, etc. Tu peux chanter après 4h du matin. »
15:45Après, elle a fait son « holiday », « celebrate » et après, on l'a revue de temps en
15:56temps quand elle passait à Los Angeles, mais bon, il y en a eu plein.
16:02Oui, c'est ça. Parce qu'en fait, on comprend en lisant la bande de Disney qu'il y a
16:05eu plein de personnes qui sont passées.
16:07Comme, par exemple, Michael Jackson en personne, qui vient quand toi, tu passes le balai et qui vient dans le
16:13club un après-midi pour chercher des danseurs, c'est ça ?
16:16Pour le clip de Thriller.
16:17Tout à fait. Il est venu avec un entourage assez impressionnant.
16:22Déjà à l'époque, oui.
16:23Plusieurs limousines se sont garées devant la boîte et nous, on passait la serpillère parce qu'on préparait la boîte
16:29pour la soirée.
16:30Il m'a fait « Hi, I'm Michael » et j'ai dit « Ouais, merci, je sais qui tu
16:36es. »
16:38Et donc, tout de suite, son assistante a pris la parole et j'ai cherché des danseurs, etc.
16:44Donc, je les ai invités à revenir le soir.
16:50Les danseurs ne sont pas à l'après-midi ?
16:51Non, ils ne sont pas. Ils dorment. Ils ne sont pas là. Ils viennent après 23 heures. Donc, je les
16:56ai poliment invités à revenir vers minuit.
17:00Ils ne sont pas revenus ?
17:05Alors, la boîte de nuit, c'était quand même assez grand. Il y avait quand même une capacité de 800
17:09places.
17:11Mais, par exemple, le DJ, The Glove, celui qui a écrit, par exemple, The Chronic, ce n'est pas un
17:17disque anodin, c'est le disque qui est le plus vendu dans l'histoire de la musique.
17:21Et donc, il m'a raconté que Michael était revenu s'essayer au moonwalk avec les danseurs du radio.
17:29Ok. Alors, parce que tu parles de The Chronic, c'est un album de Dr. Dre.
17:32Et il y a aussi un moment avec Dr. Dre dans ta vie, en fait.
17:38C'est où vous allez enregistrer un album, une BO, en une nuit, chez un mec qui n'est pas
17:45encore Dr. Dre, qui s'appelle uniquement André.
17:47Je ne sais même pas si, à l'époque, le groupe N.W. n'existe même pas encore.
17:50Non, non.
17:51Comment vous vous retrouvez ? Parce qu'en fait, vous avez rendez-vous avec un producteur de cinéma.
17:58Oui, c'est un grand monsieur.
18:00Oui, absolument.
18:00C'est un monsieur qui, par exemple, a traversé le pont de Selma.
18:06Je ne sais pas si tu te souviens de cette histoire de pont de Selma à Montgomery, en Alabama.
18:10Dans l'histoire américaine, c'est une borne historique importante.
18:16Et plus tard, il est devenu, il a produit Martin Lawrence, Eddie Murphy et tous ces films-là.
18:22Donc, c'était le premier grand mogule noir de Hollywood.
18:27Et donc, lui, il faisait un documentaire sur notre boîte de nuit.
18:31Donc, il tournait et on lui a dit, au fait, qui c'est qu'il fait la musique ?
18:36Ils nous ont sorti un nom, genre, une espèce de mec au piano dans les collines d'Hollywood.
18:45On lui a dit, non, non, ça ne va pas du tout.
18:48Il nous a dit, mais moi, j'ai besoin de cette musique hier.
18:51Alors, on lui a dit, j'ai ouvert ma grande bouche.
18:54Je lui ai dit, vous l'aurez demain.
18:56Donc, on est ressortis de là et Steve m'a fait, mec, tu as un peu ouvert ta grande bouche.
19:00Comment on fait ?
19:01Comment on fait ?
19:02Et il me dit, viens, j'ai une idée.
19:03Et c'est là qu'il m'emmène au fin fond de, pas à Compton, mais d'autre côté.
19:08Il y a une espèce d'autoroute qui sépare la ville est-on-ouest par là-bas et 126e rue
19:15par là.
19:16Et il m'a emmené chez un gars qui s'appelait André.
19:19Et pareil, dans le garage, c'est toujours une histoire de garage.
19:22Et l'autre, il nous a fait 8 bits sur lesquels ils ont vaguement scratché.
19:29Donc, on est revenu le lendemain.
19:31Avec ça ?
19:33Et le producteur, c'est ce grand monsieur que j'ai revu il n'y a pas longtemps.
19:37Parce que Arte a fait également un doc là-dessus.
19:40Et il m'a dit, where's my music ?
19:45Alors, je lui ai dit, it's in the car.
19:47Et donc, il a écouté et il nous a dit, bon, les gars, merci, vous êtes formidables.
19:53Il nous a payé un studio d'enregistrement toute une journée, toute une nuit.
19:58Et là, on a fait venir tous nos copains, Flee, des Chili Peppers pour faire un peu de basse.
20:06De Gloves, tous les DJs, tous les scratchers possibles et imaginables.
20:09Et on lui a concocté un disque très mauvais, par ailleurs.
20:12C'est ce que tu dis, oui.
20:14Ce disque est...
20:15C'est quand même Dr. Dre et AST, en fait.
20:18C'est ça ? Non, mais c'est historique.
20:20Pour le coup, AST, il n'a pas fait grand-chose non plus.
20:25Il y a les beats de Dre.
20:27Il y a Flee qui joue de la basse, c'est pas trop mal.
20:30Et le reste, bon, c'est bancal.
20:32Mais bon, l'expérience, c'était formidable parce qu'on lui a rendu le disque, il y avait 8 morceaux,
20:39le lendemain.
20:40Donc, on était un peu comme Tupac, tu sais, le mec, il écrit un album en une nuit.
20:48Oui, c'est à fait.
20:49Bon, Alex Jordanoff est avec nous jusqu'à 23h.
21:00Je l'ai dit, cette bande dessinée, elle est aussi sur Los Angeles.
21:03Et donc, moi, je n'ai pas connu cette époque-là.
21:06Donc, il y a beaucoup de fantasmes sur...
21:08Tu sais, on parlait tout à l'heure un petit peu des gangs, mais aussi des différentes communautés qui pouvaient
21:13exister.
21:13Et aussi, le son, c'était quoi le son de Los Angeles ?
21:16Parce qu'en fait, on parle de rap depuis tout à l'heure, mais...
21:19Et là, tu parles des rados de Chili Peppers, qui est aussi un groupe californien extrêmement important.
21:23Et on a le sentiment, par exemple, on peut aussi citer...
21:27Tu parlais d'Isty, Isty, il y a eu un groupe comme Body Count, qui était un groupe très différent
21:31entre rap et métal.
21:33Évidemment, le fameux morceau Cop Killer.
21:35Et ce que je veux dire, c'est que moi, j'ai toujours...
21:37Ça m'a toujours semblé surprenant qu'Isty fasse ça.
21:40Mais en fait, quand on regarde et quand on lit Radio Club, on a l'impression qu'en fait, ces
21:44ponts-là,
21:44c'était assez naturel que toutes ces personnes-là qui venaient d'environnements différents,
21:48qui faisaient des musiques différentes, se côtoyaient assez naturellement dans cette ville.
21:53Est-ce que c'était comme ça ?
21:54Est-ce que c'est ce qu'on a l'air de voir quand on lit Radio Club ?
21:58Le Sonjeu, c'est la capitale de la musique.
22:00C'est là où il y a le plus grand nombre de musiciens au mètre carré.
22:04Mais oui, c'était...
22:06Écoute, moi, je me souviens un jour,
22:11j'étais avec le chanteur des Chili Peppers la nuit devant un stand de journaux.
22:16Et il me dit, viens, on enregistre notre nouveau disque pour leur premier disque.
22:23Et donc, on arrive dans le studio.
22:25Et le producteur, c'est George Clinton qui avait ramené toutes les horns,
22:31les tromboles, les machins, etc.
22:32Ils les avaient ramenés de Détroit.
22:34Et le gars, il m'a dit, tu vois, Alex, je suis content de te rencontrer.
22:39C'est les blancs les plus funky que je connaisse.
22:42En parlant des Red Hot, donc.
22:43George Clinton qui parle des Red Hot.
22:44Bon, ça, c'est Clinton qui adore le rock funky blanc.
22:50Et puis, d'un autre côté, il y avait, par exemple, Body Count.
22:56Ça s'est fait par nécessité.
23:00C'était alimentaire.
23:01Ils avaient réfléchi.
23:05Ces gaillards dans le ghetto qui sont les potes d'Istie, en fait.
23:08Il n'y avait pas de Noirs qui faisaient du métal.
23:11Donc, ils se sont dit, tiens, peut-être qu'on peut se faire un peu d'argent.
23:14Mais au départ, ce n'était pas du tout dans un...
23:16Mais ce qui se passe en Amérique, c'est que tous les high school,
23:18tous les lycées, ont un high school band.
23:21C'est-à-dire qu'à peu près tous les gamins de ce lycée,
23:24à un moment donné, ils jouent dans l'instrument.
23:26Bon, ils jouent ce qu'ils doivent jouer au mi-temps des matchs de football, etc.
23:31Mais quand ils rentrent chez eux, ils sont dans le garage en train de faire leur truc à eux.
23:34Donc, c'était tous...
23:36En Amérique, ce qu'on n'a pas en France, c'est que...
23:40Quasiment tout le monde a touché un instrument à un moment donné ou un autre dans sa vie.
23:43Donc, ils avaient certaines bases de guitare.
23:48Et ces gens-là qui, le week-end, étaient braqueurs,
23:54ils faisaient de la musique dans la semaine et ils ont fait du métal.
23:57C'est ce qu'on comprend aussi, parce que tu parles de nécessité.
24:01Ice-T, là, en fait, il fait un peu le début de sa carrière.
24:04Mais ce qu'on voit aussi, c'est qu'il a encore des activités à côté de la musique.
24:08Des activités illégales, qui parfois se finissent très mal.
24:12À un moment, toi, c'est ce qu'on comprend, ils t'appellent pour venir l'aider sur un coup.
24:17On voit qu'il est vraiment dans les braquages de bijouterie à l'époque.
24:20Et ça se finit mal.
24:21La police vous attrape.
24:22Tu vas faire de la prison.
24:24C'était aussi ça, le quotidien, votre quotidien à l'époque.
24:26Même si toi, on sent que tu essayes à ce moment-là d'avoir ce business-là.
24:30Mais il y a aussi ce moment où vous êtes rattrapé par ces activités-là illégales.
24:35Ça fait aussi partie de la vie d'Ice-T, à l'époque, encore.
24:37Oui, mais même tout le monde.
24:40Tu sais, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il faut tout remettre dans son contexte.
24:45C'est-à-dire que tu as affaire à des branleurs de 18, 19, 20 ans.
24:50Ils ne sont pas formés.
24:53Ils ne voient pas plus loin que...
24:56La prochaine soirée.
24:58La prochaine soirée.
24:59Mais ils ont faim.
25:00Donc, tu es toujours en mode survie.
25:02Et l'Amérique, c'est un pays extraordinairement dur.
25:05Il n'y a pas de cafs, il n'y a pas de coussins.
25:07Donc, tu es obligé de faire comme tu...
25:09Même moi, j'étais un champion du monde absolu du vol de radiateur de voiture.
25:17Je te démontais un radiateur en moins de 30 secondes.
25:21Et on avait un garagiste arménien qui nous les reprenait pour 50 ou 100 dollars.
25:29Donc, tant tu lui amènes 4 radiateurs, tu as fait la semaine, tu étais content.
25:37Et même à Esty, c'était un peu le niveau au-dessus, c'était les bijouteries.
25:42Quand ? Parce qu'il y a un moment aussi où du coup...
25:44C'est le moment dur, je pense, de la bande dessinée et de ton parcours, en tout cas, ce moment
25:48-là, c'est la prison.
25:48On sent que c'est vraiment quelque chose...
25:50Et j'imagine que c'est extrêmement compliqué.
25:52Tu y vas quelque part aussi un peu par amitié, finalement, parce que tu vas aider Esty sur...
25:58Non, ils ont arrêté un braquage.
25:59Voilà, ils ont arrêté un braquage.
26:01Toi, tu n'avais pas prévu d'y aller, à la base ?
26:02Non, il y avait...
26:04À Los Angeles, il y a l'hélicoptère de la police.
26:07L'hélicoptère, tu n'y échappes pas.
26:10Donc, ils ne pouvaient plus accéder à leur voiture.
26:12Donc, ils m'appellent.
26:14À l'époque, c'était des téléphones...
26:17La cabine.
26:17La cabine.
26:19Ils me disent, viens nous chercher, parce qu'il y a l'hélicoptère, on ne peut pas accéder à la
26:21bagnotte.
26:21Donc, je suis allé et...
26:23Bon, on a dû faire 300 mètres avant de se faire coincer par plusieurs voitures du LAPD.
26:30Et c'est comme ça que ça s'est mal terminé.
26:32Mais tu en sors aussi quelque part, plus ou moins grâce à Esty, qui paye un avocat.
26:38Enfin, c'est ça.
26:38Il y a aussi, finalement, ils cherchent aussi à t'aider et à faire en sorte que tu sors plus
26:42facilement de prison.
26:42Non, parce que c'était un avocat...
26:46On va dire pas commun, mais centralisateur.
26:51Et le procureur avait réclamé 25 ans pour voler à main armée.
26:55Donc, toi, t'es là, tu fais 20 plus 25, ça fait 45.
26:59Ça fait beaucoup.
27:00C'est chaud.
27:01Et puis, finalement, il y a eu un vice de procédure.
27:04Moi, personnellement, je suis resté en prison 98 jours.
27:08J'ai compté chaque jour.
27:10C'est la plus grande prison du monde, là où on était.
27:1420 000 détenus.
27:15OK.
27:16Donc, c'était un peu...
27:19J'ai fait massacrer tous les jours, en fait.
27:21Ouais, c'est ce qu'on comprend.
27:25On va revenir sur de la musique.
27:27On a parlé de Madonna, qui avait joué ce morceau Holiday, qui est un morceau que j'adore.
27:32Je ne sais pas si tu l'aimes bien, ce morceau, toi.
27:35Parce qu'on va l'écouter.
27:36J'ai prévu qu'on l'écoute.
27:38Ben, vas-y.
27:38Bon, voilà, on s'écoute ça.
27:40Madonna Holiday, qu'elle a donc joué, à l'époque, au Radio Club, devant un public, j'imagine, extrêmement surpris
27:47de l'entendre chanter.
27:48Non, non, mais elle passait quand même sur MTV.
27:50Oui, exactement.
27:51Elle n'était pas totalement...
27:52Elle ne débarquait pas.
27:54Très bien, on s'écoute ça.
27:55Madonna, avec le gigatube Holiday.
34:57gens comme ça, il y avait beaucoup de drogues dans laquelle j'ai moi-même participé et
35:01à un moment donné j'ai eu marre parce que c'était moins anodin, à Los Angeles tu peux
35:10te perdre, tu peux te perdre dans son immensité, à New York, ce monde-là, il faut toujours
35:17être en représentation, il faut toujours être dans la vitrine et moi je n'étais pas
35:23habitué, en plus mon grand copain Bernard Zécry venait de partir de cette ville, il
35:32était rentré en France donc je me sentais un peu seul et à un moment donné j'ai lâché
35:39l'affaire.
35:39Bernard Zécry qui est un journaliste extrêmement important, qui a aussi un lien avec le hip-hop,
35:47quelqu'un dont t'es proche.
35:49Ben oui, c'est un peu celui qui a allumé la première mèche, il est arrivé chez moi
35:57avec 13 gars du Bronx, les Mister Freeze, tous les danseurs, les Rocksteady Crew, les grands
36:06mixeurs diéristiques, qui à ce jour je pense que ça sera le meilleur DJ qu'on ait jamais
36:13eu, une espèce de maradonna des platines et donc ces gars-là on les avait alignés
36:20comme des sardines chez moi parce qu'on n'avait pas de… on avait été chercher des matelas
36:24qui traînaient dans la rue pour les coucher et on avait organisé un espèce de showcase
36:33dans une boîte de nuit et c'est de là où on s'est dit tiens bah on va continuer
36:37avec nos gars à nous ici mais oui c'est un monsieur important dans l'histoire de la
36:44musique.
36:45Et dans ton histoire aussi, c'est ce qu'on comprend.
36:47On est avec toi Alex Jordanoff, jusqu'à 23h.
37:00Alors Alex, il y a aussi quelqu'un qu'on voit dans la bande dessinée, quelqu'un de
37:04très important, quelqu'un qui nourrit énormément de fantasmes, quelqu'un qui nous a quittés,
37:09malheureusement.
37:09Un des artistes les plus fascinants de tous les temps, c'est Prince.
37:12Et Prince, il venait aussi au club, raconte-moi par pitié parce que j'ai envie de savoir
37:20comment ça se passait.
37:21Michael Jackson il venait avec 20 personnes, Prince il venait tout seul, je sais pas, moi
37:26j'ai jamais su peut-être qu'il devait se conduire tout seul parce qu'il venait pas
37:30à pied.
37:32Il était toujours très timide, il disait jamais rien, de temps en temps il allait dans ce
37:38qui servait de bureau qui était en fait une espèce de pièce dégueulasse avec une table
37:42et un canapé pourri et il restait là de temps en temps, il était fasciné par les lyrics
37:49des mecs.
37:51Il était intéressé par le rap, c'est ce qu'on comprend en fait et par ce que racontaient
37:53les rappeurs.
37:54Oui, parce que par exemple I.S.T à mon donné, les premiers raps c'était j'ai plus d
38:02'argent
38:02que la Federal Reserve, j'ai plus de machin, j'ai dit arrête.
38:06C'est pas vrai.
38:07Arrête, on a pas d'argent, t'as fait un braquage la semaine dernière, ils avaient
38:15volé, je sais pas quoi, un conteneur de vêtements en cuir, des plans ghetto.
38:21Arrête de raconter ça, raconte la vraie vie, ça sera bien mieux et donc c'est là où
38:27il a écrit Six In The Morning qui a été repris après par N.W.A. et Prince est arrivé
38:37peut-être six mois après l'ouverture de la boîte et il était fasciné par les paroles
38:42des rappeurs qui racontaient leur quotidien.
38:44Des choses que lui ne connaissait pas.
38:47Non, lui il était dans son monde, tu sais, un peu ésotérico, bouddhisto, dans les nuages.
38:54Prince quoi.
38:56Donc il était dans son monde à lui et il m'élitait absolument, à chaque fois il me disait
39:00« Waah, Chez Wasco, merde ! » Et il me racontait, il me répétait les paroles
39:07de ce qu'il avait entendu et il venait se cacher dans le bureau.
39:10Si on parle de toi aussi, parce qu'à ce moment-là toi tu es patron de club.
39:15C'est un bien grand mot aussi.
39:17Oui, mais peut-être que tu ne le conscientises pas comme ça à l'époque, mais en tout cas
39:21c'est le cas, en tout cas tu gères un club et tu as fait d'autres choses dans ta
39:25vie,
39:25notamment du journalisme.
39:28J'ai l'impression que vraiment quand on regarde un peu ton parcours, tu es passé
39:32d'un métier à un autre, à plusieurs reprises dans ta carrière.
39:37Comment tu passes vers le journalisme ? Est-ce que finalement c'est ce que tu avais en tête
39:40au départ ? Parce que tu disais que tu allais partir en te disant que tu allais écrire
39:43pour BES, ce qui n'a pas eu lieu.
39:45Est-ce que c'était quand même ce que tu avais envie de faire au départ et que finalement
39:47l'organiser des soirées c'était un accident ?
39:50J'avais un peu tâtonné justement avec Bernard Zécrit qui m'avait fait
39:56faire deux, trois petits trucs là-bas, j'ai fait chanter Kurt Cobain « Joyeux Noël,
40:03French people ». On était couché par terre, c'était n'importe quoi.
40:07Il avait une émission…
40:08Mais c'est quoi cette histoire ? C'est génial, t'as fait chanter Kurt Cobain !
40:12Oui, on était couché par terre au Palladium à un concert… à Hollywood il y a 20-30
40:19boîtes où il y a des concerts tous les soirs, de la semaine.
40:23Donc on était à un showcase comme ça et Bernard avait une émission, je ne sais plus
40:28comment elle s'appelle d'ailleurs, c'est une émission sur Radio Nova je crois.
40:32donc j'ai fait chanter… comme c'était la période de Noël, il a chanté « Merry
40:37Christmas French people » donc c'était assez rigolo.
40:39Donc ça faisait partie des choses de ton début d'entrée ?
40:42Mais après, quand je suis revenu en France, je ne connaissais rien, je ne savais même
40:45pas parler français, je parlais mal, d'ailleurs je parle toujours mal je pense, mais je n'y
40:51connaissais rien, c'est un pur hasard, j'ai fait un envoyé spécial qui a abattu des records
40:56d'Odimat, m'a-t-on dit, et puis au vrai journal à Canal+, on m'a dit «
41:02tu ne veux
41:02pas rester ici à Capas » et voilà, j'ai appris sur le tas.
41:06Est-ce que c'est comme ça que tu t'envisageais un peu ta vie quand tu étais jeune, peut
41:10-être
41:10tu ne réfléchisses pas, mais dans cette idée de changer comme ça, de job, d'emploi,
41:17de passer…
41:18Non, le fait de rentrer en France c'est suite à une histoire personnelle, à une séparation,
41:24etc.
41:24Il fallait s'éloigner de ça, mais ce n'était pas du tout prévu, moi j'étais très
41:28bien en Californie, d'ailleurs je regrette d'être parti.
41:30Ah ouais ?
41:31Ouais.
41:32Encore aujourd'hui ?
41:33Encore aujourd'hui.
41:33C'est un regret dans ta vie ?
41:34Ouais.
41:36Pourquoi ?
41:37C'est une autre mentalité, moi je suis arrivé ici dans le monde du travail, on va
41:40dire ça comme ça, j'ai appris les croche-pieds dans les escaliers, le coup de couteau dans
41:49la machine à café, ce n'était pas du tout nous les Californiens, le monde d'où je venais,
41:54c'est-à-dire un monde de dilettantes très créatifs, je ne comprenais pas.
41:59J'ai mis longtemps à comprendre comment ça fonctionnait le monde du travail.
42:04Tu as dit nous les Californiens, c'est-à-dire que tu te vois encore aujourd'hui, tu te considères
42:07comme un Californien.
42:08C'est ce que tu es.
42:09J'ai toujours des papiers californiens, j'ai toujours un compte en banque en Californie,
42:13j'ai toujours une maison dont je suis propriétaire à 11%.
42:19Donc voilà.
42:20Ok.
42:21Et tu te vois encore à Esty ?
42:22Ouais.
42:22C'est encore…
42:23Vous êtes amitié-là ?
42:24On s'est vu là en octobre.
42:26Ouais.
42:27Arte fait un documentaire justement sur cette période-là et dans le cadre de ce documentaire,
42:34on était tous les deux interviewés, on s'est croisés, j'ai emmené l'équipe
42:40de tournage chez lui.
42:41Un documentaire qui sortira très prochainement je crois.
42:44Je n'ai aucune idée.
42:46C'est ce qu'on me dit dans mon oreillette.
42:48Très prochainement.
42:49Très prochainement, voilà.
42:50Ça reste flou, on s'avance pas trop.
42:52C'est un grand point d'interrogation.
42:53On s'avance pas trop.
42:54Je propose qu'on écoute un morceau, il y a une chanteuse extraordinaire qui a sorti
42:57un album très récemment, elle s'appelle Jill Scott.
43:00Il y a des collaborations géniales dessus, notamment Too Short, un autre Californien
43:03qui vient de la Bay Area qui est dessus.
43:06Mais là on va s'écouter un morceau avec Tierra Wack, qui est une rappeuse exceptionnelle.
43:09Et le morceau s'appelle « North Side » et donc c'est extrait du dernier album
43:13de Jill Scott, chanteuse exceptionnelle.
43:39C'est bizarre.
43:42Ouaisилась.
43:44Mais là, il ne 되a pas.
43:44Il faut пichten sentir eu dans mon corps.
43:46Ça me décèle, que j'ai puAnne.
43:49J'ai écouter de suivre vraiment de l'argent, et je viens de celui d' Tiny,
44:02elle
44:06tivera de vous.
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