00:00Et on va parler politique avec vous ce matin, Aurore Malval.
00:02Alors, il faut le rappeler, le Salon de l'Agriculture ouvre aujourd'hui.
00:06Vous le suivrez évidemment en direct sur BFM TV.
00:10La particularité de cette année, c'est qu'il n'y a pas de bovins.
00:12Emmanuel Macron est attendu ce matin.
00:14On se souvient qu'à deux ans, déjà, il était attendu de pied ferme de la part des syndicats.
00:19Et encore cette année, ça risque d'être un petit peu tendu.
00:22Ça risque d'être un petit peu tendu parce qu'Emmanuel Macron et les agriculteurs,
00:25c'est finalement l'histoire d'une désillusion.
00:27Alors, tout avait plutôt bien commencé, enfin presque.
00:30Il avait quand même reçu un oeuf sur la tête en 2017, alors qu'il n'était que candidat.
00:34En 2018, il avait été accueilli aussi par des sifflés.
00:37Mais à l'époque, il avait assuré, on s'est expliqué, je crois qu'ils ont compris.
00:41Enfin, ça, c'était avant, à l'époque où Emmanuel Macron pouvait encore promettre
00:45par les revenus agricoles et en face, on le croyait.
00:47Alors, qu'est-ce qui a changé du côté des agriculteurs ?
00:49Eh bien, en deux mandats, ils ont eu le sentiment d'un grand écart permanent
00:53entre les discours et les actes.
00:55Et puis, il faut dire que le contexte international n'a pas aidé.
00:57Il y a eu le Covid, la guerre en Ukraine, l'inflation, les crises sectorielles,
01:01la chute de la balance commerciale.
01:02Il y a aussi eu des faux pas diplomatiques.
01:04On se souvient, en 2024, l'invitation des soulèvements de la terre.
01:08Et ça a laissé des traces.
01:09Résultat, le monde agricole s'est radicalisé.
01:12Et à cette crise agricole qui dure aussi depuis trois ans,
01:15se sont ajoutés de nouveaux mécontentements.
01:17La dermatose nodulaire, le Mercosur,
01:20les tensions avec l'industrie agroalimentaire et la grande distribution.
01:24Alors, pour tenter de déminer tout ça,
01:26le président, bien sûr, peut compter sur son moine soldat,
01:29Sébastien Lecornu, qui a préparé un projet d'urgence agricole.
01:32Sauf que l'urgence semble pouvoir attendre juin,
01:36histoire que le texte arrive au Parlement.
01:38Et ça, ça n'est pas tout à fait de nature à apaiser les agriculteurs.
01:41Aurore, justement, on a entendu, on a vu évidemment la colère
01:43ces derniers mois des agriculteurs.
01:45Quel est leur état d'esprit aujourd'hui ?
01:46Eh bien, si on fait le bilan, il y a deux syndicats qui sont très, très en colère.
01:49D'un côté, vous avez la coordination rurale, plutôt proche du Rassemblement national,
01:53dont le secrétaire général a lancé un avertissement plutôt clair.
01:56Je déconseille à Emmanuel Macron d'essayer de venir nous voir.
01:59L'accueil risque d'être rude.
02:02De l'autre côté, vous avez la Confédération paysanne,
02:05qui est classée plutôt à gauche,
02:06qui, elle, a décidé de boycotter, tout simplement, l'inauguration.
02:09Alors, chez la FNSEA, où on est plutôt favorable au gouvernement,
02:13on me dit qu'ils sont plus désabusés qu'en colère.
02:16Enfin, en tout cas, ils n'attendent plus grand-chose d'un président en fin de mandat
02:19qui ne pourra même pas aller se consoler
02:21en allant tâter l'arrière-train des bestiaux.
02:23Eh bien oui, il n'y en a pas, c'est tout un symbole.
02:25Il n'y a pas de bofins.
02:26On va aller les tâter, les lapins, s'ils veulent.
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