Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 14 minutes
MEDI1TV Afrique : Gaming, futur de l’université et hommage aux héros oubliés en Afrique - 19/02/2026

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Transcription by CastingWords
00:30De notre quotidien, alors cette semaine ça dit quoi ?
00:32D'abord l'université publique, les tensions à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar
00:38remettent sur la table l'urgence de réformer un système à bout de souffle.
00:42Quelle réforme pour l'université africaine ?
00:44Quelle solution pour pallier aux attentes des étudiants pour mieux s'insérer au marché du travail ?
00:49La réponse avec Patrick Ngunou qui sera avec nous depuis Douala au Cameroun.
00:55Et puis notre deuxième information, on va toucher à la mémoire.
00:58L'adieu d'un héros oublié au Kenya qui pose cette question.
01:02Pourquoi l'Afrique peine-t-elle tant à célébrer ses libérateurs ?
01:06Mais d'abord ce sera notre premier sujet.
01:09Et bien évidemment on va parler du gaming, un secteur à 2 milliards de dollars.
01:13Et l'apparition d'un nouveau jeu qui fait la une de la presse.
01:15Un jeu où la jeunesse africaine propose un autre récit du continent.
01:19Pour mieux comprendre les enjeux de ce secteur en pleine croissance,
01:22Teddy Kosoko qui sera avec nous depuis Toulouse en France.
01:26Mais bien sûr avec moi comme chaque semaine sur ce plateau,
01:29Bachir Thiam, rédacteur en chef à Médien TV.
01:32Ça dit quoi Bachir ?
01:33Ça dit que ça bouge déjà.
01:35Ravi de vous avoir chaque semaine sur ce plateau.
01:37Merci Marielle.
01:38Bien sûr on va décrypter toute cette actualité.
01:40Alors c'est parti pour « Ça dit quoi ? » dans la presse africaine.
01:50Alors cette semaine, un jeu vidéo « Made in Africa » qui a fait parler la presse.
01:56Son nom Reluted, le but du jeu, récupérer les artefacts pillés par les colons
02:00pour les remettre symboliquement au musée des civilisations noires de Dakar.
02:05Mais au-delà du scénario qui séduit la jeunesse du continent,
02:08c'est tout le secteur du gaming africain que l'on va questionner aujourd'hui.
02:13D'ailleurs, on a un premier article de l'Observateur
02:15qui considère que l'Afrique s'impose enfin dans ce secteur à l'échelle mondiale même.
02:21En 2025, le marché a généré plus de 2,29 milliards de dollars de revenus,
02:26une croissance annuelle de plus de 12%,
02:28c'est-à-dire que le continent avance deux fois plus vite que la moyenne mondiale.
02:33Et d'ailleurs, pour essayer de comprendre cet engouement,
02:36notre premier invité Teddy Kosoko avec nous.
02:38Il est fondateur de Masseka Games.
02:41Bonjour Teddy.
02:43Bonjour.
02:44Alors, comme on le disait, le gaming est en pleine expansion au niveau du continent.
02:49Vous-même, vous êtes créateur de jeux vidéo qui se dédient au sujet africain, à la culture africaine.
02:55Mais qu'est-ce qui explique aujourd'hui ce nouvel engouement pour le gaming et surtout sur le continent ?
03:00Est-ce que c'est un vrai marché solide ou c'est encore une simple ambition ?
03:05Alors, ce qui se passe sur le continent africain, c'est qu'on a une grande jeunesse.
03:10C'est à peu près 500 millions de joueurs mobiles aujourd'hui.
03:15On sait que l'Afrique est un continent qui s'accélère.
03:21Il y a la pénétration d'Internet sur le continent avec des sociétés comme Orange, comme MTN, etc., qui déploient
03:27de plus en plus d'infrastructures sur le continent.
03:31Et des téléphones entrées de gamme distribués par des sociétés comme Transion avec les Techno, les Infinix, etc., qui permettent
03:39de toucher beaucoup plus de monde.
03:42Donc, c'est un gros, gros potentiel qui existe.
03:44On a aussi le reste du monde qui arrive à bout de souffle, donc qui regarde ce continent comme étant
03:48le dernier endroit pour la croissance mondiale.
03:52Et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui, ce marché africain est quand même source de beaucoup d'intérêt
03:59de la part de sociétés occidentales.
04:02Et d'ailleurs, il y a aussi un autre pays qui se distingue sur la scène.
04:08C'est le Maroc et d'ailleurs, il passe à la vitesse supérieure.
04:12On a aussi l'Economist, donc c'est un journal, un quotidien marocain qui a même organisé un débat à
04:17ce sujet.
04:18Et il parle du nombre de start-up qui est passé de 2 à 40 en seulement 3 ans.
04:22Et pour le ministre de la Jeunesse, Mehdi Ben Serid, l'enjeu dépasse le simple divertissement.
04:27On l'écoute.
04:30Aujourd'hui, le gaming dépasse le simple fait de créer des jeux pour jouer, mais est devenu une réelle industrie
04:39qui propose des solutions à différents départements.
04:41À travers aujourd'hui le gaming, on propose des solutions éducatives pour simplifier des modus pédagogiques pour les enfants et
04:49pour les jeunes et les moins jeunes.
04:50On propose des solutions qui concernent le climat à travers la gamification.
04:54Et donc, vous voyez qu'en investissant dans le gaming, notre objectif premier n'était pas que de créer un
05:00marché pour le jeu ou pour les jeux vidéo, pour les jeunes et les moins jeunes,
05:03mais de pouvoir dire, nous avons les capacités nécessaires aujourd'hui en ingénierie, en développeur, etc. pour, à travers le
05:10gaming, développer une industrie qui pourra apporter des solutions.
05:15Alors Bachir, je vais me tourner vers vous pour essayer de comprendre justement sur ce quoi le ministre insiste.
05:21Au-delà du jeu, il parle de la gamification.
05:24Soit disant, c'est tous ces codes qui sont utilisés par les jeux vidéo, mais pour les insérer dans d
05:29'autres secteurs comme la santé, la formation, le marketing.
05:32Mais il parle d'une urgence à se positionner là-dessus.
05:35Est-ce que c'est juste purement une opportunité économique ?
05:38Est-ce que c'est une manière de proposer plus d'emplois pour la jeunesse ?
05:41Ou bien même de vendre des solutions innovantes à d'autres pays ?
05:44Voilà, le Maroc veut vraiment se positionner sur ce secteur.
05:47Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:47Oui, peut-être c'est tout cela à la fois, je crois.
05:49Parce que d'abord, en bon français, ludification je crois, il est de parler de gamification, c'est important.
05:57En clair, c'est l'utilisation peut-être des mécanismes de jeu qu'on insère dans des domaines productifs, simplement.
06:04Quand il parle de domaine de la santé ou de l'éducation, c'est des domaines productifs.
06:07Effectivement, on prend le jeu tel qu'il est inventé, comme un outil, justement un support, une plateforme.
06:14Son mécanisme même.
06:15Justement son mécanisme, on l'implémente dans l'éducation et l'enseignement.
06:18Alors, certainement, les plus cancres d'entre nous vous seront intéressés, parce qu'il y a un jeu, il y
06:24a en tout cas ce côté ludique de l'approche,
06:27donc qui fait que peut-être on va s'insérer beaucoup plus facilement dans cette approche pédagogique
06:31et qui nous permettra d'apprendre plus vite, donc dans la production, dans l'industrie, ça va permettre de produire
06:36beaucoup plus.
06:37Et puis ça crée, en tout cas, ça crée une sorte d'engagement d'équipe autour des plateformes beaucoup plus
06:43ludiques pour produire.
06:45Alors que si c'était de la production taylorienne, peut-être chacun serait à son poste et puis à coup
06:50de marteau, on avancera.
06:51Mais aujourd'hui, peut-être en implémentant ces jeux, en tout cas ces modèles de production à travers le jeu,
06:57on pourrait aller beaucoup plus vite,
06:59beaucoup plus facilement et beaucoup plus ludiquement sur ce qu'on faisait.
07:02– Est-ce que ce n'est pas aussi une manière pour le Maroc d'être pionnier sur le continent
07:04dans ce secteur-là,
07:05mais en proposant des solutions de gamification, je ne parle pas du jeu vidéo en particulier.
07:09– Oui, tout à fait, c'est pourquoi j'ai utilisé sciemment le mot ludification, quoi, c'est parce que
07:14le Maroc justement se positionne,
07:16parce que je pense que c'est un enjeu économique aussi énorme, parce que vous avez donné le chiffre de
07:212,29 milliards.
07:22– 3 milliards à l'échelle du continent, c'est des revenus.
07:24– Oui, c'est important déjà, on est qu'à quelques années que cela a été implémenté dans nos productions.
07:32Donc le Maroc se positionne dans ce marché-là, c'est un marché d'avenir,
07:35parce qu'effectivement, on a aussi besoin de faire ce saut qualitatif beaucoup plus rapidement
07:40que si on passait par les méthodes traditionnelles d'apprentissage, de soins, etc.
07:45Donc on va beaucoup plus vite en implémentant des plateformes qui nous permettent de produire beaucoup plus intensément,
07:50beaucoup plus rapidement et beaucoup plus massivement surtout, et beaucoup plus qualitativement aussi.
07:56Parce que plus ça avancera, mieux les plateformes seront plus adaptées,
08:01beaucoup plus précises et beaucoup plus productives.
08:04Donc du coup, le Maroc, si se lance déjà, ce que le ministre disait, qui est déjà lancé, qui est
08:10le cas,
08:11et qui essaie d'abord d'attirer aussi les performeurs africains sur le marché marocain d'abord.
08:16– Que ce soit un hub d'innovation du jeu.
08:18– Effectivement, c'est ça le but final.
08:20– Et donc de la gamification par la suite.
08:23Mais on va quand même revenir au jeu, à ce jeu qui nous mène vers ce débat-là.
08:28Et donc Courrier International nous parle, ce jeu s'appelle Reluted,
08:32et en français, vous insistez bien sûr, Rachid, pardon, Bachir pour le traduire,
08:38ça veut dire repiller en français, voilà, donc c'est bien trouvé.
08:42Il est sorti officiellement le 10 février par un studio sud-africain cette fois-ci,
08:47et il est vendu environ 15 dollars.
08:49Donc je vais me tourner vers Teddy, qui est notre spécialiste du jeu vidéo.
08:54Teddy, vous avez dû bien évidemment voir ce jeu, qui a été développé ça fait quelques années,
08:59aujourd'hui il est sorti, il y a quelques jours.
09:02Qu'est-ce qui explique d'après vous le fait qu'il séduit autant, qu'il fait la une de
09:07la presse ?
09:08Est-ce qu'on va dire que c'est parce qu'il répond à un nouveau narratif africain,
09:13ou est-ce que c'est le coût qui est intéressant ? Qu'est-ce qui fait aujourd'hui qu
09:16'on le remarque ?
09:18Alors il y a une chose importante, cette chose c'est que d'abord le studio Niamakop,
09:25qui a développé ce jeu, et vous l'avez précisé, est basé en Afrique du Sud,
09:30ils ont fait ce travail en se disant en fait quelle histoire on pourrait raconter,
09:34pourrait intéresser le monde entier, et attirer l'attention.
09:39Il y a une chose encore plus importante, c'est qu'il faut comprendre que la plupart des studios aujourd
09:44'hui en Afrique,
09:45comme Niamakop, basé en Afrique du Sud ou le reste, à chaque fois qu'ils créent des jeux vidéo,
09:49ils essaient de vendre ça sur le marché international.
09:52Ce qui se passe, c'est que lorsqu'on fait un jeu simple, on est en concurrence avec tout un
09:56paquet de studios européens,
09:58américains et japonais, qui sortent énormément de jeux tous les jours.
10:01Donc il y a une sorte de compétition par rapport à la visibilité.
10:03Et à partir de ce moment-là, la réflexion va arriver à un point où on se dit
10:08comment on va se différencier des autres jeux qui sortent et qui sont des fois de qualité 10 fois, 20
10:12fois supérieures.
10:14Et Niamakop a fait cette étude et a fini par arriver à cette conclusion
10:19où avoir ce sujet-là des artefacts qui ont été volés par les colons lorsqu'ils sont arrivés en Afrique,
10:27fera dans tous les cas parler.
10:29Et il y aura deux camps. Il y aura le camp des conservateurs aux États-Unis, en France, etc.,
10:35qui vont pétiquer le jeu. Et c'est ce qui se passe aujourd'hui.
10:37Il y a énormément de critiques de la part des conservateurs de droite.
10:42Et il y aura dans tous les cas, en fait, à gauche, tant en Europe, mais aussi sur le continent
10:46africain,
10:46des gens qui vont pousser ce jeu parce que, pour une fois, on va mettre ces artefacts dans un jeu
10:53et c'est les Africains qui vont aller les récupérer, un peu comme des robins de bois.
10:58Et aujourd'hui, on a vu des articles de New York Times, de Monde, etc.,
11:05qui en ont parlé et qui ont donné énormément de visibilité à ce jeu.
11:12Merci infiniment, Teddy, pour ces explications.
11:15On voit surtout qu'il y a des recherches avant de se lancer dans le gaming du continent.
11:20Et donc, je rappelle que vous êtes aussi à la tête d'un studio de création de jeux vidéo qui
11:25s'appelle Masséga Game.
11:26Vous en créez aussi et on espère cette fois aussi voir vos jeux à la une de la presse.
11:30Merci infiniment, Teddy, pour vos explications.
11:34Alors, on vient de le voir avec le gaming.
11:37L'Afrique regorge de talent et de créativité.
11:39Mais pour transformer cet essai, encore faut-il que la jeunesse puisse étudier dans de bonnes conditions.
11:44Et les universités ont un rôle fondamental à jouer.
11:47Mais dans quel état sont-elles ?
11:49On décrypte la question dans la seconde partie.
11:52Ça veut dire quoi ?
12:01Semaine noire à l'université Charenta Diop de Dakar au Sénégal.
12:04C'est qu'à la colère étudiante à Virodram, un étudiant a perdu la vie lors d'affrontements avec les
12:10forces de l'ordre et au cœur de ses revendications,
12:13en particulier des arrières de bourse qui rendent la vie quotidienne des étudiants difficile.
12:18Et on va en parler d'abord avec un premier article qui nous dit que le problème est d'abord
12:22financier, selon l'agence ECOFIN.
12:24L'éducation n'est que la troisième priorité des États africains.
12:28L'objectif était de consacrer 6% du PIB au secteur.
12:31Mais seuls neuf pays tiennent parole.
12:34Au Nigeria, par exemple, on plafonne à moins de 2%.
12:38Et donc, on a des entrepreneurs sur le continent comme Patrick Nguno,
12:43qui ne vient de Douala, aucun monde qui a développé une solution
12:47qui permet aussi de répondre, de faire le lien entre les besoins des étudiants et l'université.
12:54Alors, M. Patrick Nguno, en quoi votre solution vient répondre à ce manque de moyens,
13:02disons à ces attentes, que ce soit des étudiants ou des entreprises ?
13:09Merci beaucoup à Mediantev de nous donner la parole.
13:12Alors, avant de dire comment la solution peut aider, il faut déjà préciser quelles sont les statistiques
13:17en fait, en termes d'éducation au Cameroun.
13:22Il faut savoir qu'uniquement 5% de jeunes africains, là je parle de la situation Macron en Afrique subsaharienne,
13:30uniquement 5% de jeunes accèdent à l'université.
13:34Alors, 5% de jeunes accèdent à l'université et nous avons,
13:38sur ces 5%, nous avons 82% qui sont au chômage, à peu près.
13:43Là, on parle d'une échelle de 12 millions de diplômés chaque année en Afrique subsaharienne
13:48et 82% de ces 12 millions sont au chômage.
13:51Ceux qui sont employés le sont plus parce qu'ils ont fait des études techniques.
13:57Donc, voilà le débat en fait.
13:59Est-ce que les programmes que nous proposons dans nos universités
14:04sont des programmes que le marché demande ?
14:07Voilà la vraie question.
14:08Et donc, il faudrait qu'il y ait une discussion parce que concrètement,
14:13on est en train de dire, lorsque les gouvernants parlent d'inadéquation formation-emploi,
14:20on dit par exemple que le recruteur, les entreprises qui doivent recruter,
14:25ne se parlent pas avec ce qu'ils font.
14:28Autant, en réalité, ça devrait être une synergie.
14:31Donc, voilà.
14:32Concrètement, ce que notre application peut apporter, c'est assez simple.
14:38Nous structurons pour résoudre ce problème.
14:42Nous accompagnons le jeune depuis le secondaire jusqu'à son entrée à l'université
14:50et son insertion professionnelle.
14:52Ça veut dire quoi ?
14:54Est-ce que le jeune, quel est le talent du jeune ?
14:56Les jeunes se déversent simplement dans les universités
14:59parce qu'ils ne le font généralement pas à suivi,
15:01ou bien, voilà, ils vivent le rêve de leurs parents,
15:04mais ils n'ont pas eux-mêmes la conscience de leur talent et de leurs compétences,
15:09ni la conscience de ce qu'ils peuvent faire d'eux-mêmes.
15:12Et c'est ça, il y a ce manque d'informations que nous comblons avec Students Mark.
15:17Concrètement, nous accompagnons le jeune dans l'orientation
15:20en lui faisant faire un projet professionnel,
15:24concevoir son projet professionnel.
15:25Après avoir conçu son projet professionnel,
15:27il sait exactement quels sont ses talents,
15:29quelles sont ses compétences et où est-ce qu'il peut les appliquer.
15:32Donc là, c'est une information capitale pour chaque jeune et chaque parent
15:35savoir quels sont les talents de leur enfant.
15:37Mais après, nous avons toute une panoplie d'informations
15:41sur les universités en Afrique subsaharienne.
15:43Donc, 1 400 universités représentées sur la plateforme.
15:46Ça permet aux jeunes de savoir, pour faire un métier X ou Y,
15:50voilà, dans telle université, je vais aller.
15:52Là, les choix ne se font plus au hasard.
15:54Les choix, c'est vraiment les choix structurés
15:56d'un projet professionnel qu'on va suivre.
15:59Merci beaucoup.
16:00Donc là, on est vraiment face à un accompagnement personnalisé
16:03qui porte, j'imagine, ses fruits.
16:06Mais si on revient à la question du Sénégal,
16:08je vais me tourner vers vous, Bachir.
16:10On a aussi un point de vue d'un journaliste sénégalais,
16:14Seydouka, qui a publié un article dans Le Soleil
16:18et qui dit aussi que le budget, ce n'est pas le seul problème.
16:21Il dénonce un système qui n'est plus viable.
16:24Et il parle, je cite, d'un véritable manque de clairvoyance politique
16:28au sujet des universités africaines.
16:30Alors, Bachir, au-delà de la question du budget,
16:33est-ce qu'il y a vraiment un manque de visibilité politique
16:36par rapport à l'avenir des universités ?
16:39Donc, avant même de parler de la question du budget.
16:41Oui, je pense que oui.
16:43Je dis oui, simplement, parce que tous les deux,
16:45la tribune sur le soleil et notre intervenant depuis Yaoundé,
16:49ou Douala, pardon, disent la même chose au fait.
16:52Parce qu'il y a une sorte d'inadéquation entre la formation
16:54et les besoins du marché.
16:56Ça veut dire quoi ?
16:57Un exemple bête, je vais vous donner ça.
16:59Au Sénégal, encore aujourd'hui, c'est le seul pays
17:02où on enseigne le grec et le latin.
17:04Alors, même que les grecs ne parlent plus latin,
17:07le Sénégal continue à l'enseigner.
17:09Pourquoi faire ? Je ne sais pas.
17:10– C'est des amoureux des lettres, les Sénégalais.
17:11– Voilà, mais ça ne sert à rien à la sortie,
17:13pour le marché en tout cas, pour se faire plaisir.
17:15Oui, je comprends.
17:16Ce qui s'est passé, c'est un problème complètement structurel,
17:20d'abord, démographique, ensuite, politique et économique, après.
17:25Le budget importe peu.
17:27D'abord, il nous faut, comme disait l'intervenant depuis le Cameroun,
17:32de dire d'abord, j'ai une bête vers où je vais aller pour m'inscrire.
17:37– Mais il faut aussi une connaissance de ce qu'offre l'université
17:40et aussi, quels sont les besoins en termes économiques du marché.
17:44Et c'est là, peut-être, le lien qui manque, aussi, de l'État
17:48de pouvoir savoir qu'est-ce qu'il veut en termes économiques pour son futur
17:52et adapter les formations dans l'université publique.
17:55Peut-être que c'est ça le point qui manque
17:58pour éviter, justement, ce type de frustration,
18:01des tensions importantes qu'on en a vues
18:03dans l'université de Cheikh Antatheb de Dakar.
18:05Mais quand même, il y a de l'espoir, ma chef.
18:07Parce qu'il existe quand même des solutions
18:09qui sont très intéressantes au niveau du continent,
18:11des solutions qui se construisent autour du système universitaire.
18:15D'ailleurs, on a un article de Mara Kebdo qui a annoncé
18:17que le Maroc et aussi la Côte d'Ivoire viennent d'inaugurer
18:19le Green Energy Park à Yamoussoukro.
18:23Donc, c'est la capitale ivoirienne.
18:24Et ce pôle de recherche est soutenu par l'entreprise L'OCP,
18:28l'entreprise marocaine.
18:29Et elle forme des étudiants en technologie solaire de pointe.
18:32Et donc, je vais me retourner vers notre intervenant,
18:35M. Patrick Ngunou.
18:37Donc, on parlait même sur le plateau de cette adéquation
18:40entre l'économie du pays et ce que propose l'université.
18:44Là, on a un pôle.
18:45Voilà, c'est les entreprises qui définissent leurs besoins
18:48par rapport à un modèle politique
18:49et qui ramènent des étudiants pour les former.
18:51Est-ce que c'est là le futur de l'université
18:54ou bien de la formation africaine, d'après vous,
18:56vraiment, dès le début,
18:57connecter les besoins du marché directement
18:59à des étudiants dans les cercles de formation ?
19:03Oui, tout à fait.
19:04C'est un excellent point.
19:06Et je pense que c'est l'une des stratégies
19:09les mieux adaptées pour résorber, en fait, le taux de chômage.
19:12Mais on ne va pas se mentir,
19:13les entreprises concrènes ne peuvent pas…
19:16Tout le monde ne peut pas faire la tête.
19:18Tout le monde ne peut pas être ingénieur.
19:20Vous voyez, donc, il y a ceux qui vont toujours faire
19:21les humanités et d'autres.
19:24Mais pour résorber, c'est déjà avoir l'information.
19:27Quels sont les besoins clairs ?
19:29Par exemple, au Cameroun, nous avons ce qu'on appelle
19:31le gouvernement appelé la SDN30,
19:33la SDN30 qui projette en réalité les besoins
19:37des développements en 2030.
19:40C'est à peu près depuis 20 ans.
19:41Alors, en principe, il aurait fallu,
19:43pour le cas du Cameroun,
19:44c'est pareil ailleurs,
19:46on fait des politiques de développement,
19:48mais on ne va pas jusqu'au bout.
19:50Au bout, il faudrait dire qu'on a besoin
19:52de 2 000, bien de 5 000, bien de 10 000 jeunes
19:56dans tel domaine qu'on souhaite développer.
19:58Si on prend le cas de la culture, par exemple,
20:00si on prend un programme de noix de cajou,
20:02bien de banane,
20:03on décide de financer ce secteur-là
20:06et il faudrait terminer avec les besoins
20:09en termes de main de vie.
20:09Et c'est ces besoins en termes de main d'oeuvre
20:12qui vont redescendre au niveau de l'école,
20:14on va former les jeunes qui vont aller développer,
20:17qui vont faire opérationnaliser cette filière.
20:19En réalité, c'est ce qu'il faut.
20:21Et le prochain projet de développement
20:23qui se concentre peut-être sur le pétrole
20:25ou ainsi de suite,
20:26on quantifie la main d'oeuvre
20:27et ensuite, on se connecte avec les écoles de formation,
20:31les universités qui vont former
20:32pour que les jeunes puissent directement
20:34faire la passerelle, l'éducation, l'emploi.
20:37Et c'est ce qui nous manque.
20:39Tout est fragmenté.
20:40Et généralement, il y a plusieurs ministères
20:42dans nos environnements.
20:43Du coup, chacun fait un peu ce qu'il fait,
20:45ce qu'il sait bien faire.
20:46Mais ça doit être lié.
20:48Et c'est en réalité ce que students en fait apportent.
20:53Merci infiniment, Patrick Nkounou,
20:56pour ces précisions et surtout, ces éléments du terrain.
20:59Mais si je voulais…
20:59Oui, rapidement.
21:01Un point important, je prends une minute pour ça.
21:04Il faudrait que l'université,
21:06non seulement se rapproche de l'entreprise,
21:07ça c'est le premier point, bien qu'il communique,
21:09mais aussi, on a plein de projets de recherche
21:12qui sont dans les tiroirs universitaires
21:14qui ne sont pas exploités.
21:15Et pourtant, ailleurs, dans d'autres pays,
21:17quand on regarde les universitaires,
21:19après avoir fait les projets de recherche
21:21qui sont appliqués aux besoins des entreprises,
21:23commencent à gagner de l'argent avec leurs innovations.
21:26C'est en fait de ça qu'il s'agit.
21:27Il faudrait que l'entreprise
21:28et que les projets de recherche qui ont été menés
21:31puissent permettre à ces entreprises de grandir
21:33et que l'universitaire qui a fait cette recherche
21:37puisse bénéficier de sa recherche.
21:38Ça va permettre aux jeunes universitaires
21:41d'avoir envie, parce qu'ils savent qu'au bout,
21:43ils contribuent réellement
21:45et puis aussi on a un pécunier derrière.
21:47Merci infiniment pour cette précision.
21:50Je pense que la conclusion, c'est surtout
21:51d'essayer de créer un système homogène
21:53entre projection économique, projection de l'université,
21:56tout en impliquant, bien évidemment, l'étudiant,
21:59pas comme juste une personne qui vient à l'université,
22:01mais comme un élément de l'avenir du pays.
22:04Merci infiniment, M. Patrick Ngunou.
22:06Vous étiez présent avec nous depuis Douala au Cameroun.
22:10Alors, difficile de se projeter dans l'avenir
22:11quand on peine aussi à honorer son passé,
22:14car au-delà des budgets universitaires et même de la politique,
22:17c'est la question aussi du récit national qui se pose.
22:20On en parle dans la dernière partie,
22:21en rendant honneur à un nom oublié de l'histoire.
22:25Qui est-il ?
22:25On dresse son portrait dans notre dernière partie.
22:28Ça raconte quoi ?
22:36On le disait, on célèbre souvent les grandes figures de l'histoire,
22:40ces noms qui traversent le temps.
22:41Mais qu'en est-il de ceux que l'on oublie,
22:44de ceux qui, dans l'ombre, ont pourtant changé la trajectoire
22:47de tout un peuple, voire de tout un continent ?
22:49Et cette semaine, c'est un titre d'Africa News qui m'a interpellée.
22:53Cette semaine, Kenya, qui titrait le Kenya,
22:55enterrement d'un vétéran oublié de la résistance Mahomao.
22:59Le mot « oublié » et oui, fait mal.
23:01Ce vétéran, c'est le général Christopher Njora Monroyo.
23:04C'était une figure clé de cette révolte paysanne
23:07contre la colonisation britannique.
23:09Une lutte acharnée qui a permis, il y a plus de 70 ans,
23:12la libération du Kenya que nous connaissons aujourd'hui.
23:15Mais lors de ces funérailles, la fille de ce général a pris la parole.
23:19Elle était indignée.
23:20Elle a déploré le manque d'honneur officiel après le décès de son père.
23:24On l'écoute.
23:26Mon père était une figure nationale,
23:29un héros dont l'histoire devrait se souvenir.
23:32Pourtant, il a été enterré sans la reconnaissance qu'il méritait.
23:37Seule sa famille lui a offert des funérailles dignes de son engagement
23:41en tant qu'héros national.
23:43Non, il n'a pas eu les honneurs qu'il aurait dû recevoir.
23:50On sent l'émotion Bachir, mais aussi ça m'a interpellé.
23:53Voilà, héros oubliés.
23:55Alors, pourquoi cette difficulté à célébrer les héros de l'histoire africaine ?
23:59Généralement, c'est parce que d'abord,
24:00c'est des personnes qui se révoltaient contre le colonisateur.
24:06Et entre les deux, il y a des acteurs politiques qui arrivent
24:11qui prennent le pouvoir.
24:12Ce n'est pas généralement ceux qui sont allés au front.
24:15Alors, le deal, pour parler français, c'est de dire,
24:20vous prenez le pouvoir, mais les autres qui ont combattu la colonisation,
24:23on les oublie.
24:24C'était ça le deal aux années des indépendances.
24:26Donc, tous les premiers pouvoirs arrivés aux affaires
24:30étaient d'entretenir peut-être la continuité du colon,
24:35en tout cas de l'approche coloniale, dans la gouvernance de nos États.
24:38– Il y a une version aussi dans l'histoire coloniale, c'est de dire que la décolonisation
24:41s'est faite de manière assez propre, assez douce, alors qu'impossible.
24:45La résistance était nécessaire et elle est dans tous les bouquins d'histoire
24:48de tous les pays qui se sont libérés.
24:49– Oui, justement, parce qu'aussi longtemps que c'est eux qui vont raconter nos histoires,
24:53ils vont le dire comme ça et nous, on va les lire comme ça sur les bouquins.
24:56– Le temps de changer cette histoire.
24:57– Justement.
24:58– Et je pense que cette indignation, justement, nous le rappelle.
25:00Qu'il n'y a aucune libération sans résistance et c'est sain, la résistance,
25:04de reprendre les droits sur son territoire, sur son histoire et sur son identité.
25:08Donc voilà pourquoi j'ai choisi cet article aujourd'hui,
25:10pour qu'on essaie aussi de revoir notre histoire d'un autre point de vue
25:14et aussi de l'honorer tout simplement.
25:16Merci infiniment Bachir pour ce petit mot de la fin
25:19et peut-être cette revendication qui émane de ce plateau.
25:23Alors on arrive à la fin de cette revue de presse hebdomadaire.
25:26Alors ça dit quoi ? Dans la presse africaine, ça dit que le gaming n'est plus seulement un jeu,
25:31mais une industrie à plus de 2 milliards de dollars qui se réapproprient notre histoire et nos récits,
25:36mais dont la technologie et les solutions peuvent aussi servir de solution à des secteurs
25:41comme l'éducation ou même la santé.
25:43Ça dit que l'université publique aussi est un tournant entre crise budgétaire profonde
25:48et urgence d'une réforme politique pour offrir un avenir serein à la jeunesse.
25:53Ça dit aussi que la mémoire de nos héros reste un combat fragile
25:57quand le silence entoure l'adieu de ceux qui ont pourtant libéré nos nations.
26:02Bref, la presse africaine, comme chaque semaine, ça dit beaucoup de choses.
26:05Merci infiniment de nous avoir choisis.
26:07Merci Bachir d'avoir toujours été là depuis le début pour ces analyses.
26:12Et on se retrouve la semaine prochaine, bien évidemment,
26:15pour continuer de lire entre les lignes de l'actualité avec un regard toujours bien africain.
26:30Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations