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  • il y a 2 jours
Le syndicat SNES-FSU du Territoire de Belfort tire la sonnette d'alarme : le nombre de suppressions de postes pour la rentrée est alarmant. Selon les premières annonces, on comptera 15 enseignants en moins dans les collèges, et 13 dans les lycées du département en septembre 2026.

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Transcription
00:00Avec l'invité d'ici matin, Pauline, nous parlons de cette alerte donnée par les enseignants du territoire de Belfort.
00:05Pour le syndicat SNES-FSU, le nombre de suppressions de postes pour la rentrée annoncée est alarmant.
00:1115 postes en moins d'enseignants dans les collèges, 13 dans les lycées.
00:15Ça ne passe pas selon Benoît Guyon, responsable départemental pour le SNES-FSU. Bonjour.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes professeur de SES en lycée. Alors expliquez-nous très concrètement,
00:24pour vous et vos collègues, ça implique quoi ces suppressions de postes annoncées ?
00:27Alors très concrètement, ce sont des heures en moins pour les élèves, des heures d'enseignement en moins.
00:31Donc on aura l'équivalent d'un poste par collège en moins à la rentrée prochaine.
00:38Ce qui veut dire des classes qui resteront très surchargées, bien au-delà de la moyenne européenne.
00:44Puisqu'on aura 26 élèves par classe dans le département, contre 21 dans l'Europe.
00:50Et ça pose des problèmes pour l'enseignement, pour eux ? Ils ont plus de mal à acquérir des connaissances ?
00:55Très clairement. Lorsqu'on a des élèves en difficulté, lorsqu'on est face à une classe plus large,
01:02on a moins le temps de s'occuper de ces élèves.
01:06Il y a des cours, des disciplines où c'est particulièrement important ?
01:10Peut-être la vôtre, sciences économiques et sociales, je pense aux langues aussi,
01:14souvent c'est là où on est en demi-groupe.
01:15Alors je dirais que toutes les disciplines vont être importantes,
01:19mais c'est vrai que supprimer des heures d'enseignement,
01:22ça va nécessairement réduire les heures en demi-groupe,
01:26ça va réduire les options, ça va réduire en fait tous les dispositifs d'accompagnement.
01:31Et nécessairement, ça va toucher les élèves les plus en difficulté.
01:36Ça marche aussi pour la santé mentale.
01:39Vous dites qu'on aura du mal à accompagner individuellement les élèves.
01:43Ça rappelle malheureusement ce drame arrivé à Sanary-sur-Mer
01:46où un adolescent de 14 ans a attaqué mardi dernier sa professeure avec un couteau.
01:50Cet élève, il a des problèmes psychologiques.
01:53Est-ce que ça participe, on va dire, d'un climat où on a moins le temps
01:58et donc on laisse ce genre de drame arriver ?
02:01Est-ce qu'on peut dire ça ou est-ce que c'est peut-être trop ?
02:04Alors clairement, on a une professeure effectivement
02:06qui est encore entre la vie et la mort suite à ce drame.
02:10Et il n'y a pas que des postes de professeurs dans les établissements.
02:14C'est toute une équipe.
02:15Ce sont des AED surveillants, ce sont des AESH,
02:19ce sont des psychologues, des CPE.
02:22Et en fait, on voit qu'en réduisant le nombre d'adultes dans les établissements,
02:28on accompagne moins bien les élèves
02:29et surtout qu'on a une jeunesse qui depuis plusieurs années va mal.
02:33tous les indicateurs de santé mentale se dégradent,
02:37en plus des indicateurs sociaux,
02:38puisque les familles, et on le voit principalement dans le territoire de Belfort,
02:43les familles se paupérisent.
02:44On a un taux de pauvreté qui est très très élevé,
02:48le plus élevé je crois depuis que l'INSEE le mesure.
02:52Donc ça veut dire que dans le territoire de Belfort,
02:53on a des défis à affronter très particuliers à ce département, à ce territoire-là ?
02:58Alors oui, clairement, on a des difficultés sociales et mentales,
03:08et on a moins d'heures, clairement.
03:10Et le gouvernement, par ce budget 2026, est dans une logique purement comptable,
03:16il fait finalement, il répercute la baisse démographique
03:20sur la baisse des moyens d'enseignement et d'encadrement.
03:24Alors expliquez-nous, parce que ça peut paraître logique,
03:25qu'il y a moins d'élèves, donc il y a moins besoin de professeurs,
03:27donc on ferme des postes.
03:28Ce n'est pas ça dans la réalité ?
03:30Alors dans la réalité, c'est que la suppression des postes
03:33va mettre en difficulté des établissements.
03:35Je prends par exemple le collège de Rougemont.
03:40Eh bien, même si le nombre d'élèves par classe va être moins élevé que la moyenne,
03:45finalement, on arrive à un plancher dans lequel vous avez plein de professeurs
03:51qui vont être obligés d'être en service dans d'autres établissements.
03:54Donc ils vont être moins présents sur place,
03:56moins présents pour les élèves, moins présents pour les encadrés.
03:58Donc même si on a un faible taux d'élèves par classe,
04:03on aura quand même un établissement qui sera en danger
04:05et qui va moins être capable d'accompagner les élèves.
04:11Oui, et typiquement pour Rougemont-Château,
04:12c'est des établissements qui ne sont pas...
04:14Lui, il n'est pas proche d'autres établissements.
04:16Il y a de la route à faire aussi.
04:17On imagine que les conditions de travail sont détériorées pour les professeurs.
04:20Alors, du côté des élèves, bien sûr, il y aura moins d'accompagnement.
04:24Et du côté des professeurs, ça veut dire des conditions de travail,
04:27encore une fois, dégradées.
04:29Je rappelle que les rémunérations sont les plus faibles
04:33à un diplôme équivalent dans la fonction publique.
04:38Je rappelle aussi que d'autres métiers de l'éducation nationale,
04:41notamment les AESH, sont précarisés.
04:43Elles sont sous le seuil de pauvreté.
04:47Donc, c'est tout un ensemble de métiers
04:49qui sont dévalorisés sur les conditions de travail,
04:53mais aussi sur les rémunérations.
04:55Et très rapidement, ça implique un climat
04:57qui est un petit peu morose, on peut dire, en ce moment,
05:00dans l'éducation nationale ?
05:01Oui, on voit très bien qu'on a du mal à recruter sur ces métiers
05:04qui sont pourtant des métiers, on va dire, essentiels à la société
05:08et qui peuvent être très intéressants
05:11et surtout qui ont du sens.
05:12Merci beaucoup, Benoît Guillon, représentant départemental
05:14pour le SNES-FSU et professeur de SES en ligne.
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