00:00Et Pauline, avec votre invité ce matin, vous revenez sur la solidarité des Nord-Franco-Ontoirs envers les Ukrainiens.
00:05A l'occasion des 4 ans du début de la guerre entre l'Ukraine et la Russie,
00:09on se souvient de cette vague de solidarité, notamment à l'arrivée de réfugiés dans nos départements,
00:13mais aussi pour envoyer des affaires, des dons en Ukraine via les associations.
00:18Et c'est la mission de partir aux frères, dont vous êtes le président Pascal Graber. Bonjour.
00:21Bonjour.
00:22Alors vous rentrez justement d'un voyage en convoi, 14 camionnettes à Zaporizhia, dans le sud de l'Ukraine.
00:28Vous en faites toujours autant qu'il y a 4 ans, qu'au début de la guerre, de ces convois
00:32?
00:32Alors oui, oui, puisque c'était notre 19ème depuis le début de la guerre,
00:36ce que les Ukrainiens appellent la grande guerre, puisque eux, ils estiment que ça a commencé en 2014.
00:40Donc depuis 2022, c'était notre 19ème convoi en Ukraine.
00:43D'accord. Et ça veut dire qu'il y a toujours autant de besoins ?
00:46J'imagine qu'ils ont évolué, mais en tout cas, il y a des besoins encore en Ukraine aujourd'hui
00:49?
00:49Oui, il y a énormément de besoins. L'hiver est très rude, c'est très très compliqué.
00:53Et actuellement, quand on est parti, il faisait moins 26. Donc les besoins sont immenses.
00:59Alors c'est quoi exactement ? De quoi est-ce qu'ils ont besoin, vraiment, pratico-pratiquement ?
01:02Alors nous, ce qu'on cite, c'est les produits d'hygiène et l'alimentation,
01:06parce que les gens ont toujours besoin de se laver et toujours besoin de manger.
01:09Et c'est quelque chose qu'on peut collecter assez facilement dans nos réseaux.
01:13Qui ne sont pas périssables non plus, j'imagine ?
01:14Bien sûr. Et ce qu'on collecte aussi, ce qu'on recherche, c'est des groupes électrogènes,
01:18parce que comme l'hiver est très très rude, les coupures de courant sont très très fréquentes.
01:25C'est très compliqué. Vous imaginez bien qu'à moins 26 dehors, dans les appartements, il fait très très très
01:29froid.
01:30Pas de vêtements, en revanche, c'est assez ok ? Ils en ont assez ?
01:34Oui, il y a assez. Et puis le vêtement usagé, c'est toujours compliqué quand on en récupère,
01:38parce que les critères de tri sont parfois aléatoires.
01:40On sait jamais trop ce qui serait encore trop bien ou pas.
01:44Et comme ce n'est pas la priorité, on ne prend pas de vêtements.
01:45D'accord. Donc produits d'hygiène, si jamais des auditeurs qui veulent faire des dons,
01:48produits d'hygiène et puis éventuellement groupes électrogènes, si jamais il y en a.
01:52J'imagine que sur place, il y a des besoins, il y a des situations pas faciles.
01:57Et c'est quoi qui vous a frappé, en tout cas, pour ce 19e voyage ?
02:02C'est justement ces conditions météo, parce que là on s'est rendu compte vraiment
02:05de ce que pouvait être un hiver très très rude, quand il n'y a pas de courant par exemple.
02:10C'est vrai que quand on voit ça à la télé, on se dit bon, il fait froid, il n
02:13'y a pas de courant.
02:13Mais la réalité, c'est très très compliqué.
02:17Après, ce qui nous frappe, c'est toujours les besoins qu'il y a sur place.
02:19C'est aussi les associations sur place qui continuent à faire de la distribution,
02:24à se débrouiller pour faire en sorte que les gens puissent être servis.
02:28Et voilà, il y a encore une chaîne de solidarité.
02:30Ce qu'on a aussi constaté, c'est compliqué au niveau moral pour les Ukrainiens.
02:35Oui, parce que 4 ans, c'est long, mine de rien.
02:364 ans, c'est énorme. D'autant plus qu'on ne voit pas trop d'issues.
02:40Personne n'arrive à imaginer une issue.
02:43Si on parle de Zaporizhia, la ville est ukrainienne.
02:47Les trois quarts de l'oblast de la région sont tenus par les Russes.
02:50Récemment, Poutine disait qu'on allait libérer la ville de Zaporizhia.
02:54Ce qui est compliqué encore plus.
02:56Les attaques de drones sont fréquentes.
02:58On a pu le constater, malheureusement le voir.
03:03Est-ce qu'ils ont l'impression qu'ils sont un petit peu oubliés ?
03:06Parce que 4 ans, on l'a dit, c'est long.
03:08Il y a eu d'autres conflits divers et variés dans le monde.
03:10Est-ce qu'il y a ce sentiment-là d'être un petit peu oublié ?
03:12Ou au contraire, votre présence, celle d'autres associations,
03:14permet de se dire qu'on est encore là ?
03:17Justement, l'association Parti R'Offrir, entre autres,
03:20on n'est pas les seuls, heureusement.
03:23Certes, il y a une aide matérielle.
03:24Elle est importante, on ne va pas dire que ça ne sert à rien.
03:26Mais ce qui vraiment les réconforte, et ils nous le disent à chaque fois,
03:29c'est le fait d'être sur place, le fait de venir les voir.
03:33Ils nous disent à chaque fois qu'on a le sentiment de ne pas être oublié.
03:37C'est hyper important d'être une présence aussi physique.
03:42C'est pour ça qu'avec 14 camionnettes, on était 35 personnes.
03:45Ça paraît énorme.
03:46C'est une logistique assez intéressante à gérer.
03:50Mais voilà, c'est très encourageant.
03:53Ce n'est pas pareil que de payer un smear morgue et puis d'envoyer un smear.
03:57Malgré tout, il faut des gens sur place en France,
03:58en l'occurrence dans le Nord-Franche-Comté, qui fassent des dons.
04:01Est-ce que là aussi, ça suit bien ?
04:03Les gens sont encore mobilisés sur ce point ?
04:04Oui, paradoxalement, même si on parle moins de l'Ukraine,
04:08peut-être on en parlera un peu plus ces jours,
04:09puisqu'on est sur la date anniversaire,
04:11mais les gens restent mobilisés.
04:13Quand on fait des opérations caddie, ça marche.
04:14Une opération caddie, c'est plus d'une tonne à chaque fois, chaque samedi.
04:19Alors bien sûr, il y en a aussi des réactions hostiles,
04:20mais la majorité des personnes restent mobilisées et généreuses.
04:27Donc opération caddie les samedis,
04:29si on veut vous faire des dons, où est-ce qu'on peut vous retrouver ?
04:32Où est-ce qu'on peut déposer les affaires ?
04:33Alors on a une collecte permanente les après-midi,
04:36donc du mardi au vendredi,
04:40donc trois routes de Grand Charmant,
04:41c'est dans les locaux de l'église Médonis de la Prairie,
04:43puisqu'il y a une salle à disposition,
04:45donc toute personne qui veut déposer alimentation ou produits d'hygiène
04:48peut le faire librement,
04:48quelqu'un vous accueillera et vous dira où mettre ça.
04:50À Montbéliard.
04:52Parfait, c'est bien noté.
04:53Merci à vous, Pascal Grabert, président de l'association Partir Offrir.
04:56Merci à vous.
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