00:00– Midi 35 sur Europe 1, on poursuit notre émission toujours avec Sébastien Ligné et Éric Revelle.
00:09L'actualité majeure du week-end, c'est cette marche en hommage à Quentin hier,
00:16une marche à Lyon avec plus de 3200 personnes qui sont venues se rassembler
00:21pour rendre hommage dans le calme à Quentin.
00:24Les médias et politiques pointent la focale sur des gestes répréhensibles,
00:32condamnables et condamnés, je l'espère, à savoir des salut nazis ou des insultes homophobes, racistes.
00:39Mais ce sont des faits marginaux qui sont finalement surexploités, surmédiatisés.
00:46Et finalement, ces individus qui n'avaient rien à faire à cette manifestation,
00:50rien à faire à cette manifestation, la France insoumise,
00:54elle peut dire merci à ces individus-là.
00:57Bravo, bravo les gars, vous avez été formidables pour la France insoumise
01:00parce que c'est le parfait écran de fumée et qu'attendait justement LFI.
01:05Je vous propose d'avoir les deux réactions, Manuel Bompard et Mathilde Panot,
01:10qui sautent bien sûr sur l'occasion pour dire
01:12mais attendez, c'était une manifestation fasciste.
01:15Mathilde Panot par exemple.
01:16– Vous avez prévenu, non ?
01:18– Nous étions nombreux, y compris le maire de Lyon,
01:20a demandé l'interdiction, non pas d'une marche d'hommage à Quentin de Ranck,
01:25mais un défilé de ligues fascistes.
01:28Et donc cette marche aurait dû être interdite.
01:30Et l'histoire retiendra qu'en France, en 2026,
01:3382 ans exactement après l'exécution de Missac Manouchian,
01:37qui a été panthéonisé dans notre pays il y a deux ans,
01:40l'histoire retiendra que certains ont permis un défilé de néo-nazis.
01:45Je mets le ministre de l'Intérieur devant ses responsabilités.
01:48– L'histoire retiendra surtout qu'il y a un garçon de 23 ans la semaine dernière
01:52qui a été battu à mort par des militants d'ultra-gauche
01:56et c'est l'enquête qui doit le déterminer,
01:59seront peut-être associés de près, voire de très près ou de loin,
02:04ou ne seront pas associés, encore une fois c'est à la justice de le déterminer,
02:07avec la France insoumise.
02:09Et peut-être que l'histoire, avec un grand H, retiendra ça.
02:12M. Bompard, qu'en pense-t-il ?
02:14Vous avez dit quand on écoutait et qu'on découvrait la déclaration de Mathilde Panot
02:18qu'ils sont prévisibles.
02:20Mais c'est vrai qu'on aurait pu faire le discours.
02:22– Mais on l'a fait avant.
02:23– On l'a fait juste avant Sébastien Ligné.
02:25M. Bompard ?
02:26– C'était une parade fasciste,
02:31avec des groupes qui sont des groupes néo-nazis,
02:35des groupes violents, des groupes homophobes,
02:37des groupes antisémites.
02:39Évidemment, ça n'avait rien à voir avec un hommage,
02:41que lui on peut considérer comme tout à fait légitime.
02:45En l'occurrence, c'est pas de ça dont il s'agit,
02:47dont il s'est agi dans cette manifestation.
02:50D'ailleurs, l'essentiel des personnes qui ont participé
02:54étaient des personnes venant de toute l'Europe,
02:56de toute la France,
02:57venues faire une forme de démonstration de force fasciste dans les rues.
03:01Et moi, j'avais effectivement, je faisais partie de ceux,
03:03comme le maire de Lyon d'ailleurs,
03:04qui avait demandé l'interdiction de cette marche.
03:07Et je pense que le ministre de l'Intérieur
03:09aurait dû suivre cette demande d'interdiction.
03:12– Alors c'est très intéressant,
03:13parce que c'est deux interventions quasiment simultanées,
03:17sur deux médias différents.
03:18Mais il y a, il faut l'expliquer aux auditeurs d'Europe 1,
03:21ce qu'on appelle les éléments de langage en matière politique,
03:24Sébastien Ligné.
03:24Et quand vous collez Mathilde Panot et Manuel Bompard,
03:28ils ont bien bossé ce matin.
03:30Parce que c'est quasiment, au mot près,
03:33les mêmes éléments de langage.
03:34– Vous savez comment ça se passe ?
03:35Bon, après, c'est le cas pour tous les partis politiques.
03:37– Oui, c'est vrai.
03:37– C'est-à-dire que vous avez des boucles de messagerie,
03:40où vous avez des messages qui vous expliquent
03:42« bon ben bonjour, voici les éléments qu'il faut expliquer
03:45pour les différents plateaux aujourd'hui ».
03:46Vous avez des phrases, des mots clés à placer,
03:48et ensuite, tout le monde va défiler en plateau pour les réciter.
03:53Là où c'est hallucinant.
03:54Bon, déjà, vous me permettrez une petite parenthèse.
03:56Entendre la France insoumise dénoncer l'antisémitisme d'une marche
04:00quand on connaît la responsabilité lourde de la France insoumise
04:04dans le climat antisémite et antisioniste qui pèse sur notre pays,
04:07honnêtement, c'est extrêmement déplacé comme remarque.
04:10Ensuite, il y a quand même la question,
04:12pour reprendre l'expression de Madame Panot,
04:14de « l'histoire retiendra ».
04:15Moi, je pense que l'histoire retiendra le rôle majeur
04:20du premier parti de gauche à l'Assemblée nationale
04:22dans ce climat de tension.
04:23Je pense que l'histoire retiendra le fait
04:26qu'un assistant parlementaire d'un député LFI
04:31condamné et multifichés est aujourd'hui en détention provisoire
04:35et mis en examen pour complicité en vue d'un homicide.
04:39Ça, ce sont des faits qui ne se sont jamais produits jusqu'ici
04:42et qu'on retiendra.
04:43On est en direct sur Europe 1.
04:46On viendra dans un instant sur une crise diplomatique
04:48qui est en train de pondre entre Paris et Washington
04:52sur l'affaire Quentin,
04:55puisque le ministre des Affaires étrangères,
04:56Jean-Noël Barraud, a annoncé il y a quelques instants
04:59qui ont convoqué l'ambassadeur américain.
05:01C'est vrai qu'on ne s'est pas fâché avec suffisamment de monde
05:06pour continuer ce qui se passe.
05:07C'est-à-dire que l'ambassade américaine,
05:09mais j'en parlerai dans quelques instants,
05:10a eu le malheur de dire
05:12ce qui s'est passé la semaine dernière en France est gravissime.
05:15L'ultra-gauche, l'extrême-gauche, tue.
05:17Ça s'est passé aux États-Unis,
05:18ça se passe actuellement en Europe.
05:19Il faut faire très attention.
05:22Non, vous n'avez pas le droit de dire ça,
05:23visiblement, pour M. Jean-Noël Barraud.
05:26Jean-René est en direct avec nous.
05:28Cher Jean-René, bonjour.
05:29Merci d'appeler au 01-80-20-39-21.
05:32Bonjour Jean-René.
05:33Bonsoir.
05:34Bonjour.
05:34Alors, bonsoir, non, c'est pas encore Jean-René.
05:38Il n'est que 12h40.
05:41Alors ?
05:42Ben, alors ?
05:44Que souhaitez-vous que je dise ?
05:46Ben, je n'ai rien.
05:49Non, mais vous posez une question, je réponds.
05:52Effectivement, cher Jean-René,
05:53vous nous appelez depuis Vannes.
05:56Et puis, on m'explique que vous êtes un ancien professeur d'université ?
06:02On reste professeur d'université aussi longtemps que l'on est émérite.
06:08Eh bien, écoutez, vous avez bien fait de préciser cela.
06:11Pourquoi je souhaitais avoir votre regard ?
06:15Parce qu'il y a eu une manifestation hier à Rennes.
06:17contre la mobilisation citoyenne.
06:20Oui, je suis d'accord avec vous.
06:21Contre la mobilisation citoyenne.
06:23Ce qui m'a épouvanté, c'est la banderole tenue par des étudiants de Rennes.
06:32Ici, on ne pleure pas un nazi.
06:37Et pourquoi ça vous a épouvanté, cher Jean-René ?
06:39D'abord parce que « nazi » est une expression absolument allurissante
06:47pour désigner ce pauvre Quentin.
06:52Et ici, on ne pleure pas un nazi.
06:56Oui, on croirait sincèrement que Rennes est menacée par des nazis.
07:07C'est un contrat affligeant de bêtises et de malhonnêteté.
07:12Mais par exemple, vous, Jean-René, je ne vais pas vous demander, évidemment, votre âge.
07:19Mais est-ce que vous aviez, lorsque vous étiez professeur, non pas émérite,
07:22mais professeur à l'université, vous aviez face à vous cette extrême gauche ?
07:28Est-ce que vous pouviez débattre avec les militants et échanger avec eux ?
07:32Non, je n'avais pas d'extrême gauche, j'avais des gens de gauche.
07:36Et moi-même, je suis, disons, de gauche, j'étais gaulliste de gauche.
07:43Ah, gaulliste de gauche, j'entends complètement.
07:46Et quel regard vous portez sur la société aujourd'hui ?
07:50Est-ce qu'il est encore possible d'échanger ?
07:52Je trouve affligeant, mais à mon âge, on trouve beaucoup de choses affligeantes.
07:59Mais cette chose me semble abominable.
08:06Une partie des étudiants et de l'université approuve tout ce qui s'est passé
08:14contre ce pauvre garçon qui, à mon sens, n'avait rien d'un asie.
08:22Eh bien, écoutez, merci, cher Jean-René.
08:24C'était un échange très agréable.
08:26Et je suis ravi de savoir que j'ai un professeur émérite.
08:30Monsieur, je m'en remercie de l'avoir donné la parole.
08:31Mais écoutez, le plaisir est partageable.
08:33Et je peux vous assurer que tout vieillard que je sois,
08:37je suis encore en état de pensée.
08:40Et en particulier de penser à ce sujet.
08:44Et je peux vous assurer que ces pensées sont sombres.
08:48Eh bien, écoutez, on va essayer de mettre un peu de lumière
08:51et d'espérance sur la dernière partie d'émission.
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