00:00Et Nicolas et Marie-Laure sont avec nous. Nicolas, bonjour.
00:03Vous souhaitiez réagir en direct sur Europe 1 et parler de cette marche.
00:09Vous qui travaillez d'ailleurs dans la sécurité mobile privée,
00:12vous avez déjà eu affaire à ces antifas, enfin, dits antifas qui emploient toutes les méthodes des fascistes.
00:19Alors, dits antifas, oui, parce qu'en réalité, quand on a affaire à ces gens-là,
00:24bon, je veux dire, le triptyque habituel, déplacement en groupe extrêmement violent,
00:30toujours cagoulé, habillé en noir, très peu de revendications, beaucoup d'actions violentes.
00:36Et ça, c'est mon retour sur le terrain, en tout cas.
00:40Je pense principalement aux dernières émeutes qu'il y a eu, les plus grosses, c'était pour l'affaire Naël.
00:45Je me suis retrouvé dans le sixième arrondissement à rentrer dans une succursale bancaire
00:50où les antifas avaient bouté le feu, démoli tout ce qui se présentait.
00:54Et j'ai dû rentrer avec les CRS parce que c'était pas possible, quoi.
01:00Donc, ces gens-là, c'est une vraie gangrène pour notre ville à Lyon.
01:07Je parle de ce que je connais, Lyon.
01:08Je n'ai pas vu l'ampleur sur les autres villes.
01:12Mais d'un point de vue professionnel, oui, quand vous faites de la sécurité à Lyon, il faut s'accrocher.
01:18Et est-ce que, finalement, ces méthodes-là, elles se répètent ?
01:22C'est-à-dire que le drame qui est arrivé la semaine dernière, vous, d'expérience, vous vous êtes déjà
01:27dit,
01:27le pire va arriver, c'est quasiment évident.
01:31Oui, mais moi, en fait, quelque part, ça m'attriste autant que ça ne m'étonne pas.
01:38J'en veux pour preuve, un influenceur s'est vu refuser sa manifestation, son déploiement à Lyon par la préfète
01:48il y a quelques mois.
01:50Nous, nous étions en train de sécuriser des bijouteries qui sont à Lyon, dans une rue assez connue pour ça.
01:56Et je me suis fait tirer dessus au mortier d'artifice parce que, voilà, ces gens-là n'ont pas
02:01supporté de ne pas voir leur influenceur, machin.
02:05Et c'était encore ces groupes-là.
02:07Ils étaient présents et c'était eux qui ont fait.
02:09Nicolas, je ne sais pas si vous avez entendu l'émotion de Charlotte Dornelas.
02:12On a commencé l'émission avec Charlotte Dornelas qui intime à tous ces incendiaires de se taire,
02:18de respecter la période de deuil et surtout l'hommage qui doit être rendu cet après-midi à un garçon
02:24de 23 ans qui a été battu à mort.
02:26Est-ce que vous allez participer à la marche cet après-midi, Nicolas, pour rendre hommage à Quentin ?
02:32Alors, comme je l'ai dit, et je pense que le représentant du syndicat de police qui est sur votre
02:37plateau pourra comprendre ce que je dis aussi,
02:41dans mon travail, j'ai régulièrement dû faire face à ces antifas dans plusieurs missions.
02:50Je n'irai pas parce que par deux fois déjà, en me baladant à Lyon avec ma compagne, j'ai
02:55été reconnu par des antifas.
02:58Et la deuxième fois, j'ai dû en découdre pour me défendre à main nue, bien sûr, parce que nous
03:04ne sommes pas armés.
03:05La sécurité privée ne t'en parlera pas dans ces cas-là.
03:08Et donc, j'ai déjà été reconnu par les antifas.
03:11Donc, je sais très bien qu'ils seront présents sur place.
03:13Et je n'ai... C'est triste à dire, mais je n'ai pas envie de devenir le deuxième Quentin
03:17de Lyon.
03:18Voilà. Et donc, je n'irai pas.
03:20Mon cœur, il sera, mais ma présence n'y sera pas par un souci d'autoprotection, je dirais.
03:27Tout simplement.
03:28Cette phrase est terrible.
03:29Je ne vais pas y aller...
03:30Oui, mais c'est terrible, en fait, que je ne peux pas aller rendre hommage à quelqu'un,
03:36fustile que je ne le connais pas.
03:37Bien sûr.
03:38Mais manifester une tristesse sans avoir peur pour une intégrité physique.
03:42Voilà. En 2026, à Lyon, on en est à ça.
03:44– Sous-titrage FR 2021
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