00:00En compagnie de Sylvie Vartan, qu'on aime tant et qu'on va soumettre à l'insolite questionnaire de variété,
00:05vous répondez Sylvie en une anecdote, une phrase, un mot, vous êtes prête ?
00:09Quel est votre livre de chevet ?
00:11Ah ça, ça dépend des moments, mais je dirais, j'en ai deux ou trois évidemment, en premier je dirais
00:21la promesse de l'aube de Romain Garry.
00:22Romain Garry a été en Bulgarie, quand il était plus jeune, mon père l'a connu d'ailleurs, et j
00:32'ai eu cette chance de l'avoir à dîner chez moi, à Loconville, j'étais tellement heureuse de le rencontrer,
00:39j'étais vraiment paralysée.
00:41Qu'est-ce que vous vous êtes dit ?
00:43Ah, il m'a beaucoup impressionné, c'était un homme très beau.
00:51En fait, vous étiez une fan, Sylvie Vartan.
00:53Ah oui.
00:55Quel film est-ce que vous pourriez voir en boucle ?
00:59En boucle ? J'ai toujours été un peu frustrée avec le cinéma, parce que je n'ai jamais eu
01:05le temps d'aller au cinéma, vraiment.
01:07Et puis, en boucle, en boucle, je regarde des films un peu comiques peut-être, parce que ça tempère un
01:14peu ma mélancolie slave.
01:18C'est-à-dire, la loup de la cuisse ?
01:21Ah oui, aussi, oui.
01:22Oh mais, c'était un génie, de Funès.
01:26Extraordinaire, oui.
01:27Le dîner de con, aussi.
01:29Ça m'a fait tellement rire, tellement rire.
01:32Et puis aussi, mon premier mal au ventre, c'était un film.
01:39J'étais toute petite, là, j'allais au lycée, encore du Rinci à l'époque, et j'avais vu Le
01:46Bouffon du Roi avec Danny Kay.
01:48Il jouait le rôle d'un bouffon à l'époque médiévale.
01:52Moi, je l'avais vu, évidemment, en français, avec une de mes amies.
01:55Et je me souviens que pendant tout le trajet, qui était en autocar, de Cluchy-sous-Bois, où j'habitais
02:01à l'époque, au Rinci,
02:02où était mon... on a rigolé, mais en criant grâce, parce qu'on était tellement pliés de rire.
02:09On était mort de rire.
02:11Ça, c'était mon premier fou rire au cinéma, mais aussi les Laurel et Hardy, tout ça.
02:16D'ailleurs, j'ai fait Laurel, j'ai imité Laurel dans un...
02:19Je sais, avec Carlos, chez Mariti et François.
02:23C'était génial.
02:23Je trouve que j'étais parfaite en Laurel.
02:26Ça vous va très bien, en Laurel.
02:27C'est pas mal.
02:28Et Carlos, vous le trouviez bien en Hardy ?
02:31Ah oui, en Carlos, en mon Carlos. J'ai adoré mon Carlos.
02:35Quel défaut est-ce que vous ne supportez pas chez les autres ?
02:38Je n'aime pas la jalousie, la lâcheté, surtout.
02:43Vous l'avez beaucoup rencontré, ça, dans votre vie ?
02:45Oui.
02:46Et vous faites quoi, dans ce cas-là ?
02:48Ben, j'ignore.
02:49La chose la plus folle que vous ayez faite dans votre vie ?
02:54Oui, je me souviens avoir nagé.
02:58J'étais assez...
03:00Oui, oui, je ne réfléchais pas beaucoup.
03:03Pourtant, j'ai changé un peu, malgré tout.
03:07J'ai plongé d'un bateau, au beau milieu des Caraïbes...
03:16On était en vacances aux Caraïbes, et au beau milieu de l'océan, on l'a plongé, sans réfléchir, dans
03:27une mer qui était infestée de requins.
03:29Pardon ?
03:30Oui, oui.
03:31Et alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
03:32J'ai vu la vie sauve, voilà.
03:33Vous avez été attaquée par un requin blanc ?
03:36Non, Dieu merci.
03:38Quel a été votre plus grand mensonge, Sylvie Vartan ?
03:41J'ai certainement dû mentir à mes enfants, pour la bonne raison.
03:46Mais je n'aime pas les mensonges, et je n'arrive pas à mentir, parce que même ma fille me
03:50dit,
03:50maman, tu sais, quand tu fais semblant, ça se voit.
03:53Quel était votre rêve d'enfant ?
03:58Ça n'a jamais changé, c'était de jouer.
04:02De jouer, j'avais réalisé qu'en fait, c'était une frustration qui m'avait amenée à cette réalisation,
04:12que la façon de s'oublier, la façon d'avoir des vies multiples,
04:17c'est justement de s'incarner dans quelque chose d'autre.
04:22Et moi, j'étais fascinée par tous les contes animaliers qui étaient proposés en Bulgarie
04:29avant l'arrivée du communisme et du stalinisme.
04:35C'était comme des comédies musicales, extraordinaires.
04:39Et c'était les ours, c'était des chèvres, c'était les loups.
04:44Je trouvais ça extraordinaire de pouvoir faire ça.
04:46Et c'est vrai que toute ma vie, même d'adulte, j'ai toujours gardé ce côté enfantin qui m
04:55'émerveillait.
04:55Et j'ai toujours rêvé de faire Alice au Pays des Merveilles.
04:58On pourrait le faire ensemble, si vous voulez.
05:00Je fais la méchante reine.
05:02Si vous deviez choisir un pseudonyme, quel serait-il, Sylvie Vartan ?
05:05J'ai cherché longtemps d'avoir un pseudonyme.
05:08Et puis, en fait, je me suis dit, non, en fait, le nom de mon père est parfait.
05:12Vous vouliez, c'est vrai, changer de nom au départ ?
05:14Oui, quand j'allais au lycée, en classe de physique, je me souviens, on avait des tables vertes.
05:20Et je commençais à être reconnue, déjà, mais pas reconnue comme ça.
05:24Alors, je gravais avec mon scalpel, je m'ennuyais tellement.
05:28Je gravais mon nom, je me disais, comment je pourrais m'appeler ?
05:30On me demande de me faire un nom d'artiste.
05:33Alors, je me dis, Sophie, Sophie...
05:36Ah, ça vous irait pas mal, Sophie !
05:38J'avais lu Les Malheurs de Sophie Petite, alors je me suis dit, peut-être...
05:41Ah, puis non, je me suis dit, c'est trop compliqué, je m'appelle comme je m'appelle, point.
05:45Quel objet est-ce que vous avez toujours sur vous ?
05:49L'alliance de ma mère.
05:54Et, normalement, un trèfle à quatre feuilles.
05:57Et votre parfum, aussi ?
06:00Mon parfum, j'ai eu pendant pratiquement toute ma vie un parfum au Gardénia.
06:05Je sais !
06:07Parce que Michel Sardou nous l'a dit.
06:10Quand on l'a interviewé, il nous a dit qu'il avait été fasciné par votre parfum.
06:14Ah, c'est vrai ?
06:14Donc, je voulais vous demander si c'était le même.
06:16C'est le même.
06:17Vous le mettez encore ou pas ?
06:18Ah oui, oui, j'en ai encore, oui, oui, bien sûr.
06:20Vous savez qu'il a fait énormément d'effets à Michel Sardou, il m'en a parlé dans l'émission.
06:24Ah bon ?
06:25Quels sont vos surnoms, Sylvie Vartan ?
06:28Alors ça, je n'en ai pas tellement, mais enfin, déjà, mon grand-père m'avait donné un surnom, oui,
06:35quand j'y pense.
06:36Il m'appelait Djidjika.
06:38Djidjika.
06:38Je ne sais pas ce que ça voulait dire, mais c'était un nom attendrissant, parce que moi, j'avais
06:44une passion pour mon grand-père.
06:47Et c'était un homme qui m'a tout appris.
06:51C'était le bonheur avec lui et ma famille dans son jardin, qui était très paisible.
06:59Oui, il m'a appris tout ce que j'aime aujourd'hui encore.
07:02Il y a des chansons que vous avez refusé de chanter ?
07:05Oui, il y en avait une que j'avais refusée, puis que j'ai chantée quand même.
07:09C'était quoi ?
07:10J'ai un problème.
07:11Ah bon ?
07:12Avec Johnny.
07:13Mais je l'ai mis à cette chanson.
07:14Enfin, c'était plutôt pour Johnny.
07:16Je trouvais que Johnny avait posé sa voix avant la mienne.
07:19Parce que moi, j'avais lu la chanson, je lui ai dit, non, ça fait un peu, on ne va
07:26pas chanter ça, ce n'est pas possible.
07:28J'ai un problème, je pense bien que je t'aime.
07:32Je dis, non, Johnny, ce n'est pas une chanson pour Johnny.
07:36Ils ont fait chanter Johnny, moi je suis sortie du bureau, parce que j'étais prise d'un fou rire.
07:41Et donc, je suis sortie, pas du bureau, du studio, je veux dire.
07:44Et donc, j'ai laissé Johnny poser sa voix.
07:47Et quand je suis rentrée dans le studio, ils me l'ont fait écouter.
07:51Je me dis, ah mais non, ce n'est pas possible Johnny, tu ne peux pas chanter ça.
07:54Et puis en fait, ils me disent, mais mets ta voix, mets ta voix.
07:58Et donc après, je m'y suis plié, et puis après je ne regrette pas, parce que c'est vrai
08:03que c'est une bonne chanson.
08:05Il y avait déjà bien des années que de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le
08:10drame de mon coucher,
08:12n'existait pas pour moi.
08:14Quand un jour d'hiver, quand je rentrais à la maison,
08:19ma mère, voyant que j'avais froid, me propose de me faire prendre contre mon habitude un peu de thé.
08:27Je refusais d'abord, et je ne sais pourquoi, me ravisait.
08:34Elle envoya chercher un de ses gâteaux courts et dodus, appelé Petite Madeleine,
08:39qui semblait avoir été moulée dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques.
08:44Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain,
08:54je portais à mes lèvres une cuillerée de thé où j'avais laissé s'amolir un morceau de madeleine.
09:00Mais, à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais,
09:10je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi.
09:16Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause.
09:23Il m'avait tout sitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférente,
09:30ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire,
09:37de la même façon qu'opère l'amour en me remplissant d'une essence précieuse.
09:43Ou plutôt, cette essence n'était pas en moi, elle était moi.
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